Titre : Barrières
Disclamer : Rien est à moi ( hélas … )
Avertissement : contient des scènes de tortures et des relations sexuelles
Paring : Kirk/Spock, Sulu/Chekov
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Chapitre 9
Kirk avançait rapidement dans les couloirs du vaisseau. De temps à autre, il croisait des Romuliens, il reculait alors discrètement et se tapissait dans l'ombre jusqu'à ce que ceux ci passent leur chemin. Jamais il n'avait été aussi proche de Spock. Par chance, on lui avait confié un détecteur de chaleur particulièrement minutieux, et les Vulcains, bien que très semblables aux Romuliens, était facilement différenciable avec un tel appareil. Il eu tout de même une pensée pour Sulu en se demandant si il allait bien, et si Mccoy avait réussit à le soigner.
Il arriva devant la porte de ce qui semblait être un petit local. Le signal était de plus en plus fort. Le coeur battant, il poussa la poignée et pénétra dans la pièce, prenant soin de refermer la porte derrière lui.
Il faisait presque totalement noir. La pièce n'était éclairée que par la lumière issue d'une baie vitrée. Kirk avait l'impression que ses jambes étaient de plomb. Il savait. Il savait ce qu'il y avait derrière cette baie vitrée, mais allait-il seulement oser regarder, oser dévisager de près Spock, constater l'état déplorable dans lequel il se trouvait, sans en ressentir une culpabilité immense ?
Comme il regrettait de n'en avoir pas plus fait pour le retenir. Si il avait seulement su le sort qu'ils lui avaient réservé …
A présent, il était en nage. Passant une main sur son front pour chasser la sueur, il se décida à avancer. Lentement, il arriva dans un angle qui lui permit de voir derrière la vitre.
Spock était là, vêtu d'une tunique Romulanaise. Maigre, malade, blessé, mais vivant. Assis à cette table, le regard vide. Les marques des tortures qu'on lui avait fait endurée étaient impressionnantes, mais il regardait l'engin de torture avec un tel calme qu'il ne pouvait avoir perdu ses barrières mentales.
Comme si il lui avait soudainement poussé des ailes, Kirk se jeta sur le bouton de communication en criant de joie.
- Spock !
Le concerné se tourna vers la vitre, un lueur surprise dans le fond du regard, mais l'air toujours aussi statique, égal à lui même, malgré la situation dans laquelle il se trouvait.
- Capitaine ?
Le son de sa voix sonnait comme un appel au secours. Spock, qui avait cru que tout son monde venait de sombrer dans un parfait néant, se retrouva face à la plus belle forme d'espoir qui ne lui ai jamais été offerte. Il n'avait plus qu'une envie, se jeter sur la porte et retrouver Kirk. Mais ses jambes étaient toujours brisés, il ne pouvait même pas se lever.
Jim cru qu'il allait pleurer de joie. Il était à deux doigts d'éclater de rire, ne sachant si c'était approprié ou non. Spock avait vécu une multitude d'expériences traumatisantes et son bonheur aurait pu être mal interprété. Il regardait son ami, de l'autre côté de la baie vitré en ne sachant que lui répondre. Il répétait inlassablement son nom comme pour confirmer qu'il s'agissait bien de lui.
Spock ne pouvait pas le voir. La vitre était fumée. Un bref instant, il se demanda si ce n'était pas un autre piège des Romuliens pour mieux le forcer à baisser sa garde, ou lui faire comprendre qu'il ne reverrait jamais le capitaine Kirk. Peut-être était-ce une nouvelle façon de le torturer. Après tout, les pires traitements qu'il avait jusqu'alors reçut lui était venu de son esprit en doute. Il valait peut-être mieux ne pas porter trop d'espoir sur la possibilité que son capitaine soit bel et bien là en chair et en os.
Kirk, tant il rayonnait de bonheur, n'était même plus capable de parler. Il se contentait de rire en se passant la main dans les cheveux pour chasser ses anciennes sueurs froides. Enfin ! Enfin il avait retrouvé Spock. Il l'avait sauvé. Il allait le ramener sur l'Enterprise et plus jamais on entendrait parler de torture ou de Romuliens. Il regarda à droite à gauche, cherchant du regard une porte qui donnerait accès sur la pièce intérieure. Lorsqu'il la vit, il courut et l'enfonça littéralement, sans même toucher au loquet. Entrant dans cette pièce lumineuse, il savoura le soulagement et l'allégresse pure que son premier officier dissimulait au fond de son regard, et qu'au bout de tant d'année, il avait apprit à reconnaître.
