Salut tout le monde ! Voici donc le nouveau chapitre. J'espère qu'il va vous plaire ! Comme le titre l'annonce, il va y avoir des méchancetés, des serpents, des médisances. Accrochez vos ceintures x)
Mais avant toute chose... Les réponses aux reviews !
Hello SugarBrown ! Ah ah, je suis contente que tu aimes tous ces persos x) Et mon analyse d'Hermione est assez personnelle, et influencée par un grand nombre de fanfictions que j'ai lu. Il est tout à fait possible de la voir autrement, mais je l'imagine bien avec de raisonnement rigide, voyant le monde en noir et blanc, en termes de moyens et de but. Enfin bref ! Non, il n'y aura pas de romance entre Elisa et Cédric. En fait, s'il y a une quelconque romance pour Elisa, ça sera sans doute avec quelqu'un de bien plus âgé (entre 5 et 10 ans plus vieux par exemple).
Yep Carminny, Elisa tente le sort en apprenant le Fourchelang... Mais je ne révèle rien, c'est un spoiler x) Bref ! Toi aussi tu t'indigne devant l'irresponsabilité des profs ? Attend de voir la réaction d'Elisa quand l'école sera encerclée par les Détraqueurs. Elle va être furax. Mais bon, il y a déjà de quoi être furieux rien qu'avec les préjugés existant au quotidien chez les sorciers. Et justement, c'est pour changer ça qu'Elisa a créé cette école pour Cracmol. Ce n'est que le début de ses grandes ambitions, mais quel début, déjà !
Yo, Aomine ! Elisa ne se sert pas d'un coq pour une raison qui sera expliquée d'ici quelques chapitres : l'acoustique du château ne permet pas d'émettre un son partout. Il y a des zones où l'espace sonore est "tordu" : quand quelqu'un hurle dans un couloir, tu n'entend rien avant de tourner à l'angle de ce couloir, par exemple. Et c'est sans compter toutes les canalisations, qui sont parfois très loin de la surface ! Enfin bref, content que ça te plaise x) Eh oui, j'attendais depuis des lustres de faire apprendre le Fourchelang à Elisa xD
Yep Louny, Elisa commence à ressortir de son apathie et de sa peur. Enfin, elle a toujours peur, mais c'est plus facile de gérer une situation quand tu peux agir concrètement, au lieu de te terrer dans ton coin et d'attendre. Et oui, Elisa (et Harry aussi) a un peu cette logique de "si je ne le fais pas, qui le fera ?". Ce qui peut être considéré comme très arrogant ("je suis plus compétente pour ça que les autres") ou au contraire, assez triste ("autant que ce soit moi qui m'en charge parce que personne ne veut faire ça"). Bref, sinon, je me doutais bien que la mention d'Heather allait t'intriguer x)
En effet Elesdei, difficile de parler de Fred sans évoquer George. Mais il s'agit quand même de deux personnes différentes... Enfin bref. OUI J'AI TUE MISS TEIGNE. Parce que dans cet univers, le pauvre chat a eut moins de chance, ou la personne qui guidait le Basilic était plus lourde que Ginny et donc a fait du bruit qui a intrigué le chat... Et surtout, je voulais qu'Elisa culpabilise. Parce que je suis cruelle. Enfin bref ! Ah, je vois que comme moi, tu t'énerves sur l'inaction des profs ! Elisa ne va pas voir Dudu ni Rogue parce qu'ils lui fichent la trouille, tout bêtement : elle a peur que s'ils l'interrogent, elle se mette bafouiller, ait l'air suspecte, et qu'ils fouillent dans son cerveau. Et puis, Elisa est une Poufsouffle irrévérencieuse. Demander de l'aide à Rogue ou Dudu, ça n'est pas en accord avec son personnage. Elle ne peut pas justifier sa conduite en disant "je sais que ce sont les persos les plus intelligents de la saga" ! Il faut qu'elle agisse de manière cohérente avec ce qu'elle est supposée être : une Poufsouffle normale, et donc quelqu'un qui va voir de préférence Chourave. Pour l'apprentissage du Fourchelang : on peut imiter le Fourchelang, en fait, et si tu siffle avec suffisamment de volonté (comme pour faire de la magie involontaire), bam, ça a un effet assez similaire. Cela dit, ça ne s'apprend pas comme une langue vivante. Plutôt comme une gamme de sons que tu combine en poussant ta magie, et avec un peu de chance, ça peut passer pour du vrai Fourchelang. Voilà. Et finalement, pour répondre à ta question : Cédric et Trisha n'apparaissent pas beaucoup parce qu'Elisa a prit ses distances, quand elle était possédée par le journal. Et ensuite, elle est carrément partie quinze jours loin d'eux, en vacances. En tout, ça fait plus de quatre mois que leurs rapports sont complètement chamboulés. Il va leur falloir un petit moment pour savoir où ils en sont, et retrouver leur ancienne relation.
Salut Johann D. E. ! Ah ah, "une machine à sorts non-conventionnels", tout à fait x) Pour quelqu'un qui n'a pas le don de Fourchelang, cependant, il s'agit d'apprendre une gamme de sons et de pousser sa volonté et sa magie à travers certaines combinaisons de sifflements. C'est plus du code que du langage, puisqu'un non-Fourchelang n'a pas la compréhension innée de celle langue. Enfin bref ! Oui, les origines du Fourchelangue c'est un de mes headcanon personnels, et Elisa le diffuse largement x) Mais non, il n'y aura pas de taré qui va déclarer la guerre à tous les iraniens du château ! Si Salazar (blanc et britannique) était Fourchelang, franchement, ce n'est pas la couleur de peau qui va déterminer si on peu parler aux serpents.
Hello Kuro No Kage ! Oui, Elisa commence à réaliser dans quelle mouise elle est plongée. Et elle va devoir faire face à ses peurs... Et accepter ses nouveaux défauts. Quand on est plongé au coeur de l'action, c'est difficile de faire le point sur soi-même, mais Elisa a déjà remarqué qu'elle est changée depuis cette histoire d'Horcruxe... Il y a d'ailleurs un indice à ce sujet dans ce chapitre !
Yo Niakovic ! Tout le monde pense que c'est Lockhart, c'ets marrant xD Et pour le Fourchelang, je trouve stupide que personne n'ai tenté de l'apprendre. Si Ron le peux (Ronald Weasley, cancre extraordinaire !), alors ça ne doit pas être dur !
Coucou Mayoune =D Nope, pas Lockhart. Il y aura plus de pistes dans ce chapitre, tu vas voir. Bref ! Je suis contente que la description d'Hermione te plaise, c'est un truc sur lequel je me creuse beaucoup la cervelle. Et c'est en étudiant les détails (la façon dont elle a enchanté la liste des membres de l'AD pour punir plutôt que pour protéger, par exemple) qu'on réalise qu'Hermione est réellement une Gryffondor. Elle est une guerrière bien plus qu'elle n'est une chercheuse...
Oui, IceQueen38, le tome 3 est déjà écrit... Déjà terminé en fait x) Par contre je commence à peine à écrire le tome 4 et je manque de temps, donc à mon avis, pour me laisser le temps d'achever le tome 4, je publierai le tome 3 beaucoup plus lentement. Genre, un chapitre tous les quinze jours, au lieu de toutes les semaines. Bref ! Contente que ça te plaise !
Ah ah, merci Doucetbete x) Nope, dans le chapitre précédent Elisa n'est pas (encore ?) considérée comme l'héritière, tout bêtement parce qu'elle ne parle pas Fourchelang en public. Mais tu es sur une piste, en effet. D'ailleurs, Elisa essaie de démystifier le Fourchelang comme ça, si quelqu'un le parle, elle espère que les gens lui ficheront la paix. Elle est optimiste !
... Tu as raison, DreamerInTheSky, c'est le problème majeur du Trio d'Or. Ils sont tous constipés émotionnellement. Entre Hermione qui refuse de se remettre en question, et Harry qui a trop peur d'affronter de possibles souffrances, ils sont toujours en train de fuir en avant. Il n'y a que Ron qui admet avoir tort, qui change, qui progresse (sa vision des elfes de maison, sauvetage de Goyle, etc.). Eh oui, ça serait bien que ce problème soit adressé. Néanmoins, je ne sais pas si Elisa, avec ses propres soucis, est la meilleure personne pour ça x) Elle va cependant faire de son mieux ! Dans le tome 3, Hermione change de position sur un certain sujet...
Salut Imthebest ! Il n'existe pas de sort de détection des Baslics, malheureusement. L'idée du pari des Serpentard me vient d'une fic qui s'appelle, je crois, "Leo Inter Serpentes". Harry Potter est un Serpentard dans cet fic, et sa Maison fait un gigantesque pari sur qui est l'Héritier : ils misent sur Harry, Drago, plusieurs élèves plus âgés... Crabbe et Goyle parient même respectivement sur "le Seigneur des Ténèbres" et "la mère du Seigneur des Ténèbres". Bref, j'avais adoré le concept, parce que c'est tout à fait le genre de chose que ferait the House-That-Doesn't-Give-A-Fuck. Et je me suis pas mal écarté du sujet... Mais bref ! Oui, l'attitude des profs est irresponsables. Et Elisa va le faire savoir, t'inquiète ! Dans ce chapitre, même !
Hello Filk ! La formulation sur le don d'Elisa avec les langues est un peu flou, j'avoue. Ce que je voulais dire, c'est que les Sortilèges, ça lui vient naturellement (puisque c'est basé sur la volonté et la créativité, et qu'elle a de ça en abondance). Les langues nécessitent du travail. Mais comme elle a appris plusieurs langues dans son enfance, elle a des facilités. Voilà. Et sinon... AH AH ! Oui, tu as vu juste, Elisa est beaucoup plus dure depuis l'histoire du journal. Sa patience est plus réduite, elle envisage des solutions plus agressives, et elle garde encore plus jalousement ses secrets. Ca ne te rappelle personne ? x) Eh oui ! Jedusor a exacerbé certains éléments de sa personnalité, et elle ne s'en rend pas encore bien compte. Bref. Sinon, pour le type de personnage qu'est Elisa... Hum. C'est une bonne question. Elle a certaines caractéristiques héroïques (la gloire, une certaine sagesse, l'accomplissement d'exploits, notamment au Challenge...). Mais je l'ai bâtie aussi sur les caractéristiques de l'anti-héros, en cela qu'elle mène sa petite quête en essayant de surtout ne pas se faire remarquer. Ses faits de gloire ne sont pas relatifs à sa quête, juste à ses délires personnels. Du coup, elle tomberai plus dans la catégorie de l'anti-héros.
