Yo ! On approche de la fin, vous savez. Après ce chapitre, il y en aura un autre, et puis ça sera l'épilogue. Ca passe vite, non ? Je n'en reviens pas d'avoir commencé à écrire cette fic il y a... Trois mois, en fait, le 1er décembre. Dingue. J'étais en période d'examen à ce moment-là x) Apparemment, quand je stresse, j'écrit de manière quasi-compulsive. En ce moment, je révise pour mes pré-colle, et j'ai un mal fou à ne pas me ruer sur mon ordinateur pour écrire le tome 3 !
Oui, parce que j'ai fini d'écrire le tome 2. J'en suis au tome 3. D'ailleurs, si vous avez des headcanon sur les Maraudeurs, envoyez-les moi !
Enfin bref. Je suis toujours accro à Hamilton, by the way. En ce moment, j'ai "The Room Where It Happen" dans la tête. Je suis apparemment fan de toutes les chansons chantées par Burr xD Au faut, est-ce que vous connaissez "Drunk History" ? C'est une émission américaine où des historiens/profs/universitaires picolent un peu puis parlent de certains événements historiques. Et Lin-Manuel Miranda (le mec qui a écrit Hamilton) a participé à cette émission pour raconter la vie d'Hamilton, justement ! J'ai vu quelques extraits, j'étais pliée.
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Enfin bref ! Voici les réponses aux reviews !
Salut DreamerInTheSky ! Helen est une malade, yep xD Mais les règles sont importantes, dans un duel de sorcier ! C'est en cas de guerre qu'on oublie les règles, et pourquoi penserait-elle qu'une guerre approche ? Pour elle, le duel est un art de spectacle autant que de combat x) Alors yep, faut respecter les règles x)
Yo Aomine ! Pas mal l'idée du Glisseur de modèle Shrink. Je garde l'idée en réserve. Pour la magie du Moyen-Orient, je vais peut-être l'évoquer mais pas m'attarder dessus. Comme Elisa l'a dit (ou pensé) dans le chap' précédent, appredre des incantations et des sorts dans un autre langage est très difficile. Je réfléchit toujours à l'idée de la vidéo, par contre xD
Hey Titietrominet ! L'idée d'embaucher des elfes m'a posé un GROS dilemme moral. D'un côté, c'est pratique, c'est fun, c'est même charitable de la part d'Elisa de les protéger. De l'autre... Elle participe quand même au système qui les oppresse. C'est bien d'en avoir sauvé six, mais et les autres ? Tous ceux qui sont maltraités, tous ceux qui sont abusés, elle les laisse à leur sort, elle ne conteste même pas leur situation ! Bref, du coup j'ai pris l'option de la facilité, avec un peu de forshadowing. Elisa se sent coupable de ne pas avoir fait plus. Alors quand Hermione se lancera dans sa croisade, Elisa sera juste derrière elle, tu peux en être sûr x) Voilà ! Et pour Dumbledore... D'après moi, Dudu ne scanne pas les pensées des gens en permanence. Parfois les apparences lui suffisent. Alors si Harry a l'air de rentrer chez lui, et qu'Arabella Figgs ne lui transmet pas de rapport sur son absence (ce qui est probable, si Pétunia cache le fait qu'Harry est chez des amis de son école !), alors Dudu ne va pas creuser l'affaire. Parfois, agir en pleine lumière est le meilleure moyen de rester caché x)
Hello Mayoune ! Yep, Hamilton, c'est génial x) Je connais par cœur déjà trois chansons, au secours. Et puis, j'apprends plein de petits faits historiques hilarants sur l'histoire des Pères Fondateurs, à la fois grâce au Musical, à Wikipedia (puisque je creuse un peu) et aux fics là-dessus que je lis. Par exemple, apparemment Aaron Burr était un fervent féministe, il a essayé au moins trois fois de faire passer des lois accordant le vote aux femmes. Et il était aussi d'une maladresse digne de Tonks, puisqu'il a faillit mourir deux fois en se cognant la tête contre une gouttière (deux fois LA MÊME gouttière) et qu'il s'est accidentellement mis le feu en essayant d'allumer une bougie avec de la poudre à canon. Oh, et une fois James Madison a été commandité par Washington pour écrire une lettre au Congrès. Puis le Congrès à chargé Madison d'écrire sa réponse à Washington. Puis Washington a demandé à Madison d'écrire la réponse... Au final il s'est envoyé quatre lettres, de lui-même à lui-même. Je trouve ça génial x) BREF ! Oui, les elfes c'est cool x) Mais Elisa se sent coupable de participer au système qui les oppresse et les maltraite. Elle ne formera pas la SALE (elle a trop à faire), mais... Elle va certainement soutenir l'idée.
Yo Louny ! On voit que tu favorise les Serpy xD Ou juste Heather ? Je ne te blâme pas, elle est trop cool x) Qui file du whisky à des gamins de 13 ans (même si Cédric a techniquement 14 ans, son anniversaire tombe deux mois après la rentrée, eh oui) ? Facile ! Des septièmes années ivre de leur victoire et qui insistent que c'est un rite de passage ! Quant aux elfes... Yep, la situation est assez moche. Les sorciers ont profité de leur dépendance pour les asservir. L'idée que tout être devrait au moins avoir droit au respect et à la dignité, ça leur passe au-dessus de la tête ! Mais je reviendrai sur le sort des elfes dans la saga... Ne t'en fait pas pour ça ! Est-ce que tu as lu "Les sorciers" de Alixe ? Très bonne fic qui parle de ce qui se passe entre la Bataille de Poudlard et l'épilogue. Et Hermione se préoccupe activement des elfes !
Salut Leguramine ! Ouais, elle a de l'ambition, c'est rien de le dire xD Du haut de son mètre cinquante, elle veut mettre le monde sorcier sens dessus dessous ! Mais c'est ça qui rend Elisa intéressante... Elle va secouer le cocotier x)
Bienvenue dans l'aventure, Twisted Bomb =D Je suisravie que ça te plaise ! Les fics SI ont une sale réputation, parce qu'elles sont souvent écrites par des enfants de 10 ou 12 ans qui veulent juste prendre la place du héros. Mais l'approche réaliste d'une fic SI permet de faire tellement de trucs ! On a un choc culturel, social, intellectuel... Et on a des connaissances du futur qu'on peut exploiter mais qu'il faut garder secrète. Sérieusement, c'est un style de fic qu'il faudrait exploiter davantage... Y a plein de potentiel là-dedans.
Hello 17Harry ! Yep, Elisa a un gros défaut... Comme moi, elle a horreur de faire de l'exercice physique ! Alors son endurance, tant magique que physique, n'est pas au top. Personne n'est parfait. Cela dit, pour le reste, elle se débrouille. Et tu as raison, Harry va beaucoup plus s'amuser chez les Bishop que s'il était resté chez les Dursley x)
Yo, Streema ! La Jésus-Christ des elfes de maison xD Oui, je m'amuse bien à écrire ce genre de délire. Pour les SI sur le fandom d'Harry Potter... Je les lis surtout en anglais. En français, j'ai lu il y a deux ou trois ans "Pour une utopie", sur ff-fr. La fic est en cours et se concentre plus sur l'univers lui-même que sur les interraction de la SI avec le Trio, par contre. En revanche, si tu lis l'anglais, je te recommande "In Bad Faith", "My Gilded Life", et "The Road Not Taken" ! Voilà. Quand à stopper le Trio... En fait, ils n'avaient pas besoin d'aller sauver la pierre en premier lieu, puisque Qurirrel n'aurait jamais réussi à passer l'épreuve du Miroir du Riséd si Harry n'était pas apparu. Mais les trois mioches sont quand même allé affronter des dangers mortels, pour rien, et ensuite Dudu les a récompensés. Pour Harry qui n'a jamais été aimé ou récompensé dans la vie, c'était le début d'une sorte de conditionnement. Si je mets ma vie en danger pour sauver les gens, alors je serai aimé. Et oui, c'est une bonne qualité pour un héros ! Mais pour Elisa, Harry n'est pas juste le héros. C'est aussi un enfant de onze ans qui lui fait confiance, et elle est horrifiée à l'idée qu'il puisse penser ainsi. Elle voudrait que sa logique soit plus quelque chose comme "si je fais face à un terrible danger, il y aura toujours des gens pour m'aider, parce que je suis aimé", plutôt que "je dois gagner l'amour des gens même au prix de ma vie". Plus sain, non ?
Merci Luffynette ! J'espère que les quelques chapitres qui reste te plairont autant x) On est presque à la fin de la fic, j'ai du mal à réaliser...
Hello Simpson31 ! Un mélange d'Al, de l'Ankou, et d'Alyssa ? OMG. Pauvre Poudlard xD Naaaan, Elisa est plus un mélange de... Callistia Malefoy de Quelques Faits, Lucas de Polydipsie, et Lucy Zabini de Renouveau. Un mélange qui, je l'avoue, est tout aussi flippant xD Elisa directrice des élèves... C'est une idée xD Elle occupe auprès d'eux un rôle assez semblable à celui qu'elle pense que Dudu (ou n'importe quel adulte, en fait) devrait occuper. C'est l'une des sources de son animosité envers le directeur... Ils sont assez semblable.
