Mise à jour - 30 juin 2017


Je vous ai fait peur? Je suis toujours présente! J'ai seulement un mal de tête qui ne me quitte pas depuis jeudi soir dernier… Je publierai le prochain chapitre dans deux semaines! :D

Enfin bref, je vous laisse à l'interrogatoire auquel Hermione s'apprêtait subir. Bonne lecture!


:: Chapitre 9 ::


Même malgré le fait que le veritaserum était inodore, incolore et sans goût, n'en restait pas moins qu'elle y reconnaissait les effets sur son corps. Et ils avaient remarqué qu'elle s'était aperçue que quelque chose clochait.

« Qui êtes-vous? D'où venez-vous?! » Interrogea Xion, maintenant menaçant. Après tout, elle le comprenait. Quand des étrangers à l'air suspect entrent chez vous, vous le seriez aussi…

« Nous sommes Draco Malfoy et Hermione Granger et nous arrivons de Poudlard. » Répondit-elle d'une voix monocorde. C'était la vérité. Certes pas entière, mais la vérité quand même. Comment allait-elle se sortir de ce merdier?

Un rictus étira les lèvres de l'homme aux iris rouge. « Cette école de débiles? »

« Poudlard n'est pas débile! »

« Il n'y a que ceux qui n'ont pas confiance en leurs pouvoirs qui fréquentent cette école! » ria-t-il. Elle n'avait jamais pensé que lors de sa fondation, certains s'opposeraient à cette pratique, délaissant les mentors au profit de professeur. Insultée dans son amour de cette école qui brillait par ses heures de gloire, elle ajouta :

« Des enfants en apprentissage fréquentaient cette école! » Oops. Mauvais jeu de temps de verbe, merde.

« Fréquentaient? Que s'est-il passé? » Lui demanda-t-il après quelques instants, ne comprenant pas ce que le passé venait faire là-dedans.

Son cerveau avait beau lui crier NON!, que ses lèvres remuèrent quand même « La Grande Bataille de Poudlard. »

Xion leva un sourcil. « Je ne vous crois pas. Comment faites-vous pour vous détourner du veritaserum? Nous ne sommes qu'une poignée de sorciers à l'utiliser et vous n'en faites pas partie. »

« D'où je viens, on m'a appris à y résister. » À partir de maintenant, elle appliquerait cet apprentissage, par de petites phrases, sans élaborer. Du moins, elle tenterait. Mais un élément de cette recette différait, comme une signature, ce qui la rendait d'autant plus puissante.

En restant toujours sur la même ligne directrice, Xion tenta de percer le mystère de leur identité par une autre approche. « Ces baguettes sont magnifiques. Où pourrais-je bien m'en procurer une? » Le nom d'Olivender força le passage, attisant encore plus la curiosité. Le point positif étant que ni les noms de Malfoy ne celui du fabriquant de baguettes magiques ne sonnèrent une cloche à ses hôtes.

« Xion, rien ne concorde. Et ma potion est plus que parfaite! » D'accord, pensa Hermione, l'un était craint et l'autre surdouée.

« Quand je te disais que tu faisais confiance à n'importe qui! » répliqua-t-il, regardant sa femme. Fermant les paupières, elle tournait et retournait dans sa tête les solutions qui s'offraient à elle. Elle voyait bien qu'à deux il n'y arriverait certainement pas de rentrer chez eux. Depuis l'infime aide que leur avait offert Serdaigle, ça en était une certitude. Si elle laissait échapper la vraie vérité de leur provenance, Malfoy serait très probablement en colère. Puisqu'il était blessé et inconscient, la lourde tâche de prendre une décision pour leur sécurité rapprochée lui revenait. Son premier rôle était d'établir un lien de confiance, profiter de ce qu'ils pourraient leur apprendre de ce monde et ensuite quitter l'endroit à la suite d'un oubliette. C'était la meilleure chose à faire. Sans cri ni haine.

« Vous pouvez me faire totalement confiance, la potion fonctionne mieux que toutes celles dont j'ai eu à goûter. » Fronçant les sourcils, elle ajouta « Et je crois que c'est parce qu'il y a un ingrédient en plus. » Elle aurait adoré avoir l'aide du successeur de Severus Rogue. Ses connaissances en potion étaient larges, mais elle reconnaissait celles de Malfoy comme étant supérieures aux siennes.