Yo, le Cerf-Pentard ! Tu trouves que ça devient sombre ? C'est vrai qu'on plonge dans l'intrigue sérieuse... Avant sa possession par Jedusor, Elisa avait une certaine candeur, une certaine innocence dans sa façon d'aborder les choses. Maintenant, elle est plus cynique et plus parano ! Le fait qu'Elisa soit "le Magister" (la leader officieuse de sa Maison en fait) est la seule raison pour laquelle les soupçons se sont détournés de Luna. Les sorciers écoutent les gens qui ont de l'influence, pas les arguments logiques. Et encore ! Si un autre suspect n'apparaît pas très bientôt, les gens vont se re-mettre à soupçonner Luna. La peur, ce n'est pas rationnel ! Enfin bref. Les profs sont complètement dans le déni, c'est ça leur problème. Ils pensent que l'école est sûre, parce que pour eux cet endroit est associé à la sécurité. Y a que Rogue qui ne fait pas confiance à la réputation de ce lieu et à la soi-disant omnipotence de Dudu, et c'est parce qu'il a été constamment brutalisé (peut-on même dire torturé) dans le château. Lui, il aurait correctement vérifié la salle de bain de Mimi. Il ne se leurre pas sur le danger qui rôde, lui !
Hello Streema ! Ah ah, c'est vrai que ça serai plus simple si tout le monde se disait tout x) Mais Elisa ne dit pas tout au prof tout simplement parce qu'elle ne peut pas justifier son savoir. Et Harry n'a pas parlé du Polynectar à Elisa parce que ça n'est pas dans sa nature d'aller donner l'information aux autres. Il attend qu'on lui demande des précisions: or, elle ne lui a pas demandé. Cependant, si elle avait voulu savoir toute l'histoire, il le lui aurait dit. Quant à l'affrontement entre Harry et le Basilic... Spoilers !
Salut Millon =D Je suis en train d'écrire le tome 4 de la saga (ce qui avance tout doucement xD). J'ai déjà une idée assez nette de ce que je veux faire. Et oui, Harry est très différent du canon, et cela à cause d'un cumul de petits détails. Il ne retourne plus chez les Dursley, qui sapent sa confiance en lui : il est donc plus assuré, il a des vêtements qui lui vont (ce qui fait des merveilles pour se sentir mieux dans sa peau), etc.. Il est motivé à travailler (parce que dans le canon, Hermione n'est pas un modèle qui inspire, niveau travail scolaire : tandis que dans la saga, entre Elisa et les membres du CEM, Harry comprend la valeur du travail scolaire). Il fait donc plus de recherches, il est plus curieux, et il a plus de connaissances sur le monde sorcier. Il a des amis dans plusieurs Maisons, grâce au CEM : il sait donc que les préjudices des Puristes ont des nuances, et que parfois il faut appréhender la situation avec le calme et la froideur d'un Serpentard. Bref, Harry est différent : tout ça parce qu'Elisa l'a soustrait aux Dursley et l'a soumis à des influences très variées, au lieu de le laisser se cacher parmi les Gryffondor.
Merci Zarbi ! C'est vrai que les jumeaux sont souvent considérés comme une seule et même personne. Pourtant (mais c'est très rarement développé dans des fics) ils ont deux caractères différents, complémentaires. Il leur arrive même de se disputer. Ce sont des êtres humains après tout. Voilà x) Pour Polydipsie, désolée, mais cette fic est définitivement achevée. Je ne me sens pas de réécrire la saga Harry Potter avec la Team Canada xD Déjà qu'avec seulement Elisa, c'est du boulot !
Tout à fait Titietrominet, Hermione n'invite pas ses amis chez elle parce qu'elle cache trop de trucs à ses parents. Imagine un peu que Ron parle de la fois où un prof a tenté de tuer Harry, ou du fait qu'Hermione ait mis le feu à Rogue ! Les Granger ignorent tout ça. A mon avis, Hermione essaie de les tenir aussi loin que possible de sa vie chez les sorciers...
Yo, Amazaria ! Toi aussi tu hais Binns, hein ? X) Sérieusement, je pense que la seule raison pour laquelle il est là, c'est que 1) tout le monde pense que DUmbledore a une bonne raison de le garder, et 2) Dumbledore est trop désintéressé par la gestion quotidienne de Poudlard pour réaliser que c'est un problème. Du coup, personne ne fait rien. C'est un vrai gâchis. Et la désensibilisation à la violence... Ce n'est pas si dangereux que ça, puisque les dégâts sont réparés très facilement : mais effectivement, ça donne aux jeunes sorciers une mentalité propice aux excès. Et dans un pays où un taré extrémiste va revenir à la vie, c'est mauvais ! Voilà. Et pour le Fourchelang : j'imagine que l'apprentissage a dut se perdre, à cause de la colonisation par les pays christianisés qui voyaient le fait de parler aux serpents comme un signe du diable. Du coup, les gens avaient peur d'apprendre le Fourchelang, et ceux qui le parlaient essayaient de le cacher. Et ce don s'est tout doucement perdu...
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Voilà. Apparemment le chapitre précédent vous a pas mal fait cogiter x)
Mais bref ! Passons au vote de la semaine prochaine. Sur quel perso voulez-vous en savoir davantage ? Pour la semaine prochaine, je vous propose de choisir parmi les élèves de Gryffondor qui sont dans la promotion de troisième année (c'est-à-dire celle au-dessus d'Harry, mais en-dessous d'Elisa). Voici les candidats :
- Amandine Brook (Née-Moldue membre du CEM, meilleure amie d'un Serpentard membre du CEM nommé Diego Peretti)
- Katie Bell (Poursuiveuse dans l'équipe de sa Maison)
- Leanne Garner (Née-Moldue, voisine de Katie et amie d'enfance)
- Vicky Brackley (meilleure élève de sa classe en Sortilège, membre de quatre clubs différents)
- Cormac McLaggen (riche Sang-Pur, issu d'une famille descendant de Gryffondor)
- Gavin Hunt (Sang-Mêlé membre du CEM)
- Kendal Sinclair (Sang-Pur, meilleur ami d'un Serpentard nommé Logan Warren)
Yep, ils ne sont pas nombreux, mais je ne me suis pas la peine de développer des personnages s'ils n'étaient pas mentionnés dans la saga x) Katie, Leanne, Vicky et Cormac sont des personnages du canon. Les autres ont tous été mentionnés dans le tome 1 en rapport au CEM ou aux relations inter-Maisons x)
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Bref ! Quant au vote de la semaine dernière... Et la gagnante est Alicia Spinnet !
Alicia Spinnet est une Sang-Pure métisse, de taille moyenne, aux cheveux noirs mi-longs et au visage ovale. Répartie à Gryffondor, elle est également Poursuiveuse dans leur équipe de Quidditch.
Alicia a deux pères. Celui qu'elle appelle "Papa" est Alan Spinnet, et celui qu'elle appelle "Dad" est Diego Oscuro. Ils ne sont pas mariés, car le mariage de deux sorciers n'est pas reconnu chez les sorciers (contrairement aux mariages de deux sorcières, car c'est une union qui peut être féconde, avec un peu de Polynectar...). Alicia a été conçue grâce à un rituel Brésilien de fertilité qui permet de mélanger de trois ADN : celui de ses deux pères, et celui d'une mère porteuse. Elle ressemble donc à ses deux parents.
Son premier père, Alan Spinnet, est un Sang-Pur américain, noir, pauvre, mais rêvant de gloire d'aventures. Aux Etats-Unis où le racisme institutionnalisé est très présent, même chez les sorciers, Alan n'avait pas beaucoup de perspectives d'avenir : il a donc décidé de tenter sa chance ailleurs. C'est en Espagne qu'il a rencontré Diego Oscuro, un Briseur de Sorts un peu plus âgé que lui, appartenant à une famille fortunée. Ils se sont enfuis ensemble et ont voyagé pendant plusieurs années. Après cinq ans de vie commune, ils ont fait appel à une mère porteuse au Brésil, puis ont élevés leur fille en voyageant dans différents pays d'Europe. Ils se sont définitivement installés en Grande-Bretagne quand Alicia avait sept ans, car le Ministère était en manque d'effectif et offrait à Alan le job de ses rêves : celui d'Auror. Ils sont cependant brièvement revenus au Brésil pour faire appel à la même mère poreuse et avoir un autre enfant. C'est une fille, Daniella Spinnet, qui a huit ans de moins que sa soeur.
Détail amusant : la famille Oscuro est l'équivalent espagnol de la famille Black. Les Spinnet-Oscuro marchent donc sur des oeufs pour ne pas offenser la famille de Diego. Aucun des enfants ne portent donc le nom d'Oscuro, aucun d'entre eux n'ira jamais en Espagne, et quand une famille sorcière d'origine espagnole les croise, les Spinnet changent de trottoir. Yep. Ne pas avoir l'approbation des parents, quand les parents sont des mages noirs, ça plombe un peu l'ambiance !
Alicia est quelqu'un de posé et prudent, qui a l'habitude d'évaluer les risques avant de se lancer dans l'action. Mais elle a quand même été élevée par deux purs Gryffondors, et elle a hérité de leur goût du risque et de leur amour de l'aventure. Elle aime se mettre au défi, elle n'est juste pas totalement imprudente, et elle prend garde à ne pas dépasser ses limites.
C'est une très bonne sportive. Elle pratique le Quidditch, même si elle n'en est pas une fanatique comme Olivier Dubois. Elle est aussi membre de plusieurs autres clubs, y compris le Challenge (où elle est une adversaire douée), et celui de football. Même si elle n'a pas été élevée dans le monde Moldu, elle est curieuse, et n'a pas de préjugés. Dès qu'une activité pique son intérêt, elle s'y implique à fond. Elle semble toujours bouillonner d'énergie en permanence. Elle est également fondamentalement gentille, et peu portée à la rancœur ou à la rivalité.
Elle n'aime pas vraiment le travail académique, et a de mauvaises notes durant les examens écrits. Il est possible qu'elle soit dyslexique. Elle a cependant une magie puissante, et la force brute de ses maléfices n'est pas à prendre à la légère. C'est un talent qui court dans la famille Oscuro. Elle travaille donc son contrôle de sa magie beaucoup plus que les autres enfants.
