Comme vous pouvez vous en douter, Cora va donner beaucoup de fils à retordre à notre cher Rumple. Il y a aussi des invités surprises dans ce chapitre et même une recette de cuisine :D Je n'en dis pas plus. Bonne lecture!
Chapitre 8 : Cora
- Comment osez-vous ? Je suis une femme mariée.
Il tenait Cora dans ses bras et l'avait embrassée quelques secondes plus tôt. Elle était sublime dans sa robe de mariée ivoire. Quelques jours auparavant, il l'avait aidée à se sortir d'une situation plus que délicate. Elle devait transformer de la paille en or pour sauver sa vie et épouser le prince Henry. Rumple lui avait enseigné ce tour de magie et était tombé sous son charme. Cora était une femme ambitieuse, habitée par la vengeance mais terriblement attirante. Elle n'allait reculer devant rien pour faire payer ceux qui l'avait offensée. D'une certaine manière, elle était comme Rumple. En échange, elle lui avait promis son premier enfant qui allait être très important pour l'exécution de son plan. Mais aveuglé par l'amour, il avait modifié le contrat en demandant d'avoir son propre enfant. Cora n'avait pas tenu parole. Elle l'avait laissé tombé pour le pouvoir. En voyant à quelle époque il se trouvait, il se sentit rassuré. Il allait pouvoir changer le court de l'histoire et annuler le « cas Zelena ».
- Pas encore. Le mariage n'aura lieu que demain, précisa-t-il en la dévorant du regard.
- Dans ce cas, ça n'a rien d'inconvenant.
Elle s'approcha et l'embrassa une nouvelle fois avec ses lèvres pulpeuses. Il resta parfaitement immobile alors qu'elle s'activait passionnément. Il se rappelait douloureusement comment leur histoire s'était terminée. Il ferma les yeux et entrouvrit la bouche afin de participer à ce baiser pour ne pas qu'elle se doute de ce qu'il ressentait. Ou plutôt de ce qu'il ne ressentait plus. L'amour et la passion s'était évaporés. Son baiser n'était plus sucré ni envoûtant. Il était amer. Il avait le goût du poison. Un poison nommé Cora.
- Je suis ébloui. La robe est parfaite, complimenta-t-il de manière forcée en s'éloignant de quelques pas.
- La future épouse d'un prince doit être blanche comme neige.
A ces mots, il ne put que ricaner.
- Quand on voit l'avenir, on ne peut que s'émerveiller de l'incroyable ironie du sort, dit-il en s'asseyant sur le petit tabouret recouvert de velours rouge près du lit.
- J'ai toujours cru que c'était de cela que je rêvais, se lamenta-t-elle en s'approchant lentement de lui. D'un mariage prestigieux. Être admirée de tous… mais à la réflexion, je suis cinquième dans l'ordre de succession pour être reine. Il faudrait bien des effusions de sang pour que je monte sur le trône… alors que ce que tu m'offres…
- Je n'ai rien à t'offrir si ce n'est…
Il marqua une pause. A ce moment précis, Cora l'aimait et pensait partir avec lui. Il pouvait s'en servir pour changer le passé. Tout ce dont il avait besoin, c'était qu'elle donne naissance à Regina. Peu importait le père. Bien entendu, il préférait en être le géniteur plutôt que ce nigaud de prince Henry. Il voulait s'assurer qu'elle reçoive une éducation appropriée pour exécuter son plan. Ses pensées le troublaient. Regina avait déjà une vie assez compliquée comme cela sans qu'il ne l'empire en devenant son père. D'ailleurs, rien ne lui assurait que cette Regina ne deviendrait comme la Regina qu'il connaissait… ou même pire !
S'il prenait Cora au Dark Castle, il continuerait à lui enseigner la magie. Elle pourrait ainsi se venger de ceux qui l'ont blessée. Mais elle ne serait jamais princesse. Était-elle prête à faire ce sacrifice ? Il se redressa et prit ses mains gantées entre ses mains dorées.
- Si ce n'est une vie de ténèbres. Et d'exclusion, dit-il avec douceur.
- Et aussi d'amour, ajouta-t-elle.
