Nous décidons de confier nos indices sur les sabliers à Hanky en lui faisant promettre de ne les montrer à personne autre que nous quatre. Il était hors de question que Lily ou Rogue reviennent dans la course. Malheureusement, les concernés ne l'entendaient pas de cette oreille et après un nouvel assaut de notre dortoir (James et Sirius avaient volontairement laisser traîner leurs caleçons par terre en guise d'accueil et enroulaient une chaussette sale autour de la poignée à chaque fois qu'ils partaient), ils changèrent de tactique.
Par conséquence depuis deux semaines, Lipidélily comme les a aimablement surnommé James, nous collent aux basques presque H24.
-Pourquoi on fait pas ça la nuit déjà? s'impatienta Sirius en montrant les dents à nos deux pots de colles, fidèles à leur poste dix mètres derrière nous.
-Parce que nous n'avons pas quatre capes, je lui réponds patiemment. Nous serions trop à découvert. Et puis on n'a même pas encore cherché précisément les entrées des différentes salles communes, et ça faut le faire de jour en suivant des élèves.
-On n'a pas non plus été chercher notre objet chez Rusard. Ça on peut le faire la nuit.
-Je vous propose de faire un tableau avec deux colonnes nuit/jour et inscrit dessus tout notre programme. De temps en temps, on pourra caser un petit créneau de 2 heures avec marqué « sommeil » et peut-être une heure tout les 32 du mois pour « révision », je dis sarcastiquement.
-Je suis bien d'accord pour la partie révision, une heure tout les 32 du mois semble un bon rythme, dit James.
Je lui lançais un regard blasé. James s'adoucit.
-Et si on attendait après Halloween avant de s'en occuper ?
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Halloween à Poudlard c'est quelque chose. Quand j'étais petit, ma mère soucieuse de me transmettre des traditions moldues m'avait emmené taper aux portes des maisons pour réclamer des friandises. C'était surtout sympa de voir la manière dont les moldus perçoivent le monde de la magie. Des fantômes en forme de drap, des sorcières à la peau verte. Je trouvais ça touchant, comme si leurs inconscients savaient que nous étions réels mais si lointains qu'ils ne leur restaient plus que des formes vagues de la vérité. Certains sorciers trouvent ça offensant mais comme ce sont probablement les mêmes qui représentent les moldus comme des sous hommes, ce qu'ils pensent on s'en fout..
Chez les sorciers, on laisse aussi une bonne place aux fantômes et aux citrouilles mais surtout à la magie naturelle, celle qui flotte autour de nous et qui est intimement liée à la vie.
Du moins c'est ce que nous sort Dumbledore à son discours d'introduction lors du festin. La salle est transformée en citrouille géante, des chandelles sont dispersées un peu partout et l'ambiance est sombre et mystique. Ça sent la terre, la pluie et le potiron. Nous profitons de la soirée avec le sentiment de satisfaction que l'on ressent lorsqu'on a fini un travail bien fait. Autrement dit, nous profitons de l'ambiance après avoir enfin déversé ni vu ni connu la potion de traçage plus tôt dans la journée à l'entrée de la grande salle et nous applaudissons maintenant avec ferveur le spectacle de danse synchronisée que nous offrent les fantômes.
-Bravo Nick ! Beau roulé de tête !
Les joues du fantôme se grisèrent, ce qui devait être sa façon de rougir. Les plats surgissaient enfin quand un éclair brun traversa la salle et toucha Sirius.
-Ça va ? Je m'inquiète alors que James tourne furieusement la tête dans tous les sens pour identifier l'origine du sort et que McGonagall en fait de même.
-Oui, me répond Sirius déconcerté. En fait je ne sens aucune différence.
Peter à ses côtés le regardait les yeux écarquillés et semblait bloquer sa respiration. Était-ce lui qui avait été touché ? Il commençait à devenir rouge.
-Respire Peter ! Je lui dit calmement.
Peter prit soudainement une grande respiration et lâcha un :
-Tu pues, en regardant Sirius droit dans les yeux.
