Note: Ok ceci est une catastrophe. Qu'est-ce qui est une catastrophe? Tout. Ce chapitre, ce méga retard, tout. BREF. Déjà.
OBVIOUSLY: Je sais je réponds à ta review quoi un mois plus tard? FML. Oui plot twist fucking plot twist et maintenant encore un fucking plot twist fuck. ta review je l'ai lue mille fois damn mais si seulement tout le monde pouvait me faire des pavés comme ça en guise de reviews aaaaah et oui l'anagramme aussi mais tain j'ai galéré pour cet anagramme omg sérieux genre j'avais des feuilles partout en mode "anagramme de merde" les gars sérieux cette adoration pour darcy est en train de dépasser les limites oh lala. Lalalala Pour citer un de mes profs "tous les bons écrivains aiment être détestés". Et aussi j'adore parler aux lecteurs so voilà venez tous me parler je serais on ne peut plus ravie d'échanger avec vous; demandez mon skype, mon mail, mon compte en banq... en fait non pas mon compte en banque mais le reste vous pouvez walla. Faut pas sauter de joie juste parce que je réponds haha c'est tout à fait normal voyons)) Oui alors ça fait des lustres que je promets The Dawn et il vient toujours pas mais je promets que je l'ai pas abandonné je PROMETS OK OK OK? BREF TOUT CA POUR DIRE ta review était magnifique et je me souviens j'étais limite en train de sauter de joie quand je l'ai lue sauf que là ça va faire un mois et je suis un peu a la bourre sur les updates la prochaine fois promis j'update plus vite + je te réponds plus longuement et plus vite bref tu es une de mes lectrices préférées chère Obviously! (oui je sais le favoritisme parmi les lecteurs est condamnable, ma foi...) ENCORE MERCI POUR TA GIGA REVIEW OK
MELYANNA: Ceeeeertes je peux pas faire de tous mes chapitres des trucs qui tuent le lecteur sinon j'aurais vraiment des morts à la fin de l'histoire haha BAh maria hill elle est mort donc il va pas se passer grand chose (im so sassy sorry) sorry pour le retard de réponse tout ça omg bref un énorme merciiiii pour ta review aussi!
GUEST (du 18 février) (chère adorable personne pourrais-tu laisser un pseudo la prochaine fois afin d'avoir une possibilité de réponse plus simple et que tu te reconnaisses tout ça tout ça): Oui effectivement c'est la folie totale. T'inquiète tout le monde veut les frapper. En fait Tony a trompé Loki pour que vous ayez une histoire de 20 chapitres haha Et sorry Darcy est déjà prise par 40 personnes donc à moins qu'elle ait envie de s'essayer à la polygamie... (oh, ça donne des idées ça). BREF merci à toi pour ta review!
CHERS AMIS C'EST UNE AVALANCHE DE REVIEWS QUE J'AI LA ET JE SUIS SUPER RECONNAISSANTE. Pardonnez mon retard. Nombre de facteurs m'ont empêché l'écriture de cette fic, à savoir des obligations diverses, l'acquisition d'un mac (j'étais sous windows... je suis perdue dans le néant informatique d'Apple désormais), la St Valentin, les Jeux Olympiques (oui j'invite des excuses de merde sur place) (et vous comment allez vous racontez moi donc) (prochaine fois je poste plus vite promis juré promiiiis). Bref merci à tous chers lecteurs je vous aime, je vous envoie de l'amour, tout ça. MERCI.
Soundtrack: Kryptonite - 3 Doors Down
Chapitre Neuf
Milky Ink
– Allô ? Allôôô ? Je n'entends rien, chéri, veux-tu bien… ? Allô ? Chériiiiii ? Tu es dans un tunnel ? Allôôôô ?
Irina claque frénétiquement des doigts (quatre fois).
– Plus fort ! Chériiiii ?! Allô ?!
Nous sommes actuellement tous tournés vers Irina S. Yakovlev. Vêtue d'un tailleur bleu électrique on ne peut plus mal approprié pour cette occasion qu'est l'enterrement de la très regrettée Maria Hill, elle (Irina, hein, pas Maria. Maria elle est morte, elle. Morte, finie, terminée. Tout ça.) parle au téléphone depuis tout à l'heure (photos page cinq). Elle s'est fait faire une coloration blonde (photos page trente-trois). De sa voix aigue, elle gémit dans le téléphone :
– Chériiii ?