- Oui. Et d'amour, répéta-t-il.
Elle se pencha et le regarda doit dans les yeux.
- C'est ce que je veux, annonça-t-elle.
- Il me vient une idée, dit-il en se levant. Et si je décidais de… modifier notre contrat. Ainsi au lieu de me devoir ton premier enfant quel qu'il soit… tu me devrais mon propre enfant.
- Cela me conviendrait, souffla-t-elle.
- Cela me conviendrait aussi, dit-il en revenant vers elle et lui saisissant ses mains délicates.
- Dis-moi, pouvons-nous vraiment vivre ainsi ? Pouvons-nous vraiment faire ce choix-là ?
- Si c'est réellement ce que tu désires.
Elle détourna le regard. Elle ne semblait plus être aussi certaine de vouloir vivre avec lui. Peut-être avait-elle senti en l'embrassant, que son cœur battait pour une autre ? Malgré le fait qu'il eu été amoureux d'elle dans le passé, il ne pouvait oublier sa petite Belle. Et Cora ne l'aimait pas sincèrement. Elle aimait ses pouvoirs. Il ne savait pas ce qui se passerait si Cora allait effectivement choisir de venir avec lui. Et si elle le faisait, que se passerait-il avec Belle ? Cette situation l'embarrassait au plus haut point. Malgré tout, il devait lui faire confiance.
- Il y a tout de même une…
- Une quoi ? demanda-t-il inquiet.
- C'est au sujet du roi. Cet homme m'a humiliée. Ce qu'il m'a fait ressentir, tu m'as appris depuis… que nul ne devrait le ressentir. Alors je veux le tuer. Je veux lui faire voir son propre cœur. Pour qu'il sache ce qu'il l'attend et me regarde le réduire en poussière sans rien pouvoir faire.
- C'est la raison pour laquelle je suis…
Non, il ne pouvait pas dire « fou de toi ». Oui, il l'avait aimée à la folie mais ce n'était plus le cas. Elle lui avait tout de même brisé le cœur. Elle s'était servie de lui pour accéder au pouvoir. Un goût amer lui restait dans la bouche.
- Je suis sous ton charme… Et que feras-tu après avoir tué le roi ? demanda-t-il en l'observant.
- Je te rejoindrai… pour toujours, promit-elle.
- J'ai de la peine à le croire, avoua-t-il.
- Mais Rumple ! Tu ne crois pas en nous ? demanda-t-elle étonnée.
- Pas en nous, dearie, mais en ta soif de pouvoir. Es-tu réellement prête à t'éloigner de ta vengeance malgré ce que je t'ai enseigné ?
Il lui tourna autour en jetant un regard dans son décolleté.
- C'est toi que je choisis, insista-t-elle. Pas… pas la vengeance.
Son insistance le faisait douter. Disait-elle la vérité ? Pouvait-il lui faire confiance ? La dernière fois, ils avaient scellé leur promesse par un baiser torride et elle n'avait pas hésité à le trahir quelques heures plus tard. Elle pouvait très bien recommencer. Surtout après sa dernière hésitation.
- D'accord à une condition.
- Laquelle ?
- Que tu ne tues pas le roi et surtout que tu n'assassines pas l'amant de notre fille.
- Rumple ! Comment peux-tu croire que je pourrais commettre un acte aussi odieux ! s'insurgea-t-elle.
- C'est simple. Tu ne seras pas reine. Tu l'as dit toi-même. Mais Regina, oui, c'est son nom… elle peut. Le problème, c'est qu'elle va tomber éperdument amoureuse du palefrenier.
- Du palefrenier ?
- Tu vas régler le problème de façon radicale, dit-il en tressaillant. Tu vas lui réduire le cœur en poussière… sans aucun remord... devant Regina. Elle sera inconsolable et sera remplie de haine à jamais ! annonça-t-il d'un geste exagéré. Elle deviendra la redoutable Evil Queen.
- Tu mens !
- Rappelle-toi que je peux voir l'avenir. Mais, dit-il en s'éloignant un peu. Tu peux changer tout cela ! J'ai besoin que tu prennes soin de Regina… que tu lui enseignes la magie et que tu la laisses choisir l'amour plutôt que la vengeance.