La meilleure amie d'Alicia est Angelina Johnson, mais elle est également proche des jumeaux Weasley. Elle est également très proche de sa soeur Daniella, même si celle-ci à huit ans de moins qu'elle. Alicia est également bisexuelle (et biromantique), et a un faible pour Heather Thatcham, mais elle n'ose pas l'approcher : Heather peut se montrer sacrément intimidante, quand elle veut. Alicia envie pour cela Helen Dawlish et Elisabeth Bishop, qui sont populaires et semblent approcher les gens sans effort.
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(Petit clin d'oeil à Zeidra Senester, et à son chapitre 4 de "Destins Parallèles", où j'ai piqué sans aucune honte le rituel Brésilien permettant aux couples de même sexe d'avoir un enfant. #TeamIsadora !)
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Allez, je ne vous fait plus attendre. Cette note de début de chapitre est déjà bien assez longue xD Voici donc le chapitre 9, l'un des plus lourds en informations, en détails cachés, et en indices pour la suite. Accrochez vos ceintures !
Et surtout... Amusez-vous !
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Langue de vipère
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Les restrictions imposées suite à l'ouverture de la Chambre des Secrets ralentissaient considérablement l'activité des divers clubs. Le club d'échec des Serpentard, par exemple, fut obligé de tenir ses séances dans leur salle commune, car leurs matchs (qui avaient habituellement lieu dans la même salle que le club des Bavboules, au second étage) se finissaient parfois tard le soir. Le club d'Histoire des Serdaigle se mit à stocker des bouquins, afin d'éviter d'être obligés de se rendre à la bibliothèque pour confirmer une date ou le déroulement d'un fait historique. Le club de magie druidique cessa complètement son activité : leurs séances consistaient essentiellement à se rassembler certaines nuits pour discuter de leurs expériences avec la magie naturelle, ou à en faire des démonstrations dans le parc, et c'était incompatible avec le couvre-feu.
Le club d'Education Moldue, en revanche, réussi plus ou moins à garder le même emploi du temps. Un professeur était cependant tenu de les superviser, et c'est ainsi qu'Elisa fit la rencontre du professeur d'Etude des Moldus, Charity Burbage.
La jeune Poufsouffle doutait que cette petite sorcière vieillissante et joyeuse puisse tenir deux secondes face à un Basilic, mais au moins elle supportait le CEM. A vrai dire, elle se montrait très enthousiasmée par leurs idées. Même si son métier consistait à connaître les Moldus, elle n'avait jamais étudié en profondeur leur système éducatif, et la complexité de la physique chimie ou des mathématiques la laissait admirative.
– C'est pour cela que l'Etude des Moldus devrait être une des matières obligatoires enseignée à Poudlard ! disait Burbage en feuilletant avec excitation le manuel de sciences naturelles d'Elisa. Les Moldus sont tellement avancés ! Ma matière ne fait qu'effleurer la surface de leur vie quotidienne. C'est tout juste si nous évoquons la conquête spatiale. Mais leurs études du corps humain, de la lumière, de la classification du vivant…
– Vous êtes intéressée par la science, professeur ? sourit Elisa.
Aujourd'hui la leçon qu'étudiaient les quatrièmes années portait sur les mathématiques. Plus précisément, les fonctions tendant vers l'infini et la détermination des asymptotes. Brrr. La moindre diversion était la bienvenue.
– Beaucoup, avoua Burbage avec un sourire. Particulièrement la génétique. Je trouve ça fascinant. Pour des gens si obsédés par leur sang, les sorciers ont vraiment très peu étudié la question.
Tabitha, qui était penchée sur une équation complexe, émit un reniflement moqueur. En tant que seule Née-Moldue dans une Maison remplie de racistes, elle en savait quelque chose.
Elisa jeta un coup d'œil à Hermione, s'attendant à ce que la petite Née-Moldue de Gryffondor ait une opinion elle aussi, mais leur table était trop éloignée et les deuxièmes années n'avaient rien entendu. Dommage. La Poufsouffle reporta son regard sur Burbage, s'appuyant sur son coude d'un air pensif :
– C'est vrai. Je crois que ça effraie beaucoup les Sang-Purs. Pour eux, le sang est sacré, alors l'étudier, ça serait une sorte de tabou, non ?
– Pas seulement, soupira l'enseignante. Comparez cela à l'époque des Lumières, à la disparition de l'obscurantisme. La couleur du ciel, la succession des saisons… Pour les Moldus, ne pas avoir d'explication à ces phénomènes, c'était normal. Toutes ces choses, ils les attribuaient à Dieu ou au destin. Et soudain, il n'y avait plus ni Dieu ni destin derrière la couleur du ciel ou la venue de la pluie. Il y avait des explications compliquées, basées sur des faits parfois complètement terrifiants… Comme l'idée que la terre soit ronde, par exemple, ou qu'elle tourne autour du soleil.
Elisa se mordilla la lèvre, pensive. Ce n'était pas dénué de sens.
– Vous pensez que les sorciers ont peur de la science parce que ça leur prouverait qu'il n'y a pas de Dieu, faute d'une meilleure comparaison ?
– Ça leur prouverait que la science a évolué au-delà de la magie, corrigea Burbage. Ça leur prouverait que la magie n'est pas la fin et le commencement de tout, n'est pas une chose absolue qui les rend supérieur. C'est terrifiant de réaliser qu'on est si petit.
Effectivement, c'était difficile de se sentir supérieur parce qu'on peut jeter des étincelles avec un bout de bois, alors que certaines personnes lançaient des fusées sur la lune, inventaient des ordinateurs, découvraient les secrets du nucléaire. Les accomplissements des scientifiques du passé pouvaient rendre humble n'importe qui.
Yep, pas étonnant que les sorciers préfèrent jouer l'autruche.
– Je parie que ce genre d'idée n'est pas très populaire, grimaça Elisa.
Elle était terriblement consciente que, dans le septième tome de la saga, la mort de Charity Burbage était l'une des premières scènes.
– Oh, vous n'avez pas idée ! rit Burbage, inconsciente du fait qu'Elisa était en train de penser à son décès futur. J'évite d'en parler avec des inconnus. Mais j'ai certains amis qui partagent les mêmes vues que moi.
– Mmmh, fit pensivement Elisa. Vous saviez qu'il y a un sorcier Né-Moldu qui fait des recherches sur l'origine génétique de la magie ? D'où viennent les Cracmols, les Nés-Moldus, ce genre de chose…
Le visage de Burbage s'éclaira :
– Oh, Joseph Leeds ! Oui, je suis ses travaux avec beaucoup d'attention. Vous en avez entendu parler ?
Une fois en passant, par Myriam. Elisa haussa les épaules :
– Un peu. J'aimerai bien mettre la main sur un de ses articles… Savoir ce qu'il pense des origines des Cracmols et Moldus.
– J'ai gardé plusieurs de ses articles, l'assura Burbage. Ce serait un plaisir de vous les prêter, Miss Bishop. C'est si rare de voir une jeune sorcière intéressée par les origines de la magie ! Est-ce que vous vous destinez à devenir Langue-de-Plomb ? Médicomage peut-être ?
Elisa cligna des yeux, prise au dépourvu. La question de son avenir la mettait toujours un peu sur le grill. Elle voulait fonder des associations, des écoles… Elle voulait changer le monde… Mais concrètement, elle n'avait aucune idée de profession.
– Je voudrais faire un Doctorat en Sortilèges, fit-elle un peu au hasard. Et ensuite, inventrice peut-être.
Burbage sourit avec indulgence. Elisa pouvait voir qu'elle ne la prenait pas au sérieux. Il y avait sans doute des centaines d'élèves qui se destinaient à une carrière d'inventeur à partir du moment où ils produisaient leur premier sortilège d'Etincelles Pétaradantes.
– Elisa, le cours ! lui rappela Heather d'un air réprobateur.
Elisa jeta un regard alarmé autour d'elle, réalisa que tout le monde avait déjà fini les premiers exercices de leur feuille, et se pencha précipitamment sur ses propres équations. Elle était très en avance sur ses camarades en matière de littérature, d'Histoire ou de biologie, mais les mathématiques étaient vraiment sa bête noire.
Elle réussit cependant à terminer ses exercices à temps, avec beaucoup de soupirs plaintifs et un peu d'aide de la part de Terence et Trisha, ses voisins de table. Les membres du CEM quittèrent leur salle de classe en bavardant joyeusement, descendant en direction de la Grande Salle pour dîner.
Il y avait cependant un attroupement dans le hall, et ils durent se frayer un passage. Apparemment un grand nombre d'élèves s'étaient massés devant le panneau d'affichage en discutant avec excitation et, poussée par la curiosité (et par Trisha qui voulait absolument savoir de quoi il retournait), Elisa se fraya un chemin jusqu'au panneau auquel était collé une nouvelle annonce sur un large parchemin rouge.
Quand elle lut ce qui y était écrit, elle faillit éclater de rire. Trisha, elle, ne se gêna pas pour pouffer de bon cœur.
– Un club de duel ? lut Hermione avec intérêt. Ça a l'air intéressant !
– Vous avez vu ? s'écria joyeusement Ron en se frayant un passage à travers la foule pour rejoindre ses amis. On va apprendre à se battre !
– Pas de maléfices douloureux les enfants ! leur rappela distraitement Elisa. Je me demande si Helen a vu ça, elle doit être au septième ciel. Eh, Terence ! Tu penses qu'on pourra choisir nos adversaires ?
Un sourire félin se glissa sur le visage du Serpentard, qui s'était approché et lisait l'annonce quelques pas derrière eux :
– Oh ? Tu veux une revanche, Magister ?
– Je me demande qui va gérer ce club, fit pensivement une des Serdaigle du CEM (Marietta Edgecombe, si Elisa ne se trompait pas). Le professeur Flitwick était un ancien champion…
– Probablement Rogue ! clama un des Serpentard.
– Pourquoi pas McGonagall ? s'insurgea un Gryffondor.
– Rogue contre McGonagall ? releva Elisa en haussant très haut les sourcils. Doux Merlin, je paierai pour voir ce match !
Il y eut un court silence contemplatif. Puis Fred (ou George) rajouta avec un large sourire :
– Eh, vous pensez qu'on peut affronter Lockhart ?