Spock cru que son coeur allait exploser lorsqu'il vit le capitaine Kirk entrer dans la salle en courant. Il n'y avait pas assez de mots pour décrire ce qu'il ressentait. Pour la première fois de sa vie, il comprit ce que signifiait réellement " être vivant ". Jamais il n'avait été dans un tel état, brimé, seul, torturé, humilié … et pourtant, il sentait en lui brûler un brasier ardent, une flamme qui le consommait totalement et qui lui donnait envie plus que jamais de continuer.
Kirk se jeta à ses pieds et Spock voulu en faire de même, mais ses jambes ne le supportèrent pas un instant et il s'effondra sur son capitaine. Jim riait toujours, il riait à s'en décrocher la mâchoire et serra de toute ses forces son officier dans ses bras, ne maîtrisant même plus ses émotions. Il n'arrivait pas à expliquer pourquoi il se sentait si heureux, malgré tout ce que son ami avait enduré. Peut-être était-ce simplement l'angoisse qui l'avait rongé pendant toute cette attente qui s'évacuait de cette façon. Il était seul avait le Vulcain, oubliant même qu'il se trouvait sur un vaisseau ennemi dans une zone non sécurisée, il décida que la prudence et la non implication n'avait pas à avoir lieu dans cette situation.
Spock avait presque honte de se l'avouer à lui même, mais il se sentait bien dans les bras du capitaine. Il se laissa totalement reposer, comme une poupée de chiffon. Il était trop fatigué pour réfléchir, il ne voulait plus avoir à prendre de décision et il décida de s'en remettre au capitaine. Il attendait que son fou rire se termine, ce demanda ce qui allait suivre. Il avait la tête plongée dans son tee-shirt et respirait l'odeur du désinfectant que l'on utilisait pour nettoyer les vêtements de l'Enterprise.
Kirk se calma progressivement. La joie laissa place au soulagement et il frotta amicalement le dos de Spock avec sa main.
- Tout va bien ? Murmura t-il délicatement à ses oreilles.
- C'est une question assez illogique. Remarqua Spock.
Kirk sourit.
- Je voudrais juste savoir si … si vous pensez vous en remettre un jour.
- Selon toute vraisemblance logique je dirais qu'en tant que Vulcain et être humain - comme vous aimez tant me le rappeler - mes blessures ne laisserons aucune séquelles physique.
- Ce n'est pas de votre état physique dont je m'inquiétais.
Spock s'extirpa de l'emprise du capitaine et le regarda, de son regard inexpressif comme il en avait tant l'habitude. Il semblait parfaitement normal et Kirk se sentit si léger qu'il aurait juré pouvoir s'envoler.
Malgré tout, ce n'était pas un non absolu.
- Jim … Soupira Spock.
Il était quelque peu honteux de l'avoir appelé par son prénom. Ce n'était pas digne d'un sous officier. Il avait cependant ressentit l'appeler de cette façon, comme pour s'assurer qu'il comptait suffisamment à ses yeux pour lui permettre de le laisser l'appeler par son surnom. Kirk aborda un sourire éclatant lorsqu'il l'entendit. Il ne l'avait encore jamais appelé de cette façon lorsqu'il n'était pas sous le coup d'un grand choc émotionnel.
A bien y réfléchir, ce n'était pas forcément bien rassurant.
- Pourriez-vous … appeler Scotty ?
Kirk eu un mal fou à ne pas laisser transparaître son étonnement. Spock avait dit à sa façon et de la manière la plus implicite qui soit " je veux rentrer à la maison ". C'était excessivement inattendu de sa part, mais parfaitement compréhensible. A regret, il lâcha les épaules de Spock et sortit son communicateur.
- Scotty.
- Capitaine ! On se fait du soucis ! S'exclama l'ingénieur en chef dont le cris de joie résonna dans toute la pièce depuis le communicateur. Comment allez vous ?
