Bonjour, bonsoir à tous et à toutes ! Je suis de retour, pour vous jouer un mauvais tour !… Hum Hum, j'espère que vous avez passé de superbes vacances (bien qu'elles ne soient pas encore finies), en tout cas moi ça a été génial ! Pour ce chapitre je tiens à préciser que j'ai eu beaucoup de mal à trouver des idées tout au long de l'écriture, mais finalement j'ai tout fini à l'heure et j'en suis plutôt heureuse. Bref je vous souhaite une belle fête d'Halloween et une très bonne lecture ! Bye !
Chapitre 9
J'ai froid…
Je sens autour de moi une douce odeur de gâteau qui vient tendrement caresser mes narines alors que j'émerge d'un sommeil profond. J'aperçois alors un grand vase garnit de nombreuses fleures de toutes les couleurs sur une table basse en bois. Je me retourne et sens contre moi une couverture rouge qui devait certainement s'être séparée de moi alors que je bougeais dans mon sommeil.
Je baille, bouche grande ouverte avant de placer une main devant celle-ci et de m'étirer péniblement. Je me redresse sur le canapé où j'étais couché, je balaye lentement la pièce. Les murs étaient tapissés de briques rouges ainsi que de grosses poutres en bois, une grande cheminée se trouvait à gauche du canapé tandis qu'à droite il y avait une petite télévision relativement vieille. Je reconnu très rapidement l'origine de cette maison à son style rustique : c'était celle de mes parents, celle où j'avais grandi.
Lorsque je me rendis compte de l'endroit où j'étais j'en conclu que j'étais en train de rêver. L'odeur de gâteau émanait de la cuisine, juste en face de moi. Au beau milieu de la pièce se tenait une personne, une femme aux cheveux noirs qui préparait quelque chose au niveau du plan de travail. Cette femme n'était autre que ma mère, Carla Jaëger.
Je me levais du canapé et me dirigeais vers elle, un poids sur le cœur, la gorge serrée. Lorsqu'elle me remarqua elle se retourna, tout en m'affichant son plus beau sourire elle me demanda alors :
« Bien dormi mon ange ? »
Entendre le son de sa voix me déchira en deux, j'affichai toujours cette mine désolée, triste.
- « Oui maman… » lui répondis-je avec une voix tremblante.
Cela faisait cinq ans que je n'avais pas entendu le son de sa voix. Déjà cinq ans qu'elle avait quitté ce monde, qu'elle était morte.
Je me mis à trembler, pleurant en silence à mesure que le décors autour de moi disparaissait. Je tombai à terre, toutes les larmes de mon corps coulaient à travers mes yeux émeraudes, avec la même intensité que lorsque l'on m'avait annoncé sa mort. Le souvenir de cet événement funeste me revint à l'esprit, je m'en souvenais comme si c'était hier…
C'était lors d'une douce journée de printemps, les arbres étaient verts, l'air chaud et un vent léger soufflait à travers la petite ville de Shiganshina, mon lieu de naissance. J'avais passé toute ma journée aux côtés d'Armin et de Mikasa, il se faisait tard et ma sœur et moi décidions donc de rentrer chez nous. Lorsque j'ouvris la porte d'entrée j'appelai ma mère qui ne me répondis pas. Je passai le couloir de l'entrée et c'est là que je l'aperçu couchée à terre, le souffle court. Je n'eus pas le temps d'analyser la situation que je courais déjà la rejoindre. Je hurlai de toutes mes forces son nom, priant pour qu'elle me réponde tout en agitant péniblement son corps frêle. Elle se releva légèrement, plongeant son regard dans le mien, son visage blanc comme un linge alors que d'ordinaire elle arborait une peau joliment bronzée. Je lui demandai alors ce qui n'allait pas, si je pouvais faire quelque chose pour l'aider et… elle se contenta de me sourire. Ma mère posa alors sa main chaleureuse contre ma joue avant de m'adresser ces quelques mots : Vivez votre vie Eren, Mikasa, et sachez que votre maman sera toujours là, à vos côtés… Je vous aime mes enfants…
Puis, plus un bruit.
Ce fut ses dernières paroles, sa petite main vint alors rencontrer le sol, rendant son dernier soupir. Mikasa n'avait pas bougée, elle se trouvait à mes côtés, accroupie, les larmes aux yeux, s'accrochant à son gilet. Quant à moi je hurlai à tout rompre, l'appelant sans cesse, en espérant qu'elle me réponde… mais elle ne me répondit pas, plus jamais.