Salut Imthebest ! Contente que ça t'ai plus ! La scène avec Dudu, je la faisait mijoter depuis des plombes, j'en suis fière. Et OUAIS, Elisa va devenir RICHE, MWAHAHAHA. Hum. Bref. Oui, je voulais vraiment aborde le sujet des sorts étrangers... Mais la barrière du langage me freinait pour utiliser des sorts avec des incantations. Donc, à la place, j'ai exploré d'autres branches de la magie. Le foulard, les rituels, et j'ai aussi mentionné les amulettes x) Et pour Helen... Tu n'as pas tort, elle est inspirée de Scorpius ! Et d'Alva, aussi. Alva sans son stress post-traumatique et son agressivité latente xD
Yo, Amazaria ! Pour la magie sans baguette : les sorciers sont des IDIOTS. Ils sont tellement fiers d'être les seuls à avoir maîtrisé l'usage des baguette (qui, d'après moi, fonctionne comme un "concentrateur" de magie) qu'ils en ont fait leur caractéristique principale. Ils ont fait de leur privilège (même pas un don, même pas un talent : un privilège, un bonus) leur unique caractéristique magique. Ce qui est... abyssalement stupide, d'après moi. Ca me donne envie de me taper la tête contre les murs. Mais bon, je pense que cette débilité est un élément de la culture occidentale (Europe et Etats-Unis). En Afrique et en Asie, l'usage d'amulette doit être plus répandu. Ca, et les masques, les chants qui tissent des sorts, les runes, la magie élémentaire... L'invocation de créatures ou d'esprits... Bref. Du coup, c'est la raison pour laquelle Elisa pense un peu hors du moule : elle a été confrontée à différents types de maîtrise de la magie dès son enfance. L'utilisation de la baguette, qui aparait aux sorciers européen come le seul moyen de maîtriser sa magie, lui apparait plutôt comme la voie royale... Mais pas la seule route possible. Cela dit, elle ne va pas se mettre à apprendre des types de magies étrangères. Le rituel qui foire lui a servi de leçon ! Voilà. MAIS BREF ! Ah, ce débat sur "est-ce que les adultes sorciers sont trop irresponsables ans la gestion des élèves?". La réponse est oui, sans aucun doute. Mais on ne va pas confisquer les baguettes des gamins entre les cours, bon sang. Il faut qu'ils apprennent à s'en servir, qu'ils comprennent que c'est dangereux et puissant, et... Y a pas trente-six solutions pour ça : il faut affronter la réalité. Sauter dans le grain bain. Bref : on leur donne la baguette, et on leur dit que c'est leur responsabilité maintenant. Sûr, ils vont se blesser, au début (du moins les plus idiots xD). Mais c'est pour ça qu'il y a une infirmerie ! Et très vite, ils vont apprendre à faire preuve de prudence et de retenue. Leur notion du danger n'est pas la même que la nôtre, en plus. Ton exemple est plutôt bon : pour eux, se faire disparaitre tous les os du bras, c'est une broutille !
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Ca me fait tellement plaisir de voir qu'autant de gens lisent ! Je sautille de bonheur dès que je vois que j'ai reçu une review. Ca fait beaucoup rire ma meilleure amie quand je consulte ma boite mail à la fac et qu'elle me voit couiner de bonheur. M'en fout, je suis bizarre et j'assume ! x)
Enfin bref. Voici donc l'avant-avant-dernier chapitre... Enjoy !
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La tension des examens
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Du coup Elisa se joignit aux entraînements d'Helen, traînant les pieds, mais bonne perdante. Si elle assistait à un entraînement par semaine, elle considérait son devoir fait, et elle avait largement assez de temps pour se préoccuper d'autres choses. Ses Glisseurs, ses projets, ses inventions…
Il lui restait encore un peu de temps avant le début de la période de révision, qui commençait traditionnellement vers la mi-mai. Du coup, elle en profitait pour mettre ses affaires plus ou moins en ordre.
Et pour se faire régulièrement botter les fesses par Helen ou Rhonda. Leurs leçons étaient très différentes du Challenge, mais il y avait quand même une part d'affrontement. Le côté positif, c'était qu'Elisa progressait régulièrement. Le côté négatif, c'est qu'au bout de six vols planés dans l'herbe, elle commençait à avoir mal partout et à se sentir nettement moins bien disposée vis-à-vis de ses amies.
– Il faut souffrir pour être douée, la nargua Helen.
– C'est pas « il faut souffrir pour être belle », le dicton ? sourcilla Trisha.
– Peu importe le but poursuivi, tu finiras toujours par souffrir, déclara sinistrement Heather.
Vu qu'elle aussi avait fait partie du fiasco du dernier match du CEM, elle avait été convoquée aux entraînements d'Helen et Rhonda… Et elle n'osait pas ses défiler, sans doute parce qu'Adrian, Terence et Tabitha aurait bien rigolé d'elle.
N'empêche qu'Elisa se serait bien passée de ses remarques défaitistes. Ça lui sapait le moral. Déjà qu'elle n'était pas super-motivée pour le duel…
Mais passons.
A mi-mai, Elisa retourna aux cuisines (et fut promptement assaillie par une horde d'elfes qui se marchaient presque dessus dans leur hâte de lui offrir du thé et des petits gâteau) afin de prendre des nouvelles de son projet de… recrutement. A sa grande surprise, la nouvelle s'était répandue comme une traînée de poudre et tous les elfes du pays avaient apparemment entendu parler de la jeune sorcière miséricordieuse prête à rendre leur dignité aux elfes abandonnés et à les sauver du Ministère.
Elisa ne savait pas si elle devait en rire ou en pleurer.
Elle avait toujours trouvé le comportement de Dobby ou de Kreattur complètement excessif dans les livres, mais… Après avoir vu ce qu'était leurs conditions de vie, leur vue du monde et de la liberté… Ça avait du sens qu'ils révèrent les rares sorciers à faire preuve de bonté envers eux. Ils étaient comme des enfants privés d'affection pendant longtemps, désespérés pour un contact amical.
La plus vieille elfe des cuisines de Poudlard, Mellie (une sorte de matriarche chez les elfes), lui présenta six elfes : les seuls six elfes libres de Grande-Bretagne. Ils avaient été libérés récemment et étaient encore sous le choc, ou cherchaient toujours désespérément du travail, ou se terraient dans les forêts pour éviter d'être ramassés par des officiels du Ministère soucieux du secret magique et des troubles que pouvait causer un elfe qui n'avait personne à servir.
Tilly, une femelle aux grands yeux craintifs, avait été renvoyée trois mois plus tôt pour avoir laissé la porte de l'arrière-boutique ouverte et permis à un chat errant de s'y introduire et de laisser des poils sur les travaux de couture à moitiés achevés de sa maîtresse. Olly, un de ses amis, avait été renvoyé il y avait une semaine à peine, quand sa maîtresse avait découvert qu'il volait de la nourriture pour Tilly qui se cachait dans les égouts près de sa vieille maison.
Moppy, un vieil elfe mâle, avait été renvoyé parce qu'il toussait et que ça dérangeait son maître. Il n'en avait plus que pour quelques années à vivre de toute façon, avait dit son maître avant de le chasser : personne ne voulait d'un elfe à l'agonie. Tuanelle, une elfe femelle assez âgée, avait été renvoyée à cause de ses mains trop tremblantes pour faire le thé. Maddy, une autre femelle, avait été renvoyée à cause d'une cicatrice de brûlure sur son visage qui effrayait les jeunes enfants de sa maîtresse. Et Pillo, le plus jeune de la bande, avait été renvoyé parce qu'il avait osé réconforter le fils de son maître en lui disant que ce n'était pas grave s'il n'avait jamais reçu sa lettre de Poudlard.
(Elisa essaya très fort de ne pas penser à ce qu'un maître aussi cruel pouvait avoir fait au petit Cracmol qui pleurait en premier lieu.)
A ce point Elisa était à deux doigts d'inventer elle-même la S.A.L.E. d'Hermione. Quand elle avait lu les livres, elle avait trouvé la passion de la Gryffondor pour cette cause assez infondée, mais maintenant… Maintenant, elle réalisait que le grand drame c'est que personne d'autre qu'Hermione ne se soit indignée.
Et maintenant, elle avait mauvaise conscience de réduire elle-même des elfes en esclavage. Mais comme l'alternative était de renoncer à les engager et de laisser le Ministère les emporter, Elisa était bien obligée de respecter sa promesse.
– Est-ce que vous savez construire un bâtiment ? demanda-t-elle à la cantonade. Pas une grande maison, juste empiler des pierres pour faire quatre mur et un toit, pour me construire un atelier dans la forêt.
Les six elfes, qui étaient à la fois complètement pétrifiés et tremblant d'espoirs, échangèrent des regards affolés jusqu'à ce que Pillo dise timidement :
– Pillo a servi un druide cette année ! Il a appris à Pillo à construire des cabanes.
– Très bien, sourit Elisa. Est-ce que vous savez couper du bois, et équarrir des planches ?
