Chapitre 9 – Les deux Dumbledore
« Cher papi Moustache, chère Mamie Grenouille …»
Je levai les yeux de mon courrier en quête d'inspiration.
Qu'allais-je bien pouvoir leur raconter ?
Papi et Mamie – les parents moldus de ma mère – adoraient la magie. Leurs yeux brillaient toujours lorsque je leur racontais mes aventures poudlardiennes. Tout en cherchant mes mots, je laissais mon regard vagabonder dans la Salle Commune. Nous étions dimanche soir, et les Poufsouffles s'étaient rassemblés par petits groupes pour débattre sur le sujet de conversation qui planait sur Poudlard depuis quelques jours : Halloween.
Dumbledore avait fait une annonce spéciale lors d'un dîner : cette année, nous fêterions le 31 octobre… en costume !
Depuis, toutes les conversations tournaient autour de cet événement, et la même question revenait sans cesse : « comment vais-je me déguiser ? » (Oui, moi aussi je me la posais, et j'hésitais encore).
En plus, les rumeurs les plus folles circulaient dans les couloirs : on racontait que la soirée d'Halloween se déroulerait dans le parc du château, que le fameux « Vampire Comedy Club » jouerait sur scène, qu'un feu d'artifice serait tiré, qu'il n'y aurait que des sucreries en guise de plat (je n'étais pas contre ça !), et que Dumbledore allait inviter son jumeau (mais où Tonks est allée chercher ça franchement ?).
Confortablement installée au fond du canapé et me chauffant les orteils au coin du feu, j'écoutais d'une oreille distraite les échanges entre les trois Nullos qui se disputaient pour savoir qui incarnerait le grand Obi-Wan Kenobi – avant que la discussion ne dégénère sur une question existentielle: qui était le plus courageux entre Han Solo et Indiana Jones.
Je levai les yeux au ciel, et reportai mon attention sur mon parchemin, désespérément vide :
« Je vais très bien, et Poudlard, c'est super, malgré la surcharge de devoirs. La semaine dernière, j'ai étudié le sortilège de reproduction, et ce n'était pas de la tarte… ».
Je chatouillai du bout de ma plume mon écharpe qui se trémoussa sur mes genoux. A côté de moi, Rose ferma son livre d'un coup sec, me faisant sursauter :
⁃ C'est bon ! J'ai appris ma leçon ! dit-elle toute joyeuse.
⁃ Ah ? C'est bien, répondis-je sans lever les yeux de mon écharpe. Leçon de quoi ?
⁃ Les tarots divinatoires. Je suis interrogée demain matin en cours.
Je ne dis rien, mais sentis sur moi son regard chargé d'espoir.
⁃ C'est même pas la peine d'y songer, dis-je.
⁃ S'il te plait, Polly ! me supplia-t-elle. Juste pour m'entraîner !
⁃ Non !
Je détestais quand Rose « s'entraînait » à la divination. Nous avions encore tous en mémoire la fois où elle avait prédit le futur de cette pauvre Tonks, qui en avait pris pour son grade. Rose avait lu les lignes de sa main, et avait pâli en constatant que sa ligne de vie était beaucoup trop courte, que sa ligne de cœur était cassée, et qu'il n'y avait aucun signe d'une ligne de chance.
Pour remonter le moral de Tonks, après ça !
Rose se tourna vers les Nullos, mais ceux-ci prirent aussitôt la poudre d'escampette. Alors, elle me demanda encore, et encore, et encore, et encore…
A bout de patience, je finis par accepter, sachant pertinemment que je commettais là une grave erreur.
Mon amie sortit son paquet de cartes, le battit, et me demanda d'en choisir cinq. Sceptique, je les pris au hasard:
⁃ Roue de la fortune, maison de dieu, empereur, pape, et papesse, dit-elle en les retournant un à un.
Elle réfléchit quelques instants :
⁃ Quelqu'un dans ton entourage a pour toi des sentiments très amoureux, dit-elle d'une voix rauque. C'est une personne que tu vas fréquenter de plus en plus. Elle a une personnalité très attachante, mais très timide.
⁃ Je vais avoir un amoureux ? demandai-je en grimaçant.
⁃ Je n'ai pas dit ça. J'ai dit que quelqu'un avait de très fort sentiments pour toi, nuance.
⁃ Mais tu as dit que j'allais avoir un amoureux ! m'exclamai-je.
Rose ne dit rien, et me tendit de nouveau le paquet de cartes.