- Pourquoi pas toi ?
- Parce que je serai occupé.
- Occupé à quoi ?
- A essayer de réparer une erreur que j'ai commise il y a très longtemps, murmura-t-il nostalgiquement.
- Quelle erreur ?
Décidément, cette petite était curieuse mais il aimait cela. Peut-être s'intéressait-elle tout de même à lui et non seulement à ses pouvoirs.
- J'ai perdu mon fils car je n'ai pas eu le courage de le suivre. Il voulait juste qu'on soit heureux. J'ai choisi le pouvoir à l'amour et je l'ai regretté la seconde d'après sa disparition. Je peux t'assurer que je compte bien le retrouver. Alors s'il te plaît, fais ce que je dis et ne fais rien capoter. Oh et encore une chose, dit-il en levant le doigt.
- Je t'écoute.
- Si tu ne changes pas, Regina va tellement te haïr qu'elle va te bannir dans un autre royaume magique. Te voilà avertie. Maintenant, fais en sorte qu'elle t'aime.
Elle semblait troublée par ces révélations. Il resta silencieux pour ne pas influencer son moment de réflexion. Il la suivait du regard depuis le petit tabouret où il venait de s'asseoir. Elle marchait en rond devant le miroir. Les choses allaient probablement changer radicalement. Tout ce qu'il savait allait s'effacer… l'effet papillon. Quand il serait de retour dans son salon, l'Evil Queen ne serait peut-être jamais née. Regina ne serait peut-être qu'une diseuse de bonne aventure ou une sorcière conseillant un roi ou une reine. Il sourit en l'imaginant protéger Snow White. La situation serait particulièrement ironique. Mais il se rappela aussi que son temps était limité. Il devait rapidement obtenir le pardon de Cora.
- Tu veux qu'on soit une famille, n'est-ce pas ? demanda-t-elle.
- C'est ce dont on parle depuis toute à l'heure.
- Alors aide-moi à corrigé une erreur que j'ai commise.
- De quoi parles-tu ? demanda-t-il en fronçant les sourcils.
- Aide-moi à retrouver un bébé que j'ai abandonné.
Zelena ! Oh non. Il ne voulait pas aller à Oz et perdre un temps précieux. Il n'avait qu'à mentir et dire qu'elle était morte. Cora n'en saurait jamais rien. Mais le magicien lui avait bien dit qu'il ne devait pas créer de nouveaux problèmes. Il réfléchit une seconde à ce qu'il pourrait lui offrir.
- Je te propose un marché, annonça-t-il alors qu'elle le fixait de ses yeux magnifiques. Je te montre ta fille et toi tu me pardonnes.
- Pourquoi veux-tu que je te pardonne ? Tu n'as rien fait.
- Oh si. Je n'ai pas eu la force de t'éloigner de ta soif de pouvoir.
- Mais… mais que dis-tu ?
- Je sais très bien que tu vas me laisser pour Henry malgré ce que je t'ai dit. Tu es une femme de caractère. Tu sais ce que tu veux. Et ce que tu veux, c'est le pouvoir. Tu ne changeras jamais.
- Mon pauvre Rumple. Je croyais que tu savais ce que tu voulais. Je t'ai choisi et tu me rejettes ! Es-tu sûr de me vouloir ?demanda-t-elle confuse.
- Bien sûr, conclut-il en s'approchant du miroir et en lui glissant une main dans le creux des reins.
Il inspira profondément et fit un geste circulaire. Une image apparut. Celle d'une enfant d'une année emmitouflée dans une couverture en laine dans une modeste chaumière. Une femme au visage doux brassait la soupe dans le chaudron et semblait fredonner une chansonnette pour la petite.
- Ton enfant s'appelle Zelena. Elle a été recueillie par un couple de paysans à Oz. Elle n'a pas l'air malheureuse.
- Que sais-tu de son avenir ?
- Elle deviendra une très grande sorcière mais serait affreusement jalouse de sa sœur et triste de ne pas t'avoir connue. Maintenant que tu l'as vue, me pardonnes-tu ?
- Elle a des pouvoirs magiques ? Je la veux ! s'exclama-t-elle en ignorant sa requête.