Cette fois, ce fut Maddy l'elfe brûlée qui leva la main, un peu tremblante. Elisa retint un soupir de soulagement. Construire un atelier et travailler le bois de ses MagicoGlisseur étaient les deux aptitudes qu'elle était le moins sûre de trouver chez des elfes qui avaient passé leur vie à faire le ménage.
– C'est parfait ! Alors je vous engage tous les six. Je peux effectuer le rituel de servitude tout de suite, mais je ne rentrerai chez moi qu'au mois de juin… Ça ne vous ennuie pas de rester à Poudlard jusque-là ?
– Miss nous engage ? répéta Olly d'une voix tremblante.
– Tous les six, confirma Elisa avec fermeté. Vous travaillez pour moi maintenant.
Elisa s'attendait un peu aux larmes et elle s'était mentalement préparée, mais l'ovation des elfes des cuisines la prit complètement au dépourvue. Ce fut tout juste s'ils ne la portèrent pas en triomphe.
Elle était devenue l'héroïne des elfes de maison. En y repensant, elle se sentait vraiment coupable de ne s'être intéressée aux elfes que pour le bénéfice qu'ils pourraient lui apporter. Et elle se sentait encore plus coupable de participer au système qui les oppressait ! Ces petits êtres avaient besoin qu'on les défende sans motifs ultérieurs. La moindre des gentillesses suffisait à les bouleverser aux larmes.
Ce fut Mellie qui donna à Elisa les instructions pour le rituel de servitude. Apparemment c'était assez simple : les elfes devaient donner volontairement leurs vêtements à leur maître, qui devait immédiatement les faire disparaitre (en les brûlant, le plus souvent). Elisa se serait absolument passée du spectacle des elfes à poil, merci bien. Heureusement les elfes de Poudlard avaient prévu la situation et prêtèrent à leurs nouveaux camarades des sortes de draps, que les serviteurs d'Elisa enfilèrent comme des toges.
– Hum, fit pensivement Elisa. Tilly, tu étais employée par une couturière ?
– Oui, maîtresse !
Le terme de « maitresse » mettait la jeune fille trop mal-à-l'aise, et elle se hâta de corriger avec un sourire figé :
– Oh, appelle-moi juste Miss Elisa.
Non, attendez, les elfes trouvaient ça impolis d'appeler leurs maîtres ou maîtresses « miss » ou « monsieur ». C'était des titres réservés aux étrangers ou aux invités. La Poufsouffle rectifia aussitôt :
– Ou bien appelle-moi Madame, ou Magister. Tilly, est-ce que tu pourrais vous coudre des uniformes pour tous les six ? Des sortes de longues robes, avec des manches. Rouge foncé, presque marron.
Pas question qu'elle laisse ses elfes se trimballer en guenilles. Ils avaient droit à un minimum de dignité quand même.
– Oui, Madame Elisa !
– Parfait, sourit-elle. J'achèterai du tissu, tu auras juste besoin de me donner la longueur dont tu as besoin.
Puis elle se tourna vers les autres elfes, commençant par le seul qui avait quelques notions de construction :
– Pillo, je veux que tu apprennes aux autres elfes comment construire une maison. Utilisez des livres sur l'architecture si vous en avez besoin, mais dans moins de deux mois vous devrez tous être capable de bâtir mon atelier. Maddy, tu leur apprendras à couper et équarrir des planches. Moppy, est-ce que tu pourrais calculer quel budget vous aurez besoin tous les six pour manger chaque semaine ?
– Oui, Madame Elisa !
– Dans ce cas, tu es chargé de calculer les finances. Tuanelle t'aidera. Et tu seras aussi chargé des courses.
– Oui, Madame Elisa !
Puis Elisa se tourna vers Olly, le dernier elfe. Elle avait une tâche pour lui aussi. Elle n'avait aucune idée de quand précisément le Trio d'Or allait partir à la recherche de la pierre philosophale (le dernier jour des examens ? Le lendemain ? Dans l'après-midi ? Au soir ? Elle n'arrivait plus à s'en souvenir, c'était un de ces détails qui lui échappait !), mais elle tenait à garder un œil sur cet évènement.
Si elle jouait bien ses cartes, elle pouvait réussir à stopper Voldemort cette nuit-là.
– Olly, pour toi, j'ai une mission de la plus haute importance. Tu vas surveiller sans te faire voir le couloir du troisième étage, là où il y un Cerbère. Au moment où quelqu'un passe devant ce Cerbère sans se faire mordre, et descend par la trappe que le chien est supposé garder, je veux que tu viennes me prévenir, d'accord ? Immédiatement.
Olly se mit presque au garde-à-vous :
– Oui, Madame Elisa !
Une demi-douzaine d'elfes sous ses ordres, c'était le début d'une petite armée. Avec eux et leur magie, changer le monde serait du gâteau.
– D'ailleurs, Moppy ? fit soudain Elisa. Est-ce que tu pourrais m'apporter un thé bien sucré dans ma salle commune ? Et assez de gâteaux pour toute ma classe. Ce soir, on révise les Potions et on va avoir besoin de tout le réconfort possible.
Et oui. Car malheureusement, changer le monde, ça devrait attendre qu'elle ait passé ses examens de fin d'année. Il lui restait un peu moins de troissemaines avant le début des tests, au début du mois de juin.
Et puisqu'elle avait à peine commencer ses révisions, elle allait devoir y mettre les bouchées doubles.
Sa prédiction s'avéra exacte. Avec deux matières supplémentaires à préparer, les troisièmes années révisaient frénétiquement pour les examens. Et en prime, il leur fallait toujours baby-sitter les plus jeunes ! Les séances du CEM poursuivaient leur cours, et très souvent les plus jeunes membres du club venaient timidement demander de l'aide à Takashi ou Elisa quand qu'ils butaient sur leurs devoirs de magie.
Ni le Serdaigle ni la Poufsouffle ne rechignaient à la tâche, même s'ils auraient préféré se concentrer sur leurs propres notes de Métamorphose. Après tout, l'entraide était l'une des promesses faites aux membres du CEM.
Et puis il y avait d'autres élèves, qui n'avaient rien à voir avec le CEM mais qui connaissaient quand même Elisa, qui venaient lui demander un coup de main. Par exemple, la classe de Jojo s'inquiétait de leur examen en Sortilèges, alors Elisa prit une demi-heure sur son temps de révision à elle pour les aider à revoir les points qui leur posait problème. Zacharias Smith et Sally-Anne Perks, les deux meilleurs élèves de Poufsouffle, lui demandèrent de les aider à faire leurs chartres d'astronomie. Tracey Davies s'inquiétait de ses notes en Métamorphoses, alors Elisa et elle révisèrent laborieusement les exercices de transfiguration de première année.
On ne change pas le monde tout seul. Elisa se devait de pouvoir compter sur les gens. Sur tous les gens : chaque élève de Poudlard pouvait devenir quelqu'un dont elle aurait besoin plus tard. Et si elle voulait pouvoir compter sur eux… Eh bien, il fallait déjà qu'ils puissent compter sur elle, non ?
Et c'est fou ce qu'Elisa avait gagné en popularité depuis que des petits gâteaux apparaissaient spontanément à côté d'elle dès qu'elle s'installait quelque part pour réviser.
Du coup Elisa aidait tous ceux qui le lui demandaient, sans distinction de Maison, d'âge, ou de pureté du sang. Elle donna même un coup de main à Drago Malefoy pour son Sortilège de Lévitation, en lui conseillant d'essayer de faire léviter une plume à travers des anneaux pour parfaitement maîtriser ce sort.
Elle mériterait d'être canonisée, n'empêche. Supporter Drago était une véritable épreuve.
– Ce mec est une plaie, dit-elle à Tracey en aidant la petite Serpentard à réviser la théorie des Charmes de Verrouillage et de Déverrouillage. Il est affreusement snob, même envers moi qui ait quand même trois ans de plus que lui !
Tracey haussa les épaules avec fatalisme :
– C'est Malefoy. On s'y habitue.
Elisa posa un regard dubitatif sur sa protégée. Elle ne savait pas exactement quand Tracey était devenue sa protégée, mais c'était un fait. Tracey venait voir Elisa quand elle avait un problème, pas son amie Millicent Bulstrode ou ses Préfets. Elisa gardait un œil sur son bien-être, si elle avait l'air déprimée, fatiguée, si elle avait de bonnes notes.
Elle ne s'en était pas rendu compte avant récemment, en plus. Elisa avait toujours l'esprit partagé entre tellement de trucs différents que certaines évidences lui passaient au-dessus de la tête. Il lui avait fallu des mois avant de réaliser qu'elle s'occupait de Tracey comme si la gamine était… Eh bien, comme si elle était une Poufsouffle. Comme si elle était sa responsabilité.
Et maintenant qu'elle avait endossé ce rôle, elle ne pouvait quand même pas y renoncer. Qui garderait un œil sur Tracey sinon, dans sa Maison de racistes ?
– Hum, fit Elisa d'un ton pas très convaincu. Il est quand même insupportable.
