Suite des aventures de notre pauvre héros torturé par une auteure sadique... enfin pas trop... sinon j'aurais écrit du "sanglant" et ce n'est pas mon style... fort heureusement, pour lui :-).
Mistyarrow: pas de souci si tu ne peux lire les chapitres tous les jours: bien au contraire, ça te donne plus de sensations et de suspense en fin de compte :-)
Virtualjbgirl: merci pour le commentaire et la mention "de la main sur le coeur": je n'ai pas très bien saisi toutefois pourquoi tu trouvais le lien artificiel (ce genre de commentaire me fait prendre conscience que quelque chose peut parfois clocher dans mes histoires, donc je progresse, donc je suis toute ouïe!)
Alienore777: merci de repérer des coquilles qui m'échappent: la dernière n'en était pas une, mais effectivement ça ne voulait plus rien dire en changeant une lettre de place ;-)
Caskett71: j'ai pris quelques libertés avec les stations de métro, à vrai dire, mon dernier séjour à NY date d'il y a 25 ans, donc je n'ai aucune idée de la situation actuelle, hormis ce qu'on en voit à la télé... Quant aux chapitres plus longs, heu... pas vraiment... dans une autre fic, peut-être... Je suis assez calée sur des morceaux de +/- 2500 mots, question d'habitude...
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Chapitre 8
Comme il se sentait, non pas exclus, mais inutile au poste, Castle décida de retourner chez lui avec quelques dossiers que Kate lui avait discrètement confiés, en lui faisant jurer de rester discret.
Toutefois, une fois rentré au loft, il posa les dossiers sur son bureau et arpenta les pièces sans savoir ce qu'il cherchait vraiment. Il finit par s'avouer qu'il cherchait à retrouver les sons, les odeurs, les images. Le manque lui tordait les tripes. Le cœur en bataille, les idées en vrac, il pensa que s'il arrivait un drame, il ne lui resterait que Kate, mais il serait tellement vidé de sa substance émotionnelle qu'il n'aurait plus la force de lui offrir quoi que ce soit.
Il avait raconté à Kate ce qu'il avait ressenti la première fois qu'il avait tenu Alexis dans ses bras, le jour de sa naissance. L'amour avec un grand «A» l'avait saisi tout entier. Il avait suffi qu'il croise le regard d'un nouveau-né pour être persuadé qu'il ne vivrait jamais plus une émotion aussi intense, même auprès de la plus belle femme du monde. Il imagina donc ce qu'avait dû ressentir sa propre mère lorsque lui-même était né, d'autant plus que son père avait disparu de la circulation bien avant sa naissance.
Il repensa à son père. Comment diable pouvait-il prendre contact avec lui ? Il s'arrêta de marcher et respira plusieurs fois profondément. Et si toute cette histoire était à nouveau un coup monté pour faire sortir Jackson Hunt de son repaire ?
Non, cela n'avait aucun sens ! Sa mère et sa fille avaient planifié cette escapade à Washington à la dernière minute, de même que leur retour à New York. Il était très improbable qu'il y eut un lien avec son père. Pas cette fois.
Castle ne se rendit même pas compte qu'il arpentait à présent l'appartement dans l'obscurité avant le moment où Kate frappa à la porte. Elle le regarda, avec les mêmes yeux que ceux qui avaient supplié Castle de la laisser entrer, le soir où elle avait failli mourir en tombant d'un immeuble. Elle s'avança et se blottit dans les bras de Castle. D'abord rigide et non réceptif, celui-ci enveloppa la jeune femme de ses bras puissants et la serra très fort contre lui.
- Je me sens tellement impuissant, Kate, dit-il d'une voix éraillée.
- Je te promets qu'on remue ciel et terre, heure par heure, on finira par trouver.
A son tour, elle serra Castle contre elle, très fort, jusqu'à ne presque plus pouvoir respirer, comme lors de leur première nuit d'amour. Le souffle leur avait manqué. Il avait cru la perdre sur un coup de colère. Elle avait cru perdre la vie par orgueil. Leurs retrouvailles avaient été flamboyantes.
Mais pas aujourd'hui. Cette nuit, il ne s'agissait pas d'eux. Castle ne cessait de s'imaginer seul. Il avait beau tenter de chasser ces images, elles l'assaillaient depuis qu'il avait pris conscience de leur disparition. Ce pressentiment qui le torturait depuis des jours entiers avait fini par creuser un abcès qui le brûlait, jour après jour. Même Beckett ne parvenait plus à l'atteindre.
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Le lendemain à huit heures tapantes, Esposito appela Beckett pour lui annoncer qu'ils avaient retrouvé le propriétaire du numéro de téléphone non identifié. Il s'agissait d'un copain d'Alexis. Les gars attendaient Beckett pour l'interroger.
Lorsque Beckett et Castle arrivèrent au poste, Matthew Walsh était déjà installé en salle d'interrogatoire. Beckett passa d'abord dans la pièce qui permettait d'observer les suspects derrière le miroir sans tain pour voir de qui il s'agissait.