Autant dire qu'ils furent nombreux à se montrer le jour de l'ouverture du club, le mercredi suivant. A vrai dire, la quasi-totalité de l'école était là, et c'était assez impressionnant.
Elisa se sentait respirer beaucoup plus librement que d'habitude. Certes, dans la saga canon, l'épisode du club de duel se terminait assez mal. Mais elle avait averti Harry de cacher son talent pour le Fourchelang, et Lockhart était plus prudent, alors elle était à peu près sûre d'avoir contré le destin et prévenu le désastre. Mais surtout… Les clubs de duel, maintenant, c'était son élément. Elle n'était pas aussi à l'aise que quand elle avait eu Tom Jedusor avec elle, boostant son assurance et sa confiance en elle, mais elle n'était pas stressée par les combats. Excitée, nerveuse, impatiente, tendue : mais pas inquiète.
C'était un terrain familier, à présent. Et puis, elle devait l'admettre, elle était dévorée de curiosité. Elle se demandait qui allait leur faire la démonstration…
Les quatre tables de la Grande Salle avaient disparues, et une large estrade se dressait à la place de la table des professeurs. Elisa se fraya un chemin jusqu'aux premiers rangs, et constata sans surprise que tous les membres du Challenge s'étaient avancés aussi près que possible. Elle échangea un regard ravi avec Helen, puis le rideau qui masquait l'estrade tomba, et…
– Bonjour tout le monde ! fit joyeusement Lockhart. Est-ce que tout le monde me voit ? Est-ce que tout le monde m'entend ? Parfait !
– Oh non, gémit doucement Helen qui voyait s'envoler ses espoirs de duel sanglant.
– Je serais l'arbitre et le commentateur de ce club ! poursuivit Lockhart. Laissez-moi vous présenter les deux enseignants en charge…
– Oh oui ! couina Helen avec ravissement.
– … Le professeur Flitwick et le professeur Rogue ! annonça Lockhart avec un grand geste du bras en direction des deux personnes qui s'avançaient sur l'estrade.
Elisa ne put s'empêcher d'applaudir avec enthousiasme, tout comme une grande majorité de Serdaigle et l'intégralité des Serpentard. Lockhart les laissa les acclamer, souriant de toutes ses dents. Les jumeaux l'avaient laissé un peu plus tranquille et ça se voyait. Il avait retrouvé une partie de son assurance, et son sourire étincelant.
– Merci, merci ! Alors, pour ceux qui n'ont jamais pratiqués le duel auparavant, une petite démonstration s'impose. Tout d'abord, les concurrents se placent aux extrémités du champ de duel, puis s'inclinent…
Le petit Flitwick, qui atteignait à peine la taille d'un enfant de cinq ans, et Rogue, grand et menaçant dans ses robes noires, s'inclinèrent profondément puis se mirent en garde, baguettes prêtes.
– Et ce n'est qu'à mon signal que le duel commence, continua Lockhart. Alors, allez-y !
Les sorts fusèrent, les incantations des adversaires se perdant dans le craquement de leurs magiques qui se percutaient. Attaque, déflexion, bouclier, riposte, les traits de lumières se croisaient à toute allure tandis que les deux adversaires avançaient et reculaient, se rapprochaient inexorablement du centre de l'estrade. Un Stupéfix frôla la tête de Flitwick, qui contra avec un sort informulé. Rogue non plus ne se donna pas la peine de prononcer son sort suivant à voix haute, et la cadence des tirs sembla s'accélérer encore.
– Oh, combat d'informulés ! s'écria Lockhart avec excitation. Lancer un sort sans le prononcer vous donne une seconde d'avance sur l'adversaire, mais c'est extrêmement difficile et requiert beaucoup de concentration !
Elisa se promit d'apprendre quelques sorts en informulés. Ou en Fourchelang, ce qui revenait au même : ses adversaires seraient pris au dépourvu.
– Le professeur Rogue recule ! s'écria Lockhart en bondissant sur place d'excitation. Non, il reprend l'avantage… Ah, rupture !
La rupture était apparemment le fait que les deux adversaires se mirent à se tourner autour au centre de l'estrade, arrêtant momentanément de se tirer dessus et s'observant d'un air calculateur, cherchant le bon moment pour frapper. Flitwick semblait presque calme, fixant Rogue d'un air détaché, mais tenant sa baguette dressée et d'une main experte. Rogue tenait sa baguette un peu plus bas, le visage impassible, ses yeux noirs étrécis scrutaient son adversaire sans trahir la moindre émotion.
Puis ils eurent l'air de frapper tous les deux en même temps, le bras de Rogue se détendant comme un serpent qui frappe et celui de Flitwick cinglant l'air, et finalement la baguette de Rogue s'envola haut dans les airs. Flitwick la récupéra d'une main agile, et les Serdaigle explosèrent d'allégresse, applaudissant et rugissant d'enthousiasme. De nombreux Poufsouffle et Gryffondor firent de même.
– Et le professeur Flitwick emporte la victoire ! s'écria Lockhart. Magnifique, magnifique… Un Sortilège de Désarmement vif comme l'éclair !
Flitwick rendit sa baguette à Rogue avec un sourire, et le Maître des Potions inclina légèrement la tête en la recevant. Sans rancune, apparemment. Le duel avait été fait dans les règles de l'art, et perdre face au directeur de Maison des Serdaigle n'avait rien de déshonorant.
– Le Sortilège de Désarmement est l'un des sorts les plus basiques du duel ! continua Lockhart avec un grand sourire. C'est bien simple, il suffit de pointer l'adversaire et de dire Expelliarmus. Que tout le monde répète : Expelliarmus !
– Expelliarmus ! répétèrent sagement les élèves en chœur.
Plusieurs dizaines de baguettes volèrent dans les airs, preuve que certains avaient répétés les instructions en visant un camarade distrait. Il y eut deux bonnes minutes d'agitation, le temps que tout le monde retrouve sa baguette. Elisa aida Edgar à récupérer la sienne et sermonna Sun-Min pour l'avoir attaqué sans prévenir, puis fut bousculée par Drago Malefoy qui arracha sa baguette des mains de Blaise Zabini qui rigolait. Son rire se mua en cri dégouté quand Malefoy lui éternua dessus, et le métis bondit en arrière :
– Ah, ne me refile pas ta grippe, bon sang !
– Tu le bériterais ! rétorqua Drago à travers son nez bouché.
Puis il se détourna d'un air raide comme s'il était perclus de courbatures, resserrant son écharpe autour de lui. Elisa grimaça de compassion. Malefoy avait l'air épuisé, avec d'énormes cernes, un teint blafard et le nez rouge, et frissonnait. Elle l'avait rarement vu aussi misérable.
– Il n'arrête pas d'éternuer et de se moucher en Potions, c'est insupportable, marmonna Ron derrière la Poufsouffle. Encore pire que Nott et Parkinson !
Effectivement, Nott avait les yeux injectés de sang et larmoyants, le nez rouge, et était enfoncé jusqu'aux oreilles dans une écharpe. Quand à Pansy, elle reniflait le plus discrètement possible dans un joli mouchoir brodé.
Yep, c'était bien la grippe.
– C'est rare qu'une maladie Moldue rentre au château, fit remarquer Trisha par-dessus l'épaule d'Elisa. Tu crois que c'est la faute de Deauclaire ? Elle a été la première à être malade, il y a trois semaines.
… Est-ce que Pénélope Deauclaire n'était pas la petite-amie secrète de Percy ? Celle qui avait été pétrifiée dans le canon ?
Uh. Si oui, alors sa non-Pétrification avait filé la crève à tous les Serpentard qui se baladaient dans les donjons glacés et n'avaient jamais été vaccinés de leur vie. Ça, c'était l'effet papillon… Elisa recula prudemment d'un pas, et nota mentalement de demander à ses amis s'ils étaient à jours dans leurs vaccins.
– Mettez-vous à deux et essayez de vous désarmer ! couina Flitwick. Allez-y, n'ayez pas peur !
Il y eut un brouhaha le temps que les élèves se placent ensemble. Les membres du Challenge s'étaient instinctivement groupés par niveaux. Terence s'était placé face à Helen, et Elisa fit tout naturellement face à Rhonda Flatbury. Cédric s'était mis face à Heather, et Trisha face à Tabitha. Du coin de l'œil, Elisa vit Adrian Pucey faire face à Angelina Johnson, les deux Poursuiveurs arborant d'identiques sourires menaçants.
– Allez-y ! s'écria Lockhart.
– Expelliarmus !
De toutes parts, des baguettes volèrent dans tous les sens : mais il y eut aussi diverses explosions, cris et nuages de fumées quand des élèves se jetèrent d'autres maléfices. Elisa désarma Rhonda sans problème et, en rendant sa baguette à son adversaire, jeta un regard autour d'elle pour voir comment s'en sortaient les autres.
C'était un peu le chaos. De la fumée verdâtre flottait au ras du sol, plusieurs élèves étaient par terre, et certains étaient d'ailleurs en train de se battre à mains nues. Crabbe aidait Malefoy à se relever tandis que Goyle faisait une clef de bras à Ron, et Harry était en train de séparer Hermione et une Serpentard de leur année qui faisait partie du gang habituel de Pansy. Helen et Terence était toujours plongés dans un féroce duel, jusqu'au moment où Helen réussit à toucher son adversaire avec un Maléfice du Saucisson. Trisha et Tabitha se moquaient de Cédric dont les pieds avaient été collés au sol par Heather, et derrière eux deux Gryffondor hurlaient de rire en pointant du doigt Adrian Puceyqui avait les cheveux orange vif et dressés sur la tête comme s'il s'était pris la foudre.
Yep, c'était le chaos total.
– Oulà, quel bazar, quel bazar ! gémit Lockhart. Relevez-vous Peretti… Appuyez bien fort, Boot, ça va arrêter de saigner… Granger, Rogers, lâchez-vous… Rien de cassé Dwight ? On devrait peut-être commencer par autre chose…
– SILENCE ! rugit Rogue.
Le brouhaha dans la salle s'éteignit d'un coup. Rogue fichait indéniablement les jetons à tout le monde.
–C'est mieux, lâcha Rogue d'une voix doucereuse qui était encore plus flippante que son cri. Tous ceux qui ont jeté autre chose qu'un Sortilège de Désarmement… Rangez vos baguettes. Immédiatement.
