Salut à tous ! Bon, alors, je vous propose ici un chapitre que j'ai (encore une fois) vraiment aimé écrire, surtout la fin ... Vous verrez, vous verrez ! :p
J'espère que vous aimez toujours cette histoire, n'hésitez pas à me dire ce que vous imaginez pour la suite, ça peut me donner des idées ...
Sinon, merci encore une fois pour vos reviews.
Caloub38 : Si c'est ce que tu ressens en lisant cette histoire, je suis très contente car c'était exactement ce que je voulais vous faire ressentir !
Caskett71 & Jc66 : Il est vrai que j'ai un peu abusé sur l'alcool ... Mais je ne me rends pas bien compte, alors bon, il est possible que ... ;)
Situation ici : continuité absolue du chapitre précédent.
NB : vous pouvez peut-être imaginé qu'ils dé-saoulent petit à petit au cours de la soirée, parce qu'il est vrai que j'ai laissé couler l'alcool à flots ! ^^
Bonne lecture !
-Accepteriez-vous de finir la soirée chez moi ?
Elle le regarda, un peu de travers. Elle était encore assez en forme pour comprendre qu'il valait mieux refuser.
-Je pense que ce n'est pas une très bonne id...
-Si vous acceptez, je vous offrirai mon manuscrit sur les aventures de mon personnage fondé sur vous … Vous pourrez le lire avant que je ne l'envoie à mon éditrice. Qu'en dîtes-vous ?
Il savait très bien qu'elle ne pouvait dire non. Il avait déjà usé de ce genre de stratagèmes pour qu'elle accepte de sortir avec lui au cours de l'enquête sur l'artefact.
Elle se mordit la lèvre, à nouveau. Pour se donner un peu d'avance. Pour pouvoir réfléchir avec son esprit un peu embrumé. Pour trouver les bons mots.
Elle souffla fort parce que, au final, elle se rendit compte que c'était ce qu'elle avait attendu toute la soirée et elle ne pouvait pas réellement lui dire non.
-C'est d'accord.
Ils se levèrent, quittèrent le bar une fois que Castle eut réglé la note et prirent un taxi ensemble, respectant néanmoins une certaine distance entre leurs deux corps. Lui, parce qu'il savait qu'il aurait du mal à se retenir. Elle, parce qu'elle n'avait pas vraiment envie qu'il se retienne, mais parce qu'il le fallait bien quand même.
Le trajet se déroula dans le plus grand des silences. Parce que ces deux-là étaient occupés à ne pas montrer leur manque de retenu flagrant. Le chauffeur passa le voyage à les fixer dans son rétroviseur. Il riait discrètement, pour ne pas se faire réprimander. Et il est vrai que ses passagers ne remarquèrent rien de son petit manège enfantin. Ils avaient mis un rayon de soleil dans sa nuit et ils l'avaient diverti pour un temps. Parce que le divertissement ne dure jamais vraiment.
Ils descendirent devant l'appartement de Richard, et montèrent les escaliers avec un peu de difficulté mais toujours en silence. Il sortit ses clés, déverrouilla la porte et annonça qu'il était rentré. Aucune réponse. Il en déduit alors qu'ils étaient absolument seuls.
Elle pénétra pour la première fois de sa vie dans ce lieu. Et elle fut émerveillée par ce qu'elle vit. C'était spacieux, lumineux, et tout simplement beau. Un peut trop féminin à son goût, mais à voir les photos de Martha exposées un peu partout, elle comprit instantanément qu'ils vivaient ensemble. Il régnait dans cette habitation un habile mélange entre la virilité de son ami (si elle pouvait le qualifier ainsi) et la féminité de sa mère. Tout semblait avoir été disposé avec grâce et nonchalance. Elle remarqua immédiatement un plat en cristal plein de macarons au cassis sur la table basse. Et ses yeux se mirent à briller.
Castle observa ce changement chez son amie (s'il pouvait la qualifier ainsi) et il s'approcha d'un des deux canapés pour s'y installer, après avoir récupéré la coupelle qui contenait les macarons.
Il en prit un, le fit tourner entre ses doigts avant de le porter à sa bouche.
Beckett n'avait pas bougé et le regardait faire, à moitié comateuse. Il tapota la place libre à côté de lui sur le canapé et l'invita à s'asseoir. Elle vint se poser à con côté et demanda si elle pouvait goûter elle aussi un petit gâteau. Il lui proposa un marché.
-Et si on jouait à « je n'ai jamais » ?
Elle lui lança un drôle de regard et il sut immédiatement qu'elle allait refuser. Il finit alors bien rapidement sa phrase pour qu'elle ne réponde pas négativement à sa requête.
