Tissue of Silver

Rating : R/PG13

Disclaimer : Les personnages et l'univers appartiennent à JKR, l'histoire est de Fearlessdiva.

Bêta : Elwan59, qui a bien du travail avec mes importantes lacunes en ponctuation. Pensez très fort à lui !


Partie 9

Catherine Tayce arriva vêtue pour la marche à pied, dans un tailleur-pantalon en soie gris sombre et des chaussures à talons raisonnables. Mais Malfoy l'invita d'abord à s'asseoir pour parler un instant et lui offrit de prendre le petit déjeuner. Elle émietta un croissant tandis que Malfoy buvait son thé à petites gorgées et qu'Harry se demandait si boire une autre tasse de café le rendrait trop nerveux. Quand il manqua de tomber en se prenant le pied dans la table, il décida que ce serait probablement le cas.

"Très bien," commença Tayce, comme Malfoy lui versait une tasse de café, "en arrivant, j'ai fait un examen superficiel des barrières. Je soupçonne que le démantèlement des actuelles serait moins difficile que l'intégration de nouvelles barrières au reste de la magie du Manoir."

Draco inclina la tête. "Et si nous remplacions toute la magie du Manoir par ses équivalents en Magie Blanche en même temps ? Je planifiais de le faire un jour de toute façon. Serait-il plus facile d'intégrer les nouvelles barrières si nous changions tout d'un coup ?"

Elle sembla effrayée. "Bien, l'intégration pourrait être plus facile, mais Jésus, c'est beaucoup de travail. Cela prendrait des semaines. Au moins. Et la maison ne fonctionnerait pas pendant ce temps-là : aucune chaleur, aucune lumière, aucun charme pour la vaisselle et le plus important encore, aucune barrière. Vous devriez déménager pendant le travail et ensuite vous auriez une autre période de réadaptation pour permettre à la magie de s'installer intiment dans la maison. Cela pourrait prendre des années avant que tout ne fonctionne de manière optimale.

"C'est un cauchemar pour la sécurité," dit Harry. "À moins que tu ne sois déplacé dans les quartiers de Snape à Poudlard pour la durée de l'opération, je ne peux pas penser à un autre endroit qui serait assez sûr."

"Ça va." Malfoy absorba les dernières gouttes de son thé et s'en versa une autre tasse. "Je savais que cela pourrait être un problème mais j'ai voulu couvrir toutes les options. Quelles sont vos pensées sur l'intégration des nouveaux systèmes, alors, Catherine ?"

"Les barrières actuelles sont enracinées dans la magie de sang et, en me basant sur ce que vous m'avez dit, je suppose que la plupart de la magie du Manoir est dans le même cas. Nous parlons de la forme la plus sombre de la magie de sang, des charmes attachés par le sang d'un donateur involontaire, d'habitude quelqu'un qui est tué au cours de l'exécution du sortilège. C'est très, très stable une fois que c'est en place et cela fournit une quantité énorme de puissance. Puisque tant la magie de la maison que les barrières sont verrouillées au sang Malfoy et au Chef de la Lignée, je suppose que le sacrifice était probablement un membre de la famille. Affreux."

"Bienvenue dans mon monde." Il fronça les sourcils, ressemblant tout à coup de manière choquante à Snape, seulement en beaucoup plus beau. Cela étonnait toujours Harry de voir une part de Snape dans Malfoy, quoique plus il le connaissait, plus il le voyait fréquemment. De façon intéressante, il n'y avait presque jamais un signe rappelant Lucius, à part la couleur de ses yeux et de ses cheveux. "Le contrecoup traditionnel à la magie de sang est la magie sexuelle. Est-ce que c'est la direction à laquelle vous pensez pour la source de pouvoir des nouvelles barrières?".

Elle secoua la tête et avala une bouchée de croissant. "Non. Tout d'abord, je ne pense pas que cela produirait assez de pouvoir. Pas sans assurer une conception en même temps que le rituel et j'ai l'impression qu'avoir des enfants n'est pas dans vos plans."

"Non pas dans la conjoncture actuelle" fit-t-il d'une voix traînante.

"Sans cette conception, je ne pense pas que ce serait assez spécifique à la Lignée Malfoy. De toute façon, même si vous pouviez trouver la puissance nécessaire, je pense que la magie de la maison, qui est très spécifiquement Malfoy, n'acceptera pas les nouvelles barrières si elles sont trop génériques. Ainsi pas de magie sexuelle. De la magie d'amour."

Il gémit. "Ce qui est parfaitement logique si vous vous inquiétez du niveau de puissance brute à générer, mais je ne cache pas de petit ami dans un placard. Pour de la magie sexuelle simple, je pourrais probablement trouver quelqu'un que je pourrais convaincre de m'aider."

