Chapitre.N°9 Apparition.

« Bella, Bella, reviens à toi ! Bella, je t'en prie, ouvre les yeux ! »

C'était la voix de Carlisle, il était donc revenu, d'un coup j'ouvris les yeux et un flot de questions sortirent de ma bouche sans même prendre le temps d'entendre les réponses. Où Suis-je ? Que s'est il passé ? Alice, où est Alice ? Les loups, ils ont attaqué cet homme..

« Calme-toi Bella, nous sommes chez moi. C'est Alice qui t'a conduit ici, tu es tombée suite à une chute. L'homme qui te pourchassait était un tueur en série celui qui avait attaqué Alice et la traquait depuis longtemps. Alice est là, tout prés, dans la pièce d'à côté. Elle vient de te sauver la vie, je sais, tu dois avoir plein de questions mais je t'en prie, reprends-toi. Je n'ai eu besoin que de faire 2 points sur ton crane, cela ne se verra même pas. »

Je passais ma main sur les points, je n'avais même pas sentie cette douleur. Sur mon air étonné, il me répondit " normal, c'est la morphine."

Je le remerciai pour les soins et, prise d'angoisse, je me mis à chercher discernement la lettre et la photo d'Edward, ma veste était recouverte de sang et de boue, mes nerfs recommençaient à me lâcher. Lorsqu'Alice entra dans la pièce et me les tendit avec un sourire en coin.

« C'est exactement comme ça que je le voyais » me dit-elle, tu dois garder espoir.

Elle prit place en face de moi et me dit: « Allez, viens, je vais te raccompagner, on ne sait pas sur quoi tu peux tomber, encore. Elle me tendit une veste propre, plus ou moins similaire à la mienne, que j'enfilai sans poser de questions, il était évident que je ne pouvais pas passer inaperçue avec la mienne vu l'état dans lequel elle était.

Voyant le jour décliner, j'abdiquai un signe de la tête, je montai dans la voiture du docteur. Alice était au volant, je me sentais bien prés d'elle, elle me renvoyait mon regard et me promit de bientôt nous revoir et que nous serions de très bonnes amies mais qu'elle ne pourra pas se montrer de suite. « Tu comprends avec mes yeux je vais faire jazzer dans le coin. »

Arrivés devant la maison, Renée me dit: « Eh bien, il était pressé le docteur ce soir, c'est vraiment gentil de sa part de t'avoir raccompagnée, tu travailles vraiment dur en ce moment, tu devrais te ménager un peu. »

« Oui, tu as raison maman, je suis fatiguée. Mais j'ai mangé à l'hôpital, veux-tu que je vous prépare quelque chose avant d'aller me reposer ? »

« Non, ma chérie, je me débrouillerai, ton père devra bien s'habituer à ma cuisine ou bien la faire lui-même. Car lorsque tu seras mariée, il n'aura plus le choix et jusqu'à présent il est encore en vie donc je ne suis pas si minable que ça ! » dit elle en riant.

Je lui rendis son sourire et allai dans ma chambre, me jetai sur le lit, sortis la lettre et la photo,

Je regardais sa veste en même temps, je commençais à planifier mon emploi du temps pour le lendemain, journée de repos bien méritée, passage à la Push voir ce que trafiquait Jacob il me devait des explications, même s'il avait appris qu'Edward avait fait sa demande officielle cela ne remettait pas en cause notre amitié, et je m'inquiétais aussi de savoir s'il n'était pas tombé, lui aussi, malade à rester au chevet de ses amis.

Ensuite, rendre visite à Elisabeth et filer chez Carlisle pour voir Alice j'avais hâte d'en savoir plus, elle avait promis de m'expliquer et elle devra donc le faire.

Je m'endormis comme une masse mais je fis des cauchemars, il y avait cet homme, ce tueur, ce traqueur. Ces loups immenses. Je revoyais Alice recouverte de sang. Je me réveillai en sursaut le front en sueur.

Je jetai un coup d'œil au réveil, il n'était que 2h du matin, je repris la lettre d'Edward la lisant et la relisant jusqu'à la connaitre par cœur, j'entrepris de lui faire une réponse, mais renonçai car il me fallait aller voir Elisabeth avant.

Je finis par me rendormir, la douleur commençait à se réveiller mais sans être insurmontable.

