Bonjour tout le monde. Je sais que cela fait un petit moment que je ne suis pas venue vous rendre visite et je m'en excuse ! Mais me revoilà ! J'espère que ce chapitre vous plaira… et le suivant mettra moins de temps à venir c'est promis ! Laissez-moi vos commentaires…bonne lecture…

Elliot est debout devant son capitaine, l'air complètement perdu.

« Je suis désolé de débarquer comme ça chez vous sans prévenir, mais j'ai besoin que vous me rendiez un immense service. »

Cragen, avec son tablier et son air intrigué, donne l'impression à Elliot qu'il l'a probablement dérangé à un mauvais moment.

« Je sais que j'aurai dû vous appeler. J'ai voulu vous en parler au bureau mais vous étiez déjà parti. Je sais que je vous dérange, mais je ne savais pas vers qui me tourner. »

Cragen ne sait pas quoi dire. Il sait que s'il lui dit qu'Olivia est ici, il partira immédiatement sans attendre aucune explication. Et d'un autre côté, il ne veut pas qu'Olivia pense qu'il lui a tendu un piège en faisant venir Elliot.

« Calme-toi Elliot. Tu ne me déranges jamais et tu le sais. La situation est compliquée c'est vrai, mais nous allons sûrement trouver une solution. Explique-moi d'abord ce qui t'arrive. »

Elliot prend une grande inspiration et commence à lui raconter son histoire.

« J'ai quitté Kathy. Définitivement. J'aurai pu rester à la maison et continuer à dormir dans la chambre d'amis comme je le fais depuis si longtemps, mais je ne pouvais pas rester là-bas une minute de plus. Les choses se sont aggravées depuis quelques temps. Kathy m'accuse de beaucoup de choses et me pose des tas de questions. Je les évite systématiquement pour ne pas lui faire de peine, mais elle sait. Elle connait la vérité et c'est insupportable. Pour elle comme pour moi. »

Elliot, emporté par son récit, n'a pas aperçu Olivia en haut de l'escalier. Elle reste silencieuse et l'écoute attentivement, essayant de comprendre ce qu'il dit.

Les mots sortent rapidement de sa bouche et il commence à manquer de souffle.

Don lève les mains pour lui dire de s'arrêter.

« Mais Elliot enfin, de quoi parles-tu ? Qu'est-ce qui est insupportable ? »

Il pousse un grand soupir et regarde Cragen avec des yeux meurtris.

« J'aime Olivia. Kathy le sait. Elle s'en est rendu compte il y a longtemps, bien avant moi d'ailleurs. »

Il se met à rire, bien que le moment ne s'y prête pas.

« J'ai essayé d'être un bon mari. J'ai essayé de toutes mes forces d'aimer ma femme. Dieu m'en est témoin. Mais aujourd'hui je n'en peux plus. Je ne peux plus faire comme si de rien n'était. Je sais au fond de moi qu'Olivia ressent plus que de l'amitié pour moi. Si j'avais été un homme et que j'avais pris mes responsabilités plus tôt, Olivia et moi serions peut-être ensemble maintenant, et tout cela ne serait jamais arrivé. Olivia n'aurait pas été…elle n'aurait pas eu à subir ça. Je l'aurai protégé. J'aurai fait ce que je devais faire. »

Il est dans une spirale infernale que Don n'est pas sûr de pouvoir arrêter. Il sait que quand il s'agit d'Olivia, Elliot ne résonne jamais rationnellement. Il est abattu devant la tristesse de son ami.

« Arrête Elliot. Tu n'as rien fait de mal et tu le sais. Ces choses arrivent, tu les vois tous les jours, et tu sais que nous n'y pouvons rien. Dis-moi simplement ce que tu attends de moi. »

La respiration d'Elliot est rapide. Sa vie tombe en morceaux et il ne peut rien faire. Il ne maîtrise plus rien.

« La nuit dernière j'ai dormi au poste. J'aurai dû retourner à la maison mais je n'en ai pas eu le courage. Ma future ex-femme me déteste, ce que je comprends parfaitement, et la femme que j'aime ne veut plus me voir, ce que je comprends également. Je ne veux pas être seul. J'ai des idées noires et à l'heure actuelle je ne sais pas de quoi je suis capable. »

Don a un mouvement de recul aux derniers mots d'Elliot.

« Elliot, tu es catholique et tu sais que… »

Il n'a pas le temps de finir sa phrase qu'Elliot recommence sa tirade.

« Je m'en fous Don. Mes enfants sont grands, ils peuvent se débrouiller sans moi. D'ailleurs Kathy est un meilleur parent que moi de toute façon. »

Il commence à pleurer, ses dernières défenses s'effondrant devant son capitaine.

« J'ai brisé la vie d'Olivia. Je ne me le pardonnerai jamais. Et vivre avec ça est au-dessus de mes forces. La meilleure chose que je puisse faire est de… »

Lui non plus n'a pas le temps de terminer sa phrase. Olivia, se tenant toujours en haut des escaliers, prend la parole, avec une voix forte et assurée.

