Et voilà la suite. Merci une nouvelle fois à Artemis, qui décidemment est vraiment adorable, et aussi à Elisa83 pour leur reviews.

J'espère que vous aimerez la suite.


Hermione fut réveillée le lendemain par un bruit énervant et répétitif.

"C'est déjà le matin…" Pensa-t-elle.

Elle tendit la main, espérant arrêter cet agaçant réveille-matin, mais au lieu de rencontrer sa table de nuit, sa main toucha une surface dure et froide.

Elle ouvrit brusquement les yeux.

- Oh non, c'était pas un cauchemar…marmonna-t-elle, en se redressant sur son séant.

Elle avait mal partout; s'étant endormie dans une position moins que confortable, et la tête sur le côté, elle avait hérité d'un torticolis.

Puis le bruit agaçant revint.

Se frottant énergique les yeux, Hermione balaya la salle du regard et avisa son amie, toujours en train de dormir.

Le bruit provenait d'elle.

- Lily ! Appela la jeune fille, de mauvaise humeur. Lily !!

- Hein…que…quoi ? Sursauta-t-elle.

- Ta montre ! Elle sonne depuis dix minutes !

La Serpentard, pas encore réveillée, bailla, éteignit le réveil et se mit debout.

- Bien dormi ? S'enquit-elle.

Hermione grogna.

- Super. Alors, t'as pensé à comment nous sortir de là ?

- Eh, oh ! Je viens de me réveiller ! T'y as pensé, toi ?

Le Gryffondor grogna à nouveau, décidemment de vraiment mauvaise humeur.

Pendant un instant, elles ne dirent plus rien, fâchées l'une contre l'autre.

Puis, Hermione, perdant patience, et mourant de faim, sortit sa baguette magique.

- Qu'est-ce que tu fais ? Demanda Lily.

- Je n'ai pas envie de rester coincée ici, alors je vais tenter quelque chose pour nous faire sortir, vu que j'ai l'air d'être la seule que cette situation embête.

Lily resta interdite deux secondes, puis croisa les bras et foudroya son ex-meilleure amie du regard.

- Bombarda! hurla Hermione.

Le rayon rouge fusa vers le mur…et rebondit vers elles.

Les deux jeunes filles se baissèrent précipitamment, le sort rasant leurs têtes, les évitant d'un poil.

Puis il rebondit à nouveau sur le mur de derrière, et le manège continua jusqu'à ce que le rayon frôle la joue de Lily, qui excédée, et quelque peu apeurée, sortit elle aussi sa baguette, et cria:

- Finite Incantatem!

Et tout s'arrêta, le rayon s'évanouit dans les airs.

Lily se tourna vers Hermione, les sourcils levés, une moue légèrement méprisante sur le visage:

- La prochaine fois que tu as une idée comme ça, tu t'abstiens !

- Mais j'en peux plus ! Je veux rentrer chez moi ! On ne sait même pas où on peut être et personne ne sait où nous chercher !

- Écoute, 'Mione, on va attendre de trouver une solution qui ne nous tue pas au passage, parce que j'ai l'impression que cette salle est imperméable à la magie. Mais on s'en ira, je te le promets.

Hermione soupira puis acquiesça, vaincue.


Pendant ce temps là, dans le bureau du Directeur:

- Comment ça vous avez fouillé tout le château et elle n'y est pas ? S'écria Severus.

- Sont, mon cher, elles n'y sont pas…corrigea machinalement Dumbledore.

- Peu m'importe ! Je parle de ma fille ! On ne disparaît pas dans ce château. Vous savez toujours où se trouve tout le monde, pourquoi pas elles ?!

- Je ne sais pas, Severus, je ne sais pas. C'est comme si elles avaient quitté le château, comme si elles s'étaient…volatilisé. Pourtant je sais pertinemment qu'elles sont encore ici, mais où…je n'ai pas la réponse pour le moment.

Severus s'affaissa dans le fauteuil en face du bureau directorial, et prit sa tête entre ses mains:

- Et il y a un monstre en liberté…Peut-être est-elle déjà morte…

- Ne pensez pas à cela. Elles sont sûrement en vie. Nous n'avons pas retrouvé de corps, ni de sang.

- Mais, vous avez bien vu l'état du placard ! Il a été complètement ravagé ! Et il n'y avait pas d'issues…

- Severus…ne pensez pas au pire…je vous en conjure.

- Vous ne comprenez pas ! S'écria l'homme en noir, en se redressant brusquement. J'ai promis ! J'ai promis à sa mère que…quoiqu'il arrive…

- Oui ? S'enquit le vieux mage, soudain intéressé.