"Je m'en doutais, oui." Son sourcil arqué n'aurait pas été hors de propos sur le propre visage de Malfoy.

"Mais je ne peux pas exactement m'arranger pour tomber amoureux de quelqu'un et encore faudrait-il que cela soit réel pour que les sortilèges fonctionnent. Un philtre d'amour ne serait pas suffisant. "

"Il y a de la magie d'amour qui ne repose pas sur l'amour romantique, vous savez. Il y a l'amour paternel, l'amour filial, l'amour platonique. Je pense en réalité que cela pourrait être plus aisé, à cause des sortilèges spécifiquement familiaux si vous pouviez trouver un parent qui accepterait de vous aider."

"Peut-être cela a-t-il échappé à votre attention, Catherine, mais tous mes parents immédiats sont morts. Et vu comme j'ai détesté la plupart d'entre eux, ils ne seraient pas d'une grande aide même s'ils ne l'étaient pas."

Elle rougit et remua son café sans raison. "Je suis désolée. Je sais que cela doit être un sujet sensible pour vous. Mais ne pouvez-vous vraiment penser à quelqu'un?"

"Doit-il être vraiment un parent par le sang ? Un père de substitution marcherait-il ?"

"Y a-t-il un aspect officiel à la relation ? Par exemple est-ce qu'il vous a revendiqué en public comme son fils, ou vous a nommé son héritier officiel ?"

"Mon parrain. Je suis son héritier et il est le mien." Harry se demanda ce que diable Snape pourrait faire avec deux gigantesques domaines, ou ce que Malfoy pourrait en faire, mais il supposa qu'aucun des deux n'avait qui que ce soit d'autre à qui léguer ses biens.

"Et vous avez un lien fort avec cette personne ?" demanda Tayce.

"Oui." Et Malfoy ne sembla même pas être gêné de devoir l'admettre.

"C'est parfait. Cela ira. Tant qu'il est cent pour cent disposé."

"Je ne vois pas pourquoi il ne le serait pas."

"Très bien, je pense que c'est ce que je recommanderais sous couvert de certaines vérifications. Retisser les charmes de protection en utilisant votre relation avec votre parrain comme source de puissance, les ancrer dans les fondations de la maison, de la même façon que les barrières actuelles sont ancrées. La Clef est la lignée Malfoy ce qui fait que cela complètera la magie du Manoir et les charmes devraient s'intégrer et s'installer assez rapidement. Les sorts eux-mêmes ne seront pas faciles, mais étant donné votre expérience, vous devriez y arriver. "

"Bon, excellent. Je vais mettre des chaussures et nous pourrons jeter un coup d'œil aux barrières."

"Avec la cape d'invisibilité," lui rappela Harry.

Malfoy fit rouler ses yeux. "Oui, Potter. Je sais. Ma mémoire à court terme reste remarquablement intacte." Et sur cela il disparut à l'étage, laissant Tayce et Harry seul.

"Il n'est pas tel que je l'imaginais," dit Catherine après un moment.

Harry se versa un verre de jus d'orange, plus pour se donner quelque chose à faire de ses mains que pour une quelconque soif. "À quoi vous attendiez-vous ?"

"J'ai pensé qu'il serait plus comme son père. Froid, avec une nature cruelle. Mais il est tout à fait charmant de temps en temps. Il présente un visage froid quand il n'est pas à l'aise avec quelqu'un, mais vous pouvez dire qu'il y a de la passion au-dessous. De la chaleur. Qu'il se soucie des gens. Vous ne trouvez pas ? "

La gorgée de jus descendit dans le mauvais conduit et il s'étrangla. "Je ne sais rien de la passion de Malfoy."

Elle sourit. "Je veux juste dire qu'il n'est pas aussi insensible qu'il feint de l'être."

"Et bien, il peut être une sacré épine dans le pied, mais Draco Malfoy n'est en rien comme son père."

"Hmm". Elle semblait pensive et revint à son café. "J'ai lu le journal sur les Arts Sombres de Lucius, vous savez. Pour mes recherches."

"Je n'avais pas réalisé qu'il avait été rendu public."

"Il ne l'a pas été. Draco l'a donné à la Bibliothèque des Aurors et j'ai obtenu la permission spéciale de le consulter. Il est surtout théorique; Lucius ne pouvait pas admettre par écrit qu'il faisait quoi que ce soit d'illégal, mais c'est quand même fascinant. Dans une partie, il fait à l'improviste la mention d'avoir passé tout l'après-midi à discipliner son fils. Cela m'a donné des sueurs froides d'imaginer ce qu'il pourrait lui avoir fait."