- Je sais ce que vous pensez Kate. Je crois aussi que nous sommes bien assez "alcoolisés", vous comme moi. Mais je ne voulais pas jouer comme cela. Et puis, ce jeu pourrait nous permettre de mieux nous découvrir, plus en détails. Pour que j'apprenne des choses que vous ne m'avez jamais dites, et pour que vous puissiez mieux me cerner. Donc, j'en viens à ce qui va certainement vous intéresser un peu plus, lorsque vous l'avez déjà fait, vous prenez un macaron; sinon …
Elle accepta vivement en hochant de la tête. Parce qu'elle était encore saoule et qu'elle aurait fait n'importe quoi pour manger un macaron français.
Il commença fort, car il savait bien qu'après, l'alcool ne faisant plus suffisamment effet, elle ne répondrait plus aux questions osées qu'il lui poserait.
-Je n'ai jamais … embrassé ou bien couché avec une personne avec laquelle je travaille ou travaillais.
Ils prirent tous les 2 un gâteau, qu'elle engloutit goulûment et il prit plaisir à l'observer.
-Mon ex-femme, Gina, était mon éditrice avant que nous sortions ensemble. Et vous, Capitaine ?
-Eh bien, je ... Avec Esposito, on a couché ensemble une fois. Mais c'était il y a longtemps et c'était entendu. C'était juste l'histoire d'une nuit. C'est pour ça que, parfois, il est un peu trop protecteur avec moi. Parce qu'il sait comment je suis et qu'il connaît ma fragilité et mes faiblesses. Et, avec Lanie, pour une soirée, ... nous avons échangé quelques baisers. Mais ça n'est pas allé plus loin. Ses lèvres avaient un petit quelque chose de divin et c'est vrai que pendant une seconde, j'y ai pensé. Mais c'était tout. Juste une pensée.
Il était estomaqué. Elle ne lui avait jamais dit. Mais peut-être que dans son monde à lui, cela n'était jamais arrivé … Il n'aurait plus l'occasion de le savoir à présent qu'il était ici.
-A moi ! Annonça-t-elle avec ce ton jovial et joyeux que procure l'alcool.
Elle prit un macaron, d'avance, parce qu'elle savait très bien qu'elle allait poser une question qui lui permettrait d'en manger un. Elle n'allait pas passer son tour. C'était tout bonnement inimaginable.
-Je n'ai jamais …
Elle chercha. Réellement. Elle y pensa tellement fort que ses yeux se plissèrent et les deux joyaux qui habillaient son regard disparurent un instant. Puis, comme frappée par sa question, elle se redressa en inspirant avec force.
-Je n'ai jamais envisagé de faire quelque chose d'absolument illégal !
Elle se jeta sur la petite bouchée avec avidité. Et il l'accompagna.
-Je crois être le seul ici à ne pas seulement avoir envisagé de le faire, mais de l'avoir fait !
Il rit, parce qu'il savait que c'était vrai. Elle fit une petite moue, qui signifiait bien qu'elle était représentante de la loi et qu'elle ne pouvait et ne pourrait jamais, et en aucun cas, se le permettre. Mais cela ne signifiait pas qu'elle n'en mourait pas d'envie.
-Eh bien, j'ai pensé faire passer de la drogue une fois. Entre le Mexique et les États-Unis. C'était bien avant que je n'envisage de devenir flic. Et puis j'ai rapidement abandonné l'idée … et le garçon qui me l'avait soufflée. Il était, disons … original, et c'était un artiste.
Elle avait dit cela comme si ça expliquait le fait qu'il voulait qu'elle passe de la drogue. Comme si son don d'artiste lui donnait tous les droits et lui permettait de faire absolument n'importe quoi.
-J'étais jeune, et il n'était pas bien vieux non plus. Peut-être 5 ans de plus que moi. Mais il me faisait tourner la tête comme personne et c'est vrai que, quand il me l'a demandé, j'ai vraiment failli accepter. Et, je ne sais pas, … Un éclair de génie … J'ai laissé tomber, le projet et le garçon par la même occasion.
Elle lui fit un clin d'œil, et il savait que cela voulait dire qu'elle était vraiment bien enveloppée par les vapeurs de l'alcool. Elle se laissait bercer par lui, comme on se laisse bercer par sa maman. Et cela lui fit mal au cœur. Parce que, d'habitude, c'était dans ses bras qu'elle se laissait bercer. Il était doux avec elle, il la réveillait en lui caressant les cheveux le matin. Alors que l'alcool, lui, était traître et il la laisserait désemparée et démunie à son réveil au lever du soleil, le lendemain. Il le savait parce qu'il savait ce que c'était. Il l'avait déjà vécu.
Mais il ne dit rien. Parce qu'elle était là, avec lui. Et c'était tout ce qui comptait à ses yeux.