Cette fois-là, je rêvais enfin je crois qu'il y avait Edward, il était là tout prés de moi je pouvais le toucher, sentir la chaleur de sa peau, oui, cette chaleur même trop importante pour être normale, oh non il est malade, je me mis à pleurer à chaudes larmes, prise de tremblements je me saisis de sa veste et la serrai tout contre moi avec sa photo, je n'osais plus me rendormir, jamais je n'avais trouvé une nuit si longue.

Je finis par descendre préparer le petit déjeuner et le déjeuner ainsi que le diner, pensant à Charlie qui avait dû subir la cuisine de ma mère. Au moins cela m'occupait l'esprit et je n'aurais pas de remords au cas où je n'étais pas rentrée à temps pour les préparer.

J'eus même le temps de préparer une belle tarte aux pommes et une brioche que j'emporterai chez Billy, ils aimaient tant ça.

Une fois terminée, je fis un tour par la salle de bain, inspectant l'étendue de cette mauvaise nuit et les points qui ne se distinguaient presque pas à moins d'avoir le nez dessus puis m'habillai d'un pull bleu que ma grand-mère avait tricoté, il était long et chaud tout en gardant l'avantage de sa légèreté et avec une encolure assez large, une jupe droite noire, j'étais prête.

Renée était à table au moment où je descendais, je lui indiquais que tout était prêt et lui demandai l'autorisation de prendre les clés de sa voiture pour aller à la Push elle me les tendit en me donnant des paniers qu'elle avait fait suite à la commande que la boutique, unique, de la Push lui avait passée.

Je chargeai donc les paniers, la brioche et pris la route sans attendre. Durant le trajet, je n'arrêtais pas de repenser au rêve, qui n'en était pas un, au sujet d'Edward, quand soudain la pluie me sortit de mes songes, heureusement j'étais presque arrivée.

La Push était encore endormie, d'apparence seulement, je passais en premier déposer les paniers à la boutique, le vieil indien les regarda et fit signe de la tête pour dire que tout était en ordre, il était petit, trapu, avait un air bourru et un regard froid, je préférais baisser les yeux et repartir au plus vite.

Arrivée devant la petite maison de Billy, je voyais de la fumée sortir de la cheminée et en conclus qu'ils devaient être réveillés, je saisis la brioche encore tiède, m'approchai de la porte, mais n'eus pas le temps de frapper que Billy avait déjà ouvert.

« Bella, tu es tombée du lit ce matin ? Viens, rentre, Jacob dort encore, il rentre tard en ce moment .Hum, ça sent bon la brioche ! »

Je la lui tendis, il me proposa un café que j'acceptai avec plaisir.

« Alors, comme ça, Jacob rentre tard, il a trouvé un boulot après les cours ? C'est pour ça qu'il n'a pas le temps de venir me voir ? »

Billy sembla gêné, « Heu, non, dit il en se raclant la gorge, il est très pris par ses amis de la Push, tu sais, c'est un garçon et de plus un ado, tu sais ce que c'est.»

Je le fixais en essayant de comprendre mais il finit par se lever, « Bella, il me semblait bien avoir reconnu ta voix, que fais-tu là ? »

« Eh bien, vu que je n'ai plus de nouvelles, je viens les prendre moi-même mais je crois comprendre que je ne suis plus dans ton carnet d'amis, que tu n'as même plus cinq minutes à me consacrer » dis-je en haussant le ton.

« Bella, ne le prend pas comme ça, tu ne peux pas comprendre, ce n'est pas ça. »

« Ah oui, alors explique-moi ! » J'étais furieuse, il retourna dans sa chambre, s'habilla un peu et me fit signe de l'accompagner. Je le suivis en silence mais au fond de moi j'exultais.

Je dus rompre le silence vu qu'il ne disait rien, il ne réagissait pas, je le saisis par le bras et me rendis compte de la chaleur qu'il émettait, je me stoppai net.

« Jacob, dis-moi, tu es malade ! Il faut absolument que tu viennes avec moi à l'hôpital »

« Mais tu es là si j'ai besoin, mon médecin perso à moi, pas besoin d'aller à l'hôpital, et encore moins tant que le Docteur Cullen y sera. Et puis, nous avons notre guérisseuse, elle a toujours su nous soigner. De toute façon, je ne suis pas plus malade que d'autre, et ta tête, elle va mieux ? »

Je le toisai en me demandant comment il pouvait être au courant, certes il est plus grand que moi mais de là à avoir vu les points, j'en doutai, même Renée ne les avait pas vu.

« De quoi parles-tu ? » feignant l'innocence.

