Maudites soient les femmes


Partie IX


En fait, la soirée s'est plutôt bien passée.

Le petit blond n'est pas resté longtemps éveillé et après l'avoir déposé sur mon lit, avec Mary-Jane qui chantonnait une petite berceuse, il s'est tout de suite endormi avec elle... et avec moi.

Heureusement que j'ai un très grand lit ! ... Mais même avec toute la place qu'il y avait pour nous trois, j'ai eu de la chance : Mary-Jane, dans son sommeil, s'est blottie très étroitement contre moi. Elle était toute choupinette avec ses cheveux blonds épars autour de son visage, sa respiration lente soulevant régulièrement son torse et ses traits apaisés dans le sommeil. Et c'est sur cette vision que j'avais plongé dans le sommeil.

Et c'est sur cette même vision que je me suis réveillé, alerté par les gazouillements trop joyeux de Milan qui venait de faire preuve d'un peu de magie précoce en attirant à lui une de ses peluches posée au pied du lit. Ethan nous avait raconté les petits tours que Milan faisait déjà à dix-huit mois mais je n'y avait jamais assisté. Au moins, il peut être sûr que son fils n'est pas un Cracmol. Ça aurait été tellement dur ; je n'ose même pas imaginer ma vie si j'avais été Cracmol... Je n'aurais jamais été à Poudlard, j'aurais vu Albus et Lily faire de la magie et revenir de leur école, des étoiles plein les yeux, j'aurais été en marge de la vie de ma famille, je n'aurais jamais connu le Quidditch, ni rien de tout ça... Ah, putain, c'est déprimant.

... Huit heures ? Et bor-del !

Mon entraînement commence dans une heure, Rosario ne va pas tarder à arriver, elle va voir Mary-Jane et Milan dans mon appartement, va encore faire des histoires, ... ou va au contraire essayer de parler à MJ en lui disant des choses du genre "Vous êtes celle qu'il lui faut.", etc, si elle voit que la blondasse connaît Milan... Ah oui, putain, j'le sens bien !

Une heure pour me préparer ? … Oh Merlin, j'y arriverais jamais. Bon, il faut réveiller la blondasse pour qu'elle s'occupe de Milan sinon j'y arriverais vraiment pas.

Avec un sourire accroché aux lèvres, Milan m'observant religieusement, sa peluche dans les bras, je me penche vers ma blondasse et pose délicatement mes lèvres sur les siennes.

Hum… Je m'attendais à tout sauf à une baffe. Ce qui fait rire bien entendu Milan. Sale gosse, va.

-Oh pardon Potter, … mais quelle idée aussi ? S'exaspère Mary-Jane, la voix encore ensommeillée.

Je grogne en guise de toute réponse. Vous voulez réveiller de façon tendre une femme dans votre lit et voilà comment vous en prenez plein la gueule après, … moi je dis non ! C'est fini, j'ai plus envie d'être gentil avec elle.

-Je ne me voyais pas vraiment te secouer brutalement pour te réveiller, je réplique, vexé indubitablement.

Elle ne répond pas, le regard dans le vague, puis son attention se concentre sur Milan qui a réussi à aller vers elle pour tirer sur mon tee-shirt qui lui sert de pyjama. Elle est très mignonne là-dedans, tiens.

-Mary-Jane, je peux te demander de t'occuper de Milan ? J'ai entraînement dans … une heure, je réalise une nouvelle fois en jurant.

-Allez file Potter, je m'occupe de lui, répond ma blondasse préférée en adressant un sourire tendre à Milan.

Quand je vois ce genre de scène, Mary-Jane avec un bébé qui pourrait être le sien, il y a comme quelque chose qui se craquèle dans ma poitrine et je ne saurais dire ce que ça signifie. A chaque fois, c'est la même chose. Je sais, je me suis foutu dans le fond, je commence à ressentir un peu plus que du simple attachement pour ma Vipère oui, je crois que je suis en train de développer une sorte d'affection pour elle, une affection malsaine car à sens unique, d'après ce que je peux en juger.

Et puis, c'était bizarre de s'occuper d'un bébé avec une autre femme que ma mère, ma soeur, une de mes cousines, ou encore Caitlin ou Alice. Enfin, MJ n'est pas une amie au sens propre, et voilà, c'était bizarre. Il n'y a pas d'autre mot. Dans mon esprit, toute la soirée, avait persisté une sale impression. L'impression que si Mary-Jane et moi étions ensemble, avec notre bébé, oui notre bébé à nous, ça ressemblerait un peu à ça. Mais que dans ce cas-là, j'aurais eu droit à un baiser de bonne nuit, quand même. Ouais, quand même. Peut-être même deux, … ou trois. Mais on a dormi tous les trois dans le même lit, c'était déjà ça de gagné.

… Je crois que finalement cette idée d'entretenir avec Mary-Jane un plan cul, dit vulgairement, n'était pas ma meilleure idée jusqu'à présent. Parce que je m'en rends compte, putain. Oui, je m'en rends compte. Tous ces papillonnements quand je suis avec elle, cette sensation de béatitude complète quand elle m'embrasse, l'envie constante de la toucher, d'être près d'elle, de la voir me sourire et m'injurier à la fois, vouloir l'avoir pour moi tout seul, la jalousie qui m'avait dévoré quand je l'avais vue avec l'autre décoloré, le fait que je ne pouvais pas m'empêcher de l'embrasser alors que j'étais en couple avec une femme géniale, toujours revenir à elle quand je faisais le point, l'avoir invitée aux fiançailles de l'autre pute, être attendri quand elle dort, mes réactions excessives pour tout ce qui la concerne, le fait que ma mère et Caitlin n'arrêtent pas de me répéter la même chose ; tout ça ne peut signifier qu'une chose.