Je me réveillai en sursaut, haletant, la respiration saccadée et de nombreuses perles de sueur contre mon front. J'apportai ma main droite à mes yeux, je sentis alors que ceux-ci étaient humides, tout comme mes joues. J'avais pleuré dans mon sommeil. Je sentis autour de moi deux grands bras qui me serraient tendrement, ceux de Levi.
- « Oï, ça va gamin ? »
Je me retournai vers le noir de jais, paniqué. Je tentais alors de cacher mes sanglots en essuyant mes larmes au plus vite. La chambre de Levi était entièrement plongée dans le noir, il faisait pour sûr encore nuit. Ce simple fait me rassura un instant, il ne pouvait donc pas me voir pleurer. Le ténébreux rompit son étreinte, je le sentis alors se décaler vers l'extérieur du lit.
- « Je… je vais bien, t'inquiète… je… j'ai juste fait un cauchemars, rien de grave… »
Je ne sais absolument pas si je fus convaincant dans mes propos, ma voix tremblait très clairement. Cela ne sembla pas le perturber plus que nécessaire, il se contenta d'émettre un simple ''Umm'' en guise de réponse.
Une lumière aveuglante illumina soudain la pièce Levi venait d'allumer sa lampe de chevet. La sensation était désagréable, mes yeux encore humides se prenaient de plein fouet le rayon lumineux. Une fois de plus Levi resta totalement indifférent – en même temps je pense dès à présent compter ce qui le perturbe plutôt que ce qui le laisse impassible – et sortit du tiroir un paquet de cigarette ainsi qu'un briquet. Il me regarda un instant d'un air interrogateur, attendant sûrement mon accord pour fumer, ce que je fis en hochant la tête. Levi l'alluma alors, en prenant le soin de cracher sa fumée en direction de la fenêtre afin que je ne l'aspire pas. Il se retourna vers moi et me fit alors, d'une voix presque détachée :
« Et je peux savoir de quoi t'as rêvé ? »
- « Oh, serait-ce là une attention de ta part envers moi ? C'est si rare… » lui répondis-je sur un ton arrogant, ce qui masquait en vérité une réelle surprise.
- « Vu ton état tu ne risques pas de t'endormir dans les minutes qui suivent, et vu que je suis bien parti pour fumer un bon coup on a largement le temps d'en discuter. À moins que tu ne veuilles t'entretenir avec le mur ? »
Je soupirai, son comportant me fatiguai, et le mien aussi d'ailleurs. Pourquoi étais-je tout simplement incapable de garder mon calme lorsque je me sentais mal ? Pourquoi est-ce que je ne pouvais tout simplement pas répondre normalement comme le reste du monde au lieu de monter directement sur mes grands chevaux ?
Technique d'auto défense sans doute…
- « Je… j'ai rêvé de mon village natale, de la maison où j'ai grandi… et de ma mère. Tout était comme dans mes souvenirs et ma mère était là, dans la cuisine à faire à manger. Elle était encore vivante… ce qui n'est plus le cas aujourd'hui, elle est morte il y a cinq ans. Je… je me suis remémorer ce moment où j'étais à ces côtés, où elle gisait à terre et qu'elle ne bougeait plus. J'ai entendu une nouvelle fois ses dernières paroles et… je l'ai vu mourir, pour la cinquième fois… Je me suis senti si… si impuissant, j'aurai voulu lui venir en aide, j'aurai voulu la soigner afin qu'elle soit encore à mes côtés aujourd'hui mais… elle… elle… »
Le timbre de ma voix était devenu hésitant à mesure que je lui décrivais mon rêve, la plaie était encore fragile et la simple évocation de cet événement me faisait encore beaucoup de mal. La perte de ma mère avait été un point culminant dans ma vie, et pas en bien. Depuis ce jour je ne cessais de penser à elle, à son amour qu'elle avait pour moi et pour les livres. Cet amour pour la lecture elle me l'a transmit, aussi à chaque fois que je lis, je pense à elle et à tout ce qu'elle a fait pour moi.