- Je me porte bien, et je suis en compagnie d'une vieille connaissance. Quelqu'un que vous avez connu sous le nom de Spock, si cela vous dit quelque chose … Déclara Kirk, très détendu.
- Spock ? Il va bien ? S'inquiéta l'Irlandais.
- Il n'a rien qui ne saura guérir avec le temps.
- Vous m'en voyez rassuré. Pourriez vous me le passer chef ? Demanda t-il d'un ton excessivement poli qui ne lui ressemblait guère.
- Monsieur Scott veux vous parler.
Hésitant, Spock prit l'appareil à deux mains. Kirk en profita pour jeter un bref coup d'oeil à celles ci. L'un était couverte de coupure et de pustules. Certains plaies s'étaient même infectés et devaient être terriblement douloureuses. Sur l'autre main, il n'avait plus un ongle et le sang coulait le long de ses doigts avec grâce. Ses airs placides ne laissaient pas deviner qu'il souffrait, mais Jim pouvait aisément deviner à quel point c'était douloureux.
- Mr Scott ?
- Ah ! Monsieur Spock ! Vous avez la voix qui tremblote. Qu'est-ce qu'ils vous ont fait ces saloperies de Romuliens.
- Monsieur Scott …
- Je ne vois pas une autre façon de les appeler ces barbares. Si je les avais devant moi laissez moi vous dire que je les étriperais tous à main nue.
- Il est illogique d'exprimer de tel désir de vengeance et impossible d'étrangler toute une civilisation. En admettant que vous viviez assez vieux pour y parvenir il faudrait prendre en compte …
Scotty éclata de rire, tout comme Kirk, coupant Spock dans ses explications.
- C'est pas vrai, il n'a pas changé d'un pouce ! Je suis heureux de vous entendre Spock, mais pourriez vous me passer le capitaine ?
Docile, le vulcain rendit le communicateur à Jim.
- C'est à nouveau moi Scotty. Vous pourriez nous téléporter ?
- Dans une minute ce sera bon.
Et comme toujours avec Scotty, ignorant si il avait des problèmes pour se repérer dans le temps ou si il ne donnait des délais plus long pour impressionner le capitaine, ils furent téléporté au vaisseau dans la seconde qui suivit.
La salle de téléportation était tellement peuplée qu'on ne pouvait s'y déplacer sans bousculer quelqu'un. Jim aurait juré que la moitié de l'équipage s'y trouvait. Les yeux écarquillés et les lèvres crispés, il semblait attendre le verdict. Kirk et Spock était toujours à genoux sur le sol, détaillant rapidement la situation et cherchant une explication.
A peine eurent-ils le temps de réaliser que les deux hommes se trouvaient bien là, sain et sauf, la salle devient un capharnaüm tout simplement inimaginable. Tous posaient des questions ou s'exclamait de voir le premier officier du vaisseau encore en vie. Ils semblaient tous aussi heureux que Jim d'avoir retrouvé Spock.
- Bon bon ! Je vous donnerais les détails plus tard en attendant tout le monde à son poste. Ordonna t-il incapable de les réprimander pour leur manque de professionnalisme.
Obéissant à regret aux directive du capitaine, la salle se vida progressivement pour le plus grand soulagement de Spock dont les oreilles étaient sensibles au bruit. Il ne restait plus que Scotty qui surveillait un lit, chargé de transporter Spock jusqu'à l'infirmerie.
- Par ordre de Mccoy. Expliqua l'irlandais. Je ne voudrais pas vous effrayer monsieur Spock mais le docteur est de bien méchante humeur.
Mieux vaut venir avec lui pour m'assurer qu'il ne le vivisèque pas. Songea Kirk avec amusement.
- Vulcain attardé ! S'écria Mccoy en les voyant arriver dans son infirmerie.
- Mccoy, enfin ! S'indigna Kirk.
- Vous m'avez collé la plus belle frousse de ma vie ! Saviez vous seulement qu'ont a galopé après vous depuis la zone neutre jusqu'à ce coin paumé de l'univers derrière les frontières ennemies ?
- Docteur, je … tenta Spock.
- Je ne veux rien savoir vous allez encore me saper mon moral. Mais même je suis bigrement content de savoir que toute cette histoire est finie je ne serais rassuré que lorsque nous serons de retour dans la zone de la Fédération. Allez, installez-vous là que je puisse vous examiner.