« Il ne t'est rien arrivé hier en fin d'après-midi ? Je ne t'avais pas prévenue de ne pas t'approcher de la forêt ? »

Je restais silencieuse en me demandant comment il savait, il avait dû me suivre, me surveiller et, là, mon sang ne fit qu'un tour.

« Alors comme ça tu m'espionnes, maintenant ? Il ne manquait plus que ça, tu m'ignores, ne viens pas me voir, mais prends le temps de me suivre » c'en était trop.

Il me prit par les bras, se mit en face de moi et me regarda droit dans les yeux puis me demanda qui était la jeune femme qui était avec moi.

« Pourquoi ? Elle t'intéresse ? C'est une amie, qui plus est, si elle n'avait pas été là, je ne serais peut-être pas là devant toi ce matin, alors si tu étais là, pourquoi n'as-tu pas réagi ? »

Il marmonna entre ses dents « Mais j'étais là Bella et j'ai agi avec mes amis. »

C'est à ce moment-là que je revis la scène dans ma tête mais « à part le tueur, Alice et les loups, il n'y avait personne d'autre lui » répondis-je.

Il baissa les yeux et me demanda de me souvenir des vieilles histoires de sa tribu, je ne pouvais pas avoir oublié nos jeux d'enfants, à jouer au loup, suite à ces légendes.

« Mais comment est-ce possible Jacob ? »

« Je suis un Quilleute, un descendant direct de souche, et nous avons ça en nous. Quand le danger approche, nous mutons, nous sommes mi homme mi loup »

« Pourquoi avoir tué ce criminel, il avait tout de même le droit à un jugement, il aurait croupi en prison » il me stoppa de suite « il n'était pas humain Bella » Comment, un loup lui aussi ? « Alors pourquoi, explique-moi, en devenant un loup tu attaques les tiens, les humains ? »

« Non, Bella, il n'était pas un loup non plus, sache que nous ne sommes pas les seules créatures étranges dans le coin, et c'est bien pour cela que nous avons une meute qui s'agrandit autant ces derniers temps. Je dois te laisser Bella, je t'en ai déjà trop dit et je vais me faire rappeler à l'ordre, mais c'est mon problème. Fais-moi une promesse, Bella, ne va pas dans les bois et évite cette fille, tout comme ce médecin avec qui tu travailles.»

Il partit dans un silence et si vite que j'eus presque l'impression d'avoir imaginé cette conversation.

Je repris la voiture, la déposa à la maison, le temps avait passé plus vite que je ne l'avais pensé, Renée me sourit en me disant avec un clin d'œil « le repas est prêt à table. »

Charlie me lança un regard de pitié, et je compris qu'elle ne lui avait pas dit que c'était moi qui avait tout préparé. Je renvoyai donc derechef le clin d'œil à ma mère.

C'est à contre cœur qu'il vint à table mais, l'odeur le fit venir, une fois le couvercle ouvert. Il retrouva son sourire et, avec son regard grave, il nous dit « Vous trouvez ça drôle ? » et nous nous mîmes tout trois à rire de bon cœur.

Le repas terminé, je lavai et rangeai la vaisselle, je repris l'ordre de mon planning, il me fallait rendre visite à Elisabeth, je n'avais pas besoin d'aller chercher la lettre, je la gardais précieusement sur moi, elle m'aidait à tenir le coup.

Je marchai d'un pas léger en direction de la propriété des Massen, la pluie avait cessé de tomber et j'avais renoncé à l'idée du vélo vu le nombre de fois qu'il avait failli.

Je croisai Jessica qui m'invita à monter en voiture, elle me rapprocha de ma destination, elle voulait à tout prix me raconter que Mike était enfin revenu vers elle, elle avait besoin comme à son habitude que tout le monde le sache. Je la félicitai en me disant que si je n'avais pas été si directe avec lui, il serait encore à mes basques, enfin je n'allais plus avoir à l'éviter continuellement, c'était une bonne chose.

Je descendis et finis mon chemin à pieds, la propriété était grande, bien entretenue, un peu comme dans les revues que l'on pouvait trouver dans les salles d'attente de l'hôpital.

Je sonnai à la grande porte, la jeune femme, qui m'avait recoiffée, m'ouvrit la porte, elle avait un air bien triste et inquiet.