Une bonne moitié des élèves obéit d'un geste précipité. Rogue balaya la salle d'un regard menaçant, et tous les fautifs semblèrent reculer pour se cacher dans les ombres. L'effet était assez spectaculaire.
– Un peu de chaos peut être une bonne chose dans un match, mais ceci était bien trop désordonné ! couina Flitwick d'un air réprobateur.
– Nous allons essayez autre chose, lâcha Rogue en parcourant la foule du regard. Une petite démonstration à votre niveau, je pense… Mr Potter, venez par ici.
Harry s'avança, l'air plein d'appréhension. Le regard de Rogue chercha un bon adversaire à lui opposer et tomba sur Malefoy, mais l'air misérable du jeune Serpentard eut l'air de le faire réfléchir, et au final son choix se porta sur quelqu'un d'autre :
– … Et Miss Davies, également.
Tracey faillit en lâcher sa baguette, mais s'avança quand même, hésitante. Elisa fronça les sourcils. Tracey se débrouillait en duel… Mais surtout, elle était l'une des rares élèves de Serpentard à bien s'entendre avec Harry. Est-ce que Rogue essayait de les monter l'un contre l'autre ?
Flitwick se hissa sur la pointe des pieds et chuchota des instructions à l'oreille d'Harry, tandis que Rogue murmurait quelques mots à Tracey.
– Vous êtes prêts ? s'écria Lockhart en retrouvant son enthousiasme. Allez, on se place aux extrémités de l'estrade… On s'incline… Et allez-y !
– Flipendo ! cria Harry.
– Serpensortia ! lâcha Tracey.
Oh non, pensa Elisa avec une grimace catastrophée.
Tracey se prit le Sortilège de Repoustout en plein abdomen et se plia en deux, mais de sa baguette avait déjà jailli un énorme serpent vert et jaune, qui se dressa de toute sa hauteur d'un air menaçant.
– Brillant ! couina Flitwick. Un très beau sortilège d'invocation de serpent, le professeur McGonagall serait très fière !
– Ne paniquez pas Mr Potter, fit tranquillement Rogue. Je vais le faire disparaitre dans un instant… Mais le duel n'est pas encore fini, n'est-ce pas ?
– Expelliarmus ! siffla Tracey qui s'était remise de son choc.
Harry plongea pour éviter l'attaque, souple et agile comme un Attrapeur. Mais il aurait sans aucun doute été touché, si un mouvement du serpent n'avait pas placé le reptile pile sur la trajectoire du sort.
Oh, sérieusement ? gémit Elisa en son fort intérieur.
Eh oui. Le serpent fut projeté en l'air, et atterrit au milieu de la salle en sifflant de colère. Elisa faillit se frapper le front de consternation. Le destin essayait de reprendre le contrôle de l'histoire ! Elle se fraya un chemin à coup de coudes vers l'endroit où il était tombé. Ce n'était qu'à quelques mètres, elle était plus proche que les profs, elle pouvait jeter un Stupéfix ou un Evanesco…
– Attention ! cria quelqu'un.
Le serpent était face aux jumelles Carrow, réalisa Elisa avec un coup au cœur. Elles avaient reculé mais elles étaient au milieu d'un groupe de premières années, personne n'allait leur servir de bouclier : et le serpent se dressait en découvrant ses crochets, exactement comme Malta quand Olly lâchait une souris vivante dans le terrarium…
– Stop ! siffla Elisa.
Elle ne connaissait pas beaucoup de mots de Fourchelang, mais celui-là était une valeur sûre. Le serpent se laissa retomber, aussi inoffensif qu'un tuyau d'arrosage, et se tourna vers elle.
Tout d'un coup, la salle devint très silencieuse.
Elisa garda la tête droite, même si son estomac s'était soudain noué. Brandissant sa baguette, elle fit disparaitre le serpent d'un puissant Evanesco, remerciant le ciel d'avoir maîtrisé le Sortilège de Disparition l'année dernière. Puis elle leva les yeux sur les jumelles Carrow, et esquissa un sourire un peu forcé.
– Tout va bien ?
Muette, Flora hocha la tête. Hestia, elle, ouvrit des yeux gigantesques :
– Tu es une Fourchelang !
Le murmure se propagea comme une vague dans la Grand Salle. Elisa regarda autour d'elle, et ne croisa que des regards hostiles. Sur l'estrade, Flitwick semblait estomaqué, et Rogue la regardait d'un air impénétrable. Elisa déglutit, sentant la réalisation de ce qu'elle avait fait lui serrer la gorge, mais elle ne bougea pas.
Elle n'avait rien à se reprocher, se répéta-t-elle fermement.
Et puis son regard tomba sur l'entrée de la Grande Salle, et McGonagall qui la fixait avec un mélange de choc et d'effroi, et elle eut l'impression que ses entrailles s'étaient changées en plomb.
– Miss Bishop, finit par dire McGonagall après avoir retrouvé un visage impassible et sévère. Venez avec moi je vous prie.
oOoOoOo
McGonagall avait emmené Elisa au bureau de Dumbledore en silence, et comme le directeur n'y était pas, elle l'y avait laissé à attendre sur une chaise. La Poufsouffle mourrait d'envie d'examiner les instruments argentés et les différents artefacts posés sur de petites tables dans toute la pièce… Mais elle sentait que ça ne serait pas une bonne idée.
Elle était sans doute dans de sérieux ennuis.
Elle se sentait comme une boule de nerfs, mais elle n'était pas paniquée. Durant la marche jusqu'au bureau de Dumbledore, Elisa avait eu le temps de se calmer un peu. Elle avait préparé son discours indigné, si jamais ils commençaient à lancer des accusations. Et puis, s'éloigner de la foule qui la fixait en murmurant, ça l'avait aidé à se sentir mieux. Cependant, elle avait quand même une boule dans le ventre.
Elle ne s'était pas retournée en partant. Elle n'avait pas vu l'expression sur le visage de Trisha, ou celui de Cédric. Elle s'en sentait un peu soulagé. Elle n'aurait pas supporté de voir la peur dans leurs regards. Est-ce qu'ils pensaient qu'elle leur avait raconté des salades sur le Fourchelang ? Qu'elle avait ouvert la Chambre ?
En tous les cas, c'était sans doute ce que McGonagall pensait. Ce que Dumbledore penserait, aussi. Elisa serra les poings. Elle avait la conscience tranquille ! Après tout, elle ne parlait pas Fourchelang et n'avait pas ouvert la Chambre. Mais c'était vexant, et surtout très angoissant, de voir les profs sauter si vite aux conclusions. Les adultes étaient vraiment tous des idiots.
Elisa soupira puis, incapable de rester assise plus longtemps, se leva et s'approcha du phénix. Fumseck, c'était son nom (même si elle n'était techniquement pas supposée le savoir). Grand comme un cygne, il avait un plumage rouge et doré aux reflets couleur de cuivre, et il la fixait avec des yeux remplis d'intelligence.
– Salut, dit-elle doucement. Comment ça va ?
L'oiseau émit une note chantante, comme pour lui répondre, et Elisa ne put s'empêcher de sourire jusqu'aux oreilles, puis fixa l'oiseau d'un œil critique. Fumseck lui rendit son regard sans ciller. Finalement, Elisa céda et leva la main d'un geste interrogatif, comme si elle approchait un chat méfiant et lui demandait la permission de le caresser. Elle était vraiment tentée de toucher le plumage flamboyant de l'oiseau
Fumsek dut comprendre son intention, car il avança le cou, et Elisa le caressa avec précaution. C'était incroyablement doux. Les plumes étaient si fines et douces que c'était comme caresser de l'eau, fluide et légère.
– Les plumes de phénix recèlent une puissante magie, déclara Dumbledore derrière elle. Mais elles sont aussi très soyeuses.
Elisa sursauta et se retourna. Dumbledore, vêtu d'une robe violette imprimée de grandes étoiles argentées (Elisa dut cligner des yeux pour se remettre du choc visuel), l'observait depuis l'embrasure de la porte, ses yeux pétillants d'amusement.
– Euh, hésita Elisa en laissant hâtivement retomber sa main. Bonjour ?
– Bonjour Miss Bishop, sourit Dumbledore en entrant dans le bureau et en refermant la porte derrière lui. Je vous en prie, asseyez-vous.
Elisa alla s'asseoir sur la chaise en face du bureau, derrière lequel Dumbledore prit place d'un air tranquille. La Poufsouffle se sentait soudain maladroite, gênée. Elle s'attendait à des accusations qu'elle pourrait réfuter avec dédain, pas à la politesse amusée du directeur.
– C'est à cause du Fourchelang ? lâcha-t-elle quand même bravement.
– Pas particulièrement, répondit Dumbledore d'un ton égal. Mais j'ignorai que vous aviez ce talent. Est-ce que c'est… récent ?
Elisa fronça les sourcils sans comprendre. Récent ? Que voulait-il dire par là… ? Oh. Il avait peur qu'elle ait appris à parler Fourchelang grâce à Tom, qu'elle garde une partie de lui en elle peut-être.
– Je ne parle pas le Fourchelang, répondit-elle d'un ton assuré. Je le répète, c'est tout. J'ai appris une douzaine de mots en langue des serpents pour parler avec Malta, et « stop » en faisait partie. Je ne voulais pas causer de panique, mais le serpent allait attaquer les jumelles et je n'avais pas le temps de jeter un sort.
Elle avait largement eu le temps de préparer ses répliques durant le chemin entre la Grande Salle et le bureau de Dumbledore. C'était presque une habitude pour Elisa : quand elle devait parler à un prof, elle planifiait de longues tirades pleines d'indignation vertueuse ou de remarques cinglantes. Bon, même si elle leur ressortait rarement ces discours au mot près (surtout les parties insultantes), ça lui donnait confiance en elle d'avoir une base sur laquelle construire ses argumentations.
– Une intervention louable, acquiesça poliment Dumbledore. Où avez-vous appris le Fourchelang, si ce n'est pas indiscret ?
– Ce n'est pas un langage rare, lâcha Elisa en esquivant la question. En Iran, c'est même assez courant.
Dumbledore continua à la regarder, un sourcil haussé. Elisa se tortilla un peu sur sa chaise, mais refusa de craquer. Au contraire, elle carra les épaules et fixa le directeur dans les yeux :
– Ce n'est pas Tom qui m'a appris ça, professeur.