J'ai vraiment eu la meilleure mère du monde…
Levi n'avais pas réagit alors que je faisais mon monologue, il se contenta de fixer le plafond tout en écoutant ce que je disais. Il devait certainement me prendre pour un gamin incapable de se contenir quant à ses sentiments, ce que je suis. Cependant il ne me fit aucune remarque désobligeante lorsque j'eus fini de parler. Il était certes sarcastique de nature mais savait se taire lorsqu'il le fallait. Je lui tournai à présent le dos, songeant sans cesse à la mort de ma mère. Aucunes larmes ne coulaient à présent des mes joues, celles d'il y a quelques minutes s'étaient évaporées dans l'air; j'avais déjà fait mon deuil depuis un bon moment. Les circonstances de sa mort étaient encore inconnu, du moins les médecins n'en trouvèrent aucune. Suite à cela je suis tombé dans une certaine dépression, mêlé à une rage intense de vengeance… mais envers qui ? Sa mort n'était ni un meurtre, ni un accident, elle n'était pas non plus dû à l'âge – elle n'avait alors que trente-six ans –, il s'agissait donc très certainement d'une maladie jusqu'alors inconnue.
« Désolé, je suis vraiment qu'un gamin… » murmurai-je, le regard dans le vide.
Je sentis alors le regard de Levi sur moi, celui-ci jetait un coup d'œil dans ma direction, fixant ainsi mon dos. Il soupira avant que je ne l'entende toucher à son cendrier. Une main vint alors à la rencontre de mon crâne, se frottant allégrement contre ma tête. Si les caresses de Petra étaient d'une douceur incroyable alors que celle-ci n'avait fait qu'ébouriffer mes cheveux, celles de Levi n'étaient d'aucune douceur. Je grimaçai à ce contact, Levi n'avait certainement pas l'habitude de faire ce genre de choses, cette maladresse de sa part m'arrachai un rire discret. J'avais peur qu'il le prenne mal, mais honnêtement, le voir ainsi était à la fois à mourir de rire et attendrissant. Qui aurait cru que le grand Levi Ackerman pouvait être totalement démuni face à ce genre de situation ?
- « Fous toi encore de ma gueule gamin et je te broie la cervelle, compris ?! » s'exclama le ténébreux, resserrant petit à petit sa poigne sur ma tête.
Je me retournai vivement dans sa direction, c'est qu'il y songeait vraiment le bâtard ! Je plantai mon regard émeraude dans celui du noirâtre et sur un ton à la fois innocent et provocateur lui demanda :
« Alors comme ça on est susceptible… ? Le grand Levi Ackerman ressentirait-il de la gêne ? »
- « Tu sais gamin j'ai actuellement ta tête entre mes mains et accessoirement ta vie, je te conseille donc de fermer ta grande gueule… » me conseilla mon hôte, d'une voix monocorde.
- « C'est vrai qu'une vie de plus ou de moins sur ton palmarès ça doit pas changer grand-chose à ta vie. »
- « Non c'est vrai, mais ça me ferait quand même bien chier que tu meurs, gamin »
Je le regardai alors avec une lueur d'espoir, était-il en train d'avouer qu'il tenait à moi ?
« Rêve pas trop Jaëger, c'est par pur intérêt que je fais ça… »
Raté, Levi avait très clairement anticipé ma réaction et me rembarra royalement. Cependant je n'en avais pas fini avec lui, objectif de cette nuit : lui faire avouer qu'il tenait à moi !
Que les hostilités commencent !
- « Mon agression n'était donc qu'un prétexte pour éliminer ton toutou ? »
- « Disons que c'était la goutte d'eau qui m'a fait perdre patience… » me répondit-il
- « C'est vrai que le grand Levi Ackerman est connu pour sa grande patience ! » ironisai-je alors que, tout en m'adressant à lui, je tentais de repousser sa poigne de fer; en vain.
Le ténébreux me toisa alors du regard, l'air énervé, ou du moins c'est ce que son aura dégageait comme sentiment. Je déglutis, dire que je n'avais pas peur des représailles serait un peu trop présomptueux en ce qui me concerne, je ne suis pas connu pour ma grande bravoure… quoi que Jean faisait bien plus preuve de lâcheté que moi… Il faudrait d'ailleurs que je donne de mes nouvelles à mes amis, tient !
