Note : Avouez que je vous gâte, quand même, avec cette vitesse de publi supersonic. (Oui, oui, je peux, hein, pour me faire pardonner les 2 ans sans nouvelles…)
Joyeux Noël et Bonne lecture ! ^^
Chapitre 9
« Harry, attends ! le rappela Lavande. Tu penses que c'est une urgence ? Peut-être que je devrais rester ici. Patrouiller. »
Elle avait l'air un peu trop désireuse qu'il réponde oui.
« Non, viens. Peut-être que c'est une urgence. Peut-être que j'aurai besoin de renforts. »
Ça n'eut pas l'air de lui faire plaisir mais elle le suivit. Harry pressa le pas, montant les escaliers aussi vite qu'il le pouvait. Il avait beau se répéter que le message ne pouvait pas venir de Malefoy, il n'arrêtait pas de penser je n'aurais pas dû échanger avec Ginny. Est-ce qu'il n'avait pas voulu à tout prix faire entrer Malefoy à l'A.D. pour pouvoir garder un œil sur lui ? Pour pouvoir le protéger ? Un pauvre petit baiser de rien du tout et il l'avait laissé tomber. Il aurait dû serrer les dents et se rappeler ses priorités. Patrouiller ensemble aurait été gênant, et puis quoi ? Certaines choses étaient plus importantes qu'un baiser regretté, comme Lavande l'avait fait remarquer.
T'as pas intérêt à mourir, Malefoy. Pas intérêt à ce qu'on te fasse du mal.
Harry était hors d'haleine quand il atteignit le septième étage. Ce n'était pas le cas de Lavande, alors qu'elle l'avait dépassé à un moment donné. Harry se dit qu'il réfléchirait à sa forme physique, ou son peu de forme physique plus tard, quand il ne serait pas en train d'essayer de la rattraper.
« Ginny ! s'écria Lavande en se précipitant vers la fin du couloir. »
Le cœur de Harry s'arrêta de battre. Là-bas, Ginny était allongée au sol, une masse de tissu noir et puis les cheveux roux des Weasley, reconnaissables entre mille. Harry vola vers elle.
Lavande l'avait déjà retournée, exposant son visage pâle. Elle avait les yeux fermés.
« Ginny, non, gémit Lavande.
— Elle va bien ! hurla Harry. »
Il n'avait aucun moyen d'en être certain, mais c'était trop horrible de penser autre chose. Il sortit sa baguette.
« Enervatum ! cria-t-il. »
Ginny reprit sa respiration d'un coup et rouvrit les yeux, et Harry pensa qu'il allait s'évanouir de soulagement. Il s'agenouilla à ses côtés.
« Ginny, murmura-t-il en l'aidant à se redresser. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Tu vas bien ? Tu as reçu un maléfice ? Un sort ? »
Elle regarda autour d'elle, sonnée.
« Je… je sais pas. Je suis où ? »
— Au septième étage, répondit Lavande. Comment tu es arrivée là ? Tu étais censée être… »
Ginny écarquilla soudain les yeux et se débattit pour se lever, mais elle était étourdie et désorientée et Lavande et Harry durent tous deux l'aider à se lever. Ginny se tint la tête.
« Où est Malefoy ? Vous l'avez trouvé ? »
Elle regardait Harry. L'inquiétude dans ses yeux fut immédiatement transférée en Harry, une émotion presque physique qui lui coupa le souffle et fit bondir son cœur dans sa poitrine.
« Pourquoi ? Il a disparu ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Il va bien ? »
Il regarda dans le couloir, espérant que c'était une blague et que Malefoy allait surgir de derrière un coin et se moquer de lui.
« Je sais pas, dit Ginny. »
Elle aussi regardait autour d'elle comme si elle s'attendait à voir Malefoy réapparaître tout d'un coup.
« Quelqu'un a dû me Stupéfixer. Je crois que j'ai entendu hurler Stupéfix. Et puis… Il ont dû nous tendre une embuscade. Vous avez trouvé Peterson ? »
Harry qui tenait toujours le Gallion dans sa main et essayait d'envoyer un message à Malefoy releva les yeux de la pièce qui disait Où es-tu ?. Il regarda Ginny sans comprendre.
« Peterson ? Jaime Peterson. »
Harry serrait fort le Gallion, comme si ça allait le faire chauffer. Réponds, s'il te plaît, réponds.
« Oui. Il manquait à l'appel, dit Ginny. »
Elle se tenait toujours la tête.
« Malefoy était inquiet quand je suis passé le prendre. Il a dit qu'il y avait quatre élèves qui manquaient et qu'il savait ce qu'ils mijotaient. Il n'arrêtait pas de dire que c'était de sa faute. Franchement, j'ai aucune idée de ce dont il parlait, mais il a dit qu'il fallait qu'on trouve Jaime Peterson. On lui a envoyé un message, mais il n'a pas répondu, alors on est monté ici parce que Malefoy pensait que Peterson était peut-être dans la Salle sur Demande. »
A peine Ginny eut-elle mentionné la salle que Lavande et Harry firent volteface et se précipitèrent vers la porte de chêne massif. Lavande y arriva la première et l'ouvrit en grand. Harry entra dans la pièce plongée dans l'obscurité et recula en sursautant quand quelque chose percuta sa jambe. Il se tourna et se pencha pour attraper Jaime Peterson par les épaules avant que le gamin ne s'enfuie.
J'ai jamais vu des yeux aussi grands, pensa Harry en découvrant le visage terrifié de Peterson.
« Tout va bien, dit Harry, même si Malefoy avait disparu et que rien n'allait bien.
— Harry Potter ! souffla Peterson. »
Il lui rappela soudain beaucoup Dobby.
« Le seul et l'unique, répliqua Harry en s'agenouillant à sa hauteur.
— Ne fais pas attention à nous, par contre, ajouta Ginny en se rapprochant. On est juste de la pâtée pour chien. »
Lavande fit un drôle de petit bruit en entendant ça mais ne dit rien. Peterson fit un pauvre sourire à Ginny, mais il revint vite à Harry.
« Il faut que tu les arrêtes, chuchota-t-il.
— Que j'arrête qui ? demanda Harry. Qu'est-ce que tu fais ici ? »
Où est Drago Malefoy ? avait-il envie de demander. Il avait toujours le Gallion dans sa main. Chauffe. Chauffe, putain.
« Pritchard et les autres. C'est eux qui m'ont enfermé ici. »
Il désigna l'obscurité de la Salle sur Demande d'un regard craintif.
« Quoi ? Pourquoi ? demanda Harry. »
Il se tourna vers Ginny et Lavande :
« On connaît quelqu'un qui s'appelle Pritchard ?
— C'est un préfet, non ? »
Ginny s'était tournée vers Lavande. Celle-ci hocha la tête.
« Un cinquième année. Un sale petit con arrogant. »
Harry se rappelait de lui : il était dans le dortoir de Peterson la nuit de l'incendie, à dire à tout le monde que le gamin avait peur du noir. Il a peur de tout, avait-il dit. Il lui avait fait penser à Malefoy.
« Oui, c'est lui, dit Peterson. Et il a deux amis qui sont toujours avec lui. Même si c'est un sale pourri. Ils m'ont déjà coincé ici quelques fois. Parce qu'ils savent que j'ai peu… que j'aime pas trop le noir. »
Il avait rougi.
« C'est pas cool, le noir, dit Ginny. J'aime pas trop ça non plus.
— Je ne le supporte pas, renchérit Lavande avec un frisson théâtral.
— C'est un endroit flippant, dit Harry. »
C'était vrai. Une fois que la porte était fermée, il devait y faire complètement noir.
« Et on ne peut pas l'ouvrir de l'intérieur, murmura Peterson. Il n'y a pas de porte. »
Elle est vraiment morte, alors. Quand on était enfermé quelque part, on souhaitait forcément faire apparaître une porte. La Pièce ne fonctionnait plus. Ce que Harry trouvait le plus curieux, c'est que Peterson leur avait dit aussitôt qui s'en était pris à lui. La dernière fois, tant Hermione que McGonagall avaient essayé de lui soutirer cette information mais il avait refusé de dire quoique ce soit. Par peur ou par loyauté à sa Maison. Quelque chose avait changé.
« Ne t'inquiète pas, dit Harry. On va faire un rapport sur lui à la Directrice. Il ne recommencera pas. »
Sa promesse n'apaisa pas le petit garçon.
« Mais il faut que tu les arrêtes d'abord, dit-il. J'ai essayé. J'ai essayé de l'avertir, mais ils m'ont attrapé avant.