Dumbledore sourit légèrement, ses épaules se détendant un petit peu.
– Me voilà rassuré, fit-il d'un ton léger. Mais je doute que Tom aurait partagé ce savoir avec toi, lorsque son journal était en ta possession. Il était bien trop fier de cette capacité. Tes notes ne mentionnent pas non plus que vous en ayez discuté…
Ah oui. Ses notes sur le journal. Dumbledore devait les avoir lues, à présent. Etait-ce pour ça qu'il voulait lui parler, au final ? De ses notes ? De Tom Jedusor ?
– J'avoue que ça ne m'est pas venu à l'idée d'en parler avec lui, avoua Elisa en haussant les épaules. On parlait surtout de sortilèges, de mes inventions.
– Tom Jedusor était brillant en Sortilèges, soupira Dumbledore.
Elisa prit une grande inspiration, rassembla son courage, puis lâcha précipitamment :
– Professeur ? Est-ce que vous savez ce que Tom est devenu, après… Après ?
Le directeur lui lança un regard perçant, comme s'il voulait juger de ses intentions, et Elisa ne put s'empêcher de penser à la forme spectrale qui s'était arrachée au cadavre de Quirrell. Elle n'en faisait plus de cauchemars, désormais, mais elle n'arrivait plus à voir les fantômes de la même façon. Même le jovial Moine Gras lui provoquait un frisson d'angoisse, tant la forme translucide des fantômes lui évoquait cet affreux souvenir.
– Je pense que tu le sais déjà, fit le directeur avec gentillesse. Tom Jedusor a quitté la Grande-Bretagne pendant un temps et, lorsqu'il est revenu… Il se faisait appeler par un nouveau nom.
– Voldemort, murmura Elisa en baissant les yeux sur ses mains. Tom Elvis Jedusor est Vous-Savez-Qui. Tout ce temps, j'ai écrit à un mage noir à tendances homicides.
Elle le disait à voix haute surtout pour elle-même. Tom avait été une aide tellement précieuse, un ami tellement brillant, qu'Elisa avait encore du mal à réconcilier les conseils du journal avec la forme maléfique qu'elle avait aperçue l'année dernière dans les souterrains.
Voldemort était un ennemi, une menace. Tom… Tom était dangereux, oui, mais elle l'avait quand même compté comme un allié, pendant un temps.
– Vous le soupçonniez, n'est-ce pas ? fit Dumbledore avec douceur. J'ai lu vos notes. Vous commenciez déjà à additionner les indices.
– J'essayais de ne pas perdre le vu le fait que c'était probablement un piège, répondit maladroitement Elisa. Je veux dire, un objet qui parle et réfléchit comme un humain, c'est toujours dangereux. Même si j'aimais discuter avec Tom, ces notes, c'était… C'était un moyen de me souvenir de rester sur mes gardes.
Même si ça n'avait clairement pas été suffisant.
– Vous avez fait de votre mieux, l'assura Dumbledore. Et je vous assure que vous n'avez pas d'ennuis à ce sujet, Miss Bishop. Un bonbon au citron ?
Il poussa dans sa direction le bol de bonbons qui trônait sur un coin de son bureau, et Elisa fut soudain frappée par l'étrangeté de sa situation. Elle n'avait jamais échangé plus de trois mots avec le directeur, sauf si on comptait la fête d'Halloween de l'année dernière où elle lui avait crié dessus parce qu'il envoyait les Serpentard dans les cachots où se baladait un troll, et la fois où il l'avait interrogé après sa possession. Bref, dans tous les cas, leurs rapports avaient toujours étaient au mieux distants mais polis, et au pire carrément hostiles.
Mais voilà qu'elle se retrouvait dans son bureau, à papoter avec lui de la douceur des plumes de phénix et du passé de Tom, comme si… Comme si elle était Harry Potter, en fait. C'était avec Harry que Dumbledore se comportait comme ça dans la saga canon. Les autres élèves avaient occasionnellement droit à un bonjour et à un sourire paternaliste, mais autrement, le directeur les ignorait.
Et voilà qu'il lui offrait des bonbons. Qu'il bavardait avec elle d'un ton naturel, comme si c'était une situation normale. Mais ce n'était pas normal, et Elisa se sentit soudain méfiante.
– Non merci, refusa-t-elle d'un ton un peu plus froid. Si je n'ai pas d'ennuis, pourquoi le professeur McGonagall m'a fait venir ici ?
Dumbledore sourit d'un air bienveillant :
– Ah, droit au but. Eh bien, Elisabeth…
Elisa se hérissa mentalement. Dumbledore pensait sans doute se montrer plus approchable en utilisant son prénom, mais apparemment il n'avait pas remarqué qu'Elisa utilisait uniquement des surnoms tant son véritable prénom lui déplaisait. Elisabeth. Beurk. C'était un nom de vieille.
– … J'aurais voulu te parler de Tom Jedusor, continua Dumbledore. J'ai lu tes notes, comme je te l'ai dit, mais j'aimerai avoir ton opinion personnelle.
– Il n'y a pas grand-chose à dire, lâcha Elisa avec raideur. Je crois que Tom était intelligent et charmant, mais manipulateur et arrogant. Je sais qu'il est Fourchelang et que c'est probablement lui qui a ouvert la Chambre des Secrets il y a cinquante ans, mais étant donné qu'il a une médaille pour services rendus à l'école, ça n'a probablement jamais été découvert. Ma meilleure supposition est qu'il a blâmé quelqu'un d'autre, probablement Hagrid, ce qui pose la question de pourquoi Hagrid est toujours là.
C'était comme si Dumbledore n'imaginait pas que le Ministère puisse venir s'en prendre au garde-chasse. C'était un des points qui avait nettement dérangé Elisa dans la saga originale. Entre Hagrid et Sirius… Dumbledore, tout-puissant président du Magenmagot, avait une nette tendance à laisser ses fidèles croupir à Azkaban.
Apparemment ça n'était pas venu à l'idée du directeur, car il haussa les sourcils :
– Que veux-tu dire ?
Elisa rassembla son courage (et son animosité), et lâcha d'une traite :
– Si Hagrid a été utilisé comme bouc émissaire une fois, rien n'exclut qu'il le soit une deuxième fois. La Chambre des Secrets a été rouverte, Hagrid sera forcément un suspect évident. Et si le Ministère s'en mêle, il y a toutes les chances qu'ils mettent Hagrid en prison juste pour avoir l'air de faire quelque chose. Hagrid n'est personne, à leurs yeux, ça ne les empêchera pas de dormir !
Agacement et rancœur montaient en elle comme une vague. Elle ne savait même pas pourquoi : soudain, c'était somme si sa colère était à fleur de peau. Elle reprit son souffle, et continua d'un ton acide :
– Alors, oui, je me demande pourquoi Hagrid est encore là. Il n'est pas indispensable à l'école, vous auriez pu lui écrire une lettre de recommandation et l'envoyer, je ne sais pas moi ! Faire un stage de découverte dans une réserve de dragons. Pour le protéger, parce que c'est votre job.
Elle frôlait dangereusement la provocation, là. Elisa jeta un regard furtif à Dumbledore, juste à temps pour le voir transformer son expression de surprise en un air pensif. Son sourire avait disparu et le regard qu'il posait sur elle ne pétillait plus d'amusement, mais il semblait davantage songeur que mécontent.
– C'est un excellent point, finit-il par dire en se caressant la barbe d'un geste machinal. Je ne savais pas que tu connaissais Hagrid, Elisabeth.
– Je n'ai pas besoin de connaitre quelqu'un pour me soucier d'eux, marmonna Elisa avec raideur sans lever les yeux sur le directeur.
Il y eut un silence. Elisa rentra la tête dans les épaules en se sentant soudain un peu embarrassée. Cependant, elle ne leva pas les yeux sur le directeur, fixant obstinément son bureau surmonté par son bol de bonbons au citron. Son cœur battait à toute allure, et elle se força à respirer lentement. Sa colère était toujours là, bouillonnant comme de la lave sous la surface d'un volcan.
Elle n'allait pas se laisser culpabiliser par l'air de grand-père affable de Dumbledore, certainement pas. Ce type était un manipulateur de première avec un sens moral aussi mal défini que celui d'un politicien, elle avait complètement le droit de se méfier et de le lui faire savoir.
Elle entendit Dumbledore pousser un profond soupir. Puis :
– Tu ne m'aimes pas beaucoup, non ?
Elisa faillit en tomber de sa chaise et, sous le coup de la surprise, leva un regard interloqué sur Dumbledore. Elle ne s'attendait absolument pas à ce qu'il soit aussi direct.
Le directeur avait perdu son sourire et son regard joyeux, mais il n'avait pas l'air en colère. Seulement sérieux, scrutant Elisa d'un regard perçant. C'était la première fois que la jeune fille ne voyait laissait tomber son masque de grand-père bienveillant, et elle en fut prise au dépourvu.
– Euh, non, avoua-t-elle avec hésitation. Pas vraiment.
– Je vois, fit paisiblement Dumbledore. Puis-je te demander pourquoi ?
Elisa ouvrit la bouche, puis la referma, son cerveau tournant à vide. Elle était préparée à des accusations, à de la gentillesse feinte, à des sourires paternalistes et ou à de la méfiance. Elle n'avait aucune idée de comment réagir à quelque chose d'aussi direct.
– Je ne pense pas que ça vous intéresserait, bredouilla-t-elle.
Dumbledore esquissa un sourire :
– Pardonne-moi d'être aussi direct. Mais Pomona m'a informée que tu accordais beaucoup de valeur à l'honnêteté.
Le cerveau d'Elisa tournait à vide. Elle ouvrit la bouche mais rien n'en sortit. Elle avait des tas de récriminations contre Dumbledore, des tas de tirades furieuses qu'elle avait passé des heures à peaufiner, allongée dans son lit quand elle ne trouvait pas le sommeil et ruminait ses idées noires. Elle avait des tas de phrases bien élaborées pour trancher comme des poignards si elle se sentait cruelle (« est-ce que vous avez tué votre sœur ou juste regardé ? »), des tas d'arguments cinglants ciselés par des années de frustration (« les gens ne sont pas des pions ! »), des cris du cœur issus tout droit de son sens de la justice (« il n'y a aucune excuse pour laisser un enfant dans une famille qui le maltraite, aucune ! »), et là, soudain… Toutes ses belles phrases cinglantes lui semblaient être à la fois vaines, cruelles et trop dramatiques. Elisa croyait en ses tirades indignées, mais l'idée de répéter certaines choses là, maintenant, devant le directeur qui la regardait avec patience, ça lui semblait soudain être méchant.
