IX

Amanda

Note de l'auteur : Voici le chapitre 9, qui a été fastidieux à écrire. Je voulais avancer franchement, mais je ne pouvais pas, sans régler certains problèmes. Ce chapitre est donc un peu plus long que les précédant, il fallait au moins ça. Plusieurs nouveautés, comme un changement de point de vue, mais en fait pas vraiment. ^^ J'espère que ça vous plaira autant qu'à moi et rdv très vite pour la suite, déjà en cours d'écriture. Merci à tous ceux et celles qui me lisent, merci à celles qui me review assidûment, ça fait plaisir de voir que mes chapitres sont attendus et toujours appréciés. Bonne lecture !

« Nous devons aller sur Delta Vega. Seul l'autre toi croira à notre histoire, sans que cela n'affecte trop notre futur. »

« Je suis d'accord, mais nous avons un autre problème. En contrecarrant les plans de Nero, nous avons privé nos doubles d'une information précieuse. » M'expliqua-t-il.

« Qui est ? » Demandai-je, perplexe.

« La matière rouge. Si j'ignore son existence, je ne déduirais jamais que le Narada vient du futur. » Précisa-t-il, le regard sombre.

« Est-ce si important ? » M'étonnai-je.

« C'est cette prise de conscience et la connaissance de leur technologie avancée, qui m'ont grandement décidé à suivre les ordres du Capitaine Pike et de rejoindre la flotte, plutôt que de poursuivre Nero. Contrairement aux apparences, à ce moment-là, j'avais très envie de te donner raison et de suivre ton plan. Mais, le fait de savoir que nous ne faisions pas le poids, techniquement, m'en avait dissuadé. Et ton insistance ne faisait que me faire douter de mon choix. C'est pour ça, que je me suis tant emporté et que j'ai fini par te débarquer. Sans cette information, il y a de fortes chances que tu ne mettes jamais les pieds sur Delta Vega. Même s'ils se demandent sûrement, à l'heure où nous parlons, quel est le but des Romuliens, je ne pense pas qu'ils soient capables de le deviner. » Me confia-t-il, un peu gêné.

« Mais, j'ai toujours cru que tu n'étais juste plus apte à prendre des décisions claires, trop choqué par ce qui venait de se passer ! » M'étonnai-je.

« Tout le monde l'a cru. Et c'était en partie vrai. » Souffla-t-il, apparemment honteux.

« Comment allons-nous régler ce problème ? » Demandai-je, pour changer de sujet.

« Nous ne pourrons rien faire tant que nous serons coincés ici. » Conclut-il.

Nous réfléchissions à un moyen de quitter la planète, quand la réponse nous apparut sous la forme de trois navettes, atterrissant à proximité du cratère.

« Tu penses à ce que je pense ? » Demandai-je, malicieusement.

« Non, j'entends tes… »

« C'est une expression, Spock. » Le coupai-je, en levant les yeux au ciel.

Pendant que nous parlions, les portes des petits vaisseaux s'ouvrirent, pour laisser le passage à un groupe d'une quinzaine de Vulcains, sûrement venu constater les dégâts. À leur vue, je sentis Spock se tendre soudainement.

« Mes parents sont là. » Me renseigna-t-il, quand je lui lançai un regard interrogateur.

Je n'osai imaginer ce que la présence de sa mère, à quelques mètres de là, pouvait lui faire. Ils se regroupèrent tous, au bord du trou, plongés dans une discussion animée.

« Si nous nous faufilons discrètement derrière eux, nous pourrons nous emparer d'une de ces navettes. Le temps qu'ils comprennent, nous serons déjà en route. » Proposai-je.

« Nous devons faire ça vite et bien, alors. Si l'un d'eux nous voit, il me reconnaîtra tout de suite. Nous devrons alors expliquer notre présence et nous perdrons trop de temps à inventer une histoire crédible. »

Sans attendre, je sortis de notre planque, Spock sur mes talons. En rendant mon pas le plus léger possible, ce qui n'était pas évident avec une gravité supérieure à celle de la Terre, je m'approchai lentement du premier moyen de transport à notre portée. J'allais y parvenir quand je croisai le regard d'une femme. Elle s'était malheureusement retournée vers nous et je perçus immédiatement quelque chose de différent chez elle. Ses sourcils, je remarquai, étaient arrondis, comme ceux des humains.

