Disclaimer : Les personnages appartiennent exclusivement à notre chère J.K. Rowling et cette formidable histoire est le fruit de l'imagination de la talentueuse Tira Nog. Vous l'avez donc compris, je ne suis que la traductrice. Rendez-vous sur mon profil pour avoir accès au profil de l'auteur ainsi qu'à l'histoire originale en anglais.
Beta : Julielal pour son merveilleux travail de correction et Alexiel_v pour la relecture !
Chapitre 9 :
De l'autre côté de la porte de la chambre, Severus retenait sa respiration dans l'attente de l'inévitable non.
Il se surprit à vouloir vraiment rester. C'était assez pitoyable de voir un groupe de ravisseurs le traiter plus gentiment que sa propre famille.
Mais il savait que ce n'était pas des ravisseurs. Tout du moins, il était sûr à quatre-vingt dix pour cent qu'ils n'en étaient pas. Il avait reconnu Poudlard d'après des photos qu'il avait déjà vues de l'école. En tout cas, le château qu'on voyait depuis les fenêtres ressemblait à l'école. Il pourrait y avoir une illusion dans l'histoire, mais il s'était levé plusieurs fois la nuit dernière afin d'y jeter un œil, et il avait vérifié les fenêtres plusieurs fois dans la journée. L'extérieur changeait tout comme le faisaient les endroits réels. Si c'était une illusion, elle était très élaborée. Snape ne pouvait pas concevoir pourquoi ces personnes -- les enseignants de Poudlard ? -- perpétreraient une telle farce scandaleuse sur un garçon de sept ans.
Ce qui voulait probablement dire qu'ils disaient la vérité. Il essaya de se familiariser avec le concept. Apparemment, hier, il était toujours un adulte et s'était d'une quelconque manière transformé à nouveau en un garçon. Quel horrible sortilège ! Il ne pouvait pas s'imaginer haïr suffisamment une personne pour être tellement cruel envers elle, seulement... l'expérience n'était pas si mal jusqu'à présent.
La journée d'hier était des plus... inhabituelle. Bien qu'il ne puisse pas vraiment dire qu'on l'appréciait ni qu'on désirait sa présence ici, personne n'avait été délibérément cruel envers lui. Même les deux idiots de Gryffondor dans le dortoir n'avaient pas été insupportables. Snape savait d'expérience que s'il avait ignoré la paire, ils auraient cessé de l'ennuyer. C'était son propre sarcasme qui avait envenimé la situation au-delà du raisonnable. Et maintenant, son destin était remis entre les mains d'une autre personne à qui il avait précédemment fermé le clapet.
Il était persuadé que Potter allait dire non. Quelle personne saine d'esprit dirait oui ? Si leurs positions avaient été inversées, il ne l'aurait certainement pas fait.
Il ne comprenait pas pourquoi la femme, Hermione, avait pu suggérer qu'il reste ici par dessus tout. Son instinct lui disait qu'elle ne l'aimait pas beaucoup plus que son mari, et pourtant, c'est elle qui avait mis le problème sur le tapis. Ça n'avait aucun sens.
Il savait ce qu'il était. Ses grands-parents lui faisaient savoir une douzaine de fois par jour quel fardeau leur unique petit fils Sang-de-Bourbe représentait pour eux. Il savait que ça aurait été mieux pour tout le monde s'il n'avait jamais vu le jour, mais il était là, et chacun devait tirer le meilleur de cette situation, par égard pour l'honneur de la famille.
Hier, il avait bien été conscient de cet honneur familial et s'était conduit d'une façon que ses grands-parents auraient approuvée, mais aujourd'hui...
Il avait vu la date sur la Gazette du Sorcier qu'un des idiots de Gryffondor possédait à l'étage. Si tout ceci n'était pas une quelconque arnaque élaborée -- et il commençait à suspecter de plus en plus que ça ne l'était pas -- alors ses grands-parents devaient être depuis longtemps morts et enterrés. Il supposait qu'il aurait dû ressentir quelques remords à cette idée, mais sa réaction fut plus proche du soulagement.
Mais soulagement ou non, ça le laissait échoué ici parmi ces étrangers qui avaient encore moins de raisons de l'apprécier que ses grands-parents. Il souhaitait...
