«Le dernier ennemi qui sera détruit, c'est la mort »
- 1er épître aux Corinthiens 15 v.26
Repris par J.K Rowling dans Harry Potter et les reliques de la mort
Relecture et correction : katoru87
PARTIE 9
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Pour Ianto Jones, vainqueur des soixante-septièmes Hunger Games, la suite immédiate des jeux fut comme un tourbillon de sons, de couleurs et de gens auxquels il ne parvenait pas à donner le moindre sens. Il avait l'impression d'être un automate, l'impression que son cerveau s'était tout simplement déconnecté depuis que la voix dans le haut-parleur, avait annoncé non pas seulement sa victoire – qui lui était indifférente – mais la possibilité de vivre.
La seule constante depuis sa sortie de l'arène, c'était Jack. Ça pouvait paraître bizarre dit comme ça, mais c'était vrai. Dans l'hovercraft qui l'avait emmené loin de l'arène, allongé sur un lit médicalisé où on lui avait refait avec soin des bandages à la main et au flanc, Ianto avait retrouvé dans sa poche le petit mot que Jack avait glissé dans le parachute qu'il lui avait fait parvenir : « Tiens bon, je suis avec toi. J. ». Et le tout nouveau vainqueur s'était rendu compte que c'était vrai. Jack était avec lui et ce, depuis le début. Pour une raison qui échappait totalement à Ianto, Jack Harkness, le héros, le grand vainqueur du Dix, s'était pris d'affection pour lui et avait été à ses côtés à chaque pas avant qu'il ne soit envoyé dans l'arène. Et après.
Jack faisait peur à Ianto au départ. Trop charismatique, trop sûr de lui, il le renvoyait à son propre mal-être. Mais cet homme avait une vertu incroyable que Ianto n'aurait jamais soupçonnée chez lui : la patience. Il ne rabrouait pas Ianto, ne s'énervait pas lorsqu'il ne parvenait pas à faire quelque chose, ne le méprisait pas lorsqu'il se mettait à bégayer parce qu'il n'arrivait plus à mettre de l'ordre dans ses pensées qui allaient bien plus vite que ses mots. Au contraire, il posait une main apaisante sur son bras et lui adressait ce sourire plein de douceur, si surprenant dans ce visage que tous les habitants du Dix associaient au courage et à la force.
Non seulement, le conseil très simple de Jack « reste planqué aussi longtemps que possible » s'était révélé diablement efficace dans l'arène, mais en plus une sorte de volonté de ne pas le décevoir, de ne pas faire honte à l'une des rares personnes a lui avoir jamais manifesté de la considération avait galvanisé Ianto et l'avait aidé à ne pas se laisser abattre.
Et finalement, maintenant que les jeux étaient finis et que Ianto, qui n'aurait jamais imaginé en sortir en vie, ne savait pas trop quoi faire de lui-même, Jack était à nouveau là, à le soutenir et à l'accompagner.
La pire épreuve avait été l'interview post-victoire avec un Caesar Flickerman tellement dégoulinant d'enthousiasme qu'il lui en avait donné le tournis. Elle lui avait semblé durer des heures. Des heures à devoir contempler sa propre image et bien pire encore : les morts de tous ses camarades d'infortune, plus violentes les unes que les autres. La courte agonie d'Owen lui parut encore pire vu dans le prisme de l'écran géant du plateau télé. Une nausée persistante menaçait à tout instant de le faire craquer et la seule chose à laquelle il avait pu se raccrocher était ce que lui avait dit Jack juste avant qu'il ne rentre sur le plateau « plus que cette épreuve à passer et on rentre là où on te fichera enfin la paix ». Ianto ne rêvait plus que ça : qu'on lui fiche la paix.
Il avait envie de calme, d'un endroit où il ne serait plus obligé en permanence de se surveiller pour montrer la façade de vainqueur qu'on attendait de lui alors qu'il n'était plus qu'une boule de terreur et de stress. Étonnement, le train, dont il gardait un si mauvais souvenir parce qu'à l'aller il avait passé l'intégralité du voyage à imaginer quel scénario allait adopter sa propre mort, s'avéra prendre la forme d'un premier havre de paix. Jack le colla d'autorité dans un des grands lits luxueux que comportaient les cabines et lui ordonna de dormir. Le roulis du train le berça et Ianto s'endormit. Il dormit presque deux jours d'affilé.
