Hola hola! C'est de nouveau moi avec un nouveau chapitre :)

J'espère que vous apprécierez ;)

Par ailleurs, mes plates excuses pour les temps d'attentes entre les chapitres, pour le moment ça ne va pas pouvoir s'arranger :) Mais ne vous inquiétez pas, je fait le serment de terminer cette histoire jusqu'au bout :) (Je déteste tellement tomber sr des histoires que ne seront jamais terminées...)

Tchuss et bonne lecture.

Et merci à et à koul pour avoir laissé une trace de leur passage. C'est motivant et les critiques aident à avancer :)


Winter has come

3 mois passèrent dans l'autre temps, ce qui permit aux habitants du petit manoir de s'enraciner dans une routine quotidienne. Leurs relations s'étaient améliorées en termes général et ils tissaient peu à peu des liens nécessaires à leur survie. Les tensions s'effaçaient graduellement pour ne reparaitre que dans les moments critiques. Le petit manoir n'avait pas connu de crises depuis presqu'un mois.

Mégane, pour qui ils s'étaient tant inquiétés au début de leur séjour, allait bien. Elle était épanouie, adorait aller à l'école et ne quittait plus d'une semelle son compagnon d'aventures, Andy, qui n'était autre que le fils de l'apothicaire avec qui traitait Severus. Les adolescents la choyaient tous comme la petite sœur qu'aucun d'eux n'avait jamais eue et Snape n'avouerait jamais qu'il s'y était aussi beaucoup attaché. Néanmoins, ses rapports avec Remus restaient privilégiés. Il devait lui lire une histoire, il devait la border, il devait l'aider à table si nécessaire, il devait être là pour elle, toujours lui, toujours le premier. Ça posait problème lorsque le lycanthrope partait les nuits de pleines lunes car c'était l'occasion de ses rares crises qui remplissaient la maisonnée de larmes et de cris suraigus. Ni les câlins d'Hermione, ni les distractions des garçons, ni les menaces de Severus ne parvenaient pas à la calmer dans ces cas-là.

La relation entre Harry et Draco avait elle aussi germée, ils étaient passé de cordial à amical et si les tensions étaient toujours semi-présentes lorsqu'ils abordaient des sujets qui fâchent, ils savaient aussi très bien s'entendre, et même trop bien s'entendre pour comploter derrière le dos du reste du groupe. Snape, qui à l'origine avait trouvé que le fait de les mettre dans la même chambre était une très bonne idée se ravisait petit à petit.

On ne pouvait pas dire qu'ils étaient de très bons amis mais pour le moment, il s'entendait assez pour ne plus se sauter à la gorge à chaque piques et les insultes toujours présentes étaient à présent un jeu entre eux.

Le temps avait donc plus ou moins effacé les rancunes et les griefs qu'ils avaient les uns contre les autres, à moins que ce ne soit le fait de cohabiter depuis trois mois. Quoiqu'il en soit il régnait une paix relative au manoir.

Peu à peu, témoin du temps qui passe, le paysage avait évolué autour d'eux. Les arbres de la lisière de la forêt avaient commencés à rougir et, à présent la majorité d'entre eux étaient complètement nus. A la mi-décembre, le temps avait viré du froid au glacial et ils mettaient le moins possible le nez dehors.

De son perchoir, du haut de la bibliothèque, Severus Snape observait la première tombée de neige de la saison. Il n'avait pas fermé l'œil de la nuit et était d'une relative mauvaise humeur. Il jeta encore un coup d'œil à la feuille qu'il tenait dans la main. Le schéma supposé d'un circuit que devait emprunter le flux magique partant du portail et arrivant jusqu'au portail de nouveau pour en inverser le processus. Le schéma, ils l'avaient presque. La théorie ils la maitrisaient, mais jusque-là, aucun matériel ne s'était montré capable de contenir la moindre parcelle de magie. Faire un circuit où la magie circulerait comme de l'électricité moldu semblait de plus en plus utopique.

Rageusement il plaqua le schéma sur la table, rassembla toutes leurs notes de papiers et les congédia d'un coup de baguette. Ça attendrai, comme toujours. Voilà près de trois mois qu'ils planchaient dessus presque toutes les nuits. Ils avaient décidé avec Remus de s'accorder une pause pour pouvoir prendre plus de recul sur toute l'affaire bien plus tard. Reculer pour mieux sauter. Snape avait seulement peur que le saut soit trop court pour atteindre l'autre rive.

Les flocons étaient à présent très épais et tombaient en cascade jusqu'au sol, dans moins d'une heure ils auraient un tapis blanc épais. Il regarda la forêt blanchir au fur et à mesure que le manteau blanc la recouvrait et ses pensées se dirigèrent vers Karl Summers qui étrangement avait arrêté de les harceler depuis quelque temps. Se lassait-il de les observer, de les espionner, de monter la garde devant la fenêtre toutes les nuits ? Surement. Avait-il compris qu'ils ne tenteraient jamais le diable et qu'il n'y avait aucun moyen de les atteindre sans qu'ils ne décident eux-mêmes de quitter le manoir ? Espérons. Quoiqu'il en soit ils ne l'avaient pas vu depuis près de deux semaines, et à la dernière transformation de Remus il ne s'était pas montré.

Ils restaient cependant sur leurs gardes.

Alors qu'il attendait ses trois et uniques élèves pour leur dernier cours avant les vacances, ce fut Mégane qui arriva en courant dans la bibliothèque et qui mit fin à ses pensées. En ce qui la concernait, elle était en vacance depuis une semaine et il était temps qu'il en soit de même pour les adolescents.

« Sevy ! Il neige, il neige ! » S'époumona-t-elle

Le maitre des potions regarda la petite fille crier et courir vers lui, en pyjama et encore nu-pieds.

