Hello tout le monde :) D'abord, encore un grand merci pour les reviews, ensuite désolé pour le mini retard d'un jour, j'avais complètement oublié que je devais poster ! Vous m'en voulez pas ? :s
Cecile78 : Et oui, je suis désolée, dix chapitres avant de savoir… Mais ne t'inquiète pas. A mon avis, tu vas vite deviner toute seule x) Si j'étais toi, je ne m'habituerais pas trop au nouveau comportement tout timide de Blaine… :p Je n'en dis pas plus :x
5287DC : Contente que ça t'aie plu et que tu sois si enthousiaste à chaque sortie de chapitres xD Tu as de la chance, pour une fois je n'ai pas fait trainer les choses (comme j'ai l'habitude de le faire ^^), et tu vas savoir tout de suite pourquoi Blaine a changé !
Chandler se réveilla tôt. Il rentra dans la douche et prit son temps. Il voulait se relaxer le plus possible. Toutes les tensions du lycée le mettaient à fleur de peau. Surtout Sebastian. Sa présence constante près de lui, son charme plus qu'attirant, ses paroles, bien que quelques fois déplacées, si agréables à écouter et à relancer. Chandler avait besoin de se détendre. Il fit couler le shampoing dans sa paume et le mit dans ses cheveux blonds. Il se savonna ensuite le corps puis se rinça. Alors qu'il sortait en serviette pour prendre ses affaires, qu'il avait malencontreusement oubliées sur son lit, il fronça les sourcils en arrivant dans sa chambre. Quelque chose avait changé. Quelque chose dans sa chambre n'était plus à la même place, ou s'était modifiée. Il balaya la pièce des yeux pendant plusieurs secondes. Enfin, il trouva. La porte-fenêtre. Encore ! Elle était entrebâillée. Il soupira en songeant qu'il était sûr à cent pour cent qu'il l'avait bien fermée la veille. Qu'est-ce qu'il était étourdi ! Il traversa la chambre et verrouilla la porte. Il prit ses affaires et s'habilla rapidement. Ensuite, Chandler descendit dans la cuisine. Sa mère lisait un magazine féminin. Il l'embrassa sur la joue et commença à manger.
A la même heure, Kurt dormait encore. Pourquoi ? Parce que son réveil n'avait pas sonné. Il fallait vraiment qu'il pense à en racheter un autre. Quoi qu'il en soit, son demi-frère entra dans sa chambre en hurlant :
- Kurt, réveille-toi, tu vas rater les cours !
En même pas une demi-seconde, le châtain fut sur pieds, prêt à aller prendre sa douche. Rapidement, il enfila les premières affaires qu'il trouva – et ce fut une torture pour lui de ne pas prendre dix bonnes minutes à le faire, comme d'habitude – et se précipita en bas, où Carole avait préparé des muffins. Il en mangea un en vitesse et retourna dans sa chambre pour prendre son sac. Et alors il remarqua que quelque chose dans sa chambre n'était pas comme avant. La plante, qui était dehors, sur la fenêtre, avait été aplatie. Comme si quelqu'un avait appuyé sur les feuilles pour y voir à l'intérieur. Kurt aimait beaucoup cette plante. Il l'avait achetée en même temps que son blouson de « la Journée de l'Ecologie », pour donner de l'argent à des associations qui prenaient soin de la biodiversité.
Mais il reprit vite ses esprits. Il n'avait pas le temps de s'inquiéter pour une plante. Pour l'instant, il devait se dépêcher, car il risquait de manquer le début des cours. Et Chandler aussi. Il enfila un manteau – oui, il pleuvait, malheureusement – et sortit. Il monta rapidement dans sa voiture et démarra. Il actionna les essuie-glaces et monta le chauffage. Chandler patientait sur le pas de sa porte. Kurt roula des yeux. Pourquoi est-ce que son ami était tout le temps obligé de rester dehors pour l'attendre ? Le blond sourit et courut jusqu'à lui. Il ouvrit la portière et se faufila à l'intérieur.
- Salut ! lança jovialement Chandler.
Kurt lui sourit pour toute réponse puis reporta son attention sur la route. La pluie s'abattait sur le pare-brise avec violence. Le blond soupira longuement.
- L'hiver est vraiment la saison que je hais le plus. Regarde-moi toute cette pluie ! C'est le déluge.
- Oui, mes vêtements vont encore séjourner toute une journée près du radiateur.
Chandler ne répondit pas et sortit son téléphone portable. Kurt sourit.
- Tu parles encore avec Sebastian ?
- Non. C'est ma mère.
Kurt ignora sa remarque et dit :
- Il a réussi à avoir ton numéro ?
- Non, tu me crois assez fou pour le lui donner ?
Kurt rit et effectua un virage à droite. Ils arrivèrent enfin au lycée, avec seulement quelques minutes de retard. Comme la veille, la voiture rouge de Blaine était garée à côté de la place de Kurt. Ce dernier sourit vaguement et se plaça à sa place d'origine. Ensuite, Kurt se précipita en cours de maths et s'excusa auprès du professeur. Il regagna rapidement sa place près de Mercedes. Celle-ci rit et demanda ce qui lui était arrivé.
- Mon réveil n'a pas sonné. Faudrait que je le change.
- Oui, ça m'éviterait de passer dix bonnes minutes à flipper en pensant à ce qui aurait bien pu t'arriver cette fois.
- Tu as- Quoi ?
- Tu veux voir ? J'ai dressé une liste, dit-elle fièrement en brandissant un bout de papier sous son nez.
Kurt lut en haussant les sourcils :
1) Il a passé la nuit à pleurer sur « All By Myself ».
2) Il a passé la nuit à parler avec Finn.
3) Il a passé la nuit à se peloter avec Blaine Anderson.
4) Son réveil n'a pas sonné.
5) Son réveil a sonné mais il ne l'a pas entendu.