Tracey ne put s'empêcher de rigoler :
– Il l'est. Il parle tout le temps de lui, de son manoir, de ses chevaux ailés…
– Il a des chevaux ailés ? l'interrompit Elisa. Raaah, c'est injuste ! C'est beaucoup trop cool pour lui.
Tracey hocha gravement la tête :
– Il dit qu'il préfère les balais. Il a trois balais de course. Et il passe quand même son temps à se plaindre. De tout ! Les devoirs, les profs, les, euh, les Nés-Moldus… Et il se plaint d'Harry, même quand il ne l'a pas vu de la journée !
– C'est presque obsessif, s'amusa Elisa.
– Carrément, approuva Tracey. Tu savais que les septième années ont inventé un jeu à bire où ils doivent vider leur verre des que Malefoy prononce le mot « Potter » ?
Elisa s'étrangla de rire. Non, elle ne le savait pas, mais elle était absolument ravie d'être mise au courant. Elle allait chérir cette information pendant le reste de sa vie. Oh, elle le voyait d'ici, Malefoy et son air pompeux, et la douzaine de septièmes années en train de le guetter pour picoler…
Elle secoua la tête, puis reprit son sérieux. Malefoy était plus amusant qu'autre chose, avec son arrogance, mais elle devait aussi garder à l'esprit qu'il était l'équivalent sorcier d'un nazi. Il était égoïste, persuadé d'appartenir à une race supérieure, et il soutenait de tout cœur l'idée d'exterminer les êtres inférieurs.
Que du bonheur, donc.
– Il ne te rend pas la vie dure, au moins ? s'assura-t-elle en fronçant les sourcils. S'il fait des siennes, tu sais que tu peux m'en parler.
Tout le monde savait que Malefoy était un Puriste. Et tout le monde savait que les Puristes ne tenaient pas en haute estime les Sang-Mêlés… Même ceux de leur propre Maison. Malefoy avait refusé de ne serait-ce que parler à Elisa durant des mois parce qu'elle était à moitié Moldue. Qu'est-ce que ça pouvait être pour Tracey, qui avait une mère Née-Moldue et qui partageait une salle commune avec lui ?
Mais Tracey esquissa un sourire :
– Ne t'inquiète pas, Magister. Je suis amie avec Pansy maintenant, alors ça veut dire que Malefoy est de mon côté.
Curieux qu'elle appelle Pansy Parkinson par son prénom, mais pas Drago Malefoy. Et curieux aussi qu'elle parle de « côtés ». Ils n'avaient que onze ans, bon sang. Ces gamins avaient déjà des politiques internes plus développées que la Maison de Poufsouffle dans son ensemble !
– Si tu le dis, lâcha Elisa. Bon, où on en était ? Ah oui. Le Sortilège de Verrouillage se base sur la volonté de…
oOoOoOo
Les jours passèrent, partagés entre les cours, les révisions, ou les conseils prodigués à leurs cadets qui s'inquiétaient. Et bien sûr, il y avait les projets qu'Elisa échafaudaient dans son carnet. Elle essayait d'imaginer tous les jalons possibles qui risquaient d'apparaitre sur son chemin, si son plan pour stopper Voldemort réussissait, ou s'il échouait.
L'année prochaine, Isaac (le petit frère de Trisha) ferait sa rentrée : est-ce qu'elle pourrait le présenter à Ginny et Luna, et ainsi éviter que les deux filles ne deviennent des parias ? Et l'année suivante, est-ce qu'elle capturait Pettigrew avant l'incident de la Cabane Hurlante, ou est-ce qu'elle patientait jusque-là ? Après tout, Elisabeth Bishop, la Poufsouffle fouineuse, n'avait aucune raison d'attaquer le rat de Ron Weasley avec un sort qui annulait les Métamorphoses.
Uh. Il fallait quand même qu'elle apprenne ce sort, au cas où. De toute façon, étant donné sa nullité en Métamorphose, si elle apprenait à annuler ses erreurs… Ça serait toujours ça de pris.
Du coup elle chercha à la bibliothèque si un bouquin mentionnait ce sort. Effectivement, c'était le Sortilège d'Homomorphus. Un sort très puissant, du niveau des ASPICS, qui mêlait Sortilèges et Métamorphose. Elisa n'eut qu'à jeter un œil à la taille du chapitre explicatif, et elle renonça.
Elle se débrouillerait pour démasquer Pettigrew sans ce sort. La Métamorphose, c'était définitivement pas son truc.
Mais passons.
Elle avait toujours une tonne de questions. Une fois Pettigrew capturé, est-ce que ça empêcherait totalement Voldemort de revenir ? Elle réussirait peut-être à stopper Voldemort cette année, mais il y avait quand même des Horcruxes qui pouvaient être utilisés pour le ramener à la vie. Et puis Barty Croupton était toujours dans la nature… Tiens, ça, c'était encore un autre problème à résoudre.
Peut-être qu'elle pourrait utiliser ses elfes pour espionner l'elfe de Croupton, qui était apparemment complice ? Mais pour quel motif ? Elle ne pouvait quand même pas dire qu'elle connaissait le futur ! Si elle se faisait chopper, elle devait toujours avoir un alibi, c'était sa règle d'or.
Enfin, sa deuxième règle d'or. La première était de ne pas se faire prendre.
Pettigrew, et Croupton Jr. C'était les deux plus grandes menaces dont elle devrait s'occuper. Oh, et le journal de Jedusor, aussi. Elle devait absolument l'intercepter pour empêcher qu'un Basilic soit lâché dans l'école. Elle avait vraiment du pain sur la planche.
Et si elle n'arrivait pas à stopper Pettigrew… Il y avait cette histoire avec Bertha Jorkins, non ? Un pur accident, qui permettait au mage noir de lancer son plan durant le tome 4 de la saga. Donc on ne pouvait pas exclure la possibilité qu'Harry soit entré dans le Tournoi… Et que Cédric soit tué. Pour ça aussi, elle devait trouver une solution.
Peut-être lui dire que le trophée était piégé ? Ou bien entrer dans le Tournoi elle aussi et espérer prendre sa place ? Est-ce que c'était seulement possible ? Elle ne pouvait pas ensorceler la Coupe. Elle ne savait pas si la Elisa Bishop de l'histoire canon avait entré son nom (ou même si elle avait existé), mais c'était Cédric qui était supposé être choisi. C'était le destin. Elle ne pouvait pas l'empêcher…
Alors, quoi ? Etudier les contrats juridiques magiques pour trouver une faille permettant à Harry de ne pas participer ? Voler son Polynectar au faux Maugrey Fol-Œil ? Saboter le Tournoi elle-même ? Poser des pièges dans le cimetière de Jedusor pour que tout le coin explose s'il essayait de faire son rituel stupide ? Eh, c'était une idée, ça. Où est-ce qu'elle pourrait se procurer des mines antipersonnel ?
D'ailleurs, il faudrait vraiment qu'elle pense à apprendre à se défendre. Pas seulement avec des sorts : elle avait beau être douée en duel désormais (à sa grande surprise d'ailleurs, et essentiellement grâce à Helen), les Mangemorts seraient toujours plus doués qu'elle. Sa meilleure chance de gagner un combat était de prendre son adversaire au dépourvu, alors… Elle devrait peut-être se prendre une arme secondaire.
Peut-être qu'elle pourrait apprendre le lancer de couteaux ? Avec la Force, elle toucherait toujours sa cible. Et elle était sûre d'avoir un set de couteaux de lancer d'origine amérindienne dans un placard du Cottage aux Erables… Ou bien peut-être qu'elle pourrait acheter un flingue ? Et donner un flingue à Harry, vu qu'il était tout le temps en danger ?
Rien qu'hier, il était revenu de sa retenue avec Hagrid pratiquement à minuit, blême de peur et vacillant sur ses pieds. Elisa, qui revenait d'une leçon d'Astronomie, l'avait croisé dans le hall, et avait trouvé sa pâleur inquiétante.
D'ailleurs, est-ce qu'Harry n'était pas supposé voir Voldemort boire le sang d'une licorne au cours d'une retenue avec Hagrid ? Bon sang, personne n'était en sécurité dans cette école !
Raaah, sauver le monde et préparer ses examens en même temps, c'était d'un compliqué ! Heureusement que la question du lancement de son entreprise de MagicoGlisseurs était réglée. Si elle avait dû s'en inquiéter en plus du reste, elle aurait sans doute pété un plomb.
– Tu t'en sors ? fit Cédric en haussant les sourcils.
Elisa baissa les yeux sur son brouillon, à côté de ses notes d'Histoire (enfin, les notes d'Histoire d'Heather, puisqu'Elisa n'avait pas écouté un seul mot de Binns de l'année). Au milieu de sa chronologie sur les chasses aux sorcières et les découvertes divinatoires du Moyen-âge, elle avait griffonné une liste d'armes Moldues létales qui comprenait, entre autres, la kalachnikov, la tronçonneuse et le couteau-papillon.
– Merveilleux, marmonna-t-elle.
– Si tu comptes tuer Rogue tu as tout mon soutien, marmonna Raashid qui peinait à apprendre la composition du Philtre de Confusion.