Un agent de la sécurité s'approche d'elle et pose sa main sur son épaule pour lui intimer le silence.
– Deux secondes, chéri ! Deux secondes juste deux; on m'importune… (elle se tourne vers l'agent)- Ouiiiii, comment je peux vous aider ?
– Madame. C'est un enterrement.
– Ayez l'extrême obligeance de bien vouloir retirer votre main de mon épaule et de me laisser tranquille, articule Irina d'un ton sec, avec son ignoble accent qu'elle n'a jamais perdu. Et ce n'est pas « madame » c'est « Irina Sergueïevna », rajoute-t-elle, corrigeant l'agent.
– Et vous, ayez l'extrême obligeance de bien vouloir couper votre téléphone. Vous dérangez.
Imperturbable, Irina secoue lentement la tête, regardant l'agent sans ciller, ses yeux paraissant énormes derrière les verres de ses lunettes (Miu Miu, comme d'habitude en ce moment) (photos page neuf). Elle dit :
– Chéri, n'utilise pas des expressions que tu ne comprends pas. Juste non.
Un type profite de ce moment pour se glisser entre Irina et l'agent.
– Hé, vieux. Si t'aimes ton salaire actuel, j'insisterais pas trop. Fais gaffe à ce que tu lui dis ou c'est toi qui risques de déranger, tu vois.
Irina reprend sa conversation téléphonique. L'agent est tout perdu.
Remettre les gens à leur place et les ramener sur terre. Tel est le boulot d'Irina.
Nous sommes bel et bien présents aujourd'hui. Comme promis. Mise à part Irina S. Yakovlev, il n'y a pas beaucoup de personnalités intéressantes parmi nous. Même J. Foster n'est pas des nôtres. Pas même T. Odinson ! Et ce lâche de Stark ? Que nenni ! Pas même mademoiselle Potts ! Une honte. Une honte ! Qui faut-il donc tuer pour tous les avoir sur place, pour l'amour de Dieu ?!
En espérant qu'on ait prochainement une mort qui attire toute la jet-set newyorkaise, passez tout de même nous voir la nourriture est bonne. Et surtout gratuite.
En attendant, nous ne savons toujours pas comment ni pourquoi mademoiselle Maria Hill est décédée. Et nous n'avons plus le droit de formuler des hypothèses parce que nous risquons des poursuites. En gros, on doit fermer notre gueule sur l'affaire. Concrètement.
They call it a democracy !
(Mais on va pas se plaindre parce qu'on est bien payés.)
Nos meilleurs éléments nous rapportent que mademoiselle J. Foster a fouillé dans des dossiers confidentiels (qui, paraît-il, concerneraient Loki Laufeyson) afin d'en confier le contenu à T. Stark. Nous poursuivons actuellement nos investigations car ça risque de faire scandale et on adore ça. Vous nous connaissez. Tous nos paparazzis sont à l'affut.
Irina S. Yakovlev a été aperçue en train de monter dans un taxi à la fin de la cérémonie, d'après nos agents les plus compétents (photos page douze).
Maria Hill est donc bel et bien morte. Hm. Il faut dire que certains d'entre nous espéraient un rebondissement, une petite surprise quelconque. Genre Maria Hill qui se relève soudain et qui saute hors de son cercueil (ce dernier de très bon goût d'ailleurs). Mais non. Juste un enterrement bien chiant, comme les autres. Dommage.
Irina S. Yakovlev est l'une de ces rares personnes qui monte toujours à l'avant du taxi. Irina est au téléphone.
– Alors, je vous dépose où, ma petite dame ?
– Totalement, chéri, je comprends, chéri. Tu m'en a causé des problèmes avec ta mauvaise réception tout à l'heure ! (elle claque quatre fois des doigts) Tout-à-fait…
Elle tend un carton au chauffeur. Il regarde l'adresse indiquée dessus. Irina raccroche au bout d'une dizaine de « tout à fait, chéri, je t'embrasse, chéri ! Bisous, chériiiii ! Oui, bisous ! ».
– Héh, vous allez dans un quartier sympa là…
– Oh, n'est-ce pas, chéri ? Je trouve aussi !
Et ces quelques mots prononcés dans l'intonation qui t'es si familière provoquent en toi une euphorie idiote.
– Vous êtes russe ?
