Non, vous ne rêvez pas, il y a bien deux sorties cette semaine. La guerre a commencé et j'avais envie de vous expliquer un peu pourquoi le clan Volturi a implosé et n'a pas tenu deux ou trois siècles de plus. Le chapitre suivant est donc sur et du point de vue des vampires, libre à vous de le lire si ça vous intéresse sinon, ce qui suit est un chapitre comme vous en avez l'habitude.
Bonne lecture, Maneeya.
Joshua n'était pas sûr d'avoir terminer sa puberté. Il allait passer la matinée avec une femme superbe et était mal à l'aise comme s'il avait de nouveau treize ans. Or il n'avait plus treize ans. Il était maintenant un jeune homme, bien musclé de surcroît, réfléchi et intellectuellement un soupçon au dessus de la moyenne.
Ça avait peut-être un rapport au fait qu'il ait vu cette femme nue. Diable, elle avait un corps à damner, même pour un modificateur. Elle l'attirait.
Le jeune homme ne voyait aucun intérêt à refuser d'accepter l'évidence. Le problème ce n'était pas cette attirance, le problème c'était sa relation avec Leah. Où en étaient-ils ?
Ils en étaient à leur baiser. Rectification, à juste avant leur baiser puisque le rapprochement fut interrompu. Il était si prêt de ce baiser. Il se demandait s'il faudrait qu'il recommence tout depuis le début, si Leah considérait qu'ils sortaient ensemble.
D'accord, il y avait une guerre en route. Mais son petit cœur ne résisterait pas longtemps à tant de flottements. Il voulait simplement que la situation soit claire. Ce serait quelque chose qu'il appréciait beaucoup.
C'était d'ailleurs pour cela qu'il appréciait le discours de Lastri. Elle savait aller à l'essentiel. Bien que ce n'était pas le moyen le moins fatiguant, ils se battaient transformés et redevenaient humains pour les explications. Au bout de trois heures, le jeune homme fut définitivement mort de fatigue.
Elle l'entraîna en riant au QG. C'était une baraque fait de branchages et de feuillages mais il y faisait tellement frais comparé à dehors. Puisqu'il séjournait sur des îles du Pacifique, il pouvait dire sans se mouiller qu'il avait chaud.
Il s'étala sur un clic-clac tout en baillant grossièrement. Il trouva juste la force de lui demander de rester car il avait pleins de questions.
— Tu penses que je vais survivre ?
Fondamentalement, Joshua savait que les entraînements étaient une très bonne chose. En tout circonstance, cela ne pouvait que faire progresser. Mais lui était une cause perdue. D'accord il progresserait mais si c'était pour retarder sa mort de deux minutes, cela n'avait aucun intérêt.
Il fallait être lucide, il était d'un niveau bien inférieur à celui des autres modificateurs qui l'accompagnaient. Au moins il ne se ferait pas manger, ce qui était une sorte de soulagement.
— Tu as juste peur, c'est normal.
Joshua secoua la tête et sentit son cerveau se balader à l'intérieur.
— Trop faible, je suis trop faible.
Il s'endormit avant que Lastri n'ait le temps de le rassurer. Elle comprenait ce qu'il était en train de traverser. N'importe quel modificateur pourrait comprendre. Il avait simplement pris conscience que sa vie était désormais en jeu. Personne ne voulait mettre sa vie en jeu mais certains jeux n'acceptaient pas moins.
— Il faut qu'on mette les choses au point, disait Sam en se plaçant face à sa nouvelle recrue.
Claire ouvrit ses grands yeux et le regarda comme s'il parlait une langue étrangère.
— Tu sembles me fuir.
— C'est faux, rétorqua-t-elle aussitôt sans rien laisser paraître.
La professeure sortit une cigarette du paquet et la glissa entre ses lèvres.
— Tu fais quoi ? lui demanda l'alfa sévèrement.
— Je me détends, c'est bien ce qu'il faut faire durant une pause.
Sam recula d'un pas et hocha la tête. Il regarda la femme alluma l'objet de détente. Elle était une habituée de la cigarette. Il n'en savait rien. Il faut dire qu'il ne savait rien de Claire. Personne savait d'ailleurs. Il y avait longtemps qu'elle s'était éloignée d'eux.
Cela avait fait jazzé. Comme tout ce qui se passait à la Push. Chacun donnait son avis, même quand celui-ci n'était pas demandé. Les commérages allaient de bons trains. D'autant plus que Claire avait lâché sa famille pour quelques visages pâles.