« Madame va vous recevoir Melle Swan, elle est dans le salon bleu, suivez-moi » je la suivis en me demandant comment elle avait fait pour retenir mon nom aussi vite. Elisabeth était en train d'écrire une lettre, en avait-elle aussi reçue une d'Edward ? Elle devait sûrement lui faire une réponse.

« Ah Bella, ma chère petite, venez dans mes bras, j'allais justement envoyer une voiture vous chercher, nous devons discuter et votre présence me fait tant de bien » Elle se mit à tousser d'une quinte qui n'est pas celle d'une irritation de saison, je la regardai et l'observai, elle était magnifique comme à son habitude mais son front luisait de sueur, elle était plus pâle que dans mes souvenirs, et sa température me sembla plus importante que la normalité. J'espérais me tromper, j'avais vraiment soit une déformation professionnelle à voir des malades partout, ou une fixation sur les songes de la nuit passée.

« Elisabeth, vous allez bien ? Vous n'avez pas l'air dans votre assiette, avez-vous vu Carlisle ? »

Elle avait préféré occulter ses craintes sur le début de ses symptômes de la grippe, qu'elle avait du contracter lors de son passage à l'hôpital de Port Angeles. Elle avait vu son mari en mourir, elle a su reconnaitre les signes.

« Bella, ne vous inquiétez pas mon enfant, ce doit être juste un peu de fatigue, mais parlons un peu de vous. Je dois vous remettre les clés de la voiture d'Edward et vous faire signer quelques papiers que j'ai fait faire à notre notaire, ce ne sont que des formalités ne vous inquiétez pas, rien que la paperasserie pour la publication des bans pour que tout soit prêt au retour de notre cher Edward, il me manque tant, j'ai reçu une lettre de lui hier, et vous ? »

Je la regardai et les joues rosies, je lui tendis la lettre et la photo d'Edward.

« A moi aussi, il me manque, j'ai comme un trou béant dans le cœur, j'ai beau me dire que bientôt il sera de retour mais cela ne me console que partiellement »

Elle me tendit les papiers, je lui fis confiance et les signai aux endroits qu'elle m'indiqua, puis nous changions de pièce,

« Bella, vous aimez le thé ? C'est une des habitudes que j'ai prise suite à notre passage en Angleterre, et ça m'aide un peu à me sentir un peu moins loin de mon fils »

Elle me raconta comment Edward était petit garçon, parlant un peu de son mari, des origines de sa famille. Les quintes de toux se faisaient de plus en plus fréquentes, le front perlant de plus en plus.

« Elisabeth, Edward absent, il m'a demandé de veiller sur vous et je me rends compte que votre état de santé est en train de décliner, je vais donc vous accompagner à l'Hôpital afin de voir le Docteur. »

« Non Bella, Carlisle n'est pas rentré, je ne veux pas être vue par un autre de ces médecins de pacotilles, je n'ai confiance qu'en le Dr Cullen. »

« Pas question de rester ici dans cet état et, faites-moi confiance Elisabeth, Carlisle est déjà rentré, je l'ai vu hier. Au pire, j'irai le chercher chez lui s'il n'est pas de service mais vous ne devez pas rester ainsi, depuis combien de temps êtes-vous dans cet état ? »

« Une semaine, depuis mon passage à l'hôpital de Port Angeles lorsque j'ai déposé les fonds des œuvres de charité. C'est l'ironie du sort. »

« Comment ? Pourquoi n'avez-vous pas réagi avant ? »

« Je ne voulais pas qu'Edward fasse de bêtises et se fasse porter déserteur, il a été si malheureux lorsque son père a eu cette maladie, il n'aurait pas supporté de me savoir malade et, de peur de me perdre, il aurait été capable de tout .Bella, vous savez ce que ça veut dire déserteur en temps de guerre ? C'est le peloton d'exécution. »

« Assez parlé, nous devons agir pour votre bien Elisabeth. S'il vous plait. Hélai-je la domestique, pouvez vous préparer le nécessaire de toilette et des vêtements pour quelques jours, pouvez-vous m'aider à accompagner Madame Massen jusqu'à la voiture »

« Oui mademoiselle, ses affaires sont déjà prêtes, je me doutais bien que vous n'alliez pas la laisser dans cet état, la voiture est devant, elle vous attend, Charles va vous aider. » Je la remerciai et aidai Elisabeth à se lever pour la conduire au plus vite à l'Hôpital.