Harry était fasciné, mais se sentait en même temps un peu coupable. Draco était absolument paranoïaque pour tout ce qui touchait à sa vie privée. Il serait furieux s'il savait qu'ils parlaient de lui. Harry pouvait tout à fait le comprendre car lui-même n'était pas trop heureux de parler de ses propres problèmes d'enfance ou que quelqu'un d'autre en parle. Mais en même temps, il y avait toutes ces couches de Draco Malfoy en dessous de la surface auxquelles il n'avait pas accès. Il pouvait voir que c'était là, mais ne pouvait les atteindre. C'était trop tentant.

"Le journal dit autre chose à son sujet ?"

Elle secoua la tête. "Non, ce n'est pas un journal personnel, seulement des notes d'études sur la Magie Noire. C'était juste une remarque, mais cela contribuait à l'horreur, qu'il pense si banal de passer un après-midi entier à discipliner un enfant de dix ans."

"Je présume que ce qu'il a fait à Draco à la fin de la Guerre était assez affreux aussi."

"Avez-vous vu les rapports médicaux ?"

"Non, vous les avez vu ?"

Elle acquiesça. "J'ai des amis bien placés pour mes recherches sur les Forces du Mal. Je suis sûr que vous auriez pu les lire avec votre niveau de certification, si vous l'aviez voulu. Mais ils ne sont pas jolis jolis. Ne vous en donnez pas la peine, à moins que vous n'ayez une vraie raison."

"Vous entendre dire cela me fait imaginer quelque chose d'encore pire."

"Peut-être." Elle semblait douter. "C'était plutôt affreux, Harry. C'est vraiment un miracle qu'il en ait réchappé."

"Il est plus fort qu'il n'en a l'air." Cela, Harry en était sûr.

"Apparemment." Elle fit une pause, pour prendre une autre petite gorgée de thé. "Vous le respectez, n'est-ce pas ?"

"Tout à fait. Et je suis reconnaissant pour ce qu'il a fait pendant la Guerre. Il a tout sacrifié pour la cause. Il n'est pas le seul, bien sûr, mais je ne peux pas m'empêcher de le respecter pour cela. Il avait beaucoup à perdre."

"Eh bien, il semble avoir survécu. Il doit avoir une veine de pendu."

Harry baissa les yeux dans son jus de fruit et prit une autre gorgée, l'esprit fixé sur les prophéties de Malfoy. "Peut-être."


Ministère de la Magie, Département des Mystères
Rapport Officiel des Evénements par un civil
Document Classifié – Code Sécurité Griffon

Auteur: Poppy Pomfresh
Date: 2 Octobre1998

Le Ministre de la Magie Arthur Weasley m'a demandé de fournir un compte-rendu accessible au profane des blessures faites à Draco Malfoy pendant les derniers jours de la Seconde Guerre contre Voldemort. M. Malfoy m'a accordé la permission de donner les informations, sachant que mon rapport deviendra une partie permanente de son dossier de Guerre.

En tant qu'infirmière à l'École Poudlard, je faisais partie de l'équipe médicale qui a traité M. Malfoy après la Guerre. L'équipe incluait aussi le Maître des Potions Severus Snape (Lord Snape), les docteurs Renata Weissmann et Langford Cross de l'Hôpital Sainte Mangouste, le docteur Hérodote Barthelmy (un neurologue privé de Londres) et une poignée d'infirmières privées (les noms sont disponibles à la demande) qui m'ont aidé à prendre soin de M. Malfoy pendant les premières semaines de ses soins. Le Ministère peut contacter ces personnes pour confirmer mon rapport.

M. Malfoy est arrivé à l'infirmerie de Poudlard le soir du 25 mai 1998, après avoir été démasqué comme espion et torturé pendant plus de vingt-quatre heures par des Mangemorts incluant (cela fut déterminé plus tard) Tom Jedusor et le propre père de M. Malfoy. Une liste de ses blessures suit :

Rotule gauche brisée

Cinq orteils cassés sur le pied droit

Index cassé du côté droit

Brûlure au 3ème degré à la paume de la main gauche

Pommette gauche cassée

Cloques et brûlures chimiques aux lèvres, à la bouche, à la gorge et à l'œsophage

Multiples coupures et abrasions

Ecchymoses sévères sur approximativement 65 de son corps

Saignement de tous les orifices du corps

Dysfonctionnement de tous les organes majeurs

Désordres du système nerveux dus à une exposition prolongée au Doloris (tremblements, attaques, etc.)

Absorption affaiblie de l'oxygène dans le sang

Absorption affaiblie des nutriments

M. Malfoy était inconscient à son arrivée et aucune information n'était disponible sur comment les blessures avaient été infligées. La torture physique était la cause évidente pour les blessures externes et le Doloris semblait l'explication logique des désordres de système nerveux. J'ai traité les blessures externes d'abord pour qu'une image claire des autres blessures puisse apparaître. Le coeur de M. Malfoy s'est arrêté une fois pendant la procédure et a été remis en marche via une intervention magique.