⁃ Tentatrice, lune, étoile, mort, impératrice. Tu vas bientôt recevoir une très mauvaise nouvelle…(Nous recommençâmes). Pendu, amoureux, force, soleil, fou…
Elle se tut, et me lança un regard désolé.
⁃ Quoi ? m'écriai-je, hystérique. Je vais mourir, c'est ça ? C'est ça ?
Rose secoua la tête et tourna quelques pages de son livre Lever le voile du futur.
⁃ C'est… compliqué à dire. Les cartes indiquent qu'au cours de l'année tu vas souffrir deux fois. Une fois au cœur, l'autre à la tête… Mais sinon, tout ira bien pour toi !
⁃ Mais, qu'est ce que ça veut dire ? m'affolai-je. Je vais faire un arrêt cardiaque ? Je vais tomber de mon balai ? Rogue va m'empoisonner, c'est ça ? Je le savais…
Rose s'empressa de me rassurer, mais d'une manière peu convaincante.
⁃ Les tarots ne sont pas non plus une science exacte, Polly, ne l'oublie pas, finit-elle par dire en rangeant précipitamment son paquet de cartes. Et puis, je ne suis pas si douée que ça. On peut toujours aller voir Trelawney demain, si ça peut te rassurer !
⁃ Non, merci, répliquai-je, un peu ébranlée. D'ailleurs, je crois que je vais aller me coucher. Alors… à demain ! Enfin, si je survis à la nuit, bien sûr, dis-je en me forçant à rire.
Je fuis la Salle Commune et montai au dortoir, où Tonks m'accueillit avec un clin d'œil. Elle était allongée de tout son long sur le lit, une plume entre les dents, et tournant les pages de son manuel de potion. Je lui fis remarquer que ses draps étaient tachés d'encre.
⁃ Ça se nettoie, dit-elle en haussant les épaules. Dis-moi, en quoi la belladone entre-t-elle dans un philtre de cafouillage ?
Tout en me contorsionnant sur mon lit pour enfiler mon pyjama, je fronçai les sourcils.
⁃ J'ai écrit que la Belladone provoquait des hallucinations et que… attends, je sors ma copie.
Je fouillai mon sac et en sortis plusieurs parchemins.
Rien.
Inquiète, je déversai son contenu sur le lit, et cherchai ma copie entre plumes, bouts de papier et flacons d'encre.
Rien de rien.
Nerveuse, je feuilletai chacun de mes livres dans l'espoir de l'avoir glissé dans l'un d'eux (je fais souvent ça).
Encore rien.
Paniquée, je me levai d'un bond et sortis du dortoir en trombe. Je fouillai les moindres recoins de la salle commune, sous le canapé, sur les tables, derrière les rideaux, devant la cheminée.
Toujours rien.
Rose finit par me demander quelle était la raison de ce chambardement.
⁃ Tu n'aurais pas vu mon devoir de potion ? demandai-je en me tordant les mains. Je ne sais plus où je l'ai mis.
⁃ Tu ne l'as pas prêté à Tonks ? Tu la connais, elle perd toujours tout.
⁃ Hé ! J'ai entendu ça ! s'insurgea l'intéressée qui m'avait rejoint.
Au bord de la syncope, je m'effondrai sur le canapé. J'avais passé mon week-end à faire ce fichu devoir. J'espérais tellement décrocher une bonne note !
Soudain, je me levai d'un bond :
⁃ La bibliothèque ! me dis-je en me tapant le front. Je l'ai laissé là bas !
En deux enjambées et trois tours d'écharpe, je me dirigeai vers la sortie, sans écouter les avertissements de mes amies :
⁃ Non, Polly, le couvre-feu ! Tu ne peux plus sortir, tu vas te faire pincer !
oOo oOo oOo
Je longeai le sombre couloir menant à une première série d'escaliers. J'arrivai dans le hall d'entrée, étrangement silencieux. La seule source de lumière provenait des torches, projetant autour de moi les ombres inquiétantes des armures.
Je me sentais dans la peau d'une aventurière ou d'un agent secret, à me cacher derrière une statue au moindre bruit, et à vérifier à chaque tournant que la voie était libre.
Silencieusement, j'entrepris de monter quatre à quatre l'escalier de marbre, pour me retrouver au premier étage. Le souffle court, je choisis d'emprunter l'un des nombreux raccourcis qui existaient. J'étais follement excitée de braver le règlement. Quelle mauvaise élève je faisais !