-Hein ? Je vais te…
Et c'est là que pour la première fois, l'odeur de Sirius me frappa en plein nez. Je réagis basiquement comme Peter, en bloquant ma respiration et en enfouissant mon visage sous ma robe. Sirius me regarda choqué.
-Pas toi aussi !
-C'est que c'est la vérité vieux, désolé, dit James qui s'était lui coincé deux endives dans le nez et qui même avec cette précaution, retenait difficilement une grimace. Tu pues. Et quand je dis tu pues c'est que vraiment tu pues.
Les autres élèves de Gryffondor qui commençaient à être touchés par l'odeur se resserraient au maximum pour s'écarter de notre petit groupe. Les serdaigles lévitaient leur table pour se rapprocher de celle des poufsouffles et moi même, si je n'était pas l'ami de Sirius, je partirais à toutes jambes trouver un parterre de fleurs et je n'en bougerais plus.
-Je ne sens rien! s'indigna Sirius. Je pue quoi au juste ?
Je croise les autres du regard. Identifier l'odeur signifie la rerespirer. Peter détourna les yeux et James cala une nouvelle endive dans sa narine droite. Ok j'ai compris. Je sortis mon visage de sous ma robe et pris une grande bouffée d'air.
-Tu pues la merde.
Mince, je deviens vulgaire. Maman pardonne moi.
-Tu pues ça mais en pire. Comme une sorte...de truc pas bon digéré ultime.
-Ça venait de chez les serpentards, je suis sûr que c'est Snivellus, s'énerve James.
Un souvenir remonta à la surface.
-Plutôt Narcissa, comme t'as traité sa famille de ramassis de...machins…
Sirius se tourna vers Narcissa et la fixa. Quelques secondes après il revint vers nous.
-C'est elle. C'est marqué sur son visage.
-Vengeance, s'exclame James.
-Non ça suffit comme ça, dit derrière nous le professeur McGonagall. De plus, vous n'avez pas de preuves. Mr Black, veuillez me suivre.
La salle se remit à respirer quand Sirius et McGonagall disparurent derrière la porte. Dix minutes après, le professeur revint demander de l'aide à Dumbledore.
On en est au dessert quand Sirius revient, des petits sapins accrochés partout sur sa robe mais puant toujours autant.
-Dumbledore dit que ça ne devrait pas trop tarder à partir. En attendant, il m'a mis ça, dit-il en désignant les petits sapins. C'est moldu.
-Ok, dit James qui regrettait d'avoir enlevé ses endives. T'as de la chance qu'on t'aime, tu le sais j'espère ?
-Merci, dit-il touché.
Il prit un brownie.
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Le lendemain, tout était revenus à la normal et nous aurions volontiers oubliés cette aventure si seulement les serpentards n'avaient pas passés leur matinée à charrier Sirius. A mi journée, James se tape le front.
-La potion de traçage ! Venari nunc.
Le sol du couloir se recouvra de traces de pas vertes fluo au plus grand étonnement des élèves présents. Au loin, on entendit la douce mélodie du cri de désespoir du concierge. On sourit machiavéliquement.
-Au moins, ça fait une chose qui s'est bien passée, dit James en plissant des yeux et en se frottant les mains.
aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa
-Où sont-ils ? Où sont-ils ?
Rusard rentra dans la grande salle au moment du déjeuner, un seau d'eau à la main et un balai. C'est bien le seul sorcier que je connaisse qui utilise vraiment un balai pour balayer. Il nous aperçut et fondit sur nous.
-C'est vous hein ? Je sais que c'est vous ! Ah mais vous allez me le payer, vous n'êtes pas prêt de revoir la lumière du jour, c'est moi qui vous le dis !
Les professeurs Slughorn et Chourave arrivèrent derrière lui en courant.
-Enfin Argus, dit Slughorn diplomatiquement, vous ne savez pas si c'est eux. La potion de traçage est facile à faire mais vous ne pouvez pas accuser sans preuve.
