Titre : Entre deux mondes
Auteur : Mokoshna
Fandom : Harry Potter
Disclaimer : Harry Potter est la propriété de J.K. ROWLING
Rating : PG-13
Avertissements : Slash, Albus-Severus/Scorpius (entre autres)
Notes : Série de chapitres courts basés sur les thèmes de la communauté Livejournal 30_slash_hp. Les chapitres respectent l'ordre chronologique même s'ils ne sont pas forcément agencés de manière « logique ». L'histoire marche par ellipses, c'est fait exprès, soit pour respecter les thèmes, soit simplement pour donner un côté décousu à l'ensemble.
9- Une soirée de printemps
Hermione Weasley retourna au travail au bout d'une semaine, bien qu'elle eût encore de sérieuses blessures. Rosie revint peu de temps après à Poudlard et commença par paniquer, car elle avait loupé pas mal de cours pendant qu'elle était à St Mangouste.
– Je ne pourrais jamais rattraper mon retard ! Il faut que je redouble d'efforts !
Bien entendu, le retard imaginaire qu'elle pensait avoir accumulé en si peu de temps fut vite rattrapé ; même, elle s'avança suffisamment sur les leçons pour détailler en avance le contenu des cours.
– Rhaa, elle m'énerve, grommela James. Y'en a qui bossent dur pour leurs notes médiocres !
– Sans doute, mais tu n'en fais pas partie. C'est quand la dernière fois que tu as ouvert ton livre de potions ?
– Euh... la semaine dernière ? Ou celle d'avant, je sais plus...
– Tu as des examens à passer à la fin de l'année, je te rappelle ! Sois plus sérieux !
– Comment tu veux que je pense à travailler avec un temps pareil ?
James n'avait pas tort. Le printemps était revenu, et avec lui le soleil et son cortège de bienfaits. La Forêt Interdite paraissait presque accueillante, avec toute cette verdure et les parfums qui se dégageaient des arbres et de l'herbe.
– Je vais aller me promener, dit-il en se levant.
– Je te suis ! s'écria James.
– Tu as fini de réviser ?
James se rassit en grommelant.
– Fichu B.U.S.E.
Al s'éloigna en riant doucement. Rosie avait décliné son offre de promenade : elle voulait lire encore un peu. Il sortit donc seul, sans se presser.
Les alentours du lac étaient assaillis par les élèves, mais Al préférait de toute manière marcher un peu autour du château. Il y avait des petits chemins tout à fait charmants pour qui était assez aventureux pour les découvrir ; et avec un temps aussi clément, c'était là une expédition fort agréable.
Al resta longtemps dehors, à profiter du bon air et de sa solitude. Il y avait du bon à contempler sa propre condition sans être dérangé à tout bout de champ par les autres. Le soleil déclina peu à peu ; quand il finit par ne plus lancer qu'une faible lumière entre les branches du Saule Cogneur, Al se dit qu'il était grand temps de rentrer avant qu'il ne s'essuie un blâme.
Il quitta le rocher qu'il avait pris comme promontoire, se dirigea vers le chemin le plus proche. Son regard s'attarda sur un arbre aux branches imposantes qui se découpaient sur le ciel rouge. Quelque chose bougea contre le tronc ; Al eut la surprise de voir qu'il s'agissait d'un autre élève, et plus précisément de Malefoy.
Coïncidence ? Al était on ne peut plus amusé. Il s'approcha à pas feutrés ; Malefoy était tellement plongé dans ses pensées qu'il ne l'entendit pas venir.
– Bonjour !
Évidemment, Malefoy sursauta et se cogna la tête contre le tronc. Al lui fit un sourire d'excuse, mais l'autre garçon se contenta de le fixer comme s'il n'était qu'un opportuniste de plus dans son existence. Il refusa la main tendue d'Al.
– Qu'est-ce que tu me veux, Potter ?
– Je te propose ma compagnie. Normalement, on répond la même chose quand quelqu'un vous dit bonjour, ça fait partie des conventions quand on veut paraître un minimum poli et civilisé, tu sais ?