Mais elle avait promis d'être honnête. Et surtout, son ressentiment contre le monde en général et contre le directeur en particulier était toujours là, bouillonnant dans sa poitrine comme une potion particulièrement explosive. Alors Elisa grinça des dents, et lâcha :
– C'est une question d'honnêteté de votre part aussi. Vous avez ce mythe du héros bienveillant, du grand-père gentil et farfelu… Mais au fond ce n'est que ça, un mythe. C'est… Une image. Ce n'est pas vous. Au fond, vous êtes un politicien, pas un protecteur, et si on se donne la peine de le regarder, on le voit. Vous êtes un joueur d'échec, et…
Elle agita vaguement la main, cherchant ses mots. Sa colère enflait, et enflait encore : e sang lui battait aux oreilles, et les mots lui venaient plus facilement, comme si une vanne s'était brisée.
– Les gens pensent que vous êtes quelqu'un d'altruiste, de gentil, de généreux : quelqu'un plein de compassion et qui se préoccupe des autres. Mais des fois vous faites un truc sans y penser, et le masque tombe. Et là… Finies, la compassion et la gentillesse ! Ça ne vous dérange pas si des gens meurent, tant que vous atteignez votre but !
Ce n'était plus de la lave qui bouillonnait sous la surface : c'était une éruption. Elle crachait ses mots comme un poison dont elle pouvait finalement se libérer.
– Un sourire, un bonbon au citron, et ça y est, vous passez pour un philanthrope, tout ça à cause du mythe que vous trimballez ! Mais quand il y avait un troll lâché dans l'école, votre priorité c'était de laisser le piège de la pierre philosophale en place ! Pas de stopper la personne qui mettait les élèves en danger, alors qu'Hermione aurait pu mourir !
Elle était lancée, à présent : elle ne pouvait plus s'arrêter. Elle avait l'impression d'exploser après avoir contenu toute sa colère pendant trop longtemps.
– Qu'un enfant soit affamé et battu ne vous dérange pas, tant que ça reste hors de vue du public ! s'enflamma-t-elle. Qu'un enfant pense que la seule manière qu'il a d'être aimé et récompensé, c'est de risquer sa vie, ça ne vous horrifie pas ! Vous ne savez même pas quels enfants à Poudlard sont maltraités, ou malheureux chez eux, ou ont des difficultés parce qu'ils sont trop pauvres pour s'offrir de bonnes baguettes ou assez d'encre !
Elle reprit son souffle, la respiration hachée et le sang battant à ses oreilles. Elle se rendit compte qu'à un moment, elle s'était mise debout, poings serrés, et fusillait Dumbledore du regard. Elle s'en fichait : elle se sentait ivre, puissante, justifiée dans sa colère, et elle n'avait pas terminé de hurler.
– La façon dont Harry était traité par les Dursley ! Ou la manière dont vous ne vous donnez pas la peine de prévenir les parents de Crivey, comme s'il ne valait rien ! Je me disais que c'était de la pure cruauté, mais au final, c'est simplement que vous vous en fichez, non ?! C'est juste que ça n'a pas d'importance pour vous ! Vous vous préoccupez de choses tellement plus grandioses ! Comme passer cinq jours par semaine au Ministère avec toute la crème du gouvernement ! Et c'est mal ! Le bien-être des élèves, les élèves qui vont ont été confiés et que vous devez protéger, ça devrait passer avant vos ambitions !
– Je pense que j'ai saisi, lâcha Dumbledore.
Il n'y avait pas le moindre amusement ou la moindre chaleur dans sa voix. Elisa prit conscience qu'elle s'était mise à crier avant qu'il ne l'interrompe. Puis elle réalisa soudain que ce sorcier qui la fixait avec froideur était un quelqu'un de bien réel : quelqu'un qui avait du pouvoir sur elle en tant que directeur de son école, pas juste un personnage fictif sur lequel elle pouvait s'indigner sans conséquence.
Il y eut un silence où Dumbledore et Elisa se fixèrent. La Poufsouffle se tenait bien droite, le menton haut et le cœur battant à tout rompre. Est-ce que le directeur allait lui donner une retenue ? S'indigner, la renvoyer ? Elle était prête à tout. Le sang battait à ses oreilles et elle se sentait comme électrisée, aussi vibrante d'énergie contenue qu'avant un duel…
La porte du bureau s'ouvrit à la volée.
Elisa et Dumbledore furent aussi surpris l'un que l'autre, même si le directeur se contenta de cligner des yeux en direction de l'intrus, et qu'Elisa sursauta violemment en se retournant. Harry fit irruption dans le bureau, l'air affolé. Il était suivi par le professeur Chourave qui semblait extrêmement mécontente, puis par les jumelles Carrow, puis par Trisha et Cédric… Le bureau se retrouva complètement envahi.
– Albus, puis-je savoir ce que Miss Bishop fait ici ? lâcha Pomona Chourave en allant se placer aux côtés d'Elisa d'un air protecteur.
Les autres élèves éclatèrent en protestations et exclamations dans un brouhaha difficilement compréhensible. Flora et Hestia semblaient aux bords des larmes et Harry au bord de la panique, et Trisha était rouge de colère sous son hâle.
– Du calme, voyons ! sourit Dumbledore qui avait retrouvé son regard amusé. Miss Bishop n'a pas d'ennuis. Nous avons tiré les choses au clair.
Les protestations se turent et les élèves échangèrent des regards incertains. Elisa jeta un regard interloqué au directeur, mais celui-ci se contenta de sourire d'un air impénétrable et de pousser son bol de friandises en direction de la demi-douzaine d'intrus :
– Un bonbon au citron ?
oOoOoOo
L'affaire s'arrêta là. Chourave et les élèves quittèrent le bureau sans autre incident, et personne ne fut puni pour quoi que ce soit. La directrice des Poufsouffle raconta à Elisa que Cédric était allée la chercher, et qu'Harry l'avait suivi parce qu'il se sentait coupable, et que les jumelles Carrow étaient été trainées à leur suite par Trisha pour témoigner. Ils étaient tous venus la défendre sans hésitation, et Elisa se sentit envahie par une bouffée d'affection envers tous ses amis.
Bien sûr, tout le monde ne fut pas aussi prompt à prendre son parti.
Sa petite démonstration de Fourchelang avait eu pas mal d'effet. Oh, elle clama haut et fort qu'elle ne connaissait que quelques mots, et plusieurs personnes semblèrent la croire. Mais il y avait quand même un certain monde qui pensait qu'elle était l'héritière de Serpentard, notamment cet idiot d'Ernie Macmillan. Bon, la plupart des Poufsouffle défendaient férocement Elisa, mais beaucoup de Gryffondor et de Serdaigle se montraient soudain assez distants avec elle. Plusieurs jeunes recrues du CEM cessèrent d'assister aux cours, et c'était ce qui brisait le plus le cœur de la Poufsouffle. C'était son premier club, son premier projet : ça lui faisait mal de le voir souffrir à cause d'elle.
En revanche les Serpentard se montraient tout à fait amicaux. Elisa ne savait pas si c'était un réconfort ou si c'était juste louche. Mais bon, l'intérêt des Serpentard se comprenait. Ils préféraient avoir un héritier Poufsouffle mais proche de leur maison, plutôt qu'un héritier Gryffondor, à savoir… Harry Potter.
Parce que bien sûr, Harry s'était senti si affreusement coupable après qu'elle ait été emmenée par McGonagall qu'il avait immédiatement révélé à toute l'école qu'il était un Fourchelang, et que c'était lui qui avait appris à Elisa à parler aux serpents.
– On va devoir parler de ton instinct de survie, soupira Elisa.
Mais le Survivant se contenta de croiser les bras d'un air obstiné :
– J'allais pas les laisser t'accuser sans rien faire !
Cédric secoua la tête avec amusement, Trisha sourit jusqu'aux oreilles :
– Aw, trop mignon ! Tu l'as vraiment bien élevé, Elisa !
Elisa lui jeta une boule de papier à la figure, puis poussa un profond soupir. Le destin avait remporté cette manche. Les gens allaient à nouveau croire qu'Harry était l'héritier de Serpentard. Seulement, cette fois, Elisa avait bon espoir que les suspicions de ses pairs lui pèsent moins sur la conscience. Non seulement Elisa avait assez largement diffusé son idée de « Fourchelang ne veut pas dire descendant de Serpentard », mais en plus, ils étaient tous les deux dans le même bateau.
Dumbledore envoya Hagrid en voyage de découverte dans une réserve de dragons en Roumanie. Ce fut le seul signe que sa conversation avec Elisa avait eu lieu. Bon, ça et le fait que Trisha fit remarquer que les tendances à l'insubordination d'Elisa étaient en train de devenir régulières : elle ne pouvait s'empêcher de remarquer qu'Elisa criait sur au moins un prof (plus précisément sur le directeur de l'école) une fois par an.
Elisa n'avait pas besoin qu'on lui fasse remarquer. Quand elle repensait à ce qu'elle avait osé balancer à Dumbledore, elle avait envie de disparaitre sous terre. Ok, elle n'aimait pas Dumbledore, mais quelle mouche l'avait piqué ?! Dumbledore avait été prêt à parler franchement avec elle, et elle avait juste hurlé comme un putois enragé !
Elle était mortifiée. Elle pensait toutes les choses affreuses qu'elle avait dit, mais ça avait juste été barbare de sa part de les balancer à Dumbledore sans provocation ! Bon sang, mais qu'est-ce qui clochait chez elle ? Cette bouffée de colère qui avait tout balayé sur son passage… Ce n'était pas elle. Ce n'était pas normal.
Mais bref. Il n'y eu apparemment pas de retenue, de points en moins, et pas de changement dans le comportement du directeur. Pas qu'Elisa l'aurait remarqué, de toute façon : Dumbledore n'était à Poudlard que deux ou trois jours par semaine. Un élément que la saga canon n'avait pas mentionné, c'était à quel point le directeur était fréquemment absent.