— Avertir qui ? »
Harry se sentait mal. Peterson confirma ses craintes :
« Drago Malefoy. Je les ai entendus parler ils ont dit qu'ils allaient lui faire payer ce qu'il avait fait hier. Je suis sorti avant le couvre-feu pour le prévenir, mais ils m'ont trouvé avant que je le trouve. »
Harry serrait si fort le Gallion dans sa main que c'était douloureux.
« Qu'est-ce que Drago a fait, hier ?
— Il a pété un câble ! »
Peterson dit ça avec une sorte d'admiration craintive.
« On était tous dans la salle commune quand on a su pour Harper. J'avais, heu, j'étais vraiment inquiet. »
Harry soupçonnait fortement qu'il avait failli dire « j'avais peur » .
« Et puis Pritchard m'a vu et il s'est mis à rire en disant « t'en fais pas, celui qui a buté Harper ne s'en prendra pas aux sales petits Sang de Bourbe comme toi. C'est nous qui allons nous en occuper. » Ça a fait rire quelques personnes, mais Drago est devenu taré. Il a foutu une grosse baffe à Pritchard, et il a volé de l'autre côté de la pièce. Et puis il s'est mis à crier, sur lui et sur tout le monde. Il a remonté sa manche et il nous a montré ce tatouage horrible et il a dit que le prochain qui respectait pas le couvre-feu comprendrait qu'il fallait pas foutre un Mangemort en rogne. Et puis il a dit à Pritchard que si jamais il me menaçait ou essayait de me faire du mal encore une fois, il lui tatouerait la Marque des Ténèbres sur le front et lui mettrait la tête, heu – Peterson baissa la voix – dans le cul putréfié de Voldemort. Je me rappelle plus trop les autres trucs qu'il a dit après ça. Mais à un moment il a demandé à Pritchard de le remercier de l'avoir frappé. Il a sorti sa baguette et tout et il s'est mis à gueuler « Remercie-moi, abruti, parce que je te fais une faveur. » Et il s'est mis à lui jeter des Sortilèges Boursouflants et Pritchard appelait à l'aide mais personne osait rien faire. Parce que Drago avait l'air prêt à trucider la première personne qui dirait quelque chose. Et puis finalement Pritchard a arrêté d'appeler et s'est mis à hurler « Merci, merci, merci » et Drago lui a foutu la paix. »
Harry ne savait plus quoi dire. Il aurait donné n'importe quoi pour être un Legilimens et voir ce qu'il s'était passé dans la tête de Drago.
Peterson renifla.
« Et ce soir j'ai pas respecté le couvre-feu, pleurnicha-t-il. Mais j'étais obligé ! J'ai entendu Pritchard et les autres comploter, dire qu'ils allaient faire pleurer du sang à Drago pour ce qu'il avait fait.
— On va le retrouver. »
Harry grimaça en entendant à quel point sa voix était enrouée. Drago ne va pas pleurer du sang. Le Gallion était chaud, mais c'était seulement parce qu'il le serrait très fort. Où est-ce que je dois chercher ? Il se releva. Il fallait qu'il prévienne l'A.D., les profs, tout le monde.
« Jamie, dit Ginny, pourquoi tu n'as pas utilisé ton Gallion pour prévenir Malefoy ? »
Peterson la regarda.
« Je l'ai plus. Pritchard me l'a pris. Il prend toujours mon or. Il croyait que c'était un vrai.
— Comment ça, tu l'as plus ? demanda Harry. Tu m'as envoyé un message c'est comme ça que je suis arrivé ici. »
Peterson secoua la tête en faisant de grands yeux.
« Non, c'était pas moi. »
Harry se tourna aussitôt vers Ginny.
« C'était toi, alors ?
— Heu, j'étais un peu trop occupée à être évanouie par terre, Harry. »
Bien sûr, ça ne pouvait pas être elle. Qui enverrait un message disant la Pièce Morte ?
Il y réfléchirait plus tard. D'abord, il fallait qu'il trouve Drago.
« Ginny, va avec Lavande et préviens McGonagall que Drago a disparu. Il faut qu'on le retrouve. Le château est trop grand on peut pas faire ça tous seuls. »
Ginny hocha la tête, mais fronça soudain les sourcils.
« Lavande ? Qu'est-ce qu'il y a ? »
Harry pivota sur lui-même pour voir Lavande qui se tenait en haut des escaliers. Sa tête était penchée en arrière, et son visage reflétait une drôle d'expression, très concentrée. On aurait dit qu'elle était en train de renifler l'air.
« Vous sentez ça ? demanda-t-elle. »
Ginny renifla sans comprendre.
« Sentir quoi ? »
Harry ne sentait rien lui non plus.
« On dirait que ça sent… »
Lavande hésita.
« La fumée. Ça vient d'en bas. »
Elle montra les escaliers. Le cœur de Harry manqua un battement douloureux. Pas d'incendie, pas d'incendie. Vous avez pas intérêt bande d'idiots. Il s'élança en avant. Il perdit l'équilibre en haut des escaliers, mais il se rattrapa à la balustrade à la dernière seconde et atterrit sans dommage sur la première marche. Il dévala les escaliers en hurlant :
« Lavande ! Où ça ? »
Il ne sentait toujours rien. Peut-être que Lavande se faisait des idées. Mais elle avait senti la fumée dans la salle commune des Serpentard alors qu'aucun des autres élèves n'avait rien senti, se rappela Harry.
Ginny, Lavande et Jaime Peterson s'élancèrent à sa suite.
« Plus bas, plus bas, criait Lavande tout en courant. Ce n'est pas le sixième étage !
— Harry, c'est toi ? s'écria quelqu'un en bas. Je crois qu'il y a quelque chose qui brûle ! »
Harry regarda par-dessus la rambarde pour voir Neville et Hannah courir vers le couloir principal du cinquième étage.
« Par ici ! indiqua Neville. »
Harry sentait enfin la fumée. Ça lui piquait les yeux et embrouillait sa vision. Il franchit les trois dernières marches d'un saut et vira à gauche. Il manqua renverser Neville dans sa hâte à atteindre la salle de Métamorphoses. C'était de là que ça venait : il n'y avait pas grand-chose d'autre par ici et le professeur Plunkett était toujours au lit avec une mauvaise crève qui le rendait aphone cette salle était forcément vide. Une bonne planque si vous ne vouliez pas qu'on vous trouve.
La fumée était plus épaisse par ici Harry vit qu'elle s'échappait de la fente entre la porte et le sol. Il s'élança en avant, la baguette sortie, et hurla : « Alohomora ! » La porte demeura fermée et Harry réessaya :
« Reducto ! Depulso ! Deprimo ! Defodio ! Confingo! »
Les sorts ricochaient sur la porte.
« On devrait essayer de jeter un Sort Explosif ensemble ! hurla Neville en le rattrapant. »
Les autres étaient sur ses talons, leurs baguettes sorties.
« Oui, répondit Harry, hors d'haleine, désespéré. »
Il ne peut pas être là-dedans.
« A trois. Un... »
Harry vit le petit Jaime Peterson lever sa baguette ; il ne savait probablement même pas ce qu'était un Sort Explosif.
« Deux ! hurla Harry. »
Mais Lavande se précipita en avant en soufflant "Oh, pour l'amour du ciel !" et donna un grand coup de pied dans la porte.
Harry n'eut pas le temps d'être surpris. La porte s'ouvrit d'un coup et le couloir se remplit de fumée brûlante. Il hurla « Evanesco ! » et la fumée noire se dissipa, laissant apercevoir le centre de la pièce, où Drago Malefoy était étendu sur le sol, inconscient, les poignets liés par des cordelettes noires.
La salle de classe était en feu ; le bois des chaises et des bureaux craquait en brûlant. Sans prendre le temps d'y réfléchir, Harry se précipita à l'intérieur. La chaleur l'engouffra, carbonisant sa peau et l'aveuglant.
« Harry ! hurla Ginna, et puis : GLACIUS ! »
Son sortilège se répandit dans la pièce avec un sifflement et une lumière blanche. Les flammes léchèrent les mains et le visage de Harry, le chatouillant sans brûler. Il bondit de côté, atterrissant à genoux à côté de la tête de Malefoy.
« Enervatum ! »
Le sort le frappa en pleine poitrine, mais il broncha à peine, une grimace se formant sur son visage.
« Drago, réveille-toi ! »
Harry l'attrapa par les épaules et recula de façon à le faire se redresser et le forcer à s'asseoir. Les autres étaient là aussi. Ils faisaient disparaître le feu et l'inondaient d'eau avec leurs baguettes. La lumière vive de leurs sortilèges et leurs cris "Aguamenti ! Evanesco !" ne faisaient qu'ajouter au chaos ambiant.
