Chapitre 9
Disclaimer : Bien que les personnages originaux d'Once Upon A Time n'appartiennent pas à ABC, puisqu'ils sont dans le domaine public, ils ne m'appartiennent pas. Quant aux créations propres d'Once Upon A Time, comme les lieux, les scénarios et le développement des relations entre les personnages... Ils appartiennent à ABC et Disney, mais je n'ai toujours pas de droit dessus.
Note de l'auteur : Ah ah ! Je vois que vous n'avez pas adoré mon mini cliffhanger ! Je le trouvais bien pourtant moi !
Préparez-vous à subir une semaine d'attente particulièrement longue après la lecture de ce chapitre. Le cliffhanger est assez méchant cette semaine... N'oubliez pas, si vous me tuez, vous n'avez aucune chance d'avoir la suite...Sinon, allumez tmc, il y a Full Monty avec Robert Carlyle à la télé !
Les gyrophares de la voiture d'Emma tournaient dans le noir de la nuit, illuminant tout le quartier. Les voisins étaient cependant loins de s'en plaindre. La nouvelle avait fait le tour de la ville assez rapidement : Belle French, la bibliothécaire et compagne de Gold, avait disparu. Quelques mauvaises langues avaient vite décidé que c'était pour le mieux, que la jeune femme avait dû reprendre ses esprits et fuir l'antiquaire. Cependant, le reste de la population de StoryBrooke avait décidé de proposer son aide, aide qui avait été rapidement acceptée. Pas par le compagnon de Belle, qui avait disparu dès que le shériff avait débarqué en lui laissant le soin des recherches (les mauvaises langues s'étaient d'ailleurs déchaînées : peut-être que c'était lui qui l'avait tuée, avait suggéré la Mère Michel. Depuis son divorce avec le Père Lustucru, la vieille dame était devenue une véritable mégère !)
« — Emma ! » héla une voix masculine.
Le shériff se retourna pour voir son père lui faire de grands signes. Elle s'excusa auprès de celui de Belle et rejoignit David près de sa voiture de fonction.
« — Tu ne penses vraiment pas qu'elle ait pu tomber dans le canal ? » demanda le jeune homme en montrant du doigt l'eau près de la maison. « Vous reveniez de soirée, après tout, et Mary Margaret était complètement saoûle en rentrant... »
Emma secoua la tête.
« — Sauf que, contrairement à Mary Margaret, Belle tient l'alcool. Et elle n'a même pas fini sa première bière ce soir. Elle voulait rentrer le plus tôt possible. »
Le prince Charmant se mordit la lèvre, l'air intensément concentré.
« — Tu te souviens si Gold t'a dit quelque chose avant de partir ? » interrogea-t-il. « C'est assez étrange qu'il ne nous aide pas... »
La jeune femme blonde secoua la tête.
« — Apparemment », souffla-t-elle, « il ne me juge pas digne de la situation. Il a décrété qu'il allait agir seul avant de prendre la voiture... »
Les yeux de la jeune femme s'agrandirent.
« — Oh non... » soupira-t-elle. « Si je le laisse encore agir en justicier, je vais devoir expliquer à Belle, quand on l'aura retrouvée, pourquoi j'ai mis son fiancé derrière les barreaux...
— Son quoi ? » la fit répéter son père.
Elle ignora cette intervention et se jeta sur son téléphone. Mary Margaret, qui tenait Henry par la main, se rapprocha du couple étrange que formaient le père et la fille.
« — Qui appelle-t-elle ? » demanda l'institutrice.
Emma lui fit signe de se taire. Elle raccrocha toutefois son téléphone.
« — Elle ne décroche pas ! »
Ses parents échangèrent un regard perplexe. Le shériff prit son fils par l'épaule et le poussa vers la voiture.
« — Je crois qu'il est temps de te ramener à ta mère », lui dit-elle gentiment. Elle ajouta, entre ses dents : « avant qu'elle se fasse assassiner... »
Rumplestiltskin fut ralenti par le feu rouge de la route principale. Il fut tenté un instant de ne pas respecter la signalisation, mais se retint. Bien lui en prit : August arriva par la droite à toute vitesse. S'il avait grillé le feu rouge, il aurait sans doute provoqué un grave accident. Et il n'avait pas besoin de ça en plus de l'inquiétude qu'il ressentait pour Belle. Dans ce monde-ci, son corps était un peu trop fragile.
Le retard occasionné lui posa un autre problème, lorsqu'il entendit la sirène de la voiture aux gyrophares. Contraint et forcé, il s'arrêta sur le côté de la chaussée quand le feu repassa au vert.