- Que quoiqu'il arrive…je la garderai en vie…pour…

- Pour quoi ?

Il secoua la tête comme pour sortir de la transe dans laquelle il s'était plongé.

- Rien. C'est personnel.

Dumbledore le regarda pensivement, sachant que son ancien élève lui cachait quelque chose. D'important en plus.


-Mais où est-elle, par Merlin ?! Murmura Draco furieusement à Blaise, en cours de Métamorphose.

- Je ne sais pas, mais avec le monstre de Serpentard en liberté, si on ne la retrouve pas bientôt…

Il laissa sa phrase en suspend, comme si prononcer le reste accélèrerait la mise à mort de leur amie.

- Je m'en veux…c'est horrible !

- Pourquoi cela ?

- Si on était resté avec elle au lieu d'aller voir ce stupide matche, peut-être que…

- Que quoi ? On aurait rien pu faire. On aurait été dans le même pétrin qu'elle, si pétrin il y a bien sûr, c'est tout !

- Oui mais…


- …on aurait été avec elle au moins ! Marmonna Ron à Harry de l'autre côté de la salle de Métamorphose.

Sans se concerter, eux aussi parlaient de la disparition de leur meilleure amie.

- On est toujours ensemble dans les aventures. Là, on ne sait même pas ce qui lui est arrivé ! Peut-être que c'est cette Serpentard, elle l'aura tuée dans un coin sombre du château et se sera enfuie ensuite…

- Ron…c'est absurde. Je crois que Hermione et Snape sont dans le même bateau cette fois…

Weasley soupira. Cela faisait bientôt deux jours que les deux jeunes filles avaient disparu et rien n'avait bougé; les recherches n'aboutissaient à rien, personne n'avait rien vu, rien entendu. Rien, rien, rien !

Et cela mettait les nerfs à vif à trois personnes en particulier: Severus, Weasley et Draco.

- J'ai l'impression que tout le monde a bien écouté ce que j'ai dit…grinça la voix du Professeur McGonagall. Messieurs Malfoy, Zabini, Potter et Weasley, puis-je savoir ce qui vous passionne tant ?

Les quatre garçons échangèrent un regard surpris et gêné.

- On parlait de…commença Blaise.

- Lily.

- Hermione.

Draco et Ron avaient parlé en même temps. Leur malaise augmenta, mais bizarrement personne n'esquissa le moindre sourire. Cette double disparition affectait tout le monde.

- Je vois. Dit McGonagall en perdant de sa morgue. Venez me voir tous les quatre après le cours.


Il faisait noir. Totalement noir. Elle ne voyait pas les murs, ni le sol, ni le plafond; tout se confondait dans un noir intersidéral, lourd, mais étrangement apaisant.

Et elle se trouvait au milieu de ce vide, ne sachant où elle était.

Soudain, une voix mélodieuse retentit, l'appelant avec tendresse.

- Lily…viens avec nous…

C'était la voix d'une fille, qu'elle n'avait jamais entendu, elle en était sûre, mais qui pourtant lui disait vaguement quelque chose.

Puis une autre voix pris le relais. Celle d'un homme cette fois.

- Lily-jolie…

Inconnue elle aussi, mais une vague d'amour la traversa avec tant de force qu'elle en fut ébranlée.

- Lily…

Cette fois, comme pour la première, la voix résonna dans le cœur de la jeune fille. Elle ne se rappelait plus ! Elle connaissait cette voix d'homme, elle savait qu'elle les connaissait toutes, mais elle ne se souvenait plus !

- Lily…

Encore une voix d'homme, douce, calme, très différente de celle d'avant qui était énergique et enjouée, mais qui apportait elle aussi une forte dose d'amour.

Et enfin la dernière voix, elle le savait, se fit entendre.

- J'arrive ! Attendez-moi !

Elle sursauta. Elle ne s'était pas du tout attendue à ça. Pourquoi cette dernière personne - une fille - n'avait-elle pas dit son prénom comme les quatre autres ? Pourquoi avait-elle répondu à sa place ? Qui étaient ces gens ?

Elle se rendit soudain compte que les voix s'étaient tues.

- Revenez ! Cria la jeune fille. Qui êtes-vous ? Qu'est-ce que vous me voulez ? Revenez !

Mais les voix ne revinrent pas.

Elle baissa la tête, vaincue.

Un puissante lumière blanche l'aveugla un instant. Elle redressa la tête quand les points devant ses yeux s'estompèrent.

Deux grands yeux vert la fixaient.

Elle sursauta.

Qu'est-ce que les yeux de Potter venaient faire ici ?