« Intéressant. » Dit Mayka, s'assoyant devant elle, bras croisés, toute attitude amicale envolée. « Continue. »

Elle misait sur ce qui la rendait si importante au temps de son époque, son savoir. « C'est subtil, très délicat. Il n'y a que les gens entraînés comme nous pour le déceler. Ça a des propriétés envahissantes… je n'arrive pas à cerner si c'est végétal ou autre… mais lui le pourrait. Malfoy est un maître dans la réalisation et la création de potion. » Dit-elle en le pointant du doigt. Hermione soupira intérieurement. Par chance, il ne l'avait pas entendu lui faire un éloge.

« Pourquoi tu l'appelles par son nom de famille? »

Ils sautent vraiment du coq à l'âne! « Parce qu'on ne s'aime pas. »

« Mais vous voyagez ensemble… tous les deux, seuls. »

« On se tolère. »

« Si on m'avait imposé ce fardeau, il y a longtemps que j'aurais mis les voiles! » s'exclama l'homme qui écoutait attentivement l'échange entre les femmes depuis quelques minutes sans en placer une.

« On ne peut pas se séparer. » Poursuivit Hermione de la même voix monocorde, incapable de retenir ses pensées. Finalement, Malfoy était chanceux dans sa position.

Levant un sourcil chacun devant cette excuse pitoyable, Mayka laisse son mari poser la question « Pourquoi? »

Ça y était. Elle s'était foutu les pieds dans les plats toute seule. Anticipant très bien la réponse qui se formulait, elle le regarda fixement dans les yeux et dit « Parce qu'on ne pourra pas rentrer chez nous. »

« Chez vous? Tu veux dire à Poudlard? Pour faire la Grande Guerre? » s'exaspéra Mayka qui ne comprenait pas.

« Oui »

« Mais il n'y a pas de guerre, vous êtes complètement folle! » se choquait Xion.

Frustrée, Hermione se résigna aux effets de la potion. Elle se leva de sa chaise et s'exclama « Parce que ça se passe en 2005! »

Doucement, Xion se releva, imposant sa prestance à la jeune femme devant lui qui se rassit en conservant la même attitude. D'une main sur l'avant-bras, Mayka fit rasseoir son homme. N'attendant pas que les questions fusent de nouveau, Hermione poursuivit le ton haut perché : « Nous avons remonté le temps d'une dizaine de siècles dans la passé, ce qui était apparemment impossible vu le contrôle du ministère de la magie sur ces outils magiques. Ils devaient, au maximum, nous ramener trois heures tout au plus dans le passé. Et nous voilà coincé ici à chercher une solution qui n'existe pas encore dans un monde hostile où je fais office de folle à enfermer! » Le silence se fit. Ce qu'elle venait de leur balancer à la figure faisait son chemin dans leur logique.

« C'est quoi un ministère? »

Cette question eut le don de la déstabiliser. Le ministère, vraiment? Pas 2005? « L'équivalent du conseil des sorciers. » Croisant les bras sur sa poitrine, elle se perdit dans la contemplation des flammes qui ne semblaient plus être aussi chaleureuses que la nuit dernière. « Le plus drôle dans tout ça, c'est que je ne peux rien prouver puisque tout ce que je vous dirais vous est totalement inconnu. » Réfléchissant toujours, ses yeux suivant les mouvements des flammes jaunes léchant le manteau de chemin en pierres. « Auriez-vous une pensine?! »

Pris de court par son excitation, ils répondirent non sans même se consulter. « C'est quoi une pensine? »

« Ça sert à voir les souvenirs. » Soupira-t-elle. Hermione décourageait. Qui aurait cru que des objets aussi futiles à son époque en seraient une nécessité dans la leur. Jamais elle n'avait jugé utile d'apprendre les dates de réalisations d'invention.

Un mouvement à sa droite attira son regard, entraînant les autres à faire de même. Malfoy bougeait faiblement, se réveillant. Mais plus ses sens s'éveillaient plus la douleur se faisait sentir dans tout son corps. Il tenta de se lever en s'appuyant sur ses coudes, il en fut pourtant incapable, les muscles du haut de son corps ayant été fortement affectés par l'attaque sournoise. Hermione se leva d'un bon et posa ses mains sur ses épaules afin de le rediriger en position allongée. Les traits de son visage étaient tirés par la souffrance, son esprit combattant au maximum pour montrer à la jeune femme que tout allait bien. Sauf qu'elle n'était pas dupe, elle en avait soigné des blessés. Ses yeux bleus se promenèrent rapidement dans la pièce, croisant le regard des maîtres de maison, silencieux.