6) Il s'est étouffé avec un cookie.
7) Il s'est étouffé avec du lait.
8) Il est tombé en panne.
9) Il a fait le coup de la panne à Chandler.
10) Chandler était en retard.
11) Chandler est mort. (Yes !)
12) Il a eu un accident de voiture.
13) Il a rencontré Blaine Anderson en chemin et s'est arrêté pour lui faire l'amour.
14) Il a rencontré Blaine Anderson en chemin et s'est pris un arbre tellement il était submergé par ses sentiments.
15) Il a rencontré Lady Gaga et a fait une crise cardiaque, sans même lui avoir demandé un autographe.
Kurt soupira. Qu'est-ce que Mercedes pouvait être bête, parfois ! Franchement, les numéros 3, 13 et 14 étaient vraiment insensés. Kurt fronça les sourcils. Ces numéros étaient bizarrement tous en rapport avec Blaine. Il soupira et posa la feuille sur la table.
- Tu es décidemment folle. La moitié de ces choses sont soit surréalistes soit irrationnelles. Comment est-ce que je pourrais m'étouffer avec du lait ?
- Mon oncle est mort en s'étouffant avec un milk-shake à la banane, dit-elle simplement.
Kurt leva les yeux au ciel.
- Et pourquoi tu as écrit que j'ai fait le coup de la panne à Chandler ?
- Peut-être parce que tu es en manque d'affection ?
- Moi ? En manque d'affection ? Tu délires !
- Ah oui, j'oubliais que Monsieur Abdos te donnait ta dose de sexe tous les soirs.
Kurt ne répondit même pas. A quoi bon ? Mercedes avait toujours le dernier mot. La jeune fille plia la feuille et la rangea dans son cahier de mathématiques. Kurt risqua un regard en arrière. Blaine l'observait. Le châtain lui lança un petit sourire en rougissant. Blaine le lui rendit poliment. Puis le bouclé se reconcentra sur sa feuille de cours. Le garçon se demanda une nouvelle fois ce que Blaine avait voulu lui dire la veille. Il se promit intérieurement de lui demander la prochaine fois qu'il aurait l'occasion de lui parler. Alors que Mercedes était partie dans un monologue où elle décrivait l'incapacité de Chandler à s'arrêter de parler, Kurt crut entendre quelque chose d'assez intéressant.
- Tu peux répéter ? demanda-t-il.
- Je viens de dire que Chandler méritait d'être ligoté sur une chaise avec un bâillon sur la bouche, surveillé par des rottweilers prêts à lui sauter à la gorge pour lui arracher la langue et que-
- Non, non, juste avant.
- Ah, euh, je crois que je parlais du gars assis à côté de moi en arts plastiques.
- Et qu'est-ce que tu disais à propos de lui ?
- Ça t'intéresse tant que ça ? dit-elle malicieusement.
- Allez, Mercedes, s'il te plait ! s'agaça-t-il, souriant malgré lui.
- Bon, bon, d'accord ! Je vais assouvir ta soif de savoir. Bref. Ce garçon- C'est Sébastien, c'est ça ?
- Sebastian, corrigea le châtain.
- Ouais, pareil. Sebastian m'a parlé une fois en un mois. Et tu sais ce qu'il m'a dit ?
- Non…
- « Tu connais Chandler Kiehl ? »
Kurt ouvrit de grands yeux. Alors Sebastian s'intéressait tellement à Chandler ? Il voulait vraiment savoir ce que pensaient les autres de lui ? Il avala sa salive et vit Mercedes rire.
- Ça t'en bouche un coin, hein ? Tu es déçu ? Tu espérais peut-être qu'il te voie ? Ben c'est râpé. Apparemment, c'est Chandler qu'il veut. C'est bien dommage qu'il soit gay. Qu'est-ce qu'il est beau ! Si seulement il pouvait sortir avec moi… Ça pourrait redorer mon blason.
- Quel blason ? Celui de chanteuse sûr d'elle ?
- Exact. Si je sortais avec un mec aussi canon, peut-être qu'on me verrait plus comme la diva du lycée.
Kurt haussa les sourcils. Les filles et leur logique !
- Mais ne t'en fais pas, Kurt. Je suis sûr que Sebastian te trouve mignon. Mais bon, toi, tu as un bon lot de consolation qui t'attends, hein ?
- Un lot de consolation ? Qui ?
- Blaine, bien sûr !
- Hé, on n'est pas à la loterie.
Mercedes rit et Kurt l'accompagna.
- Enfin, quoi qu'il soit, dit la noire quand elle se fut calmée, Sebastian m'a demandé si je connaissais Chandler.
- Et tu as répondu quoi ?
- Que oui, et j'ai même ajouté qu'il était aussi chiant que la pluie.
Kurt leva les yeux au ciel, demanda ce que Sebastian avait répondu.
- Il a juste ri.
- C'est tout ?
- C'est tout.
Kurt eut une moue impressionnée. Quelqu'un qui voulait absolument coucher avec Chandler ne demandait pas plus de renseignement sur lui ? Etrange. Sebastian devait avoir d'autres sources. Peut-être avait-il demandé à d'autres lycéens ? Et peut-être que Blaine avait fait la même chose ? Est-ce qu'il avait demandé à Tina, par exemple, qui il était vraiment ? Kurt espérait bien que non. Elle aurait pu lui dire quelque chose comme : « Oh, Kurt est une vraie fille manquée. Ce qui lui plait, c'est surtout les vêtements et la musique. » Avec ça, le châtain était bien mal.
- Non, Kurt, Blaine ne m'a rien demandé sur toi, si c'est ce que tu te demandes.
Kurt haussa les sourcils. Comment avait-elle pu deviner ses pensées ? Il soupira et répliqua :
- Je ne pensais pas du tout à ça. Je me disais juste que le concours annuel de chant allait bientôt avoir lieu.
