J'AI FINALEMENT RÉUSSI À CHARGER DES CHAPITRES
WIPPEEEE (après 15 autres nouveaux sur l'autre fic, quand même... T_T)
« À ma mère
Je ne sais pas pourquoi je t'écris. Je ne sais pas si tu existes, si cette lettre devrait aller en Hollande ou au Canada. Je ne sais pas pourquoi je t'écris, je ne vois pas quoi te dire. Quand je pense à toi je ne ressens qu'un immense vide. Tu n'es pas là. Ces mots sonnent creux.
Qu'est-ce que tu étais pour mon père ? Je suis désolée, je n'arrive plus à l'appeler papa, j'ai besoin de grandir. Toi tu es « ma mère ». Je n'ai pas de photos de toi. Mais je crois que tu avais les cheveux roses. Je me demande s'il y a un gène pour cela, il ne me semble pas, pourtant.
Tu sais c'est ça ce qui me fait peur. Les cheveux roses ce n'est pas naturel. Et ça pourrait se comprendre que j'en ai. Mais dans ton cas, non… Si tu es ma mère, tu dois être humaine, alors t'es-tu teins les cheveux ? J'aimerais bien me teindre les miens. J'en ai marre d'avoir les cheveux roses, en fait.
Pardon, je ne sais pas quoi te dire. »
« À ma mère
Aujourd'hui j'ai encore reçu un bulletin excellent. On m'a dit que je pourrais faire une grande école. Comme Maths Sup et Maths Spé. J'ai du mal à me sentir concernée. J'ai l'impression que Delmas ne parle pas de la même personne.
En fait je ne sais pas de qui il devrait parler. »
« À ma mère
J'ai remarqué que je ne signe pas mes lettres. Je m'en excuse. Mais je crois que je n'ai pas envie. J'aurais l'impression de ne te laisser qu'une partie de moi-même. Et je ne crois pas pouvoir faire ça. Ça fait un peu mal. Je ne sais pas pourquoi. De toute façon je suis sûre d'être différente, tous les jours. Ils en ont besoin, je crois.
Pardon, je suis un peu vague. »
« À ma mère
Je suis fan des Hunger Games. C'est des films que j'ai regardés, mais ils sont bien mieux en livres. Je les ai lu en version originale pour m'entraîner en anglais. Et j'ai presque tout compris. Tout vient facilement pour moi. Et l'anglais et une langue sympa. Je pourrais peut-être m'en servir pour faire des études à l'étranger, parce que je ne suis jamais sortie de France.
Des personnages des livres, je crois que je préfère Mags. Je crois que j'aimerais beaucoup connaître une Mags.
- A Tribute »
« À ma mère.
Je suis retournée à l'Ermitage aujourd'hui. C'était douloureux. Tout est mort, l'automne est triste. Il y a des feuilles comme brûlées partout dans le jardin, et sur les pas de portes. J'imagine que papa n'avait pas le temps des les nettoyer non plus, il travaillait trop. Parfois je me demande si mes souvenirs avec lui sont vrais. Peut-être que de son côté, il se rappelle seulement que sa fille l'empêchait de travailler. Peut-être que je n'étais qu'une étape pour rejoindre sur bureau.
Bruyante mais nécessaire. J'ai quand même passé dix ans à être silencieuse. Parfois je me dis que Jérémie est trop jeune. Et moi je ne réussirai jamais à me réintégrer à une époque.
Ils sont heureux quand je suis comme ils l'attendent.
Je crois que je sais à peine reconnaître quand je suis différente. Je veux dire, quand je me force. »
« À ma mère
Je suis DJ, tu sais. Enfin, c'est un peu prétentieux de dire ça. Mais je fais mieux qu'Odd. Parfois on s'amuse à remixer avec William. En tout cas je suis déjà passée en concert avec les Subsonics. J'attends qu'ils me recontactent, j'aimerais bien.
Un autre groupe m'a embauchée. Ils aiment ma musique. Tout le monde dit qu'elle est originale, en fait. Mais j'ai du mal à voir en quoi elle plus spéciale que celle des autres. Je la fais et c'est tout, il n'y a rien de plus de mon côté.