Le bon côté des choses, c'est que cette histoire d'héritière de Serpentard fit un gros coup de pub à Elisa et que les ventes de ses montres augmentèrent, au point que la jeune fille écoula tout son stock. Elle dut envoyer ses elfes lui racheter du matériel en catastrophe et passa un week-end entier à fabriquer des montres, laissant complètement de côté ses Glisseurs et ses leçons.
Du coup, elle et se mit très sérieusement à envisager de faire une boutique sur le Chemin de Traverse. Avec le succès qu'avaient ses gadgets, elle était sûre que ça serait rentable. Elle avait même une idée de slogan : « Chez Bishop : fournitures et accessoires pour sorciers modernes ». Elle lança l'idée en riant un soir au dîner, mais au moins cinq personnes lui proposèrent ensuite de bosser pour elle. L'une d'elle était Gwendolyn Bowman, d'ailleurs.
– C'est vrai que bosser pour toi serai un peu bizarre, concéda Gwendolyn au déjeuner suivant. Mais j'aime les Sortilèges, j'aime les gadgets étranges, j'adorerai vivre sur le Chemin de Traverse, et tu serais sans doute une patronne plutôt cool. Sans compter que jusque-là, mon plan de carrière c'était gratte-papier au Ministère. Pas très glorieux.
– Tes parents ne diraient rien ? s'étonna Elisa qui avait été amenée à penser que les parents Bowman étaient des Sang-Purs assez coincés.
Gwendolyn haussa les épaules :
– Avoir une échoppe sur le Chemin de Traverse est considéré comme très traditionnel pour les sorciers. Tu remarqueras que c'est complètement impossible pour un Né-Moldu de s'y installer.
Oui, le racisme institutionnalisé était partout chez les sorciers.
– Je ne sais pas si vendre des montres suffira à tenir à flot un magasin, lâcha Elisa d'un ton dubitatif.
– Ne vends pas que des montres, suggéra Cédric qui les écoutait tranquillement en grignotant un toast. Tu pourrais vendre tes parchemins copieurs, tes plumes rechargeables… Non, je crois que tu as un contrat avec Fleury et Bott pour les plumes. Bon, tu pourrais vendre d'autres trucs. Des bouquins, par exemple. Ou bien des gadgets utiles comme des verrous magiques pour les coffres, ou ces petites étoiles que tu peux coller au plafond pour reconstituer les constellations. Ou des amulettes ! Des Glisseurs !
Elisa pencha la tête sur le côté, pensive. Effectivement. Elle avait aussi inventé une peluche-bouillotte qui pouvait être utilisée même par de jeunes sorciers ne sachant pas utiliser les Sortilèges Chauffant. Et puis, elle avait inventé le sortilège « Thermos », qui permettait d'enchanter une tasse ou tout autre contenant pour que le liquide y reste chaud. Elle n'avait jamais cherché à commercialiser ses deux inventions, mais il n'était pas trop tard pour se lancer…
Et elle avait d'autres idées d'inventions qui pouvaient être fun et pratiques. Des emplois du temps enchantés par exemple, avec des effets sonores et lumineux. Ou bien des mini-plans de Poudlard, pour attirer les nouveaux élèves. Ou bien de petites lanternes enchantées qui tenaient chaud lors des récréations en hiver…
– C'est une idée, finit-elle par dire.
Et puis, depuis qu'elle avait créé les Glisseurs, elle avait toujours eu comme ambition d'avoir une boutique avec son nom sur le Chemin de Traverse, ne serait-ce que pour que les Bletchey aient chaque jour la preuve qu'Isabelle avait parfaitement réussi sa vie avec son époux Moldu, et s'en mordent les doigts.
Son commerce de MagicoGlisseurs était loin d'être assez prospère pour avoir sa propre boutique, contrairement aux marchands de balais volants : mais faire une boutique pour ses autres inventions, ça, ça pourrait marcher. C'était même une tellement bonne idée que trois jours plus tard, après avoir surpris Gwendolyn en train d'éplucher les petites annonces de la Gazette concernant les locaux sur le Chemin de Traverse, Elisa décida de tenter le coup.
Elle avait besoin d'un nouveau projet, de toute façon. Elle devait se plonger dans le travail pour oublier la honte et la gêne qui lui serraient le ventre quand elle repensait à Dumbledore, et à la rage anormale qui l'avait submergée. Pour oublier les murmures qui la suivaient quand elle se baladait dans les couloirs. Pour oublier qu'un serpent géant se baladait dans la plomberie de l'école. Pour oublier que, quelque part, un enfant se faisait voler sa mémoire, son esprit, sa sécurité.
Elle embaucha donc Gwendolyn comme assistante, ce qui réjouit la jeune Bowman. Celle-ci signa un contrat rédigé par Tabitha (les Serpentard étaient les juristes officieux de l'école) qui lui interdisait de révéler ou d'exploiter les secrets de fabrication de son employeuse, et Elisa lui apprit le secret des montres enchantées. A les fabriquer, les démonter, les réparer, les enjoliver… Gwendolyn devrait être capable de connaitre la mécanique de ses objets sur le bout des doigts.
Du coup Gwendolyn passait de plus en plus de temps avec Elisa et ses amis. Elle rencontra le Trio d'Or et trouva tout de suite Hermione beaucoup trop autoritaire, mais s'entendit à merveille avec Ron et Harry. Lorsqu'ils se rassemblaient à la bibliothèque, ils n'avaient presque plus de place sur leur table, à eux sept. Cédric semblait accepter cette nouvelle addition sans problème, mais Trisha semblait nettement moins amicale.
– L'année dernière elle t'a traité de menteuse, grogna Trisha lorsqu'Elisa finit par la confronter à ce sujet un matin. Et maintenant vous êtes les meilleures amies du monde ! Excuse-moi si ça me met un peu mal à l'aise.
Elisa la fixa, incrédule.
– Tu es jalouse ?
– Non ! Oui ! Peut-être ! Mais c'est pas ça le problème ! J'en ai juste marre que tu te tournes vers les autres au lieu de Cédric et moi. On est tes amis !
Elisa fronça les sourcils, ne voyant pas où était le problème.
– Je sais. Mais Gwendolyn va être diplômée en fin d'année, elle pourra avoir un job. Nous, il nous faudra encore trois ans avant d'être diplômés.
Trisha secoua la tête, puis se pinça l'arête du nez et poussa un profond soupir.
– Je n'arrive pas à croire que tu… Non, laisse tomber. Tu as raison, Gwendolyn est mieux placé que nous pour t'aider. Bien sûr, pas de problème. Désolé -ce que tu as fini ta dissertation de Sortilèges ?
Elisa était toujours un peu perplexe quant à l'origine de la mauvaise humeur de son amie, mais si Trisha ne voulait pas en parler, Elisa pouvait difficilement l'y forcer.
Le mois de mars avança doucement. Des araignées fuyaient le château à toute allure, mais le Trio d'Or n'alla pas dans la Forêt Interdite, puisque personne ne leur dit d'aller parler à Aragog. Elisa continua à peiner dans ses devoirs de Métamorphose et à pester devant son chaudron en Potions, et à briller en Sortilèges, en Runes Anciennes ou en Divination. Durant l'un de ses cours, elle prédit que quelqu'un ferait face à un Basilic avant la fin de l'année, ce qui fit couiner trois Serdaigle d'épouvante et réjouit tellement Trelawney qu'elle lui donna un Optimal.
Elle travaillait sur ses montres avec Gwendolyn, sur ses Glisseurs avec ses elfes, et toute seule sur différentes idées de gadgets qu'elle pourrait commercialiser. Elle écrivait à Lester et aux autres, et comptait son or, voyant avec satisfaction leurs fortunes combinées atteindre un niveau suffisant pour leur projet d'école. Elle lisait, elle inventait, elle séchait les cours de Lockhart. Elle passait le temps.
Les murmures sur la possibilité qu'elle soit l'héritière de Serpentard ne se tarissaient pas. Elisa finit par en avoir assez de réfuter les théories des gens ou d'ignorer les chuchotements sur son passage. Est-ce qu'elle avait une tête à être l'héritière de Serpentard ?! Elle, Elisa Bishop, la Sang-Mêlé de Poufsouffle ? Elle, avec ses cheveux en pétard retenus par des bandeaux aux couleurs de sa Maison, avec ses robes d'uniformes au tissu couvert de poils de chats ? Elle, qui criait sur le directeur parce qu'elle trouvait qu'il ne se préoccupait pas assez des élèves, qui affrontait en duel des Puristes dans les couloirs, qui paniquait à la vue de sang et qui était terrifiée par le Basilic ?
C'était stupide, c'était blessant, et Elisa commençait à en avoir marre. Alors elle redressa la tête, et se mit à emmener Malta avec elle partout. Le serpent avait bien grandi, désormais, et atteignait presque quarante centimètres de long. Elisa la portait drapé sur ses épaules et autour de son cou, la couleur dorée des écailles de Malta s'harmonisant parfaitement avec la laine jaune et noire de son écharpe aux couleurs de Poufsouffle.
Au moins, là, les gens avaient une raison valide de chuchoter derrière son dos. Elisa gardait la tête haute. Elle n'avait pas eu peur de Dumbledore, pas eu peur de Tom. Elle n'aurait pas peur de quelques chuchotements.
Au fond d'elle-même, elle était une Serpentard, et les Serpentard étaient toujours des survivants.
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J'aime cette note d'optimisme x) Enfin bref ! Dans ce chapitre, il y a deux indices majeurs à relever. L'un est sur Elisa elle-même, et il est plutôt apparent. Le deuxième est sur la personne qui possède le journal, et est lié à une divergence du canon, et à la capacité fantastique d'Elisa à ne pas voir ce qui est sous son nez. Saurez-vous les trouver ?
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Et n'oubliez pas de voter ! Petit rappel, les candidats sont :
- Amandine Brook (Née-Moldue membre du CEM)
- Katie Bell (Poursuiveuse dans l'équipe de sa Maison)
- Leanne Garner (Née-Moldue, voisine de Katie et amie d'enfance)
- Vicky Brackley (meilleure élève de sa classe en Sortilège, membre de quatre clubs différents)
- Cormac McLaggen (riche Sang-Pur, issu d'une famille descendant de Gryffondor)
- Gavin Hunt (Sang-Mêlé membre du CEM)
- Kendal Sinclair (Sang-Pur, meilleur ami d'un Serpentard nommé Logan Warren)
