Voilà, un autre chapitre made in La Réunion qui marque le retour de Sirius.

Pas de blabla cette fois, juste un détail, s'il reste des fautes (et il doit il y en avoir!) c'est à ma soeur qu'il faut se plaindre car elle a refusé de me servir de beta sous prétexte que j'avais parlé d'elle dans mon dernier blabla et qu'elle n'avait été cité dans aucune review. Oui, susceptible la petite ^^

D'ailleurs à ce sujet, merci :)

Et Bonne Lecture.


Chapitre VIII

Anyone else but you – Moldy Peaches

-Qu'est ce que tu fais là, toi? Le mépris suintait dans chaque mot.

Althéa à peine sa conversation avec les cinq serpentards terminée s'était faufilée à travers les couloirs du château. Elle avait du se cacher quelques minutes à l'escalier du cinquième étage où le concierge Apollon Picott faisait sa traditionnelle ronde nocturne. Cela lui avait au moins permis de retrouver un rythme cardiaque à peu près ordonné et quand elle était enfin arrivée au tableau de la grosse dame, la jeune fille paraissait calmée. En ressortant une ancienne cravate rouge et or et en jouant la carte de l'élève distraite, il n'avait pas été difficile quelques jours auparavant de faire avouer à une première année quel était le nouveau mot de passe, et c'est donc sans problème qu'elle franchit le tableau.

Les ennuis commencèrent juste après. Un silence étonné s'était propagé dans la tour à mesure que les élèves s'apercevaient de sa présence. La verte et argent examina la pièce rapidement dans le bourdonnement des conversations qui reprenaient de plus belle.

James était là, assis dans l'un des fauteuils près de la cheminée, Lily entendue à ses côtés et la brune s'était imaginé l'espace d'un instant la brillante préfète allongée ailleurs, sur un lit d'infirmerie, sa peau diaphane plus pâle encore et l'auburn de ses cheveux moins vif encore que le sang de ses plaies. Tout ça par sa faute.

Elle avait hoché la tête pour chasser cette vision, et fait un pas vers le couple qui la regardait étrangement.

James avait répété, grogné plutôt :

Qu'est ce que tu fais là?

-James, j'ai besoin de parler à Sirius, s'il te plait. Tu peux... tu peux aller le chercher?

-Et pourquoi est ce que je devrais faire ça pour une Serpentard ?

-James, s'il te plait. Sa gorge lui faisait mal à force de retenir ses larmes.

Il eut un infime hochement qui pouvait passer pour un consentement et prit la direction des dortoirs, laissant Althéa seule au milieu de la salle commune, point de mire de tous les regards, et de toutes les conversations. Les « Elle ne manque pas de culot, revenir comme ça », « Tu crois qu'il l'a jeté? » et autres commentaires aussi agréable flottant dans l'air.

Elle s'en fichait, qu'ils pensent ce qu'ils veulent, seule l'opinion de Sirius importait.

Il finit par arriver, au bout d'une dizaine de minutes qui avaient semblé autant d'heures à la jeune fille.

Il avait le visage fermé, et un pli dur au niveau des lèvres qui laissait clairement entendre qu'il ne lui faciliterait pas la tache.

-Que veux-tu ?

-Est-ce que l'on peut parler? Elle parlait bas, consciente que tous les occupants de la pièce épiaient leur conversation.

-Et qu'est ce que l'on fait selon toi?

-Je veux dire, pas ici, d'un léger geste de la main elle désigna la salle, et surtout ceux qui s'y trouvait.

Il grommela mais lui fit signe de la suivre, et franchit le tableau. Il s'installa dans la première des salles non verrouillées qu'ils croisèrent, claqua la porte et se mit à hurler.

-Tu vas m'expliquer maintenant Buttler? Le ton se voulait interrogatif mais c'était un ordre à peine déguisé. Tu vas peut-être enfin m'expliquer pourquoi du jour au lendemain tu t'es affichée avec, il grimaca de dégout, Malfoy, pourquoi tu as renié ta maison et décidé d'aller t'installer chez les serpentard. Tu m'expliques ou est passé la fille que je connaissais? Tu est devenue comme eux, putain, non pire qu'eux!

