Coucou ! Je vous poste comme promis ce chapitre aujourd'hui. Je vous remercie comme tjs vous avez été super sur le dernier chapitre et je suis contente que vous l'aimiez. La suite sera postée lundi 12 juillet comme convenu et ça sera un pov d'edward.
Je vous souhaites à toutes un bon visonnage d'eclipse, perso, j'en peux plus d'attendre lol.
Merci à :
dlia cullen, Zoey, marion, veran, Melie1408, béatrice, onja, leo, Marion, lamue, mariana2216, Anne, popo, petitefilledusud,
CHAPITRE 9
POV BELLA
Ma nuit avait été courte et plutôt mauvaise. Je n'avais pratiquement pas réussi à fermer l'œil, rejouant sans cesse la soirée d'hier soir, et principalement la danse avec Edward et la conversation que j'avais surprise ensuite.
Je me sentais si mal par rapport à cela, imaginer Edward épousant cette fille me donnait la nausée. Il était tellement différent d'elle, et tellement semblable en même temps. Son père avait eu l'air si déterminé que j'avais un peu peur du genre de pression qu'il pourrait mettre sur lui pour le forcer à accepter. Je ne pourrais rien faire contre ça et cela me rendait malade.
Je me levai afin de passer mon visage à l'eau froide et grimaçai au reflet que me renvoya le miroir. J'avais les traits tirés et des cernes noirs sous les yeux. Je soupirai en ramenant mes cheveux en chignon et passai l'une de mes robes de travail.
Je me rendis en cuisine où Renée m'accueillit d'un grand sourire.
-Bonjour Bella !
-Bonjour Renée, ça a été le réveil ?
-Oui, pas assez dormi mais on se rattrapera ce soir. Tu as une petite mine ma jolie.
-Manque de sommeil, on va pouvoir souffler un peu maintenant que la fête est passée.
-Oui. Il reste des choses à ranger dans les salons et la salle de bal, mais cela devrait être rapidement terminé. Tu peux y aller, c'est ta priorité de ce matin. Nos Maîtres vont se lever plus tard. Déjeune d'abord avec moi.
-Je n'ai pas très faim.
-Il faut manger ma belle ! Viens t'asseoir et pas de discussion !
Il n'était pas vraiment question de parlementer avec Renée, elle obtenait toujours ce qu'elle voulait au final. Je pris donc un thé et une part de brioche et elle parut satisfaite car elle ne fit aucune remarque. Jasper et Alice nous rejoignirent un peu plus tard et je remarquai les petits sourires timides qu'ils s'adressaient tous les deux. Ils étaient mignons et même si mon cœur à moi saignait, j'étais heureuse que mes amis puissent partager leur amour en toute quiétude.
J'aidai Renée à débarrasser la table et partis accomplir mes corvées avec l'aide d'Alice.
-Ca va Bella ? Tu as l'air fatiguée.
-Oui, comme tu le dis, ce n'est que de la fatigue. Et toi ? Tu rayonnes de bonheur !
Elle se mit à rougir furieusement.
-Oh Bella si tu savais !
-Raconte moi donc !
-Il m'a embrassé !
Elle me conta tout dans les moindres détails et j'étais très contente pour elle bien qu'un petit pincement se faisait dans mon cœur. J'aurai tant voulu qu'Edward et moi soyons du même monde, tout aurait été différent alors, tout aurait été possible pour nous aussi.
Nous passâmes la matinée à travailler ensemble et Alice et sa joie de vivre me remontèrent doucement le moral. Cette fille était une bouffée d'oxygène, et j'étais heureuse qu'elle soit mon amie.
Il était midi passé lorsque nous nous laissâmes tomber épuisées à la table de la cuisine et je m'étirai un peu gémissant à cause de mes muscles endoloris.
-Heureusement qu'on ne donne pas un bal toute les semaines ! On ne pourrait jamais s'en remettre.
Alice rit et je me levai afin de mettre de l'eau à chauffer pour le thé.
-Je serais assez pour, si je peux danser à chaque fois avec Jasper !
Je lui fis un petit sourire.