– Ah non ! s'indigna Trisha. Personne ne tue Rogue ! Pour une fois que j'ai parfaitement révisé mon examen, je compte avoir le maximum de point et il n'est pas question que vous me sabotiez toute mon entreprise en assassinant l'examinateur, vu ?
Il y eut un blanc.
– Ce que je préfère dans notre Maison c'est notre altruisme désintéressé, fit une Préfète avec un sourire en coin. Eh, Elisa, il te reste de gâteaux sablés ?
Elisa ne se souvenait absolument pas d'à quel moment tous ces gens s'étaient mis à être assez proches d'elle pour l'appeler par son prénom, mais elle poussa quand même son assiette remplie de gâteaux en direction de l'intruse.
C'était toujours utile d'être dans les bonnes grâces des Préfets.
D'ailleurs, en parlant de Préfets…
– Est-ce que vous savez comment sont choisis les Préfets ? demanda-t-elle innocemment.
La Préfète inconnu haussa un sourcil :
– Tu es intéressée ?
– Justement non, sourit Elisa. Ma hantise serait d'être choisie et de devoir passer mon temps à patrouiller les couloirs au lieu d'inventer a plume auto-correctrice…
– Tu as inventé la plume auto-correctrice ? s'enquit avidement Trudy dont les fautes d'orthographes étaient abominables.
Elisa marqua un temps d'arrêt.
– Euh, non. Mais je le note. Je ferai ça un de ces jours.
Parce que ça avait l'air d'être une excellente idée. En plus, ça se vendrait comme des petits pains, ces choses-là. Plus de fautes, plus de ratures !
– Mais bref, reprit-elle. Je veux justement éviter d'être Préfète, parce que ça me prendrait trop de temps. Il y a une procédure pour ça ?
La Préfète inconnue renifla avec amusement :
– Eh ben, tu anticipes vachement… Et tu es bien sûre de toi. Mais t'inquiète, j'en toucherai un mot au professeur Chourave si tu veux.
– Vraiment ? Cool !
– Comment tu peux savoir qu'il y a une chance que tu sois Préfète ? fit Cédric avec curiosité.
Elisa esquissa un sourire en coin, et se replongea dans ses notes d'Histoire :
– Oh, je suis douée en Divination. D'ailleurs, je prédis que tu seras absolument Préfet. Et Préfet-en-Chef après ça. Et Capitaine de l'équipe de Quidditch.
Cédric se contenta de rire, clairement incrédule, et le sourire d'Elisa s'élargit. Eh, si les gens se souvenaient de cette prédiction d'ici quatre ans… Peut-être qu'elle gagnerait une réputation d'Oracle. On pouvait toujours espérer, non ?
Elisa révisait, donc, mais gardait toujours une partie de son cerveau concentrée sur ses projets. Et puis, sur ses cours aussi. Eh oui, il restait encore plusieurs jours de cours où les profs se hâtaient de boucler leurs programmes. Rogue, McGonagall et Flitwick avaient généralement une éthique de travail draconienne et finissaient toujours dans les temps, mais les autres… n'étaient pas toujours au même niveau.
Le professeur Sinistra aurait voulu leur faire étudier deux autres cartes du ciel. Le professeur Babbling se désespérait de réussir à leur apprendre le sens tertiaire des runes proto-germaniques. Le professeur Trelawney déclara d'une voix mystique que les feuilles de thé seraient à l'examen et comme ils n'avaient passé que trois semaines dessus, les élèves se mirent à consommer deux fois plus de thé que d'habitude pour s'entraîner.
Le professeur Chourave avait plus ou moins terminé son programme… Mais les caprices de la météo pouvaient mettre par terre des mois de travail. Un orage inattendu donna un coup de froid à une Tentacula Vénéneuse qu'elle comptait utiliser pour l'examen, alors tous ceux qui avaient révisé à fond ce sujet (la Tentacula était une valeur sûre) se retrouvèrent à potasser leurs notes en essayant désespérément de deviner sur quoi l'examen allait tomber.
Elisa misait sur les choux mordeurs. Chourave était gentille, mais elle avait quand même une nette tendance à leur faire manipuler des plantes agressives lorsque l'exercice était noté.
Bref, c'était une période assez dense. Elisa aurait bien aimé faire une pause, mais franchement, la période de révision était justement celle où elle n'avait absolument pas le temps.
La seule personne qui avait l'air aussi occupée qu'Elisa (si on excluait les candidats aux BUSES et aux ASPICS, qui semblaient à deux doigts de fondre en larme à cause du stress) était Hermione Granger. Elle était même pire qu'Elisa, en cela que la Poufsouffle travaillait mais consacrait aussi une partie de son temps à ses autres projets, tandis que la petite Gryffondor était constamment en train de bosser.
– Tu sais, ce ne sont que des examens de première année, tenta de la rassurer Elisa.
– Mais si je les rate je ne pourrais pas passer en deuxième année ! couina Hermione d'un air effaré.
Ron émit un bruit de dérision :
– Personne rate. Y a que toi qui travaille autant.
– Percy travaille autant que moi ! protesta Hermione.
– Percy passe ses BUSES, contra Ron. Nous, on a encore le temps. Aller, viens faire une partie d'échec. J'en ai marre de battre Harry.
Harry roula des yeux mais ne protesta pas. Effectivement, Ron l'avait écrasé en moins de vingt minutes. Rien de nouveau.
Ils se trouvaient dans une classe vide, où Hermione révisait loin du trouble de la salle commune. Ses deux amis lui tenaient compagnie, leurs révisions gisant abandonnées sur une table voisine. Elisa était tombée sur eux un peu par hasard, en entendant du bruit alors qu'elle passait dans le couloir. Elle était supposée retrouver Trisha au rez-de-chaussée, mais elle supposait que sa meilleure amie pouvait attendre un peu. Avec les révisions, elle n'avait pas beaucoup parlé au Trio d'Or.
– Fais-toi une pause d'une heure, conseilla Elisa à Hermione. Ça effacera ce que tu viens de lire de ta mémoire courte. Et quand tu te remettras à lire ce chapitre, ça s'inscrira dans ta mémoire longue.
Harry et Ron regardèrent Elisa comme s'il lui avait poussé une deuxième tête, mais Hermione était apparemment un peu au courant des études sur la mémoire, car elle leva un regard critique sur la Poufsouffle.
– Tu es sûre ?
– Certaine, mentit effrontément Elisa. C'est un chercheur américain qui étudie le cerveau humain qui l'a découvert.
Hermione hésita, puis céda et alla s'installer face à Ron pour faire une partie. Le visage du rouquin s'illumina, et il se hâta de replacer les pièces correctement. Harry se décala et alla s'asseoir sur une table en face d'Elisa, ses jambes courtes se balançant dans le vide.
– Et toi ? s'enquit-il curieusement. Tu ne révises pas ?
– J'ai encore cours pendant quelques jours, sourit-elle. Et puis, réviser constamment est mauvais. Les infos risquent de s'embrouiller dans le cerveau. Il faut faire une pause entre chaque matière.
Du coin de l'œil, elle vit Ron hocher gravement la tête et Hermione rouler des yeux. Nul doute que les deux petits Gryffondor avaient des avis très divergeant sur la nécessité des pauses dans le travail.
– Comment tu te sens pour les examens ? dit-elle plutôt. Je sais que tu es plutôt bon en classe. Enfin, sauf en Potions, mais c'est un cas exceptionnel.
– Rogue me déteste, acquiesça misérablement Harry.
Elisa ne pouvait décemment pas lui dire que c'était parce que James Potter et ses amis avaient brutalisé le petit Severus pendant sept longues années. La saga ne s'étalait pas trop sur le sujet, mais les Maraudeurs avaient tenté de le tuer une fois avec Remus, et la façon dont James avait déshabillé Rogue pour l'humilier quelques semaines plus tard aurait certainement été qualifiée d'agression sexuelle dans le monde Moldu. Si ça, c'était deux extraits de la vie de Rogue, et uniquement pendant la cinquième année… Elisa n'avait vraiment pas envie d'imaginer à quoi avait ressemblé le reste de la scolarité du Maître des Potions.
Et le reste de sa vie, tant qu'à faire. Franchement, ce n'était pas si étonnant que Rogue soit aussi aigri et hargneux. Il n'avait vraiment eu aucune chance de tourner autrement.
– J'ai une théorie là-dessus, dit-elle d'un ton léger. Je crois que Dumbledore lui fait du chantage.
Ron et Hermione tournèrent la tête si vite qu'on put presque entendre leurs vertèbres craquer, et la mâchoire d'Harry se décrocha :
– Vraiment ?!
– Je penses, lâcha Elisa en s'accoudant à la table. Déjà, Rogue déteste enseigner, et ça se voit. En plus, je suis presque sûr qu'il est un génie. Il écrit ses instructions au tableau parce qu'il a amélioré toutes les potions du manuel, vous savez. J'ai comparé.
La bouche d'Hermione s'arrondit en un O abasourdi. Elle réalisait pleinement à quel point c'était un accomplissement.
