Il avait tout prévu. Ou presque. Il n'avait certainement pas prévu de se retrouver affublé de la sorte et dans un monde tel que celui où il évoluait présentement. Ou étaient passés les landes escarpées et le gothisme typique des sœurs Brontë ? Il voulait les grandeurs du dix-neuvième siècle, non pas la débauche de couleurs et de chairs du carnaval Vénitien ! Encore moins l'horrible costume qui lui enserrait le corps et le masque tout aussi ridicule – au nez bien plus imposant que le sien – qui allait avec. Il ne savait même pas où il allait ! La gondole et son navigateur suivaient les canaux les uns après les autres, le menant Salazar seul savait où ! C'était là que résidait l'ennui de se retrouver projeté dans un ouvrage. L'utilisateur endossait le rôle de l'un des protagonistes et se devait de suivre la destinée du personnage. Non pas que cela l'ait dérangé la première fois. Il se souvenait encore avec délice de ce qui s'était passé près de l'immense cheminée.
Il regarda autour de lui et admira néanmoins les façades des palais et la minutie de leurs détails. Il n'y avait que miss Granger pour avoir fait cela. Il lui avait tendu le livre qu'il comptait utiliser. Il était certain que la couverture était la bonne quand elle avait ouvert l'ouvrage avant d'y verser trois gouttes de leur élixir. Mais il était à Venise. Entouré de bruit et de couples copulant sans la moindre pudeur. La gondole arriva bientôt au pied d'un palais vénitien typique et il quitta son embarcation pour entrer en son sein. La demeure était luxueuse et éclairée par des centaines de chandelles. Ses pas le menèrent bientôt dans une pièce où l'attendait une vision qu'il n'aurait jamais cru voir. Granger. Miss Granger simplement vêtue de la plus fine mousseline jamais filée. Miss Hermione Granger attendant lascivement dans le plus large lit qui soit. Hermione Granger pratiquement nue. Hermione l'appelant par son prénom.
- Severus… Je commençais à perdre patience.
- Miss Granger ? Parvint-il à articuler. Que ?
- Je suis étonnée que vous ne compreniez pas ce qui se passe, Severus. Je n'avais pas envie de m'engoncer dans des robes bien trop volumineuses.
- Mais pourquoi choisir cet endroit ?
- Parce que vous parlez Italien, tout simplement.
Il ne comprenait pas ce qui se passait. Il avait la forte impression que les rôles s'étaient inversés. Qu'elle cherchait à le séduire quand c'était à lui de le faire.
- Perchè parlo italiano ?
- Oui. Parce que vous parlez Italien, répéta-t-elle, et parce que entendre votre langue rouler les lettres est terriblement... affriolant.
- Allettante? è sicura di lei e delle sue parole, donna?
- Etant donné que je ne comprends qu'un mot sur cinq mais que je me doute de ce que vous me dites, je vais vous répondre par l'affirmative, Severus. Après tout, c'est vous qui avait jeté les bases de ce jeu de séduction. Et quel jeu ! Je n'aurais jamais pensé vous voir ainsi mais vous savez ce que vous faîtes et je me suis retrouvée prise au piège sans m'en rendre compte. Il fallait que je vous rende la monnaie de votre Galion.
- E come ?
- Je pense avoir compris… Voyons… Comment dire… En vous séduisant à votre tour.
Elle se leva alors et avança vers lui, de la façon la plus séductrice qui soit. C'était définitivement à son tour d'être pris au piège. Vu de près la mousseline n'était pas fine, elle était transparente et par Merlin ! Qu'il avait envie de la lui ôter afin d'avoir un meilleur aperçu de ce qu'elle laissait voir !
- J'ai vécu une semaine particulièrement difficile, Severus. J'ai passé mon temps à me demander ce qui vous arrivait, à vous écrire, à rêver de vous… Avant de finir par comprendre et de me rendre compte que je voulais faire de ces songes une réalité, dit-elle en ôtant l'horrible masque qui recouvrait son visage.
Son esprit, la seule partie de lui-même qu'il ne contrôle encore menaçait de ne plus l'écouter. Il n'avait jamais rien vu de plus sensuel de sa vie. Ses maîtresses d'un soir ne possédaient rien de la vision qui lui faisait face. Elle était encore plus désirable que son doppelgänger fictif. Après trois mois à travailler avec elle dont plusieurs disputes, il avait apprit à respecter son intelligence. Surtout durant le dernier mois. Puis c'est elle, qu'il avait commencé à admirer. Il la pensait réservée mais là, là… Elle lui offrait tout ce dont il avait jamais rêvé depuis peu. Bien malgré lui d'ailleurs, au tout départ.
- E sicura? Sicura di lei ? Sicura di che cosa vuole ? Attenzione strega, la prenderò alla parola se mi risponde all'affermativa!
- Je n'ai jamais été aussi sûre de quoi que ce soit, Severus.
Toute opposition disparu quand elle ôta l'étoffe qui l'entourait. Elle était loin des canons de beauté que certains hommes prônaient mais pour lui, elle était belle et plus encore. Ses hanches étaient un peu larges et portaient encore quelques stigmates de sa grossesse mais c'étaient justement ce que certains nommeraient des défauts qui le touchaient. Elle était femme tout simplement.
- Bella... Il tuo corpo è un invito alla lussuria.
- Severus...
- Vado a venerare ciò che mi offri fino alla sazietà... Fino a ciò che gridi il mio nome in un soprassalto di estasi, fino a ciò che sono soddisfatto, fino a ciò che ho calmato la mia sette con i tuoi succhi...
- Ne me laisse pas attendre ! Cesse de regarder, agis !
- Che la tua volontà sia rispettata, preparati strega !
Il posa une main sur sa taille et posa l'autre à l'arrière de sa tête, à la base de son cou. Là, il la regarda droit dans les yeux et laissa son regard exprimer ce qu'il ressentait. Il inclina sa tête, la laissant attraper sa dernière chance de lui échapper et l'embrassa quand elle ne fit rien pour quitter son étreinte. Les lèvres de la jeune femme étaient douces et il laissa toute la passion qu'il avait contenue au cours de la dernière semaine exploser. Sa langue caressa la lèvre supérieure de celle qui allait lui appartenir et alla à la rencontre de celle de la jeune femme, la goûtant et jouant subtilement avec elle. Embrasser Hermione était divin mais il voulait plus qu'un aperçu, il voulait Avalon. Il se baissa et passa un bras sous ses genoux au moment même où son second bras entra en action et supporta le reste de la jeune femme par les épaules et l'emmena jusqu'au lit, où il la posa délicatement.
- La realtà è molto più soddisfacente, cara mia...
*Parce que je parle Italien ?
*Affriolant ? Êtes-vous sûre de vous et de vos paroles, femme ?
*Et comment ?
*Êtes-vous sûre ? Sûre de vous ? De ce que vous pensez souhaiter ? Attention sorcière, je vais vous prendre au mot si vous me répondez par l'affirmative !
* ma belle... ton corps est une invitation à la luxure...
* je vais vénérer ce que tu m'offres jusqu'à satiété... Jusqu'a ce que tu cries mon nom dans un sursaut d'extase, jusqu'à ce que je sois satisfait, jusqu'à ce que j'ai bu tes jus à en étancher ma soif...
* Que ta volonté soit faite, prépare-toi sorcière!
*La réalité est tellement plus satisfaisante, ma chère...