L'accès de colère de Sirius submergea les dernières défenses de la jeune fille, elle éclata en un rire nerveux, ponctué de sanglots qu'elle ne parvenait pas à faire taire.

-Tu n'as pas le droit de dire ça, pas toi. C'est à cause de toi si j'en suis là. Son rire hystérique scanda la phrase, elle s'approcha de lui et entreprit de marteler de ses poings le torse du Gryffondor, vaine tentative de lui rendre le mal qu'il lui avait involontairement causé.

-Alth, calme toi, calme toi. Décontenancé par sa réaction, il avait d'abord tenté de lui saisir les poignets mais voyant qu'elle se débattait d'autant plus, il la plaqua contre lui, l'enserrant fermement.

-Je ne comprends rien. Raconte moi.

L'hystérie s'était muée en sanglots silencieux. Elle tenta de les faire taire, et essaya de s'expliquer.

-Il y a quelques semaines, quelques semaines seulement, elle aurait juré que cela était si loin, on avait discuté d'après, de la guerre, de Voldemort. Et puis, comme d'habitude, tu as fini par te moquer de moi, tu ne m'as pas prise au sérieux.

J'étais furieuse Sirius, tu m'avais blessée et j'ai voulu te faire du mal, et te montrer que tu avais tord. Alors je me suis mis en tête d'infiltrer Serpentard.

Sirius avait blanchi au fur et à mesure des mots.

Althéa émit un reniflement qui dans un autre contexte aurait pu être un rire.

Ta réaction de ce soir prouve que j'ai du être convaincante. Dommage que les Serpentard ne soient pas aussi naïfs.

L'amertume des derniers mots n'échappa pas à Sirius, qui s'éloigna d'elle pour la regarder dans les yeux.

-Qu'est ce qu'ils t'ont fait ?

Elle détourna les yeux avant de mentir, reprenant sans le vouloir les mots de Lucius.

-Trois fois rien, je dois juste prouver ma bonne volonté.

Sirius la scrutait, les sourcils froncés.

-Et ?

-Aujourd'hui, j'ai refusé de m'en prendre à une Gryffondor. Alors, elle se tut quelques secondes, cherchant comment présenter les choses de la manière la moins dramatique possible, alors ils n'ont pas vraiment apprécié, voilà tout.

-Et Lucius? Dans son ton, le mépris était sensible, mais un note d'espoir pointait néanmoins, comme si même lui ne pouvait laisser sa petite amie en pareille posture sans réagir.

Alth renifla de dédain.

-Il a eu ce qu'il voulait, alors moi maintenant... Le silence voulait dire beaucoup...il est plutôt content que d'autres se chargent de ma «formation» à sa place.

-Je vais les tuer.

Il avait amorcé un geste, comme s'il comptait mettre sa menace à exécution à l'instant même. Mais Althéa s'intercala vivement entre le porte et lui.

-Tu ne vas absolument rien faire! Je suis sérieuse, Black.

-Alors pourquoi es tu venu ?

-J'avais besoin de me confier, besoin d'un ami, il fallait que tu saches la vérité. Mais je n'ai pas besoin d'un héros pour me sauver.

La tête légèrement incliné, comme souvent lorsqu'il réfléchissait il sembla hésiter à passer outre son interdiction pour finalement se résigner et demander :

-Arrêtes tout ça, reviens parmi nous.

Un rictus sans joie étira les lèvres d'Althéa et c'est ironique qu'elle répondit.

-Et selon toi,à la sortie de Poudlard, il faudra combien de temps à tous ces apprentis mangemorts pour régler le compte de la Gryffondor qui s'est moquée d'eux ?

Elle lut sur les lèvres du brun la réplique qu'il allait sortir avant même qu'il ne la prononce :

-On te protégera.

-Je ne veux pas me cacher éternellement Sirius.

-Alors tu vas les laisser gagner ?

-Jamais. Le ton était d'une telle détermination qu'il effraya Sirius. Elle refusait toujours de plier mais était pleine d'une rancœur qui avait avalée les derniers restes d'enfance. Qu'avaient-ils bien pu lui faire pour en arriver là?