-J'en suis persuadée.
-Tu ne m'as pas raconté ce qu'il s'est passé avec notre jeune Maître hier soir.
J'allais répondre lorsque l'une des sonnettes se mit à retentir et ma respiration se bloqua dans ma gorge, c'était la bibliothèque d'Edward.
Je me tournai vers Alice et lui fis une mine suppliante.
-Peux-tu y aller ?
Elle fronça les sourcils.
-Pourquoi ?
-Je ne souhaite pas le voir pour le moment.
Elle me lança un regard interrogateur.
-Pourquoi ?
-Juste, s'il te plait ?
Elle grogna un peu.
-D'accord mais tu as intérêt à tout me dire dès que je reviens ma chère.
Je soupirai mais acquiesçai, je ferai n'importe quoi pour ne pas avoir à y aller.
-Très bien.
Elle quitta la pièce en grommelant des paroles incompréhensibles et je m'affalai sur l'une des chaises autour de la table, prenant ma tête entre mes mains. Je désirais tellement le voir que j'en avais mal au ventre, mais je devais tenir bon, je devais être forte, ne pas céder, car dès que je l'aurais en face de moi, les choses seraient encore bien plus dures.
Alice réapparut quelques minutes plus tard seulement et me jeta un regard encore plus intrigué.
-Il a eu l'air surpris de me voir.
-Que voulait-il ?
-Juste du thé, il préfère prendre le petit déjeuner dans sa chambre. Il m'a dit qu'il était un peu patraque.
-Patraque vraiment ? Comment ça ? Est-ce qu'il avait l'air malade ou autre chose ?
J'étais un peu inquiète à présent, et je mourais d'envie d'aller vérifier par moi-même.
-Calme toi, il a sûrement juste mal dormi, il a la mine chiffonnée, rien de plus.
-Oh ! Très bien. Je fais le thé.
Elle s'accouda à la table de la cuisine en me regardant faire. Son regard sur moi me mis mal à l'aise et j'explosai.
-Bon sang Alice ! Cesse donc de faire cela !
-Pas tant que je ne saurais pas ce qu'il se passe. Il a eu l'air déçu que ce soit moi qui réponde à son appel, je serais limite vexée si je ne savais pas qu'il en pince pour toi.
Je grognai et m'affairai à ma tâche.
-Il s'est passé quelque chose hier soir ?
Je stoppai ce que j'étais en train de faire et fermai un instant les yeux avant de me retourner vers elle. Je jetai un regard autour de moi pour m'assurer que personne ne pouvait nous entendre et me résignai.
-On a dansé.
-Et c'est pour ça que tu ne veux pas le voir ? Il t'a marché sur les pieds ? Il a été impoli avec toi ?
-Bien sûr que non enfin !
-Alors quoi ?
-Il a été.…gentil et doux comme il l'est en temps normal.
-Je ne comprends pas Bella, explique toi alors ?
-Il a essayé de m'embrasser, je me suis sauvée comme la lâche que je suis.
Elle resta un instant bouche bée à me regarder comme une idiote et je repris ma préparation du thé lui tournant le dos.
-Tu veux dire que tu l'as repoussé ?
-Non ! Enfin…il s'est penché sur moi et je me suis écartée, je lui ai souhaité bonne nuit et je suis partie.
-Pourquoi bon sang !
Je lui fis face limite un peu furieuse.
-Pourquoi ! Tu sais pourquoi Alice ! Je ne peux pas le laisser faire cela, il mérite bien mieux que moi !
-Mon dieu Bella tu t'entends ?
-Et ce n'est pas tout. J'ai surpris une conversation entre notre Maître et Miss Denali en revenant du jardin, ils ont convenu d'une union.
-Une union ? Tu veux dire un mariage ?
-Parfaitement oui.
-Bella, ils ne pourront pas le forcer contre son gré et ça m'étonnerait beaucoup qu'il accepte cela sans rechigner.
-Je ne sais pas Alice, mais cela me conforte dans mon opinion, ce garçon n'est pas pour moi, je ne deviendrai jamais riche par miracle, le sujet est donc clos.
