J'avais passé le temps nécessaire a m'assurer que la caverne était libre et surtout vide. Je n'avais pas envie de me retrouver face a un ours alors que je dormais, ou quoi que ce soit, ca aurait été la honte pour toute la famille royale, si je m'étais fait lynché par un ours. Donc, une fois l'endroit sécurisé, j'avais pris ma forme de Basilik. La caverne me contenait tout juste, et de devais envoyer ma queue dans les tréfonds de la caverne pour ne pas qu'elle me dérange. J'allais me préparer a partir en chasse, quand soudainement le vent m'apporta l'odeur de proies qui venaient dans ma direction. Il y en avait quatre. Parfait.
Je m'avancais jusqu'à l'entrée et sécurisais la chasse : deux chevaux et leurs cavaliers. Parfais pour complètement me caller. Je garderai peu être les hommes en guise d'amuse queue pour plus tard. Me tassant dans l'ombre j'attendis patiemment. De ce que j'avais vu le premier couple cheval/humain était pourchassé par le deuxième, donc il allait probablement se réfugier ici. Donc plus qu'a attendre, limite la gueule ouverte. quelques secondes s'écoulèrent encore, avant que le premier cheval n'entre dans la caverne, son cavalier étant tombé sur le sol. Il ne bougeait plus, il devait s'être pris une flèche, je ne pris donc pas le temps de m'en occuper, l'autre était là.
Le deuxième homme était descendu, et tenait les deux chevaux. Et quand finalement il s'approcha je me lancais. Je gobais le premier cheval d'un trait, et blessait profondément le second aux pattes arrières pour qu'il ne s'enfuis pas. Quant a l'homme debout, vu que j'avais l'autre au sol, je n'avais qu'a en faire de la décoration. Mais avant que mes yeux ne l'ai achevé, il avait tourné le dos et s'était enfuis. SI je n'avais pas le cheval en moi j'aurai pu aller a sa suite, mais cela n'vait plus d'importance. Il me restait un cheval et un homme, j'allais clairement pouvoir me faire un festin. J'engloutit d'ailleurs immédiatement le deuxième cheval, histoire de le digerer rapidement, et je posais ma tête devant les pieds de l'homme définitivement inconscient, lui bouchant toute possibilité de fuite. Puis, je m'abandonnais au sommeil, repus.
Quand, enfin, je pu bouger un minimum, je décidais qu'il était plus sécuritaire de faire entrer la proie a l'intérieur. Je repris donc forme humaine et m'approchais de lui. Et c'est alors, une fois que ma conscience d'humain me revint, que je reconnu celui que j'aurai été prêt a bouffer : Tristan. L'un des autres type du puits. Très bien, il avait dû s'enfuir. Je l'empoignais alors par les épaules, pour le tirer a l'intérieur, s'il était pourchassé, normalement les autres pélaud reviendront pour essayer ou de le récupérer, ou de venir venger leurs chevaux. En tout cas il ne devait pas rester la bien en vue.
Dans un premier temps, alors que je déployais toute ma force pour le tirer, je l'entendis grogner. Au début j'au cru que je l'avais blessé, mais quand je l'entendis murmurer un prénom, j'ai présumé que ca devait être sa femme. Sans m'inquiéter, alors je l'attirais plus a l'abri. Une fois en sécurité, je reprit ma forme de Basilik géant, et je regardais alentour en sentant : les humains étaient repartis a leur campement, ils n'allaient plus venir ici. Très bien. Je reprit donc ma petite forme et partit a la recherche de bois pour faire du feu. J'avais eu tout le temps de me renseigner sur comment faire, et vu que je n'avais pas d'autre possibilité d'avoir chaud, je n'avais pas d'aytre choix.
Pendant une bonne heure je ramassais autant de bois que possible pour tenir toute la nuit, et tout ce qui pouvait bruler. Oh de la mousse séchèe. Je prend. Oh de l'écorce qui tombe toute seule des arbres. Je prend. Oh un caillou qui est tout doux… Oups je me suis perdu. Bref, vous avez compris, j'essayais de m'imposer le moins d'allé retour possible. Car ce qu'on n'avait pas noté, c'était que la caverne était a flanc de montagne. Certes l'accès y était simple, mais ca montait beaucoup trop pour ne pas me fatiguer. Moi je suis restaurateur, j'ai appris a courir. Sur du plat. Sur du carrelage. Pas perdu en pleine savane. Donc moi pas être capable de monter la pente avec tout mon barda.