– Il préfèrerait sans doute faire de la recherche ou inventer des trucs, poursuivit Elisa. Mais au lieu de ça, il est coincé ici à devoir expliquer à des premières années comment faire des baumes pour les furoncles, ça doit être terriblement frustrant. C'est comme si… Comme si toi, Harry, tu n pouvais voler sur un balai que pour superviser des enfants qui n'ont pas le droit de voler à plus d'un mètre du sol.
Harry grimaça, et Ron hocha gravement la tête :
– Ouais, ça serrait terrible.
– Voilà, approuva Elisa. Du coup, je pense que la seule raison pour laquelle il reste, c'est que Dumbledore l'y oblige ! Et comme Dumbledore favorise les Gryffondor, Rogue déteste les Gryffondor pour l'emmer… l'agacer. Tout a du sens !
Elle marqua une pause puis rajouta quand même :
– Et il doit aussi vous détester à cause de Neville. Sans vouloir être méchante, il paraît qu'il est vraiment nul. Est-ce qu'il a vraiment fait exploser un chaudron ? Commet est-ce qu'il a pu faire ça ?
Hermione ouvrit la bouche, sans doute pour dire que ce n'était pas la faute de Neville ou bien expliquer que c'était un accident, mais Ron lui coupa l'herbe sous le pied, essayant de prendre un air innocent pour demander :
– Et tu penses qu'il voudrait se venger de Dumbledore ?
D'où est-ce qu'il sortait cette idée bizarre ?
– Euh probablement pas, lâcha Elisa en clignant des yeux avec surprise. Ils ont l'air en bons termes. Rogue serait probablement partant pour lui voler ses bonbons au citron ou changer toutes ses robes colorées en redingotes noires, mais pas plus.
Mais cela ne sembla pas décourager Ron, qui pencha la tête sur le côté d'un air pensif :
– Peut-être qu'il voudrait lui voler quelque chose… Et ensuite quitter le château pour toujours, s'il déteste tant que ça enseigner.
– Oui, ça serait logique, murmura Harry en écarquillant les yeux. Il lui suffirait de connaître quelqu'un qui s'opposerai à Dumbledore et qui le soutiendrai…
Oh bon sang. Elisa retint un grognement mental de découragement. Ils pensaient que Rogue allait voler la pierre philosophale pour Voldemort ! Apparemment, la tirade d'Elisa avait eu l'effet inverse de ce qu'elle escomptait. Son argumentaire pour justifier la mauvaise humeur perpétuelle de Rogue n'avait fait que leur donner davantage de raisons de suspecter le Maître des Potions.
Elisa ouvrit donc la bouche pour leur dire que Rogue était absolument loyal à Dumbledore… Puis se ravisa. Finalement, non. Qu'ils pensent ce qu'ils voulaient. Ça les occuperait et les empêcherait d'attirer l'attention de Quirrell.
Et puis, ce n'était pas comme si Elisa allait les laisser s'approcher des couloirs du troisième étage. Elle avait la ferme intention de les priver de cette aventure…
oOoOoOo
Entre aide aux plus jeunes, projets à développer, cours à finir, et complots à fomenter avec ses elfes, Elisa avait donc fort à faire en période de révision. Elle était presque soulagée de voir arriver les examens ! Bon, elle savait qu'elle allait se foirer dans certaines matières (notamment la Métamorphose), mais globalement, Elisa avait toujours été une bonne élève. Une excellente élève, même, dans certaines matières.
Alors, lorsque les examens débutèrent, elle se sentait relativement sereine.
Le premier examen des troisièmes années de Poufsouffle était celui de Botanique. Sans être passionnée par la Botanique, Elisa se débrouillait correctement et avait toujours eu de bonnes notes. Rempoter des tulipes musicales, rendre la santé à un plant d'asphodèles, et identifier des choux mordeurs cachées au milieu d'inoffensifs légumes : ça n'avait rien de difficile. Elisa était sûre d'avoir un Effort Exceptionnel.
A vrai dire, cet examen lui servait essentiellement à stresser pour le suivant : celui de Métamorphose. C'était vraiment pas de sa faute, mais elle était une bille dans cette matière !
Effectivement, c'était aussi dur que ce qu'elle pensait. Il leur fallu transformer un chapeau en lapin, puis un lapin en pantoufles, et finalement une pantoufle en chapeau. Elisa ne manquait pas d'imagination, mais visualiser le procédé lui donnait presque la migraine. Du coup… Ses sorts n'étaient pas brillants. Son lapin avait une drôle de forme, ses pantoufles avaient une paire d'oreilles, et son chapeau était tout duveteux !
Elle parvint tant bien que mal à se rattraper sur l'épreuve théorique. Elle était plus ou moins sûre d'avoir la moyenne, mais tout juste. N'empêche, elle avait hâte de pouvoir abandonner cette matière aux BUSES…
La dernière épreuve de la journée était celle des Runes. Il y avait bien l'épreuve d'Arithmancie dans la soirée mais Elisa n'avait pas pris cette option. Elle était de tout cœur avec Takashi, Terence et Heather, en revanche : ses trois amis avaient pris Arithmancie cette année, et ils terminaient donc leur journée d'examen par la matière la plus difficile.
Mais bon. C'était de leur faute pour avoir sélectionné cette matière-là. Elisa était parfaitement contente des Runes, merci bien. C'était en fait l'une de ses matières préférées, alors elle abordait l'épreuve avec confiance. Bon, elle s'embrouilla un peu les pinceaux avec sa traduction… Mais son application pratique des Runes était parfaite.
Elle était sûre que son succès était dû à son travail sur les MagicoGlisseur. Elle avait pas mal utilisé les Runes, et ça l'avait beaucoup entraînée. Quand elle quitta la salle après l'examen, le professeur Babbling lui fit même un clin d'œil complice.
– Veinarde, la taquina Trisha. La prof de Runes Anciennes t'a à la bonne !
– On verra si ça réussi à compenser ma note de Métamorphose, marmonna Elisa.
Elle ne se remettait pas de cet échec. Une paire de pantoufles dotées d'oreilles... Quelle démonstration ridicule. Même Raashid, qui était aussi nul qu'elle en Métamorphose, avait réussi à parfaitement transformer son lapin en pantoufles !
Trisha émit un reniflement amusé, se souvenant sans aucun doute de cet épisode, puis lui tapota l'épaule d'un geste réconfortant.
– Relax. Demain, on n'a que des matières faciles.
Le lendemain, les Poufsouffle avaient Sortilèges, Soins aux Créatures Magiques pour ceux qui avaient pris cette option (comme Cédric), et Défense enfin d'après-midi.
Le test pratique de Sortilège portait sur le Sortilège Gelant et le Sortilège d'Allégresse. Elisa gagna des points bonus en augmentant la précision de son Sortilège Gelant. Et l'examen pratique, qui portait sur le Reparo, était si facile qu'Elisa aurait pu l'écrire les yeux fermés.
L'examen pratique de Défense consistait en un faux duel, où Elisa s'en sorti avec brio. L'examen théorique, quant à lui, portait sur les vampires et Elisa fut relativement surprise de réaliser que les cours de Quirrell lui avaient effectivement apprit quelque chose sur le sujet. Comme quoi ce prof avait été bon à quelque chose…
Enfin bref. Entre son talent naturel pour les Sortilèges et l'avance considérable que leur avait donné le Challenge en matière de Défense, Elisa réussi ses deux examens du jour presque les doigts dans le nez.
– Ce prof aura duré jusqu'à la fin de l'année quand même, pointa Heather en suivant du regard Quirrell qui se rendait à la Grande Salle pour le dîner.
– Peut-être qu'il va démissionner pour ne pas tenter le sort ? supposa Tabitha.
– Moi ça m'est égal, sourit Elisa avec bonne humeur. Savoir que Quirrell va disparaitre et tous nous débarrasser de son insupportable bégaiement, c'est un bonus très motivant !
Les Serpentard rirent, plutôt d'accord. Quirrell avait usé les nerfs de tous les élèves, avec son bafouillage horripilant.
Le jour suivant, ils n'avaient que deux examens : Histoire et Astronomie. Le premier était en fin d'après-midi et le second tard dans la soirée, leur laissant ainsi le temps de faire la grasse matinée et de bien réviser.
Pour l'Histoire de la Magie… Bon. Elisa avait appris tout le programme de l'année en deux semaines, donc bon, elle ne s'attendait pas à des miracles de ce côté-là. Cela dit, considérant qu'elle n'avait jamais écouté un mot de Binns, elle était certaine d'avoir une note passable. L'examen avait porté sur les découvertes divinatoires du Moyen-âge, de toute façon. Même sans connaitre le cours et la chronologie de ces découvertes, Elisa s'y connaissait assez en Divination pour parler de la boule de cristal et des feuilles de thé.
Ensuite, ils avaient Astronomie. Même si l'Astronomie était assez ennuyeuse, Elisa s'y connaissait plutôt bien. Depuis qu'elle était petite, elle voyait sa mère regarder le ciel depuis son observatoire. Elle compléta sa carte du ciel sans trop de problème, même si elle était assez incertaine quant à la désignation de deux des étoiles qu'elle avait annotées… Mais bon. Elle n'aurait peut-être pas un Optimal, mais en tous cas, c'était dans la poche.