Bon, ses souhaits étaient hors de propos, comme ils l'avaient toujours été. Son destin était dans les mains de ce garçon squelettique qui avait une cicatrice causée par un sortilège sur son front. Severus était suffisamment au courant de la façon dont le monde fonctionnait pour savoir qu'il allait devoir plier ses affaires aussitôt que cet idiot aurait trouvé le courage d'exprimer ses préférences.
Il supposait que l'infirmerie n'était pas une si mauvaise place pour passer le temps qu'il resterait coincé ici.
« Je ne veux pas qu'il aille à l'infirmerie », entendit-il dire Potter très distinctement de l'autre côté de la porte.
« Quoi ! », s'étrangla le grand homme roux. Il avait l'air d'un idiot sans cervelle lorsqu'il employait ce ton.
« Tu es sûr, Harry ? », vérifia Hermione. « C'est une petite chambre. »
« C'est plus grand que mon placard à la maison », répondit le petit Potter.
Encore cette histoire de placard ! Severus n'avait aucune idée de ce que Potter pouvait bien déblatérer, tout ce qu'il savait c'était que l'autre garçon ne l'avait pas condamné à l'infirmerie.
Il ne semblait plus du tout capable de tenir debout sur ses jambes. Sans savoir ce qui n'allait pas, Severus tituba jusqu'au lit et se percha délicatement sur son extrémité, à côté du jeu de Bataille Explosive.
Si Potter avait été plus âgé ou un peu plus comme lui, Snape l'aurait suspecté d'entretenir des arrière-pensées en prenant cette décision. Dans le cas présent, il avait l'esprit complètement embrouillé. Sa présence allait être uniquement une gêne pour Potter. Pour quelle raison l'autre garçon avait-il bien voulu qu'il reste ?
Ce n'était pas comme si lui et Potter étaient amis ou qu'il y ait une infime possibilité qu'ils le deviennent. Ses camarades ne l'aimaient jamais. Il parlait trop comme un adulte pour que les enfants de son âge le comprennent. Normalement, il ne pouvait pas rester plus de dix minutes en compagnie de ses pairs avant de devenir l'objet de moqueries. Et puis, il aurait finalement recours à sa baguette et serait puni, d'une façon ou d'une autre, par ses grands-parents si ce n'était pas par ses professeurs.
Personne ne s'infligeait sa compagnie de son plein gré s'ils avaient la possibilité de l'éviter. Le fait est que Potter avait accepté de son propre chef de passer du temps avec lui, et cela avait ébranlé les fondations sur lesquelles l'univers de Severus était basé.
La porte s'ouvrit, et il se reprit rapidement, gardant les traits de son visage dans leur impassibilité habituelle.
Hermione et Harry entrèrent dans la chambre, avec l'homme roux arborant une attitude confuse dans leur sillage. Severus pouvait tout à fait le comprendre.
Pratiquement effrayé, Snape leva les yeux vers la femme. Elle n'était pas vraiment ce qu'on pouvait qualifier de belle, avec ses cheveux frisés et ses strictes robes grises, mais il y avait néanmoins une certaine gentillesse affichée sur son visage et ses yeux lui donnaient un air encore plus charmant que sa deuxième cousine, Lydia Malfoy, et il n'y avait pas un seul sorcier au Sang Pur qui ne se serait pas damné pour faire la cour à Lydia.
Hermione lui sourit, d'une façon vraiment sincère.
« Severus, si tu es d'accord, Ron et moi-même allons déplacer ton lit ici. Tu partageras la chambre d'amis avec Harry. C'est d'accord ? »
L'espace d'un instant, il fut tenté de dire non, simplement pour voir quelles seraient leurs réactions, mais il n'allait pas prendre la situation à la rigolade. Il n'avait jamais eu un seul instant dans sa vie, lorsqu'il était dans une mauvaise situation, où quelqu'un ne saisisse pas l'occasion de le déshonorer alors qu'il en avait la possibilité. Il allait en profiter pour le temps que ça durerait. Donc il fit un signe de tête hésitant, et regarda son sourire s'agrandir.
« Très bien dans ce cas. Nous allons vous laisser tous les deux seuls pendant quelques instants, le temps que nous allions récupérer le lit », dit Hermione.
Ron se tourna dos à la porte et l'immobilisa d'un regard acéré, « Harry ne connait rien à la magie. Si tu le blesses, tu auras à faire à moi. Compris ? »
Severus comprit la menace clairement et lui fit un autre signe de tête. La haine pure, il pouvait la comprendre. Cette autre chose le rendait nerveux.