A peine arrivées, Carlisle était déjà prêt pour intervenir, à sa vue, Elisabeth reprit un peu de couleurs, « Vite, mettez-la dans la chambre 106, prenez sa température, mettez-la sous perfusion, elle est déshydratée, je passe prendre les sérums adaptés que je viens de ramener de mon voyage, je ne pensais pas avoir besoin de les utiliser si vite. » Je suivais le brancard tenant la main d'Elisabeth, pour qu'elle ne soit pas seule et qu'elle soit rassurée. Carlisle nous avait rejoint, je finissais d'installer la perfusion, relevai la température 40.5C°, c'était trop, beaucoup trop, je la découvrais, ouvrais les fenêtres pour essayer de faire tomber un peu la fièvre, je lui humidifiais le visage, les bras, les jambes. Carlisle me couvait du regard, ce qui me fit comprendre que j'avais les bons gestes, et cela me faisait plaisir mais comment aurait-il pu en être autrement ? Je faisais déjà partie de sa Famille, elle était ma famille.

Carlisle ouvrit une boite métallique, sortit une seringue, la remplit du remède mystérieux qu'il était parti chercher à Boston. Comme j'ai pu être bête de l'imaginer autrement qu'en homme bon qu'il est, professionnel, dévoué et attentionné.

« Bella, je vous remercie, heureusement que vous êtes passé chez elle, je ne suis pas sûr que sans ce traitement elle aurait pu passer la nuit. Allez vous reposer, je vais veiller sur elle, nous allons nous relayer si vous le voulez. »

« Je préfère rester encore un peu, le temps que la température baisse. »

« Comme vous voulez Bella, d'ici une heure la pénicilline va commencer à agir et la fièvre devrait tomber, c'est un remède qui est encore au stade de tests mais vu les résultats déjà obtenus, j'ai une grande confiance en ce remède, je vous remercierai de ne pas en parler, ayant participé aux études de développement, il me semblait important de l'utiliser pour le cas de la grippe Espagnol qui sévit et fait tant de ravages. » Je le remerciais de faire tout ce qu'il pouvait pour la sauver au risque de mettre sa carrière en cause, mais au diable la procédure, longue, de la mise en place, d'un autre côté, Elisabeth servait aussi de cobaye et à cette pensée j'en eus des frissons, mais j'avais, comme Elisabeth, confiance en lui, et je commençais à mieux comprendre pourquoi elle ne voulait que lui comme médecin, elle avait dû financer une partie des recherches suite au décès de son époux de cette maladie, elle devait lui avoir dit vouloir prendre le risque d'expérimenter ces nouveaux médicaments pour le bien de l'humanité. Cela lui ressemblait énormément.

L'heure passa et Elisabeth semblait plus calme, son doux visage était serein, je lui remis des compresses d'eau fraiche sur le visage et la nuque, puis repris sa température, 38.7C° comme promis la fièvre avait baissé, elle en avait encore mais la stabilisation et cette chute de température me remis du baume au cœur, les tremblements s'étaient arrêtés.

« Bella, allez vous reposer, il est tard, vos parents vont s'inquiéter, de plus c'était votre jour de repos. Ne vous inquiétez pas, je vais rester ici avec elle. Prenez ses cachets, ils vous aideront à soulager votre mal de tête et camouflera la douleur de votre blessure, je sais que ça vous lance. »

Je le regardai et pris les cachets qu'il me tendait, il était prévenant, il pensait à tout même dans des situations pareilles, mon état avait été occulté, j'étais bien trop inquiète pour Elisabeth pour penser à moi.

Je repris ma veste, les clés de la voiture en main, je dus me faire à l'idée de rentrer à la maison avec la Bugatti, vu que c'était le vœu d'Edward et d'Elisabeth, je ne pouvais et n'avais pas la force de rentrer à pieds j'étais comme vidée, apaisée de l'amélioration de son état, et soucieuse à la fois.

Au bruit des roues sur le gravier, Renée sortit, se demandant qui pouvait bien venir à cette heure,

Elle reconnut de suite la voiture, et fut étonnée de me voir seule à bord.

« Ah, c'est toi Bella ! Au moins tu n'es pas à pieds » elle n'ajouta rien de plus, elle attendait par contre que je lui explique pourquoi j'avais sa voiture, elle finit par me sourire en me réconfortant et me disant qu'Elisabeth était entre de bonnes mains, entre le médecin et l'infirmière, et ajouta qu'Edward était très prévenant d'avoir pensé au trajet que je devais effectuer la plupart du temps à pieds au vu de la vétustée de mon vélo.