Une fois que les blessures les plus superficielles furent guéries, un scan complet via thaumography révéla des dégâts à tous les organes majeurs. Ils se dissolvaient. Les vaisseaux sanguins partout dans l'organisme montraient aussi des signes d'amincissement et d'effondrement sur eux-mêmes. Ces deux facteurs causaient une hémorragie continue. Je n'avais jamais entendu parler d'un charme ou d'une potion qui pourrait affecter le corps d'une personne de cette façon, en le liquéfiant. Le professeur Snape soupçonna une ou plusieurs potions expérimentales.

Le niveau de gravité des blessures était considérablement au-delà de ce que je vois en tant qu'infirmière scolaire, mais Sainte Mangouste était envahi des pertes humaines de l'Assaut Final. Ils n'avaient aucun personnel libre à envoyer pour nous aider et aucun lit disponible pour accepter M. Malfoy si nous l'avions envoyé là-bas. Le médecin avec qui j'ai parlé n'a pas cru que M. Malfoy passerait la nuit considérant le sérieux de ses blessures. Mais il promit d'envoyer quelqu'un une fois que l'urgence face à leurs propres patients se serait calmée. Ce fut donc au Professeur Snape et moi-même qu'il revint d'essayer de maintenir M.Malefoy en vie assez longtemps pour qu'il puisse être vu par un docteur.

Je donnai à M. Malfoy une potion de Régénération Sanguine pour essayer de ralentir les effets de l'hémorragie et une potion de Rééquilibre, qui est le remède standard aux dégâts du Doloris. J'ai aussi administré les potions fortifiantes que j'avais sous la main. Les effets interactifs de toutes ces potions n'ont jamais été étudiés, bien sûr, mais étant donné le sérieux de la situation de M. Malfoy, cela semblait une prise de risque valable. Les potions réduisirent la décrépitude physique, l'hémorragie et les attaques mais ne les stoppèrent pas. Dans le même temps, le Professeur Snape commença ses recherches pour identifier les potions et trouver de possibles remèdes.

Juste passé minuit, le coeur de M. Malfoy et ses poumons s'arrêtèrent de fonctionner. De nouveau son coeur fut remis en marche via l'intervention magique, mais ses poumons ne répondirent pas au traitement. Je jetais un sort de respiration magique et commençais à faire des transfusions, la moelle osseuse de M. Malfoy n'étant plus capable de remplacer son sang même avec la potion de Régénération. La découverte d'une veine viable pour les transfusions fut difficile et j'ai dû utiliser plusieurs sorts de soutien pour maintenir les parois des vaisseaux sanguins.

Le professeur Snape arriva peu après avec la première potion expérimentale pour réparer les organes endommagés. La condition de M. Malfoy s'améliora mais la respiration magique était toujours nécessaire et au bout de quelque temps je pus voir que, bien que la dégénération fût énormément ralentie, les organes de M. Malfoy ne répondaient pas aussi vigoureusement que nous avions espéré. Le professeur Snape commença à affiner la composition de la potion et à examiner aussi des possibilités d'antidotes directs. Ses efforts se poursuivirent jusqu'au jour suivant et finalement l'état de M. Malfoy fût stabilisé. Il était toujours incapable de respirer tout seul et il n'avait pas repris connaissance, mais la dissolution épouvantable de ses organes et du système circulatoire semblait s'être arrêtée et l'hémorragie était stoppée.

Dans la soirée du 26 mai 1998, Sainte Mangouste avait réussi à s'occuper de tous leurs patients et ils furent capables d'envoyer un médecin consultant, le docteur Weissmann. Ses avis médicaux guidèrent le travail du Professeur Snape et elle fit des suggestions de Charmes et de Potions pour aller plus loin dans la stabilisation de M. Malfoy. Elle fit appel finalement à son collègue, le docteur Cross.

Cela prit au Professeur Snape trois semaines pour trouver un antidote à la potion détruisant les organes et une autre semaine pour trouver un antidote à la potion qui détruisait le système circulatoire. Pendant ce temps, M. Malfoy resta dans le coma, dépendant de la respiration magique et de la nourriture intraveineuse pour sa survie. Quand le deuxième antidote fut administré et des sorts guérissants supplémentaires jetés, il commença à respirer tout seul, mais ne reprenait toujours pas connaissance

De nouveaux essais révélèrent que son sang ne portait pas une charge normale d'oxygène, le docteur Cross dût donc jeter quelques charmes pour augmenter les niveaux d'oxygène de sang avant qu'un troisième antidote ne puisse être trouvé quelques jours plus tard. Une fois celui-ci administré, suivi à nouveau par des charmes de guérison, M. Malfoy se réveilla. Il était trop faible pour parler ne serait-ce quelques minutes et ne pouvait pas sortir du lit, mais il était lucide.