La voix rauque de Levi me tira alors à mes pensées :
- « Qui à ton avis à dû se taper une journée entière de cours avec l'autre connard de prof ' de Lettres anciennes, hein ? »
- « Rien ne t'obligeait à prendre mes cours tu sais… » chuchotai-je, comme si je n'étais pas sûr que l'impact de mes paroles sur son futur comportement soit très positif.
Levi me dévisagea un moment, d'un air calculateur, puis me fit sur un ton provocateur :
« Très bien, la prochaine fois je m'occuperai juste de t'accompagner jusqu'à la FAC et après tu te démerdes. Ça tombe bien tu commences les cours dans – le noirâtre scruta alors son horloge – trois heures !
J'affichai une mine de dégoût, très peu pour moi merci ! Je me mis alors à réfléchir quelques instants avant de répliquer.
- « Tu m'en dois encore une, je t'ai filé mes notes à deux reprises… »
Il soupira, probablement lassé de cette discussion qui ne menait à rien, ou du moins en ce qui le concerne. Moi en revanche j'avais encore une chose à lui faire avouer. Aussi décidai-je de continuer à provoquer mon irrésistible ténébreux, tôt ou tard j'aurai raison de lui.
« C'était vraiment que par intérêt que tu as fait ça ? Je veux dire, le fait que tu sois allé en cours, que tu m'aies obligé à rester dans ton appart' alors que tu allais éliminer Elrick… » L'on pouvait percevoir une certaine candeur à travers ma voix, jouer cette carte me permettrait peu être d'arriver à mes fins…
« Je sais ce que tu veux que je te réponde gamin, je suis pas un imbécile… »
Eh bah nan… Rien visiblement ne pouvait échapper au grand Levi, pas même un habile stratagème de ma part… pas si habile que ça finalement puisque selon ses propos n'importe quelle personne intelligente m'aurait percé à jour.
Ce fut à mon tour de soupirer, j'étais sur le point d'abandonner quand je sentis la main de Levi quitter mon crâne pour venir prendre mes poignets. Sans trop comprendre comment, il réussit à me basculer sur le côté à l'aide de ses jambes et il se retrouva alors au dessus de moi, scellant mes mains au dessus de ma tête. Le drap s'était soulevé suite à nos mouvements et se retrouvait à présent au dessus de nous, la lumière de la lampe n'avait plus la même intensité à travers les draps bordeaux. Je ne parvenais qu'à distinguer les traits du visage de Levi, proche du mien. Le fait que les draps nous recouvraient rendait la scène beaucoup plus… sensuelle. La proximité entre nos corps et la petite taille de ce cocon de coton rendit l'air bien plus chaud qu'auparavant.
Le souffle brûlant de Levi vint alors rencontrer mon visage, ce qui me fit perdre la tête, ça et ce qu'il s'apprêtait à dire.
« Je te l'ai déjà dit, non ? Tu m'intrigues Eren, et bien plus que tu ne le pense. Je crois que tu n'as même pas idée du nombre de choses que j'ai envie de te faire. Ton côté naïf et arrogant me donne sérieusement envie de te souiller… C'est ce que tu voulais m'entendre dire, n'est-ce pas ? »
Oh… putain…
Ce que Levi venait de me dire était horriblement… bandant. Je ne manquai absolument pas d'imagination et arrivais parfaitement bien à m'imaginer ce qu'il pouvait me faire… Levi en train de me prendre contre un mur, mes mains qui accrochaient follement ses cheveux, son souffle brûlant contre ma gorge et sa langue joueuse sur mon corps… Ces simples images me donnèrent horriblement chaud, je n'avais pas eu de rapport avec quelqu'un depuis un bon moment, et cela se faisait lentement ressentir. En règle général ce genre de pensées ne m'aurait pas mit dans cet état, mais là il ne s'agissait pas de n'importe qui mais de Levi et il était de loin la personne la plus séduisante au monde…
Je n'eus pas le temps de mettre mes idées au clair qu'il passa un doigt dans mon cou, sur une certaine marque. Je frissonnai à ce contact, la moindre parcelle de mon corps fondait sous ses caresses. Je ne savais plus de quand datait ce suçon mais la manière dont il m'avait marqué était gravé dans mon esprit. Je sentis alors ses dents se refermer avec lenteur sur ma peau, et dans un petit bruit de sucions il me marqua de nouveau. La trace devait s'être effacé.