A son réveil, le train filait toujours résolument vers le sud, à une vitesse constante et vertigineuse qui donnait un peu le tournis. Ou peut-être avait-il le tournis parce qu'il avait trop dormi. Avec l'impression d'être seulement à moitié conscient, Ianto se dirigea vers le wagon restaurant. Il y trouva Jack qui était assis seul dans un fauteuil, une tasse dans une main, un livre dans l'autre.
- Hey ! dit-il d'un ton joyeux en apercevant Ianto. Comment tu te sens ?
- Comme émergeant d'un coma, avoua Ianto.
Jack sourit.
- Il y a du thé, dit-il en désignant une théière finement ouvragée qui reposait sur la table.
Ianto se servit docilement une tasse, puis s'assit dans un fauteuil en face de l'autre homme.
- Qu'est-ce qui va se passer maintenant ? demanda le nouveau vainqueur après avoir bu une ou deux gorgées.
- Tu vas être accueilli par le maire et tout le district en liesse.
Ianto ne put s'empêcher de frissonner et fut étonné que Jack ne le réprimande pas. Pour tout dire, c'était loin d'être la première fois que Ianto manifestait un comportement en non-conformité avec la philosophie du Capitole – qui dans le cas présent par exemple, exigeait de lui qu'il se montre ravi d'être acclamé par les habitants de son district – et qu'au lieu de le désapprouver, Jack lui manifestait de la compréhension et même une certaine forme de connivence. Ça surprenait le jeune homme à chaque fois.
Jack était un vainqueur et donc un enfant chéri du Capitole. En plus de ça, son frère, que Ianto avait vu plusieurs fois au cours de sa semaine de préparation car il traînait toujours dans les appartements du Dix, y vivait et y travaillait. Et même avant de devenir un vainqueur, Jack était un privilégié pour ce que Ianto en savait. Ses parents étaient des fonctionnaires et ils vivaient dans la ville qui constituait le noyau central du Dix, loin des campagnes, de la misère et de la famine.
Mais contre toute vraisemblance, Jack n'était pas un adorateur du Capitole. Ianto ne l'avait jamais entendu parler comme les types de la télé qui glorifiaient la force et le sacrifice. Pas une seule fois, son mentor n'avait évoqué la nécessité d'honorer leur district ou de présenter ses respects au Capitole. Pour ce que Ianto pouvait en juger, Jack lui avait bien plus expliqué comment contourner les règles du jeu qu'encouragé à les respecter. Ianto croyait se souvenir de l'avoir déjà vu à la télé avec Caesar Flickerman, agir comme si ce dernier était son plus vieil ami. Pourtant, hors caméra, le Mr Propagande du Capitole ne semblait inspirer à Jack qu'un mépris sans nom.
Tout en cet homme déstabilisait Ianto. Quand il prévoyait d'avoir droit aux discours glorificateurs sur la bonté du Capitole, il n'obtenait que des regards énigmatiques. Quand il s'attendait à se faire rabrouer, on le réconfortait. Quand Jack aurait logiquement dû perdre patience parce que Ianto n'était qu'un faible et un bon à rien, il ne faisait que lui sourire avec gentillesse. Impossible de le cerner. Et le plus étrange dans tout ça, c'est que ça avait cessé de faire peur à Ianto…
« Je suis avec toi. J. ».
- Ensuite, le maire va te recevoir dans son bureau et te donner les clés d'une belle et grande maison blanche, reprit Jack.
Impossible de rater son haussement de sourcil ironique.
Jack le regarda ensuite avec une drôle d'expression. Presque de la tristesse.
- Et je suis désolé Ianto, mais tu vas être obligé d'y habiter. Même si tu n'as pas envie. C'est …
Il s'interrompit.
- Enfin, tu vois, dit-il en faisant un vague geste de la main.
Ianto ne voyait pas du tout.
- Mais rien ne t'empêche d'y emménager avec ta famille.
Cette fois-ci, ce fut lui, Ianto, qui haussa les sourcils.
Sa mère, habiter dans le village des vainqueurs ? Et pourquoi pas Rhiannon et Johnny pendant qu'on y était ?!