Un autre regard s'ajouta au vert émeraude. Ils étaient bleus cette fois.

Les siens ! C'était ses yeux à elle ! Personne n'avait cette couleur particulière de bleu, sauf…

Marrons. Des yeux marron la regardaient à présent.

Hermione ?

Elle ne connaissait personne avec des yeux marrons, ou du moins, personne qu'elle appréciait…

Un quatrième regard apparut. Ambre. Les plus beaux qu'elle ait jamais vu, mais les plus tristes aussi. Une petite lueur brillait faiblement à l'intérieur de ce regard et elle en fut bouleversée.

Le dernier regard arriva.

- Draco…murmura-t-elle.

Ils étaient gris ces yeux. Comme ceux de son meilleur ami.

Non ! Ce n'était pas ceux de Draco. Mais ce n'était pas ceux de Draco, elle aurait pu en jurer.

Le cœur de Lily s'accéléra. Elle ne connaissait personne à qui appartenait ces cinq paires de yeux, excepté Potter bien sûr, mais ils lui étaient familiers…

Doucement, les voix revinrent, toutes en même temps. Elle ne cessait de répéter son nom. Toujours.

Les yeux s'animèrent, et commencèrent à tournoyer autour d'elle, de plus en plus vite.

De plus en plus vite, de plus en plus vite ! Les voix devinrent fortes, nombreuses. Elles disaient autre chose que son nom. Des morceaux de vie, mais on ne distinguait plus rien de ce qu'elles racontaient.

Vite, vite, vite…!

- Lily !

La Serpentard se réveilla en sursaut. Elle était allongée par terre et Hermione lui secouait l'épaule, le visage inquiet.

- Tu vas bien ? Lui demanda-t-elle

- Je…oui, je crois que ça va. J'ai fait un drôle de rêve.

- C'était pas un cauchemar plutôt ? Tu remuais comme une possédée, en marmonnant des choses incompréhensibles.

- Je marmonnais ?

- Oui. Je n'ai rien compris d'ailleurs.

Lily baissa la tête, déçue. Peut-être qu'elle avait dit inconsciemment le nom de ces personnes.

- De quoi as-tu rêvé ?

- Je ne me rappelle même plus. Mentit la Serpentard.

Elle aimait beaucoup Hermione, mais cela ne concernait qu'elle. Elle n'en parlerait à personne. La jeune fille savait qu'avec son pouvoir d'empathie il était possible qu'elle fasse des rêves prémonitoires, mais c'était à un niveau bien plus élevé que le sien, et d'ailleurs, c'était du charabia ce rêve ! Elle ne voyait pas quoi tirer d'une suite d'yeux la regardant et de voix l'appelant !

- Ça fait longtemps que tu en fais ? Redemanda Hermione.

- Pardon ?

- Des cauchemars.

- Bof…

- Lily ?

- Peu importe. Pour l'instant on a d'autres choses plus importantes à résoudre.

Son ventre gargouilla bruyamment. Hermione eut un faible sourire.

- On dirait Ron…plaisanta-t-elle.

- Un autre jour je me serais sentie vexée, mais là je suis tellement fatiguée, et j'ai tellement faim que rien ne me fâche.

- Cela fait combien de temps qu'on est là ?

- Je ne sais pas. Trois jours sûrement. Trois jours sans manger…

- Et sans nouvelles des autres. Tu crois qu'ils nous cherchent ? Ils nous auraient trouvé déjà…

- Ils nous cherchent 'Mione, mais ce château est immense, et à mon avis, cette salle ne doit pas être indiquée sur les plans.

- Quoi ?

- Eh bien…je suppose que tu n'as jamais lu quelque part l'existence d'une salle sans porte ? En plus, tu as vu où elle était située ? Dans un placard ! Elle a dû être condamnée ou un truc comme ça.

- C'est tout a fait rassurant.

- N'est-ce pas ? Tu as pensé à tenter quelque chose d'autre que les sorts de destruction ou pas ?

- Non. Je ne vois vraiment d'autres alternatives. Peut-être frapper sur les murs, faire du bruit, un truc dans ce genre là…

- Oui, pourquoi pas. De toute façon on a rien à perdre.


- Cela ne peut plus durer, Dumbledore ! Après la jeune Snape et son amie, voici à nouveau une élève enlevée, et l'autre pétrifié. C'est le troisième si je ne m'abuse ? S'exclama Cornélius Fudge, en sortant un mouchoir de sa poche pour en éponger son front. Je dois réagir. Les parents m'envoient des dizaines de courriers chaque jour pour demander que je place des Aurors dans l'école. Si cela continue, c'est ma place qu'ils demanderont, et la votre avec.