Avec les problèmes les plus mortels réglés, nous pouvions finalement commencer à soigner les dégâts neurologiques. Nous avions continué à administrer la potion de Rééquilibre mais cela sembla avoir peu d'effet. M. Malfoy tremblait entièrement de temps en temps et ses mains étaient toujours très instables. Il souffrait de cauchemars et d'hallucinations occasionnelles, aussi bien que d'attaques de panique sévères, plus précisément décrites comme des épisodes aléatoires de terreur complète. Les Docteurs Weissmann et Cross recommandèrent d'appeler le neurologue Hérodote Barthelmy. Pendant les mois suivants, le Docteur Barthelmy a fourni l'expertise sur des potions neurologiques plus avancées et des techniques basées sur la psychologie pour réparer le système nerveux de M. Malfoy.

Au cours des deux premières semaines du rétablissement de M. Malfoy après son coma, nous avons aussi commencé à remarquer qu'il ne recevait pas la nutrition adéquate malgré le fait qu'il mangeait et prenait des suppléments alimentaires. Une autre potion lui avait été, semble-t-il, administrée empêchant l'absorption des nutriments. Le professeur Snape pensait que ses effets à long terme étaient fortuits; son but étant apparemment de causer les cloques et les brûlures sur les lèvres de M. Malfoy, sa bouche et son oesophage. Il trouva un antidote pour cette potion aussi, et l'estomac de M. Malefoy se remit à fonctionner proprement.

M. Malfoy passa dix-huit semaines sur le lit de repos et continua à subir le traitement du docteur Barthelmy. Celui-ci soupçonnait que le système nerveux de M. Malfoy était trop endommagé pour se remettre entièrement, quoique sa condition continuait à s'améliorer lentement. Son métabolisme souffrait également, quoique nous ne sachions pas exactement pourquoi. Son sentiment de faim était diminué presque au point de non-existence. Il n'a pas faim et doit se rappeler de manger. Des aliments appréciés l'inciteront à manger un repas complet, mais des mets moins agréables ont tendance à l'ennuyer avant qu'il n'ait ingéré assez pour couvrir ses besoins. Ce trouble semble s'améliorer avec le temps, mais les docteurs Weissmann et Cross soupçonnent que c'est un autre problème qui l'affligera pour le reste de ses jours.

Intellectuellement et psychologiquement, cependant, M. Malfoy est remarquablement intact. Les problèmes nerveux plus prononcés comme les hallucinations, les tremblements et les spasmes ont disparu. Les attaques de panique se sont espacées et il semble probable qu'elles s'arrêteront finalement. Il est en pleine possession de ses facultés et le Professeur Snape rapporte que ses capacités intellectuelles n'ont pas été affectées. Le psychiatre consulté l'a déclaré entièrement sain d'esprit.

M. Malfoy a subi des douleurs physiques et mentales horribles, pour rendre service à tout le genre sorcier et il portera les conséquences de cette souffrance pour le reste de sa vie. J'espère que le Ministère prendra ces faits en considération en prenant des décisions dans son cas.

Cela conclut mon rapport.


Même le sens de la mode de Catherine Tayce et sa maîtrise de soi froide, intellectuelle ne pouvait pas la sauver du ridicule de parler à quelqu'un qui n'était pas là. Elle ressemblait à une dame bien habillée, ayant une conversation animée avec elle-même comme elle parcourait les limites de la propriété. Harry et Janice suivaient à environ dix pas en arrière, montant la garde avec leurs baguettes magiques sorties et étouffant leurs ricanements.

"Je n'avais jamais vu quelqu'un essayer de flirter avec un ami imaginaire auparavant," dit Janice avec un large sourire.

"Elle fait de son mieux, cependant, n'est-ce pas ?"

"Je n'arrive pas à comprendre ce qu'elle voit en lui."

Harry souleva un sourcil. "Vous voulez dire à part son physique, son argent, son bon goût, sa prestance et son intelligence ?"

Janice frissonna. "Il me flanque les jetons. Pouvez-vous imaginer toutes les choses qu'il doit avoir faites en tant que Mangemort ? Et il se balade alentour, libre comme un oiseau, avec la tête haute, complètement effronté. Je veux dire, c'est mon travail de le protéger, monsieur et vous savez que je ferai de mon mieux. Mais il me dérange."

Apparemment c'était la Journée Nationale des Conversation au sujet de Malfoy et, d'une façon ou d'une autre, Harry avait manqué le mémo. "Il dérange beaucoup de personnes. Gêner les gens est une sorte de défi personnel pour lui. Il s'en passe beaucoup plus dans sa tête qu'on ne pourrait le croire. Et nous n'aurions vraiment pas gagné la Guerre sans lui."

"Les gens le disent mais j'en doute."