La maladie, essentiellement provoquée par une vie de dur labeur et de malnutrition, l'avait considérablement affaiblie ces dernières années mais la mère de Ianto restait une femme dure, une femme aux opinions bien tranchées et à la vision du monde étriquée. Il y avait pour elle un grand ennemi : les riches, c'est-à-dire le Capitole bien sûr, mais celui-ci était lointain et donc curieusement moins détesté que les propriétaires terriens du Dix qui avaient toutes les richesses pendant que les braves gens mourraient de faim. Une grande partie de la manière dont cette femme se définissait elle-même dépendait de sa haine envers ceux qui opprimaient « les siens », c'est-à-dire les gens appartenant au même rang qu'elle : les ouvriers.
Le fait que Ianto ait été envoyé dans les jeux à son corps défendant ne rentrait que peu en ligne de compte : il savait que désormais, aux yeux de sa mère, il était passé chez l'ennemi et serait traité comme tel. L'argent qu'il donnerait serait accepté bien sûr, mais on lui ferait bien sentir que c'était à contrecœur, on agirait comme si l'accepter était une faveur qu'on lui faisait. Quant à venir habiter au Village des vainqueurs… Ianto avait presque envie de rire en imaginant sa mère, prolétaire jusqu'au bout des ongles, pleine de haine pour tout ce qui pouvait toucher au luxe ou à l'argent, venir vivre dans une de ces grandes maisons blanches immaculées…
Mais ce n'était pas très grave, ça n'avait jamais été une mère très aimante de toute façon. Elle était constamment agitée et énervée et, bien souvent, la présence même de Ianto dans la même pièce paraissait lui être intolérable et elle passait son temps à le rabrouer à coup de « fainéant », « faible » et « bon à rien ». Il ne ramenait jamais assez d'argent, ne faisait jamais rien de bien.
Quant à Rhiannon, si elle n'était pas du tout haineuse comme leur mère, elle était ridiculement insouciante et frivole. Ianto avait souvent l'impression qu'ils ne vivaient pas dans le même monde. L'univers entier de Rhiannon tournait autour de son mari, son héros, à qui elle vouait une admiration sans borne. Pareille dévotion n'aurait pas pu être plus mal récompensée puisqu'il était violent et abusif et les mettait régulièrement dehors, elle et leur marmaille, selon ses coups de colère. Rhiannon se réfugiait alors chez sa mère, attendant une accalmie qui mettait parfois plusieurs mois à venir. En attendant, il fallait subvenir aux besoins de ses trois garçons et de sa petite dernière. Souvent délaissés, les gosses étaient sales, mal-élevés et rendaient leur grand-mère complètement folle. Moins Ianto se trouvait en leur présence, mieux il se portait. Il ne comptait pas les accueillir chez lui et doutait de toute façon que Rhiannon accepterait de vivre si loin de son mari. Quant à accueillir ce dernier, ce n'était même pas du domaine de l'envisageable. Ianto aurait encore préféré retourner dans l'arène plutôt que de vivre une semaine sous le même toit que ce crétin congénital.
Mais il ne voyait pas comme dire ça à Jack. Jack, qui avait dû grandir dans une jolie maison, auprès de parents bienveillants et raisonnables. Et puis, ne l'oublions pas, il s'était tout de même porté volontaire à la place de son petit génie de frère qu'il adorait manifestement… Non vraiment, Ianto ne voyait pas comment il aurait pu parler de sa famille à Jack. Si son père avait encore été de ce monde, il aurait pu parler de lui. Il aurait même pu le présenter à Jack sans en mourir de honte. Mais cet homme doux et gentil, piégé dans un monde et une vie qui ne lui ressemblaient pas, était parti depuis longtemps maintenant. Alors Ianto allait s'installer tout seul dans la grande maison blanche.
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Ce n'est qu'une fois parfaitement seul, dans son tout nouveau home sweet home, que Ianto avait réellement été rattrapé par le contrecoup de ce qu'il avait vécu.