Les deux humains l'aidèrent à s'allonger sur un lit fixe et Mccoy chassa Jim un peu plus loin pour commencer son osculation calmement.
Kirk se plaça de l'autre côté d'un mur de l'infirmerie et attendit. Chapel était face au bureau et rangeait diverses fioles pour le laboratoire d'analyse. Jim se souvint alors que Spock n'était plus la seule victime de ce drame.
- Infirmière ! Appela t-il.
La jeune femme s'approcha, quelque peu surprise d'être sollicité par le capitaine.
- Un problème monsieur ?
- Comment va monsieur Sulu ? Je n'ai pas eu de nouvelle lorsque je suis rentré sur l'Enterprise.
L'inquiétude dans la voix du capitaine réchauffa le coeur de la jeune femme. Jamais encore elle n'avait pu réellement constater à quel point il était inquiet et proche de son équipage, et non pas seulement de Spock et Mccoy. Elle montra du doigt une salle isolée.
- Il est là bas avec Mr Chekov. Il est hors de danger pour l'instant.
- Chekov est ici ?
- Oui. Il n'était pas en état de reprendre le service aussi bien physiquement que psychologiquement. Et je vous rappelle qu'il a été blessé lui aussi.
Kirk hocha la tête et se dirigea vers le lieu dit, prenant soin de refermer la porte derrière lui. Sulu était allongé sous les couvertures au fond de la pièce et semblait dormir paisiblement. Chekov était assis sur son lit et lisait en attendant que le temps passe. Lorsqu'il vit entrer le capitaine, il se redressa non sans grimacer en sentant sa blessure le relancer.
- Repos Chekov. Comment va Mr Sulu ?
- Il dort comme un bienheureux ! S'exclama le jeune russe. Jamais on ne croirait qu'il vient d'être transpercé par une balle en acier !
- Je suppose qu'il a besoin de se récupérer.
L'officier de navigation eu soudain souvenir de leur mission primaire et se redressa à nouveau, la respiration accélérée.
- Capitaine ! Monsieur Spock …
- Il va bien. Mccoy l'examine en ce moment même.
Chekov poussa un soupir de soulagement et se laissa retomber sur sa couchette.
- C'est enfin fini, alors …
- Pas tout à fait.
Sulu semblait s'être réveillé et tenta de se redresser, mais la douleur le cloua littéralement sur son lit. Kirk et Chekov se levèrent pour l'aider à s'asseoir malgré ses protestations.
- Nous vous avons réveillé ? Demanda Kirk.
- Non, je n'arrivais pas vraiment à dormir, et c'est loin d'être fini.
- Pourquoi cela ? S'étonna Chekov.
- Vous avez oublié ? Spock ne pouvait se téléporter seul sans activer une manette, qui était désactivée après son passage. Ce qui veut dire que quelqu'un la envoyé sur le vaisseau Romulien et que nous avons un traître à bord.
Jim passa sa main dans ses cheveux. Il avait totalement oublié ce détail.
- Il est probablement loin à l'heure qu'il est. C'était sans doute un Romulien qui s'est téléporté juste après avec lui dans le vaisseau.
- Si il l'avait fait, la manette aurait été activé. Il est toujours dans le vaisseau.
- Que fait-on capitaine ? Demanda Chekov.
- Maintenant que Spock est ici, je le pensais en sécurité, mais la théorie de Sulu est plus que plausible et si c'est vrai, notre ami est toujours en danger. Il va falloir le surveiller étroitement.
- Pour ce qui est de la taupe, devons nous prévenir la sécurité pour lancer des recherches ?
- Non. Laissons le croire qu'il a gagné. Si il se doute de quelque chose il sera plus difficile à retrouver. Ne parlez de cela à personne. Reposez vous, et si vous tenez vraiment à nous aider, consultez les archives des tours de gardes pour savoir qui se trouvait dans la salle du téléporteur de jour J. Il faut que je mette au courant le docteur Mccoy et Mr Spock.
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Je suis assez fière de moi et ce ne fut pas trop long. On entre dans la seconde partie de la fanfic. Maintenant, il faut chercher la vérité pour connaître le fin fond de cette histoire ( et consoler Spock n'est-ce pas Jim ? ).
bisous aux reviewers.