« C'est ma mère. Et elle nous a repérés. » Murmura mon compagnon, penché sur mon épaule.

Elle ouvrit la bouche, certainement pour dire le nom de son fils, mais Spock la devança en posant un doigt sur ses lèvres, pour lui signifier de se taire. Même si elle parut surprise, elle comprit le message.

« J'ai une idée. » Souffla-t-il à mon oreille.

Je le vis alors lui faire signe de venir.

« Mais qu'est-ce que tu fais ? » Chuchotai-je, nerveusement.

« Fais-moi confiance. » Me demanda-t-il.

Sa mère parla à son mari, mais nous étions trop loin pour l'entendre. Je tirai Spock par une manche, pour nous camoufler derrière la coque du vaisseau. Après quelques secondes, un bruit de pas nous parvint. Elle vint nous rejoindre, hors de vue du reste du groupe. Immédiatement, elle prit son fils dans ses bras en murmurant son nom. Quand elle le relâcha, elle se tourna vers moi.

« Et, vous êtes ? »

« Capitaine James T. Kirk, madame. » Me présentai-je, quelque peu intimidé.

« Appelez-moi Amanda. » Elle reporta son regard sur Spock. « Tu ne sers plus sur l'Enterprise, avec le Capitaine Pike ? »

« C'est compliqué, mère. » S'impatienta-t-il.

Heureusement, elle sembla se satisfaire de cette réponse, pour le moment.

« Maintenant, vas-tu m'expliquer le pourquoi de tout ce mystère. J'ai dit à ton père que j'avais oublié quelque chose à l'intérieur, si je m'absente plus de quelques minutes, il viendra sûrement voir ce qui me retient. »

« Nous devons emprunter cette navette. C'est vital. »

« Ne pouvez-vous pas contacter votre équipage, pour vous faire téléporter à bord ? » Demanda-t-elle, perplexe.

« Je vous l'ai dit, mère, c'est compliqué. Moins vous en saurez, mieux ce sera. » Exposa-t-il doucement.

« Très bien. Que veux-tu que je fasse pour vous aider à partir d'ici ? »

« Pour ça, rien, à part peut-être retarder les autres à nous poursuivre. Ce que j'attends de vous, c'est de faire très exactement ce que je vais vous dire. C'est une question de vie ou de mort. » Lui expliqua-t-il, urgemment.

« Tout ce que tu voudras, mon fils. »

« Vous allez devoir trouver un moyen de monter à bord de l'Enterprise, qui est en orbite autour de Vulcain, avant qu'il ne s'en aille. Il vous faut convaincre père qu'il est logique de nous accompagner sur Terre pour prendre part au combat. Ce Romulien a tenté de détruire notre monde. Une fois à bord, il faudra que vous me disiez que Nero avait l'intention de créer un trou noir en centre de notre planète, à l'aide de matière rouge, pour nous anéantir. »

« Ce que tu dis n'a aucun sens ! Tu es là donc pourquoi… »

« Vous comprendrez quand vous y serez. » La coupa-t-il. « Mais surtout, vous ne devrez pas révéler d'où vous tenez ces informations. En aucun cas. Sous aucun prétexte. » Insista-t-il.

« J'ai bien compris. Trou noir, matière rouge et cette conversation n'a jamais eu lieu. »

« Merci, mère. » Murmura Spock en l'étreignant une fois de plus.

« Maintenant, allez-y, avant que ton père ne te voit. Laissez-moi juste quelques minutes pour retourner auprès de lui. Ils penseront que vous vous êtes simplement faufilés après mon départ. Je les persuaderai que nous avons mieux à faire que vous courir après et que nous devons rejoindre l'Enterprise. Je ne sais pas dans quoi tu t'es embarqué, Spock, mais prends soin de toi. » Conclut-elle. « Capitaine Kirk. »

Elle me fit un simple signe de tête en guise d'au revoir, que je lui rendis, puis elle s'en alla.

« Tu penses que ça fonctionnera ? » Demandai-je, après le départ d'Amanda.