- Ce n'est pas une poupée, dearie. Un enfant demande des sacrifices. Es-tu prête à les faire ?
- On l'élèvera ensemble, proposa-t-elle.
- D'accord, mais n'oublie pas Regina, rappela-t-il. C'est elle qui est importante.
- Ne t'inquiète pas, dit-elle en lui caressant la joue. On aura notre enfant.
- Tu me pardonnes ? insista-t-il.
- Emmène-nous d'abord à Oz.
Ils se rendirent à Oz grâce au chapeau de Jefferson. D'ailleurs, ce gredin faisait payer ses prestations de plus en plus chères. Ils marchèrent jusqu'à la maisonnette qui était plongée dans la nuit. Ils entrèrent discrètement dans la pièce unique qui sentait la paille, la soupe de légumes et le feu. Cora prit délicatement l'enfant qui dormait dans son lit entre la cheminée et le lit de ses parents dans ses bras. Elle fit un signe de la tête et ils s'en allèrent tout aussi discrètement.
- Elle est magnifique, dit la maman en regardant sa progéniture la larme à l'œil une fois dehors.
- Et que vas-tu faire maintenant ? Rester à Oz est hors de question. Tu dois retourner dans la Forêt Enchantée sinon mon plan va échouer.
- Qu'importe ton plan. L'essentiel, c'est d'être ensemble.
Ses mots lui parvinrent telle une dague en plein cœur. Comment pouvait-elle affirmer que son plan pour retrouver son fils ne comptait pas ?
- Tu as ce que tu veux. Maintenant, c'est à toi d'honorer notre contrat, rappela-t-il.
Elle le regarda avec un sourire qui cachait une arrière pensée mauvaise. Il sentit qu'elle allait se débarrasser de lui.
- Je t'ai promis ton enfant. Tu ne l'as pas encore. Donc, tu devras patienter avant que… je te pardonne, murmura-t-elle à son oreille.
- Tu ne peux pas faire cela ! Tu n'as pas le droit ! Tu dois me pardonner ! s'emporta-t-il.
- Es-tu pressé ? demanda-t-elle avec son sourire diabolique.
- Oui, je suis pressé. Pardonne-moi sinon mon fils mourra.
- Donc quelqu'un te contrôle. Je croyais que le Dark One avait son libre arbitre.
- Cora…
- Allons chez toi, dit-elle en reposant Zelena devant la porte d'entrée.
La petite se mit à pleurer et à agiter les bras. Elle se sentait certainement abandonnée. Rumple eut pitié et la prit dans ses bras. Il jeta un regard noir à sa mère. Il berça l'enfant pour la calmer et lui déposa un tendre baiser sur le front. Lorsqu'elle se fut apaisée, il ouvrit la porte et remit Zelena dans son lit.
- Tu es une très mauvaise mère, accusa-t-il.
- Tu n'as qu'à la garder si tu le souhaites. Après tout, tu voulais ma première née. Tu peux la rebaptiser Regina.
- Tu es vraiment mauvaise. Ton cœur va s'assombrir. Tu auras un grand vide. Et ce vide, c'est l'amour.
- L'amour est une faiblesse, mon cher, cracha-t-elle.
- Non au contraire. C'est une force. Ne le sens-tu pas dans ton cœur ?
Cora éclata de rire. Il parlait comme une bonne fée ! Ne s'était-il pas rendu compte qu'elle n'avait plus son cœur ? Elle avait profité du moment où il était allé chercher le Chapelier pour se l'arracher et le mettre en lieu sûr.
- Et si tu avais raison ? dit-elle en le fixant après s'être calmée. Vas chercher ma fille. On va en faire une grande sorcière qui terrorisera tout le royaume.
Rumple sourit. Il avait réussi à convaincre Cora de reprendre Zelena et de lui offrir son amour. Il avait fait sa bonne action. Il remit le bébé dans les bras de sa mère et attendit. Il attendait qu'elle lui pardonne. Une fois qu'il serait reparti, les deux femmes pourraient retourner dans la Forêt Enchantée grâce au chapeau. Mais rien ne se passa. Cora murmurait de douces paroles à sa fille et l'ignorait totalement.