– J'ai hâte que ça soit fini, bâilla Trisha en s'écroulant sur son lit. Je suis sûre que j'ai foiré ma carte du ciel et j'arrête pas d'angoisser pour mes notes…
– Encore une journée, la consola Elisa en se glissant sous sa couette. Et après, on sera enfin en vacances.
Trisha sourit d'un air rêveur, avant de se faufiler sous son édredon. Elisa secoua la tête avec amusement, puis 'allongea sur le dos et tapota la place contre son flanc. Son chat Dracarys sauta sur le matelas, ronronnant avec bonheur, et se lova contre elle, roulé en boule. Elisa ferma les yeux en caressant sa fourrure un peu hirsute.
Yep, plus qu'une journée. Et ensuite… Tout serait fini.
Le dernier jour d'examen était le plus attendu. Ils avaient Potions, pour commencer. Elisa avait appris absolument par cœur toute la théorie, mais face à sa feuille d'examen, elle se retrouva avec des trous de mémoire, et des conclusions qu'elle ne savait pas atteindre. Rien de majeur, mais elle savait que l'Optimal n'était pas à sa portée.
Et ce n'était pas l'examen pratique qui allait lui faire gagner des points. Elle était passable, tout au plus. Sans Trisha pour l'aider, Elisa n'était pas brillante en Potions…
Ensuite, c'était Divination. C'était presque une promenade de santé. Elisa lu correctement sa boule de cristal et les feuilles de thé, et rajouta même quelques éléments dramatiques pour faire plaisir au professeur Trelawney.
Elisa et Trisha quittèrent leur examens, ravies. Bon, après ça, Cédric avait encore son test d'Etude des Moldus, et les deux filles l'attendirent patiemment dans le couloir. Mais une fois que leur ami sorti de la salle, c'était la fête. Leurs examens étaient terminés !
– Enfin les vacances ! s'écria Trisha.
– Enfin on arrête le boulot, soupira béatement Cédric. Eh, vous avez des plans pour les vacances ? Je vais chez la famille de ma mère en Europe…
Il visait surtout Elisa, qui voyageait souvent avec sa mère, mais celle-ci secoua la tête avec regret :
– Je ne voyage pas cet été. Je ferai des Glisseurs et bosserai sur mes inventions. Et toi, Trisha ?
– Comme d'habitude, grimaça son amie. Je vais aider mes parents à la boutique. Mais je pourrais sans doute m'échapper de temps en temps pour me faire un ciné dans le Londres Moldu. Eh, il fait un temps superbe, pourquoi on est encore à l'intérieur ?
Du coup les trois amis se retrouvèrent au bord du lac pour profiter du soleil. Ils firent même quelques parties d'échec, Cédric battant les deux filles à plate couture. Elisa était l'ambitieuse et Trisha la pragmatique, mais c'était définitivement Cédric le stratège de leur trio.
– Tu pourras passer à Londres pendant l'été ? lança Trisha à Elisa tandis que celle-ci se faisait prendre son fou par un des pions de Cédric.
Elisa réfléchit une seconde. Si possible, elle voulait éviter de révéler qu'Harry allait passer les vacances chez elle. On ne savait jamais qui pourrait écouter. Mais elle pourrait sans doute s'absenter une demi-journée sans trop de problèmes…
– Probablement, finit-elle par répondre. Je demanderais à Chappy de me faire Transplaner dans l'arrière-cour du Chaudron Baveur. Tu veux qu'on se fasse un ciné ?
Trisha hocha vivement la tête :
– Exactement ! Sinon je vais m'ennuyer à mourir à la maison, à aider mes parents et à faire la serveuse pour les clients en terrasse.
Les parents de Trisha possédaient la Confiserie Buttermere, qui faisait aussi café, glacier… Et qui n'avait aucun employé. Pendant l'été, Trisha donnait donc un coup de main. Son petit frère Isaac aussi, d'ailleurs. Les Buttermere n'étaient pas très fortunés : les enfants devaient gagner leur argent de poche, ça ne tombait pas du ciel.
– Pas de souci, l'assura Elisa. Et puis, ça me permettra de sortir un peu, aussi. Chappy va encore me faire tout un discours sur mon manque d'exposition au soleil si je passe mon temps à bricoler à l'intérieur.
Cédric renifla avec amusement :
– Je n'en reviens pas que ton elfe te fasse la leçon. Le mien n'oserait jamais.
Les Diggory avaient un elfe, une créature rachitique qu'Elisa avait aperçu une fois en train de faire les courses à leur place au marché de Loutry St Chaspoule. Cette vision l'avait mise profondément mal à l'aise. Elle aimait Cédric, et ses parents étaient gentils, mais… Leur elfe était maigre, vêtu d'un drap sale, le dos courbé craintivement. Il n'était pas bien traité.
Les Diggory étaient des gens bien, de ça Elisa ne doutait pas. Mais ils maltraitaient une créature qui dépendait d'eux, qui leur était entièrement dévouée. Faute d'une meilleure métaphore, c'était comme s'ils battaient leur chien.
Et ça mettait définitivement Elisa mal-à-l'aise.
– Quand est-ce que tu pars en Europe ? lança Elisa pour changer de sujet et arrêter de penser aux elfes de maison. Peut-être que j'aurais le temps de passer te voir avant ton départ !
La journée était trop belle pour la gâcher à songer à des choses qu'elle ne pouvait pas changer. Pour l'instant, l'elfe de Diggory ne pourrait compter que sur lui-même…
oOoOoOo
Avec la tension des examens, Elisa avait complètement oublié que c'était aujourd'hui que le Trio d'Or allait se lancer à la suite de la pierre philosophale… jusqu'à ce qu'elle voie du coin de l'œil Harry, Hermione et Ron qui rentraient au château au pas de course.
Oh oh, c'était annonciateur de problème, ça.
Ça la réveilla comme un seau d'eau froide dans la figure. Comment avait-elle pu oublier que Voldemort allait tenter sa chance ce soir ? Elle n'en revenait pas d'être aussi étourdie. Elle le savait, pourtant, que tout son plan reposait sur son timing !
Elisa guetta du coin de l'œil une possible apparition d'Olly, anxieuse, mais l'elfe ne se manifesta pas. Ni dans l'après-midi, ni au dîner. D'ailleurs, Quirrell était au dîner, tout comme Rogue qui le surveillait férocement : mais Dumbledore était absent. Est-ce qu'il n'était pas au Ministère, d'ailleurs ? C'était ça qui poussait le Trio à l'action, non ? Et s'ils n'avaient encore rien fait… Ils attendaient le couvre-feu, peut-être !
Mais oui, se rappela soudain Elisa. Ils partaient tard, et Neville essayait de les arrêter, et Hermione lui jetait le maléfice du Saucisson !
Ça voulait dire qu'elle pouvait dîner tranquille. Les trois Gryffondor n'iraient pas risquer leur peau avant tard ce soir. Et quand ils le feraient… Il suffisait à Elisa de les stopper, et Voldemort serait coincé devant le miroir (ou dedans ? Elle ne s'en souvenait plus) jusqu'à ce que Dumbledore arrive.
Elisa retourna à la salle commune avec le reste de sa classe, l'esprit ailleurs et laissant ses amis discuter entre eux. Elle s'affala dans un canapé pour lire, mais ne réussit pas à suivre le cours de l'histoire du bouquin. Elle commençait à avoir le trac. Pour s'occuper l'esprit, elle abandonna son livre en faveur de son carnet bleu rempli de notes diverses ou de schémas, et se mit à y énumérer les différents maléfices et sorts qu'elle connaissait, puis ceux qu'elle voulait apprendre.
C'était une tâche étonnamment apaisante. Ça lui permettait de réaliser qu'elle n'était pas totalement sans défense et, petit à petit, elle se détendit.
– Elisa ? lança Trisha.
La Poufsouffle sursauta et jeta un regard autour d'elle, puis à sa montre. Presque deux heures avaient passé, réalisa-t-elle avec stupeur. Elle avait été si préoccupée qu'elle ne s'était même pas rendu compte que la salle commune était pratiquement vide.
– Tu viens te coucher ? continua Trisha qui tenait ouverte la porte menant aux dortoirs. Il commence à se faire tard.
Elisa referma son livre et ouvrit la bouche, cherchant désespérément une excuse à présenter à son amie… Et, dans un grand CRAC, Olly se matérialisa devant son canapé.
– Le professeur au turban est passé devant le Cerbère, Madame Elisa !
Un grand silence tomba et tout le monde dans la salle commune, soit encore une dizaine de personnes, baissa des yeux ahuris sur l'elfe. Une fille de deuxième année émit un rire nerveux :
– Un Cerbère ?
– Le couloir du troisième étage, expliqua Elisa en se mettant debout d'un bond (enfin elle pouvait passer à l'action !). C'est là qu'est cachée la pierre philosophale, et elle est gardée par un Cerbère.