Mais j'ai tellement de sentiments. Ça permet d'évacuer le trop-plein, je crois. Sauf que parfois mes musiques sont trop noires. Et j'en ai honte.
Et eux qui me sourient… »
« À ma mère
Pour Jérémie je suis une sorte de réserve infinie de patience. Il adore que je patiente pour lui. Ou pire, il ne s'en rend même pas compte. J'ai l'impression qu'il me sourit toujours pareil. Il me trouve très gentille, aussi. Et il s'émerveille de mon intelligence, surtout avec un ton sucré-salé, en sortant de cours de maths ou de conseils de classe, où les profs me complimentent. Lui aussi, ils le complimentent. C'est bête.
On me parle souvent de mon avenir. J'en ai un peu marre.
Parfois Jérémie regarde mes seins, et je suis sûre qu'Odd l'encourage à détailler mes fesses. C'est désagréable, un sensation que je ne sais pas vraiment décrire. Mais ça me déçoit. Je ne pensais pas que c'était ça, être attirée par quelqu'un. »
« À ma mère
J'ai essayé d'en parler à Yumi, tu sais. Mais elle ne voulait pas. Du coup je suis allée sur internet et ça m'a dégoûtée. C'est vraiment moche. Le mien ressort, même mes lèvres son assez proéminentes. Malheureusement c'est encore plus moche pour les mecs. Ça me dégoûte.
Et je me demande toujours comment c'était pour toi. Je ne sais pas pourquoi j'ai des cheveux bruns à cet endroit. »
« À ma mère
J'ai cherché ta famille. Pour voir si j'avais des grands-parents. Je n'ai rien trouvé. Déjà je n'étais même pas sûre que le nom de famille qu'on t'ait attribué soit le bon… Imagine, un grand-père et une grand-mère, qui attendent, quelque part.
Imagine-moi sur le pas de leur vieille ferme de campagne. Je viendrais dans une robe mauve ou verte, pour aller soit avec mes cheveux, soit mes yeux. Ou peut-être que je me teindrais les cheveux, pour ne pas qu'ils soient choqués. Je n'amènerai personne. Ceux qui seront mes amis m'attendront dans la ville d'à côté.
Le ciel sera nuageux, des nuages très noirs sur un ciel très bleu, le tout vraiment bizarre et trop vif. J'attendrai quelques minutes sur un pas de porte en pierre, quelque part dans le Sud-Ouest, entourée de glycine. Puis la porte s'ouvrira.
Je n'arrive jamais à voir plus loin. »
« À ma mère
En seconde, je peux sortir de l'internat du vendredi soir au dimanche matin, sans revenir dormir, si je le souhaite. « Les parents d'Odd ont dit oui ». Alors Odd veut que j'aille en boîte, Ulrich l'accompagne en rechignant pour se donner un genre. Jérémie refuse absolument et casse chacune des paroles d'Odd à ce sujet. Ils veulent chacun m'inscrire dans un cadre bien défini.
Je vais essayer d'aller en boîte avec Yumi. »
« À ma mère
Les temps changent. Nous avons repeint l'Ermitage, mon ancienne chambre est rose. Le salon est vert.
Le printemps arrive. De temps en temps un rayon de soleil perce les nuages. Pour fêter ça, je me suis acheté un beau cahier, sa couverture est violette, bleue et orange, cousue de motifs indiens. J'ai collé toutes mes anciennes lettres dedans et j'écrirai toutes les prochaines sur ses pages vierges. Je me sens assez heureuse tu sais !
Les temps changent, tout s'échappe et tout glisse en une traînée d'étoiles… Ma tête et mon futur aussi sont transformés, tout est plus beau. Il y a plein de lumière. »
« À ma mère
Imagine-moi en heure de colle… Imagine-moi mendiant dans la rue… Imagine-moi au nord de la Finlande au bout du monde… Imagine-moi au Sud.
Imagine-moi morte. »
Des lettres perdues…
« Je t'ai beaucoup écrit mais j'ai l'impression d'avoir trop changé. Tu ne m'as jamais répondu. »
« À
Rien »