Harry tira Malefoy pour le presser contre sa poitrine, maintenant son dos de son bras. La tête de Malefoy bascula en avant dans le cou de Harry.
« Réveille-toi, Malefoy ! lui hurla-t-il dans l'oreille. »
Miraculeusement, cela marcha. Malefoy releva la tête et ses yeux s'entrouvrirent.
« Rebelote, parvint à dire Malefoy avant d'être pris d'une quinte de toux.
— Viens, lève-toi ! »
Harry passa son bras autour de sa taille et le tira sur ses pieds.
« Tu pourras tousser tout à l'heure. Autant que tu voudras. Mais la fumée ne te fais pas du bien. »
Malefoy continua quand même à tousser et faillit échapper à la prise de Harry. Neville accourut à ses côtés et tendit la main comme pour l'aider à se redresser.
« Non, c'est bon. »
Harry serra Malefoy un peu plus fort.
« Je le tiens. »
Neville lui jeta un drôle de regard. Harry savait qu'il le méritait, mais c'était plus fort que lui. Il avait Malefoy dans ses bras et ne voulait pas le lâcher. L'aide de Neville n'aurait pas été de trop, pourtant.
« Malefoy, viens, marche. Tu peux le faire, dit Harry. »
Et c'était vrai. Malefoy parvint enfin à retrouver son équilibre et sa toux se calma. Il s'appuya lourdement sur Harry et ils sortirent de la pièce. Ils n'étaient pas parvenus bien loin quand Drago poussa Harry et s'appuya au mur. Sa tête tomba en avant et cogna la pierre.
Harry en profita pour s'attaquer aux fines cordelettes qui retenaient ses poignets. Il essaya tous les sorts qu'il connaissait et qui auraient normalement dû défaire ses liens, mais rien n'y fit.
« C'est un maléfice, Potter, dit Malefoy quand Harry se mit à grogner de frustration. On ne peut le défaire qu'avec une lame magique, enchantée. »
Harry fronça les sourcils en abaissant sa baguette.
« Tu aurais pu me le dire plus tôt.
— Et manquer ce spectacle réjouissant ? »
Ses yeux gris étaient à moitié clos mais ils observaient Harry attentivement. Celui-ci rangea sa baguette dans sa poche.
« Très bien. Et où est-ce que je trouve cette lame magique ?
— Tu ne peux pas. »
Les yeux de Malefoy se fermèrent et se rouvrirent lentement.
« Je suis sûr que Pomfresh saura quoi faire. »
Harry hocha la tête sans enthousiasme. Il tira sur les mains liées de Drago. Je suis encore en train de lui tenir la main, se rendit-il compte. Mais il n'essaya pas de les lâcher ; au contraire, il les serra encore plus fort contre sa poitrine.
« On devrait aller à l'infirmerie.
— Et si je refuse, tu me jettes un Stupéfix ?
— Pas besoin ce coup-ci. »
Harry tira sur ses poignets à nouveau pour bien se faire comprendre. Les yeux de Malefoy s'étrécirent encore davantage. Mais il se remit à tousser, et grimaça comme s'il essayait de réprimer un frisson qui le secouait.
Harry ne savait pas quoi faire, il savait juste qu'il voulait désespérément l'aider. Il tendit la main pour ôter de son front trempé une mèche d'un blond presque blanc. Malefoy le regarda fixement. Avec un air de défi, Harry le refit, n'enlevant cette fois que des cheveux imaginaires. Oui, je caresse tes cheveux, abruti. Essaie voir de m'en empêcher.
Malefoy ne l'en empêcha pas ; il ne bougea pas du tout. Toute rébellion abandonna Harry, et il se sentit soudain idiot. Il ramena ses mains aux poignets de Drago.
« Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda-t-il. C'était Pritchard ?
— Comment tu sais pour... »
Ses yeux s'agrandirent.
« Peterson ! Tu l'as retrouvé ? Il avait disparu. Et Weasley ! Je l'ai vue se prendre un sort et tomber.
— Ils vont bien, se dépêcha de dire Harry. Ils sont tous les deux... »
Il se retourna et vit le petit Peterson à quelques mètres de là. Il avait l'air de faire de gros efforts pour ne pas les dévisager.
« ...là, finit Harry. »
Il pouvait entendre les autres jeter des sorts dans la salle de classe, faisant disparaître la fumée et le feu.
Malefoy se laissa à nouveau aller contre le mur.
« Tu devrais arrêter de me tripoter, Potter. Je crois que tu as traumatisé le gosse.
— Il survivra, répondit Harry. »
Il décida de ne pas réagir aux accusations de tripotage.
« Dis-moi ce qui s'est passé. »
Malefoy ouvrit la bouche et Harry se dépêcha d'ajouter :
« Et ne fais pas ton malin avec tes blagues sur les Aurors, s'il te plaît. »
Les lèvres de Malefoy frémirent ; Harry eut envie de les embrasser.
« Ils m'ont Stupéfixé, dit-il d'une voix neutre. Tiré ici, m'ont attaché et voulaient m'obliger à m'excuser avec leurs petits sorts minables. »
A l'exception de ses poignets atrocement rougis par les cordes, il n'y avait pas une marque sur le corps de Drago. Et la façon dont il avait frissonné tout à l'heure... Harry pensait savoir quels "petits sorts minables" ces idiots avaient utilisés. De ses pouces, il caressa la peau douce des poignets de Malefoy – une pulsion incontrôlable.
« Et puis, demanda-t-il, ils ont mis le feu à la salle et se sont enfuis ? »
Malefoy haussa les épaules.
« Je sais pas, je suppose. Je me suis évanoui à quelques reprises... »
Le Doloris, alors, c'était forcément ça. Si j'embrasse ses poignets, ça aura l'air bizarre ?
« Une seconde ils étaient là, continua Malefoy, et la suivante, je rouvre les yeux et ils étaient partis et la classe était en feu. »
La voix de Malefoy baissa en disant cela, mais ensuite il ajouta avec plus de force :
« Et puis j'ai rouvert les yeux de nouveau et il y avait un imbécile bigleux en train de me palucher.
— Et il refuse d'arrêter, dit Harry en tirant à nouveau sur son poignet, plus fort cette fois-ci, le forçant à se décoller du mur. Infirmerie. On devrait vraiment y aller. »
Le regard de Malefoy se fit calculateur.
« Oh, ça te plaît, hein ? »
Harry fronça les sourcils sans comprendre et les yeux de Malefoy glissèrent vers ses mains liées.
« Ca t'excite ou quoi ? »
Ce n'était pas le cas. Jusqu'à ce que Malefoy le mentionne. Les joues de Harry rougirent à ce sous-entendu, des images floues assaillant son esprit.
Moi aussi je peux jouer à ça, pensa-t-il.
« En fait... »
Il baissa la voix, ses yeux plantés dans ceux de Malefoy.
« Je préfère carrément quand tes mains sont ailleurs. Tu n'as pas remarqué ça sur le terrain de Quidditch ? »
Si Harry n'avait pas déjà été tout rouge, il aurait rougi à ses propres mots, mais ça valait le coup pour voir les yeux de Malefoy s'agrandir et son rictus disparaître de son visage.
Quelqu'un s'éclaircit la gorge.
Harry tourna la tête si vite qu'il lui sembla entendre quelque chose craquer dans sa nuque. Ginny se tenait un peu plus loin et les regardait fixement. Pire, Neville et Hannah se trouvaient derrière elle et regardaient partout sauf du côté de Malefoy et Harry.
« Il y a eu un incendie dans cette salle, tu as vu ? »
Pour être sûre de se faire comprendre, Ginny pointa la classe du doigt. Harry s'éclaircit la gorge.
« Oui, j'ai vu. Je savais que vous vous en occuperiez super bien. Vous n'aviez pas besoin de moi.
— Ah ! Mais tu as remarqué que deux membres de notre équipe étaient partis ? »
Harry cligna des yeux, réalisant que Lavande et Peterson étaient partis. Hannah Abbot ricana et Neville montra le chemin derrière Harry, disant :
« Ils sont allés chercher McGonagall. Ils sont passés juste là.
— Pour sa défense, dit Ginny, Lavande a tenu à marcher sur la pointe des pieds. »
Malefoy regarda derrière Harry en fronçant les sourcils.
« Ne les écoute pas, dit Harry. Il y a un passage secret un peu plus loin dans le couloir qui va droit au bureau de McGonagall ; ils ont dû passer par là.