Claire tomba brutalement au sol. Elle toussait avec violence et avait des remontées. Elle leva les yeux vers son coéquipier. Il n'était pas du tout surpris.
— Pardon. J'aurais peut-être du te prévenir.
Elle ne répondit pas. Elle ne pouvait pas, elle était toujours en train de s'étouffer.
— C'est une cigarette, ton corps la rejette car c'est complètement chimique et toxique.
— Et quoi ? Il faut que je cultive mon propre tabac à chiquer ?
Sa voix était énervée mais aussi enrouée, et les sons rauques qui sortaient le faisaient plus sourire qu'autre chose.
— Pourquoi pas, il me semble que tu as un jardin.
Il eut quand même la bonté d'entrer dans le bungalow et de lui prendre un verre d'eau. Elle le but avidement. Après avoir eu l'impression que ses poumons prenaient feu, un peu d'eau fraîche était salvateur.
— Tu vas mieux ?
— Pas besoin de faire semblant.
Elle avait presque retrouvé sa voix habituelle mais il ne s'en souciait pas. Ce qu'elle disait n'avait aucun sens.
— Je sais que toi et tes frères me détestaient.
— On ne te déteste pas qu'est-ce tu racontes...
Claire était sûre de ce qu'elle disait. À partir du moment où elle n'avait pas rendu Quil aussi heureux que ce qu'elle aurait dû, ils l'avaient traitée comme une traîtresse, une paria. Elle ne rentrait plus dans leurs normes.
— Vous préférez simplement donner votre amitié à Quil plutôt qu'à moi. Je comprends, et je m'en fiche.
— Stop. Dis-toi que ça c'était avant mais que maintenant tu fais partie de la meute. Et il y a aucune raison pour que tu te sentes à part. Je t'offre mon amitié, ça te dit ?
La jeune mère ne dit rien pendant plusieurs secondes. La situation était surréaliste. Il n'avait même pas discuter ou essayer de lui faire admettre ses tords. Il souhaitait juste repartir du bon pied. Elle espérait que les autres seraient dans le même état d'esprit que lui.
Elle n'avait jamais été du genre à collectionner les amis. Elle avait beaucoup de mal à accorder sa confiance. Elle en avait encore plus à donner une vraie image d'elle. La perspective de la meute, un groupe d'amis où les non-dits seraient des non-sus, était libératrice et tellement réjouissante. C'était presque trop beau pour être vrai.
Les larmes aux yeux, elle enlaça son nouvel ami, s'arrangeant ainsi pour qu'il ne voit pas ses pleurs. C'était la preuve qu'elle était encore une bleue car lui avait simplement senti.
Joshua se réveilla dans un état second. Il se sentait mou et à la ramasse. Il se rappela dans un soupire qu'il n'était pas chez lui. Il n'était pas chez ses parents non plus. Il était sur une île du Pacifique parce qu'il participait à une guerre.
Cela ne suffit pas à le réveiller. Il se fichait de la guerre dans l'état où il était. Il ne pensait qu'à Leah. Il avait envie de la voir. Sauf qu'elle était au fin fond de l'Himalaya. Il s'assit sur le canapé, perdu dans ses pensées.
Une fois levé, il faudrait qu'il recommence à s'entraîner. Les transformations à répétition étaient extrêmement fatigante. Elles étaient pourtant nécessaires. Il ne voulait pas mourir alors il en ferait autant qu'il faudra.
Et puis il fallait qu'il voit Leah, et cela impliquait de rentrer en vie à la Push. Il se demandait s'il n'était pas pitoyable ainsi. Dans le fond, il se sentait ainsi, très pitoyable. Il ne voyait pas Leah sortir avec un homme pitoyable.
Il aurait pu passer des heures à tergiverser ainsi. Leah était un sujet sur lequel il pourrait passer sa vie. Lastri passa cependant le voir pour prendre de ses nouvelles. Elle lui demanda aussi s'il avait fini sa parano. Ses yeux en amande riaient devant sa mine gênée. À la suite, elle lui annonça que le blocus de Volterra avait commencé. Désormais, il leur faudrait être sur leur garde, bien qu'il y ait peu de chance que l'information circule dès maintenant. Lastri retourna à ses occupations et lui conseilla de se lever.