Bordel de cul, je suis tombé amoureux de Mary-Jane Crivey.

… Oh putain. Il ne me reste plus qu'à m'avadakedavriser moi-même.

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-Potter, plus concentré ! Me hurle MacLaggen.

Je grommelle inintelligiblement sur mon balai et essaie de ne pas replonger dans mes pensées, et surtout, ne pas repenser au fait que je suis tombé amoureux d'une blondasse chiante, manipulatrice et affreusement... cynique. Pas loin, Green me lance un regard victorieux, encore une fois.

C'est qu'il commence à me gonfler le gamin évitant souplement un Cognard, j'expire brusquement et recommence le parcours imposé par MacLaggen à tous les joueurs de l'équipe. Slalomer, éviter un Cognard, descendre en piqué, figures acrobatiques, remonter en flèche, sauter de son balai en plein vol, et slalomer, reprise du cycle.

… Qu'est ce que je vais bien pouvoir dire à Mary-Jane Crivey ? … Je pourrais jamais continuer à être avec elle simplement en amitié et plus si affinités, j'y arriverais pas, et c'est ça qui me fait le plus peur. Et si je la perdais en lui avouant ça, et si c'était pas réciproque ? … Comment je vais bien pouvoir gérer ça ?

Merlin, t'as pas assuré, … Merlin, je te hais, et oui, Merlin, t'as intérêt à m'aider.

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Alice, toujours aussi canon, s'avance vers moi et ma table, d'un pas léger, dansant. Alice Londubat, cette perle.

Elle, elle va m'aider. En effet, elle n'a pas encore eu la chance de nous voir Mary-Jane et moi ensemble et d'ailleurs, elle ne l'a jamais rencontrée personnellement même si il est évident que Cait lui en a parlé. C'est sa meilleure amie et forcément, elles se racontent tout même quand ça ne les concerne pas..., surtout quand ça ne les concerne pas, hem.

-Salut Jimbo, me salue-t-elle en me claquant une bise sonore sur les deux joues.

-Comment se porte notre jeune mariée ? Je demande, moqueur.

Pour toute réponse, je n'ai qu'un sourire éblouissant. Peter et elle sont vraiment dingues l'un de l'autre, et j'ai très bon espoir que ça dure toute leur vie. Après tout, c'est pour ça qu'on se marie, non ? Pour finir ses jours avec l'être aimé, d'après ce que j'ai compris.

-Alors Jimbo, qu'est ce qui ne va pas ? T'as une petite mine et ça n'était jamais arrivé quand on décide de prendre un verre tous les deux, sauf la fois où... l'autre pute t'avait quitté.

Les grands yeux caramels d'Alice s'ouvrent de compréhension et de surprise. Même si elle n'est que mannequin -très célèbre, faut le dire- et ne possède pas une armada de diplôme, ayant préféré la voie facile -pour elle- grâce à son physique, Alice est sacrément intelligente et a tout de suite compris d'où venait le problème. Et surtout où il était.

-C'est cette Mary-Jane ?

-Je vous apporte quelque chose, Mademoiselle ? Vient nous interrompre un serveur avec un sourire en coin pour Alice.

Moi, j'ai déjà une Bierraubeurre devant moi, et Alice, en insistant sur le « Madame », commande un jus de citrouille au serveur déconfit par le statut marital de la magnifique Alice, qui le congédie plutôt brutalement. Malgré ses airs doucereux, Alice peut parfois être très méchante, ce qui nous a pas mal servi à Poudlard à Fred et moi lors de nos mauvais coups.

-Alors, c'est elle ?

-Oui, c'est elle. Et je ne l'ai réalisé que ce matin, j'avoue du bout des lèvres.

Pourquoi je me confie plutôt à Alice qu'à Cait ou bien Fred ? … Tout simplement parce que je ne supporterais pas leurs « On te l'avait bien dit ! » inévitables. Et je ne voyais personne d'autre à qui j'aurais bien pu faire part de cette étrange et déroutante découverte. Un psychomage ? … Peter ? Oui, bien sûr. Je vais aller le voir et lui dire de but en blanc que voilà, je viens de comprendre que je suis complètement dingue de sa sœur et que je ne m'imagine pas sans elle. Super plan ! … Donc non, voilà, il restait Alice.

Elle n'est pas un bouche-trou, loin de là ! Alice c'est ma seconde meilleure amie, la deuxième fille de notre bande à Poudlard, la seule à qui autre que Cait, j'pouvais parler de ça sans risquer de le voir dans les journaux à potins le lendemain même. Alice, en fait, c'est une sorte de deuxième petite sœur, aussi chiante mais toujours là pour vous.

Tiens, Lily Jolie me manque soudain.

-Où tu en es avec elle ? Tu es en couple avec elle ? Demande Alice, en sirotant le verre que le serveur vient de lui amener un peu brusquement.

Le « Madame » l'a refroidi, lui. Quel susceptible, on ne peut pas tout avoir dans la vie, gamin.

-Disons qu'on a commencé à avoir des relations sexuelles régulières.

La grimace d'Alice n'est pas faite pour me rassurer, bien au contraire. C'était une si mauvaise idée que ça ? Au début, je la trouvais plutôt excellente, moi. Évidemment : elle sortait de mon esprit brillant.

-Potter, tu la prends pour une de tes salopes ou ... ? Me refroidit brusquement Alice.

Je disais bien que parfois, cette grande blonde à l'air angélique et ouvert est pire qu'un iceberg. Complètement cassante. De un, je n'ai pas de salopes comme Alice peut le dire à l'instant. De deux, … ben deux.