« Oui, j'ai remarqué Mégane. » Fut la réponse très plate de celui-ci.

Mais la petite fille ne semblait pas ébranlée par le peu d'enthousiasme de son interlocuteur.

« Remus, il a dit qu'on ferait un bonhomme de neige ! Et Mione elle a dit qu'on lui mettrait une carotte ! »

« Ah… c'est bien… mais pas maintenant, va t'habiller.» lui intima-t-il

Mégane le regarda en soupirant et fit la moue et avant que le maitre des potions ne puisse s'interroger sur le pourquoi de cette grimace, elle se désintéressa de lui et courut vers Harry. Celui-ci venait d'entrer dans la pièce, portant ses cours et ses quelques parchemins volants.

« Harry, il neiiiige » Hurla-t-elle.

Le garçon lui rendit son sourire.

« Je sais, j'ai vu. On va pouvoir faire un bonhomme de neige ! » Proposa-t-il. Lui qui n'avait jamais vraiment eu l'occasion d'en faire était quasi aussi excité que la petite fille. Snape réprima un ricanement de circonstance.

« Maintenant ? » lui demanda-t-elle surexcitée

Il jeta un coup d'œil vers son professeur qui le toisa, bras croisé et sourcil levé.

« Non, je crois pas, on doit travailler, mais après si tu veux. » Il lui fit un clin d'œil et Meg quitta la pièce sans demander son reste.

Il jeta un coup d'œil vers l'horloge qui indiquait 10h du matin. Draco et Hermione arrivèrent puis s'installèrent et il commença son cours.

« Je sais qu'aujourd'hui est le dernier cours avant les vacances mais je veux une concentration parfaite. »

Il toisa ses élèves qui n'étaient nullement impressionnés. Ils avaient depuis longtemps compris que Snape n'était pas du genre à leur faire faire du coloriage, même la semaine avant Noël, et une telle précision s'avérait parfaitement inutile.

« Nous allons aborder une potion particulièrement importante du programme de cinquième année, si vous voulez avancer en potions je vous demande d'être particulièrement attentif. A la fin des vacances je veux que vous puissiez l'exécuter sans aucune note. »

Il fixa simultanément Harry et Draco, d'un regard lourd de sous-entendus et s'en retourna à son tableau d'un mouvement de cape qui fit sourire les adolescents.

« Le polynectar. » Annonça-t-il tout en l'inscrivant au tableau.

Il ne nota pas les regards espiègle que s'échangèrent Harry et Hermione et commença à faire, comme à son habitude, la conférence d'introduction sur la potion, posant quelques questions de ci de là, pour évaluer les connaissances de ses élèves.

A sa grande surprise, Harry était capable de répondre à toutes ses questions sans ciller. Il semblait imbattable sur la question.

« Eh bien Potter » s'étonna-t-il après la cinquième réponse juste que lui offrait son élève, « Dois-je croire à l'existence des miracles ? A quel Dieu dois-je aller faire une offrande pour le remercier ? »

Le ton de sa voix était ironique mais l'on ressentait par derrière qu'il était franchement étonné.

Hermione laissa échapper un rire discret, mais non suffisamment discret pour échapper à l'ouïe de l'espion.

« Quelque chose de drôle miss Granger ? »

Il fixa la jeune fille qui nia l'évidence. Il sentait que quelque chose lui échappait dans cette histoire de polynectar.

Draco non plus n'y comprenait rien et fit savoir par des grands gestes à Hermione qu'il voulait savoir ce qui se passait. Celle-ci articula un « plus tard » muet. Snape qui inscrivait les ingrédients au tableau surprit l'agitation derrière son dos et l'interrompit d'un ton las.

« Et on se tait. »

C'est seulement lorsqu'il inscrivit « Peau de serpent de l'arbre du cap » au tableau qu'il mit le doigt sur ce qui le gênait…

Il se retourna violemment vers Harry.

« Potter ! » fit une voix aussi froide et dure qu'un iceberg.

Hermione déglutit dans son coin, Snape avait-il fait le lien ?

« Lisez-moi la dernière ligne d'ingrédient ! »

Le garçon s'éclaircit la gorge et, beaucoup moins amusé qu'avant, s'appliqua à réciter la ligne.

« Les cheveux de… »

« Après ! » tonna Snape

« La peau de serpent de l'arbre du cap… » Sa voix avait lentement baissé à la fin de la ligne. Oups.

Les pièces du puzzle se mettaient lentement en place dans l'esprit de Snape.

« Vous avez volé cet ingrédient de mes réserves en deuxième année ? » interrogea le professeur des potions. « Est-ce vrai monsieur Potter ? »

Ça devenait dangereux, très dangereux.

« Euh…non… » Après tout il ne mentait pas, c'était Hermione qui l'avait volé. Mais le maitre des potions ne se démonta pas.

« C'est donc miss Granger ou Weasley ! Puis vous avez assommé et prélevé des cheveux de Messieurs Crabbe et Goyle et prit leur apparence le jour d'halloween. Merlin sait pourquoi… mais c'était vous. »

Il se retourna vers Hermione.

« Confirmez-vous cette version miss Granger ? »

Sa voix était étranglée mais elle articula un « oui » aigue.

Snape se releva de toute sa hauteur et observa Harry. Nul doute que ce qu'il venait d'annoncer était vrai, la culpabilité semblait émaner de lui, malgré sa façade fière. Enfin, il avait tellement cherché le coupable durant cette période qu'il se sentait comme libéré.