- Me pardonnes-tu ? demanda-t-il un peu angoissé par le temps qu'il perdait.
- Chut, ne brise pas cet instant ô combien important.
Soudain, un cri strident leur parvint depuis la maisonnette. Quelqu'un alluma une bougie puis la porte s'ouvrit brusquement.
- Mon bébé ! On a volé mon bébé ! cria la femme avec son bonnet de nuit en lin.
- Tue-les, ordonna Cora à Rumple.
Il ne lui obéit pas, mais les figea sur place d'un geste de la main.
- Pourquoi les tuer ? demanda-t-il une fois le silence revenu.
- Parce qu'ils ont enlevé ma fille.
Rumple eut un énorme fou-rire. Quelle belle hypocrite elle pouvait faire !
- Oh non, dearie. Au contraire. Ils l'ont sauvée. Ils l'ont recueillie, nourrie, protégée et je suppose qu'ils lui ont donné beaucoup d'amour. Et toi, la mère modèle, tu veux les remercier en les tuant ?
- Je ne te comprends plus. N'es-tu pas censé être l'être le plus démoniaque de tous les royaumes magiques ? N'es-tu pas le seigneur des Ténèbres ? Pourquoi as-tu tant de compassion envers ces gueux ?
- Disons que…
Il réfléchissait à la réponse la plus appropriée à donner pour ne pas perdre la face. Elle avait raison. Il était le Dark One et non la Fée Bleue.
- Pour asseoir son pouvoir, il faut imposer le respect par la crainte, certes, expliqua-t-il. Mais tuer des paysans ne sert à rien. Personne ne saura jamais qui les a assassinés. Il faut savoir choisir ses victimes.
- Alors tuons tout le village et laissons un survivant pour qu'il repende la nouvelle, proposa-t-elle avec enthousiasme.
- Les meurtres de masse n'apportent rien de bon, répliqua-t-il en fronçant le nez et en tordant sa bouche. D'ailleurs, il faudra que tu l'enseignes à Regina. Ce qui risque de se passer, c'est que tout un royaume cherche à nous éliminer.
- Mais tu es le plus puissant ! Tu les écraseras comme de simples insectes.
- Certes, mais nul n'est infaillible.
- On peut donc te tuer ?
- Ah non ! Tu ne connaîtras pas les faiblesses du monstre ! Maintenant, je vais leur effacer la mémoire, dit-il en pointant le couple du doigt. Ensuite, on s'en va.
D'un geste de la main, il leur effaça leurs souvenirs et les renvoya dans leur lit.
- Problème résolu. Maintenant, pardonne-moi, exigea-t-il.
- Pas maintenant. Tu vois bien que je la berce, répondit Cora en tenant l'enfant dans ses bras.
Rumple fit les cent pas. Il était énervé et ne comprenait pas pourquoi elle ne voulait pas lui pardonner. Il avait fait tout ce qu'elle voulait. Pourquoi les femmes adoraient-elles le faire souffrir ?
- Je vais la changer, lança Cora avec un sourire mielleux.
Il n'en croyait pas ses oreilles. Il s'assit sous un arbre pour patienter et contempla les étoiles. Il posa ses coudes sur ses genoux et appuya sa tête sur sa main droite, puis soupira lourdement. Il se demandait si Belle pouvait le voir. Elle lui manquait terriblement. Il sentait son cœur se serrer. Il l'avait perdue et était sur le point de perdre son fils pour toujours. Jamais il n'arriverait à se faire pardonner de Cora dans les temps. La rose avait certainement perdu tous ses pétales. Qu'allait-il se passer ? Allait-il revenir dans son salon et découvrir une réalité alternée ou allait-il rester là, à Oz, avec Cora et Zelena ?
Il regarda la cour devant la maisonnette. Elle était toujours déserte. Il se leva et partit à la recherche de Cora. Elle n'était ni dans la maison ni dans les alentours. Paniqué, il se mit à l'appeler mais seulement son écho lui répondait. Affolé, il se rendit à la porte… qui n'était plus là !
- Cora ! hurla-t-il.