« — Mademoiselle Swan », commença-t-il à négotier. « Je suis assez pressé, voyez-vous... »
La jeune femme regarda son fils sortir de la voiture avec une désapprobation évidente. Elle se retourna cependant vers l'antiquaire sans adresser de reproches à l'enfant.
« — Je sais où vous allez », dit-elle. « Ne niez pas, ce n'était pas une accusation, mais une constatation. Vous ne pouvez pas y aller tout seul, Gold, sinon nous savons tous les deux comment cela va se terminer. Et je ne pense pas que Belle apprécierait d'aller vous apporter des oranges en prison... Ou de la soupe à l'hôpital !
— Ne me sous-estimez pas », rétorqua l'ancien grand magicien.
« — Vous savez que Régina n'est peut-être pas impliquée », argua Emma. « Comme Belle est majeure, je vais devoir attendre quarante-huit heures avant d'ouvrir une enquête si on ne la retrouve pas d'ici là... Mais si le pire devait arriver, Balthazar serait dans le top trois de ma liste des suspects... Et je ne sais pas encore à quel numéro où je placerais Régina... »
Henry s'agita.
« — Et s'ils étaient tous les deux dans le coup ? » suggéra le petit garçon.
Sa mère leva les yeux au ciel.
« — Henry », soupira-t-elle.
« — Non », l'empêcha-t-il de continuer. « Il faut que tu m'écoutes jusqu'au bout, cette fois. Le livre... »
Il se dépêcha de sortir le dit bouquin de son sac à dos.
« — Peut-être que la sorcière a ensorcelé Balthazar pour l'obliger à faire du mal à la Belle. »
Rumplestiltskin ne put s'empêcher de sourire intérieurement en entendant le petit garçon parler de sa fiancée. Belle avait été surprise la première fois qu'elle avait lu le conte, quand elle avait constaté qu'elle était décrite comme la plus belle de toutes. Lui n'avait pas été étonné outre mesure, le compliment était plus que mérité. Et encore, les conteurs n'avaient pas tout vu...
« — Comme Monsieur Gold est Rumplestiltskin », poursuivit Henry, « elle sait qu'il est amoureux de la Belle. Et si elle avait obligé Balthazar, que je pense être le fils de Rumplestiltskin (le dit Rumplestiltskin ne dit rien pour confirmer ou infirmer), à séduire Belle, pour qu'il se retrouve sans les deux amours de sa vie ? »
Emma objecta :
« — Mais il est fiancé à...
— La princesse au petit pois, oui, je sais ! » l'interrompit son fils d'un ton impatient. « Mais ça, c'est seulement parce que le véritable amour reprend toujours ses droits !
— Henry... » le reprit patiemment la jeune femme, même si elle était un peu excédée. « Je ne veux pas ressembler à Régina, mais je vais te demander d'arrêter de dire des bêtises... »
L'antiquaire leva une main pour l'empêcher de continuer.
« — En fait... » commença-t-il, « ce ne sont peut-être pas des bêtises. En tout cas, ça ressemble à une manigance de Régina. Du coup, vous vous doutez bien que je suis obligée d'aller lui rendre visite... »
Emma acquiesça.
« — D'accord », accepta-t-elle. « Mais vous m'attendez. Même avec la totalité de la ville contre elle, Madame le Maire a quand même pas mal de pouvoir. Je dépose Henry chez David, et j'arrive.
— Emma, non ! » protesta le garçon.
L'enfant n'eut pas son mot à dire. Le prince Charmant accepta immédiatement de garder Henry pendant qu'Emma jouait les justicières. Elle et Rumplestiltskin se dirigèrent vers le commissariat où le shériff s'installa devant un ordinateur.
« — Je pensais que nous allions chez sa Majesté », reprocha l'antiquaire.
Emma ne releva même pas les yeux.
« — Vous savez ce que je faisais comme métier avant qu'Henry ne débarque chez moi ? » demanda-t-elle à brûle pourpoint. « Je recherchais des gens. Et sans me vanter, j'étais assez douée... Est-ce que Belle avait son téléphone quand elle a disparu ? »
Il réfléchit un instant.
« — Oui », hésita-t-il. « Oui. » répéta-t-il plus fermement.
La jeune femme décrocha son téléphone et composa le numéro de Belle.
« — Un, deux, trois » compta-t-elle. « Et... le répondeur. Son téléphone est allumé, sinon je serais directement tombée sur son répondeur. Ce qui signifie que je vais pouvoir la trouver. Enfin, trouver son téléphone. En tout cas, on a une piste ! »
Gold se retint de dire quoi que ce soit, mais ses yeux s'éclairèrent. Emma lui avait redonné espoir. Un bruit de pas le tira de ses pensées. Emma dégaina son arme.