Charlie ne posa pas de questions. Renée lui avait fait signe qu'elle lui expliquerait plus tard. Le repas fini, je retrouvais ma chambre, les cachets avaient été efficace car je dormis d'une traite sans mauvais rêves, je fus réveillée de bonne heure préparant comme la veille les repas de la journée, vu que le temps du trajet était quasiment infime du fait que j'étais véhiculée, je déjeunai, passai dans la salle de bain, m'habillai et laissai un mot à mes parents pour qu'ils ne m'attendent pas pour le , que je resterai au chevet d'Elisabeth.

Renée se levait à peine au moment où j'enfilais mon manteau , les clés de la voiture en main, je lui fis un signe de la main et partis en direction de l'Hôpital, je trouvais agréable et étrange le fait d'être au volant de ce type de voiture, un peu trop voyante à mon goût mais je ne pouvais pas faire la difficile surtout que pour l'instant cela me permettait de pouvoir être plus tôt au travail et y rester plus tard.

Le soir, je me demandai si Elisabeth allait mieux, si Carlisle était bien resté à son chevet, le pauvre, il devait être exténué et serait content de me voir revenir le relayer un peu, arrivée sur le parking, il n'y avait pas foule, j'avais mis bien moins de temps que je ne l'avais prévu pour arriver à destination.

Passage au vestiaire, je revêtis mon uniforme, pris note de la ronde qui m'avait été attribuée, c'est avec un soulagement que je me rendis compte que j'étais dans le service où avait été admise Elisabeth, Carlisle avait duû passer par là, il me fallait l'en remercier.

Je pris une grande inspiration et me dirigeais vers la chambre 106, les couloirs étaient calmes, je ne croisai que deux collègues qui finissaient leur ronde de nuit et commençaient à préparer les rapports pour la relève de la garde, elles s'étonnaient de me voir si tôt, mais je ne m'arrêtais pas, je poursuivais mon chemin pour savoir comment la nuit s'était passée et dans quel état j'allais retrouver ma future belle-mère. J'aurais bien le temps de regarder le dossier au moment de la relève, j'étais venue plus tôt pour elle.

Je frappais doucement à la porte, Carlisle m'ouvrit et me sourit en murmurant:

« Elle s'est rendormie il y a à peine deux heures, elle a besoin de repos, la nuit a été dure mais je suis assez content, elle réagit bien au traitement, je vous ai transférée dans le service afin que vous puissiez rester avec elle, Bella, je vous devais bien ça car c'est grâce à vous qu'elle s'en sortira, vous serez la seule avec moi à être en contact avec Elisabeth, vous paraissez avoir de bons anti-corps, je ne pense pas que la maladie vous atteigne, de plus, si je me trompais cela limiterait la propagation de l'épidémie. Je vous ai noté les consignes à suivre, je viens de lui injecter une dose de remède, la fièvre ne devrait pas dépasser les 38°C mais elle a besoin d'être réhydratée et rassurée, elle a une peur bleue de l'hôpital en tant que patiente, je la comprends.» J'acquiesçais d'un signe de la tête et le remerciait pour ses bons soins et attentions, même s'ils se connaissaient depuis plus longtemps que moi, nous étions à égale position dans l'affection que nous lui portions. Je pris connaissance des consignes qu'il m'avait laissée, rien de bien particuliers, prise de température, perfusion, compresses fraiches, enfin rien qui ne soit inhabituel. Elisabeth avait les cheveux tout décoiffés, elle devait avoir réellement passé de sales moments, à lutter contre cette maladie, ses traits étaient marqués bien que ses couleurs étaient quelque peu revenues, son souffle était lent et régulier, la toux ne semblait plus se manifester.

Je pris de l'eau fraiche et changeais les compresses, sa température était descendue à 37.8°C, c'était assez raisonnable en rapport à la veille, je remis un flacon de sérum de réhydratation en place, et pris place à son chevet, je la regardais tendrement, même malade elle dégageait une beauté rayonnante, sa chevelure cuivrée, sa peau si lisse, ses traits si fins, je me mis à l'imaginer plus jeune en retrouvant les traits de mon Edward qui me manquait, je ressortis sa lettre et regardais la photo, j'en eus des frissons dans le dos, me demandant ce que j'allais bien pouvoir lui dire au sujet de sa mère ?

Faut-il que je lui dise ? Comment le prendra-t-il ? Ne fera-t-il pas d'imprudence ou je ne sais quelle autre bêtise ?