Il avait soupçonné que des élèves cherchaient à fabriquer du polynectar dans l'école grâce à plusieurs indices mais n'aurait jamais imaginé qu'il puisse s'agir de Potter et de ses deux acolytes. Il avait sous-estimé le don de Granger en potion. Jamais il ne l'avouerait, mais il était plutôt impressionné.

« L'affaire est close. » Annonça-t-il « Même si j'ai bien envie de vous faire récurer mes chaudrons pendant toutes les vacances, l'incident date d'il y a trois ans et ce serait injuste. Mais… il est bien clair que ça ne se reproduira pas. N'est-ce pas ? »

Ils acquiescèrent vivement, heureux de s'en être sortis aussi bien. Il s'apprêtait à reprendre son cours mais cette fois, ce fut un rire qui l'en empêcha. Sa patience légendaire commençait à atteindre ses limites. Il se retourna vers le gêneur.

« Monsieur Malfoy. Quelle est la cause de cette hilarité soudaine ? »

Le garçon blond désigna Harry et Hermione du doigt.

« C'était eux. » ricana-t-il.

Ah, apparemment le garçon avait aussi monté son propre puzzle et ne se souciait pas d'avoir été la victime de cette machination.

«Vous avez préparé du polynectar… en cachette ! En deuxième année ! Vous avez volé des ingrédients de la réserve ! »

Il paraissait choqué. Choqué, mais surtout impressionné. Lorsqu'Hermione acquiesça il s'exclama :

« Et seulement pour savoir si j'étais l'héritier de Serpentard… Moi ? L'héritier de Serpentard ! » Un nouvel éclat de rire secoua l'adolescent. « Dommage que vous n'étiez pas dans la même maison, on se serait bien marrés ! »

Harry réalisa alors ce que cette parole avait d'irréel dans la bouche de Malfoy. Peut-être que s'il avait accepté cette poignée de main dans le hall de Poudlard le premier soir, peut-être que l'histoire aurait été bien différente.

« Vous êtes complètement fêlés. » continuait le blond en rigolant. « L'héritier de Serpentard ! Encore, que ces balourds de Crabbe et Goyle s'imaginent que je le suis, passe encore, mais vous, et surtout toi Granger ! »

Le garçon semblait maintenant en proie à un fou rire incontrôlable. Des larmes perlèrent au coin de ses yeux et se mirent à couler sur ses joues. Snape exaspéré, attendait que la crise d'hystérie de son filleul passe avant de pouvoir continuer son cours. Le seul problème, c'est que le fou rire avait tendance à se propager très rapidement. Déjà Potter étouffait un rire et les lèvres de Granger réprimaient violemment un éclat de rire. Deux secondes et demie plus tard, ils se tordaient tous de rire sous son regard acéré.

Patient, ou plutôt tentant de l'être, Severus laissa passer une minute.

« On se tait ! » Intima-t-il à ses élèves, mais en vain. Les rires se calmèrent quelques instants, mais un seul regard échangé suffit à mettre le feu aux poudres.

« STOP ! ASSEZ ! » Tonna alors l'homme en noir.

Cette fois ci ils s'arrêtèrent nets et essuyèrent les quelques larmes qui avaient coulées. Les sourires étaient restés mais ils tentèrent tout leur possible pour les réprimer.

« Qu'est-ce qui vous prends ? » beugla-t-il à nouveau « Jusqu'aux dernières nouvelles nous sommes encore en cours ! Vous êtes pires que des premières années. Eux, au moins, ont la décence de ne pas recréer la savane et ses bandes de hyènes sauvages dans ma classe. »

Comme si les premières années osaient respirer dans la classe de Snape… pensa furtivement Harry tandis que le maitre des potions les fixait d'un air sévère.

« Oui, mais eux » reprit Draco « Tu peux encore les intimider. Nous c'est trop tard, on te connaît trop bien maintenant, ça ne marche plus.»

Il avait délibérément tutoyé son parrain avec un grand sourire. Jusque-là, un accord tacite avait fonctionné entre eux. Le vouvoiement n'était guère utilisé qu'en classe mais les frontières entre le tu et le vous s'estompaient au fur et à mesure avec le temps. Jusque pendant leurs cours. Non pas que ce soit une mauvaise chose, mais à ce moment-là, ce fut la goutte qui fit déborder le chaudron bien plein de Severus Snape.

Dans une position bien plus qu'intimidante il s'approcha de l'adolescent et se pencha sur lui comme un oiseau de proie. Draco s'écrasa le plus possible sur son siège.

« Je vois… Et bien sache, Draco Mickael Snape, que j'ai encore bien plus d'un tour dans mon sac pour t'intimider si tu en éprouves le besoin… »

« Euh… oui c'est bon… je te crois… » Chuchota-t-il en tentant de reculer encore plus si c'était possible.

« Nous sommes d'accord. » Dans un mouvement de cape théâtral il revint au centre du groupe. « Maintenant que les pendules sont remises à l'heure nous pouvons continuer. »

Ils attendirent patiemment, tant le professeur que les élèves, la fin de ce dernier cours. Celui-ci sentait le mal de tête grimper de plus en plus et ceux-là n'avaient l'intention fixée que sur la fenêtre où les flocons tombaient toujours avec une intensité redoublante.

Avant qu'ils ne quittent la salle, il leur annonça que les vacances seraient en partie utilisées pour commencer les cours de duel et de défense.

Dehors la neige était si intense qu'on n'y voyait pas à moins d'un mètre de distance. Le maitre des potions redescendit les escaliers d'un pas lourd, passa devant le salon où une joute verbale était en train d'éclater entre le groupe de Mégane et des adolescents contre Remus qui tentait de les raisonner en leur disant qu'ils ne pouvaient pas encore sortir dehors. Il jugea que le loup avait la situation parfaitement en main, passa devant la porte entrebâillée et se dirigea vers le laboratoire avec pour seule intention de s'y enfermer pour le reste du jour.