-On voit bien que tu ne connais pas Miss Crivey, je grince. Je n'aurais jamais pu lui demander d'entretenir une relation sérieuse avec moi, elle me déteste et peut à peine me saquer. N'oublie pas que son objectif premier était de profiter de ma popularité pour faire la publicité de son agence. Et puis, pour ma défense, je viens de réaliser que ce que je res... ressentais pour Mary-Jane n'est pas seulement d'ordre physique.

Non mais. Faut pas non plus croire que c'est moi le salaud dans l'histoire, ce n'est qu'un concours de circonstances, je suis aussi une victime ! Et Mary-Jane n'est pas complètement innocente dans l'affaire : elle a accepté.

-Mais James, quand une femme accepte ce genre de marché, c'est soit parce qu'elle veut juste prendre son pied de temps en temps et que tu es l'amant idéal pour ça parce qu'elle ne cherche pas à s'attacher sentimentalement, soit parce qu'elle pense qu'elle n'a aucune chance d'avoir plus que ça, m'explique patiemment Alice.

J'ai l'impression qu'elle me prend pour un débile... étrangement. Ah bon ? Alors les femmes, ça pense comme ça ? Moi j'ai l'impression qu'elle me déteste plutôt et qu'elle ne pense même pas à l'éventualité d'une relation sérieuse et durable avec moi, James Sirius Potter, être arrogant et égocentrique. Dès que j'ouvre la bouche, ça la fait chier. Soyons honnêtes !

-Je ne suis pas sûr que...

-Crois-moi, me coupe Alice d'un air agacé. Je suis une femme et je sais de quoi je parle. Ta Mary-Jane, soit elle t'aime, soit elle t'aime pas.

Euh, ça je le savais déjà, merci Alice, je suis censé être supérieurement intelligent, n'oublie pas. Et puis, même un gamin comprendrait ça en moins de cinq minutes.

-Et comme savoir si elle m'aime ou pas ?

-Tu peux pas le savoir, c'est à toi de jouer Potter. Montre-lui que tu es pleinement Gryffondor et qu'on t'a pas reparti dans la maison des lâches. Si je me fie à ce que j'ai entendu d'elle, elle a plus d'orgueil que toi, Jimbo, ce qui est assez remarquable je dois dire, et ce n'est sûrement pas elle qui te dira, ou te fera comprendre, qu'elle a des sentiments pour toi.

Un instant de silence pensif.

-Pourquoi les femmes sont aussi compliquées ? Je soupire.

Après tout, elle pourrait me le dire clairement. James, je suis amoureuse de toi... Ou aussi en effet : James, je ne t'aime pas, tu n'es qu'un objet sexuel pour moi.

Dans ce cas-là, je pourrais lui répondre que je ne suis peut-être qu'un objet pour elle, mais il se trouve qu'elle a fait le petit déjeuner pour son objet, qu'elle a dormi avec son objet et le filleul de celui-ci, et qu'elle s'en est d'ailleurs occupée toute une journée. Et aussi qu'elle a assisté à un déjeuner de « famille » de son objet. Et que son objet a fait ami-ami avec son frère aîné. Et encore plein de petits détails de ce type.

Donc il vaut mieux qu'elle se déclare amoureuse de moi.

… Tout ça me donne étrangement mal à la tête.

-Tu m'as comprise, James ? Il faut que tu saches par toi-même si il y a plus que du physique derrière tout ça, et s'il y aurait possibilité d'une relation sérieuse. Tu es amoureux, hein. Alors bouge ton cul.

-Je n'en suis pas encore sûr, je réplique d'une voix sèche. D'être amoureux d'elle.

Après tout, c'est vrai. Peut-être qu'aujourd'hui, je traverse une mauvaise période qui me pousse à penser que je serais peut-être tombé amoureux de ma Vipère, mais qu'au final, pour moi aussi, ce n'est que physique, mais comment le savoir ? Comment pouvoir distinguer le vrai du faux dans les sentiments ? Comment distinguer le simple désir mêlé à de l'affection et l'amour véritable ? Ces deux états d'esprit se ressemblent beaucoup trop pour pouvoir y faire la part des choses, et peut-être qu'en réalité, je désire physiquement Mary-Jane et j'ai une simple affection pour elle. Oui, peut-être... Je me sens bien avec elle, c'est un fait. Mon cœur bat légèrement plus vite, d'accord. Et il est vrai que je ne vois pas d'autres femmes prendre sa place dans mon lit pour le moment.

Et après ? Je pourrais ressentir les mêmes sensations avec une autre... Au final, aime-je vraiment Mary-Jane Élisabeth Crivey ?

… J'ai vraiment besoin d'un psychomage, moi.

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Et me voilà, après avoir pris un verre avec Alice, à déambuler dans Hyde Park en attendant l'heure de mon rendez-vous avec l'agent de mon équipe, qui veut nous faire poser pour je-ne-sais-quel-magazine-féminin, et qui nous rapportera pas mal de Gallions. Un sportif, c'est toujours classe. Mais c'est pas dit que les joueurs de Bavoules soient aussi demandés que nous, les joueurs de Quidditch, LE sport le plus réputé du monde sorcier.

D'ailleurs, malgré mon admiration pour mon père, je suis bien content d'avoir réussi à décrocher une place au sein d'un club de Quidditch : dans le cas contraire, j'aurais été bon pour entamer des études d'Auror, quoique... quoique j'y aurais quand même échappé, et j'aurais rejoint Fred dans le magasin de son père. On a tous les deux un don pour les farces et attrapes, et maintes et maintes fois, les membres de notre famille nous avaient comparés à Oncle Georges et son défunt jumeau. Bien évidemment, jamais devant Oncle Georgie. Le pauvre ne s'en est jamais vraiment remis, preuve irréfutable : il a appelé son fils comme son défunt frère, et le traite plus comme un frère que comme un fils, sous les réprimandes silencieuses de Tante Angie.