« — Balthazar ? »
Elle baissa son arme, sans la poser.
« — J'ai appris la nouvelle », dit le jeune homme. « Pour Belle. Henry m'a dit où vous trouver. »
Ses yeux se fixèrent sur ceux de son père. Sans échanger un mot, ils se retournèrent en même temps vers Emma qui s'était remise au travail.
« — Je l'ai trouvée ! » s'écria la jeune femme. « Mais elle est...
— Là où Régina a enfermé Maléfique » approuva Rumplestiltskin.
Le shériff pâlit.
« — Je n'ai pas très envie d'y retourner... » admit-elle. « La dernière fois que j'y suis allée, j'ai failli finir aussi carbonisée qu'une côte de porc oubliée sur un barbecue. C'est un dragon, vous vous souvenez ? »
L'antiquaire émit un petit rire sec.
« — Ne soyez pas ridicule, Mademoiselle Swan. Si vous deviez avoir peur dans cette ville, ce serait de moi. Pas d'un morceau de viande à peine plus gros que vous... »
Elle ne savait pas comment prendre cette dernière phrase... Bael renchérit.
« — Quand on en aura fini avec ce dragon, on pourra faire un bien meilleur barbecue que si vous y étiez restée la dernière fois ! »
Celle-là non plus, elle ne savait pas trop comment la prendre... Elle se redressa et rejeta ses cheveux derrière son épaule.
« — Bref », conclua-t-elle, « nous devons y aller. Tous, puisque l'ascenseur est manuel. Gold, vous resterez en haut pour aider Balthazar à nous remonter.
— Il en est absolument hors de question », objecta l'homme très poliment. « Je descends avec vous. Et ce n'est pas négociable. »
Emma dut se rendre à l'évidentce : il était inutile d'essayer de la raisonner. Et puis, s'il avait envie de nourrir le dragon, peut-être avait-elle une chance supplémentaire de s'en sortir : Maléfique n'aurait peut-être plus faim, avec un peu de chance ! Elle redevint vite sérieuse. Est-ce que son amie était encore en vie ?
Ils prirent la voiture de l'antiquaire, beaucoup plus discrète que celle de fonction du shériff. Emma monta à l'arrière, laissant le père et le fils côte à côte à l'avant. Elle observa comme les deux hommes semblaient proches, presque complices, alors qu'elle les savait en froid grâce à Ruby et Mary Margaret. Sans s'être excusés, sans admettre qu'ils avaient eu tort, ils semblaient avoir enterré la hache de guerre. L'expression la fit rire intérieurement, malgré son inquiétude grandissante, car elle se représentait toujours la célèbre scène du film Peter Pan des studios Disney. Elle se demanda si elle jouait Lily la Tigresse mais n'eut pas le temps de pousser la réflexion très loin parce que Gold gara la voiture.
L'équipe en sortit rapidement et Emma fractura la porte du bâtiment enfermant Maléfique. Gold se dirigea automatiquement vers le panneau secret, son boîtillement accentué par sa hâte. La jeune femme et Bael le suivirent, un peu moins franc.
« — Nous y voilà », murmura le shériff en constatant que l'ascenseur apparaissait. Elle ouvrit la porte de la cage métallique et s'y engouffra vaillamment, suivie de près par Rumplestiltskin. Bael lui adressa un sourire désolé et commença à faire descendre l'ascenseur.
« — Stop ! » l'arrêta-t-elle.
Les deux hommes semblèrent désarçonnés.
« — C'est trop dur pour vous ? » questionna Bael.
Elle secoua la tête en signe de dénégation.
« — Ce n'est pas ça », affirma-t-elle. « Je viens juste de penser à ça... Gold, vous avez une arme ? »
Il se contenta de sortir un petit revolver de la poche de son manteau et elle se sentit rassurée.
« — Vous savez vous en servir ? » vérifia-t-elle tout de même. « Avec cette histoire de mauvais sort, j'ai parfois l'impression que tout le monde se sert d'une épée !
— La technologie nous rend parfois certains services », se contenta-t-il de répondre.
Emma se retint de dire qu'elle le regrettait, que, sans les armes à feu, l'humanité se porterait beaucoup mieux. Elle se serait heurtée à un mur. « Le malheur des uns fait le bonheur des autres », lui avait-on dit une fois, à l'orphelinat. D'après ce qu'Henry lui avait dit, Rumplestiltskin était de ceux qui se nourrissaient du malheur des autres, qui s'en délectaient et qui en faisaient toujours leur source de bonheur intarissable et personnelle.
Elle se contenta donc de faire un signe de tête à Bael qui se remit à l'ouvrage. La cage métallique s'ébranla et ils commençèrent à plonger dans l'obscurité...