-Si tu crois que je vais te laisser gâcher ton avenir tu te…
-Alice, s'il te plait.
Elle soupira d'un air résigné.
-Très bien, pour l'instant du moins.
Elle déposa le thé sur un plateau et son regard s'appuya un instant sur moi avant qu'elle ne disparaisse, apportant à ma place le petit déjeuner de mon ange.
Le reste de la journée avait été très dur à supporter pour moi. Il n'avait cessé d'appeler et il me fallait à chaque fois supplier Alice d'y aller à ma place et m'empêcher à tout prix de courir le voir, enfin. Alice avait cédé à chaque fois en grommelant mais elle finissait toujours par le faire, Renée était occupée et je ne pouvais pas le lui demander de toutes façons. Mon amie partit pour la sixième fois au moins en quatre heures et je pus l'entendre se plaindre dans sa barbe que la situation était « vraiment ridicule ».
Je savais que j'étais idiote et qu'il faudrait bien que je l'affronte à un moment donné, mais je voulais repousser l'échéance le plus tard possible afin de me construire une carapace solide, qui résisterait à tout et surtout à Edward Cullen.
Je savais aussi qu'il appelait juste pour que je vienne le voir, il ne faisait jamais cela en temps normal, il était le garçon le moins exigeant de la terre. Il demandait à Alice des choses vraiment bizarres et je me doutais qu'il devait être à court d'idées pour avoir sonné si souvent. Il avait voulu du thé, puis des biscuits, puis du thé encore car l'autre était froid, et ainsi de suite jusqu'à il y a une minute.
Je pus voir Alice revenir légèrement songeuse et je grimaçai.
-Que voulait-il cette fois ?
-Il a changé d'avis, donc rien finalement.
-Je suis désolée Alice, c'est de ma faute tout cela.
-Il veut juste te voir Bella, vous vivez dans la même maison, tu ne pourras pas l'éviter indéfiniment, et puis tu as son cours de dessin demain.
-Je le sais.
-Je dois faire la lessive, je te laisse te charger du reste.
Je me levai d'un bon.
-Je vais faire la lessive à ta place !
-Oh non sûrement pas ma belle ! Assume tes actes Bella !
Elle partit avant que je ne puisse ajouter quelque chose et je poussai un gémissement. Je devais prier pour qu'il se soit lassé et qu'il arrête d'appeler mais j'avais un doute, laisser tomber n'avait pas l'air d'être son genre.
Un petite demi heure s'était écoulée seulement lorsqu'il sonna à nouveau. Je savais que je ne pouvais plus me défiler cette fois. Renée était partie servir le thé à notre Maîtresse et je ne pouvais le faire attendre, après tout, il était toujours l'un des maîtres de cette maison.
Je me dirigeai donc en soupirant vers sa bibliothèque et inspirai à fond avant de frapper deux petits coups à la porte. J 'essayai de me donner une bonne dose de courage, il me fallait au moins ça pour l'affronter. Il m'ordonna d'entrer et je poussai la porte d'un air déterminé, je ne flancherai pas.
Pov Edward
La journée avait été une vraie torture. Je m'étais réveillé tard ayant du mal à m'endormir et je fus effrayé de constater qu'il était midi passé lorsque j'avais enfin ouvert les yeux. Je m'étais empressé de me lever et de faire un brin de toilette avant de m'habiller et d'appeler Bella. Je voulais lui parler et je ne voulais plus attendre d'avantage, je voulais la voir maintenant, j'en avais besoin.
Je fus plutôt dépité lorsque ce fut Alice qui répondit à mon appel et cela me noua l'estomac. Si elle vit mon air déçu elle ne fit aucun commentaire, insistant seulement sur le fait que je devrais manger quelque chose sans obtenir de réaction de ma part et revint quelques minutes plus tard avec le thé que je lui avais demandé. Elle me le servit et se retira aussi tôt. Je le bu machinalement tout en réfléchissant. Bella s'occupait toujours de moi, qu'est-ce qui avait changé depuis hier si ce n'est la danse entre nous ? Cela me conforta dans l'idée qu'elle avait été déstabilisée par mon geste hier soir et je devais à tout prix m'excuser de mon comportement.