« Ron ! », cria Hermione. « Ne l'effraie pas. »
« Tu plaisantes ! Regarde-le ! Rien n'effraye les gosses comme lui ! »
Ron fit un geste dédaigneux de la tête et sortit en trombe de la pièce.
Hermione avait l'air de vouloir dire quelque chose, mais suivit rapidement le chemin pris par son mari.
Snape jeta un coup d'œil à travers la porte entrouverte en direction de Harry, qui était debout à l'intérieur de la pièce avec l'air de ne pas savoir quoi dire.
« Pourquoi tu m'as laissé rester ? », demanda Severus aussitôt qu'ils furent seuls.
Potter s'approcha pour ramasser ses cartes de Bataille Explosive là où il les avait laissées au pied du lit. Il semblait tout aussi mal à l'aise que Snape.
« Je n'aurais pas voulu rester à l'infirmerie. »
Harry haussa les épaules.
« Mais pourquoi tu te soucierais de ce qui peut bien m'arriver ? »
Potter haussa les épaules une fois de plus d'un air malheureux, ayant l'air de ne pas vraiment savoir pourquoi.
Snape observa ces traits de porcelaine, cherchant quelques traces d'un quelconque stratagème. Potter n'avait pas l'air suffisamment futé pour cacher quelque chose. Tout ce que Snape pouvait voir sur le visage du garçon plus petit que lui était de la prudence.
Envers lui, envers son langage, réalisa-t-il. En temps normal, Severus aurait poursuivi sa recherche jusqu'à ce que son adversaire soit une épave chevrotante, mais Potter avait prouvé qu'il n'était pas son ennemi. Severus remarqua de manière peu confortable que c'était la première fois qu'il passait autant de temps en compagnie d'un autre garçon sans être insulté ou taquiné. Il savait comment gérer ces situations de confrontation, mais il ne savait pas que faire de ce Potter. Alors il laissa tomber et le regarda battre les cartes.
« Potter ? »
Cela titilla tout de suite l'attention du garçon.
« Appelle-moi Harry. Les gens ne m'appellent Potter que lorsqu'ils sont fâchés contre moi. »
« Harry, alors. »
« Oui ? »
« Lorsque tu parlais aux Weasley il y a quelques instants, qu'est-ce que tu voulais dire au sujet du placard ? »
« Ma tante et mon oncle ne voulaient pas vraiment que je vive avec eux après que mes parents soient morts dans l'accident de voiture, alors ils... ils m'ont fait... ils m'enfermaient dans un placard pour la nuit. »
Potter baissa résolument les yeux sur ses cartes.
Quelque chose à l'intérieur de Severus sembla se glacer. Aussi loin qu'il puisse se souvenir, ses grands-parents l'avaient toujours détesté, mais là encore, ils ne l'avaient pas fait dormir dans un placard. C'était... incompréhensible. Ce qu'il ne pouvait pas comprendre c'était comment Potter pouvait être aussi agréable envers tout le monde.
Il le regarda s'asseoir sur le sol et s'amuser à jouer avec les cartes de Bataille Explosive, semblant se désintéresser totalement de Severus.
Quelques minutes plus tard, les Weasley revinrent, le lit lévitant devant eux.
Potter se mit rapidement debout, ses cartes tombant un peu partout alors qu'il admirait le lit flottant.
« Waou ! C'est impressionnant ! »
Les Weasley récompensèrent tous les deux le comportement insipide de Potter par un sourire.
Hermione fit léviter les meubles présents dans la pièce afin de faire de la place pour le nouvel arrivant tandis que Ron manœuvrait le lit pour le mettre à sa place.
En temps normal, Severus les aurait laissés simplement se débrouiller seuls, mais vu qu'ils faisaient tout ça pour lui, il ne voulait pas être considéré aussi inutile que Potter, quasiment un vrai moldu, et Severus demanda, « Est-ce que je peux aider ? »
Ron le fixa, comme s'il le suspectait de planifier sa mort, mais Hermione lui lança un regard évaluateur avant de demander, « Peux-tu léviter la table de chevet et la placer entre les lits ? »
« Hermy, les garçons de sept ans ne sont pas supposés -- »
Les mots de Ron moururent sur ses lèvres lorsque Severus sortit sa baguette et manœuvra avec dextérité la petite table là où on lui avait demandé.