« Je t'interdis de dire une chose pareille. »

Elliot sursaute et lève les yeux dans la direction de sa voix. Mais quand il l'aperçoit, il tourne les yeux vers Cragen, sa bouche ouverte dans le choc.

« Vous auriez dû me dire qu'elle était là. Je ne serais pas venu si j'avais su. Je…je suis désolé. »

Il n'attend aucune réponse et se tourne rapidement pour partir.

Cragen veut le rattraper mais Olivia descend déjà les escaliers à toute vitesse.

« Non capitaine. Laissez-moi faire. C'est à cause de moi s'il est dans cet état. C'est à moi de régler tout ça. »

Elle passe devant Don et coure dans la direction d'Elliot.

« Elliot attends ! »

Mais il ne le fait pas. Il se dirige vers sa voiture d'un pas décidé.

Elle attrape son bras et le retourne pour qu'il lui fasse face.

« Elliot bon sang écoute-moi ! »

Il est face à elle mais ne la regarde pas. Sa tête est baissée vers le sol. Il n'a aucune envie de se confronter à elle.

« Regarde-moi. »

Au lieu de faire ce qu'elle demande, il secoue la tête de gauche à droite.

Elle sait que dans son état actuel, elle n'arrivera à rien. Elliot Stabler est borné et quand il a décidé quelque chose il le fait. Elle décide donc d'utiliser une autre tactique.

« Je sais pourquoi tu ne veux pas me regarder. Tu penses que je suis faible maintenant. Je suis une victime, je ne peux plus faire mon travail correctement. »

Sa remarque le fait réagir immédiatement. Il redresse la tête et la regarde, les yeux pleins de larmes.

« Jamais je ne penserais que tu es faible. Tu es la femme la plus courageuse que je connaisse. Et à mes yeux tu es la même personne aujourd'hui qu'avant ce qui s'est passé. »

Elle sait qu'elle a capté son attention. Elle doit maintenant faire en sorte qu'il comprenne que son refus de le voir était stupide et inutile.

«Je suis désolée de t'avoir repoussé. Mais j'avais tellement honte… »

« Honte de quoi ? Si quelqu'un doit avoir honte ici c'est moi. Ce qui s'est produit est entièrement de ma faute. Je préfèrerais être mort plutôt que… »

Elle ne peut pas s'en empêcher.

Elle le gifle.

Et elle ne le regrette pas.

Ses yeux sont noirs de colère et elle serre les dents.

« Je t'ai déjà dit de ne pas dire une chose pareille ! »

Il ne touche pas sa joue. Il ne sent pas la douleur. Il ne sent plus rien depuis le drame.

«Tu peux me frapper autant que tu veux, tu ne m'enlèveras pas de l'esprit que tout est ma faute. »

Elle va exploser. Elle veut le secouer pour le faire réagir mais sait que c'est inutile. Alors une nouvelle fois elle essaye autre chose.

« Est-ce que tu m'as drogué puis déshabillé et attaché sur mon lit ? »

Les yeux d'Elliot s'ouvrent en grand à la simple pensée d'une telle chose.

« Non… »

« Est-ce que tu m'as ensuite violé ? »

Il veut mourir.

« Olivia… »

« Est-ce que tu as fait libérer Schenkel et que tu lui dis de me violer ? »

Il se prend la tête à deux mains et se met à hurler.

« TAIS-TOI ! »

Elle fait deux pas vers lui et attrape ses mains. Elle essaye de les retirer mais il résiste. Elle pose alors son front contre le sien, ne le lâchant pas, et baisse sa voix pour l'apaiser.

« Bien sûr que tu n'aurais jamais fait ça. Tu le sais et je le sais. J'ai réagi comme ça parce que je ne pouvais pas te faire face. J'avais honte de ce qui m'était arrivé. Je ne voulais pas que tu me vois comme une victime. »

Il semble un peu se détendre mais ses mains ne bougent toujours pas.

« C'est pour se venger de moi que Schenkel t'as fait ça. Comment veux-tu que je vive avec ça ? »

« Tu devras vivre avec, comme je vais vivre avec le fait que je fais maintenant partie des statistiques. Mais une chose est sûre, je ne pourrais pas traverser cette épreuve si tu n'es pas à mes côtés. J'ai besoin de toi Elliot. Avec toi je surmonterais tout ça. Ma mère était seule… »

Il retire subitement ses mains de son visage et la regarde droit dans les yeux.

« Tu n'es pas ta mère. Tu n'es pas seule. Toute l'équipe est avec toi. »

Elle tente un sourire timide et caresse son visage.

« Mais c'est de toi que j'ai le plus besoin. Avec toi je sais que j'y arriverais. »

La culpabilité est toujours là. La honte et le chagrin aussi. Mais elle a besoin de lui. Alors il va être là pour elle. Avec elle.

« Ok. »

Elle retire les mains de son visage, et son cœur subitement semble mon lourd. Elle prend sa main et l'entraîne dans la maison chaleureuse de leur capitaine.

Ensemble il vont guérir, lentement mais sûrement.