Il partit se doucher, inquiet pour ceux qui étaient là bas. Il n'y avait aucun bleu. Les Volturi étaient impitoyables, il leur fallait une équipe de taille en face. Ils avaient aussi limité le nombre de vampires. Ceux-ci avaient depuis bien longtemps assimilé que les Volturi représentaient la loi et avec Chelsea dans les parages, ce serait bien trop dangereux.
Joshua voulut subitement tout arrêter. Il voulut retourner dans son appartement d'étudiant, jouer à la console et oublier que ses amis et sa famille risquaient leur vie. Lui n'était pas fait pour tout cela. Il n'avait rien d'un justicier.
Il fallait que tout s'arrête. De suite. Et si quelqu'un mourrait ? Il n'y avait aucune deuxième vie, pas moyen de réinitialiser. Joshua ne connaissait pas la mort. Il n'était même jamais allé à un enterrement. Quand bien même il en aurait eu l'occasion, il n'en aurait pas été capable.
La douleur passionnée ne faisait pas partie de son monde. En vérité, il avait passé son enfance dans le ventre de sa mère. Et son adolescence sous la jupe de Leah. La réalité sans voile lui paraissait maintenant désolante, et sans espoir.
Il sortit de ses pensées moroses quand il entendit la voix claire de Sarah lui annoncer :
— Demande de discussion de la part de Leah, c'est possible ?
— Oui évidemment, répondit-il précipitamment.
Après un petit grésillement, il entendit la voix de Leah, directement dans son oreille. Il faillit soupirer d'aise mais se reprit. Il souhaitait qu'elle le considère et ne pouvait se permettre plus de laisser-aller. En plus, si c'était le genre de femme à rechercher de la protection, il était définitivement mal parti.
— Comment vas-tu ?
— Bien, le voyage s'est bien passé. Et Enola te passe le bonjour.
La discussion était tout ce qu'il y avait de plus amicale. Ils prenaient des nouvelles l'un de l'autre et échangeaient sur les personnes avec qui ils étaient. Leah ne tarda pas à le faire parler à propos des peurs qui s'étaient sédentarisées depuis qu'il était arrivé sur l'île.
Pour l'aider, Leah accepta de se livrer un peu à lui, histoire de lui faire partager son expérience. Il la connaissait assez bien pour savoir que cela lui coûtait de reparler de ses anciennes difficultés. Il lui en était d'autant plus reconnaissant.
Pour lui c'était des preuves supplémentaires, si nécessaires, de la grandeur de la femme dont il était amoureux. Il complexait pourtant encore plus. Leah avait vécu des choses terribles, ses inquiétudes étaient risibles en comparaison. Il avait de la chance qu'elle ne lui ait pas ri au nez.
Au final, la discussion prit fin. Et le jeune homme se sentait toujours mal. C'était la première fois que Leah ne le soulageait que partiellement. Ça lui avait fait le même effet que lorsqu'il discutait avec R.I.P. ou avec Adriana. Il se souvint avec morosité qu'il n'était plus son imprégné. Il était seul.
Seth se réveilla grâce à son amie, Renesmée. Il se leva rapidement et prit une sandwich fait la veille. Ils marchèrent jusqu'à la lisière de la forêt. Le plus près possible de Volterra. Néanmoins, ils ne violaient le territoire des Italiens.
Mikhail et Tian se firent relayés avec sourire. Cela faisait une journée qu'ils avaient commencé le blocus. Les gardes tournaient toutes les huit heures. Aro ne tarderait pas à réagir. Il était encerclé, et aucun de ses gardes ne pouvaient partir effectuer ses missions de la plus haute importance. Il ne supporterait pas cela longtemps.
Caius n'était pas mieux. Lui cependant était impulsif, ce qui était un avantage pour eux. Quant à Marcus, il était si peu porté sur les combats qu'il ne serait certainement pas décisif. Ils ne restaient que les gardes. Ceux-là étaient les plus dangereux. La plupart était des machines de guerre, sous les ordres d'Aro, ils seraient deux fois plus meurtriers.
Jasper leur avait déjà conseillé d'exploiter toutes les faiblesses de la garde royale. Et s'il était possible d'éliminer Chelsea, il ne fallait pas hésiter. En attaquant les bases, tout leur système s'écroulerait relativement facilement.
Seth et Renesmée s'essayèrent à même le sol. Il y avait très peu de chance qu'un vampire tente de passer. Et même si c'était le cas, leurs sens aiguisés les repaireraient facilement. Le loup sentait que son amie était impatiente.