En tout cas une fois revenu a l'intérieur, je fis un cercle de pierre. Je n'avais aucune idée pourquoi il fallait le faire, mais dans tout les jeux auquels j'avais joué, il y avait toujours un cercle de pierre, même si le feu n'avait aucun moyen de se propager. Donc je le fis, et en plus ca m'aida a faire tenir mes cailloux debout, pour faire un véritable foyer en leur centre. Puis, je me rendis compte que je n'avais pas pris les fameuses lianes que j'avais repéré. Après un grognement, et un regard pour Tristan qui dormait toujours, je repartais dans la foret. Et je recommencais, le bois, les machins inflammables, et surtout donc ces lianes. J'avais vu un moyen plus fatiguant mais aussi plus sur de faire du feu que de taper deux cailloux l'un contre l'autre.
En effet utiliser les cailloux était certes moins fatigant, mais beaucoup plus incertain, et en grand maladroit que j'étais, je n'avais aucune envie de m'éclater les doigts l'un contre l'autre dans un mouvement involontaire. J'allais donc devoir montrer que j'étais ambidextre et que donc j'avais de la force dans les deux bras. Spoiler alerte : je n'ai jamais été ambidextre.
Une fois mon bousin réuni, je pris une première branche a laquelle j'attachais un coté de la liane ou j'avais fait un nœud, et ou j'avais préparer de l'autre coté aussi un nœud. Cependant je pris une branche pas assez souple, et elle cassa, et le troisième morceau résultant de la rupture, tomba sur l'épaule de Tristan qui grogna sourdement de douleur.
- Pardon frère, c'était pas volontaire.
Je recommencais alors qu'il se recalmais. Prenant une branche plus souple, je recommencais ma manoeure, et cette fois c'est la liane qui cassa, a cause de la trop grande pression, le fouettant la joue, et l'entaillant légèrement. Pas assez pour que ca saigne mais juste assez pour que ca fasse mal. Cette fois a mon tour de grogner de douleur. Mais patiemment je pris les deux lianes brisées et je les rajoutais dans le foyer. Reprenant une deuxième liane, je recommencais, et je parvins enfin a faire mon arc. Parfait. Bon je n'en avais pas besoin pour tirer des flèches, j'allais en avoir besoin pour plus tard. Je pris donc ensuite une écorce dans laquelle je disposais un peu de lichen et d'autre truc. Puis je pris un autre bous de bois, je l'enroulais autour de la corde, et je pris la position la plus ridicule que l'humanité ait vue : pieds nu, je tenais mon écorce avec mes pieds, mais pas trop loin parce que je devais l'atteindre de mes bras fléchis. Et mon dos reposais contre le mur.
Après quelques seconde je me mis a faire tourner la branche contre l'écorce. La chaleur de la friction devrais enflammer ensuite le lichen, puis une fois celui-ci en feu, il devait vite aller dans le foyer pour bruler le reste. Donc j'espérais que mon feu allait démarrer du premier coup, parce que j'allais pas réussir la manœuvre deux fois. Et pour une fois je me remerciais d'être un geek et d'avoir amassé ce genre de connaissances inutiles. Donc une fois le bébé feu allumé, je tachais d'allumer le plus grand feu. Je sentais plus mes bras, surtout le droit, et mon dos était en compote, mais j'eus la satisfaction de voir mon feu prendre… Et rester. Une fois les petites buches prises, je rajoutais des moyennes. Et alors que j'étais en train de jouer l'équilibriste avec mes bouts de bois, je réalisais que Tristan était réveillé et qu'il me refardais faire.
- Coucou. Comment tu te sens ?
- j'ai la gueule de bois, couplé a une migraine.
- Navré, j'ai déjà eu du mal a allumer le chauffage, alors de l'aspirine…
Il resta immobilie couché sur le sol, je me doutais que ca devait lui épargner des mots supplémentaires. J'avais terminé de digerer complètement les chevaux, et la nuit était en train de se coucher. L'homme en costume grogna, avant de se redresser. Il sortit alors une craie de son costume. Quoi qu'a voir la poudre blanche sur ses doigts, il ne devait plus en rester grand-chose, puis il se tourna vers la parois. Quelques secondes s'écoulèrent, avant qu'il ne dessine un paquet de craie. J'ai trouvé ca énorme, et stupéfiant quans elles sortirent du mur dans sa main :
- tu peux tout créer ?
- Basiquement, oui. Surtout avec des murs comme ceux-ci. Ils gardent bien la poudre.
- Mais ?
- Mais avec mes mains, je ne serais capable de rien faire de plus précis que des vagues triats droits. Même pas droit d'ailleurs.