Il était assis sur un magnifique divan immaculé, sur lequel il n'aurait pas osé poser ses fesses en temps normal de peur de le salir, et essayait de savourer enfin le calme et la sécurité qu'il n'avait cessé de désirer, quand l'écran géant situé dans la grande pièce à vivre s'était brusquement allumé. Il aurait dû y être habitué, c'était pareil dans tous les foyers de Panem après tout. Mais jadis, l'épique musique qui accompagnait chaque émission et chaque intervention du Capitole n'était synonyme pour lui que d'un vague ennui. Aujourd'hui, elle le terrifiait. Il l'entendait encore raisonner à pleine puissance dans l'arène obscure et se revoyait se demander si demain son portrait serait parmi l'énumération des morts du jour…
Cette pensée l'avait ramené à son complice d'un jour, Owen, et c'était comme si la photo du jeune homme au regard dur et à l'air agacé – tel qu'il était apparu sur le dôme de l'arène le jour de sa mort – était projetée devant les yeux de Ianto et ne voulait plus s'en aller. Cela l'avait conduit au souvenir des derniers instants de ce garçon qui était mort avant même ses 17 ans. Le sang qui giclait de son cou… Et la mare de sang qui entourait le tribut du Un qui l'exhortait à l'achever… Le corps de la fille du Six, qui n'avait pas été assez rapide pour dégainer son arc et que quelqu'un avait poignardé sans pitié…
Curieusement, ce fut le souvenir du corps de cette fille, devant lequel il avait pourtant réussi à garder son sang-froid dans l'arène, qui fut celui en trop. Se levant d'un bon, il courut jusqu'à la salle de bain et rendit son dernier repas dans la douleur. Ça ne le soulagea pas le moins du monde. Il se sentait tellement mal. Il avait l'impression d'être épié. Cette maison était trop grande, trop vide, ça l'étourdissait et l'angoissait affreusement. Il n'avait même pas réussi à monter à l'étage, il avait envie de l'ignorer pour l'instant, c'était trop d'espace à gérer.
Retournant sur le divan, il s'y étendit en position fœtale et se plaqua un oreiller sur la tête pour ne plus entendre la musique de l'écran qui allait le rendre fou.
Les jours suivant passèrent comme dans un brouillard pour Ianto. Il n'arrivait presque pas à dormir, constamment réveillé par des cauchemars ou par l'écran de télé. Il n'arrivait plus à trouver l'énergie de se lever de son divan. Jack était souvent là. Il lui apportait de la nourriture dont la seule vue lui donnait des hauts-de-cœur et du thé qui passait un peu mieux. Ianto arrivait à peine à interagir avec lui. Il avait trop mal pour ne serait-ce qu'ouvrir la bouche.
Un jour, Jack s'était soudainement planté devant lui, la main tendue.
- Viens, avait-il exigé.
Ça ressemblait trop à un ordre pour que Ianto ose désobéir. En le portant à moitié, Jack l'avait traîné dehors puis jusque dans la maison voisine, qui devait être la sienne avait réalisé Ianto, parce qu'elle avait indéniablement l'air habitée. Il était trop confus pour savoir à quoi c'était dû mais il n'y régnait pas la sensation de vide qu'il y avait dans la sienne et qui le faisait se sentir si mal.
Les meubles étaient positionnés différemment chez Jack. Le divan était dans le fond de la pièce, sous la fenêtre et ce n'était pas le même objet blanc et chic que chez Ianto. Il était en vieux cuir qui sentait bon et dans lequel on avait l'agréable impression de s'enfoncer. Il s'en rendit compte lorsque Jack le fit asseoir dedans. Puis sans façon, ce dernier s'assit près de lui, presque contre lui et, à la grande surprise de Ianto, l'entoura dans une étreinte. Le premier réflexe du jeune homme fut de se raidir, terriblement mal à l'aise. Puis Jack posa son menton sur le sommet du crâne de Ianto, passa une main caressante dans son dos et lui souffla :
- Je suis là, shhhh…
C'était peut-être parce que ça ressemblait à ce qu'il avait écrit sur le message – qui n'avait d'ailleurs toujours pas quitté la poche de Ianto – mais ces quelques mots parurent débloquer quelque chose en lui, quelque chose qui jusque-là était comme coincé à la lisière de sa gorge et lui faisait mal à en hurler. Soudain, Ianto éclata en sanglots. Il pleura, pleura, pleura sur l'épaule de Jack qui le tenait étroitement contre lui.