-Et vous, Ricky, pourquoi vous êtes-vous permis ce gâteau ?
Il ne l'écoutait pas. Il était subjugué par sa vision. Par cette étrange vision qu'il avait d'elle.
Oui, il la voyait différemment. Une autre Kate. Si ça lui déplaisait ? Non, pas vraiment, c'était plutôt dérangeant. Parce qu'il la connaissait presque par cœur, il savait tout d'elle, dans les moindres détails, et là, ici, maintenant, ce n'était plus le cas. Elle était encore plus mystérieuse qu'elle ne l'était lorsqu'ils étaient ensemble. Ça, voilà ce qui était dérangeant.
Oui, sa manière de la voir avait changée, de l'imaginer, de la percevoir, de la deviner. Il la découvrait comme à leur première rencontre il l'avait découverte. Et c'était un bonheur sans fin que de pouvoir la découvrir encore une nouvelle fois, elle qu'il connaissait si bien, comme s'il ne l'avait jamais connue et qu'enfin, enfin il pouvait la connaître. Qui n'a jamais eu envie de revivre un coup de foudre ?
-Castle ?
Elle avait finalement réussi à le tirer de ses pensées. Il secoua la tête, pour se remettre de ses émotions.
Elle le scruta de son regard un peu dans le vague. Elle avait l'esprit embrumé et elle avait du mal à rassembler ses idées par instant, mais elle savait qu'elle avait bien fait d'accepter et de venir ici. Parce que son appartement et sa présence avaient quelque chose de rassurant. Et elle avait bien besoin de ça dans sa vie en ce moment. De choses rassurantes.
-Vous n'aimeriez pas savoir, vous êtes une représentante de la loi quand même, je n'ai pas envie de me faire arrêter dans ma propre maison.
Elle rit en penchant la tête sur le côté. Un petit rire léger, un peu alcoolisé mais un rire qui lui correspondait. Elle était encore là alors. Cette Kate qu'il connaissait ne s'était pas totalement perdue, et peut-être que le vin rouge l'avait aidé à se retrouver, d'une certaine manière.
-Allez-y Castle, je ne ferais rien contre vous ce soir, vous voyez bien que j'en suis incapable.
Elle leva ses deux mains de part et d'autre de son visage, pour lui montrer qu'elle n'était là que pour l'écouter et pour passer un bon moment. Et non pas pour se tracasser des problèmes que pouvaient causer la vie.
-Je … J'ai un peu honte mais j'ai volé la voiture d'un flic quand j'étais jeune. Je ne pense pas que j'avais le permis à cette époque … Mais qu'est-ce qu'on s'était marré ce soir-là ! Je m'en souviens comme si c'était hier ! Le flic ne l'a jamais su. Je pense qu'il n'était plus très conscient, ou il y avait une histoire comme ça en tout cas … Qu'est-ce que je n'ai pas fait comme connerie alors …
Elle continua de le contempler. Il était beau dans sa nostalgie et sa tristesse. Elle le trouvait rayonnant, et c'était étrange de voir de la beauté dans la mélancolie. Mais cette pensée ne la résumait-elle pas avec brio ? C'était ce qu'elle était. Une magnificence ténébreuse et désenchantée.
Et lui, il était maussade d'une époque qu'il n'avait pas connue, ou, semblait-il, qu'il avait anciennement vécue.
Il expira puis se reprit. Il ne pouvait se laisser aller ainsi. Sa muse était là, à ses côtés, et il fallait bien quelqu'un pour l'émerveiller et la tenir éveillée. Ou plutôt quelque chose, un petit quelque chose qui allait faire son effet …
Il se leva après l'avoir prévenue qu'il revenait très vite. Il se dirigea vers son bureau et elle le suivit du regard. Elle ne pouvait plus détacher ses yeux de lui parce qu'il était devenu hypnotisant. Il attrapa quelque chose lui sembla-t-il, puis se rapprocha d'elle. Il déposa un livre dans ses mains. Son livre. Dont elle était l'inspiratrice.
Elle se sentit rougir. Et le remercia à mi-voix. Parce que les mots lui manquaient pour exprimer réellement ce qu'elle ressentait. De la gratitude, de la reconnaissance et un petit quelque chose qu'elle ne sut définir.
Elle l'ouvrit et parcourra les pages du recueil avec avidité. Puis elle décida finalement de débuter la lecture à la première page. Il faut faire les choses dans les règles.