Parfois, je me demande comment aurait été Oncles Georges si Fred Weasley était encore vivant. Une fois, j'ai vu dans les anciens albums photo de Maman, à la cave, une photo de Tante Angie dansant avec un grand roux ressemblant goutte pour goutte à Oncles Georges. Elle semblait follement amoureuse, lui aussi. Mais la légende n'indiquait pas « Georges et Angelina, Bal de Noël, Tournoi des Trois Sorciers. » mais plutôt « Fred et Angelina, Bal de Noël, Tournoi des Trois Sorciers. », me laissant penser que si cet oncle inconnu n'était pas mort, Fred et Roxanne ne seraient peut-être pas nés, … ils n'existeraient peut-être pas, et qui aurait été mon meilleur ami, mon meilleur cousin ? Fred n'aurait jamais existé, et cette idée m'est insupportable. Et la petite Roxy, notre petite noiraude à nous... ne pas exister ? Son sourire n'avoir jamais fait partie de notre paysage ? … Je refuse de l'imaginer.

… Sans déconner, Hyde Park est propice à ressasser des hypothèses déprimantes.

Et pourtant, le paysage est magnifique Hyde Park est le plus grand parc de Londres et un des plus grands parcs royaux. Ah, chère Élisabeth, quand je pense que votre famille n'a jamais eu un sorcier dans votre famille... C'est quand même assez surprenant. J'aurais pensé que l'un des nôtres ait déjà essayé de berner un membre de votre famille avec un Philtre d'Amour ou quelque chose du type. Vous devez sûrement avoir des protections sorcières.

Sûrement.

Soudain, un petit gazouillis, qui retentit pas loin, suivi d'une voix féminine amusée, me semble familier. Je me tourne vers l'origine du bruit, et bien évidemment Merlin ne doit pas beaucoup m'aimer pour les placer sur mon chemin. Mais Mary-Jane et Milan ne sont pas seuls. Vanessa les accompagne, pétillante. La superbe brune latino que j'avais croisé à Éternellement vôtre, la meilleure amie de ma Vipère. Et tiens, elle est habillée correctement cette fois : la brune est vêtue d'un simple jean en velours brun, d'un col roulé vert foncé -normal, on approche de décembre dangereusement et le froid commence à nous mordre la peau- et d'un caban sombre, d'une couleur indéfinissable.

Cette fille est vraiment canon... Et elle forme un contraste saisissant avec MJ, qui a la peau plus pâle et les cheveux indubitablement plus clairs. Blonde comme les blés... J'avoue qu'avec ses yeux d'un noisette très clair, et ses cheveux d'un blond, ni trop clair, ni trop foncé, Mary-Jane aurait bien sa place dans un champ de blé, ou une prairie toute verte.

… Euh ? C'est quoi ces réflexions pourries ? Bref. Vais-je les saluer ou non ? … Bien contre moi, je suis attiré vers Miss Crivey mais le fait de penser que je suis peut-être amoureux d'elle joue beaucoup dans mon esprit. Je préférais ne pas avoir affaire à elle pendant toute une journée le temps de mettre tout ça au clair. Mais est-ce qu'une journée suffira ? Honnêtement, je pense que... non. Ah, par le caleçon de Merlin.

Et puis, qu'est ce qu'elles sont venues faire à Hyde Park ? Précisément, le parc dans lequel je me « réfugie » quand j'ai besoin de réfléchir. Et Blondie le sait parfaitement... Sauf qu'elle a pas pu prévoir que j'avais besoin de réfléchir, et Hyde Park n'est pas si loin que ça de mon appartement côté sorcier. Et Vanessa ne doit pas non plus habiter très loin. Et, … ouais sûrement.

Non, je préfère les observer de loin, et si l'une d'entre elles me remarque, j'irais les saluer. Tiens, justement, l'observer de loin m'aidera à mieux analyser mes sentiments, parce que dès que je l'approche, c'est comme si toutes mes neurones se déconnectaient. Donc, à éviter... Je suis un génie, huhu.

… C'est vraiment marrant de la voir se mouvoir aussi librement, de sourire à tout va, de rire avec Vanessa, qui s'agite constamment -hyperactive, non?- d'agir avec Milan si naturellement qu'on pourrait s'y tromper et penser que c'est sa mère naturelle.

Et les sentiments s'entremêlent, se heurtent, se mélangent, s'embrouillent, se dissocient, et deviennent plus clairs. D'un coup.

En effet, ils avaient tous raison à propos de ça. Peut-être pas au bon moment, mais ça revient au même. Putain, je suis tombé amoureux. Vraiment. Mais vraiment, vraiment.

Dans quel putain de merdier j'me suis fourré ? … James Sirius Potter, t'es dans la merde.

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N'écoutant que d'une seule oreille le discours de l'agent de l'équipe à propos de ce contrat si « juteux » que Sorcière Hebdo nous propose pour le mois de janvier, pour « réchauffer le cœur et le corps de leurs lectrices », je me demande si ma blondasse est toujours en train de se balader avec Milan et Vanessa à Hyde Park, ou s'ils sont allés prendre une glace chez le glacier du Chemin de Traverse, ou encore sont partis prendre un verre à l'appart de Mary-Jane, parce que je vois très mal MJ inviter sa meilleure amie dans mon appart sans me demander la permission... Quoique je le lui permettrais mille fois.

Je lui permettrais aussi de squatter mon appartement comme Zoey le faisait, je la laisserais utiliser mon nom, ma célébrité, pour que son agence fonctionne mieux -même si elle a l'air de commencer à se faire une petite réputation- et je la laisserais même mettre du rose dans mon duplex. Vous pouvez pas imaginer combien c'est le summum du sacrifice pour moi... Hum. Je HAIS le rose. Là, ça vous donne une petite idée de mon état d'esprit envers elle ? … Merde hein.