J'appelai plusieurs fois dans la journée et elle ne répondit à aucun de mes appels et ne m'apporta pas non plus mon repas. J'en étais frustré et tellement angoissé que je faillis à plusieurs reprises descendre en cuisine pour obtenir une explication mais me ravisai. Quel prétexte pourrais-je bien invoquer pour lui ordonner de me suivre et de me parler si elle n'était pas seule ? Je ne pouvais décemment pas faire cela.
J'avais sonné, encore, toujours avec espoir et je ne fus pas plus surpris que cela lorsque je vis Alice apparaître un petit sourire désolé au bord des lèvres.
-Vous avez appelez ?
Je ne savais même plus pour quel prétexte j'avais sonné à présent et je me sentis un peu stupide de faire déplacer Alice pour rien.
-Heu…Oui. Je voudrais…des biscuits ?
Je grimaçai en me traitant mentalement d'idiot et je pus voir qu'Alice souriait.
-Bien sûr, je vous apporte cela dans un instant.
Elle allait partir mais je n'en pouvais plus, je devais savoir.
-Ne le prenez pas mal surtout mais pourquoi ce n'est pas Bella qui répond à mes appels ?
Elle baissa la tête et je pus voir qu'elle réfléchissait.
-Elle est un peu occupée en cuisine.
-Elle ne veut pas me voir.
J'avais été amère et Alice releva la tête pour me regarder.
-Je ne pense pas que cela soit exact Maître Cullen.
Je soupirai et fermai un instant les yeux.
-Laissez tomber les biscuits, je n'ai plus très faim.
-Comme il vous plaira. Peut-être pourriez vous en redemander dans une petite demi-heure ? Je vais aller faire la lessive et je ne pourrai pas répondre à votre appel, quelqu'un d'autre que moi devra donc s'en charger.
Elle me tendait une perche inestimable et l'espoir me regagna à cet instant. Elle me fit un sourire et je lui retournai un regard bourré de gratitude.
-Merci beaucoup. Je ne vous embêterai plus ce soir Alice.
-Vous ne me dérangez pas. Je vous laisse.
Elle me fit un petit signe de tête et s'éclipsa.
Je tachai de m'occuper pendant un petit laps de temps mais j'en fus incapable, l'œil rivé en permanence sur la pendule. Je tournai en rond comme un animal en cage et je me ruai presque sur la sonnette lorsque la demi-heure la plus longue de mon existence fut enfin atteinte. J'attendis quelques minutes et je me figeai lorsque l'on frappa deux petits coups à ma porte. Je savais que c'était elle, il n'y avait qu'elle qui frappait ainsi. Je passai nerveusement ma main dans mes cheveux et lui demandai d'entrer.
Je perdis un instant mes moyens lorsqu'elle entra dans la pièce. Elle avait à nouveau revêtu sa robe marron avec la chemise blanche en dessous* et j'aimais beaucoup cette robe, bien qu'elle n'ait rien de comparable avec celle qu'elle portait hier soir. Ses cheveux s'échappaient par endroit de son chignon, et elle était aussi belle, sinon plus qu'hier soir.
-Vous avez sonné ?
Elle regardait un point imaginaire à coté de moi et sa voix était neutre, ni froide, ni enjouée ou timide comme j'en avais l'habitude et cela me déconcerta un peu. Je sentis la pression de cette journée affluer à mes tempes et je lançai une phrase sans m'en rendre compte.
-Pourquoi ne pas avoir répondu à mes appels ?
J'attaquais dur mais j'étais un peu en colère et j'essayais de faire redescendre la pression accumulée pendant toutes ces heures, je ne voulais pas qu'elle se braque d'avantage.
-Je suis navrée, j'ai été pas mal…
-Occupée ? N'est-ce pas votre travail de vous occuper de moi ?
Elle me dévisagea un instant surprise puis je pus voir son expression se durcir et je passai nerveusement une main dans mes cheveux.
-Pardonnez-moi, ce n'est pas ce que je voulais dire.