— Oh. »
Malefoy tira un peu sur ses mains et Harry relâcha sa prise, le laissant aller.
« On a prévenu le reste de l'A.D. aussi, ajouta Ginny plus sérieusement. Pritchard et les autres ont disparu, il faudrait qu'on les retrouve. »
Harry hocha la tête et Ginny soupira.
« Autrement dit... »
Elle agita la main, comme pour lui faire signe de partir.
« On s'est occupé de tout. Tu peux y aller.
— Merci, dit Harry, mal à l'aise. »
Ginny blaguait, mais elle blaguait tout le temps. Cela ne voulait pas forcément dire qu'elle prenait bien le fait de le voir avec Malefoy. Harry se dit qu'il y avait un certain nombre d'autres personnes qui risquaient de mal le prendre s'ils le voyaient serrer les mains de Malefoy. Je voulais juste pas que tu penses que je suis en colère ou quoi, lui avait dit Ron la veille en lui donnant un sandwich. Tu parles en dormant. C'était un autre truc qu'il avait dit ce jour-là, quand Harry s'était réveillé, le souffle coupé, l'esprit plein de Malefoy. Harry grimaça. Peut-être qu'il était trop tard pour se demander qui d'autre risquait de mal le prendre.
Moi aussi je le prends mal, réfléchit-il. Et Malefoy aussi. Mais il y avait des choses plus importantes dont il devait s'inquiéter. Si quelqu'un avait envie de piquer une crise, il lui faudrait attendre. Au moins, tout le monde était conscient de ça.
Harry regarda Malefoy et fit un signe de tête vers les escaliers. Malefoy hocha la tête, les lèvres pincées, et ils prirent le chemin de l'infirmerie. Malefoy était lent, ses jambes flageolaient et il trébuchait de temps en temps, mais Harry ne l'aida pas. Il craignait que ça ne le mette en colère. Si Harry avait été à sa place, il aurait voulu atteindre l'infirmerie tout seul, lui aussi.
Harry regretta de ne pas avoir profité de l'occasion de s'accrocher à Malefoy quand il le pouvait dès qu'ils arrivèrent à l'infirmerie et qu'ils expliquèrent ce qui s'était passé. Madame Pomfresh eut vite fait de le jeter dehors pour s'occuper de Drago, en précisant bien que ce n'était pas la peine de revenir avant le lendemain car il était tard et que Drago avait besoin de repos.
Harry n'avait pas l'intention de partir. Il se laissa glisser au sol à côté de la porte de l'infirmerie et s'assit avec ses genoux repliés sous son menton. Si quelqu'un essayait de nouveau d'assassiner Drago, il faudrait qu'il s'occupe de Harry d'abord.
C'est là que Ron et Hermione le trouvèrent presque deux heures plus tard. Ils avaient l'air épuisés et s'écroulèrent carrément par terre de chaque côté de lui sans dire un mot.
« Vous avez trouvé Pritchard ? demanda Harry. »
Ron secoua la tête.
« Pas une trace de lui ni de ses sous-fifres. »
Harry resta à le fixer.
« Quoi, ils se sont enfuis ? Ils ne sont pas dans le château ? »
Hermione bailla avant de répondre.
« On a cherché partout. L'A.D., les profs, même les elfes de maison, tout le monde. Ils ne sont simplement pas là. Toutes leurs affaires sont encore dans les cachots. Même leurs balais.
— Les profs sont partis voir dans la Forêt et à Pré-au-Lard, ajouta Ron. Ils ne voulaient pas qu'on y aille avec eux. McGonagall a appelé les Aurors. »
Harry était assez stupéfait. Il ne pouvait s'empêcher de se demander ce qui s'était passé dans la tête de Pritchard. Lui et ses sbires étaient en colère et voulaient se venger, Harry comprenait ça. Ils avaient trouvé Peterson et l'avaient fourré dans la Salle sur Demande, ce qu'ils avaient apparemment déjà fait par le passé. Ils n'avaient pas eu d'ennuis pour ça avant, ils avaient dû penser que ça serait la même chose cette fois-ci. Et puis ils avaient chopé Malefoy, l'avaient emmené là où ils le voulaient et avaient essayé de l'intimider. C'était culotté. Les membres de l'A.D. et les profs patrouillaient dans le château. Mais ils avaient réussi à faire tout ce qu'ils avaient prévu et il y avait de bonnes chances qu'ils puissent s'en tirer comme ça. Ils auraient pu jeter un Oubliette à Malefoy, ou au moins essayer. Même sans ça, ça aurait été la parole de Malefoy contre la leur. Au pire, ils auraient été renvoyés temporairement, voire définitivement.
Mais alors ils avaient décidé de mettre le feu à la salle de classe, d'y laisser Malefoy encore vivant et de s'enfuir. Est-ce qu'ils étaient vraiment si perturbés, si idiots ? La fumée attirerait l'attention, ils devaient bien s'en rendre compte, et la vérité finirait par se savoir, ils devaient s'en rendre compte aussi, sinon ils ne se seraient pas enfui. Est-ce qu'ils crevaient tellement d'envie que ça de se retrouver à Azkaban ? Est-ce qu'ils se voyaient comme la nouvelle génération de Mangemorts ? Des abrutis de quinze ans. Drago vous rendait un service. Pourquoi est-ce que vous ne l'avez pas écouté ?
« Si je voulais m'enfuir, dit Harry, je prendrais mon balai. Ils ne peuvent même pas transplaner. »
Hermione posa la tête sur son épaule.
« C'est le moment où tu nous dis qu'il y a quelqu'un d'autre derrière tout ça ?
— Non, dit Harry avec franchise. »
C'était ce qu'il pensait, mais il n'avait pas l'intention de le dire à voix haute. Ron renifla.
« Dommage. Parce que je pense que j'étais prêt à te croire. »
Harry le contempla fixement.
« Vraiment ?
— Ça devient juste ridicule, dit Hermione. Peut-être qu'on devrait vraiment fermer l'école. »
Elle avait l'air au bord des larmes, inquiète pour son avenir scolaire ou simplement fatiguée.
« Tes épaules sont tellement osseuses, Harry, ajouta-t-elle. »
Elle bougea la tête comme pour trouver un meilleur endroit pour s'appuyer.
« Toutes les épaules sont osseuses, rétorqua Harry. Allez-y tous les deux. Vous avez besoin de dormir un peu.
— D'accord. On va tous retourner à la tour, dit Hermione. Tu as entendu ça, Ron ? Harry va venir avec nous. Il ne va pas rester ici pour monter la garde.
— Absolument, dit Harry.
— Mmh-mmh, murmura Ron, pas convaincu. Bien sûr qu'il va venir. Et puis il va prendre sa cape d'invisibilité et se précipiter ici dès que je serai endormi.
— Bien sûr que non ! s'étouffa Harry, indigné. »
Indigné qu'ils aient si bien deviné son plan.
« On reste ici, dit Hermione avec fermeté. »
Harry se laissa aller contre le mur, faisant bougonner Hermione parce que son épaule avait bougé.
« C'est bon, vraiment. Vous n'êtes pas obligés de rester, dit-il. Je pensais... »
Il se tut. Même à ses propres oreilles, il avait l'air pleurnichard. Il avait pensé se faufiler à l'intérieur et garder Drago à l'oeil, mais ce n'était plus possible. Ca n'aurait probablement déjà pas été possible avant, il fallait l'admettre. Pomfresh était partie, mais Harry l'avait vue jeter plusieurs sortilèges sur la porte et il n'était pas sûr qu'il aurait été capable de rentrer.
Hermione souffla.
« Franchement ! dit-elle avant de sauter sur ses pieds. »
Elle marmonna pour elle-même en se rapprochant de la porte et sortit sa baguette.
« Drago Malefoy, sérieusement, grogna-t-elle dans sa barbe. »
Harry parvint néanmoins à l'entendre.
« Sale petit con blondinet. Il ne peut passer une journée sans essayer de mourir ? C'est le seul truc qu'il fait. »
Elle jeta plusieurs sorts sur la porte, illuminant le couloir de couleurs joyeuses et scintillantes.
« C'est un putain de fétiche, ton truc, Harry. »
Elle avait l'air grognon et Harry se garda d'ouvrir la bouche et n'essaya pas d'argumenter. Ses joues étaient en feu, il pouvait le sentir.
Le verrou s'ouvrit avec un clic et Harry se releva en hâte.