– Ha ! L'accent me trahit, je suppose, fait Irina alors que le véhicule démarre.
– Pardonnez-moi l'indiscrétion, hein. Je vous appelle comment ? Je sais que les russes ont un truc pour leurs patronymes.
– Il n'y a pas de mal, chéri. Je suis Irina Sergueïevna Yakovlev (une carte de visite apparaît entre ses doigts). Oh, la, la, mais c'est que tu t'y connais… Tu t'appelles comment, chéri ? Ton nom, ton nom ?
– Clint. Clint Barton. Et votre nom à vous… Ça me dit quelque chose.
Irina parle en faisant des signes de main, ses longs ongles captivants. Elle claque des doigts.
– Peu importe ! En tout cas, chéri, je sors d'un enterrement, ce fut une ca-ta-stro-phe ! J'espérais tomber sur des gens intéressants… Tu parles ! Que ces foutus reporters qui n'arrêtaient pas de me mitrailler.
Clint la toise, puis reporte son attention sur la route.
– Un enterrement ? Dans cette tenue, Irina Sergueïevna ?
– Mais c'est que tu prononces bien ! Ex-tra-or-di-naire, chéri ! Extraordinaire ! Je peux t'adopter ? Tu es un bien joli garçon, poli de surcroit ! Clint, c'est bien cela ? Je te note pour te faire entrer où tu veux en VIP si besoin un jour !
Clint éclate d'un rire léger.
– Désolé de vous décevoir, Irina Sergueïevna. J'ai déjà été adopté par une autre russe. Et celle-là est bien féroce. Et le VIP… j'apprécie, mais mon meilleur ami n'a qu'à passer un coup de fil et on déroule le tapis rouge devant moi.
– Oh, vraiment, vraiment, chéri ? Parle-moi de cette autre russe. Est-elle jolie ? (elle claque des doigts) Suis-je bête, bien sûr qu'elle est jolie ! Bien sûûûr qu'elle est jolie ! Elles sont toutes jolies ! Tu as déjà été à Moscou ? On a l'impression d'être dans un Vogue ! Ton meilleur ami… Alors pourquoi travailles-tu comme chauffeur de taxi, chéri ? Dis-moi ?
– Ah, ça, pour être jolie… Elle est magnifique. Un peu que j'ai été à Moscou, Irina Sergueïevna. Un cauchemar éveillé. Et… comment vous dire ça… Je fais ce boulot pour me changer les idées… Avez-vous seulement idée des gens qu'on rencontre dans ce métier ? Ah, au fait, j'oubliais de vous demander votre histoire d'enterrement: c'est qui qu'est mort ?
Quand Loki ouvre la porte de sa résidence cette après-midi-là, c'est Tony qui se tient devant lui. Au-dessus de sa tête, les nuages sont gris. Tony a un air nerveux, les yeux fous (photos page cinq). Il se lèche les lèvres et dit :
– Tu te débarrasseras pas de moi comme ça.
Et cette phrase a un sale arrière-goût de passé, de déjà-vu.
Et donc Tony Stark entre.
Loki est trop ahuri pour l'en empêcher. Tony fait comme chez lui, marche dans la résidence, regarde autour de soi. Loki vient de se réveiller et il n'a aucune idée de ce qui se passe.
– Jolie baraque.
Loki porte une robe de chambre en soie aux motifs japonais (photos page dix). Diva oblige.
Je veux pas de toi ici.
Je veux pas de toi dans ma vie.
– Comment tu as trouvé ma maison ? chuchote Loki.
Sa voix résonne dans le hall. Loki porte ses lunettes de soleil. Parce qu'il a des cernes à faire peur. Il est resté éveillé toute la nuit. Il appelait Irina toutes les heures. Parfois, elle répondait. Parfois, non.
Tu vas pas y croire. Maria Hill est morte hier soir.
Ça va faire trois jours que cette phrase tourne dans sa tête.
Et donc Loki porte ses lunettes de soleil. Il les a enfilé précipitamment en entendant quelqu'un sonner.
Si seulement Loki savait que ce quelqu'un était Tony Stark. Si seulement.
La résidence que Loki a en sa possession est luxueuse. Elle se trouve dans un quartier huppé. Elle est isolée, à l'écart des autres maisons. Vous pouvez la retrouver dans notre rubrique « Immobilier : les maisons de stars ». Son prix ne sera pas divulgué. Pas contre y'a plein de photos, bande de voyeurs. Les férus de l'architecture pourront se branler dessus.