Bien qu'il fasse sombre, je n'osais sortir ma baguette pour éclairer mon chemin. Je me laissai guider par ma connaissance du château: je longeai un couloir, empruntai un escalier étroit qui me mena directement au quatrième étage, et écartai la tapisserie. En face de moi se dressait la porte de la bibliothèque.
Tout en me félicitant intérieurement de ma chance (pas de Peeves ou de Rusard à l'horizon), je sortis ma baguette et tapotai la serrure de la porte en murmurant le plus doucement possible « Alohomora ! ». J'entendis le bruit caractéristique de la porte se déverrouillant, posai ma main sur la poignée, mais hésitai un instant : et si Pince avait disposé des alarmes magiques dans sa bibliothèque ? Connaissant la vieille folle, j'en aurais mis ma baguette au feu... Je retins ma respiration, ouvris la porte, et me glissai dans l'ouverture, violant ainsi le sanctuaire de la vieille bibliothécaire. Ouf ! Pas d'alarme stridente ou de sortilège d'expulsion !
L'odeur si caractéristique des livres me chatouilla les narines, et j'éternuai dans la manche de mon pyjama. Sur la pointe des pieds, je rasai les étagères, jusqu'à arriver à la section des potions. Je parcourus rapidement les rayonnages, et attrapai enfin Antivenins Asiatiques, le livre que j'avais utilisé pour réaliser mon devoir. Ce dernier était coincé entre les deux pages de l'ouvrage. Fière de mon exploit, je remis le livre à sa place, et revins sur mes pas.
Une fois la porte soigneusement fermée, je sortis ma baguette pour verrouiller de nouveau la serrure.
Mission accomplie !
Fière de mon exploit, je tapotai la tête de mon écharpe qui battait furieusement de la queue.
⁃ Du calme, on a réussi, la rassurais-je.
Sous mes doigts, je la sentis se hérisser.
Et nous fîmes face à Rogue au détour d'un couloir.
J'avais oublié le principe de la discrétion à l'aller et au retour d'une mission. Je sentis mon cœur s'arrêter de battre. La bouche brusquement sèche, les mains moites, l'échine secouée d'un violent frisson, je faisais face à un professeur particulièrement en colère. Les bras croisés, le regard impérieux, Rogue me contemplait de toute sa hauteur.
⁃ A la bibliothèque, murmura t-il. Et à cette heure-ci. Pourquoi ?
⁃ R…rien, bredouillai-je, d'une voix chevrotante. Me promenais.
⁃ Vous vous promeniez ?
Rogue m'observa avec une telle intensité que je me sentis liquéfier sur place. Il tendit la main, réclamant la raison de ma présence à la bibliothèque. Tremblante de la tête au pied, je lui tendis mon devoir. Du bout de sa baguette d'où jaillissait une vive lueur, Rogue parcourut par delà son nez crochu le parchemin, avant de sourire.
⁃ J'ignorais votre passion pour ma matière, miss McBee. Hélas, et bien que cela me chagrine - car je suis profondément ému de votre intérêt soudain à mes cours - le couvre-feu est aussi valable pour les élèves se découvrant une passion subite pour les potions. Aussi suis-je dans le regret de vous annoncer que je ne fais aucun traitement de faveur: vous écoperez d'une punition.
Coupable, je baissai la tête.
⁃ Je suis libre mardi prochain, dans la soirée, poursuivit Rogue sans se départir de sa méchanceté. La soirée vous convient-il ? Il me semble qu'il n'y a rien de prévu ce jour là…
⁃ C'est Halloween! me révoltai-je.
⁃ Mince alors, je n'avais pas fait le rapprochement.
Je ravalai avec peine l'insulte qui me brûlait la langue.
⁃ Je garde bien évidemment votre devoir, reprit-il en agitant ma copie devant mon nez. Il serait dommage de rater la lecture de votre travail. Et, bien sûr, si vous ne me rendez rien demain, une jolie bulle vous attend.
J'eus la furieuse envie de pleurer : ce n'était pas juste ! J'étais condamnée à veiller tard pour recommencer tout mon travail!
Pendant qu'il me raccompagnait à mon dortoir, j'insultai copieusement Rogue.
En pensée, évidemment.
oOo oOo oOo
Je fus d'humeur exécrable toute la semaine. La nuit passée à refaire le devoir de potion me valut un D, ainsi qu'un commentaire mesquin de Rogue (« votre premier devoir valait un A, quel dommage ! »). Et la perspective de passer une soirée enfermée dans un cachot au lieu de profiter de la fête d'Halloween n'arrangeait pas les choses.