Cette petite vicieuse était partie avec Zelena et l'avait abandonné à Oz ! Telle fille, telle mère ! Mais là, la situation était plus dramatique. Il n'avait pas obtenu son pardon. Il se mit à réfléchir. Il devait trouver un moyen de repartir : une baguette, un miroir, une tornade. Il tapait frénétiquement sa tempe avec ses doigts. Son cerveau était en ébullition. Soudainement, il eut une idée.
- Les pantoufles ! Je dois trouver le magicien d'Oz.
Il trouva facilement le chemin de briques jaunes qui menait à la Cité d'Émeraude. Mais à peine avait-il fait quelques pas que quelqu'un l'appelait. C'était Cora qui revenait en courant.
- Viens, on rentre, lança-t-elle essoufflée en lui saisissant la main.
- Tu es revenue ? demanda-t-il étonné.
- Tu as raison. L'amour est une force ! Je t'aime ! Nous sommes une famille.
Ils se serrèrent dans les bras et s'embrassèrent. Il n'en revenait toujours pas. Qu'est-ce qui lui avait fait changer d'avis ? Elle ne pouvait pas l'aimer. C'était impossible. En s'approchant de la porte, il vit qu'un mort jonchait le sol.
- Un paysan, lança-t-elle en haussant son épaule gauche.
Elle avait bien retenu la règle du chapeau. Ils franchirent la porte et se retrouvèrent dans la Forêt Enchantée. Elle prit l'enfant qui pleurait toutes les larmes de son corps au pied d'un arbre et la mit dans les bras du sorcier.
- Tu as raison. Je ne peux pas rester avec toi si je veux que ceux qui m'ont humiliée paient. Je vais épouser Henry. Mais tu auras quand même mon premier enfant. Je te confie Zelena. Visiblement, elle ne m'aime pas.
- Je le savais. Tu ne changeras jamais. Tu ne m'as jamais aimé, souffla-t-il, submergé par la colère et la déception.
Il posa la tête de la petite Zelena contre sa poitrine pour la réconforter. Les pleurs cessèrent presque immédiatement. Apparemment, elle se sentait en sécurité avec lui.
- Au contraire, dit-elle en lui retirant une mèche tombée sur son visage. Je t'aime et c'est pour cette raison que je me suis arrachée le cœur… Pour ne plus m'arrêter avant que ceux qui m'ont humiliée soient à genou. Notre marché est caduc car je ne porterai jamais ton enfant. C'est ici que nos chemins se séparent.
- Qu'il en soit ainsi, murmura-t-il déçu. Me pardonnes-tu ?
C'était sans doute sa dernière tentative désespérée. Elle se retourna et le fixa de ses grands yeux bruns. Était-elle en train de changer d'avis ? Elle s'approcha de lui à grands pas et l'embrassa passionnément.
- Oui Rumple. Je te pardonne.
De retour dans le présent dans son salon, il resta dubitatif. Il était donc devenu le père adoptif de Zelena. Comment la sorcière avait-elle évolué ? Était-elle devenue la Wicked Witch ? Quelle était leur relation ? Et Cora ? Était-elle devenue encore plus avide de pouvoir que la Cora qu'il connaissait ? Avait-elle créé la monstrueuse Evil Queen en tuant son fiancé ou avait-elle enfin décidé que sa fille avait droit au bonheur ? Cette modification du passé devait avoir eut une importance capitale sur les événements présents.
Il serait bien allé au village pour savoir ce qui se passait mais son regard s'arrêta sur la rose. Il ne lui restait que quatre pétales. Le temps pressait. Il avait encore deux épreuves à accomplir. Regina en faisait partie et était certainement la dernière. Mais qui était l'avant-dernière ? Qui avait-il offensé plus que Cora mais moins que Regina ? Qui qu'elle fut, il devait agir vite. Mais avant qu'il n'ouvre la lettre, on frappa à la porte.
- Ça va, ça va. Je sais qu'il me reste peu de temps, vieux fripon, ronchonna-t-il dans le couloir en frappant le sol avec ses talons.
Mais lorsqu'il ouvrit la lourde porte, il découvrit Charming, la main sur son épée, et Snow White qui semblait particulièrement inquiète.