– La quoi ?! postillonna Trisha tandis que plusieurs Poufsouffle poussaient des exclamations incrédules. Depuis quand tu sais ça ?!
– Je l'ai découvert il y a plusieurs mois, répondit Elisa en vérifiant qu'elle avait bien sa baguette. J'ai demandé à Olly de garder un œil sur le couloir, au cas où. Apparemment, j'ai eu raison, et quelqu'un essaie de voler la pierre. Merci, Olly.
L'elfe s'inclina, le visage radieux, puis disparu à nouveau dans un craquement sonore. Elisa jeta un regard circulait autour d'elle. Certains élèves la regardaient toujours avec hésitation, n'arrivant pas à la croire. Mais Cédric, assis sur un des fauteuils près de la cheminée avec Dracarys sur les genoux, se redressa d'un air déterminé :
– On doit aller chercher un prof !
C'était… une assez bonne idée en fait. Un prof contacterait Dumbledore plus vite. Un prof pourrait arrêter le Trio plus vite, rien qu'en les menaçant de renvoi (tandis qu'Elisa n'avait pas d'autorité sur eux, et qu'elle devait prendre le risque que les Gryffondor essaient de passer outre ses avertissements). Un prof, surtout, pourrait rameuter les autres profs et ça serait donc un comité d'accueil extrêmement compétent qui tomberait sur Quirrell s'il tentait de s'échapper…
– Tu rigoles ? s'esclaffa dédaigneusement un Préfet. Ils ne vous croiront jamais !
Elisa plissa les yeux. Yep, c'était le risque. Le Trio avait eu le même problème avec McGonagall, non ?
– Il n'empêche que quelqu'un est entré dans le couloir du troisième étage, fit Cécile Engelhorn d'une voix forte. Elisa, tu viens avec moi, on va voir le professeur Chourave. Elle t'écoutera.
Un Poufsouffle de septième année poussa une exclamation indignée :
– Tu la crois ? C'est invraisemblable !
– Ouais ! renchérit un de ses amis. Comme si Dumbledore allait mettre la pierre philosophale à Poudlard en pleine période scolaire !
– Oh, mais quelle bande d'idiots, gronda Elisa. Evidemment qu'il a mis la pierre à Poudlard, c'est un appât !
Evidemment, ça ne fit que soulever plus d'incrédulité :
– Un appât ? s'esclaffa dédaigneusement une fille assise à côté des deux garçons sceptiques. Dans une école ?
Plusieurs élèves étaient descendus des dortoirs, attirés par le raffut. Et tout le monde semblait sceptique. Même Cédric, qui avait été si prompt à défendre son amie, semblait soudain hésitant. Elisa se sentait bouillir, le sang lui battant aux oreilles. Toute une année de frustration quant aux magouilles du directeur du château étaient en train de bouillonner en elle, prête à exploser. C'était tellement évident ! Comment est-ce qu'ils ne pouvaient pas le voir ?!
– Evidemment que c'est un appât ! cria-t-elle. Vous ne vous êtes pas demandé pourquoi Dumbledore n'a rien fait quand un troll est entré au château ? Quand un troll a failli tuer une élève ?! Vous ne vous êtes pas demandé pourquoi la priorité de tous les profs, ce n'était pas d'arrêter la personne qui avait fait ça ?!
Il y eut un moment de flottement, plusieurs regards mal-à-l'aise. Oui, c'était quelque chose qu'ils s'étaient demandés, chez les Poufsouffle. Elisa n'avait pas trop de connaissances parmi les élèves les plus âgés, mais bon nombre d'entre eux avaient des parents au Ministère… Et quand un truc louche de ce genre arrivait, ils se posaient des questions.
– Parce que ce troll était une diversion ratée du type qui veut voler la pierre ! gronda Elisa. Et Dumbledore n'a rien fait pour l'arrêter parce qu'il attendait que ce type tombe dans un piège. C'est pour ça qu'il l'a laissé gambader dans le château toute l'année, en sachant qu'il avait lâché un troll sur des élèves ! Parce qu'après tout le mal qu'il s'est donné pour avoir un appât aussi attirant que la pierre, il veut des résultats !
Il y eut des murmures inquiets, des exclamations indignées. Plus brave ou plus en colère que les autres, une fille de sixième année protesta avec véhémence :
– N'importe quoi ! Une élève a failli mourir !
– Ah bon ? fit sa voisine avec stupeur.
La fille hocha gravement la tête :
– Oliver Dubois m'a dit qu'une première année avait été coincée dans la même pièce que le troll et avait failli être dévorée ! Tu penses quand même pas que Dumbledore aurait laissé un élève mourir pour capturer un voleur, non ?
– Tout dépend de l'identité du voleur, se contenta de répondre Elisa d'un air buté.
Apparemment, ce n'était pas une bonne réponse, parce que la fille eut l'air scandalisée. Elle ne fut pas la seule. Il y eut un concert de protestations et d'exclamations furieuses.
– Personne ne mettrait un truc aussi dangereux que la pierre philosophale à Poudlard !
– Tu mens, c'est n'importe quoi !
– Le directeur ne nous mettrait pas en danger comme ça ! C'est Dumbledore !
Comme si c'était la réponse à tout ! Elisa grinça des dents, furieuse. Dumbledore, Dumbledore, toujours Dumbledore. Comme si ce vieux manipulateur était un genre de saint, alors qu'il déplaçait les gens comme des pions sur un échiquier !
– Et alors ? explosa-t-elle. Justement, c'est Dumbledore. C'est un politicien et un stratège, pas le père Noël. Il était prêt à laisser tous les Serpentard se faire buter à Halloween, non ?
Certains Poufsouffle s'entre-regardèrent, mal à l'aise. Ils n'avaient pas oublié ça. Mais plusieurs élèves de sixième ou de septième année avaient toujours l'air obstinément convaincus qu'Elisa mentait. Ce n'était pas pour rien que Poufsouffle était la Maison de la loyauté.
Bon sang, heureusement qu'Elisa n'était pas à Gryffondor. A ce point de la discussion, les Gryffondor auraient sans doute abandonné tout discours cohérents en faveur de hurlement inarticulés de rage. Les Poufsouffle étaient loyaux mais, quand ça concernait le directeur, les Gryffondor étaient pratiquement des fanatiques…
Il y eut un silence tendu, chaque camp regardant l'autre avec défiance, et les spectateurs mal-à-l'aise n'osant intervenir. Puis Olly réapparut dans un craquement sonore. La tension était telle que tout le monde sursauta violemment, et que plusieurs filles glapirent d'effroi.
– Attends, c'est pas ton elfe habituel ! réalisa Trisha.
Pour une fois, Elisa ignora complètement sa meilleure amie, tournant son regard vers Olly qui se tordait les mains. Elle n'eut même pas le temps d'ouvrir la bouche que l'elfe balbutiait, les yeux écarquillé :
– Trois autres personnes sont entrées dans le couloir, Madame ! Olly les a vues ! Des élèves, cette fois !
Elisa eut l'impression qu'une main de glace se refermait sur son estomac. Le Trio l'avait devancée. Le Trio poursuivait Quirrell. Et si Harry l'affrontait, l'empêchait d'être coincé dans le miroir… Alors Voldemort s'échapperait !
Elle avait perdu trop de temps, se fustigea-t-elle dans un mélange de rage et de panique. Elle s'était laissée emportée par ses émotions et s'était disputée avec sa Maison, et maintenant Harry et les autres étaient entrés dans le corridor et si elle ne les arrêtait pas, son plan allait être fichu et Voldemort allait s'enfuir, et risque de revenir à la vie !
Oh, elle avait prévu des jalons au cas où Voldemort réussirait à s'enfuir cette nuit. Mais c'était un plan de secours. Tout aurait été tellement plus simple, tellement mieux, si elle avait pu arrêter Harry, si elle n'avait pas perdu de temps à se disputer avec ses camarades ! Quelle idiote elle était ! Bon sang, elle se serait frappée !
Il n'y avait plus de temps à perdre. Le Trio d'Or l'avait devancé, mais elle pouvait peut-être encore les rattraper. Ils allaient devoir jouer aux échecs géants de McGonagall, non ?
– Prévenez Chourave, lança-t-elle en direction de Cécile et d'autres Préfets. Et Rogue, son bureau est plus prêt.
– Quoi ? s'affola Trisha. Et toi ?
Elisa lui jeta un regard noir :
– Des élèves sont entrées dans le couloir plein de pièges mortels, à la poursuite d'un type que Dumbledore juge tellement dangereux que laisser un troll tuer une élève pour arrêter cet homme aurait été un dommage collatéral acceptable. Puisqu'apparemment on ne peut compter sur personne ici, je vais les secourir moi-même !
Elle franchit la porte de la salle commune avant que quiconque ne puisse l'arrêter, laissant derrière eux une quinzaine de Poufsouffle stupéfaits. Le temps que quelques personnes se lancent à sa poursuite en lui criant de s'arrêter, Elisa était déjà loin.
Elle avait trois idiots à sauver.
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GO ELISA ! Et je m'arrête ici, sur un cliffhanger x) Ca faisait longtemps !