Le mardi 31 octobre, après les cours, je vis à regret mes camarades se préparer pour la fête qui s'annonçait grandiose. Tonks et Rose me regardèrent avec pitié, mais, me voulant courageuse (et surmontant avec peine une montée de larmes), je m'exclamai d'une voix un peu trop forte que tout irait bien, et que j'en aurais pas pour longtemps, mais allez-y, amusez-vous bien les filles !
Puis, je tournai dignement le dos à mes amies, et rejoignis en traînant des pieds les sous-sols du château, tout en me demandant comment faire passer le meurtre de Rogue par un simple incident.
⁃ Regarde Fred, on a de la compagnie !
La voix enjouée de Georges Weasley me fit sortir de mes pensées sanguinaires. Les jumeaux arboraient chacun un immense sourire.
Je fus soulagée : je ne serais pas seule !
⁃ C'est gentil de venir nous donner un coup de main ! s'exclama Fred. Pourquoi es-tu là, toi ?
⁃ Sortie illégale après le couvre-feu. Et vous ?
⁃ Tu verras ! dirent-ils à l'unisson.
Les jumeaux se regardèrent malicieusement. Je les trouvais un peu trop… confiant pour des premières années. La soirée risquait d'être intéressante.
Je frappai à la porte du bureau de Rogue.
Il sortit, la mine revêche. Il nous contempla tous les trois et nous ordonna de le suivre. Affichant un air d'intense satisfaction à l'idée d'avoir pourri notre soirée, Rogue nous mena jusqu'à un cachot, où régnait une odeur épouvantable. Saisie d'un haut de cœur, je pénétrai à la suite de notre tortionnaire dans la salle de classe, suivie des deux Weasley.
Les murs et les sols étaient recouverts d'une épaisse couche de moisissure verdâtre qui dégageait des émanations d'œuf pourri. Rogue désigna seaux, serpillières et produits détergents posés dans un coin.
⁃ Votre punition, dit-il en prenant soin de couvrir son nez de sa main, consistera à nettoyer les bêtises de ces deux là, mais à la manière moldue. La magie est donc prohibée. Bonne soirée…
Le professeur ferma la porte derrière lui. Je promenai un regard autour de la salle. La charge de travail était énorme, et je commençai sérieusement à douter de terminer ce soir.
⁃ Par Merlin, qu'est ce que vous avez fabriqué? Demandai-je aux jumeaux.
J'étais à deux doigts de vomir.
⁃ Une potion de ratatinage. On n'a pas fait attention, on a rajouté des queues de rats morts, ricana Fred.
Malgré moi, j'esquissai un sourire et attrapai une serpillière. Les garçons m'imitèrent et nous nous mîmes tous les trois au travail.
oOo oOo oOo
Quatre heures plus tard, je sortis du cachot, courbaturée de partout, sentant le moisi et le produit ménager. J'avais passé la pire soirée de toute mon existence. Les jumeaux Weasley avaient bien gagné le prix des pires agitateurs du siècle. Non content de commencer une bataille de serpillières, ils ne m'avaient été d'aucune aide, et je m'étais égosillée à plusieurs reprises pour réclamer le calme. Peine perdue, ils avaient fini par me faire prendre un bain forcé dans un chaudron rempli de Nettoie tout Magique de la Mère Grattesec. Et d'en rire avec ça !
Aussi, avais-je fini par utiliser ma baguette pour tout nettoyer, étant au bout du rouleau. Heureusement que Rogue ne se douta de rien, l'atmosphère étant saturé de nettoyant magique (et moi aussi d'ailleurs).
⁃ On remettra ça, hein Polly ? s'esclaffèrent les jumeaux en me voyant détaler comme un lapin.
La fête d'Halloween battait encore son plein dans la Grande Salle. Bien que chaque parcelle de mon corps me faisait souffrir, mon estomac me rappela son existence. Tant pis si je sentais mauvais et tant pis si je n'étais pas déguisée !
Je me faufilai entre les deux portes.