-... Et vous poserez chacun dans un décor particulier, celui dans lequel nos lectrices rêveraient de vous voir, s'enthousiasmait la représentante de Sorcière Hebdo. Par exemple, vous, Monsieur Potter, elles rêveraient toutes de vous voir à moitié nu, étendu lascivement sur un lit, à la lumière tamisée de bougies parfumées, …

Et j'ai perdu le fil de son fantasme. Vu comment elle me dévore des yeux tout en parlant, elle parle sûrement de son rêve à elle, principalement. Je suis sûr que ce serait la première à accrocher cette photo au-dessus de son lit.

Comment je suis trop adulé... c'en est presque fatiguant. J'ai bien dit « presque », héhé.

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Me voilà devant la porte de mon propre appartement et j'hésite à rentrer.

Pathétique.

Ce matin, j'ai donné un double des clés à la blondasse pour qu'elle puisse ramener Milan sans attendre mon retour et, puis, toutes les affaires du blondinet sont à l'intérieur. Obligé qu'elle ait les clés, et c'était très gentil de sa part de le garder toute une journée alors qu'elle n'y était pas du tout contrite, et qu'elle n'a aucun rapport avec Milan, si ce n'est qu'elle est une de mes... amies.

Est-elle déjà là ? Sûrement. Il est plus de dix-huit heures et Milan est sûrement en train de faire une petite sieste... Que fait-elle en attendant ? Réfléchit-elle à notre relation, comme moi ? Pense-t-elle qu'elle est en train de tomber amoureuse de moi ? … Je l'espère tellement.

Putain, qu'est ce que je suis pathétique. Entre toutes les femmes que je côtoie, il a fallu que je m'amourache de la plus compliquée. Et de la plus chiante.

J'ai un petit sourire en pensant au caractère difficile de Mary-Jane Crivey, en réalisant que c'était comme ça que je m'étais attachée à elle en premier. Le jour se fait clair dans mon esprit : si ça n'a pas marché avec Zoey, s'il n'y avait pas la petite étincelle, c'était sûrement parce qu'elle était trop... gentille. Trop gentille, trop parfaite pour moi. Moi, il me faut une femme de caractère et ça, MJ n'en manque absolument pas. Bien au contraire.

Allez Jimbo, ouvre cette porte. T'es un homme, un vrai, un homme tout ce qu'il y a de viril.

Oui, oui.

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-Ah, super ! T'es enfin rentré Potter, j'vais pouvoir filer, j'ai un rencard, déballe Mary-Jane en sortant de la cuisine, détachant le tablier qu'elle avait mis autour de sa taille.

-Un rencard ? Je demande, les sourcils froncés, en posant mon manteau sur la chaise.

Comment ça, un rencard ? J'espère qu'il ne s'agit que de Vanessa, non mais.

-Oui, un type rencontré dans Hyde Park aujourd'hui. Beau comme un dieu, soupire-t-elle, telle une de ces nunuches débiles séduites par un simple physique.

… Puis de toute façon, le plus beau c'est moi. Et je suis beau comme le dieu des dieux, pourquoi elle va chercher ailleurs ? Non blondasse, ça va pas être possible. Tu restes encore avec moi ce soir.

-Et si je te dis que tu ne vas pas aller à ce rendez-vous ? Je lance, dégagé, en remontant les manches de mon tee-shirt qui m'arrivent maintenant aux coudes.

Blondie m'observe, suspicieuse, essayant de savoir si je blague ou non. En plus, elle s'est bien sapée dites donc. Un haut vert -décidément, c'est sa couleur préférée- à col rond et aux manches longues, un jean qui moule très très très agréablement son derrière et ses jambes fines, et de grandes bottes noires à talons.

-Je ne vois pas pourquoi tu dirais ça, esquive-t-elle. Milan dort dans ta chambre comme un bienheureux, je te le laisse. A un de ces jours, Potter.

Ma Vipère tente une sortie rapide, mais je fais de mon corps un obstacle. Elle fronce joliment des sourcils et me lance d'une voix acerbe et sèche, digne d'elle : « Potter, bouge. Ou je vais être en retard. »

-Tu n'iras pas, je réplique, sûr de moi.

Après tout, entre moi et un simple homme rencontré dans un parc, il n'y a pas photo. Je suis le meilleur, en tout point. N'est ce pas ?... N'est ce pas, Merlin ?

-C'est quoi ton problème Potter, encore ? Demande-t-elle d'une voix exaspérée, en passant une main dans sa frange.

Mon problème, c'est que tu vas voir un autre homme que moi, et ça, ça ne me plaît pas du tout parce que ce n'est pas qu'un simple ami. Tu ne veux pas limiter tes relations masculines à... celles avec ton frère par exemple ? Même si il est vrai qu'on ne peut pas considérer complètement que Peter Crivey est un homme.

… Mais si je lui dis ce genre de choses, elle va exploser de rire, et ça, ce serait un gros coup à l'égo et l'orgueil. Qu'est ce que je pourrais trouver comme excuse ?

Et soudain, des pleurs se font entendre de ma chambre. Merlin, … merci. Voilà l'excuse idéale pour qu'elle reste ! Je suis trop crevé pour m'occuper seul de Milan, et comme ce petit bout de chou si adorable l'adore, ça serait super sympa si elle restait encore ce soir.

-Milan pleure.

-Quel constat, Potter. Et si t'allais t'occuper de lui pendant que moi je prends la porte ? Suggère Mary-Jane avec un sourire moqueur.

Garce.

-Et si tu restais ce soir, que tu t'occupais de Milan et que je nous préparais un bon petit plat ? Je réplique avec un sourire charmeur.