- Je ne pense pas que les Aurors seront nécessaires, mon cher, je mène mes propres recherches, et des personnes en plus dans le château ne feront que retarder mon enquête.

- Mais…

On frappa à la porte.

- Entrez ! Ordonna le Directeur.

Kurt Whislte, mage-enquêteur de son état, amené à Poudlard par Fudge à cause de ces nouvelles disparitions, déboula dans le bureau, rouge d'avoir couru et dans un état d'excitation intense.

- Monsieur le Ministre, nous avons trouvé quelque chose ! Annonça-t-il. Là où les enfants ont disparus, près de la serre numéro une, il y avait des traces de pas ainsi que du sang. Nous avons remonté la piste et nous sommes arrivés près d'une habitation où nous avons retrouvé quelques cheveux. Roux. Probablement ceux de la jeune fille.

- Une habitation vous dites ? S'enquit vivement Fudge.

- Oui. Celle du garde-chasse. Hagrid.


- Pff ! J'en peux plus ! On fait une pause, ça ne sert à rien de toute façon. Haleta Lily.

Hermione acquiesça et les deux jeunes filles s'effondrèrent par terre, dos au mur, exténuées.

Cela faisait bien deux heures qu'elles faisaient du bruit pour signaler leur présence, et rien ne se passait. Elles avaient tout essayé. Frapper contre les murs, crier jusqu'à s'en briser la voix, Lily avait même fait apparaître une radio qu'elles avaient mis à fond, écoutant pendant près d'une demi-heure Célestina Moldubec s'égosiller, mais rien n'y avait fait. Personne n'était venu. Du moins pour l'instant, car elles ne perdaient pas espoir que quelqu'un aurait peut-être entendu le vacarme, aurait collé son oreille contre le mur, et peut-être - peut-être !- aurait prévenu le Directeur. On ne savait jamais !

- On fait une petite pause et on s'y remet ? Proposa Hermione.

- Tu crois que ça a marché ?

- Je ne sais pas. Je l'espère en tout cas et je pense que si quelqu'un a prévenu les professeurs, il se dirigeront par le bruit, alors il vaut mieux continuer, cela ne coûte rien.

- Si, ça me casse les oreilles…marmonna Lily

- Allez ! Ne perd pas confiance ! C'est toi qui m'a promis qu'on s'en sortirait !

La Gryffondor, enthousiaste, se leva d'un bond et tendit sa main à sa voisine, qui la prit en bougonnant.


- Comment osez-vous ? S'exclama Hagrid. Professeur, vous savez bien que jamais je n'aurais…

- Je le sais, Hagrid, je le sais. Mr le Ministre, vous devez savoir que Hagrid a toute ma confiance. Et que si procès il y a, je serai le garant de sa liberté.

- Vous ne pouvez pas ignorer les preuves, Dumbledore, les cheveux appartenaient à la petite Weasley, quant aux empruntes de pas, ce sont celles de Hagrid, il n'y a aucun doute là-dessus, et elles mènent directement de la scène du crime à chez lui.

- C'est moi qui ai trouvé le jeune Crivey pétrifié, c'est normal qu'il y ait mes empruntes !

- Et le sang ? Le sang qui suit les empruntes pour se diriger droit vers votre main, et dont la plaie, soit dit en passant, ressemble fort à des marques de dents ! Comment expliquez vous cela ?

Hagrid jeta un regard impuissant à Dumbledore. Il ne pouvait pas l'expliquer, bien sûr, comment dire à tout le monde que cette morsure était celle que lui avait infligé un des arrière-petits-enfants d'Aragog, trop jeune pour être venimeux et dont la taille des dents était déjà celle d'un enfant.

- Très bien. Puisque vous ne voulez pas parler, vous devrez suivre les Aurors. Ils vous escorteront jusqu'à votre prochaine demeure en attendant le procès. Dawlish, Bergson, emmenez Monsieur Hagrid.

- Non, pas là-bas, s'il vous plaît ! Pas là-bas ! S'écria le demi-géant.

- Hagrid, écoutez-moi. Lui dit le Directeur. Je vais tout faire pour vous sortir de là, mais pour l'instant ne faites rien de stupide. Je vous promet de tout tenter.

Le demi-géant ravala un sanglot, et, après un visible effort de volonté se reprit, et suivit les Aurors, sans opposer de résistance.

Quand il fut partit, le vieux mage se tourna vers le Minstre de la Magie.

- Vous venez de faire une énorme erreur.

- Je n'avais pas le choix…


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