De la fumée serait sorti des oreilles du concierge que je n'en aurais pas été étonné. Il repartit bouillant de rage et en renversant de l'eau partout sur son passage.
On prit des airs de petits garçons effrayés. Le professeur de botanique nous regarda en haussant les sourcils, nous signalant que ça ne trompait personne.
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D'abord le pied droit. Puis le pied gauche. Attention une marche, mon bon vieux Remus il va falloir appuyer plus fort, allez à trois, un...deux…
-Bon tu t'actives, dit Sirius impatiemment.
-Je fais ce que je veux hein. Tu sais pas ce que c'est toi, tu savoures pas le fait de marcher. Se concentrer sur tous tes muscles qui travaillent, c'est fantastique !
Ok. Là je commence vraiment à dire n'importe quoi mais bon c'est le soir, je suis crevé et demain c'est la pleine lune. À côté de moi, James, Peter et Sirius ferment les yeux pour se concentrer sur leurs mouvements. Tiens ils sont rentrés dans mon délire, sympa !
-Vous ! Surgit la voix de Rusard derrière nous. Démarche non réglementaire, dans mon bureau tout de suite !
Démarche non réglementaire. Si j'ai une retenue sous ce prétexte, je pète un plomb. Je regardais contemplatif le portrait de la grosse dame en haut des escaliers. On y était presque. A quelques secondes près, j'aurais eu un accès direct à mon doux et moelleux lit. Et tout ce que la vie me donne en retour, c'est le pas beau et pas gentil Rusard et six étages à redescendre. Je ne sais même pas comment j'arrive à faire le voyage jusqu'à son bureau tellement ça me demande de la concentration pour ne pas tomber. James et Sirius sont si près de moi que je me demande si ils ne m'ont en réalité pas portés sur les derniers mètres. Le concierge commence à déblatérer. Bla Bla Bla marcher les yeux fermés, quel manquement à la sécurité de vos petits camarades...Bla Bla… devrais vous enfermer dans les donjons et vous pendre par les pieds…Bla...N'importe quoi pour nous coller de toutes façons...
J'ai envie de vomir. Littéralement. J'essaie de me concentrer sur autre chose pour tromper la nausée.
-James...je souffle à l'oreille de mon ami. Casier étiqueté A.W. dans l'armoire du fond, sixième rangée en partant du haut.
-T'es quoi au juste? Un faucon?
Il scruta néanmoins l'endroit indiqué.
-Cible en vue, il me chuchote en retour. Une idée de diversion ?
-J'en ai bien une. Devrait être effective dans quelques instants. Continues d'argumenter.
Au bout d'une minute, je ne me faisais plus confiance pour parler et je commençais à avoir des hauts le cœur.
-Mr Rusard, je crois qu'il faut emmener Remus à l'infirmerie.
-Encore une de vos manigances ! Je ne me ferais pas avoir cette…
Je vomis sur son bureau. Je reçois trois regards compatissants et un autre dégoutté. Comme si c'était de ma faute ! Le concierge me prends brusquement par le bras et me traîne de nouveau dans les couloirs. J'ai la vue et l'ouïe qui se brouillent. Je ne tiens même pas jusqu'à l'infirmerie, je m'évanouis en chemin.
lunesluneslunesluneslunesluneslunesluneslunes
-Vraiment Mr Lupin , si vous vous sentiez si mal il fallait me voir plus tôt. Se dépenser autant, un jour seulement avant la pleine lune, où aviez vous la tête ? Et ce concierge...Même pas capable de détecter un élève au bord de l'épuisement. Buvez ça.
L'infirmière me tendis une potion rouge vif qui m'arracha la gorge et repartit dans son local.
La nuit, je fus réveillé par trois têtes familières flottant au-dessus de la mienne. J'étouffais un cri de terreur.
-Ça va pas de réveiller les gens comme ça ! je chuchote furieux.
-Comment tu vas ? Me réponds James en enlevant complètement la cape.
-Bien. Fatigué.
-Tu sort demain ?
-Non...Je vais voir ma mère demain.