- Que sait-on sur ce Matthew Walsh ? demanda-t-elle à Esposito qui tenait une fiche d'information.
- Il a vingt-deux ans. Troisième année de droit. Apparemment bon élève.
- Il a de la famille ?
- Les parents sont décédés il y a trois ans dans un accident de la route. Il lui reste une sœur, plus âgée, mais on n'a pas encore réussi à la contacter.
- Bon, j'y vais, déclara Beckett d'un ton décidé.
- Beckett, avant d'y aller, il faut que vous sachiez... vous ne pourrez pas l'interroger toute seule.
- Pourquoi ça ?
- Parce qu'il est sourd et muet.
- Quoi?
- J'ai déjà prévu une interprète pour vous assister.
- Vous m'aviez dit qu'Alexis et lui s'étaient téléphoné.
- Non, en fait, il y a eu échange de SMS. C'est pour ça que nous n'avions pas tilté.
Beckett poussa un soupir. C'était une première depuis qu'elle travaillait au 12ème. Castle décida de rester en retrait. Il ne se souvenait pas que sa fille lui ait jamais parlé de ce jeune homme et il se demanda pourquoi. Il n'avait pas le cœur à accompagner Kate en cet instant précis, plus rien ne le motivait.
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Lorsqu'elle entra dans le local, Matthew Walsh tourna la tête et la regarda droit dans les yeux. A ses côtés se trouvait une jeune femme qui ne devait avoir guère plus de vingt-cinq ans.
- Bonjour, Matthew, dit Beckett, en le regardant fixement et en articulant.
La jeune femme se présenta après avoir signé les salutations de Beckett à l'intention de son « client ».
- Bonjour, je m'appelle Kelly Foster. J'ai été désignée pour assister Mr Walsh durant cet entretien.
- Bonjour, Mademoiselle Foster. Comment dois-je procéder ?
- Parlez normalement, je traduirai au fur et à mesure ensuite je traduirai les réponses de Mr Walsh.
- D'accord. Alors je voudrais tout d'abord savoir dans quelles conditions il a rencontré Alexis.
La jeune interprète bougea les mains avec une dextérité qui fascina Beckett. Matthew lui répondit tout aussi rapidement et Kelly commença à traduire simultanément.
- Ils se sont rencontrés lors d'une soirée organisée par une amie commune. Ils étaient assis l'un à côté de l'autre.
- Que s'est-il passé ensuite ?
Nouvel échange de signes.
- Ils ont sympathisé. Au cours de la soirée, Alexis lui a dit qu'elle venait de rompre avec son ancien petit ami et qu'elle ne souhaitait pas s'engager dans une nouvelle relation dans l'immédiat.
Beckett se dit soudain que si Matthew était sourd-muet, il n'en était pas idiot pour autant. Elle s'adressa donc à lui en le regardant directement.
- Comment avez-vous réagi ?
Matthew fixait Beckett tout en signant ses réponses. Foster traduisait, mais Kate imaginait à présent les sons sortir de la bouche de Matthew.
- Elle paraissait si sûre d'elle-même, mais j'ai senti qu'elle était fragile.
- Comment communiquiez-vous avec elle ? Que je sache, Alexis ne connaît pas la langue des signes.
- La copine qui nous avait invités chez elle le pratique couramment. Elle servait d'intermédiaire.
- Vous êtes, poursuivit Beckett en consultant les notes d'Esposito, en troisième année de droit. Vous vous destinez à quel métier ?
- Je voudrais être juriste en entreprise.
- Je vous félicite. C'est un très beau projet. Je voudrais vous demander quand vous avez été en contact avec Alexis pour la dernière fois?
- Pourquoi ? Est-il arrivé quelque chose ? dit-il. Son regard inquiet allait de Beckett à Foster.
- Répondez simplement à ma question, insista Beckett.
Matthew réfléchit quelques secondes.
- Il y a deux jours.
- Où étiez-vous il y a deux jours ? poursuivit Beckett.
- J'ai passé la matinée à la bibliothèque. J'avais besoin de documenter l'une de mes dissertations.
- Et ensuite ?
- Je suis rentré chez moi.
- Vous vivez seul ?
- Non. J'ai un colocataire.
- Était-il avec vous ce jour-là ?
- Oui. Il est malade. Il n'est pas sorti depuis une semaine.
- Je vois. Bon, je vous remercie, ce sera tout.
Matthew regarda Foster qui lui fit signe que l'entretien était terminé. Le jeune homme se leva, regarda Beckett, lui fit un petit sourire et tendit la main pour prendre congé.
Elle repassa dans la pièce de surveillance.
- Qu'en pensez-vous ? demanda-t-elle.
- Ça se tient. Il n'a pas l'air d'un mec dangereux, dit Esposito.
- Ne vous fiez pas aux apparences, on a vu souvent des anges gracieux agir en véritables psychopathes, souffla Castle.