Il n'y a pratiquement rien. Sobre. Les murs sont noirs. Lumières tamisées. Du marbre partout. Pas de décorations. Rien de spécial si ce n'est le plafond de la salle de séjour. Il est en verre. Nos paparazzis s'y sont introduits un soir où Loki n'était pas là. Les salauds.
Parfois, Loki s'allonge sur le tapis (couleur: crème) et regarde la pluie tomber sur lui, sans qu'ils se touchent.
Oblitération.
Au cas où tu te le demandes, oui, nous avons des plans de la maison de Loki affichés dans notre rédaction. Non, on te dira pas ni pourquoi ni comment. Va te faire foutre.
Il n'y a jamais personne d'invité. Il n'y a qu'Irina qui sait où vit Loki (et quelques paparazzis payés un million chaque mois pour qu'ils ferment leur gueule) (les sources qui affirment ça sont elles-mêmes payées deux millions pour ne pas raconter ça) (sauf qu'on a sorti trois millions et tu sais comment ça marche). They call it an oligarchy !
La maison de Loki est toujours vide et un chuchotement un seul est tel un cri entre ces murs.
– T'as pas quelque chose à boire? demande Tony en se dirigeant vers la cuisine, instinctivement, après avoir vaguement inspecté les alentours.
Loki le suit. Dans la cuisine, Tony fait le tour, parcourt les étagères, ouvre trois placards. Loki passe après lui pour les refermer un à un. Tony ouvre le frigo. Il y a un moment de flottement. Puis, Tony s'exclame :
– Du lait d'amandes, sérieux? C'est tout ce que t'as? De la flotte, des fruits et du lait organique d'amandes?
– Et alors?
Tony ouvre le carton et renifle. Il fait un bruit de gorge dégoûté.
– Comment tu peux boire cette saloperie? Toi qui refusais même d'avaler quand tu me taillais des pipes…
Loki lui arrache le carton des mains.
– Je vois que tu n'as pas changé tes habitudes alimentaires, Stark. Toujours à s'empiffrer de crasses... On est ce que l'on mange, tu sais?
– T'es sûr de ça? Parce que ce que tu bouffes là, c'est loin d'être facile et pas cher.
Boom. Bang. Burn.
Et Loki lui jette le contenu du carton au visage. Splash ! (ça sonne comme 'Flash !') (Dieu sait qu'on tuerait pour avoir une photo de Tony Stark dégoulinant de lait –organique d'amandes ! Qui plus est !) .
Tony ne réagit pas.
Tony est debout dans la cuisine de Loki. Il a les yeux fermés. Il a du lait d'amandes qui dégouline de partout, ses cheveux et vêtements et visage et tout. Il grimace.
Et il en a sur son costume Burberry.
Tony ouvre les yeux. La main de Loki tremble. Il laisse tomber le carton par terre. Les restes de lait se répandent sur les dalles. Loki dit :
– T'as pas encore compris que je ne veux pas de toi?
– Quoi, ici ? Ici-ici? Dans ta mais…
– NULLE PART DANS MA VIE!
– Pourquoi est-ce que nous mens?
– J'ai une autre question pour toi. Pourquoi est-ce que tu m'as fait ça, Stark?
– C'était qu'une fois.
Le rire de Loki est froid. Glacé.
– Une fois ! C'est pas grave alors !... Mais c'était qui cette CHIENNE?! hurle soudain Loki.
Tony recule. Il est dos au frigo.
– C'était personne.
Et c'était la chose à ne pas dire.
– C'est quoi son nom, à Elle, cette pute?
Tony ne dit rien.
– T'as tout fait foirer pour personne? Bravo, Stark. Bien joué. Elle avait quoi en plus, à part des nichons et une putain de bouche à pipe ?! Est-ce que…
– Non, interrompt Stark.
– Quoi, non ?! murmure Loki.
– Toi aussi, t'as une bouche à pipes, tu s…
Tony ne termine pas sa phrase. L'arrière de sa tête cogne la surface dure du frigo. Une main serre son cou. Une main secouée de violents soubresauts. La main de Loki. Cela dure près d'une minute pendant laquelle Tony Stark lutte pour garder de l'air dans ses poumons. Et puis, Loki lâche prise, lentement. Tony se met à tousser.