Mercedes changea de comportement du tout au tout : elle joignit ses mains et sourit comme jamais. Elle faillit crier de joie tellement elle était excitée.
- Si tu savais comme j'attends ça avec impatience ! C'est dans seulement quelques jours, jeudi prochain ! Je vais lui en mettre plein la vue, au jury ! Ni Tina, ni cette Rachel ne pourront me voler la victoire ! J'espère qu'il n'y aura pas trop d'inscrits…
Kurt sourit. Toujours cet esprit de compétition. C'est ce qu'il aimait chez Mercedes. Il dit :
- N'espère pas trop. Je vais casser la baraque avec ma prestation !
- Quoi ? Mais je croyais que tu n'allais pas concourir ?
- Finalement, j'ai décidé que si. Peut-être même que je chanterai avec Chandler, s'il est d'accord.
Mercedes soupira mais lui répondit gentiment :
- Alors, bonne chance. Et que le meilleur gagne !
Kurt serra en souriant la main qu'elle lui tendait. Le châtain se dit qu'il aurait peut-être sa chance, s'il chantait avec Chandler. Leurs voix s'accordaient à merveille et ça pourrait plaire au jury – qui se composait de Mme Sylvester et Mr Schuester, qui se détestaient comme chien et chat. Le garçon s'adossa au mur et tourna la tête vers la gauche. Blaine regardait Mercedes en fronçant les sourcils. Pourquoi avait-il cette expression ? Kurt se dit qu'il avait peut-être entendu de quoi ils parlaient. Mais c'était impossible. Il était bien trop loin. Enfin bon, Mercedes était aussi discrète qu'un éléphant au milieu d'une colonie de souris, en même temps. Le bouclé croisa son regard pendant quelques secondes et Kurt baissa les yeux, gêné. La sonnerie retentit alors et Kurt partit. Il ne savait pas si Blaine le suivrait, cette fois-ci. Il avait bien trop changé pour que Kurt puisse prévoir ses réactions. Mais il s'avéra qu'en ce point, le bouclé avait gardé ses habitudes. Le châtain sentit le regard ambré de Blaine posé sur lui dès qu'il sortit de la salle de cours. Kurt marcha quelques temps puis s'arrêta, attendant Blaine. Celui-ci lui sourit, gardant la tête haute. Kurt fronça légèrement les sourcils. Les quelques jours précédents, le bouclé avait été très timide et réservé. Est-ce que cette attitude démontrait qu'il était redevenu le même qu'avant ? « Pitié, non ! », pensa Kurt. Blaine s'adossa contre le mur près du châtain et sourit.
- Salut.
Même s'il y avait une once d'arrogance dans sa voix, ainsi que dans sa posture, Kurt crut qu'il n'avait rien de provoquant.
- Salut, Blaine.
Il émit un petit rire. Qu'est-ce qui pouvait bien le faire rire, comme ça ? Kurt décida de parler temps qu'il en avait la possibilité :
- Hum. Qu'est-ce que tu voulais me dire, hier ?
Blaine perdit immédiatement son sourire confiant. Il ouvrit la bouche mais aucun son n'en sortit. Il passa une main dans ses cheveux et bafouilla :
- Euh… Je voulais juste te dire que j'avais… changé. Et que c'était parce que…
Blaine soupira longuement. Il fuit le regard de Kurt quand celui-ci tenta de planter ses yeux dans les siens. Le garçon passa une main dans ses beaux cheveux bouclés et laissa retomber son bras le long de son corps.
- Parce que ? s'impatienta Kurt.
Blaine avala sa salive et le fixa, son regard plongé dans le sien. Il dit, avec une assurance mêlée d'une certaine timidité :
- Pour toi. Parce que je t'aime bien.
Kurt fut légèrement choqué. Alors Blaine aurait fait tout ça rien que pour lui? Non, impossible. Il était bien trop égocentrique. A moins que… ? Kurt secoua doucement la tête.
- Pour moi ? répéta-t-il.
- Oui, je me disais qu'on aurait pu être… amis.
- Amis ?
- Ouais, amis. Mais ça collait pas avec mon attitude, tu vois ?
- Ton attitude ?
- Tu pourrais arrêter de répéter tout ce que je dis ?
Kurt ouvrit des yeux ronds. Blaine avait changé pour lui, parce qu'il voulait qu'ils soient amis ? Il avait vraiment fait ça ? Ce n'était plus le Blaine hautain qu'avait connu Kurt. Ce n'était pas non plus le petit Blaine timide. C'était maintenant un Blaine… amical ? Kurt ne savait plus du tout quoi penser. Le châtain croisa les bras sur sa poitrine et haussa les sourcils.
- Tu veux vraiment être ami avec moi, Blaine ?
- Oui, soupira-t-il.
- Pourquoi ? s'étonna Kurt.
- Parce que j'en ai marre de te courir après et de n'avoir toujours aucun résultat au bout de presque un mois, dit-il calmement, quoique légèrement sec.
Kurt sourit. Ah, Blaine n'était pas aussi patient qu'il en avait l'air !
- C'est peut-être que tes méthodes n'étaient pas les bonnes.
- Tu insinues que je suis nul en drague ?
Kurt rit. Bien au contraire, Blaine était très doué. Il avait failli le faire craquer bien des fois. Kurt se remémorait même une fois où le bouclé l'avait poussé à bout. C'était dans les premiers jours, après leur baiser, Kurt s'était effondré dans son lit, un soir de lycée, et avait pleuré de toute son âme. C'était ridicule, mais ça lui avait fait beaucoup de bien.
- Non, dit le châtain dans un sourire. Je n'ai jamais dit ça.
- Donc, tu avoues que je ne te fais pas rien.
- En quelque sorte.
Blaine rit et posa délicatement sa tête contre le mur. De ses yeux ambrés, il regarda Kurt de haut en bas et esquissa un autre sourire.