Il suspectait que ce ne soit pas seulement parce qu'elle avait hâte que cette guerre prenne fin. Au cours de la discussion, il comprit aisément qu'elle gardait une sévère rancœur contre Aro et sa clique. Elle gardait tous les souvenirs de leur premier affrontement.
Elle leur en voulait d'avoir voulu détruire sa famille en la prenant pour excuse.
D'accord sa mère leur avait fourni l'excuse idéale. Même si elle ne s'était jamais considérée comme une « sauvage », l'odeur du sang pouvait facilement lui faire tourner la tête. Cependant elle était toujours arrivée à résister. Elle n'était pas une sauvage.
Cela n'avait pas empêché sa chère famille de passer à deux doigts de la destruction. Petite, elle n'avait pas tout compris. Tout le monde était suffisamment inquiet sans qu'elle ne rajoute ses lacunes dérisoires.
Mais même le temps ne lui avait pas permis de comprendre pourquoi elle était en vie. Elle comprenait qu'elle ait été conçue mais pas qu'elle ait été gardée. Elle mettait cela sur la jeunesse de sa mère au moment des faits. Et puis c'était la seule et unique fois qu'ils pourraient essayer.
La petite Nessie n'était pas capable de prendre un tel risque. L'homme qu'elle aimait été programmé pour tuer son père. Qu'est-ce qui pourrait être créer de leur union ? Elle ne savait pas s'il serait immortel ou pas. Si elle était capable de l'éduquer. Si il ne mourrait pas juste après l'accouchement parce que ses chromosomes se battaient en duel.
Renesmée n'aimait pas l'empirisme. Elle n'aimait pas non plus le doute. Et elle avait assez de problèmes dans sa vie, pas besoin de rajouter un petit être d'égoïsme.
Seth connaissait son malaise par rapport à sa mère, et à la maternité en général alors il n'insista pas quand leur conversation prit un terrain glissant. À la place, ils parlèrent d'humoristes ou de tout autre sujet léger qui pouvait les faire sourire avant un affrontement.
La fille de Bella tentait de récolter des informations sur la fréquentation sentimentale de Seth du moment. Le métamorphe était séduisant et sympathique mais voyait chacune de ses relations sur le court ou le moyen terme. Il ne voulait pas donner de faux espoirs.
Alors jamais il n'avait fait entrer une de ses fréquentations dans le monde alambiqué et fantastique de la Push. Il ne leur avait même jamais donné un prénom bien que forcément, ses frères de meute n'avaient qu'à écouter pour percevoir ses pensées.
Avec une telle protection contre les désagréments de l'imprégnation, Renesmée fut surprise de l'entendre dire :
— Et bien en ce moment je sors avec un gars.
Devant ses yeux ronds, il ajouta :
— Je suis bissexuel.
— Et tu m'annonces ça en pleine guerre. Comment je fais pour me foutre de toi ?
Seth souriait mais tout son corps se tendit subitement. Renesmée aussi avait senti. Il ne perdit pas de temps pour se transformer, rapidement à force d'habitude. Son amie avança à la rencontre de l'intruse.
Elle enleva la capuche qui lui cachait une bonne partie du visage. Ils l'avaient tous les deux déjà reconnue grâce à son odeur qu'ils avaient plusieurs fois croisée. Ses cheveux brun clair étaient attachés dans un chignon. Ses yeux rouges les regardaient bien en face.
— Chelsea, salua l'hybride sur ses gardes, c'est un plaisir. Malheureusement il te sera impossible de passer.
— Je ne viens pas pour ça.
Seth se tenait sur ses gardes. Chelsea avait un pouvoir terrifiant. Il avait cependant très peu d'efficacité sur les métamorphes néanmoins il ne voulait pas qu'elle retourne Nessie contre lui.
Quil étant lui aussi transformé et se baladant dans un coin du Maroc, il lui demanda d'appeler Jacob et tous les chefs si possibles. Celui-ci fit passer le message et leur alfa prit contact avec Renesmée, la seule qui pouvait parler.
— D'accord.
L'hybride répondait autant à Jacob qu'à Chelsea. Elle fut satisfaite de voir que la grecque ne semblait pas avoir entendu la voix de Jacob sortant de l'oreillette.
— Alors pourquoi es-tu là ?