Il neigea jusqu'au lendemain sans s'arrêter et les quatre protégés de Remus et Severus tournait en rond comme des lions en cage depuis que les premiers flocons avaient commencé à tomber. Voilà pourquoi Snape fut soulagé lorsque le lendemain midi, le rythme ralentit enfin. Dehors le tapis de neige devait avoir une épaisseur de 40 cm environ. Aux alentours de trois heures de l'après-midi, elle s'arrêta enfin et Snape aida Remus à enchanter gants, écharpes, bonnets et à appliquer des sortilèges pour qu'ils restent chaud.

Seul Draco semblait réticent à sortir. Il ne partageait pas le même amour pour ce truc « humide et glacé » que les trois autres. Il fut cependant obligé de les suivre lorsqu'Hermione lui enfonça un bonnet sur la tête et que Remus l'habilla d'un coup de baguette. Harry acheva le dilemme en le poussant vers la porte ouverte. Snape regarda le groupe, accompagné de Remus s'avancer dans la neige.

Mégane était comme folle au contact de la poudre blanche qui lui arrivait au-dessus des genoux. Elle avait du mal à avancer mais rien ne ralentissait son enthousiasme. Derrière eux, Draco grommelait sans cesse.

« Paf ! »

La boule de neige qui venait d'atterrir sur la lourde cape d'hiver du garçon blond retomba au sol sans faire aucune trace sur le tissu noir. Draco, qui se tenait toujours à un mètre de la porte, la regarda tomber à ses pieds d'un air particulièrement blasé et rechercha d'où elle venait.

« Si tu crois que je vais m'abaisser à te rendre la pareille Potter, tu te trompes. » grinça-t-il.

« Trop bas de gamme pour toi comme jeu, l'aristo ? » Cingla Harry en préparant une nouvelle munition qu'il ne tarda pas à lui envoyer en pleine tête. Le Serpentard l'évita en ricanant. Il s'apprêtait à envoyer une nouvelle pique cinglante à son adversaire lorsqu'il vit une munition blanche arriver sur lui. Il esquissa un mouvement pour l'éviter mais cette fois ci la boule de neige s'écrasa sur le haut de son crâne et se répandit dans son cou.

Il ne put retenir un cri aigu. Glacé, c'était affreusement glacé !

« Granger ! » grogna-t-il.

A sa droite, la coupable du méfait le regardait en souriant. Visiblement très fière de son audace. Draco remarqua la fossette qu'elle avait sur sa joue droite lorsqu'elle riait. Et ses yeux semblaient rire avec elle. Il fallait avouer qu'elle était assez mignonne.

« Tu ne paies rien pour attendre. »

Aussitôt dit, aussitôt fait, le garçon blond se baissa pour ramasser une boule de neige tandis que la brunette s'éloignait. Harry était passablement vexé que Malfoy ne réponde pas à son propre défi mais en profita pour lui en coller une belle dans le dos avant de s'enfuir à son tour.

Très vite le jardin ressembla à un véritable champ de bataille. Les boules fusaient dans tous les sens et Remus et Mégane avaient vite renoncé à leur bonhomme de neige et avaient préféré organiser leur défense. Le lycanthrope devait s'y connaitre en termes de batailles de boules de neige puisqu'il avait déjà érigé un mur de défense. Et alors que Mégane préparait des boules par centaines, il n'y avait que ça qui lui plaisait, il visait assez efficacement ses adversaires.

Très vite Hermione, prise de court par les deux garçons qui semblaient s'être alliés contre elle, vint demander asile à Remus et deux camps se formèrent. Copiant leur adversaire, ils montèrent un mur de neige et s'y abritèrent. Les deux camps s'affrontèrent près d'une heure avant que la jeune fille n'ait l'idée de se servir de sa baguette magique pour faire voltiger les boules de manière à ce qu'elles suivent les deux garçons jusqu'au moment de l'impact. Ceux-ci protestèrent que c'était déloyal mais Remus les mit au défi d'en faire autant et ils durent s'y résigner. Ils choisirent donc la tactique si connu du « on fonce dans le tas » et sautèrent chez l'ennemi qui fut vite dépassé.

Harry se mit alors à courir vers Remus qui portait Mégane sur ses épaules. La petite fille riait aux éclats alors que son porteur essayait d'éviter les projectiles bien placés de l'adolescent.

Snape qui venait de préparer des boissons chaudes s'encadra alors dans la porte d'entrée. Il s'apprêtait à rappeler à tout ce petit monde qu'«à force de se baigner dans la neige ils allaient tous tomber malade, et que de surcroît, il devrait les soigner » lorsqu'il surprit la scène un tant soit peu étrange d'un Harry courant après un Remus, surmonté d'une Mégane qui riait aux éclats. Il ne l'avouerait jamais mais le rire communicatif de la petite fille lui fit esquisser un sourire.

La voix de son filleul l'interpella alors qu'il poursuivait Hermione en lui envoyant projectile sur projectile. Pas très chevaleresque de sa part… pensa l'homme en noir.

« Severus ! Vient ! »

Il ne répondit même pas à l'étrange proposition du garçon. Le voyait-il ? Lui ? Dans la neige ? A courir après les autres en lançant des projectiles glacés ? Pour peu, il se remettrait presque à sourire.

« T'es vraiment pas drôle ! » le tança Draco avant de se remettre à poursuivre Granger, qui avait profité de ce moment de répit pour se réfugier derrière un arbre à la lisière de la forêt.

Pas drôle ? Lui ? Le garçon allait voir ce que le grand Severus Snape pensait d'une telle constatation.