- Désolé, Blaine, mais je dois y aller. Je vais être en retard en cours.
- Ok, on se voit après ?
Kurt se retourna et sourit, gêné. Alors Blaine voulait vraiment qu'il fasse comme des vrais amis ? Se voir après les cours, parler, rire… ?
- Euh, oui, si tu veux…, balbutia-t-il, un peu troublé.
Kurt entra dans sa salle de français et s'assit à sa place, devant. Son voisin, Brett, un jeune homme roux stupide mais gentil, lui sourit béatement. Kurt lui rendit un sourire poli et sortit ses affaires. L'autre garçon lui parla de la nouvelle prof de philosophie, une remplaçante, madame Holly Holiday, apparemment canon, mais Kurt n'écoutait que vaguement. Il pensait à Blaine et à son changement d'attitude. Le châtain voulait vraiment qu'ils soient amis, mais ça lui semblait assez bizarre. Il était de nature très différente. Alors que Blaine était plutôt dédaigneux et légèrement agressif, Kurt était doux et gentil. Ils n'étaient pas faits pour s'entendre, au premier abord. Mais peut-être qu'au-delà des apparences, leurs différends réussiraient à les rapprocher et à former une belle amitié. Kurt soupira longuement. Blaine occupait beaucoup trop son esprit, à son goût. Il savait que ses sentiments pour le bouclé étaient en train de changer du tout au tout, et ça en l'espace de quelques jours, mais il n'y pouvait rien. Kurt l'avait déjà dit : sa haine envers Blaine n'était que le résultat de son attitude acerbe. Et maintenant que le garçon était devenu assez agréable, bien que toujours un petit peu fier et hautain, Kurt commençait à l'apprécier d'avantage. Et ce n'était peut-être pas une si bonne idée que ça de se rapprocher de lui… Et s'il tombait vraiment amoureux ? Il céderait alors sûrement à ses avances et se retrouverait dans un lit, nu, en plein milieu de la nuit, Blaine à ses côtés. Comme le bouclé l'avait dit, c'était la seule chose qui l'intéressait. Mais, avec des conditions, ces fameuses conditions. Kurt essayait de se persuader que ce n'était rien, mais ça l'obsédait. Quelles pouvaient bien être ses exigences ? Kurt fronça les sourcils. Blaine avait changé. Peut-être que sa vision aussi ? Peut-être ne voulait-il plus coucher avec lui ? Peut-être avait-il juste envie d'une amitié ? Sans qu'il ne puisse rien y faire, Kurt fut secoué d'une vague de déception. « Attends, quoi ? », songea-t-il. « Je suis déçu parce que Blaine ne veut peut-être plus faire l'amour avec moi ? Je délire. Sérieux, il faut que j'arrête. » Le jeune homme châtain prit quelques notes sur sa feuille de cours et décida de cesser de penser constamment à Blaine. Il allait se tuer, à force.
Chandler prit son plateau pour aller au réfectoire. Kurt le suivait. Alors qu'ils s'apprêtaient à prendre leur place habituelle – enfin, leur « nouvelle place habituelle », depuis que Blaine et Sebastian avaient empiété sur leur territoire – quand le blond tourna la tête vers là où devait se trouver Sebastian. Blaine était en train d'essayer de le raisonner, apparemment. Il était debout, son plateau en main, et montrait une table plus loin. Sebastian semblait légèrement énervé. Il répliqua quelque chose sûrement prononcé d'un ton désagréable au bouclé. Blaine leva les yeux au ciel et partit s'installer à une autre table. Chandler vit le grand châtain tourner la tête vers lui. Ils échangèrent un regard. Le blond fronça les sourcils, signe qu'il ne comprenait pas l'attitude de Blaine. Peut-être s'étaient-ils disputés ? Mais Sebastian finit par soupirer et rejoindre le bouclé.
- Hé, Kurt ! le héla Chandler. Regarde, ils nous ont rendu notre place !
- De quoi tu parles ? répliqua l'autre garçon.
Chandler se dirigea vers leur ancienne table et s'assit, tout sourire. Kurt écarquilla les yeux et le suivit, ravi.
- C'est dingue ! D'abord Blaine te rend ta place de parking, et maintenant celle de cantine ! A mon avis, ça cache quelque chose…
Chandler tourna la tête vers la gauche pour regarder Blaine. Mais ce furent des yeux bleus qu'il croisa. Il baissa les yeux, gêné, alors qu'un large sourire se traçait sur le visage de Sebastian.
- Ça ne cache rien du tout, dit Kurt d'un ton neutre. Ils ont juste compris que c'était notre territoire.
- Kurt, arrête de faire ta tête de mule ! Reconnais que c'est louche. Je pense qu'il se passe un truc avec eux. Sebastian change…
Le blond adressa un regard tourmenté à Kurt. C'était vrai, Sebastian avait bien changé depuis le premier jour. Il avait déjà considérablement réduit ses nombreuses approches, et essayait de ne pas être trop agressif avec Chandler. Il avait même dit qu'ils étaient en quelque sorte amis. Quelque chose ne tournait pas rond du tout. Pourquoi ce soudain changement d'attitude ? Un sentiment d'effroi parcourut les veines du blond. Et si ce n'était que pour le mettre plus rapidement dans son lit ? Non, Sebastian ne pouvait pas être aussi mesquin…
- Blaine aussi change.
Chandler leva les yeux vers lui. Blaine aussi s'y mettait ? Quelles coïncidences bien étranges…
- Tu penses que c'est fait exprès ? Qu'ils fassent tout en même temps, je veux dire.
- Je ne sais pas. Mais il faut avouer que c'est bizarre, quand même.
Chandler commença à manger sa salade verte. Alors qu'il en était encore à saucer la sauce avec son pain, Kurt demanda, l'air tout naturel :
- Tu chanterais avec moi au concours annuel de chant, jeudi prochain ?