"J'étais là, Janice. Il a souffert terriblement pour cela, lui aussi. Et si nous ne pouvons pas le garder vivant, il mourra pour cela. Il estime que c'est un bon marché, sa vie pour l'effort de Guerre. Ce n'est pas l'attitude de quelqu'un qui était fier d'être un Mangemort, peu importe quelles remarques désagréables il pourrait faire. Essayer d'avoir un peu de compassion pour lui, tout branleur irritant qu'il soit." Elle le regarda avec un sourire tendre.

"Vous êtes trop bon pour ce monde, M. Potter."

L'estomac d'Harry se contracta. "Janice, je suis juste une personne, okay ? Je rate des choses et je suis moyennement doué parfois et je ne peux pas faire ma lessive correctement. Je perds toujours mes chaussettes et j'ai changé toutes mes affaires blanches en roses la semaine dernière quand j'ai fait la lessive. Je voudrais penser que je suis bon Auror, mais je suis juste un type faisant du mieux qu'il peut et s'y prenant mal la moitié du temps."

Elle sourit juste et ne dit rien. Ils continuèrent de marcher et observèrent Catherine devant eux, gesticulant d'un air important en direction des barrières, inclinant la tête gravement, souriant avec une sorte de miroitement dans les yeux. La terre était douce sous leurs pieds, de la lourde pluie de printemps tombée le jour précédent. Le ciel était couvert et semblait envisager une autre session.

Harry se demanda si c'était maintenant le moment de choisir le temps comme sujet de conversation.

"Je n'aime pas la façon dont il vous regarde," dit Janice enfin.

"Il me regarde ?" La gorge d'Harry était sèche. "Comment me regarde-t-il?"

"Dédaigneusement, parfois. Il roule ses yeux comme si vous disiez quelque chose de ridicule et il vous insulte."

Harry rit, mais il ne se sentit pas aussi soulagé qu'il aurait dû. "C'est juste Malfoy. Nous nous connaissons depuis que nous avons onze ans et nous étions toujours comme chien et chat. S'il me traitait avec respect, je saurais qu'il prépare quelque chose. "

"Pensez-vous que c'est vrai, ce qu'ils disent de lui ?"

"Probablement non. Que disent-ils ?"

"Qu'il est, vous savez." Janice chuchota, "homosexuel". Harry la regarda fixement d'un air incrédule pendant un instant avant de retourner à son balayage des arbres. "Eh bien, oui. Il me l'a dit aussi et à peu près à ceux qui l'écoutent. Ne me dites pas que vous trouvez cela scandaleux ?"

"Non, ce n'est juste. Je veux dire." Elle sembla embarrassée. "Je n'en ai jamais rencontré un auparavant, c'est tout."

"Vous pourriez être étonnée." Elle se tourna vers à lui sous le choc. "Monsieur, vous n'êtes pas! Je veux dire, n'est-ce pas ?"

"Non! Non!" Harry se rendit compte qu'il l'avait dit trop fort. "Non. Pas qu'il y ait de mal à cela, bien sûr. J'ai des amis qui le sont." Des parrains, pour être précis. "Mais je ne le suis pas."

Janice sembla soulagée et Harry se sentit contrarié. Avait-t-elle pensé qu'il serait d'une façon ou d'une autre moins digne de son idolâtrie stupide s'il était gay ? Ou que Malfoy méritait de mourir parce qu'il l'était ? Un sentiment soudain d'épuisement l'envahit. Il avait été essentiellement en service 24 heures par jour pendant les trois dernières semaines. Il en avait assez des gens ayant des idées idiotes sur lui, il en avait assez que Malfoy fasse tout pour rendre sa vie difficile. Il voulait juste retourner à son appartement, s'enfiler une bière blonde et regarder la télé un moment sans que ce soit une question de vie ou de mort.

Il regarda Janice, qui l'observait avec un froncement de sourcils inquiet. Inquiète d'avoir contrarié le patron, comprit-il. Elle était juste une gosse d'une petite ville qui ne s'était jamais vraiment habituée à Beauxbâtons pendant les sept ans qu'elle y avait passé. Ce n'était pas sa faute si elle était un bon Auror même si elle n'était pas douée pour d'autres choses. Et oui, elle avait une année de plus qu'Harry, mais la vie d'Harry l'avait vieilli prématurément. Il se sentit coupable de s'être énervé à son encontre, même si ce n'était que dans sa tête. Il lui adressa un faible sourire et lui tapota l'épaule dans ce qu'il espérait être un geste rassurant. Elle sourit de nouveau et ils continuèrent dans le silence. Le rire de Catherine Tayce résonna comme un tintement de cloches à travers la pelouse.