Le jeune homme avait rejoint Granger sous l'arbre qui était couvert de neige et la poursuivait en en faisant le tour. Celle-ci riait en poussant des cris aigus.

Il sortit sa baguette magique de sa manche, visa l'arbre et Plaf !

Toute la neige accumulée sur ses branches depuis la veille atterit d'un seul coup sur les deux adolescents qui tombèrent sous le choc, et qui furent ensevelis jusqu'au cou par la poudre blanche. Draco regarda son parrain d'un air choqué qui ricanait ouvertement.

« Severus ! » Cria-t-il outré.

« Pas drôle ? » cria ce dernier dans sa direction.

« C'est froid ! »

Se détournant de l'individu odieux qui venait de lui jouer ce tour, Draco se releva et se débarrassa de la neige qui maculait ses vêtements. Il était trempé jusqu'aux os. A côté de lui, Hermione tremblait de tous ses membres, encore assise dans la neige. Il s'approcha d'elle et lui tendit la main pour l'aider à se relever. Elle l'accepta avec un grand sourire et éclata de rire.

« Avoue que c'était quand même drôle… »

« Jamais ! »

Elle frissonna.

« En tant que grand gentleman je t'aurai proposé ma cape, mais je doute qu'elle ne te soit d'une grande utilité. »

Au bout de son bras, le bout d'étoffe noire gisait, trempée.

Elle sourit de nouveau.

« Merci de l'intention en tout cas. »

Ils se dirigèrent donc vers l'entrée du manoir. Et c'est seulement en arrivant dans la pièce chauffée que Draco remarqua qu'elle n'avait pas lâché sa main.

Dehors, la nuit commençait à tomber, les deux tourtereaux se dépêchèrent de se rendre dans leurs chambres respectives et de se changer avant de redescendre pour boire le chocolat chaud qu'avait préparé Snape.

En recevant la tasse, Harry regarda précautionneusement à l'intérieur. Le breuvage était brun et crémeux. Du chocolat chaud en somme.

« Un problème Potter ? »

Le maitre des potions prenait de plus en plus l'habitude d'appeler le garçon par son prénom mais à la moindre irritation de sa part, le vieux « Potter » revenait. Ce qui était très pratique pour savoir quand on pouvait titiller le professeur, ou pas.

« J'ai été un enfant aussi, monsieur Potter, j'espère que vous vous en rendez compte. »

Il observa le professeur qui affichait un sourire narquois.

Harry jugea préférable de ne rien dire et savoura le chocolat.

Le lendemain matin, ils se retrouvèrent tous dans la pièce annexe au laboratoire qu'ils avaient pour l'occasion, transformée en salle de duel. Un tapis matelassé avait été installé sur les murs et sur le sol. Mégane jouait à l'étage avec son ami Andy et Severus et Remus se tenaient devant eux. Le maitre des potions prit la parole le premier, d'une voix sérieuse.

« Pour commencer je vais vous demander d'oublier toutes les âneries que vous avez apprise à l'occasion avec ce … Lockart. »

Il prononça ce mot comme si il avait avalé un citron de travers. Harry ne put qu'être d'accord avec lui, le souvenir du professeur gominé était loin d'être agréable et celui du club de duel encore moins.

«Pour commencer, imprimez bien que la forme du duel traditionnel est caduque aujourd'hui, sauf dans les duels plus… officiels. Je peux vous dire que si vous vous retrouvez face à un ennemi quelconque, il n'attendra pas que vous vous incliniez pour attaquer. »

« La clé » continua Remus « est la concentration. Il ne faut pas laisser les émotions dominer pendant un duel, surtout si votre vie est en jeu. Il faut se concentrer et user de son intelligence. C'est le point que nous allons travailler le plus pour le moment. »

« Alors on ne va pas apprendre de sorts défensifs ? De sorts d'attaque ? » Demanda Harry, un peu déçu.

« Si, bien sûr, mais ça viendra après. Une demande étonnante de ta part Harry » constata Remus « Toi qui a su te sortir d'un bon nombre de duels prestigieux avec une réserve de sort plus ou moins élémentaires. »

« Harry en sait plus que nous. » Ajouta Hermione « Il pourrait même nous enseigner beaucoup de sorts que je n'ai jamais utilisé. »

« C'est vrai » admit Remus « Mais comme je le disais, il n'y a pas besoin de savoir maitriser des sortilèges puissants pour vaincre son adversaire. On peut et on doit pouvoir le vaincre avec un expeliarmus. »

« Un expeliarmus… » Intervint Draco avec dédain « Un expeliarmus n'est pas impressionnant, et on peut facilement s'en défendre. Personne ne peut battre un sorcier puissant d'un expeliarmus. »

« Voilà exactement pourquoi vaincre son adversaire d'un expeliarmus est impressionnant, Draco » Sourit Remus « Mais nous ne nous destinons pas à ça pour le moment. On va plutôt vous apprendre à vous défendre et à agir intelligemment. »

« Dans un duel » reprit Severus. « La vivacité, les réflexes et la puissance sont autant d'éléments importants que l'esprit et l'imagination. »

« L'imagination ? » S'étonna Harry « Que vient faire là l'imagination ? »

« Tu veux que je te montre ? » le défia son professeur.

« Euh… non ça ira. » répondit Harry en reculant instinctivement.

« Au contraire ! » déclara Remus « Fais nous-en une petite démonstration. Comme ça tout le monde aura compris le concept. »

« Monsieur Potter… »

Le professeur lui fit un sourire carnassier alors que les autres leur laissaient la place d'évoluer.