-Je suis désolée Maître Cullen mais j'avais du travail en plus avec la réception d'hier.
Sa voix avait claqué sèchement et cela me fit frissonner. Je tentais de m'excuser à nouveau.
-Je le sais. Je m'excuse, je suis un peu sur les nerfs aujourd'hui.
Elle releva un instant les yeux sur moi et je fus surpris par la froideur de son regard d'ordinaire si tendre, si elle était impassible il y a quelques minutes, elle était clairement fâchée maintenant
-Vous vouliez quelque chose ?
-Oui. Vous parler.
-Je n'ai pas vraiment de temps pour cela aujourd'hui Maître Cullen vous..
-Maître Cullen ? Et ou est donc passé Maître Edward ?
Je pus voir qu'elle était déstabilisée par ma remarque mais elle se reprit très vite cependant, alors que j'étais un peu blessé qu'elle me traite comme au début de sa venue ici.
-Je suis votre servante, je vous dois donc un minimum de respect, j'ai été un peu trop familière avec vous ces derniers temps, il était temps que je reprenne ma véritable place.
-Familière ? Je n'ai jamais été choqué, et je préfère de loin que vous soyez « familière » plutôt que froide comme vous l'êtes en cet instant.
Elle ne répondit pas et je baissai un instant les yeux agacé, mais blessé surtout.
-Est-ce ma faute ? A cause d'hier soir ?
-Non.
-Tout se passait bien jusqu'à hier Bella, je suppose donc que cela à un rapport avec mon attitude envers vous et je m'en excuse. Je suis désolé si j'ai eu un comportement désobligeant envers vous, si je vous ai offensé…
-Cela n'a rien a voir avec votre comportement envers moi.
-Vraiment ? Alors qu'est-ce dans ce cas ?
-C'est ma faute, je vous ai encouragé dans cette voix ce n'était pas correct de ma part. Je suis revenue dans le droit chemin et sachez que je ne quitterai plus ma place à présent.
Je secouai la tête je ne comprenais plus rien, et j'étais de plus en plus perdu et désemparé.
-Je ne comprends pas.
-Il n'y a rien à comprendre, nos rapports doivent rester strictement professionnels et c'est-ce qu'ils seront à partir d'aujourd'hui.
Elle recula d'un pas mais je l'attrapai par le bras afin de la retenir.
-Si c'est à cause des convenances, je me fiche de…
-Cela n'a rien à voir ! Je veux juste que vous me laissiez tranquille !
Je pus voir qu'elle avait les larmes au bord des yeux et je me détestai de lui infliger cela, mais je la détestai également de nous infliger cela.
-Ne faites pas ça, s'il vous plait.
J'avais murmuré et je pus sentir ma voix s'étrangler sous le coup de l'émotion. Elle baissa un peu la tête et je relâchai un peu la pression sur son bras.
-Je vous en prie, laissez moi.
Ses mots me donnèrent le coup de grâce et je laissai retomber ma main, la relâchant de mon emprise. Je ne pouvais plus lutter, elle ne voulait pas de moi, et je ne pouvais l'y contraindre.
Elle s'éclipsa comme la veille, rapidement, emportant mon cœur brisé avec elle.
Pov Bella
J'avais craqué. Je m'étais promis d'être forte mais je n'avais pu retenir mes larmes, surtout devant son air blessé et les trémolos dans sa voix. Si je n'étais pas partie je me serais certainement jeté à son cou en lui demandant pardon de lui faire de la peine et je serai revenue à la case départ. Le plus dur était fait, du moins je l'espérais car je ne pourrais pas tenir s'il me rejouait plusieurs fois ce genre de scène, je ne supporterais pas la tristesse dans son regard. J'espérais qu'il allait se faire une raison ou bien me détester au choix même si cela m'horrifiait, je préférais cette solution.
Je séchai me larmes avec mon tablier et me dirigeai vers le jardin. J'avais besoin de calme ne serait-ce qu'un instant, je voulais être seule. J'avais la larme facile ces derniers jours et cela devait cesser ou je finirais par attirer l'attention sur moi, ce que je voulais éviter à tout prix. Il y avait bien assez d'Alice qui était au courant de cette histoire, personne d'autre qu'elle ne devrait l'apprendre, il me fallait être prudente et me montrer discrète dans ma tristesse.