- Que puis-je pour vous… encore. Mais faites vite, j'ai quelque chose d'urgent à faire, tonna-t-il.
- C'est à propos de Regina et de ses menaces, lança Charming.
Ah donc l'Evil Queen existait ! Cora avait dû bien la mettre en colère. Avait-elle tué Daniel ou commis un acte encore plus terrible ? Quoi qu'il en fût, le présent ne semblait pas si différent de ce qu'il connaissait.
- Dites-nous ce que vous savez, insista Snow.
- Tout à un prix, annonça-t-il, las.
- Que veux-tu ? demanda la princesse.
- Le nom de ton enfant à naître.
- Pas question ! lança Charming sans attendre.
- Accordé ! dit Snow, visiblement nerveuse. Que sais-tu ?
- La Reine a créé une malédiction puissante, mentit-il. Et elle arrive. Bientôt, nous serons tous en prison. Cette prison sera le temps. Le temps sera arrêté et nous serons tous coincés... Un endroit horrible où tous ce que nous aimons nous sera retiré. Nous souffrirons pour l'éternité pendant que la Reine triomphera ! démontra-t-il théâtralement.
Au fond de lui, il jubilait. Les deux idiots étaient tétanisés et gobaient tout ce qu'il racontait. Enfin, s'il échouait dans les prochaines épreuves, c'était ce qui arriverait de toute façon !
- Fini les fins heureuses, avertit-il gravement, les fixant à tour de rôle avec ses grands yeux reptiliens.
Comme il adorait les faire paniquer ! Ce spectacle allait le mettre dans de bonnes dispositions pour sa prochaine épreuve. Il en avait besoin après le désastre « Cora ».
- Que pouvons-nous faire ? demanda-t-elle.
- Nous ? Rien du tout.
- Qui peut ?
- Cette petite chose dans ton ventre, confia-t-il en approchant son index gauche du ventre arrondi de Snow.
Charming lui asséna un coup sur la main pour qu'il la retire.
- La prochaine fois, je la coupe, menaça-t-il.
Encore un qui voulait lui couper la main gauche ! Pourquoi tout le monde voulait-il le faire ressembler à Hook ? Peut-être était-ce un moyen de lui faire payer ses mauvaises actions ?
- Mettez l'enfant en sécurité. Et quand il aura atteint…, il ferma les yeux pour obtenir une vision, ses 28 ans, il reviendra. Il te retrouvera. Et la bataille finale commencera ! annonça-t-il avec son rire de psychopathe et en ouvrant tout grand la bouche.
Snow et Charming en avaient assez entendu. Ils se retournèrent et partirent.
- Eh ! Attendez ! Je veux son nom ! leur hurla-t-il. Je veux son nom à elle !
- C'est un garçon, répondit Charming.
- Mais Snow, tu sais que j'ai raison. C'est une fille. Dis-moi son nom, demanda-t-il gentiment.
- Emma, dit-elle après une longue hésitation. Elle s'appellera Emma.
- Emma, répéta-t-il avec un sourire machiavélique.
Emma, cette blonde qu'il avait rencontrée lors de sa troisième épreuve, la mère de son petit-fils et qui fréquentait cette crapule de Hook. Une fois débarrassé de ses visiteurs, il retourna dans son salon. Il avait réussi à faire peur à Snow et Charming. S'il échouait avec les deux dernières femmes, il se retrouverait dans le même monde que Bae mais il fallait impérativement que la Sauveuse soit envoyée dans ce monde avant que Regina ne lance sa malédiction. Sinon, cette dernière ne serait jamais brisée. Avant d'ouvrir l'enveloppe, il se prépara une potion de courage* composée d'alcool et d'épices. Il but son verre cul sec et inspira un grand coup. Il saisit l'enveloppe jaunâtre qui trônait sur sa table et arracha le cachet de cire rouge sombre.
« Regina »
*Recette de la potion de courage pour 50cl issue du livre « La cuisine des elfes, des dragons, des hobbits et autres créatures fantastiques » : 1 gousse de vanille, 4 étoiles de badiane, 3 bâtons de cannelle, 35cl d'alcool à 35° et 15cl de vin blanc sec.
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