« Mais Remus » protesta celui-ci « C'est impossible, je ne peux pas gagner contre… »

« C'est tout l'intérêt de servir d'exemple, monsieur Potter. Je suis censé vous battre, ce sera l'issue du combat, ce n'est une surprise pour personne. Prêt ? »

Le dernier défi de Severus mit le garçon hors de lui, ce à quoi il s'attendait. Il s'élança tout de suite dans la bataille, enchainant les sortilèges contre le maitre des potions. Celui-ci en face, n'avait pas bougé d'un seul pouce depuis le début et s'affairait à bloquer ou à renvoyer tous les sortilèges qui fusaient dans sa direction. Potter évita tous les rayons renvoyés mais ne s'arrêtait pas pour autant. Il le laissa s'escrimer rageusement pendant quelques longues minutes puis il se décida à jeter un sort que le garçon, haletant, n'avait même pas la force de repousser par un bouclier.

« Accio lunettes. »

Les verres d'Harry se soulevèrent de sur son nez et atterrirent dans la main du professeur qui riait jaune. Harry ne voyait goutte sans ses lunettes et, désorienté, il ne vit pas le sortilège fuser vers lui.

« Expeliarmus. »

Sa baguette lui sauta des mains. Il était vaincu.

Comme pour saluer un public invisible, Snape exécuta une courbette. « De l'imagination et du tempérament. L'inverse de la réaction de monsieur Potter. »

Il remit les lunettes sur le nez du jeune homme.

« Merci d'avoir servi de parfait exemple, Harry. »

La seule réponse qu'il obtint fut un regard noir. Si ses yeux avaient été des pistolets, il en serait mort sur le champ.

L'après-midi même, Remus entraina Mégane faire une promenade dans le but de trouver dans la forêt un sapin qui puisse servir d'arbre de noël. Severus avait levé les yeux à cette idée, mais celle-ci avait tellement excitée la petite fille qu'il avait finalement accepté que l'équilibre de son salon soit dérangé par une nuisance lumineuse et une puérilité de plus.

Ainsi ils s'enfoncèrent tous les deux dans la petite forêt pour y trouver la perle rare. Aucun des adolescents n'avaient voulu se joindre à l'expédition pour cause de grand froid et ils les avaient donc abandonnés à leur bataille explosive au coin du feu.

Ils ne mirent pas longtemps à trouver celui qui correspondait aux critères de chacun. Ni trop petit pour toute la maisonnée, et ni trop grand pour que Snape ne trouve pas à y redire. Assez touffu pour pouvoir le décorer. Lorsqu'ils eurent choisi le bon arbre, Remus demanda à Mégane de s'éloigner pour qu'il puisse l'extraire du sol. L'opération lui prit à peine cinq minutes grâce à la magie, mais lorsqu'il se retourna pour sourire à sa compagne, son cœur rata un battement.

Elle n'était nulle part en vue. Par « éloignes-toi un peu Meg » il n'avait pas laissé entendre de « disparait de ma vue » ni même de « traverse la forêt ».

Il posa là sa charge et scruta les arbres autour de lui.

« Meg ! Montre-toi »

Mais rien ne frémit d'entre les branches, son cœur s'emballa. Où pouvait-elle bien être passée ?

Ses pensées se dirigèrent avec frayeur vers Karl Summers mais ce n'était pas rationnel, il ne faisait pas nuit. A moins que ce ne soit que l'obscurité qui ne le fasse se transformer ? Impossible !

« Mégane ! »

Il se mit à courir sur le chemin de terre mais fit bientôt demi-tour pour revenir auprès de son arbre.

« Mégane ! Si tu te caches, sort tout de suite, ce n'est pas drôle du tout ! »

Lorsqu'une fois de plus le seul silence lui répondit, il tenta de se calmer.

Il invoqua ses sens de loup, dressa l'oreille et huma l'air. Habituellement il ne les utilisait pas, cachant le plus possible à son entourage sa condition mais c'était bien pratique dans les cas désespérés.

Il ne sentit rien, ce qui n'était guère étonnant avec le froid qui régnait. Il tendit l'oreille de nouveau. Il surprit alors un sifflement étrange. Cela faisait comme une mélodie douce, mais désagréable à l'oreille. Il n'avait pas d'autres pistes et tout en continuant à crier le nom de sa protégée, il décida de suivre la piste de l'étrange mélopée.

« Mégane ! »

« Remus ! »

Là, derrière un buisson assez touffu, sa tête apparut comme si elle venait de se lever.

« Mégane ! »

Soulagé il se dirigea à grand pas vers elle. Il la toucha, rien ne semblait aller de travers. Son angoisse se transforma alors en agacement.

« Pourquoi tu es partie comme ça Mégane ! Je t'ai cherchée partout ! J'ai cru qu'il était arrivé quelque chose ! »

« Mais Remus, je… »

« Non, Mégane, tu ne peux pas t'en aller comme ça ! On ne sait pas ce qu'on peut trouver dans cette forêt et ça peut être dangereux. Il me semble que je te l'avais déjà dit non ? »

Il fronça des sourcils broussailleux.

« Oui mais… »

« Quoi ? » coupa-t-il sèchement.

« C'est parce que j'ai trouvé un nouvel ami… »

« Comment ça un nouvel ami ? » riposta Remus qui n'avait pas la patience pour les délires de la fillette en ce moment précis.

« Lui là… »

Elle tendit un doigt vers le sol sur lequel un minuscule serpent était enroulé sur lui-même. Il était vert et quelques anneaux bleus ornaient ses écailles.

« Tout à l'heure quand tu coupais le sapin il m'a parlé. »

« Parlé ? » Demanda Remus interloqué « Enfin Mégane, tu sais bien que les serpents ne par… »

Mais c'est là qu'il se rendit compte de ce que supposait l'affirmation de Meg. Serait-elle une… ? Non, c'était impossible. C'était tellement rare… Quel pourcentage de chance y avait-il pour que sous son toit, deux enfants parlent la langue des serpents ? Un don qui n'atteignait que quelques enfants par siècles !