Mais pour ça j'ai besoin de toi.

C'était la première fois qu'elle acceptait de l'aide, qu'elle la demandait même. Elle ne devait pas avoir compris qu'il n'y avait aucune honte à ne pas pouvoir tout supporter seul, elle ne devait juste pas avoir le choix. Il hocha la tête.

-Tout ce que tu veux. Je te dois bien ça.

Le soulagement de la réponse la fit relâcher une respiration qu'elle n'avait pas eu l'impression de retenir. Par honnêteté, elle ajouta, retenant une grimace.

-Je serais toi, j'attendrais d'avoir entendu mon plan en entier avant de promettre quoi que se soit. Tu risques de ne pas apprécier.


[Salle commune des Serpentard

Le lendemain ]

-Tu as changé d'avis concernant la sang-de-bourbe?

Se retrouver, à peine vingt quatre heures d'intervalle, en face des mêmes serpentards dans la même pièce semblait raviver la douleur de ses muscles.

-Non.

Elle apprécia un court instant les mines furieuses qui se tenaient devant elle, et enchaina avant qu'ils ne s'en prenne à elle, encore. Elle n'étais pas assez inconsciente pour les provoquer davantage.

Mais j'ai mieux à vous proposer.

Les traits se décrispèrent progressivement, et Malfoy retrouva son habituel sourire narquois.

-Tiens donc...

Sachant qu'elle les tenait par la curiosité, elle fit quelques pas et se posa dans un fauteuil. Elle ne supportait plus de se tenir en face d'eux, seule debout devant ce mur hostile. Comme jugée, évaluée, ce qui était précisément le cas.

D'un signe de tête elle les invita à prendre place autours avant de reprendre.

-Qui voulez vous vraiment atteindre à travers Lily?

Rogue fut le premier à réaliser, et une lueur féroce dans le regard demanda :

-Tu t'attaquerais à Potter?

Détachée, elle sembla réfléchir quelques secondes avant d'articuler, légèrement dédaigneuse.

-Potter, oui s'il le faut, ce n'est pas lui le traitre à son sang, mais pourquoi pas si vous le désirez.

-Sirius? Ils n'en revenaient pas.

-Tu t'en prendrais à Sirius?

-Tant qu'à faire, autant venger quelques petits affronts au passage, non?

Elle maitrisait à merveille le rictus mauvais qui relevait l'un des coins de sa bouche.

Devant cet élément nouveau, et surtout la mention de son « adversaire » Malfoy avait abandonné le rôle du suiveur, et repris celui naturel pour lui de leader.

-Bien sur, ca ne te dérange pas si on assiste à ça?

Le sourire ironique montrait qu'il s'attendait à une dérobade, mais le sourire d'Althéa s'accentua.

-Non, au contraire, je vous montrerai comment faire puisqu'apparemment vous n'osez vous en prendre qu'aux plus faibles que vous.

Ils blanchirent puis rougirent sous l'insulte mais ne répliquèrent rien.

Demain, fin du cours de défense contre les forces du mal. Il part en étude des moldus. Il sera seul, le reste des maraudeurs n'assiste pas à ce cours.

La discussion était terminée, mais elle ne partirait pas cette fois, elle ne se laisserait pas congédier. Elle sortit sa baguette de sa poche et négligemment la pointa dans la directions des mangemorts qui blêmirent.

Accio livre de runes.

Son livre arriva à toute vitesse depuis la table de chevet où elle l'avait laissé, frôlant au passage la chevelure de Malfoy, avant de sagement se poser sur ses genoux.

Feuilletant les pages avant de trouver celle où elle s'était arrêtée, elle releva la tête vers les cinq septième années et mettant au défi quiconque de s'attarder ici, murmura :

Bonne soirée messieurs.


Les cinq apprentis mangemorts étaient déjà présents quand elle se rendit le lendemain dans le couloir habituellement désert du sixième étage où devait se dérouler l'attaque. Sur leurs visages s'observaient un camaïeu d'émotion allant de l'impatience à l'incrédulité.