Ministère de la Magie
Department of Magical Law Enforcement
Division de la Formation des Aurores

Date du Rapport: 14 Octobre 1998
Agent: Gloriana Jameson

Evaluation de la Candidate Auror Janice Wright

Ce rapport récapitule les progrès de la Candidate Auror Janice Wright dans le Programme de formation des Aurors et fait des recommandations pour la réponse à sa demande d'embauche. Des détails plus spécifiques quant à sa formation et à ses performances à l'entraînement peuvent être consultés dans le dossier personnel de la Candidate Wright.

Les performances de la Candidate Wright dans le Programme de formation des Aurors sont exemplaires. Chacun de ses instructeurs la décrit comme fortement motivée et dévouée. Ses missions sont toujours achevées de façon opportune avec de la perfection et de l'attention apportées à tous les détails. Son score de réussite dans les sorts offensifs était de 95 pour cent, avec ses capacités en charmes défensifs fréquemment au-dessus de 98 pour cent et jamais en dessous de 93. Bien que n'étant pas particulièrement imaginative dans ses choix de sorts durant les exercices libres, elle fait un usage approprié des sorts et ne montre aucune tendance à un comportement excessivement agressif. Ses notes scolaires indiquent une bonne compréhension de l'histoire et de la philosophie du département des Aurors et ses notes en Détection et Ethique étaient constamment exceptionnelles. Elle s'est classée septième sur une classe de quarante-neuf.

Sa plus grande faiblesse est l'improvisation dans des situations inhabituelles et une incapacité à penser en dehors de choix binaires. La candidate Wright a des opinions très tranchées sur le bien et le mal et a des difficultés à voir les nuances de gris. Tandis qu'un attachement à l'éthique et à la morale doit évidemment être encouragé chez un Auror, son incapacité à mettre de côté son jugement pour voir la situation du point de vue d'autrui peut parfois être une barrière à sa compréhension des problèmes.

Les instructeurs rapportent que la Candidate Wright était appréciée par ses camarades de classe, quoiqu'on l'ait considérée quelque peu timide dans les relations sociales. Elle travaille bien avec d'autres, mais préfère suivre plutôt que prendre un rôle de leadership fort.

La Candidate Wright a été instruite à Beauxbâtons. Son grand-père (Connor James Wright), son père (Robert Wilson Wright) et son frère aîné (Théodore James Wright) étaient Aurors avec des carrières importantes au sein du Ministère. Son grand-père s'est retiré en 1982 et son père en 1994. Son frère a été tué en service en 1997 pendant un raid de Mangemorts. La candidate Wright exprimait fréquemment un désir de continuer la tradition de sa famille et d'honorer la mémoire de son frère en servant en tant qu'Auror.

Bien que la Candidate Wright soit encore jeune et profitera amplement de plus d'expérience, ses résultats tant magiques qu'universitaires en feront une excellente recrue pour le département.

Recommandation: Recrutement.

Classement : 7.


Malgré ce à quoi s'attendait Harry, Malfoy finit de parcourir les barrières avec Catherine et personne n'essaya de le tuer. Quand ils passèrent la porte d'entrée du Manoir, Harry put sentir des nœuds dans les muscles de ses épaules se délier. Janice les laissa pour retourner à ses rondes. Malfoy retira la cape d'invisibilité qui laissa ses cheveux plein d'électricité statique flotter dans un halo d'or autour de sa tête. Il y passa ses doigts frénétiquement jusqu'à ce qu'il y mette suffisamment d'ordre pour qu'Harry arrête de s'étrangler de rire, et le docteur Tayce fit ses adieux avec une étincelle amusée dansant dans les yeux. Malefoy commanda un déjeuner pour deux aux elfes de maison sans demander l'avis de Harry et ils s'assirent dans le salon pour attendre.

"Alors, le docteur Tayce s'avère-t-elle être utile ?" demanda Harry.

"Elle est aussi brillante que la rumeur le disait. Je commence à penser que nous pourrions y arriver." Malfoy fit courir ses doigts dans ses cheveux à plusieurs reprises. C'était plus ordonné, mais toujours bizarrement crépu, très brillant et fin. Harry se demanda s'il utilisait une potion spéciale pour les discipliner.

"Agréable de savoir qu'elle ne laisse pas son programme très chargé de flirt l'empêcher de faire son travail."

Malfoy sourit d'un air satisfait. "Jaloux, Potter?"

"Je ne me soucie pas d'avec qui tu sors," répondit Harry sans réfléchir.

Les sourcils de Malfoy montèrent en flèche et il adressa un sourire rusé à Harry. Harry pouvait sentir ses joues flamboyer d'embarras. Dieu, il était un idiot. Il supposa qu'il devenait si habitué aux expressions à double sens de Malfoy qu'il le faisait accidentellement lui-même maintenant. Malfoy avait une mauvaise influence.