« Attends ! ordonna Hermione. »
Elle rentra, refermant la porte derrière elle. Harry obéit, trop surpris pour faire quoique ce soit d'autre. Il évita de regarder vers Ron, même si les yeux de celui-ci étaient fermés et qu'il était toujours assis, appuyé contre le mur comme s'il dormait.
« Protego, dit-il, les yeux toujours fermés. Un seul sortilège, de multiples fonctions. C'est l'intention qui compte. »
Harry le regarda sans comprendre.
« Heu, pardon ? »
Ron n'ajouta rien et Harry se retrouva encore plus perplexe. Est-ce que Ron voulait dire qu'il y avait eu un Protego sur cette porte ? Qu'il devrait lancer un Protego dessus ? Que Ron allait lancer un Protego ?
Peut-être que Ron était à moitié endormi, se dit-il.
« Ron ? essaya-t-il. Je comprends pas ce que tu veux dire. Qu'est-ce qu'il y a avec le Protego ? »
Ron soupira et bailla un peu, comme s'il était vraiment sur le point de s'endormir.
« Tu comprendras en temps voulu, dit-il avec une voix bizarrement résignée. »
Harry n'eut pas le temps de lui poser davantage de questions car Hermione ressortit de l'infirmerie, sur la pointe des pieds.
« Malefoy dort, dit-elle. Et j'ai convaincu Winky de te laisser rester à l'intérieur.
— Elle est là ?
— Elle n'y est plus. McGonagall savait qu'elle montait la garde et ne laisserait personne rentrer. J'ai proposé de lui tricoter une paire de chaussettes si elle s'en allait. »
Elle jeta un regard mauvais à Harry.
« Les chaussettes, c'est le pire.
— Heu, merci, dit Harry. »
Il avait envie de la serrer dans ses bras, mais elle avait l'air de bien trop mauvais poil pour ça. Elle souffla et alla s'asseoir à côté de Ron et déposa aussitôt la tête sur son épaule. Elle rit doucement, c'était presque un pouffement.
« Ron, tu as jeté un Coussintoudou sur ton épaule ?
— Elles sont juste naturellement non-osseuses, lui répondit-il. »
Il releva la tête vers Harry.
« Va-t'en. Je suis sur le point de lui rouler un patin. »
Harry n'avait pas besoin qu'on le lui dise deux fois. Il eut un grand sourire et se dépêcha de rentrer dans l'infirmerie au moment où Hermione disait « Ah oui ? »
Il faisait sombre dans l'infirmerie ; les bougies étaient éteintes mais un faible clair de lune passait à travers les grandes fenêtres, éclairant les lits étroits. La plupart d'entre eux étaient vides ; ce fut facile de repérer les cheveux blonds de Malefoy étalés sur l'oreiller d'un des lits du côté fenêtres. Le seul autre occupant était Tommy Wright. Même si Harry ne pouvait pas le voir, il savait qu'il était là, dissimulé derrière des tentures blanches à l'autre bout de la pièce.
Harry observa un moment le corps endormi de Malefoy avant de se trouver un coin par terre, un peu plus loin, où on ne le verrait pas, mais d'où il pouvait surveiller à la fois la porte et le lit de Malefoy.
Ses pensées retournèrent à Ron et Hermione, mais il renonça vite à analyser leur comportement. Ils étaient dehors, à monter la garde, et pour l'instant, c'était tout ce qui comptait. Peut-être qu'un jour il faudrait qu'ils parlent, mais Harry n'était pas pressé. Il n'avait pas non plus spécialement envie de penser à Malefoy et à tout ce qui s'était passé entre eux aujourd'hui et ne concernait pas le fait que Malefoy avait failli mourir dans un incendie. Malefoy était en danger ; c'était ça qui était important. Le reste... le reste lui donnait mal à la tête rien que d'y penser. Malefoy aussi lui donnait mal à la tête rien que d'y penser.
Je n'ai rien à quoi réfléchir, en conclut Harry. Au final, il décida de se repasser tout ce qui s'était passé au château depuis... depuis le match Gryffondor-Serpentard. C'était là que tout avait commencé, non ? Y penser ne l'aidait pas beaucoup, mais ça tenait son esprit occupé et l'empêchait de s'endormir. Cependant, Harry avait un soupçon, et bien qu'il ne voyait pas ce que ça pouvait avoir avec le reste, il trouva un moyen de le confirmer. Il se dit qu'il ferait ça le lendemain soir. Peut-être que ça ne servirait à rien, il s'en rendait compte, mais c'était toujours plus facile de résoudre un puzzle quand vous aviez toutes les pièces.
Malefoy remua et gémit un peu en se retournant. Harry espérait que ça ne voulait pas dire qu'il avait mal.
Il se mordit les lèvres et resta silencieux quand Malefoy se releva un peu dans le lit et chercha quelque chose sur la table de nuit. Harry était assis dans un coin sombre, là où le clair de lune n'éclairait rien. Malefoy ne pouvait pas le voir, mais Harry voyait Malefoy.
Une baguette apparut dans la main de Malefoy. Il l'observa un moment avant de la pointer vers la paume de sa main.
La cuisse de Harry se mit à chauffer. Il faillit glapir de surprise et sortit son Gallion de sa poche. Il brillait et Harry fit de son mieux pour en cacher la lumière avec sa main pendant qu'il lisait le message. Ca disait Infirmerie attaquée.
Harry sourit. Il avait prévu de rester caché, mais si Malefoy voulait qu'il soit là...
Tout doucement, il se leva et s'avança.
« Attaquée, hein ? demanda-t-il. »
Sa voix était bien trop forte dans la pièce silencieuse. Malefoy se redressa aussitôt et regarda autour de lui.
« Potter ? »
Harry s'avança dans la lumière diffuse.
« Tu comprends vite. »
Malefoy lui jeta un regard inquisiteur.
« Comment tu as fait pour arriver ici si vite ?
— Les secrets du Sauveur, répliqua Harry. »
Si Malefoy n'avait pas compris qu'il était là tout du long, Harry n'avait pas l'intention de le lui expliquer. Il attendit que l'autre fasse un commentaire sarcastique, mais rien ne vint.
« Tu vas obliger l'infirme à se lever, ou bien tu comptes te rapprocher à un moment ? »
Harry marcha vers lui avec circonspection.
« Qu'est-ce que tu ve... »
Malefoy se jeta en avant, redressé sur ses genoux, plus grand que Harry vu la hauteur du lit d'hôpital. Ses mains agrippèrent ses cheveux et firent s'incliner sa tête et il colla ses lèvres sur les siennes pour un baiser violent.
C'était de nouveau comme sur le terrain de Quidditch. Tout le corps de Harry réagit immédiatement. Il pouvait sentir la chaleur du baiser de Malefoy jusque dans ses orteils. Mais c'était encore mieux cette fois-ci ; le corps de Malefoy était tiède de sommeil, pas à moitié gelé par le vent. Les mains de Harry se faufilèrent sous son haut de pyjama pour caresser la peau lisse et chaude de son dos.
La cape de Harry atteignit le sol et Malefoy se mit à tirer sur ses boutons. Mais il abandonna à mi-chemin, se contentant d'ouvrir la chemise suffisamment pour la faire glisser un peu et révéler l'une des épaules anguleuses de Harry.
Il couvrit sa mâchoire et la peau fragile derrière son oreille d'une traînée de morsures vives et de coups de langues apaisants et puis ses lèvres et ses dents s'attaquèrent à la zone sensible où son cou devenait son épaule. Harry ne put retenir un gémissement.
Cela parut encourager Malefoy et il mordit fort ; Harry en fut pris d'un frisson qui le fit chanceler.
Sa main glissa vers le bas et passa sous le pantalon de pyjama de Malefoy pour caresser la courbe de ses fesses avec émerveillement.
Je ne devrais pas le toucher là, se dit Harry, mais ses doigts continuèrent à explorer, dérapant légèrement entre ses fesses. Une angoisse soudaine lui coupa le souffle, son coeur tambourinait dans sa poitrine et sa gorge se serra tandis que ses doigts glissaient plus loin dans la fente tiède entre les fesses de Drago.
Celui-ci se libéra, reculant si vivement que Harry se sentit froid et abandonné. Il ramena vivement ses mains à lui, craignant d'avoir franchi une ligne tacite.
« Je suis... »
Désolé. C'est ce qu'il avait eu l'intention de dire, mais Malefoy faisait passer son haut de pyjama par-dessus sa tête. Cela ébouriffa ses cheveux, le laissant avec des mèches blondes qui partaient en tout sens autour de son visage rougi. La rougeur s'étendait dans son cou et descendait sur sa poitrine.