Sans paraitre leur accorder de l'attention, Althéa les dépassa et alla s'adosser contre le mur, à l'ombre d'un statue représentant une sorcière souriante tenant un balais à la main. Un coup d'œil au socle l'informa qu'il s'agissait de Catherine Froes, la première femme attrapeur de l'histoire du Quidditch.

Le quidditch...elle tenta de se distraire en pensant à ce jeu qu'elle aimait d'ordinaire mais son esprit restait imperméable aux tentatives de diversion. Seuls les bruits de pas, pour l'instant inexistants occupaient ses pensées. Enfin, elle fit la fine silhouette du Gryffondor s'avancer vers eux.

Elle attendit dans l'ombre qu'il l'ait dépassé avant de se redresser et de l'interpeller.

-Sirius.

Il se retourna aussitôt sur le qui-vive mais sembla rassuré en la voyant.

-Alth'. Que veux-tu ?

-Oh, elle doutait que le sourire sadique qu'elle tentait d'afficher soit vraiment convainquant mais la jeune fille ne parvenait pas à faire mieux, juste mettre au point certains détails.

Ses doigts se serrèrent autour de sa baguette, encore sagement rangée dans sa poche, alors qu'elle continuait.

J'ai toléré certaines choses de par le passé, mais ne crois pas que tu peux continuer ainsi. Je ne suis pas ta chose, tu n'avais aucun droit sur moi. J'ai pu me taire, mais maintenant que je suis à ma place, à Serpentard ne pense surtout pas que cela va continuer.

Elle avait dégainé sa baguette et murmura « Silencio ». Un jet de couleur grise frappa Sirius à la poitrine l'empêchant de répondre.

Aujourd'hui c'est juste un aperçu de ce qui pourrait t'arriver si tu continuais.

La stupeur qui semblait avoir frappé le jeune homme en même temps que le premier sort s'évanouit, et il répliqua. Il maitrisait parfaitement les sortilèges informulés comme elle s'y attendait. La lumière bleue passa à sa droite sans la toucher et elle abaissa le sort du bouclier qu'elle avait dressé.

Ils se fusillèrent des yeux un instant, avant de reprendre le duel.

Diffindo chuchota t-elle. Et elle se crispa autant que si elle avait elle-même été touchée quand elle vit le sort de découpe entailler le bras de Sirius.

Pour la première fois de sa vie, elle regrettait d'exceller en sortilège. Althéa aurait souhaité que ses sorts soient faibles, qu'ils manquent leur cible, mais c'était peu probable. Elle envoya néanmoins quelques jets de lumières volontairement inoffensifs sur le jeune homme.

Il répliqua d'un éclair jaune, et sa cravate verte et argent se serra soudain au point de l'étrangler. Un autre sortilège de découpe l'en libéra, mais la laissa haletante et le cou meurtri. Le morceau de tissus finit rageusement par terre.

-Stupefixe-le, ainsi tu seras tranquille! Grogna l'un des serpentards.

Elle envoya un sortilège d'entrave à son adversaire pour le ralentir avant de se tourner vers la voix.

-Contrairement à vous, elle les contempla, dédaigneuse, m'acharner sur une cible incapable de se défendre ne m'amuse guère. Je n'ai pas besoin de cela pour gagner.

Elle se retourna en effet à temps pour éviter un sort et répliqua par un maléfice cuisant informulé. Des brulures se formèrent sur le torse de Sirius , formant des trous dans la chemise déjà maculée de sang de son uniforme.

Il ne put que grimacer, toujours incapable de parler.

Le silence plana un moment, puis un grincement se fit entendre à côté d'Althéa. Il s'accentua et soudain, la sorcière de pierre se détacha de son socle et vint accoler la jeune fille contre le mur, cherchant à la broyer de ses bras.

Malgré la situation, Althéa fut impressionné par les ressources de Sirius, ce sort n'était pas à la portée de tout le monde. Il était coriace mais il était temps d'en finir.

Confringo! Son maléfice explosif fut des plus efficaces, elle était libre alors que les blocs de pierre qui constituaient quelques secondes plutôt la statue se trouvaient balayés dans toute la pièce. Sirius était à terre, l'un des morceaux de pierre l'avait atteint pendant l'explosion et sans doute assommé.