Chandler faillit lâcher sa fourchette. Kurt venait de lui demander de chanter avec lui dans un concours. Vraiment ? Pourtant, le châtain savait pertinemment que Chandler avait horreur d'être le centre d'attention et qu'il avait un trac terrible. Oui, Chandler adorait chanter, tout comme il aimait s'habiller, mais pas en public ! Le blond fronça seulement les sourcils et demanda d'une petite voix :
- Le- Le concours annuel de- de chant ? Tu- Tu es sûr ?
- Mais oui ! On adore chanter, Chandler. Toi et moi, on fait un super duo. On est capable de gagner, je le sais.
- Mais Kurt… Tu sais très bien que j'ai le trac…
- C'est pas grave, ça, Chan'. Tu vas voir, on va leur en mettre plein la vue.
- Mais, mais… Kurt, les jurés sont Sylvester et Schuester ! Ils vont nous laminer ! Et puis, Figgins oblige tout le lycée à venir regarder ! Sylvester a même envoyé des gaz toxiques pour obliger les élèves à assister au concours de l'année dernière.
Son ami leva les yeux au ciel. Chandler se mordit la lèvre.
- Chandler, ne t'inquiète pas, dit-il d'un ton doux. On va trouver une belle chanson en accord avec nos deux voix et on va exploser les autres concurrents. Peut-être qu'après, on ne nous verra plus comme deux homos inintéressants et débiles ? Peut-être qu'on nous respecterait enfin ?
- Non, ça, c'est à vie. Ils n'arrêteront jamais, Kurt.
- Bon, laissons ça de côté. Ce qui compte, c'est la victoire.
Chandler leva les yeux vers lui. L'important, ce n'est pas plutôt de participer ? Kurt pouvait vraiment être égoïste. Chandler soupira et réfléchit à toute vitesse. Quels étaient les arguments positifs ? S'amuser, passer un moment avec Kurt, impressionner l'auditoire. Les points négatifs ? Chanter devant tout le monde. Le blond dut se résoudre.
- Bon, c'est d'accord, on s'inscrira, soupira-t-il.
Kurt sauta littéralement de joie. Il joignit ses mains et éclata de rire, aux anges.
- Oh, merci, Chan' ! Tu verras, tu ne seras pas déçu ! Je crois qu'on devrait choisir quelque chose de sentimental, tu vois, genre Candles, de Hey Monday, reprit-il plus sérieusement. Mais j'ai peur que Sylvester n'apprécie pas et que le public s'endorme. On pourrait sinon donner aux lycéens ce qu'ils veulent…
- Du sang ? proposa Chandler.
- Non, du sexe.
- Du sexe ? Tu veux qu'on danse nus sur la scène ?
- Non, non ! rit Kurt. Mais bon, c'était juste une idée… Mais tu as raison, il vaut mieux oublier toutes les chansons sexy. On n'est pas très doués pour ça, nous deux.
Chandler soupira de soulagement. S'ils avaient dû chanter quelque chose du genre Animal, des Neon Trees, ou pire, sur Push It, de Salt'n'Pepa, le blond aurait fait une crise cardiaque et aurait tué son ami. « On peut tuer quelqu'un après une crise cardiaque ? », songea Chandler en fronçant les sourcils.
- Qu'est-ce que tu proposes ? fit le blond.
- Je ne sais pas du tout ! Je suis à court d'idées.
- Peut-être qu'on devrait commencer par s'inscrire ?
- Tu as totalement raison.
Ils sortirent dub réfectoire, comme ils venaient de finir de manger, et se dirigèrent vers le préau – il pleuvait toujours des cordes, dehors. Kurt et Chandler s'assirent par terre et commencèrent à parler des chansons.
- Bad Romance, Lady Gaga ? proposa Kurt. Je connais cette chanson sur le bout des doigts.
- Je préfère Katy Perry. Last Friday Night ?
- Je ne peux pas supporter Katy Perry, tu le sais bien ! protesta le châtain. Et si on faisait du Madonna ? Sylvester adore Madonna ! 4 Minutes ?
- Bof, je ne sais pas trop… Ou sinon You Keep Me Hanging On, de Diana Ross ? Parce que Sebastian s'accroche à moi, et je ressens vraiment ce besoin qu'il me laisse tranquille.
- Oui, mais en ce moment, ça va mieux, non ? Je veux dire, Blaine est beaucoup plus gentil avec moi.
- Ouais, Sebastian aussi… On pourrait essayer quelque chose qui reflète le calvaire du lycée ? Que les autres comprennent bien qu'on en a marre d'être humiliés.
- Tu as raison… Il y a Control, de Janet Jackson.
- Oui, ça me plait bien.
Chandler sourit et Kurt aussi. Les deux garçons discutèrent ensuite de comment ils allaient se répartir les paroles. Alors qu'ils terminaient leur conversation, la cloche sonna. Le blond partit en cours et pendant la première heure de cours ne fit qu'écrire. Ensuite, il eut anglais et se posta près de Sebastian, qui était déjà assis.
- Salut, Chandler.
Le blond lui sourit simplement puis sortit une feuille vierge pour écrire la suite de son histoire. Alors qu'il commençait la quatrième ligne, Chandler releva soudain la tête.
- Sebastian ?
- Mmh ? dit-il dans un grand sourire.
- Euh, je peux te poser une question ?
- Tu viens de le faire.
Chandler leva les yeux au ciel. Il sourit quand même et reprit :
- Je reformule : J'ai une question.
- Je ne sais pas pourquoi, mais je n'ai jamais trop aimé que les gens disent « J'ai une question » avant de demander quelque chose. C'est complètement idiot. Autant demander ce qu'on veut directement.
Chandler roula des yeux et répliqua :
- Tu vas me laisser te poser cette question, oui ou non ?
- Je t'en prie, très cher.
Le blond soupira et demanda :
- Pourquoi vous nous avez rendu notre place à la cantine ?