Il se passa la main sur le front, puis la laissa glisser sur son visage tout en regardant la petite avec des yeux ronds.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda la fillette en fronçant les sourcils.

« Euh… bien, tu dis que le serpent t'a parlé ? »

« Oui. »

« Mais tu l'as entendu te parler ? »

« Et bah oui… »

Cela lui semblait tout à fait normal, était-ce la première fois que ça lui arrivait ou était-elle déjà au courant de ce qu'un tel talent impliquait ?

« Ok ok… et bien tu vas… me montrer ça. Tu n'as qu'à lui demander comment il s'appelle. »

Il attendit que la petite accède à sa demande. Elle s'accroupit de nouveau pour être à la hauteur du petit animal et se concentra vaguement avant de prononcer des sifflements aigus en direction du serpent.

La surprise devant cette situation inattendue lui fit oublier toute colère envers la petite fille, il était complétement déboussolé.

« Il s'appelle… » Elle produit un nouveau sifflement incompréhensible d'un point de vue humain ou même lycanthropien. Le fourchelang ne venait pas dans le package Loup-Garou.

« Euh… d'accord… Mais Mégane, tu es fourchelang ! »

« Four-quoi ? »

« Fourchelang. Tu peux parler aux serpents ! »

« Et pas toi ? » Demanda-t-elle ingénument.

« Non, pas moi. C'est un don très rare. Peu de sorciers peuvent parler aux serpents. Harry peut aussi mais je ne connais que lui. »

Elle semblait tomber des nues.

« Bon allez, vient, on rentre. »

Mais Mégane ne bougea pas d'un pouce et le regarda s'éloigner d'elle.

« Qu'est-ce que tu attends ? »

« Il faut l'aider, il dit qu'il a faim… Il faut qu'on l'emporte et qu'on lui donne à manger. »

« Comment ? Mégane… c'est un animal sauvage qui est censé avoir l'habitude de se nourrir seul et de vivre dans la nature. On ne va certainement pas l'emmener. » La raisonna-t-il

«Mais… » Une lueur de colère juvénile passa dans ses yeux et elle se planta là, les bras croisés.

C'était la première fois que Mégane faisait un caprice. C'était une preuve qu'elle se sentait très bien avec eux, mais le professeur aurait préféré qu'elle le manifeste à un moment plus opportun. Si de moments opportuns il pouvait y avoir lorsqu'il s'agissait de caprices…

« Mégane. Ce serpent survivra très bien tout seul dans la forêt, il est fait pour ça. Maintenant dépêche-toi avant que je me fâche vraiment. »

« Nan ! »

Franchement agacé cette fois-ci, il retourna sur ses pas pour emmener la petite fille de force vers le manoir.

« Noooon ! Il m'a dit qu'il a perdu sa maman et ses frères. Il est tout seuuuuul et il va peut-être mouriiiiir. Maintenant c'est mon ami, il faut l'aideeeer ! C'est à ça que ça sert les amiiiiis, c'est même toi qui me l'a diiiiiit. » Se mit-elle à crier tandis que des larmes commençaient à se former dans ses yeux.

Piégé.

Et il ne pouvait pas résister aux sanglots qui commençaient à affluer de la gorge de Mégane.

Il se passa une main dans les cheveux, refoulant un reste de colère.

« Bon, d'accord. Mais c'est la seule et unique fois Mégane ! On ne va pas accueillir tous les animaux blessés de la forêt ! C'est clair ? »

« D'accord… »

« Et tant qu'on y est, tu ne me fausses plus compagnie de la sorte, encore moins ici. Compris ? » Insista-t-il

« Oui oui… »

« Comment est-ce qu'on va le ramener ? » soupira-t-il « Et comment on va savoir ce qu'il mange ? »

« Il y a peut-être un livre dans la bibliothèque. » Murmura Mégane

« Oui, surement mais… »

« Et moi je peux le prendre jusqu'à la maison, regarde. »

Elle adressa quelques sifflements au serpent et tendit son bras. Celui-ci s'y enroula.

Enfin convaincue mais avec l'étrange impression de s'être fait avoir une nouvelle fois, Remus se dirigea de nouveau sur le sentier en soupirant. Sur le chemin ils récupérèrent l'arbre qu'ils avaient choisi. Pour peu, il l'aurait presque oublié. Fourchelang ! Mégane était Fourchelang ! Il jeta un regard en biais vers la petite fille qui échangeait d'un air enjouée avec son nouveau compagnon. Merlin, qu'allait donc encore dire Severus à ce sujet ? Il avait déjà eu du mal à accepter le chaton…

Sa réponse ne tarda pas, glaciale.

« Lupin ! » Tonna-t-il alors que Mégane passait devant lui, très fière avec l'animal autour de son bras droit. « Cette maison n'est pas un refuge pour animaux ou proies désespérées ! »

« Je sais, mais les circonstances sont différentes… »

« Et je puis savoir en quoi elles sont différentes ? A moins que tu… »

Il s'interrompit, il venait d'entendre le sifflement du fourchelang.

« Voilà pourquoi… »

Le maitre des potions resta bouché bée. Un autre fourchelang ?

C'est ce moment-là que choisit Harry pour arriver dans le hall. Enthousiaste et pas choqué le moins du monde que Mégane parle couramment le langage des serpents, il s'interposa dans leur échange à deux, rajoutant une troisième voix aux sifflements qui emplissaient le hall d'entrée. Il était se montrait très enthousiaste de partager ce talent avec quelqu'un d'autre.