« Je l'espère, vraiment. » Me répondit-il, en actionnant l'ouverture de la porte.

Je le suivis à bord de la cabine, prenant place sur l'un des deux sièges de pilotage. Spock actionna les commandes et je mis les gaz. La navette se mit en mouvement et j'observai pensivement la surface de Vulcain s'éloigner de nous. J'étais quelque peu euphorique de la voir entière et bien là. Mais, certainement pas autant que mon compagnon, même s'il n'en montrait rien.

« J'en suis plus qu'heureux, crois-moi. Ce n'est simplement pas le moment de l'exprimer. »

Je lui souris en captant ses pensées, en posant ma main sur la sienne. Sans un mot, nous prîmes la direction de Delta Vega.

USS Enterprise. Point de vue de l'officier en second James T. Kirk.

Nero avait pris la direction de la Terre, après que sa foreuse soit tombée en panne pour une raison inexpliquée, emportant Pike avec lui. Une délégation de Vulcains venait de monter à bord, souhaitant apparemment nous prêter main-forte dans la lutte contre le Romulien. D'autres vaisseaux suivraient. L'un des sangs verts fit son entrée sur la passerelle, accompagnée d'un agent de la sécurité et d'une humaine. Je compris, à la manière dont Spock s'éjecta presque du fauteuil de commandement pour venir à leur rencontre, qu'il s'agissait de ses parents. Si son père resta parfaitement stoïque en le saluant, sa mère, elle, sembla très surprise. Je ne compris pas très bien pourquoi. Elle devait pourtant savoir que son fils servait sur l'Enterprise. Je me rapprochais du groupe, pour leur souhaiter la bienvenue. La femme se tourna alors vers moi.

« Capitaine Kirk. » Dit-elle en guise de bonjour.

Je la regardai, interloqué.

« Je ne suis que l'officier en second, madame. Le Capitaine Pike a nommé Spock, comme remplaçant, avant de partir pour le Narada. »

Elle parut encore plus abasourdie que moi, si c'était possible, mais se reprit rapidement, affichant un visage neutre.

« Spock, il faut que tu saches que Nero, ce Romulien, creusait la surface de Vulcain dans le but de jeter de la matière rouge dans le noyau. Pour créer un trou noir et détruire notre planète. » Dit-elle, d'une traite.

Je l'observai, horrifié par ses paroles, ce à quoi nous venions d'échapper et pris place, distraitement, dans le fauteuil de commandement.

« D'où sors-tu ces informations ? »

La question de Sarek jeta un blanc sur la passerelle. Toute l'attention des membres d'équipage présents était tournée vers la mère de Spock.

« Je ne peux pas répondre à cette question. » Souffla-t-elle, après un moment.

« Que signifie ceci, Amanda ? À qui as-tu parlé près de cette navette ? Je sais que tu n'y avais rien oublié. » Lui demanda, calmement, mais fermement, son mari.

« Je n'ai pas le droit d'en dire plus. Je suis désolée. » S'excusa-t-elle en lui prenant la main, son regard, presque implorant. « Vous allez devoir me faire confiance. » ajouta-t-elle en se tournant vers nous.

Spock soupira de dépit et se tourna vers Uhura.

« Nero se dirige vers la Terre ? »

« Aucun doute, Capitaine. » Répondit-elle.

« Merci, Lieutenant. » Ponctua-t-il, en se dirigeant vers l'écran.

« La Terre n'est qu'une étape, toute la Fédération est en danger. » Ajoutai-je.

« Sortez de ce fauteuil. » M'ordonna-t-il, en passant à côté de moi.

Je me levai, agacé.

« S'il veut détruire la Fédération, pourquoi nous épargner ? » Demanda très justement, Chekov, derrière le poste de commande.

« Nous ne valons pas la peine de gâcher une torpille ? » Suggéra Sulu, à la gauche de son homologue russe, tandis que Spock allait de l'un à l'autre.

« Vous n'y êtes pas. Il voulait que j'assiste à la fin de ma planète. Mais, il a échoué. » Révéla le capitaine suppléant.