Quel spectacle ! La Grande Salle était décorée aux couleurs d'Halloween : des citrouilles géantes, arborant le terrible faciès de Jack O'Lantern, flottaient magiquement dans les airs. Le ciel était aussi de la fête: de lourds nuages noirs chargés d'orage grondaient et des bougies flottaient magiquement dans les airs. Des chauves-souris voletaient parmi les décorations et frôlaient parfois les élèves : il n'était pas rare d'entendre des cris terrifiés, ajoutant un brin de terreur à l'atmosphère festive. Les quatre tables avaient été poussées contre les murs et croulaient de pâtisseries: gâteau à la citrouille et au chocolat, cake au potiron, muffins, brownies surprises, brioches, choux à la crème, clafoutis, beignets de confitures, macarons multicolores, éclairs au café, gelée de framboises, sorbet au citron, tartes à la pomme et à la mélasse… Il semblait même que la confiserie Honeydukes avait été dévalisée par Dumbledore : cubes de chamallows, suçacides, dragées surprises de Bertie Crochue, chocoballes, chocogrenouilles, nids de cafards, caramels collants, patacitrouilles, bulles baveuses, crapauds à la menthe, gnomes au poivre, gommes de limaces, fiwizbiz, fondants de chaudrons , énormes blocs de chocolat…
Je me saisis d'une assiette et pris toutes les pâtisseries et confiseries qui me tombaient sous la main. Une chance, mon odeur corporelle fit fuir les quelques élèves qui s'empiffraient. Je trouvai un coin pour manger tranquillement.
Là où habituellement se tenait la table professorale se trouvait une groupe de musiciens qui chantait un rock endiablé, sous les cris et les rires des élèves entassés devant eux et qui chantaient à l'unisson :
Oui, je suis la sorcière,
J'suis vieille, j'suis moche, j'suis une mégère,
Oui, oui, oui, sur mon balai maudit,
J'aim' bien faire mal aux tout petits…
J'en étais à ma troisième part de tarte à la fraise, quand Dumbledore lui même vint me tapoter l'épaule
⁃ Allons, miss McBee, me sermonna-t-il, et votre régime alors ? Votre balai ne pourra jamais supporter votre poids, si vous continuez ainsi !
⁃ Monsieur… Professeur ! m'étouffai-je, en recrachant mon morceau dans une serviette en papier.
⁃ Et quelle odeur ! Quand avez-vous pris une douche la dernière fois ? C'est une véritable infection !
Cramoisie, je bégayai une espèce de réponse minable. Dumbledore me gratifia d'un large sourire et se tourna vers la scène.
⁃ Vous aimez cette chanson, miss McBee ? Chantons-la ensemble ! « Dans ma marmite c'est l'épouvante, y'a des bestioles dégoulinantes, ce soir j'fais du bœuf au pipi, car c'est la fête aujourd'hui ! ».
Je ne sais pas ce qui me choquait le plus : le fait que Dumbledore chante extrêmement faux, ou qu'il connaisse les paroles de cette chanson en particulier… Et puis, soudain, je vis un autre Dumbledore passer devant moi pour se servir d'un sorbet citron.
⁃ Mais, mais… balbutiais-je.
Deux Dumbledore ? Le détergent magique m'avait atteint le cerveau ou quoi ? Je jetai un coup d'œil au Dumbledore qui se tenait à coté de moi : vêtu d'une longue robe, d'une cape violette et chaussé de bottes à hauts talons munies de boucle. Ses yeux bleus et brillants me firent un autre clin d'œil derrière ses lunettes en demi-lune, et son long nez crochu donnait l'impression d'avoir été cassé au moins deux fois…
Et puis, soudain, le visage se transforma, et je fis face à une Tonks hilare et à la longue barbe blanche.
⁃ Tu verrais ta tête ! explosa-t-elle de rire.
Au lieu de lui en vouloir, je la félicitai pour sa brillante idée de déguisement.
⁃ Et comment l'a prit Dumbledore ?
⁃ Très bien, il a été le premier à rire de ma blague. En revanche, MacGonagall, c'est une autre histoire…
Elle me raconta qu'elle avait pris une potion pour faire pousser une barbe assez longue et qui rivalisait avec celle de notre directeur.
⁃ A Dumbledore ! m'exclamai-je, en levant ma bieraubeurre.
⁃ A Dumbledore, me répondit-elle. Maintenant, tu m'excuseras, mais tu pues vraiment trop Polly. Je dirai à Rose que je t'ai vue. A plus !
Je restai encore un peu à regarder la fête. Les élèves s'étaient surpassés niveau déguisement ! Des lutins, des horribles sorcières, des princesses, des pirates, des arlequins, des nains, des gobelins, un pingouin… J'aperçus au loin les Nullos vêtus de longues robes de bures et tenant dans leurs mains des manches en bois peints en verts (Ah ! On sait maintenant où sont passés les balais de Rusard !). Rose, habillée en lutin, dansait un rock endiablé avec Tonks (ou Dumbledore), tandis que Rogue était en pleine discussion avec Dumbledore (ou Tonks).