Avec un sourire hypocrite, elle fixa les cinq serpentards qui s'étaient prudemment éloignés de la scène.

Satisfaits?

Devant leur absence de réponse, elle conclut à un oui, et sans plus se préoccuper d'eux se mit en œuvre de réparer les dégâts qu'elle venait de provoquer. D'un sort elle reconstitua la statue et la remit à sa place. Discrètement elle leva son sortilège de mutisme sur un Sirius toujours évanoui.

Puis sans plus se retourner, elle prit la direction de la Grand Salle. Elle avait faim.


[Quelques heures plus tard]

La pièce était calme. Incroyablement calme.

Non pas froide, même si sous ses pieds nus le carrelage semblait glacé, pas chaleureuse non plus la large lune qui baignait de ses rayons l'infirmerie détachant avec trop de netteté chaque stalle et chaque détail de la pièce.

Mais tranquille. D'une tranquillité factice, due aux potions plus qu'à un juste les respirations apaisées venaient troubler le silence, et au dehors, sous un ciel dénué de nuage quelques animaux nocturnes s'aventuraient dans le parc de l'école et émettaient de divers bruits.

Une légère odeur flottait dans l'air, piquante et végétale, résidu d'une pommade sans doute. Une autre senteur était détectable, aux notes plus sucrées.

La suivant, la jeune femme écarta délicatement les rideaux qui isolaient l'un des box.

-J'en étais sure se contenta t-elle de murmurer en contemplant les sucreries qui occupaient la table de nuit du maraudeur.

Elle s'attarda un moment avant laisser retomber la draperie derrière elle, fixant celui qui était ici par sa faute, allongé sur un sordide lit d'hôpital.

Même ainsi il était magnifique. Sa peau aurait du sembler blafarde, éclairée ainsi par le pale croissant de lune, sur ses draps immaculés. Mais il obtenait l'éclat froid et lisse du marbre. Une teinte uniforme à peine perturbée par les veines courant sous sa peau, et qui saillaient très légèrement au nouveau des tempes.

Une teinte uniforme...ponctuée seulement par les bleus dont il était parsemé. D'un bleu pale, tirant sur le violet, sur le noir presque dans le pire des cas. Des bleus en train d'apparaitre? De disparaître peut-être selon l'efficacité de la potion administrée.

Frissonnant dans sa trop légère robe de chambre, elle s'approcha sans bruit, et d'une main plus légère qu'une caresse repoussa une des trop longues mèches qui venait contraster sur son front d'albâtre.

-Qu'est ce que tu fais là, tu es venue achever ton œuvre?

La bouche qui venait de murmurer ces mots s'étira en un fin sourire, mais il lui fallut peu de temps avant de virer au rictus, le mouvement ayant réveillé certaines douleurs. Il n'avait toujours pas ouvert les yeux.

Immobile dans la faible clarté, sa baguette à la main, Althéa n'avait pas le cœur à rire, sa poitrine se soulevant péniblement devant son « oeuvre ».

-Par pitié Black, dis moi que tu es tombé dans les escaliers en venant ici, et que je ne suis pas la seule responsable de ce ...massacre. Prononca t-elle d'une voix hachée.

-C'est si terrible que ça?

-Ne croise pas un miroir avant demain, tu ne t'en remettrais pas.

Quelques secondes s'écoulèrent, silencieuses.

-Tu ne devrais pas dormir?

-Et rater ta visite. Certainement pas.

-Comment savais-tu que je viendrais?

-Toi, me laisser dans cet état, alors que c'est de ta faute...jamais.

Il ricanait encore en prononçant ses mots malgré la souffrance inutile que cela devait lui causer. Une fois de plus il préférait l'asticoter plutôt que de passer pour faible. Leur orgueil était bien parti pour causer leur perte songea Althéa avant de le faire taire.

-Ferme-la Black, et fais moi de la place.

Souplement, elle se hissa sur le lit et appuya sa tête contre son épaule. Leurs boucles se mêlèrent en un océan brun tandis qu'elle s'imprégnait de son odeur, un mélange d'eau de toilette, du bois de santal peut-être, et sa propre senteur, plus animale.

Le jeune homme referma son bras autours d'Alth, enfouissant son visage contre ses cheveux.