– Si seulement je savais ce qui m'empêche de te faire du mal, Stark. Si seulement.
Entre deux quintes de toux, Tony s'écrie :
– C'était il y a plus de sept ans! Sept ans! On devrait juste l'oublier tous les deux, pour l'amour de Dieu !
Sept ans de malheur. Sais-tu qu'une fois que Tony Stark a réalisé que Loki a disparu pour de bon, il s'est mis à cogner tout ce qu'il trouvait et que dans un élan de rage, il a démoli le miroir de sa salle de séjour ? C'est donc de là que ça vient ! Nous avons enfin trouvé ! Que nous sommes intelligents, ici, à la rédaction !
Et Loki dit:
– Je ne le méritais pas.
– Je sais.
– Je ne le méritais pas… Tu… Je ne méritais pas ce que tu m'as fait.
Sa voix tremble.
– Je sais.
– Non.
– Si, je sais. Je sais…
– Est-ce que tu sais ce que c'est que de tout perdre en ouvrant juste une porte, une seule porte ? Puis devoir disparaître et se réveiller dans un hôtel et voir le soleil se lever sur une ville que tu ne connais ni d'Eve ni d'Adam et réaliser que tu es seul au monde…?
C'était une histoire de portes.
Tony avale difficilement. Le lait commence à piquer sa peau, une sensation de démangeaison désagréable.
Tony essaye de dire: attend, je.
– EST-CE QUE TU LE SAIS ?! hurle Loki.
Tony ne dit rien.
Loki retire ses lunettes. Il a les yeux grands écarquillés. Il se passe la langue sur les lèvres. Il dit :
– Tu sais comment on survit dans ce milieu, Stark ? Tu le sais ?
Tony reste immobile.
– TU LE SAIS OU PAS ?! Tu le sais comment on survit dans Leur monde dingue et merveilleux ?! Notre monde ?! TU LE SAIS ?!
Tony secoue la tête vivement.
Loki claque des doigts. Il jette les lunettes qu'il tenait à la main. Elle s'explosent contre le mur. Et, d'une voix rauque, Loki fait :
– Je vais te donner la solution pour rester vivant. Je vais te donner la solution pour ne pas te tirer une balle en plein tapis rouge. Tu sais ce qu'il faut faire ? C'est simple. Dis-leur que tu es dingue. Dis-leur que tu es complètement dingue et tout ira bien. Il faut les convaincre de ta démence. Ils ne doivent jurer que par ta psychose.
Tony commence à flipper.
– Mais comment savoir si tu l'es vraiment ? murmure Loki, mielleux. Comment savoir que tu ne m'as pas rendu complètement malade ? Comment savoir que de la raison il ne me reste que poussières ? Qu'est-ce qui est vrai ? Et qu'est-ce qui est faux ? Hein ? Qu'est-ce qui est rumeur ? Qu'est-ce qui est diffamation ? Qu'est-ce qui est légende urbaine ? Hein, Stark ?
Loki se rapproche lentement de Tony qui recule. Tony se décide à réagir :
– Loki… Je…
– VA-T-EN!
Loki hurle à sa figure. Et tellement fort et avec une telle rage que tu en as de frissons qui remontent le long de ta colonne vertébrale. Tu décides de ne pas te laisser faire. Tu dis :
– Je peux pas.
Loki ne le regarde plus. Il regarde sur le côté, comme captivé par le mur.
– J'ai besoin de ton aide.
Loki ne veut pas le regarder.
– Il s'agit de Maria Hill.
Loki ne peut pas le regarder.
– Il faut que tu témoignes en ma faveur.