Je m'installai sur un banc non loin de la maison et fermai un instant les yeux. Le soleil était encore présent en ce mois d'octobre et nous avions encore de belles journées et la chaleur frappant mon visage me détendit un peu, j'avais toujours aimé le chaud.
Je fixai mon regard sur la maison et soupirai. Peut-être devrais-je partir ? Serait-ce la meilleure solution, pour lui comme pour moi ? Etre loin de lui serait une épreuve, mais ne serait-ce pas plus douloureux de vivre à ses côtés sans pouvoir être avec lui, lui parler, l'aimer ? Je ne savais plus ce que je voulais, j'aimais beaucoup trop cette maison et ses occupants et je mourrais sûrement de chagrin si je devais quitter tout cela. Tout irait bien si je pouvais ne serait-ce que le voir, il le faudrait bien.
Je me levai et vis Mike un peu plus loin devant un parterre de fleurs. Il m'adressa un signe de la main et je lui retournai avant de me diriger vers la maison. Je ne pourrais pas me montrer ne serait-ce qu'aimable avec lui aujourd'hui mieux valait donc l'éviter.
La soirée se déroula calmement sans plus aucun appel d'Edward et j'en fus quelque peut soulagée. Je terminai la vaisselle avec Renée puis partis directement me coucher. La journée de demain serait encore plus éprouvante car je devais lui donner un cours et je ne pouvais tout simplement pas refuser. Il faudrait que l'initiative d'arrêter vienne de lui et je ne savais pas ce qu'il voudrait faire.
Je me couchai avec l'estomac noué, anxieuse à l'idée de passer une heure seule avec lui.
C'était ridicule et je le savais mais je n'arrivai pas à frapper à cette fichue porte. J'étais là depuis quelques minutes maintenant et je devais bien entrer, il finirait par se demander pourquoi je ne venais pas alors que j'étais toujours si ponctuelle, et je ne voulais pas qu'il se décide à venir voir et me trouve tremblante d'appréhension derrière la porte.
Je fermai un instant les yeux, grognai et frappai. Il me demanda d'entrer immédiatement ce que je fis avant de refermer la porte derrière moi. Je lui fis une petite courbette avant de le saluer.
-Bonjour Maître Cullen.
-Bonjour.
Sa voix me parut rauque et je luttai de toutes mes forces pour ne pas lever les yeux sur lui. Je m'approchai du bureau où il était déjà installé et m'installai à ma place.
-Avez-vous un dessin à me montrer ?
Il ne m'adressa pas la parole et se contenta de poser une feuille devant moi que j'inspectai avec soin. Je pouvais sentir son regard sur moi et je dû me concentrer d'avantage sur son dessin.
-C'est mieux.
Je pris un crayon et entrepris de lui expliquer certains traits que j'améliorai et je pus le voir plutôt concentré sur mes mains. Il acquiesçait mais ne prit pas une seule fois la parole. Je lui montrai certains ouvrages de dessins que j'avais dénichés lors de mes achats et il ne quitta pas une seule fois les pages des yeux.
L'heure était presque terminée et je fus surprise lorsqu'il m'adressa la parole alors qu'il tentait de dessiner une pomme.
-Si cela vous gêne d'être en ma présence, je suppose que nous pouvons stopper les cours, je trouverai une autre occupation.
Il avait murmuré et je levai doucement les yeux vers lui pour me rendre compte qu'il fixait toujours sa feuille mais avait stoppé son geste.
-Cela ne me gêne pas. Il serait dommage d'arrêter, vous vous améliorez.
Il hocha la tête pour me signifier son accord et reprit son dessin en fronçant les sourcils.
Ce fut la seule phrase qu'il prononça pendant le cours.