Beckett et Esposito le regardèrent surpris. Il n'avait pas ouvert la bouche durant tout l'interrogatoire, ce qui était très inhabituel. D'ordinaire, il s'avérait quasiment impossible de le faire taire et de proposer ses théories abracadabrantes.
- Il n'aurait pas donné autant de détails s'il n'était pas certain que nous allions vérifier, dit Beckett. N'oubliez pas qu'il a déjà trois années de droit derrière lui : il sait ce qu'il encourt en cas de faux témoignage.
- Ou alors, il a préparé son alibi bien à l'avance, continua Castle, sur un ton ironique.
- Pourquoi aurait-il eu à préparer un alibi ?
- Vous n'avez rien remarqué ? dit Castle avec maintenant un soupçon d'agressivité dans la voix.
- Castle, va droit au but, nom d'un chien ! S'énerva Beckett.
- Il n'a pas demandé de nouvelles d'Alexis ! Il avait l'air de l'apprécier pourtant. On le fait venir au poste de police, on l'interroge sur ses faits et gestes d'avant-hier et il ne va pas plus loin. C'est juste moi, ou il y a quelque chose qui cloche.
- Où voulez-vous en venir, questionna Esposito.
- Soit il n'est pas impliqué dans sa disparition, mais alors pourquoi n'a-t-il pas pris de ses nouvelles, soit il est impliqué, et rien d'étonnant à ce qu'il n'en ait pas pris. Dans les deux cas, c'est louche.
C'est à ce moment que Ryan déboula comme un fou dans la petite salle.
- Je viens d'avoir le colocataire de Walsh au téléphone, il affirme que celui-ci était bien avec lui durant toute l'après-midi d'avant-hier et la bibliothèque a confirmé pour la matinée.
- Ça confirme ce que je viens de dire, murmura Castle entre les dents.
Beckett trouva le ton de Castle si cassant qu'elle en éprouva un petit frisson. Avait-il raison ? Ou était-il simplement en train de vouloir trouver un responsable à tout prix ? Ressentait-il le besoin de faire encore partie de l'équipe ou agissait-il comme un automate, par pur réflexe acquis durant ces dernières années au sein de l'équipe ?
Kate posa la fiche et fonça vers l'ascenseur.
- Beckett, qu'est-ce qui vous prend ?
Elle leur cria depuis l'autre extrémité du couloir.
- Je vais le ramener et creuser un peu plus. Juste un pressentiment. Si Castle a raison, Walsh en sait peut-être plus qu'il ne le prétend.
Ryan et Esposito foncèrent sur les traces de Beckett et parvinrent à se glisser dans l'ascenseur avant que les portes ne se referment. Castle demeura pétrifié sur place. Il sentit une pression qui lui comprimait la poitrine et sa respiration s'accéléra. Brusquement, alors qu'il était debout et éveillé, il eut la même vision que celle qui le hantait dans ses cauchemars. Il éprouva soudain une bouffée de rage et frappa des deux poings sur le mur à côté de la vitre. Mais il ne ressentit aucune douleur. Il eut envie de hurler, de démolir tout ce qui se trouvait autour de lui.
Il passa près du bureau de Kate, prit son manteau et se dirigeait vers l'ascenseur lorsqu'il entendit un cri dans la rue, par une fenêtre ouverte.
Il composa le numéro de Kate et dut attendre quelques sonneries avant qu'elle ne réponde.
- Kate, où es-tu ?
- En bas de l'immeuble. Castle, Matthew Walsh vient de se faire renverser par une voiture.
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Quand Castle eut rejoint Beckett et ses hommes, il vit un attroupement autour d'une BMW noire. Il repéra Kelly Foster, mais ne vit pas Walsh. Il s'approcha davantage.
- Beckett ?
Il aperçut Kate qui se relevait et aperçut au sol le corps de Walsh : il vit une plaie ouverte à la tête, un bras faisait un angle anormal avec le reste du jeune homme semblait inconscient.
Beckett s'approcha de lui.
- Que s'est-il passé ? demanda Castle.
- Kelly Foster m'a affirmé qu'il a traversé sans regarder. Le conducteur ne l'a pas vu surgir et la voiture l'a percuté de plein fouet.
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Kelly Foster de même que le conducteur de la BMW et quelques témoins furent interrogés sur les circonstances de la mort de Walsh. Les premières conclusions furent sans équivoque. Walsh avait été victime d'un simple accident de la circulation. Le conducteur allait encourir une peine pour homicide involontaire, très certainement avec sursis. Walsh s'était littéralement jeté sous les roues et le conducteur respectait les limites de vitesse. La malchance avait fait que Walsh avait été propulsé en arrière et que sa tête avait heurté le trottoir. Il avait été tué pratiquement sur le coup.
Castle sentit l'étau se resserrer autour de lui. Ses cauchemars. Ses pressentiments. Il lui sembla qu'un plan diabolique se mettait en place pour faire de sa vie en véritable enfer.
(À suivre…)