Ils me lancèrent des regards incrédules.
-Dans cet état ? Tu peux pas laisser ton père s'en occuper tout seul pour une fois ?
Je remue nerveusement. Mon histoire de mère malade commence déjà à devenir bancale. Je ne sais pas comment je vais pouvoir tenir sept ans.
-Non. Il a vraiment besoin de moi. Écoutez les gars, on peut parler d'autre choses ? Je supplie.
Ils prirent un air résigné. Je sais qu'ils se posent des questions.
-Ok. Mais c'est mon anniversaire dans deux jours. Est-ce que tu peux demander à revenir un peu avant ? Qu'on fasse un truc le soir…
Le lendemain de la pleine lune, je dors comme une masse et l'infirmière est déjà furieuse alors ça m'étonnerais qu'elle me laisse partir avant. Mais Sirius me fit ses yeux de chien battu et je n'eus pas le courage de lui dire non.
-Je vais essayer.
Il retrouva instantanément son sourire. James fouilla sa poche et en sortit un stylo quatre couleurs qu'il me tendit.
-Tiens. Après tout ce que t'as fait, tu l'as bien mérité.
Oooooh, le nouvel objet.
-Pas de mot d'explication ?
-Pas trouvé. Mais le casier était rempli à ras bord et on n'a pas eu le courage de chercher.
-On a préféré fouiller dans les affaires de Rusard, explique Peter. Tu savais que c'était un cracmol ?
Je comprends maintenant pourquoi il n'utilise jamais la magie pour nettoyer.
-Il a tout un livre qui explique comment faire les choses à la moldue et il a des photos de …
Je l'écoute d'une oreille tout en jouant avec le stylo. Je clique pour faire apparaître la mine mais le mécanisme coince. Je le dévisse.
-Attention t'es en train de le casser !
Un morceau de papier est coincé dans les ressorts. Je le déplie.
Slyto aux quatre couleurs.
Vous rendez vous compte de l'ingéniosité de nos amis moldu ? Avec cet objet, non seulement l'encre est intégré mais en plus, on a le choix entre quatre couleurs ! Je l'ai amélioré en rendant l'encre plus facilement rechargeable. Il vous suffit pour cela d'utiliser un sortilège de transfert sur les fartouches. Je l'ai fait tellement souvent qu'avec le temps, les couleurs se sont mises à s'intervertir toutes seules et l'on est jamais vraiment sûr de ce qui va sortir du Slyto. Aussi, si vous le chatouillez, il crache des taches d'encre. Que de petites anomalies qui au final ne feront que rendre vos essais plus colorés!
A.W. m'excusera, je ne pense pas que je vais utiliser ce stylo pour faire mes devoirs. Il faudra que je me renseigne sur les sortilèges de transfert, je crois que c'est assez dur.
-Remus ?
La voix de James me sortit de mes pensées. Il me lance un regard nerveux.
-Tu nous le dirais si il y avait quelque chose qui n'allais pas ?
Non.
-Oui.
Leurs visages se détendirent. Ils me saluèrent et partirent, me laissant seul avec l'angoisse d'un nouveau mensonge.
Àuneépoqueappeléeletempsdurêve
Àuneépoqueappeléeletempsdurêve
Ugh.
Réponse à lapin, rongeur de mon cœur : Ta vie n'est pas nulle lapin, avec un peu de confiance en toi, tu pourrais même devenir une personne importante dans ton clapier. Merci pour l'objet. J'ai regardé la date d'invention et c'était un peu juste (1969) mais on va dire qu'il est tombé sur une première édition. Éditée avant l'invention en fait, parce que je mets au moins dix ans d'écart entre A.W. et les maraudeurs. (Invention du petit sapin sent bon, pour ceux que ça intéressent, en 1951)
Je ne peux pas dire pour l'A7, avec ma manie d'éviter les péages, j'ai tendance à ne visiter que des routes où des sangliers doublent des moissonneuses batteuses.
Comment ça ma vie n'est pas passionnante ?
Review :)