La manière dont il me marquait à présent n'avait rien à voir avec la dernière fois, là il prenait tout son temps et insistait bien sur cette partie de mon corps… et il n'hésitait surtout pas à émettre de nombreux bruits plus que torride… Jouer avec moi devait être une activité fort plaisante, à chaque fois qu'il me touchait je réagissais au quart de tour, et bien évidement il n'allait pas jusqu'au bout, ça serait bien trop simple ! Ce qui l'excitait, lui, c'était de me faire languir de plaisir et je remplissais parfaitement mon rôle…
Il s'éloigna, laissant derrière lui une belle et grande marque rouge sur ma gorge. Un filet de bave liait encore ses lèvres à ma peau, vue qui était ô combien délicieuse.
Le regard vitreux, je lui demandai alors – bien que cela ressemblait plus à un supplice qu'autre chose – d'une voix tremblante de désir :
« Quand est-ce que tu vas arrêter de jouer avec moi, Levi ?… »
Il sourit malicieusement, visiblement fier de ma réaction. J'avais certes réussi à lui faire avouer que je représentais quelque chose à ses yeux, mais finalement c'était une fois de plus Levi qui avait le plus tiré la situation à son avantage, je lui étais totalement soumis. Peu m'importe qu'il se foute de moi, qu'il me prenne de haut, qu'il joue avec moi, pourvut qu'il me regarde toujours avec ses yeux argentés… Une telle soumission relevait presque du masochisme, et même si tel était le cas cela ne changeait rien à mon état d'esprit; Levi était devenu comme une drogue pour moi, au même titre que lui ne pouvait pas se passer de ses cigarettes, je ne pouvais plus me passer lui.
- « En tout cas c'est pas pour ce soir, si tu veux que j'aille récupérer tes foutus cours demain, va falloir que tu me laisses dormir, gamin »
Aussitôt dit il releva les draps, se décala, éteignit la lumière et me tourna le dos. Comme si de rien n'était.
Je restais bloqué dans ma position pendant un bon moment, le temps que l'information me monte au cerveau; je n'arrivai pas à croire que Levi venait tout simplement de me laisser en plan, comme ça.
- « Nan mais t'es pas sérieux là Levi ?! Oh réponds moi ! » me mis-je à crier tout en le fixant, les bras ballants, d'un ton plus insistant la deuxième fois.
Mais il ne broncha pas, il resta immobile et me laissait gentiment en plan. Suite à quoi je lui tournai à mon tour le dos, les joues encore rougies. J'approchai avec hésitation mes jambes vers les siennes, dans l'espoir de ne pas me faire rejeter. Celles-ci rencontrèrent leurs jumelles, qui ne s'échappèrent pas, à ma grande surprise. Au contraire Levi – qui était encore réveillé – me facilita la tâche et entremêla ses jambes aux miennes alors que je me collais à lui, dos à dos. Je m'endormis pour la deuxième fois, un sourire béa au bout des lèvres, et pour de bon cette fois-ci… ou du moins pour les trois heures qu'il me restait de sommeil…
Lorsque j'ouvris mes paupières je remarquai avec une certaine tristesse que Levi ne se trouvait plus à mes côtés, celui-ci devait déjà être dans la cuisine.
En même temps tu t'attendais à quoi Eren ? À ce que tu te réveilles à ses côtés et qu'il te demande : ''bonjour mon amour, bien dormi ?'' !?
La tête encore dans le monde des rêves je me levai et constatai que la chambre était dans un état presque impeccable, seul le lit était défait et faisait d'ailleurs un peu ''tâche'' au beau milieu de cet ordre. Je ne m'y attardais pas plus que nécessaire, je quittai la chambre et sentis – dès l'instant où j'avais ouvert la porte – une douce odeur de café. Je compris sans grand mal d'où provenait ce parfum et me dirigeai donc en direction de sa source. Quand j'arrivai dans le salon je vis Levi, assit à table, habillé, sa tasse de café bleue à ses lèvres. Il jeta un coup d'œil dans ma direction lorsqu'il se rendit compte de ma présence, avant de poser son récipient afin de s'adresser à moi :
« Ta tasse est sous la cafetière, il y a du pain si tu veux avec du Nutella©… »
- « Merci » lui répondis-je simplement.