Tu sais qu'il était déjà deux heures du matin et que tu ne m'avais pas appelé ? Je le sais bien, que moi, tu t'en fous et tant mieux, je te dirais, parce que ce que j'ai à faire de toi c'est rien. Cela étant dit, cela ne m'empêche pas de vouloir me plier en soixante-neuf pour toi, parce que je sais qu'un autre chiffre ne risque pas de t'intéresser, de toute manière. Cela étant dit, cela ne m'empêche pas d'avoir envie de crever pour toi et tes yeux même si j'ai beau les avoir regardés mille fois, je ne sais toujours pas à quoi ils ressemblent parce que j'ose jamais regarder la couleur de tes iris. Et à chaque fois que je te vois, je te hais, sache-le. Cela étant dit, cela ne m'empêche pas d'avoir le cœur qui bat plus vite quand j'entends ton nom. Même si tu me feras la pire des horreurs, j'en doute pas, je serais toujours là, parce que guidé par cette étincelle de masochisme qui sommeille en moi, j'adore souffrir. J'aime me prendre des coups dans la gueule, tant qu'ils viennent de toi. Cela étant dit, cela ne m'empêche pas d'hurler quand je pense à toi. J'aime mordre tes lèvres et te plaquer contre tous les murs que je trouve. Cela étant dit, cela ne m'empêche pas de t'attirer contre moi et de te chuchoter que tu es ce qui va me faire perdre la raison. J'ai déjà pensé à mille et une façons de t'abandonner, t'effacer, t'oublier. Cela étant dit, cela ne m'empêche pas d'avoir les yeux qui roulent en arrière quand je t'imagine entre mes jambes. Je suis sadique contre moi-même, je veux que tu m'ignores et que tu me manques de respect. J'aime quand les gens parlent de nous comme un tout. Je parle tout le temps de toi. Et je jouis à l'idée que tu fasses pareil. Moi aussi, je vais te faire morfler.
Je n'ai aucune pitié pour moi-même. Ni pour toi, d'ailleurs.
C'est toi qui m'as fait ça.
Quand Pepper ouvre la porte de son appartement ce soir-là, c'est Tony qui se tient devant elle. Pepper est vêtue d'un short en jeans et d'un t-shirt (photos page dix-huit), cela prouvant qu'elle ne s'apprête pas à sortir.
Au cas où tu ne l'aurais pas encore compris, c'était une histoire de portes.
– Habille-toi, on y va, fait Tony en pénétrant dans l'appartement.
Tony Stark prend bien ses aises, où qu'il soit. Car Tony Stark n'en a rien à foutre. Pour ne pas changer, tu vas me dire.
– On va où ça, Tony ?
– J'ai été parler à Loki tout à l'heure. Il m'a foutu dehors. Mes fringues sont au pressing. C'est un massacre.
Pepper ferme la porte et secoue la tête. Elle se dirige dans sa chambre et on entend sa voix depuis le salon :
– Qu'est-ce que t'as encore fait ?
Un long silence.
– Pepper. Je crois que j'ai tué Maria Hill.
En soutien-gorge et short en jeans, Pepper revient dans le salon, les yeux écarquillés et son trait de rouge à lèvres qui a déraillé vers les contrées du menton. Le dit rouge à lèvres encore dans sa main. Dior.
– Quoi ? murmure-t-elle.
– Je crois que j'ai tué Maria Hill.
– Comment ça, tu crois ?!
– Je… n'en sais trop rien. Je crois que je l'ai vraiment tuée. Mais tu le diras à personne, hein, Pepper ?
– TONY ! Tu me demandes de cacher un meurtre !?
Tony hausse les épaules. Pepper se met à psalmodier « oh, mon Dieu ».
– Pepper. Pepper. Pepper ? Pepper, Pepper, écoute-moi, Pepper chérie ?
Mais Pepper ne l'écoute pas. Tony s'approche d'elle.
– Pepper ? PEPPER ! ECOUTE-MOI, NOM DE DIEU !
Il a la main posée sur son épaule.
– NE ME TOUCHE PAS ! hurle Pepper en retour, malgré elle.
Puis, horrifiée, elle se rend compte de ce qu'elle vient de dire.
– Pourquoi t'es si choquée ? C'est pas toi qui m'a pris pour un assassin dès les premières secondes ?
– Je refusais d'y croire, au fond de moi-même ! Oh, mon Dieu…
Alors Tony tend sa main vers son visage, essuie le trait de rouge à lèvres raté et lui fait :
– Prépare-toi.
Et alors que Pepper s'éclipse dans la chambre, Tony regarde sa main, le rouge cosmétique maculant ses doigts et il a peur.
Modèles, modèles, bouteilles de champagne. Talons, talons, paillettes. Prada, Prada, cocaïne. Limousine, Limousine, paparazzis.
– Tony ! Tony, reviens ici ! crie Pepper.
Tony se fraye un chemin entre tous les invités (photos page quinze). Ceci est une soirée privée à laquelle assiste Loki Laufeyson (et nous aussi donc). Tony obtient toutes ses infos chez Jane Foster. C'est désormais officiel. Sauf qu'on a pas vraiment de preuves. Donc on doit fermer notre gueule. Pour ne pas changer.