Tout Poudlard semblait passer le meilleur moment de son existence…
Je décidai de quitter la fête pour retirer mes vêtements sentant décidément trop mauvais, et prendre une longue douche bien chaude.
Je me levai et me cognai alors à Charlie Weasley.
Son verre de jus de citrouille lui échappa des mains, et son contenu se renversa sur ma robe de sorcière.
Parfait, il ne manquait plus que ça !
⁃ Oh, je suis désolé Polly ! s'excusa-t-il en essuyant avec une serviette en papier les taches qui garnissaient ma robe.
Il nous fallut un moment pour réaliser ce qu'il était exactement en train de faire. Il recula précipitamment, les oreilles écarlates.
⁃ Désolé, dit-il une nouvelle fois. Je ne voulais vraiment pas te toucher… enfin…je veux dire…
⁃ Pas grave, je survivrai. J'allais partir de toute façon.
⁃ Si tôt ? Tu ne veux pas rester encore un peu ?
⁃ Charlie, je ne sais pas si tu es au courant, mais je sens très fort.
⁃ J'ai attrapé un rhume, me dit-il. Mais pourquoi es-tu dans cet état?
Je lui racontai alors ma soirée passée à récurer la salle de classe avec ses deux horribles frangins. Charlie compatit à mes malheurs, et me présenta ses plus sincères excuses, au nom de tous les Weasley.
⁃ Je pardonne à tous les rouquins présents dans cette pièce, dis-je en souriant. Maintenant, tu m'excuseras, mais je dois vraiment prendre une douche.
⁃ Oh ! Veux-tu que je t'accompagne ? A ta Salle Commune, bien sûr, pas sous la douche.
⁃ J'avais compris, mais oui, pourquoi pas ? (depuis l'incident des sangsues, j'avais décidée d'être plus courtoise à son encontre).
Sur le chemin, j'orientai la conversation sur le Quidditch. C'était agréable de parler à quelqu'un d'une passion sans passer pour une folle aux yeux de son interlocuteur ! Charlie m'annonça être un grand supporter de Caerphilly Catapults, je lui avouai mon amour sans borne pour l'équipe d'Ecosse.
⁃ Je te rappelle qu'ils se sont qualifiés pour la Coupe du Monde ! m'exclamai-je en le voyant grimacer.
L'ombre des événements survenus lors de la dernière rencontre Ecosse-Angleterre flotta entre nous. Je me raclai la gorge.
⁃ Au fait, merci d'être venu à ma rescousse la dernière fois. C'était très courageux de ta part.
⁃ Je t'en prie. Tu semblais avoir tellement peur !
J'aurais voulu trouver une autre façon de le remercier, mais je ne trouvais pas mes mots.
Nous arrivâmes devant la Salle Commune des Poufsouffles. Les torches qui éclairaient le couloir donnaient une ambiance très intime à notre ballade. J'étais un peu gênée. Qu'étais-je censée faire ? Lui serrer la main ? Partir sans rien dire ?
Et pourquoi mon cœur battait si fort dans ma poitrine ? A cause des six bouteilles de Bieraubeurre que j'avais bues ? Etais-je fin saoul ?
Le fait est que je ne m'expliquais pas le geste que je fis.
Une chose totalement insensée qui dépasse mon entendement.
J'embrassai Charlie Weasley sur la joue.
Fin de l'histoire, merci beaucoup de m'avoir lu mesdames et messieurs, et à la prochaine!
Comment ça, non, encore?
Bon d'accord. Mais parce que c'est vous, hein? Le prochain chapitre se nommera "le rhume" et arrivera dans vos boîtes mercredi prochain, il va falloir être patient! Mais sachez que je vous remercie une nouvelle fois de me lire!
Mes plus sincères remerciements à ma toute gentille et mimi bêta AppleCherry Pie pour son travail fastidieux de retirer tous les "s" de mes verbes... C'est officiel, on remet ça pour la suite!
Quand à la chanson coquine me chante Dumbledore, il s'agit de la Salsa du Démon du grand orchestre du Splendid . J'ai eu la chanson dans la tête toute la semaine, c'était assez gênant d'ailleurs... Mais rien que de penser notre grand directeur la chantait, j'en riais!
A la semaine prochaine pour la suite des aventures de Polly!
Citrouille