Sebastian haussa les épaules.
- C'est pas moi, c'est Blaine. Il m'a pris la tête pour vous laisser votre place.
- Et, pourquoi ?
- Je ne sais pas. Ça avait sans doute un quelconque rapport avec Kurt.
- Pourquoi ?
- Je ne sais pas, moi ! Blaine a seulement dit qu'il en avait marre de lui courir après et de n'avoir aucun résultat. Il veut être ami avec lui, c'est tout.
Chandler plissa les yeux et demanda :
- En gros, ce qui se passe entre toi et moi ?
- On peut dire ça comme ça. Sauf que je n'étais pas trop pour vous rendre votre place.
- Ah, oui ? Pourquoi ça ?
- Ben, il ne faudrait quand même pas qu'on devienne de gentils petits moutons sous prétexte que notre capacité de séduction est remise en question. Je veux dire, il faut qu'on reste respectés.
- Je te respecte.
Sebastian haussa un sourcil.
- Tu me respectes ? Avec tout ce que je t'ai fait ?
- Tu as changé, dit-il simplement.
A ces mots, le châtain se renfrogna un peu.
- Quoi ? fit Chandler en fronçant les sourcils.
- Rien, soupira Sebastian.
Il rouvrit la bouche pour ajouter quelque chose mais la referma aussitôt.
- Qu'est-ce que tu allais dire ?
- Rien d'important…
- Allez, Seb ! protesta Chandler, espiègle.
Le blond porta ses mains à sa bouche et s'excusa timidement :
- Pardon, je ne voulais pas t'appeler comme ça, c'est sorti tout seul. Désolé, Sebastian, je-
- T'inquiète pas. Je m'en fiche. Appelle-moi comme ça te chante.
Chandler acquiesça vivement en souriant un peu. Le châtain lui retourna son sourire puis dit de lui-même :
- J'allais dire qu'avant, je n'aurais jamais fait tout ça pour un mec. Je veux dire, oublier mes habitudes, devenir « gentil » et tout… Faut croire que tu es spécial.
Sebastian plongea son regard bleu azur dans celui, vert, de Chandler. Ce dernier rougit et baissa les yeux. La sonnerie retentit, tirant Sebastian de sa contemplation. Chandler rangea ses affaires et sortit de la salle d'anglais. Il y avait une très courte récréation entre cette heure-là et celle de philosophie. Le blond rejoignit tranquillement son casier et tourna le cadenas pour l'ouvrir. Il déposa les affaires dont il n'avait pas besoin à l'intérieur, prenant celles qui lui étaient nécessaires. Il referma la porte et sursauta en voyant qui se trouvait derrière. Karofsky, Azimio, Mike et Matt.
- Voici donc notre petit Kiehl, ricana Karofsky.
Chandler déglutit. « Oh non, pas eux. » Les footballeurs allaient encore le jeter dans la benne ou… Non. Ils avaient des sodas dans la main. Chandler ferma les yeux un instant. Il allait se faire jeter un slushie. La pire des humiliations. Se recevoir un soda sucré et collant dans le visage. « Je n'ai pas pris de vêtements de rechange ! », pensa le blond, anxieux.
- On se disait que ça faisait longtemps qu'on n'avait pas eu affaire à toi, ajouta Azimio.
Chandler leva les yeux vers Matt et Mike. Aucun des deux ne souriait. Ils n'avaient pas l'air de s'amuser autant que leurs deux compères. Peut-être qu'ils n'aimaient pas se moquer des losers dans le genre de Chandler ? Enfin quelqu'un de censé dans ce fichu lycée.
- Donc, on s'est dit que nos amis qui sont juste là, dans nos mains, allaient te dire un petit bonjour ! termina Dave.
Le blond ferma les yeux et coupa son souffle et attendit que les quatre footballeurs lui jettent leurs boissons. Mais rien ne vint. Les rires de Karofsky et Azimio s'arrêtèrent également. Intrigué, Chandler ouvrit un œil et osa respirer à nouveau. Les quatre lycéens étaient toujours dans la même position, soda à la main, mais ils regardaient derrière Chandler. Celui-ci pivota avec précaution sur lui-même et sursauta. Sebastian, l'air fier et sûr de lui, avait le regard planté sur Karofsky et Azimio.
- Qu'est-ce que tu veux, toi ? attaqua Azimio. Tu vois pas qu'on est occupés ?
Sebastian rit doucement.
- Qu'est-ce qui te fait rire, Smythe ? grommela Karofsky.
- Au moins tu as retenu mon nom, Dave. Je ne pensais pas que ta cervelle de moineau pouvait contenir autre chose que de la merde.
- Si tu veux parler de toi, alors oui, mon cerveau ne contient que de la merde ! répliqua le noir, provoquant le rire de ses amis.
- Je ne savais pas que je remplissais autant tes pensées. Mais je suis désolé, je ne suis pas intéressé. Je ne fais pas dans les mecs gros qui puent la transpi et qui se masturbent devant Grey's Anatomy.
Karofsky perdit son sourire et fronça les sourcils, ne trouvant rien à répondre. Mike et Matt se regardèrent et esquissèrent un sourire discret. Chandler se tourna vers Sebastian. Ce dernier, un sourire victorieux sur les lèvres, baissa les yeux vers le plus petit et lui fit un clin d'œil. Apparemment, il avait touché un point sensible de Karofsky.
- Te laisse pas faire, mec, chuchota Azimio à son ami.
Dave balbutia quelque chose d'incompréhensible à Sebastian avant de répondre clairement :
- Ouais, ben moi, au moins, je suis pas pédé comme toi !
- Oh, mais moi, je l'assume. Toi, ça doit faire si longtemps que tu es au fond du placard sans jamais oser en sortir que tes parents doivent t'avoir oublié, maintenant.
Karofsky resta sans rien dire pendant plusieurs secondes encore, cherchant ses mots. Mais il ne pouvait égaler la puissance et l'expérience de Sebastian.