« Granger, on est où? » murmura-t-il.

« Nous sommes… » Elle allait dire en sécurité, mais l'étaient-ils vraiment? Allaient-ils les mettre dehors dans les prochaines minutes? Hermione laissa sa phrase ne suspend, se retournant pour chercher la réponse dans les yeux de Mayka et Xion.

« Vous êtes en sécurité. » Répondit Xion, prenant même sa femme par surprise. Il se leva et alla à la rencontre du jeune homme toujours étendu sur sa table de cuisine, l'air mal en point. « Ne vous en faites pas, on vous remettra sur pied. » Et il abattit sa main sur l'épaule de Draco qui grimaça sous la secousse. « Je suis Xion. » Mayka se leva à son tour et se présenta, souriante. Puisqu'il était maintenant éveillé, elle en profita pour chasser les intrus, puis s'affaira à changer le pansement de son patient, l'auscultant par la même occasion. Se sentant de trop dans l'espace restreint de leur petite maison, l'homme aux cheveux noirs de jais invita Hermione à se joindre à lui, empoignant sa cape et lui donnant la sienne. Il poussa la porte et s'engouffra dans l'extérieur hivernal de la forêt avoisinant sa maison. Il prit son temps, s'éloignant un peu de la cabane, et lorsque la jeune femme venue d'une époque qui n'était pas leur arriva à ses côtés, il se remit à parler.

« Je ne peux voir vos souvenirs, mais dites-m'en plus. » Surprise par la douceur de la demande, Hermione ralentit le pas. « S'il vous plaît. »

« Je ne sais pas ce que vous voulez exactement. » Répondit la jeune femme sur la défensive.

« Comment avez-vous fait pour voyager dans le temps? Quel était cet outil? »

« On l'appelle le retourneur de temps, mais on nous a affirmé que ça n'existait pas. » Elle l'observait du coin de l'œil, cet homme perdu dans ses pensées, le regard dans le vague, avançant sur un sentier enneigé. « Désolée d'être brusque, mais… pourquoi ce revirement de situation? »

Il s'arrêta, Hermione l'imitant. « Parce que c'est aussi absurde que ça en est cohérent. » Ses yeux rouges dévièrent vers les siens. « De toutes les potions de veritaserum produites, celle de Mayka est de loin la meilleure. Des gens viennent de très loin pour s'en procurer et vous avez réussi à déjouer cette puissance pendant un moment et ça m'intrigue. Comment avez-vous fait? »

« Par de longs moments de pratique. » Elle soupira. « Mais, oui, cette potion était de loin la plus difficile à gérer. » L'homme à ses côtés resta de marbre. « Vous savez, nous ne voulons que rentrer chez nous, mais ne savons pas comment faire. »

« Pourquoi ne pas fabriquer ce retourneur de temps? »

« C'est principalement l'idée. Nous étions en route vers le broch de Tappoch avant de nous arrêter à cette auberge… »

« Vous savez que c'est risqué? L'entente entre les sorciers et les gobelins n'est pas des plus amicale. »

« Effectivement, mais ils sont les seuls à pouvoir forger les anneaux du retourneur de temps. Les seuls en qui j'ai suffisamment confiance pour retenter un voyage de presque mille ans. » À son air, elle s'expliqua : « D'où nous venons, les gobelins ne sont pas nos meilleurs amis, mais ils font partie de notre société. »

« Épatant… »

Il y avait vraiment anguille sous roche et ça tracassait la jeune femme. Cette approche plus douce avait-elle pour but de la faire parler encore plus? L'attitude de l'homme à ses côtés était vraiment étrange. Attendant une autre salve de questions, Hermione fut distraite par des bruits au loin, tout comme l'attention de Xion, qui redevint aussi menaçant que lors de son interrogation.

« Ils ne sont jamais venus aussi loin dans la forêt. » Ajouta-t-il à l'adresse de la brune.

Comprenant que les villageois étaient à leur recherche, Hermione empoigna sa baguette et fit quelques pas au-devant. Brandissant l'extension de sa magie haut dans les airs, elle déploya les mêmes sortilèges utilisés lors de la recherche aux horcruxes, elle protégeait les lieux sous le regard interdit de l'homme qui les avait accueillis chez eux. Personne ne trouverait leur maison, parole de Granger.