Qui ne marche pas, à première vue. Pourquoi cette blondasse se doit d'être aussi insensible à mon charme ? … Enfin pas tout le temps, je le reconnais. Sinon elle ne m'aurait jamais embrassé au barbecue chez mes parents alors que j'étais en couple, par exemple.

… Tiens, j'avais presque oublié Zoey. La belle et pétulante Zoey, tout le contraire de MJ physiquement maintenant que j'y pense. Et moralement aussi. Douce, rafraîchissante mais trop prévisible, malheureusement. Et trop envahissante. Et trop sentimentale.

-Hors de question, Potter.

Qu'est ce qu'elle est têtue et bornée ! Bon, aux grands maux, les grands moyens.

Faisant deux pas vers elle, la prenant par la taille fermement pour qu'elle ne puisse pas se dérober, je me penche légèrement vers elle -avec ses talons, elle fait presque ma taille, tiens. C'est marrant.- et je l'embrasse, voulant lui communiquer toute mon envie qu'elle reste avec nous, avec moi, ce soir, et qu'elle ferait une très grosse erreur à partir à un rendez-vous avec un type sûrement encore plus débile que le capitaine Haddock.

-Potter, stop, murmure-t-elle, les lèvres gonflées.

A l'étage, Milan pleure toujours et cela semble la réveiller un peu. Elle soupire, ravale sans aucun doute tout son venin tout en passant une main agacée dans ses cheveux, et marmonne un « Ok » pas très convainquant avant de monter pour s'occuper du fils d'Ethan.

Commencerais-je à apprivoiser cette Vipère, Merlin ?

Et à cette simple possibilité, je ne peux empêcher un sourire béat de se dessiner sur mes lèvres. Foutus sentiments.

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Bon, je crois que c'est vraiment, vraiment, vraiment cramé. Que je vous explique : jamais, ô grand jamais, je n'avais eu autant envie qu'une femme porte mes enfants. Et oui, je parle bien de la chieuse désagréable et perpétuellement moqueuse. A croire qu'elle est mieux que tout le monde, et surtout mieux que moi. Impossible, entre nous. Mieux que moi, y'a pas.

Bref, cette sale Vipère est vraiment vraiment, vraiment, vraiment -vous comprenez pourquoi j'insiste, j'espère- adorable avec Milan. Je ne sais pas trop, mais elle dégage une telle aura... Ça y est, je commence à fantasmer sur nos futurs enfants... Parce qu'il est évident qu'elle acceptera de se marier avec moi et de fonder une famille dans la foulée. Honnêtement, j'espère que si on a une fille, elle héritera des cheveux de MJ, parce que j'avoue que les miens, que j'ai hérité de mon paternel, ne sont pas vraiment … pratiques pour se coiffer. Et si on a un garçon, qu'il ait mon talent pour le Quidditch, et qu'il ait la langue acérée de MJ, ça serait vraiment un fabuleux mélange. Quoique pour une fille aussi.

De toute façon, nos enfants seraient parfaits, en tout points.

… Reste plus qu'à faire en sorte que Mary-Jane Élisabeth Crivey réalise qu'elle est dingue de moi. Car oui, évidemment, elle l'est. Quelle question stupide.

Ok, j'ai un doute. Et alors ? Ça arrive même aux plus grands de ce monde.

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Après avoir déposé Milan sur mon lit, endormi une nouvelle fois, avec les protections nécessaires autour du lit pour éviter une chute si jamais il bougeait ou cherchait à nous rejoindre s'il se réveillait, je rejoins Mary-Jane dans la cuisine, assise sur un de mes tabourets de bar, songeuse, touillant aveuglement son verre de Martini féérique.

Je ne l'avais jamais vu dans cet état. Songeuse, oui complètement songeuse. Les yeux dans le vague, la bouche plissée de concentration, les rendant encore plus roses qu'elles ne l'étaient déjà, son visage posé au creux de sa main, les jambes pliées.

Elle avait l'air si fragile, si perdue, que j'aurais tout de suite pu faire le vœu de la protéger à jamais.

… Euh, Jimbo, reprends-toi un peu. On parle de Mary-Jane là, la Vipère, la blondasse, qui ne manque jamais une occasion de t'enfoncer... Oui, je sais tout ça, mais j'ai l'impression que cette femme, aussi chiante soit-elle, a plusieurs facettes et ne montre pas complètement qui est elle vraiment. A la fois fragile et forte. A la fois généreuse et individualiste. Je dois avouer que tout ça me déroute un peu elle n'est pas la même avec moi et les autres. Que penser de ça ? Depuis le début, elle m'a vu uniquement comme un beau pigeon pour faire avancer son affaire... Ce soir, elle est dans mon appart' après avoir fait la baby-sitter toute la journée pour le fils d'un de mes amis, tout ça sans rien attendre en retour, et alors que notre « contrat » est terminé depuis déjà plusieurs mois.

Oui, que penser de ça ? Se pourrait-il que je ne sois pas le seul perdu dans mes sentiments ? … Y'a intérêt, ouais !

:.:

-Je n'ai pas l'habitude de poser des lapins, Potter, déclare soudainement Mary-Jane.

… Attendez, elle fait la gueule depuis tout à l'heure en fixant son verre juste parce qu'elle a manqué son rencard inutile et qui aurait sûrement été nul à chier contrairement à une soirée avec moi.

Parce que oui, une soirée avec moi, c'est ce dont toutes les femmes rêvent. Je suis l'homme idéal, j'ai … bientôt, très bientôt, trente ans -mais quelle horreur...- , je suis donc considéré plus ou moins comme un homme mature, je suis riche, je suis beau, je suis intelligent, j'ai de la conversation, et en plus, je suis fils de.

Quand même.

-Il y a une première fois à tout, je réplique en souriant.