- Smythe, je te jure que si tu nous laisses pas tranquille maintenant, tu le regretteras. Et c'est pas tes tablettes en chocolat qui vont te sauver. On est quatre, tu es seul.
- Mes tablettes, comme tu dis, peuvent venir à bout de n'importe qui.
Sebastian coula un regard qui en disait long vers Chandler. Le blond rougit en comprenant le message. Sebastian était en train de lui dire qu'il « viendrait à bout de lui grâce à ses abdos ». Ce qui, au goût de Chandler, était un peu prétentieux, mais pas vraiment étonnant venant de Sebastian.
- C'est ce qu'on va voir ! s'énerva Karofsky, le défiant de sa main libre.
- Du calme, du calme, King Kong. Je ne veux pas me battre avec toi.
- Ah ouais ? Et pourquoi ? T'es sûr de perdre, c'est ça ? ricana Azimio.
- A ta place, je ne la ramènerais pas trop, Azimio.
- Et pourquoi, hein ?
- Tu n'es pas en position de te moquer de moi.
- Et toi, tu crois que t'es en position ? Regarde, t'es derrière Kiehl. T'es qu'une tapette. T'as peur de nous.
Sebastian haussa les sourcils et émit un petit rire :
- Ce que tu viens de dire est assez déplacé.
Chandler rougit encore plus et sourit un peu. Azimio ne semblait pas comprendre le sens de ses paroles. Sebastian soupira et fit reculer Chandler avec son bras droit. Le ventre du blond frémit au contact du bras et une vague de chaleur envahit son corps. Sebastian le protégeait. Sebastian le protégeait. Le grand châtain lança un regard de défi aux quatre joueurs de foot.
- Laisse-nous, Smythe ! fit Karofsky, agacé. On t'a rien demandé. On veut juste s'amuser avec Kiehl.
- Le seul qui s'amusera avec lui, ce sera moi.
Chandler fut assez choqué par ses paroles. Sebastian espérait donc encore faire l'amour avec lui ? Le blond soupira mais ne put empêcher des rougeurs d'apparaître sur ses joues. Aucun des footballeurs ne comprit, et Dave reprit :
- Si tu te pousses pas de là, tu vas te recevoir du soda dans la gueule.
Sebastian haussa les épaules.
- Vous n'oseriez pas.
- Ah ouais ? Qu'est-ce t'en sais ? dit Azimio.
- Vous n'êtes que des lâches. Vous n'assumez même pas qui vous êtes.
Chandler put voir Karofsky froncer les sourcils, ainsi que Mike. Matt et Azimio restèrent neutres.
- On voit pas de quoi tu parles.
Le noir se tourna vers ses amis et lança :
- Bon, et si on en finissait, les gars ?
- Ouais, marmonna Dave.
Mike, Matt, Karofsky et Azimio levèrent la tête vers Sebastian, qui était toujours devant Chandler, et se préparèrent à jeter le contenu de leur soda aux deux garçons. Mais, en un éclair, Sebastian avait déjà envoyé un coup de pied dans le tibia de Dave et Azimio. Les deux lycéens hurlèrent de douleur et se tinrent les jambes, renversant malencontreusement leurs boissons. Mike et Matt, horrifiés autant par la rapidité que par la force de Sebastian, regardèrent le châtain, bouche bée. Sebastian les fixa en souriant. L'asiatique et son ami déglutirent.
- Je vous laisse le choix : le tibia ou l'entrejambe ?
Mike et Matt se jetèrent un regard en coin, acquiescèrent brièvement, et s'enfuirent, laissant tomber leurs sodas par terre, éclaboussant Azimio et Dave, qui étaient au sol. Les deux footballeurs venaient de se relever et, furieux, se dressèrent devant Sebastian.
- Tu vas payer, sale tafiole !
Azimio se jeta sur lui malgré la douleur et tenta de le frapper. Mais, à cause de sa corpulence et son mal au tibia, il était trop lent et Sebastian le frappa au ventre et au visage. Le noir retomba à terre en gémissant. Karofsky arriva à son tour et ne réussit qu'à recevoir un coup de poing dans le nez et à se faire projeter contre les casiers. Le châtain croisa les bras sur sa poitrine, pas le moins du monde fatigué, attendant qu'ils reviennent à la charge. Dave se leva le premier et tenta d'attraper Sebastian par le col de sa veste Hollister mais le plus grand des deux lui prit les bras, les tirant jusqu'à ce que la tête de Karofsky heurte violemment le genou du châtain. Dans un cri de douleur, Dave tomba à terre. Azimio venait de prendre Sebastian à la gorge, par derrière. Chandler eut un hoquet de surprise et eut peur que son ami ne se fasse mal. Mais il ne lui vint pas en aide il se serait fait jeter au sol par cette grosse brute d'Azimio. Le footballeur envoya valser Sebastian à l'autre bout du couloir. Ce dernier fut sur pieds en moins d'une demi-seconde et se jeta sur le noir, le faisant tomber par terre à cause de son poids. Sebastian se retrouva sur l'autre lycéen. Il le frappa deux fois au visage puis se releva, le laissant sur le sol. Azimio cria :
- Tu vas pas m'avoir comme ça, espèce de salope !
Chandler tourna la tête. Une dizaine de gens s'étaient réunis autour d'eux et regardaient la bagarre en encourageant pour la plupart Azimio et Karofsky, qui était encore à terre. Dave se leva en se tenant la tête et dit d'une voix brisée :
- J'vais te tuer, Smythe, j'vais te tuer !
Il s'approcha de Sebastian qui lui donna un coup de pied dans le ventre. Le garçon retomba au sol et ne se releva plus. Azimio était en train de se remettre debout. D'une démarche vacillante, il s'approcha du châtain et dit, en colère :
- Tu vas voir ce que tu vas voir, fils de pute !