Mais malgré son propos, je le vis pencher le nez vers le mur et se concentrer. Après quelques seconde il dessina un verre avec quelque chose qui provoquait une émulsion, avant de rajouter un mot sur l'objet. Puis, comme pour les craies, l'objet sortit du mur, et je réalisais qu'il venait de se créer comme ca tranquillement une aspirine. Qu'il avala dès que l'objet avait fini d'émulser. A voir mon air renfrogné, il devait avoir intercepté mon fil de pensé : j'aurai dû le réveiller pour faire du feu, ca m'aurai éviter des douleurs musculaires. Mais je n'en dis rien, et il regarda le sol a coté de lui. Là il fit apparaitre un drôle d'objet. C'était une pierre plate tenue par quatre pieds eux aussi en pierre. Alors que je me le regardais sans comprendre, il disposa sa création par-dessus le feu, et je compris très vite : il venait de se faire une plancha, mais on avait rien a manger.
- Oh, je sais.
Il poussa la pierre non sanbs ponctuer le déplacement de "ouuuh chaud !" Puis il fit apparaitre un trépied qu'il dessina sur le mur, avec une marmitte de pendue. En regardant dans le contenant je vis de l'eau claire. Et je me reculais quand il ajouta du riz. Il était réellement en train de cuisiner la, comme ca, perdu au milieu de rien ? Mama…
- En fait t'es comme Noctis, t'es un arminger vivant.
- Le fait est que Noctis ne fait qu'apparaitre des armes. Et venues de rien.
Je le fixais, la bouche en "O" trop surpris de voir quelqu'un comprendre mon charabia. J'avais tellement envie de lui demander comment pourquoi d'où, mais il s'était retourner face au mur. Il était en train de dessiner des légumes, un couteau, de la viande. Mais c'était teeeeellement pratique comme pouvoir omg. Et moi a coté avec mes pliages de papiers j'avais l'air tellement con… Bon dieu. Je crois que j'allais encore me faire passer pour un inutile, car c'était clairement mon niveau face a l'air qui était un frigo vivant. Donc sans se soucier de mon regard plus qu'appuyé, il découpa les légumes, la viande qu'il disposa dans une autre marmitte un peu plus grande.
- Quand le riz sera cuit, voudras-tu bien le sortir du feu ?
- Quand est-ce que je sais qu'il est cuit… ?
- Quand il n'y a plus d'eau. Quand toute l'eau a disparue, c'est que c'est cuit.
Au moins c'était facile, et plutôt que le regarder fair,e j'avais trouvé une occupation. Je me saisit du couvercle, et regardais si c'était bon. IL restait encore de l'eau, donc ce n'était pas encore bon. Le temps que je fasse ca, il y avait un autre feu a coté du mien, un peu plus grand, sur lequel reposait la marmite dans laquelle il avait glisser la viande et les légumes en morceaux. Il fit donc tranquillement cuir la viande alors que je cherchais quelque chose a dire d'autre que "et alors c'est fou t'es balèze hein…" Alors que le tout était en train de frémir, sous l'œil attentif de Gadgetator, je vérifiais le riz, et constatais que c'était bon. Je le sortis donc du feu, et le posais a peine plus loin. Je ne me demandais même pas comment on allait manger, je présumais qu'il allait nous faire des assiettes. Donc j'attendis simplement en apprenant au passage une nouvelle recette. Puis, je trouvais :
- Dis moi, Tristan. Quand je reviendrai a Furiosa, tu voudra bien devenir cuisinier dans mon restaurant ?
IL rigola, sincèrement touché, et ne me répondit pas, tandis qu'il recouvrait ce qu'il était en train de faire cuir d'eau, puis qu'il ajoute probablement une épice que je ne connaissais pas sous cette forme. Puis, il se fit apparaitre une spatule plus grande, avant de me répondre simplement, sans me regarder :
- Je vais devoir décliner ton offre. La cuisine n'est pas ma passion, et je n'aimerai pas êztre forcé de faire quelque chose dont je n'ai pas envie, cela nuierait a la qualité du produit final. Moi je suis coiffeur de vocation, et j'ai déjà un salon… La moitié d'un salon. Et, par-dessus tout, je suis majordome. Je ne peux ni ne veux abandonner ce travail qui me tient tant a cœur. Ma femme serait atterée, et je l'aime beaucoup trop pour la laisser se débrouiller seule.
- Tu es le majordome de ta femme ? C'est bizarre…
- Eh bien j'étais majordome avant d'être son mari. Passé le mariage on a pas même reparlé es termes du contrat, donc c'est resté. Mais tu sais, ca me va, elle est une véritable catastrophe sur a peu prêt tout. Sauf s'occuper de ses chats. Ca elle sait faire.
- Oh… J'ai… J'ai eu un ex qui était de cet acabit là. Même si c'est pas gentil pour elle de les comparer. Quelle était l'épice que tu as mis ?