Le maitre des potions semblait en proie à une grande réflexion.

« Cette capacité ne se transmet que génétiquement. A moins qu'elle n'ait développé elle-même le talent, mais c'est d'autant plus rare, qu'étrange. »

« Effectivement. Apparemment ce petit serpent dont nous ne connaissons pas l'espèce est encore un très jeune spécimen et aurait perdu sa mère. D'après Mégane. »

« Attends. »

L'homme en noir s'approcha de Mégane pour observer l'animal de plus près, et écarquilla les yeux. Il sortit sa baguette aussi vite que l'éclair et d'un Wingardium Leviosa décrocha l'animal du bras de la fillette. Celui-ci resta suspendu dans les airs.

« Ecartez-vous ! » Ordonna-t-il « Tout de suite. » rajouta-t-il lorsqu'il vit que personne n'avait bougé d'un pouce.

Chacun fit quelques pas en arrière mais Mégane semblait très inquiétée par le sort de son serpent.

« Sevy ! » Protesta-t-elle

« Attends ! » réitéra-t-il.

Il l'examina sous toutes ses coutures.

« Pas de doute, ce serpent est un spécimen de Teysus, à sa couleur, le Teysus turquoise même si je n'en ai jamais croisé. »

« Et alors ? » osa son collègue.

«C'est un serpent très venimeux. Son venin est utilisé dans les poisons les plus nocifs connus. »

Remus blanchit. Et dire que Mégane l'avait sur le bras pendant tout le trajet. Et que ce serait-il passé si elle n'avait pas été une fourchelang ? L'aurait-il mordu ?

« On ne peut pas le garder, il va finir par nous mordre à un moment ou à un autre. » Dit-il fermement.

« Non Sevy ! » Hurla Mégane « Remus a dit qu'on pouvait le garder. »

« De toute évidence, Remus a parlé trop vite ! » Répliqua-t-il sèchement.

Harry s'adressa alors au serpent qui était toujours suspendu en l'air mais celui-ci refusait apparemment de vouloir communiquer.

« Severus repose-le s'il te plait. » Supplia-t-il son professeur.

« Hors de question ! » tonna celui-ci.

« Fais-moi confiance ! » s'agaça le garçon.

« Severus… » Le poussa le lycanthrope derrière lui.

« S'il mort qui que ce soit, Potter, tu en paieras les conséquences. Et s'il s'agit de toi, j'irai jusque dans l'au-delà te ramener par la peau du cou. »

L'adolescent de répondit pas et lui lança un regard agacé. Un peu de confiance parfois, étais-ce trop demander ?

Le maitre des potions posa le serpent sur le guéridon mais empêcha néanmoins Mégane de s'en approcher. Harry se mit à sa hauteur et un dialogue apparemment effréné s'installa entre les deux. La petite fille derrière les jambes de son professeur rajoutait parfois quelques mots.

Quelques minutes plus tard il se releva.

« Il dit qu'il ne mordra jamais personne ici, si on l'y accueille et qu'on s'occupe de lui. Surtout qu'il dit avoir pour principe de ne pas tuer des sorciers fourchelang. » Un principe que n'avait pas eu le basilic pensa Harry amèrement. « Il dit que s'il peut rester avec nous, il accepte même qu'on lui prélève le venin… Apparemment, il accepte de se… sacrifier pour rester avec Mégane. »

« Hum. »

Snape croisa les bras sur sa poitrine et considéra le serpent comme s'il pouvait deviner si ses paroles étaient véridiques. Puis il prit son collègue par le bras et l'entraina dans la pièce d'à côté.

Finalement, il fut décidé que le serpent pouvait rester mais que Snape lui prélèverait quand même son venin. Surtout qu'il aurait eu tort de s'en priver vu le prix de cet ingrédient. Il faisait ainsi d'une pierre deux coups.

Après cet incident, ils s'occupèrent de l'arbre qu'avaient ramené Remus et Mégane.

A partir du moment où ils l'installèrent, le décorèrent et l'enchantèrent pour qu'il brille, une ambiance de fête s'installa dans le petite manoir.

Au grand dam de Snape, les adolescents avaient décidé de décorer l'intérieur de la maison entièrement. La seule pièce dans laquelle ils n'avaient pas changé la déco, avait été sa chambre. Il avait encore assez d'autorité pour les empêcher d'entrer. En quelques jour le manoir avait été transformé par une multitude de guirlandes, de divers objets qui volaient, scintillaient, s'allumaient et s'éteignaient sans cesse. Des figurines voletaient dans le coin de pièces, enchantées grâce à un sortilège qu'Hermione avait soi-disant appris dans un livre. Certaines même s'étaient mises à chanter des cantiques.

Par conséquent, les quatre énergumènes passaient leur temps à fredonner les airs que murmuraient les figurines quand il ne leur prenait pas l'envie de les chanter à tue-tête. Irrémédiablement, à la fin de chaque journée, le mal de tête guettait le maitre des potions.

D'un autre côté, il s'avouait –et seulement à lui-même- qu'il appréciait cette atmosphère festive, qui leur permettait d'oublier les tracas qui étaient toujours omniprésents dans leur situation. De plus, il aimait s'installer le soir au coin du feu, lire un bon livre et déguster les diverses sortes de confiseries ou gâteau que ne manquait pas de préparer Harry et Hermione, voire Draco lorsqu'il était obligé. Lui, leur préparait toujours son chocolat chaud et refusait de céder la recette malgré l'insistance de certains.

Quand à Mégane, elle dessinait en abondance des sapins, des pères noël, de la neige, et tous les sujets qui touchaient à la fête.

Oui, Snape avait toujours détesté Noël mais celui-ci était beaucoup plus agréable que d'habitude.