- Tu traites encore une fois ma famille et je te jure que je ne vais pas me retenir de te faire mal. Tes blessures ne sont qu'un dixième de ce que je peux t'infliger.
Chandler frissonna. Sebastian et ses menaces lui faisaient peur. Il avait l'air tellement dangereux, impitoyable, furieux et puissant. On aurait dit que rien ne pouvait l'arrêter. Chandler cligna des yeux et attendit la suite en tressaillant légèrement.
Azimio venait d'essuyer le sang qui coulait de sa bouche. Mais au moment où le footballeur allait faire un autre pas pour frapper son adversaire, quelqu'un dans la foule cria presque :
- Sebastian, non !
Chandler connaissait cette voix, mais ne pouvait pas mettre un visage dessus. Sebastian se retourna vivement et, distrait par cette personne, se prit un coup de poing dans la figure. Il tomba à terre et leva la tête vers le nouvel arrivant, qui était penché au-dessus de lui. Chandler le reconnut aussitôt. Cette tignasse bouclée horrible ne pouvait appartenir qu'à une personne : Blaine Anderson. Sebastian fronça les sourcils et accepta la main tendue que lui offrait le bouclé. Il se releva et interrogea son ami du regard.
- Ne fais pas ça, Sebastian.
- Pourquoi ? Ce connard m'a cherché et-
- Sebastian. N'oublie pas ce que ton père a dit.
Le châtain leva les yeux au ciel et soupira longuement. Azimio se tenait le ventre et avançait vers eux d'un pas lourd et chancelant. Il allait retenter un autre coup de poing mais Sebastian lui lança :
- C'est bon, je crois que tu as eu ta dose, Azimio. Retourne faire mumuse avec les Barbies de ta petite sœur et ne te remets plus en travers de mon chemin.
Le noir écarquilla les yeux et ne trouva rien à redire. Il partit d'une marche lente et hésitante, tout de suite aidé par d'autres footballeurs ou pom-pom-girls. Blaine hocha la tête en souriant faiblement. La foule commençait à s'éclipser, déçue que la bagarre n'ait pas duré plus longtemps. Chandler, un peu hésitant, s'approcha lentement de Sebastian et Blaine. Le bouclé le regarda d'un air indifférent. Le châtain, lui, lui sourit légèrement.
- Merci, murmura Chandler au plus grand. Je n'y serais pas arrivé tout seul.
Le visage de Blaine sembla s'éclairer. Il sourit et se yeux pétillèrent.
- Tu t'es battu pour lui ?
- Ils allaient lui jeter un soda dessus, se justifia Sebastian. Il fallait bien que je le défende. Il ne fait pas le poids face à ces abrutis.
Le blond ne se sentit même pas insulté. Il hocha la tête pour confirmer à Blaine les dires du châtain. Le bouclé sourit de plus belle mais n'ajouta rien. Sebastian, ignorant la présence de Blaine, posa sa main sur le bras de Chandler et lui sourit. Le blond ne put s'empêcher de rougir.
- Ça va ?
- Oui, oui. C'est plutôt à moi de te demander ça. Comment tu te sens ?
Sebastian rit en détourant les yeux. Blaine, à côté, avait les bras croisés et les observait en souriant de toutes ses dents.
- Bien, ne t'en fais pas pour moi, Chandler.
Blaine rit et dit :
- Bon, ben, je vais vous laisser, moi…
- C'est ça, tu n'as qu'à aller retrouver Kurt, railla Sebastian.
Chandler sourit et Blaine roula des yeux en se dirigeant vers la cour de récréation où la pluie avait laissé place à un ciel nuageux et de grandes flaques d'eau sur le sol. Sebastian reporta son attention sur le blond et soupira. Il n'avait toujours pas enlevé sa main du bras de Chandler, et le blond s'en fichait. Il trouvait que ça lui faisait du bien d'être proche du châtain. Il se sentait protégé. Chandler, à la simple pensée que Sebastian s'était battu pour lui, frissonna de plaisir.
- Hum. Je- Je vais te laisser, Chandler. Ça vient de sonner. A lundi. Bon week-end.
Chandler sentit le pouce de Sebastian lui caressa le bras. Sebastian s'en alla ensuite. Le blond soupira et entra en cours de maths. Pendant toute l'heure, il ne cessa de penser et repenser à la bagarre de Sebastian et les deux autres garçons. Le châtain avait été si fort et si courageux. Il avait si bien défendu le blond. Chandler se sentait tellement en sécurité. Si Sebastian n'avait pas été là, le garçon serait encore dans les toilettes à essayer désespérément d'enlever le liquide sucré de ses vêtements et de ses cheveux. Plein de fois dans sa vie, Chandler avait dû avoir affaire avec les slushies. Le dernier remontait à quelques jours avant l'arrivée de Sebastian. Un mois environ, donc. Mais les sodas dans le visage n'était qu'une des humiliations dont étaient capables Karofsky et sa bande. Souvent, Kurt et Chandler se faisaient jeter dans la benne à ordures, derrière le lycée. Une fois, Azimio l'avait même couvert de sauce tomate dans la cafétéria. Mais le pire était bien le slushie, parce qu'en plus d'être une humiliation publique, il était désagréable : le sucre s'infiltrait dans les yeux et entre les racines des cheveux le liquide froid s'insinuait de partout et c'était un vrai calvaire de faire partir les taches sur les vêtements. Chandler était bien heureux de ne pas avoir été slushié. Tout ça grâce à Sebastian. Si, quelques semaines plus tôt, on lui avait dit que Sebastian Smythe, l'emmerdeur de première, celui qui le coinçait contre un mur pour lui suçoter l'oreille, le sauverait d'un soda, le blond n'y aurait pas cru. Mais il devait se rendre à l'évidence : Sebastian avait changé. Sebastian était devenu gentil. Sebastian était devenu son ami.