Le visage de Malefoy prit une teinte écarlate.
– Je n'ai pas de comptes à te rendre. C'est toi qui es venu me déranger sans prévenir.
– Je voulais juste me montrer sociable !
– Depuis quand ?
– Je suis sociable.
– Je voulais dire, Potter, depuis quand tu te montres sociable avec moi ? D'habitude, quand tu me parles, c'est pour m'insulter.
– Parce que tu te montres toujours insupportable, comme maintenant ! Sérieusement Malefoy, comment tu fais pour avoir des amis avec un caractère pareil ?
– Voilà, tu m'insultes encore !
Al se força à inspirer et expirer fort pour tenter de se calmer. Vu comme c'était parti, ils allaient encore se battre ; or, il voulait se rapprocher de Malefoy, pas le rendre encore plus méfiant qu'avant.
– Bon, je suis désolé. Je crois qu'on est parti sur de mauvaises bases. On ne pourrait pas s'asseoir et en parler calmement, plutôt que de se crier dessus ?
– Je suis déjà assis.
C'était pas gagné. Al ne se formalisa néanmoins pas du ton froid de son interlocuteur : il avait tout le temps pour le faire changer d'avis. Maintenant qu'il avait décidé de tout faire pour que Malefoy accepte de sortir avec lui, il n'y avait ni contrariété, ni excuse qui pourrait le détourner de sa décision. Il lui fit un sourire éclatant, digne de James, et s'assit sans plus de façons à côté de lui.
– Tu fais quoi là ?
– Je profite de la brise avec toi. C'est mieux que d'être seul, non ? Comme ça, on pourra discuter et peut-être essayer de repartir sur de nouvelles bases plus saines.
– Va-t'en, Potter. Je ne t'ai rien demandé.
– Ne sois pas si aigri. Tout le monde a besoin d'un peu de compagnie.
– Je n'ai pas besoin de la tienne !
Al ricana. Puisque Malefoy ne voulait faire aucun effort, il était grand temps de sortir le grand jeu.
– Ce n'est pas ce que j'ai vu dans la Pensine.
Touché ! Le teint de Malefoy vira au rouge, puis au blanc, au vert, avant de redevenir rouge. Comme c'était intéressant !
– Ça n'a rien à voir avec toi ! vociféra-t-il, hors d'haleine.
– Ah bon, tu crois ? Alors c'était quoi, ces « Oh oui Al, encore, je t'aime » ?
Malefoy sortit aussitôt sa baguette pour la pointer d'un air menaçant sur Al.
– Retire ce que tu as dit !
Al sortit sa baguette à son tour. Il pouvait aussi jouer à ce petit jeu.
– Je le ferai une fois que j'aurai l'absolue certitude qu'il ne s'agissait que d'une invention de ton esprit. Sans cela, excuse-moi, mais je suis en droit de penser que tu peux être quelque peu... attiré par moi ? Après tout, ce n'est pas tous les jours qu'on plonge dans les fantasmes d'un camarade.
Malefoy se mordit la lèvre jusqu'au sang avant de chuchoter :
– Ce n'est pas un fantasme.
– Appelle ça ce que tu veux, c'est quand même bien... érotique.
– C'est un rêve.
– Un rêve érotique ?
– Non !
Malefoy baissa sa baguette, se tordit les mains de frustration.
– Tu ne peux pas comprendre. Je n'éprouve rien pour toi, et pourtant ces rêves continuent de me hanter chaque nuit !
– Tu as une imagination très active, donc.
– Non ! Ce n'est pas mon imagination.
– Je ne suis pas sûr de te suivre...
Malefoy secoua la tête.
– Je ne voulais pas en arriver là, mais... Potter, tu peux garder un secret ?
– À propos de tes rêves érotiques ?
– Non !
Al se mit à rire. Taquiner Malefoy était si amusant, il n'arrivait pas à croire qu'il avait pu passer à côté de ça ! Il lui fallait dès à présent réparer cette erreur.
– Je t'écoute.