Cool, ça la fait rire doucement. Au moins, j'aurais eu droit à ça.

… Ses yeux brillent, c'est joli. Ça me donne envie de l'embrasser, … de la dévorer toute crue. Qu'elle m'appartienne, corps et âme, voilà mon souhait, Merlin. Qu'elle m'aime vraiment, qu'elle me désire pour autre chose que le physique et sa libido excessive, qu'elle me mordille le lobe d'oreille en me murmurant qu'elle est dingue de moi d'une voix rauque et sensuelle. Ah oui, ça, ça serait vraiment parfait, le paradis sur Terre.

Mais apparemment, le paradis n'existe pas, parce que là, elle recommence à touiller machinalement sa boisson. Affreusement chiant, je dois dire.

-Tu vas faire la gueule toute la soirée à cause de ça ? Je demande, agacé.

Elle me lance un regard assassin avant d'avaler d'une gorgée sa boisson. Les Martini féérique, ça donne toujours une impression de voler pendant quelque secondes avant de descendre brutalement sur Terre. C'est plutôt frustrant, mais personnellement j'adore cette sensation... et elle aussi, si elle a choisi cette boisson.

… Faut pas que j'oublie que Milan est à l'étage de l'appart' et que l'un de nous doit rester totalement sobre. Parce que je me connais : si je la suis pour un verre, on risque de déraper... Je risque de déraper. Ça fait assez longtemps que je n'ai pas eu une petite soirée alcoolisée, tiens.

En même temps, je bosse tous les jours et je suis en train de préparer ma reconversion. Pas le temps pour le social et les soirées.

Et oui, plus que quelques mois, encore un Championnat mondial, et James Sirius Potter baissera son rideau comme joueur de Quidditch... mais je me vois bien dans un poste de responsable après, dans mon club, tiens, ou encore au Ministère... Ah non, ils sont trop rabat-joie, eux. Pourquoi pas dans le journalisme, dans Quidditch Magazine ? Une reconversion comme ma mère, ça pourrait être intéressant, et j'ai sans aucun doute hérité de son don pour la plume. Vraiment, quoiqu'on en dise, être fils de, c'est vraiment pratique. Mais il faut néanmoins avoir le don. Pour moi, ça n'a jamais marché au piston, j'étais doué, rien de plus. Mon nom était une option, un avantage non négligeable, tout simplement.

-Potter, à quoi tu penses ?

Ah, j'étais ailleurs et MJ l'a remarqué. Preuve qu'elle fait attention à moi... Ouais, ok, je suis le seul être humain -réveillé- dans un rayon de 5 mètres, donc forcément.

-A ce que je ferais après ma retraite, je réponds honnêtement en grimaçant au mot « retraite ».

Oh mon dieu, que ce mot est laid à mon âge. Les grands yeux de biche de Mary-Jane s'entrouvrent de surprise. C'est une information de première main, c'est vrai, très peu de personnes sont au courant.

-Mais Potter... ? Tu vas avoir trente ans cette année, pourquoi te priver de cinq ans encore de jeu ?

C'est vrai que je pourrais la prendre à trente-cinq ans mais à vrai dire, cette vie assez mouvementée me fatigue un peu maintenant. Ça va faire bientôt treize ans que je consacre ma vie au Quidditch et à ses obligations sociales. Je dois bouger environ six mois par an dans toute l'Europe et parfois même, à l'étranger comme au Japon ou en Amérique du Sud. J'ai des horaires de malade entre les entraînements, les interviews, les publicités, etc. Et ça, depuis treize ans. C'est trop. Et même si Sarah me suivait partout où j'allais, je sais aujourd'hui qu'elle le faisait par intérêt. Quelle femme accepterait cette existence ? Sans penser au fric qu'elle allait pouvoir récolter, juste parce qu'elle m'aimerait...

-J'ai besoin de changer un peu de vie, quoi de mieux que le faire à trente ans ? Cette chance n'est pas donnée à tout le monde.

Elle hoche la tête en signe d'acquiescement, puis me sourit... tendrement.

-Potter, un petit film ça te dit ? J'ai vu que t'avais du matériel moldu dans ton appart'.

-C'est là que tu te trompes MJ. C'est le dernier modèle sorcier de télévision numérico-magique, j'assène, fier comme un paon.

Cadeau de la plus grosse société dans ce domaine. J'suis bon ou j'suis bon ? (*)

-Dis à ta tête de désenfler, Potter, me charrie Mary-Jane tout en se dirigeant vers le canapé.

Son bassin ondule si sensuellement devant moi, alors que je la suis dans mon spacieux salon, que je me demande si elle ne le fait pas exprès... Cette Vipère si envoûtante aux lèvres de feu, acidulées.

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Confortablement calée contre moi, Mary-Jane. Étrange, je m'y attendais pas, mais ça ne me gêne pas du tout, bien au contraire. Ah oui, bien au contraire.

Le film commence, elle se lève rapidement, me colle un baiser léger comme un papillon sur les lèvres, mais qui me donne envie d'elle tout de suite... Bien entendu, je n'ose pas. Elle s'est si bien recalée contre mon corps, … Ah oui, je le répète, nos deux corps s'emboîtent parfaitement.

… Ses cheveux blonds attachés en une queue haute, comme d'habitude hein, me chatouillent le bas du menton et je renifle à pleins poumons l'odeur de jasmin qui s'en dégage. Merlin, pourquoi elle ? … En fait, non, au plus profond de moi, je sais pourquoi.