-Ma ravissante tortionnaire susurra t-il. Un rire souleva sa poitrine, secouant au passage Althéa qui se crispa d'avantage. Il sembla le remarquer et voulut la rassurer.

C'était mon choix, tu te rappelles. Notre décision. Alors arrêtes de t'en vouloir.

-Dit-il de sa voix de mourant, prononça t-elle d'une voix atone.

Elle fixait le plafond, tandis que les doigts de Sirius dessinant de vague motifs sur sa peau faisaient naitre des frissons irrépressibles.

Un plafond ordinaire, banal, d'un blanc sali par les ans. Et qui pourtant semblait la captiver.

Elle cherchait ses mots, rassemblant ses idées, en une phrase qui aurait pu donner « C'est trop simple de prétendre que ce n'est pas grave juste parce que tu ne m'en veux pas. Ça n'en est pas moins arrivé. » mais il la fit taire d'un « chut » apaisant.

-Tes peurs et tes doutes seront toujours là demain. Cette nuit oublie-les.

-Comme si c'était aussi simple.

-Ça l'est. Ferme les yeux.

Althéa s'exécuta.

Il déplaça légèrement son bras et glissa entre les lèvres de la jeune fille un gourmandise sucrée.

-Menthe, bon choix.

Elle suçota le bonbon un temps, alors qu'à coté Sirius les enchainait.

J'ai besoin de toi.

-Je sais. Mais tu ne renoncera pas à ton plan, si?

Il laissa passer quelques secondes, attendant qu'elle le détrompe. Ce qu'elle ne fit pas.

Même si je te dis que tu avais raison? Sur tous les points?

-Tous?

-Il se pourrait qu'au départ j'ai juste voulu t'ajouter à un liste.

Le ton s'était fait hésitant, comme s'il craignait une réaction violente à sa phrase.

-Mais maintenant...

Elle l'interrompit, ne voulant pas connaître la suite. Elle aurait adoré jusqu'à il y a quelques semaines, et cela malgré ses grands airs. Maintenant cela ne servirait qu'à rouvrir des blessures. Elle ne voulait plus savoir.

-Sirius, tu t'es laissé torturer pour moi. Cela me suffit amplement comme preuve.

-Alors on fait quoi?Je te rejoins à Serpentard, on devient de parfaits petits mangemorts, je récupère mon héritage, et on plonge dans le vice et la déliquescence?

-C'est tentant. Mais tu serais beaucoup plus doué que moi pour la débauche, trésor.

-Je ne crois pas, regarde toi, un homme à chaque bras, un brun et un blond. Je te trouve plutôt douée.

Devant le silence qui s'ensuivit, il se crut obligé d'ajouter :

-Je plaisante.

-Ah bon?

Même sans la voir, il pouvait deviner que son sourcil s'était soulevé en un accent circonflexe ironique. Il venait de prononcer, même légèrement, même si c'était sur le ton de la taquinerie ce dont elle s'accusait, ce que tant de gens pensaient d'elle.

-Si tu veux tout savoir, en garce tu es très mauvaise. Et crois moi, pour un avoir côtoyé un certain nombre, je m'y connais. T'obstiner à rester fidèle à Malfoy malgré ce qu'il te fait subir, tu es plus proche de l'ange que de la garce.

-Donc pas de vie dissolue pour nous?

-Il semblerait que non. Il soupira, faussement attristé. Tu as une autre idée?

Elle se surprit à formuler clairement ce qui lui traversait l'esprit.

-Une journée. Une seule et unique journée avec toi.

-Pour réaliser ce à coté de quoi tu es passé? Je savais que tu aimais souffrir, j'ignorais que c'était à ce point.

Il n'avait pas totalement faux, mais elle lui donna sa version des choses.

-J'envisageai plutôt ça comme une réserve de bons souvenirs pour m'aider à tenir le coup par la suite.

Comprenant qu'elle était sérieuse, il reprit, attentif :

-Une journée tu disais?

Elle hocha la tête, et murmura d'une voix rendue lointaine par ses rêves anticipés.

-Rien que nous deux. Une journée où j'oublie jusqu'à l'existence de Voldemort.