Je pris alors la tasse et me mit à chercher hâtivement le pain avec la pâte à tartiner. Celui-ci se trouvait logiquement dans la boîte à pain sur le plan de travail et quant au Nutella© je pris un peu plus de temps à le trouver, il était dans le deuxième tiroir de gauche, près du frigo.
Je saurai pour la prochaine fois
Je tiquai suite à ma remarque : y allait-il y avoir une autre fois d'ailleurs ? En tout cas je l'espérais…
Je m'assis à table une fois avoir récupéré les différents ingrédients et un couteau. Je n'avais pas mangé depuis un bon moment et même si les médecins m'avaient très certainement nourrit à l'hôpital – par intraveineuse bien évidement – je doute qu'un liquide comme celui-ci puisse remplir mon estomac bien longtemps, d'autant plus que les effets se faisaient déjà ressentir. Aussi je n'hésitai pas longtemps et mordis avec rage dans ma tartine. Levi fixait au loin le ciel, à travers la fenêtre du salon. Celui-ci avait bien plus de chance – et de budget avant tout – que moi et n'avait aucun vis à vis de ce côté du mur.
Peu être que lui a un beau ciel bleu mais moi j'ai des supers murs gris !
Rappelons tout de même que ces murs devaient être, un jour, peint d'un joli blanc dont le temps s'en était très vite chargé afin d'y remédié. Je regardai alors l'horloge de la cuisine : 8h42.
« Comment ça se fait que tu sois pas encore en cours ? T'as déjà loupé presque une heure là… » l'informai-je alors que Levi ne se souciait pas de l'heure qu'il était.
- « Et alors ? Tu veux peu être que je t'écrive le cours de l'autre connard de prof' de philo' qui nous pond le même cours depuis deux ans ? »
J'arquai un sourcil en signe d'acquiescement, c'est vrai que je ne manquai pas grand-chose et que ces notes n'allaient pas me manquer… au pire je prendrai celles de l'année dernière !
Le noirâtre se leva alors brusquement et alla nettoyer sa tasse… et je dis bien nettoyer ! Lui n'avait pas la fâcheuse habitude de tout laisser dans l'évier et de se cacher derrière un vieux proverbe de bons gros flemmards : ne remets pas à demain ce que tu peux faire après demain !
Levi se dirigea ensuite vers son porte-manteau et récupéra sa veste avant de la mettre. Il prit ensuite un sac noir qui se trouvait dans le fin fond du salon et qui devait passer la majeure partie de son temps à cet endroit s'en en bouger pendant des mois, triste fin pour un sac parfaitement neuf…
Et alors qu'il posa sa main sur la poignet de la porte d'entrée et s'apprêtait à embarquer les clés avec lui, je le stoppai net d'un ''attends !'' bien puissant et qui me détruit au passage les cordes vocales. Il me regarda alors avec une certaine incompréhension et me balança littéralement les clés à la figure. Par chance – bien que je sois encore bien fatigué – je réussis à les rattraper et scrutai Levi, avait-il lu dans mes pensées ?
- « Il serait peu être temps d'utiliser la porte pour sortir ou rentrer dans une baraque, et non par la fenêtre… Si tu veux te barrer c'est ton problème, je suis en aucun cas responsable, ça marche gamin ?…»
- « Par-fait » lui répondis-je d'un air satisfait.
Suite à cela je lui dis au revoir et lui souhaitai une bonne journée, ce à quoi il ne me répondit pas. J'avais l'habitude et ne fus pas touché par cette indifférence de sa part. Je pris alors mon portable en main et cherchai dans mes contacts une certaine Ral Petra. J'avais récupéré son numéro peu avant notre séparation l'autre soir et comptai bien la contacter aujourd'hui.
Quand je trouvai son nom de cliquai alors sur l'icône ''appeler'' et attendis un certain temps. Au bout de quelques secondes une douce voix retentit à l'autre bout du téléphone, celle de Petra.
- « Allô ? »
- « Oui, Mademoiselle Petra, c'est Eren, est-ce que vous êtes disponibles aujourd'hui ? »
- « Oh Eren !, s'exclama la rousse visiblement heureuse de m'entendre, oui pourquoi ? »
- « J'ai besoin de vous parler… » fis-je d'un ton un peu stricte.
J'avais encore de nombreuses questions en ce qui concerne Levi et son travail, et la seule personne capable d'y trouver des réponses n'était autre que son associée : la jeune Petra Ral.