"J'ai voulu dire jaloux de Catherine," dit Malfoy. "Quoique je sois flatté."

"Je n'y comprend rien. Pourquoi continue-elle de flirter avec toi si elle sait que tu es gay ? "

Il haussa les épaules. "Peut-être espère-t-elle que je ferai une exception. Ou peut-être que Pansy n'est pas la seule à convoiter le poste de Dame du Manoir. Ou, plus probablement, elle est juste amicale et nous l'interprétons mal."

"Est-ce que tu l'as déjà fait ? Fait une exception, je veux dire ?" Harry ne comprenait pas pourquoi il avait dit une telle chose. Bien sûr, il était curieux, mais ce n'était pas une question qu'on pouvait poser comme cela.

Le sourire de Malfoy ressemblait au bord acéré et scintillant d'un couteau. "On en est aux questions personnelles maintenant ? Je répondrai si tu m'accordes la même prérogative."

"Okay" dit Harry avant de pouvoir s'en empêcher. Il lui semblait que sa bouche s'était complètement désolidarisée de son cerveau et avait réquisitionné le gouvernail. Et c'était triste car il aurait certainement eu besoin de son cerveau s'il allait échanger des confidences avec Malfoy. Il était condamné. Un idiot condamné.

"Des exceptions ont été faites de temps en temps. Surtout pour comparaison. J'ai décidé que je préférais les garçons. Mais je suppose qu'une nouvelle exception ou deux n'est pas hors de question. Je dois admettre que le bon docteur est presque aussi attirante qu'elle est intelligente. Mon tour, maintenant." Harry déglutit.

"Ooh," soupira Malfoy. "J'en ai tant que je ne sais pas par où commencer."

"Dépêche-toi juste." Harry avait une envie presque irrésistible de sauter de son fauteuil et de partir en courant. Il se força à rester immobile, mais il aurait préféré faire face à Voldemort.

"Oh, mais c'est si amusant de te voir suer et te tortiller," ronronna Malfoy, faisant sonner cela comme un sous-entendu graveleux. "Voyons. Est-ce que toi tu as déjà fait une exception ?"

"Non." Harry expira, se rendant compte qu'il retenait son souffle. Ce n'était pas si terrible. "Est-ce que tu as jamais été tenté ?" Le regard fixe de Malfoy était aiguisé, comme s'il pouvait percer Harry et mettre à nu tous ses secrets.

Harry savait qu'il pourrait juste répondre Non et en être débarrassé. Mais il n'était pas sûr que ce fût précisément vrai. Il y avait une sorte de curiosité naturelle, saine, après tout. Tous les garçons ont une phase où ils jetaient des regards aux autres garçons dans le vestiaire, n'est-ce pas ? Est-ce que compter les taches de rousseur sur les épaules de Ron comptait comme être tenté de faire une exception ? Il se sentait terriblement exposé sous le regard de Malefoy, comme si peu importe ce qu'il disait, il connaîtrait la vérité, quoique pourquoi Harry était gêné par une si petite chose restait un mystère. C'était seulement le fantôme d'un désir enfantin, ou même pas cela. La pensée d'une ombre d'un désir possible, si éphémère que même les doigts agiles de Malfoy ne pourraient l'attraper.

"Tu n'as pas le droit à une autre question," répondit-il.

"Cela, ce n'est pas juste. J'ai répondu à ta question entièrement." La voix de Malfoy était basse et eu un effet étrange sur la nuque d'Harry. "Je répondrais à une autre question si tu réponds à celle-là."

Harry trembla. "Absolument pas," dit-il. Malfoy rit et Harry eut l'impression qu'il riait de lui, pas avec lui. Les elfes de maison amenèrent le déjeuner et Harry fut sauvé. La conversation se tourna vers les préparatifs du départ pour Poudlard et Harry résolut de ne jamais jouer à nouveau à Action ou Vérité, même sans gages, avec Malfoy .


Un autre document jeté et récupéré par les elfes du Manoir Malfoy et placé dans un tiroir du secrétaire de salon.

Les Questions que Je Poserais à Harry Potter Sous Veritaserum

1. Cette coupe de cheveux, c'est vraiment involontaire?

2. Combien de fois es-tu devenu dur en jouant au Quidditch avec tes vertueux copains Gryffondor ?

3. Qui était ton premier coup ?

4. Tu as aimé ça ?

5. Et elle ?

6. Te considères tu dans la moyenne, au-dessus de la moyenne, ou au-dessous de la taille moyenne? (Dans un état érigé.)

7. Le souvenir le plus embarrassant ?

8. La fantasme favori pour se branler lors d'une nuit solitaire ?

9. As-tu ouvert un livre depuis que tu as quitté Poudlard ?

10. Quel renseignement sur toi aimerais-tu le moins que je sache ?

A suivre….