La Vipère est celle qu'il me faut, mon opposé sans non plus être mon exact contraire, celle qui d'une certaine manière m'avait soutenu dans les moments où j'avais besoin de quelqu'un, celle avec qui je peux débattre de tout et de rien pendant des heures, celle avec qui je pourrais rester des années entières au lit, celle que ma famille, inconsciemment, a accepté, celle qui m'aide à garder les gosses de mes amis, celle qui m'avait donnée une légère leçon d'humilité qui m'avait suffisamment marquée, celle qui devait m'aider à trouver la femme de ma vie, sans penser une seconde que ça pourrait être elle, cette femme.

Marrant... Enfin pas trop, mais bon. Oui. C'est marrant comme finalité : je suis tombé amoureux de la femme qui devait s'occuper de me caser.

Ouais, hilarant.

:.:

… Et mer-de, on s'est endormi devant le film. Mes jambes et mon dos sont tout engourdis, et ma nuque me fait un mal de chien. Affreux. Heureusement que je n'ai mon entraînement qu'en fin de journée, au moins, je pourrais faire un détour par le massokinémage. Merlin, merci.

Oh. Mary-Jane dort encore, elle est choupinette comme ça. Oui, c'est possible : Mary-Jane Crivey, l'insupportable Miss Crivey, choupinette.

Putain, oui, j'ai pensé ça.

Un coup d'oeil rapide à l'horloge dans mon salon, qui m'apprend qu'il est cinq heures du matin, et je soupire d'agacement. Cinq heures du mat, les muscles tout ankylosés, la tête lourde..., quel bel état.

Elle sursaute dans son sommeil, et son visage se crispe soudainement. Un gémissement plaintif s'échappe de la gorge de Mary-Jane et ça m'fout des frissons : de quoi peut-elle rêver pour avoir cette réaction ?

-Ne m'abandonne pas, murmure-t-elle, encore plongée dans le sommeil. Ne me... laisse... pas.

C'était à peine un murmure, un souffle... et je l'ai entendu.

A qui parle-t-elle ? Qui pourrait l'abandonner ? … Pas moi, bien sûr. Je crois que j'en serais incapable. Qu'est ce que ça peut rendre con les sentiments. J'vous jure. Ah oui, putain, qu'est ce que je suis con. Rien qu'à me regarder là, vous trouvez pas ? La femme que j'aime -oh Merlin, je réalise toujours pas entièrement- est dans mes bras, endormie, et ne se doute absolument pas de ce que je ressens pour elle, croyant que c'est uniquement du physique.

Si ce n'était que du physique entre nous, honnêtement, je ne l'aurais jamais laissé approcher Milan, de un, et de deux, je ne lui aurais jamais proposé à chaque fois de dormir avec moi. Non, franchement. Dès qu'on aurait fini de coucher ensemble, je n'aurais eu qu'une hâte : qu'elle se rhabille et qu'elle s'en aille, et non l'envie dévorante qu'elle s'étire comme un chat repu après l'amour -comme elle le fait si bien- et qu'elle s'endorme, blottie contre moi, mes bras autour de sa taille, mon nez dans ses cheveux.

Ah non, ça jamais...

:.:

-Allez Potter, feignasse, réveille-toi.

Keskispasse ? … Ah. La sale vipère.

-Je m'appelle James, je grogne, la voix endormie. Mon prénom, c'est James.

Oui, que voulez-vous ? Je meurs d'envie qu'elle m'appelle par mon prénom, parce qu'entendre toujours s'appeler Potter, c'est comme si j'étais indissociable des autres Potter, vous voyez ce que je veux dire ? Encore que dans le milieu professionnel, je m'en contre-fous, mais par... MJ, non. J'ai envie d'être unique à ses yeux.

… Ah putain, mais reprends-toi James. Reprends-toi, bordel !

Et mes yeux croisent les siens, noisette, affectueux, et prenant un risque énorme, j'attrape son visage au-dessus du mien, colle mes lèvres légèrement contre les siennes, les dévore sensuellement et la relâche. Elle a le regard dans le vague et un petit sourire amusé.

Là. Oui, là, j'ai eu la certitude diffuse que c'était le « bon » moment. Oui j'ai cru un instant que c'était là je me devais d'être fixé. Dans un souffle, les yeux plongés dans les siens, je l'ai dit. Oui par les truffes de Merlin, je l'ai dit.

-Mary-Jane... je t'aime.


FIN DU CHAPITRE NEUVIÈME. Oui... désoléééé du retard hum. Depuis décembre, je n'ai pas udapté, … je n'ai jamais pris autant de retard sur cette fiction, mais bon, faut me comprendre, j'avais pas mal de choses à faire, et beaucoup de choses positives, et négatives également, se sont succédées depuis janvier. Donc très peu de temps pour écrire, et très peu d'inspiration aussi. D'ailleurs, ce chapitre ne me plaît pas particulièrement, sauf les moments où justement James n'est pas avec Mary-Jane, j'ai du mal à cerner leurs moments encore. Ou alors j'ai oublié comment je les voyais, mais ça va me revenir, j'ai une bonne source d'inspiration ! (Nikita Lann, ahaha, aucun commentaire là-dessus :p) Là ce chapitre n'est pas relu, je vous le poste à chaud, donc il peut éventuellement avoir des fautes.

Donc voilà, j'espère que vous avez aimé ce chapitre qui finit sur une note plutôt surprenante, je pense, même si au fond on s'y attend un peu. Mais bon, la suite sera aussi assez surprenante, ne vous attendez pas à ce qu'ils se marient de suite & aient beaucoup d'enfants. Non non, ne vous faites pas d'idées juste parce que James s'est déclaré. N'oubliez pas à QUI il s'est déclaré ;).

Des reviews même si je suis impardonnable niveau retard ? …:3

De gros bisous. Et merci à ceux qui me suivent toujours autant, qui suivent tous mes écrits -ou presque-, qui me mettent en alerts, ou encore mieux, en favorites, vous êtes géniaux. MERCI !