Harry resta debout à côté du lit, figé, tandis que Malefoy se débattait avec les couvertures enroulées autour de ses jambes. Il retira son bas de pyjama aussi. Harry ne pouvait pas voir grand chose entre le drap qui se trouvait devant et l'obscurité, mais il aperçut une hanche étroite et la peau pâle de la cuisse de Drago.
Il est tout nu là-dessous. L'angoisse qu'il avait éprouvée précédemment revint, encore plus forte, se transformant peu à peu en une véritable crise de panique. A quoi s'attendait Malefoy ? Harry ne savait pas quoi faire. Malefoy était nu, assis et regardait Harry, l'air d'attendre quelque chose, quelque chose qui dépendait de Harry. Il aurait voulu pouvoir lui donner ce qu'il attendait, mais la peur le figeait sur place. Tout ce qui lui était arrivé dans sa vie, tout ce à quoi il avait dû faire face, rien n'avait jamais été aussi terrifiant que l'idée de monter sur ce lit avec un Malefoy tout nu.
« Tes fringues, Potter, chuchota Malefoy en le fixant du regard. Enlève-les. Ou bien tu as prévu de les garder ? »
Je vais les garder. C'était une bonne idée. S'enfuir en courant tout de suite était même une idée encore meilleure.
« Malefoy, grinça-t-il. Je ne pense pas...
— Alors ne pense pas. »
Malefoy se releva, les yeux plantés dans ceux de Harry tandis qu'il tendait la main pour la poser sur son entrejambe. Il le toucha à travers son pantalon et serra. Harry hoqueta, sa peur s'évanouit et son monde se rétrécit, se réduisit à la pression ferme de la paume de Malefoy.
Malefoy se recula, ce qui était tellement cruel que cela en coupa le souffle à Harry.
« Enlève-les, répéta Malefoy avant de se pousser de côté sur le petit lit. »
Monter sur le lit faisait soudain un peu moins peur. Il y avait des choses plus terrifiantes dans la vie, se dit Harry en ôtant sa chemise. Comme le fait que Malefoy refuse de le toucher encore, par exemple.
Il se dégagea de ses chaussures, enleva son pantalon et ses chaussettes, et puis, le cœur battant à tout rompre, fit glisser son caleçon. Il n'eut pas le temps de se sentir embarrassé. Le regard de Malefoy englué à son pénis, son approbation, le désir si clair sur son visage, Harry eut l'impression qu'il pourrait exploser de soulagement.
Monter sur le lit ne faisait plus peur du tout. Malefoy leva les yeux vers lui, attrapa une poignée de cheveux et l'attira à lui pour un baiser. Et tout d'un coup, Harry se retrouva sur le dos, sa poitrine collée à celle de Malefoy, peau contre peau. La cuisse de Malefoy s'était faufilée entre ses jambes, appuyant doucement contre les testicules de Harry.
Un élan de pur bonheur le fit sourire contre les lèvres de Malefoy. Plus souvent qu'à l'occasion, il avait été persuadé qu'il ne ferait jamais l'expérience de ceci. Il y avait eu des fois où il avait été certain qu'il mourrait avant que quiconque ait l'occasion d'avoir un contact intime avec lui. Il s'était dit que ça ne le gênait pas, qu'il n'en avait pas besoin. Mais ça, la langue de Malefoy qui bougeait contre la sienne, ses mains partout, touchant Harry partout où elles pouvaient l'atteindre, ce n'était pas quelque chose qu'il serait prêt à laisser tomber à nouveau.
J'étais stupide. Il l'était toujours, ou alors il ne serait pas en train de faire ça avec Drago Malefoy. Mais ce n'est pas grave, se dit-il alors que sa main se faufilait à nouveau vers le bas, par dessus la hanche de Malefoy, sa cuisse, ses fesses. A ce moment-là, ce n'était pas grave d'être stupide.
« Attends. »
Malefoy lui échappa à nouveau, mais cette fois il était si près que tout ce que Harry avait à faire était de pencher la tête pour que ses lèvres trouvent le cou de l'autre garçon.
« Attends, insista Malefoy. Il faut qu'on... »
Il se mit à gigoter et à se débattre et Harry releva la tête à contrecoeur. Malefoy avait trouvé sa baguette et la tenait dans sa main, regardant le morceau de bois avec une concentration intense.
« Je me rappelle plus, chuchota-t-il. »
Il avait l'air perturbé.
« Te rappeler quoi ? »
Harry ne voyait vraiment pas ce qui pouvait être si important que Malefoy se soit arrêté de l'embrasser. Il ne parvenait pas à penser à un tel truc, il ne parvenait pas à penser tout court sa paume glissait le long des fesses de Malefoy, agrippant, serrant, caressant. Il poussa les couvertures vers le bas, regarda sa main, ce qu'elle était en train de faire, et la contempla avec effarement. Il pouvait voir le sexe de Malefoy également, pas très différent du sien, sauf que toucher son propre sexe n'avait jamais été un truc totalement terrifiant. Tu es un Gryffondor,s'encouragea-t-il. Faisant fi de ses hésitations, il tendit la main pour en entourer le sexe de Malefoy, mais celui-ci se hâta d'intercepter sa main.
« Désolé, dit Harry. »
Ses joues le brûlaient mais Malefoy l'ignora. Il appuya sa baguette contre la main de Harry et murmura quelque chose d'incompréhensible. Maintenant il va me couper la main parce que je l'ai touché là où je n'aurais pas dû,pensa Harry avec tristesse. Il espérait que Mme Pomfresh serait capable de lui en faire repousser une.
Mais Malefoy ne lui coupa pas la main. Il se contenta de la couvrir d'une substance huileuse et translucide, ce qui était franchement une drôle de punition. Harry fixa sa main sans comprendre, jusqu'à ce que Malefoy pousse un juron et attrape les doigts de Harry, se tortillant sur le lit jusqu'à qu'il soit retourné, quasi couché sur le ventre, son bras tordu derrière lui pour coller la main de Harry pile entre ses fesses. Et là, le cerveau de Harry se remit miraculeusement en route, même si tout le sang qui l'irriguait normalement semblait être parti plus bas, rendant son sexe si dur que c'en était douloureux. Il y avait des trucs que Harry avait vus et entendus longtemps auparavant, à la télé chez les Dursley, et des trucs que ses camarades de dortoir disaient et qui ne semblaient pas vouloir dire grand chose, des expressions que Harry lui-même utilisait parfois, et soudain toutes les pièces du puzzle s'assemblèrent avec un grand Oh. Il pensait savoir ce qu'il fallait faire, mais cela ne le rassura pas du tout, au contraire, ça le rendit encore plus angoissé. Il était presque tenté de demander à Malefoy de le lui faire à lui à la place. Si ça faisait mal, bah ça ferait mal Harry serrerait les dents et puis voilà. Mais l'idée de pas le faire comme il fallait et de faire mal à Malefoy, qui avait été torturé et avait failli brûler vif juste quelques heures auparavant, ça, c'était insupportable.
Alors ne lui fais pas mal, idiot.
« Potter, pour l'amour de Merlin, grogna Malefoy, la voix étouffée par l'oreiller. »
Il s'agitait et se frottait contre la main de Harry. Ne lui fais pas mal, ne lui fais pas mal, pensa Harry en glissant son doigt entre les fesses de Malefoy, trouvant sans difficulté la petite zone de peau un peu plissée. Il se souleva un peu, s'appuyant d'abord sur son coude puis sa main. Il n'était pas dans une position confortable, assis sur le côté, un genou plié, il essayait de ne pas tomber du lit trop étroit.
Il avait une vue sans aucun obstacle sur les fesses de Malefoy, ses cuisses, la courbe de ses reins, et la peau pâle et claire était éclairée par la lune, une véritable tentation vivante.
Pousse, s'ordonna-t-il, et il appuya sur son doigt. Il fut surpris mais encouragé par l'absence de résistance mais s'arrêta net à la seconde suivante. Son doigt ne pouvait simplement pas aller plus loin.
« Continue, continue, insista Malefoy. »
Supplia, même. Harry obéit, même si ça ne lui semblait pas une très bonne idée. Cela prit une éternité pour faire rentrer son doigt. Ou peut-être que ça ne prit que quelques secondes, il n'en avait pas la moindre idée il avait perdu la notion du temps. Il avait perdu la notion de tout ce qui n'était pas son doigt se glissant dans cette chaleur, comme pris au piège de cette étroitesse.