« Comment aurait-il fait, d'ailleurs ? D'où sortent-ils une arme pareille ? » S'interrogea Bones.

« La compétence scientifique requise pour créer un trou noir nous donne une piste. » Spock se tourna vers nous, dos à l'écran principal, en nous exposant sa théorie. « Cette technologie pourrait permettre de traverser l'espace-temps. »

« Bon sang, mec, je suis docteur, pas physicien ! » S'emporta Léonard. « En clair, ils viennent du futur ? »

« Lorsque vous avez éliminé l'impossible, ce qui reste, si improbable soit-il, est nécessairement la vérité. » Cita Spock, reprenant une des célèbres répliques de l'illustre Sherlock Holmes.

« Très poétique. » Se moqua McCoy.

« Qu'est-ce qu'un Romulien du futur voudrait au Capitaine Pike ? » Demandai-je, pour mettre fin à leur joute verbale.

« Obtenir des informations tactiques sur Starfleet ? » Proposa Sulu.

« Nous devons les rattraper, les neutraliser et récupérer le capitaine. » Conclus-je, en m'avançant vers le demi-vulcain.

« Notre infériorité technologique rend votre suggestion illogique. » Me contredit-il.

« Et il faudrait que Nero ralentisse. » Se sentit obligé d'ajouter Chekov.

« Nos ingénieurs peuvent booster notre portée de distorsion. » Suggérai-je, quelque peu énervé.

« Ils sont accaparés par les réparations… »

« Ok, ok, c'est bon ! » Coupai-je Spock, exaspéré par son manque total de discernement. « Il y a forcément une solution. »

« Nous devons rassembler nos troupes en prévision du prochain combat. » Reprit-il, borné.

« Il n'y aura pas de prochain combat ! Nous arriverons trop tard ! » Insistai-je, maintenant clairement remonté contre ce Vulcain de malheur. « Puisqu'il connaît l'avenir, la seule parade est d'être imprévisible. »

« Comment pourrait-il prévoir le déroulement des choses ? » Me demanda-t-il, semblant trouver ma remarque stupide. « Il a modifié le cours de l'histoire dès qu'il a attaqué l'USS Kelvin et provoqué depuis, une nouvelle suite d'événements, que ni lui, ni nous ne pouvons prévoir. » M'expliqua-t-il, visiblement irrité.

« Une réalité parallèle. » Ajouta Nyota.

« Précisément. » Ponctua Spock, en passant devant moi. Ce qui m'agaça au plus haut point. « Quel qu'aurait été l'avenir, en perturbant le continuum espace-temps, il a changé notre destinée. » Continua-t-il « Monsieur Sulu, cap sur le système Laurentien, distorsion 3. » Ordonna-t-il en reprenant place dans son siège.

« Spock, ne faites pas ça. » Tentai-je de le dissuader une dernière fois, en le rejoignant. « Ce n'est pas en courant rejoindre la flotte… »

« Ce sont les ordres du Capitaine Pike. » Me coupa-t-il, fermement.

« Il a aussi ordonné qu'on le ramène ! » Lui rappelai-je, criant presque. « Spock, vous êtes Capitaine… »

« Et j'assume ma charge. »

« Chaque seconde compte contre Nero ! » M'emportai-je.

« Raison de plus pour respecter mon autorité. » Répondit-il, comme si c'était la meilleure solution.

« Je refuse de fuir ! » Hurlai-je franchement, cette fois.

« Jim, calmes-toi ! » S'interposa Bones

« Nous devons traquer Nero ! » M'obstinai-je, hors de moi.

Spock se leva de son fauteuil, clairement indigné.

« Sécurité, faites-le sortir. » Ordonna-t-il.

Deux gardes m'agrippèrent par les bras pour me traîner dehors, sous les regards choqués de Léonard et Uhura. Je résistai à leur prise, refusant de laisser tomber, persuadé que Spock était dans l'erreur et, sans réfléchir, frappai un des hommes en rouge, puis l'autre, me débattant avec la force du désespoir. J'entendis vaguement McCoy me crier de m'arrêter, mais fis la sourde oreille, avant de sentir soudainement une main serrer fortement la jonction entre mon cou et mon épaule, puis tout devint noir.