Elle se mit à lire et lui la surveilla du coin de l'œil. Elle lisait. Et les souvenirs de l'écrivain se confondirent avec l'instant présent. Parce qu'elle lisait de la même manière quand elle était sienne. Et qu'elle l'aimait. Peut-être que cela ne voulait rien dire, mais pour lui qui s'accrochait au moindre espoir, aussi futile soit-il; mais pour lui, cela signifiait beaucoup. Pour lui, cela voulait dire qu'il avait une place dans son cœur. Qu'elle lui laissait une chance. Et c'était magnifique de lire cela dans ses pupilles lumineuses.
Il la laissa ainsi, assise à côté de lui à lire les pages qu'il lui dédiait. Il la scrutait alors qu'elle scrutait les lignes. Et c'était tout ce qui comptait pour eux deux. Ils n'auraient pu rêver mieux.
Le temps passa. Aucun des deux ne s'en rendit compte. Parfois, elle versait une larme, parfois elle souriait ou retenait un rire. Et, à certains moments, elle rougissait. Il savait exactement quand. Mais il ne dit rien. Elle dévorait le livre et il la dévorait du regard. Et, encore, le temps passa.
Et puis là. A 5 heures et demie du matin. Elle lisait toujours. Et il brisa le silence qui s'était installé. Elle sursauta et prêta néanmoins attention aux moindres de ses mots. Il avait la tête tournée vers les grandes fenêtres du loft. Et elle tourna son regard dans la même direction que lui.
Il lui dit que c'était à ce moment que la nature était la plus belle et alors la plus vulnérable. Le soleil ne se levait pas encore. Mais une lumière mystique apparaissait partout dans le ciel, c'était rose pâle et violine à la fois. Et cela semblait irréel. Et dans un certain sens, c'était vrai.
Ça. Cette phrase qu'il avait prononcé.
C'est à cet instant que la nature est la plus belle et la plus vulnérable.
Cela eut le don de la faire fondre. Parce qu'il avait fermé les yeux et aperçu l'aube les paupières closes. Parce qu'il était qui il était, tout simplement. Et parce que dans ses mots, elle avait l'impression qu'il la décrivait elle, en même temps. Et c'était un pur délice de se voir comparer à la beauté extraordinaire d'un matin.
Il rouvrit les yeux, et lui sourit. Et elle sut que ce qu'elle pensait était vrai. Il ne les avait pas juste comparées. Il les avait confondues. Comme si elles ne formaient qu'un seul être, qu'une seule entité magique et surnaturelle. Et c'était la plus belle promesse, la plus merveilleuse déclaration qu'un homme pouvait faire à une femme.
Castle savait que Kate avait sûrement compris ce qu'il avait tenté de lui dire en lui parlant ainsi. Elle devait avoir l'esprit un peu plus clair à présent. Et elle était bien assez intelligente pour faire le rapprochement entre la beauté de l'aube et sa propre beauté.
Il la vit arriver. Il la vit s'approcher de lui pour quémander un baiser. Mais il ferma les yeux et fronça les sourcils. Il allait se briser le cœur lui-même, mais il fallait qu'il le dise.
-Non.
Kate s'arrêta en plein mouvement. Comme pétrifiée dans le temps. Immobile. Elle ne bougea pas. Aucun des deux ne bougea.
Non. Ce mot, ces trois petites lettres résonnèrent dans tout l'appartement et ce fut comme un coup de poignard dans leur cœur.
Elle crut apercevoir une larme couler sur la joue de l'écrivain, qui gardait ses yeux obstinément clos.
-Non ? Répéta-t-elle, pas sûre d'avoir bien saisi le sens de ce qu'il venait de dire. Comme s'il y avait une échappatoire. Comme s'il n'avait pas choisi le bon mot et qu'elle lui donnait une chance de se rattraper. Parce qu'elle voulait qu'il se rattrape. Elle croyait qu'il n'attendait que cela. S'était-elle trompée sur toute la ligne ? Apparemment, oui.
Il rouvrit les yeux, la fixa intensément. Ce regard la cloua sur place.
-Parce que vous êtes un peu amochée, Kate, et je n'ai pas envie que nous fassions cela alors que vous n'avez pas les idées en place. Je veux que vous soyez sûre. Et que vous le pensiez avec toute la clairvoyance de votre esprit. Quand vous serez à nouveau réellement vous, j'accepterai. Mais pas pour l'instant.
Elle resta suspendue dans l'air un petit moment. Le temps d'avaler la nouvelle. Puis elle se rassit. Plutôt, elle retomba avec fracas dans le canapé. Bouleversée.
Il avait raison. Elle était loin d'être sobre. Mais s'il la connaissait si bien, il devait savoir que c'était dans ces instants-là qu'elle osait s'avouer ce qu'elle ne s'avouait jamais le reste du temps. Qu'elle avait peur. Qu'elle était seule. Qu'elle était un être vulnérable. Qu'elle était amoureuse.