Harry s'agita sur le lit, se débattant pour trouver une meilleure position, jusqu'à ce qu'il se retrouve agenouillé derrière Malefoy, entre ses jambes écartées. La vue de son doigt qui disparaissait à l'intérieur, prisonnier du cercle de muscles, était si fascinante que Harry ne pouvait en détacher le regard. À la place, il écarta encore davantage les fesses de Malefoy afin de mieux voir, même si penser à ce qu'il était en train de faire faisait se précipiter le sang à ses joues et à ses oreilles, lui donnant l'impression que son visage était en train de bouillir.
On aurait dit que Malefoy ne parvenait pas à s'arrêter de parler. Il babillait sans interruption,encourageant, demandant plus, disant à Harry que ça suffisait et qu'il aurait déjà dû commencer à le baiser. Chacun de ses mots apaisait les craintes de Harry, mais cela ne l'empêchait pas de continuer à faire ce qu'il faisait. Il fit pénétrer un autre doigt, et puis encore un autre. Sa poitrine se gonfla de soulagement en voyant que Malefoy les prenait, se contractait autour d'eux, comme pour les attirer plus profondément en lui.
J'y connais rien mais toi non plus, pensa Harry en voyant Malefoy se cambrer contre ses doigts, répétant que c'était assez et que Harry devait passer à la suite, putain. Une pellicule de sueur recouvrait la peau de Malefoy dans la lumière diffuse, on aurait dit que même ses fesses rougissaient. Il s'était soulevé un peu sur ses coudes, ses gémissements s'étaient fait plus longs et plus profonds. Ses hanches, incapables de rester immobiles, se cambraient, poussaient et se tordaient.
Je pourrais jouir juste comme ça, pensa Harry, épaté, et puis soudain paniqué, réalisant qu'il allait effectivement jouir s'il n'arrêtait pas de se branler. Il ne s'était même pas rendu compte qu'il était en train de se toucher.
Harry retira ses doigts et Malefoy poussa un juron si violent que Harry craignit qu'il ne se retourne et lui mette un coup de poing. Harry espérait presque que c'était ce qu'il ferait. Un coup de poing ne lui aurait pas fait de mal en cet instant; sa main humide était serrée autour de son sexe et Harry était sûr que ça allait partir si Malefoy ne le frappait pas.
Mais Malefoy ne fit rien de tel. À la place, il attrapa un oreiller et le fit passer sous ses hanches. Ses fesses étaient exposées, lubrifiées et ouvertes, prêtes pour Harry.
Avec un grognement sourd, celui-ci arrêta de se caresser et se rapprocha, se rappelant qu'il était un Gryffondor.
Ses mains tremblaient quand même quand il appuya le bout de son sexe contre le corps de Malefoy. Il serra les dents avant de pousser un tout petit peu. La sensation lui coupa le souffle. Tout le corps de Malefoy trembla et il émit ce petit son désespéré qui avait fait fondre la cervelle de Harry, quelques jours auparavant, juste ici, à l'infirmerie.
Ses mains caressaient et pressaient les hanches de Malefoy, glissant, perdant leur prise, mais se débrouillant pour la regagner. Il poussa encore et encore, les gémissements de Malefoy plein les oreilles. Harry se pencha en avant, étendit les jambes avec précaution, mourant d'envie d'être encore plus près de Malefoy. Il s'allongea en avant, s'appuyant sur ses coudes au-dessus de Malefoy, abaissant doucement son pelvis, pénétrant Malefoy centimètre par centimètre. Tu ne donneras pas de coup de bassin, s'ordonna-t-il, tu n'en donneras pas. Il pouvait sentir des gouttes de sueur se former sur son front. Sa respiration était si erratique que ses poumons le brûlaient. Voir Malefoy frissonner et gémir sous lui le bouleversait, et la chaleur qui entourait son sexe semblait avoir mis le feu à son corps.
Ses hanches lui désobéirent et il donna un coup de reins, fort. L'un d'eux en eut un petit hoquet, ou bien peut-être qu'ils avaient été deux à faire ce son. Harry se figea l'espace d'un instant et se retrouva à embrasser Malefoy dans le dos, sur ses omoplates, en murmurant :
« Désolé, désolé. »
Le rire essoufflé de Malefoy fut un choc.
« Tu auras des raisons d'être désolé, dit-il d'une voix entrecoupée, si ça prend toute la nuit. »
Et puis il contracta ses muscles si fort autour de Harry que des larmes vinrent aux yeux de celui-ci.
« Potter, dit Malefoy. »
Harry ne savait pas si c'était un ordre ou une supplique. Ça n'avait pas d'importance. Ses hanches savaient quoi faire. Elles se relevèrent pour revenir vers le bas, et Malefoy siffla, comme sous l'effet de la douleur, mais il siffla oui et les hanches de Harry se mirent à bouger encore et encore. Il était incapable de s'arrêter.
Il avait désespérément envie de remercier quiconque avait fait en sorte qu'il ne meure pas avant de connaître ceci, mais cette pensée fut remplacée par la voix de Malefoy lui demandant de bouger plus vite, plus fort. Harry obéit, mais peu importait comment il faisait, ce n'était jamais assez vite ou assez fort pour Malefoy. Ça ne l'empêchait pas d'essayer. C'était tout ce qu'il pouvait faire : écouter et obéir. La pièce était emplie de leurs gémissements et de leurs halètements, du son de la peau qui claquait contre la peau, et du parfum entêtant du sexe. La tête de Harry était tombée sur le dos de Drago, il respirait à plein nez son odeur tandis que Malefoy tremblait violemment sous lui. La pression sur son pénis était insupportable ça descendait jusqu'à ses testicules, montait jusqu'à son cœur, ça le serrait et lui coupait le souffle. Il s'entendit hurler au moment où il jouit, parcouru par des frissons de plaisir successifs.
Il s'écroula en avant, essayant de regagner son souffle contre le dos de Malefoy, avec l'envie de rester comme ça pour toujours. Il savait qu'il lui fallait bouger, mais cela lui fut impossible pour un long moment ses membres étaient trop lourds. Malefoy ne se plaignait pas. Lui aussi reprenait son souffle. Il était silencieux pour une fois, n'avait visiblement pas d'insultes ou de remarques hautaines à lui jeter.
Ils finirent par bouger, ensemble, comme suite à un accord tacite. Malefoy grimaça quand Harry se retira, et Harry s'émerveilla de ne pas tomber du lit tandis qu'ils gigotaient pour se remettre droit, tout contre l'autre, Malefoy sur le dos et Harry sur le côté.
Je devrais l'embrasser. Ou peut-être qu'il devrait dire quelque chose, même s'il ne voyait pas quoi. Il n'osait pas l'embrasser non plus. Il attendit le moment inévitable où Malefoy se mettrait à tirer la gueule et lui dirait de partir. Il se crispa rien que d'y penser. Il n'avait vraiment pas envie de partir, mais attendre que Malefoy le fiche dehors était encore pire.
Il tendit le cou et embrassa l'épaule de Malefoy. Un dernier baiser avant qu'il me jette.
« Tu veux que je parte ? demanda-t-il en observant le visage de Malefoy. »
Je viens de faire l'amour, réalisa-t-il tout à coup. Je viens de faire l'amour avec Drago Malefoy. Il ne put réprimer l'espèce de jubilation qui s'empara de lui en pensant cela. Encouragé, il se rapprocha et plaqua un baiser sur les lèvres de Malefoy. Au bout de quelques secondes, celui-ci se mit à répondre. Il l'embrassa sans hâte, presque avec douceur. Ses mains étaient à nouveau dans les cheveux de Harry.
« Tu devrais probablement partir, dit-il en reculant un peu. »
Il sourit soudain et tendit la main pour redresser les lunettes de Harry. Sa main glissa dans le dos de Harry, le rapprochant, le geste contredisant ses mots.
« Si Pomfresh te trouve ici, elle nous balancera un maléfice à chacun.
— Mais alors il faudra qu'elle nous soigne, réfléchit Harry. »
Tant que Malefoy n'insistait pas, Harry n'avait pas l'intention de partir. Il n'avait pas eu l'intention de partir pour de bon, de toute façon. C'était seulement une question de rester ici, dans le lit de Malefoy, ou dehors, devant la porte. Avec Ron et Hermione qui étaient toujours là, à attendre, à monter la garde. Qu'auraient-il fait s'ils avaient su ce que Harry était vraiment en train de faire à l'intérieur ?
Tu comprendras en temps voulu.
Harry cligna des yeux. C'était ce que Ron lui avait dit avant qu'il rentre dans l'infirmerie. Protego. Un seul sort, de multiples usages.