Ianto reprit conscience bien plus tard. La lumière avait changé, on devait être au bord du soir. Il avait dû s'endormir pendant sa crise de larmes sans s'en rendre compte. Il était étendu sur le canapé en cuir, recouvert d'une couverture. A quelques mètres, Jack était dans une sorte de hamac accroché dans un coin de la pièce de telle sorte qu'on pouvait être assis confortablement dedans. Une de ses jambes était repliée sous lui, l'autre lui servait à se balancer doucement. Il lisait.
Lorsque Ianto se redressa, le maître de maison leva la tête et lui sourit. Il y avait tellement de chaleur dans ce sourire que Ianto en oublia d'avoir honte pour ce qui s'était passé plus tôt.
- Thé ? demanda Jack.
C'était en phase de devenir un rituel.
Ianto hocha la tête en tentant de lui offrir un sourire.
- Bouge pas, lui intima Jack alors que Ianto faisait un geste pour se lever. J'arrive.
Cinq minutes plus tard, il était de retour avec un plateau qu'il posa sur la table basse qui faisait face au canapé. Il offrit une tasse à Ianto, se laissa tomber à côté de lui et étendit ses jambes sur la table en poussant un soupir de bien être.
- Essaye, l'enjoignit-il en désignant ses propres pieds du regard. Je te jure, c'est confortable.
Jadis, chez lui, si Ianto avait ne serait-ce qu'esquisser le geste de poser un orteil sur un meuble, sa mère lui aurait arraché les deux yeux à la petite cuillère. Timidement, il imita Jack. Et en effet, c'était plutôt confortable.
Ils savourèrent ainsi leur boisson dans un silence tranquille. Ianto ne s'était jamais senti aussi paisible depuis qu'il était revenu au Dix.
Tout à coup, cela le frappa comme une évidence. C'était calme… et silencieux. Il scruta la pièce du regard et eut un mouvement de recul aussi vif qu'incontrôlable en s'apercevant que l'écran de télévision était juste à côté de lui, en partie dissimulé par une grande plante verte.
Il détourna le regard vers Jack qui l'observait avec un air amusé, puis reporta son regard sur l'écran silencieux. Il n'aurait jamais pu dormir aussi bien, aussi profondément qu'il venait de le faire si ce satané machin s'était mis à beugler comme il le faisait régulièrement.
- Il est éteint ? souffla-t-il. Je veux dire, vraiment éteint ?
Toujours le sourire aux lèvres, Jack hocha la tête.
- Co…comment ?
- Gray, dit simplement Jack pour seule explication.
Gray ? Monsieur-je-me-pavane-au-Capitole ? Comment… ça n'avait pas de sens…
Puis soudainement, le déclic se fit dans la tête de Ianto. Ce qu'il avait souvent eu l'impression de voir dans les yeux de Jack, cet espèce d'air de défi. Les messes-basses des deux frères. Jack qui savait à l'avance quelle forme allait avoir l'arène. « Tiens bon, je suis avec toi. »…
Jack – et Gray ! – aussi improbable que ça puisse paraître, haïssaient le Capitole autant que lui. Autant que les pauvres gens du Dix. Peut-être même qu'ils le défiaient. Sinon, comment auraient-ils pu savoir pour l'arène ?
« Je suis avec toi ». Contre eux.
Oh seigneur !
Oubliant soudain combien Jack avait pu l'impressionner, Ianto plongea son regard dans le sien. Il y lut la confirmation de ce qu'il venait de comprendre. « Je suis avec toi ». Ce n'était sûrement pas des paroles en l'air.
- Il ne s'allume… jamais ? demanda-t-il, encore incrédule.
- Jamais, confirma Jack en secouant la tête. Et tu es ici chez toi. Moi aussi, ça me rendait fou, confessa-t-il.
- Quoi donc ? demanda Ianto d'une voix tremblante.
- Cette putain de musique.
Le soulagement qui déferla en Ianto en cet instant tenait presque de la grâce. Il tenait de l'ordre du « je ne suis plus seul » et seul un survivant des Hunger Games pouvait comprendre l'importance d'une telle réalisation.
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Merci d'avoir lu et à très bientôt pour la suite !