- Ca s'appelle du roux. C'est la base de la sauce curry. Et donc tu estimes que tu reviendras tout seul a Furiosa ?
- Oh. Non. C'est que moi je n'étais pas a Furiosa, j'ai fuis la ville courant de l'hiver. Donc quand je dis "quand JE reviendrai" c'est quand on sera revenu dans notre monde, et que je serai revenu a Furiosa.
Il rigola, encore, se moqua de moi. Je rougit, évidemment, il voulais se moquer de moi dès le début, et j'avais courru dans son piège. Finalement un petit sourire timide se dessina sur mes traits, alors que la sauce sentait diablement bon. J'étais déjà repus, mais je savais déjà aussi que j'allais kiffé ce qu'il venait de faire, et qu'il était hors de question que je ne lui fasse pas honneur. Il fit effectivement apparaitre assiettes et couvert, quoi que les couverts étaient beaucoup trop grand pour être des vrais -d'un coté venez faire de la précision avec une craie…- et me servit. IL commença par mettre le riz dans l'assiette puis il recouvrit de sauce, avant de me tendre le plat. Je le pris avec plaisir, attendit qu'il se serve, avant de dire, doucement :
- Pour quelqu'un qui n'aime pas cuisiner, ca a l'air furieux.
- Ce n'est pas "je n'aime pas cuisine" c'est plutôt "Je préfère coiffer". Et j'ai appris a cuisiner au fil des années. Quand mes maitres me demandaient des plats extravagants, ou différents de ceux que je savais faire.
Je lui demandais de me parler de ses maitres. De ce qu'il m'expliqua, il avait eu six maitres, dont deux succubes. Il n'entra pas dans les détails et je n'osais pas demander plus, de peur de toucher une corde sensible. Il avait eu la gentillesse de ne pas me demander pourquoi j'avais "FUIS" la ville, alors je n'allais pas non plus chercher la bête pour remuer le fond de l'aquarium. Je mangeais et… J'avais raison, c'était délicieux. Et ca coulait dans l'estomac comme une gaterie. C'était vraiment délicieux et ca se mangeait sans fin. Bordel, j'aurai pas pu mieux tomber, comme compagnon d'infortune. Je ne me gênais pas pour lui dire, c'était vraiment génial. Et j'en avais meêm oublié cette histoire de deuxième feu. Finalement, une fois les assiettes vides et les estomacs plein, il nous fit apparaitre une couverture et deux coussins. Et c'est alors que je percutais : UNE couverture. Je me retrouvais complètement a rougir, et je le fixais alors qu'il se moquais encore de moi doucement. IL avait bien compris d'où venait ma gêne.
Pas que dormir avec un homme me dérangeais, c'était surtout un comble pour moi… Mais c'était plutôt qu'il était réeelement pas moche, et que mon esprit n'allait pas pouvoir rester tranquille si j'étais sous la même couette que lui. Bordeeeeel. Et lui s'en amusait, la sale bête. Lui s'allongea, non sans retirer lentement sa ceinture, puis sa cravate. IL déposa son veston couvert de poussière sur une pierre plus loin, et sortit sa chemise de son pantalon qu'il ouvrit aussi. IL ne se dessapa plus, mais ca avait suffit. Gardant mes jambes fermées contre mon buste, je cachait mon visage et mon souffle dans mes bras. IL se glissa sous la couette, et moi j'étais comme un con a devoir attendre. La nuit allait être longue.
Je l'entendis encore rire, et je grognais en retour. Et en relevant le visage, il me fixais, avec un léger sourire sur les traits. Putain s'il venait pas de me dire qu'il était marié, j'aurai vraiment cru qu'il me draguait sans un mot… Et bordel je serai tombé dans ses filets sans aucune pensée. Sa femme avait bien de la chance, il était tout a fait canon.
BORDEL. Me redressant soudainement sur mes pieds, je marchais vers l'entrée de la caverne :
- Je vais me dégourdir les ailes.
- D'accord.
- Ne m'attends pas pour dormir, au pire je dormirais sous ma véritable forme.
- Très bien.
Ayant enfin une excuse pour sortir, j'étais sur qu'il avait vu l'état dans lequel il m'avait mis, je déployais mes ailes et fit un petit tour du propriétaire, pour surveiller que les humains ou mon chasseur n'était pas dans les parages. Une fois assuré de cela, je redescendit, j'avais largement eu le temps de me calmer, et revint dans la caverne. Je remis du bois dans MON feu, parce que celui de Tristan n'avait pas faiblis, et je soulevais un pan de la couette et je me glissais dessous.
Bordel. Une minute j'avais tenu.