Protego. Pour se protéger. Et pas des intrus, mais... Les joues de Harry s'enflammèrent. Ron lui avait dit quoi faire. Il avait su, su avant même que Harry ne le sache qu'il finirait dans le lit de Malefoy. Et Harry avait oublié, n'y avait même pas pensé. Et maintenant il se rappelait clairement être tombé par hasard au milieu d'une conversation entre Ron et Hermione cet été elle parlait de se protéger, et pas juste pour ne pas tomber enceinte. Ils étaient tous les deux tout rouges et avaient l'air terriblement embarrassés, et Harry s'était enfui aussi vite que ses pieds le lui avaient permis.
« Quoi ? »
Malefoy fronçait les sourcils.
« On a oublié... »
Il se tut et secoua la tête. La prochaine fois. La prochaine fois on n'oubliera pas. Cette idée le rendit heureux. Peut-être que la prochaine fois pourrait être maintenant.
« L'oreiller, dit-il. On a oublié l'oreiller. »
Il le retrouva sur le sol il avait dû tomber quand ils s'étaient retournés. Harry se leva, attrapa l'oreiller du lit voisin et se hâta de retourner au chaud près de Malefoy. Celui-ci le fixait.
« Beau cul, Potter.
— C'était un compliment ? Est-ce que tu viens juste de me faire un compliment ? »
Malefoy fit une grimace.
« J'ai dit que tu étais un faux cul, Potter, en quoi ça peut être un compliment ? »
C'était là de nouveau, ce sentiment de jubilation qui montait dans sa poitrine, gagnait tout son corps, tirait les coins de ses lèvres. Il embrassa Malefoy de nouveau quand il se recula, celui-ci avait arrêté de faire la grimace. Il fixait Harry avec une intensité qui le rendit nerveux.
« Quoi ? Demanda-t-il. »
Juste au moment où Malefoy disait :
« Est-ce que tu es seulement... ? »
Malefoy s'interrompit. Il fronça les sourcils, tira sur les cheveux de Harry en le regardant d'un air dubitatif.
« Je suis quoi ? »
Harry se rappela du terrain de Quidditch, la façon dont Malefoy l'avait repoussé, l'air un peu fou et effrayé. Tu n'es même pas... avait-il dit.
Malefoy ne répondit pas.
« Comment es-tu arrivé ici ? demanda-t-il à la place. Je t'ai appelé et tu étais là. Comment est-ce que tu es arrivé là si vite ? »
Harry trouvait que c'était une question bizarre. Est-ce que Malefoy pensait qu'il avait des capacités surnaturelles ?
« J'étais là tout du long, confessa-t-il. »
Il désigna d'un mouvement de tête le coin où il s'était assis sur le sol.
« Ils n'ont pas retrouvé Pritchard et les autres, alors je me suis dit... je me suis dit que j'allais rester dans le coin. »
Le regard de Malefoy se fit aigu.
« Qu'est-ce que tu veux dire, ils ne les ont pas retrouvés ? Où est-ce qu'ils peuvent être ?
— Je sais pas. Ils ont juste disparu. Ils se sont enfuis, je suppose. »
Malefoy resta silencieux un moment.
« Idiots, finit-il par conclure. Et tu es resté pour me protéger, ajouta-t-il. »
Ce n'était pas une question. Harry fut surpris de l'absence d'ironie dans sa voix. Il se força à sourire.
« Auror Potter, à vot' service. »
Malefoy ne répondit pas. Au lieu de ça, il tira de nouveau les cheveux de Harry et dit :
« Oui, c'est toi tout craché, hein ? »
Les mots étaient taquins, mais le ton ne l'était pas.
« Tu croyais que j'avais transplané ici ?
— Non, c'est juste que... »
Il tira une autre mèche, le cuir chevelu de Harry commençait à lui faire mal. Malefoy se mordit la lèvre, hésitant, et Harry retint sa respiration.
« Des fois, je me retrouve quelque part, et je ne sais pas comment je suis arrivé là. Je pensais que ça t'arrivait aussi. »
Harry se rappela ce que Ginny lui avait dit à propos d'Astoria. Elle a vu Malefoy sortir au milieu de la nuit plus d'une fois. Il s'en va et ne revient pas avant des heures.
« Ce dimanche, tu sais, quand on a trouvé Tommy... continua Malefoy. »
Sa voix était à peine plus forte qu'un murmure.
« Tu m'as demandé pourquoi je n'étais pas au match. La vérité, c'est que je n'en sais rien. Je comptais y aller, et puis... et puis d'un coup j'étais en haut de la Tour d'Astronomie. J'ai couru. J'ai couru aussi vite que je le pouvais je voulais rejoindre le terrain, mais au lieu de ça, je me suis retrouvé là. Devant la Salle. C'est là que j'atterris la plupart du temps. Mais pas à chaque fois.
— Malefoy, c'est... »
Le cœur de Harry se mit à battre plus vite. Il avait envie de dire compréhensible. Si Malefoy se sentait perdu, il n'était pas difficile d'imaginer qu'il retournait aux endroits qui recelaient ses plus atroces souvenirs. Etait-ce la seule chose que Malefoy avait cherché à fuir ce jour-là ? Des souvenirs ?
« Tu vois pas ? »
Malefoy ne murmurait plus il avait l'air énervé.
« Tu n'arrêtes pas de dire que c'est moi qui ai balancé un maléfice à ce gamin, et peut-être que c'est vrai. L'incendie... C'était mon ancien dortoir, Potter. Et Harper. De tous les endroits possibles, il est tombé de la Tour d'Astronomie. »
La respiration de Malefoy s'accrocha.
« Et si tu avais raison ? Si c'était moi... Si c'était moi qui étais derrière tout ça ? »
Harry fixa les grands yeux gris et affolés de Malefoy. S'il s'en donnait la peine, il pouvait tout relier à Malefoy. Il se rappelait avoir déjà pensé ça, mais il en avait conclu que c'était le problème avec sa façon de penser ça n'avait jamais conduit à une solution ça n'avait fait que le mener à des fausses pistes. Et apparemment, Malefoy faisait exactement la même chose.
« Et tu as aussi lancé un Imperium à Smith pour qu'il te tue ? Manigancé ton enlèvement aujourd'hui ? »
Les yeux de Malefoy se remplirent d'incompréhension.
« Qu'est-ce que ça a à voir avec le reste ? Je sais ce que Smith a fait et pourquoi. Je sais pourquoi Pritchard voulait se venger de moi. Je parle du gamin ensorcelé, du feu, d'Harper.
— Est-ce que tu as fait disparaître Peeves ? demanda Harry. Est-ce que tu as fait bouger les escaliers ?
— Tu ne m'écoutes pas, Potter. »
Malefoy criait presque il avait retiré ses doigts des cheveux de Harry.
« Je te dis que j'ai des blancs. Je ne sais pas ce que j'ai pu faire ou ne pas faire.
— Et puis... quoi ? Tu es en train de me dire que tu étais possédé ? J'étais avec toi sur cet escalier quand il a failli nous tuer. Est-ce que tu l'as fait bouger à la force de ton esprit ? »
Malefoy le regarda fixement.
« Non, dit Harry fermement. Non. Ça ne rime à rien. Pourquoi quelqu'un voudrait-il te posséder et te faire Stupéfixer un gamin sans importance ? Pourquoi est-ce qu'on te ferait conjurer tout un tas de bougies et mettre le feu à ton ancien dortoir ? Pourquoi est-ce qu'on te ferait tuer Harper ?
— Peut-être que je suis juste... fou. »
Le regard que Malefoy lui lançait était désespéré.
« Tu n'as rien fait. »
C'était impossible.
« Rien.
Arrête de dire ça, arrête de penser ça. »
Harry avait l'impression qu'on lui avait donné tout ce qu'il désirait juste pour le lui reprendre aussitôt.
« Mais... »
Il le fit taire d'un baiser. Un long baiser désespéré qui leur coupa le souffle à tous les deux.
« Tu n'as rien fait, murmura Harry avant de l'embrasser à nouveau. »
Malefoy ne répondit qu'avec des gémissements et des halètements et bientôt, ils étaient accrochés l'un à l'autre, leurs sexes frottant l'un contre l'autre, jusqu'à ce que Harry en oublie de penser et que les mains de Malefoy s'accrochent à ses fesses, le forçant à bouger plus vite.
Plus tard, Harry enfouit son visage dans le creux du cou de Malefoy et inspira à fond. Il n'a rien fait, se dit-il avec fermeté tandis que les doigts de Malefoy retournaient à ses cheveux.
« Réel, l'entendit-il murmurer. Tu es réel. »
Pour garder les traductrices motivées, un seul secret : reviewer !