Cela faisait deux semaines depuis que le bal avait eu lieu et les rares moments où j'avais vu Edward était les cours de dessins. Il ne sonnait plus pour demander quelque chose, et il prenait tout ses repas avec ses parents ce qui, étant donné qu'ils étaient servis par Alice, ne me permettait pas de le voir. Mon amie m'avait dit qu'il ne parlait presque pas pendant les repas et que sa mère avait l'air inquiète par son comportement. Il avait passé la première semaine enfermé dans sa «pièce » et je pouvais l'entendre jouer du piano lorsque je passai devant sa porte pour monter me coucher ou faire mes corvées. J'espérais un peu , je dois l'admettre, l'apercevoir lorsque je nettoyais sa chambre le matin mais il était déjà levé et enfermé dans sa bibliothèque.
Je m'en voulais beaucoup de lui faire de la peine et j'aurais fait n'importe quoi pour que nos rapports redeviennent ce qu'ils étaient avant le bal. Je savais que si nous en étions là c'était en partie ma faute. C'était moi qui l'avais repoussé, moi encore qui refusait de lui parler en dehors des cours et nous étions aujourd'hui dans une situation un peu compliquée.
Il avait essayé de me parler pendant les cours de dessins, me posant quelques questions, me disant gentiment bonjour, me souriant timidement et l'indifférence que j'essayais d'afficher fanait son sourire et rendait son regard un brin mélancolique.
Il avait cessé ses attentions au bout d'une petite semaine. J'en avais été un peu surprise sur le coup, il paraissait indifférent lorsque j'étais avec lui, comme si il n'était pas vraiment là, et il faisait machinalement ce que je lui demandais, sans poser de questions ou rechigner. Il avait tout bonnement l'air absent.
Je m'inquiétai un peu pour lui et j'avais même essayé de lancer une discussion sur le dernier livre qu'il m'avait prêté mais il avait juste acquiescé à mes propos il n'avait pas argumenté comme il le faisait par le passé.
Il avait fini par sortir de sa retraite il y a trois jours. Je le voyais aller aux écuries, sceller son cheval et partir au galop pour ne revenir que le soir avant le dîner. Je ne pouvais m'empêcher de me demander où il allait, s'il allait voir quelqu'un, ou s'il se promenait seul. J'avais guetté son retour chaque soir et j'eus un pincement au cœur car il revenait plus détendu, presque serein, et mes doutes sur le fait qu'il passait ses après midi avec quelqu'un se renforcèrent. Etait-ce une femme ? Peut-être Miss Denali ? J'en étais malade rien que d'y penser même si j'essayais de me sermonner, je n'avais aucun droit de lui en vouloir.
Je ne voulais pas qu'il voie quelqu'un d'autre, et je voulais également qu'il soit heureux. Ces deux émotions étaient vraiment contradictoires je le savais mais je ne pouvais m'empêcher de vouloir qu'il ne soit qu'à moi, même s'il ne l'avait jamais été, seulement dans mes rêves et mes espoirs les plus fous. Que ce serait-il passé si je l'avais laissé m'embrasser ? Cette question hantait mes jours et mes nuits, je ne le saurais jamais maintenant et cela me rongeait.
C'est en soupirant et pleine d'amertume que je m'installai comme chaque soir sur les marches de la porte de la cuisine. Je pouvais voir les écuries juste en face de moi et vu l'heure qu'il était, je savais qu'il ne tarderait pas à rentrer.
Je ne me rendis compte que j'étais là depuis un moment lorsque Renée vint me trouver.
-Bella ma belle, il est l'heure de faire le dîner.
Je la regardai un peu surprise.
-Quelle heure est-il ?
-Bientôt vingt heure pourquoi ?
Je me figeai et reportai mon attention sur l'écurie en face de moi. J'étais pourtant certaine de ne pas l'avoir quitté des yeux. Serait-il rentré sans que je ne m'en aperçoive ? Non impossible et je sentis mon sang se glacer dans mes veines.
Renée dû remarquer que quelque chose n'allait pas car elle me regarda d'un air inquiet.
-Qu'y a-t-il Bella ?
Je sentis ma lèvre trembler lorsque je lui répondis.
-Edward n'est pas rentré.
Ne me détestez pas lol