« Merci, Severus », dit Hermione tout en guidant l'autre lit contre le mur le plus éloigné du bout de sa baguette.
Snape lança un regard triomphant en direction de Potter, avec l'intention de faire son intéressant. Mais l'autre garçon ne semblait pas envieux de ses capacités. Au contraire, Potter semblait aussi impressionné par la dextérité de Snape que par celle des Weasley.
« C'est génial ! », s'exclama Harry. « Est-ce que je serai capable de faire ça un jour ? »
« Oui », répondit Ron, alors qu'il finissait de mettre en place le lit supplémentaire. « Tu te sens d'attaque pour le jeu à présent ? »
« C'est clair ! », cria Harry tout excité avant de courir à la suite de Ron hors de la pièce.
Hermione ajusta la couette sur le lit de Snape fraichement installé. Il remarqua qu'elle avait amené les livres que le professeur McGonagall lui avait donnés à lire. Ils flottaient dans les airs tout près de la porte. Il la regarda les léviter sur la table de chevet. Lorsqu'elle se redressa après avoir ajusté les couvertures, elle dit, « J'ai quelques livres moldus qui pourraient t'intéresser je pense, Severus, si tu veux y jeter un œil ? »
« Des livres moldus ? »
Il n'en n'avait jamais vu. En fait, d'après ce que ses grands-parents avaient dit au sujet des moldus, il n'était même pas certain qu'ils étaient suffisamment doués pour pouvoir lire.
« Oui. J'ai plutôt une grande collection. »
« Euh... Professeur Weasley ? »
Il se sentait bizarre de l'appeler ainsi. Harry l'appelait Hermione, mais l'adulte était l'amie de Harry. L'attitude de son mari envers lui montrait que peu importe ce que Snape était pour eux, il n'était pas un ami.
« Je ne suis pas vraiment ton professeur, Severus. Tu ne préférerais pas m'appeler Hermione comme Harry ? », elle avait l'air presque enthousiaste à l'idée.
« Très bien », accepta-t-il, déglutissant avec peine.
Il était effrayé, et il ne savait pas pourquoi. Quelque chose dans ses yeux le rendait très vulnérable lorsqu'elle le regardait. Il se demanda si elle avait jeté un quelconque sortilège sur lui. Mais il n'y avait rien de calculateur ou de mauvais dans ses yeux bruns. Plutôt l'inverse, en réalité.
« Est-ce que tu voulais me poser une question ? », lui rappela-t-elle.
« Oui. Est-ce que Potter a été élevé par des moldus ? »
« Oui. Ses parents étaient tous les deux des sorciers, mais lorsqu'ils sont morts, il est allé vivre avec la famille moldue du côté de sa mère. » Un peu de douceur quitta ses yeux. « Est-ce que c'est un problème pour toi ? »
« Quoi ? »
« Je connais quelques vieilles familles sorcières qui désapprouvent de côtoyer des sorciers qui ne sont pas ce qu'ils appellent des Sangs Purs », dit-elle.
Severus sentit ses joues rougir de honte en entendant ces mots haïs sortir de sa bouche. Son estomac se crispa sous la panique, rien qu'en pensant qu'elle connaissait son secret, mais il réalisa tout à coup qu'ils parlaient de Potter, pas de lui. Elle était juste inquiète pour le bien être de Harry.
Malgré sa bouche sèche, il essaya de déglutir avant de dire, « Peu importe s'il a été élevé par des moldus. Je... ça ne posera pas de problème. »
A sa surprise, Hermione eut l'air déstabilisée par sa réponse. Les mots qu'elle prononça ensuite allaient le choquer pratiquement de la même façon que la décision de Potter qui l'autorisait à rester.
« Je suis désolée, Severus. C'était mal de ma part d'émettre ce genre de suppositions sur toi », dit doucement Hermione.
« Ce n'était pas faux. Je ne suis simplement pas très bon dans mon rôle de Sang Pur. »
« Qu'est-ce que... ? »
Il ne voulait plus en parler.
« Si c'est toujours d'accord, est-ce que ça serait possible de jeter un œil à ces livres moldus à présent ? »
« D'accord », dit Hermione, laissant tomber ce sujet, même s'il pouvait voir la curiosité danser dans ses yeux.
Étonné qu'elle ne l'ait pas harcelé pour savoir la vérité, il la suivit dans le salon.
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à suivre …
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