Quand Pepper voit vers qui Tony se dirige elle panique encore plus. Elle pourrait s'en arracher les cheveux mais elle était chez le coiffeur ce matin. Elle arrive enfin à la hauteur de Tony.
– Tony, ce n'est pas une bonne…, commence Pepper.
Mais Tony s'est déjà précipité en avant et deux secondes plus tard il a sa main sur l'épaule de Loki et Loki se tourne violemment vers lui. Essoufflé, Tony laisse échapper, du bout de ses lèvres, un simple :
– Salut.
Loki porte ses lunettes de soleil (photos page cinq). Il a une coupe de champagne en main (sauf qu'on a une photo de monsieur X. (Xavier pour les intimes) en train d'y verser quelque chose donc on est pas trop sûrs si ce n'est que du champagne) (on attend de goûter pour confirmer) (parce que dans les toilettes on parle de « un truc qui t'arrache la gueule, ouais vieux, mieux que du LSD et de l'héro sels de bain et meth mélangés »).
Mais donc Loki est affabulé de sa fameuse paire de lunettes. Encore (ne les enlève-t-il donc jamais?).
– Ne t'ai-je pas dit de me foutre la paix, Stark? crache Loki, essayant de se faire entendre par-dessus la musique.
Loki semble discuter avec une femme d'une cinquantaine d'années avec un rouge à lèvres qu'on voit jusqu'à de l'autre côté de la salle et sans doute que ça explique les lunettes de soleil, ouais.
Tony se met à rire.
– Depuis quand j'écoute ce qu'on me dit?
Dans le fond, on entend Pepper dire: effectivement, depuis quand?
Et Tony jurerait sur ce que tu veux que Loki a un petit sourire en coin. Irina apparaît à côté de Loki.
– Loki, chéri, il y a ici une demoiselle... Elle t'a parlé au téléphone l'autre jour et elle t'a même acheté un tableau... L'un de tes premiers, si, je te jure, chéri. C'était, hm, je crois, hm, c'était (elle claque quatre fois des doigts), oui, c'est cela, c'était « Highways », oui, c'est bien ça… Oh, mon Dieu, ça remonte, tu ne faisais que débuter, ah…
– Hmmm..., répond évasivement Loki tout en observant Tony du coin de l'œil (pas qu'on en soit sûrs vu qu'on voit que dalle avec ses lunettes de soleil).
– Non, chéri, mais prends-là parce qu'elle me parle depuis trente-six minutes de ton tableau qu'elle a accroché dans son salon et je vais la tuer, chuchote Irina. Prends-là -peu m'importe si tu prends ça au sens littéral ou non, prends-là-, chéri.
Loki soupire, ne quittant pas Tony des yeux (ou, du moins, on suppose).
– Où est-elle? demande Loki.
– Ici! Juste ici ! Chérie, venez ici, venez, chérie... Chériiiiie…
Irina attire une jeune femme par le bras à ses côtés. La jeune femme trébuche légèrement. Elle éclate d'un rire clair. Elle a les cheveux devant son visage et puis elle les met en arrière d'un geste vif de la main (elle a des faux ongles et un bracelet autour de son fin poignet).
Elle est juste splendide et on a plein de photos d'elles dans notre dossier spécial de cette semaine.
Et donc, la jeune femme apparaît à leurs côtés.
Et à cet instant précis, Tony Stark sut que Dieu le haïssait, tout bonnement et simplement.
Car Tony Stark reconnaîtrait ce rire entre mille, même s'il en pas forcément envie.
Et Loki se tourne enfin vers Irina et vers la fille et tu vois, au début rien et puis il lui faut quand même une dizaine de secondes et puis il recule juste et puis il retire brusquement ses lunettes au même moment que la fille remarque enfin Tony et dit: Tony?
L'univers ne nous avait laissé aucune chance.
Ce fut explosif, mesdames et messieurs nous affirment nos reporters les plus compétents. C'était du domaine du nucléaire.
Loki pousse un hurlement qui résonne dans toute la salle par-dessus la musique. Nous nous retournons tous vers lui d'un coup.
Heureusement que la musique ne s'arrête pas.
– TOI! hurle hystériquement Loki, en la pointant du doigt. TOI ! Espèce de PUTAIN!
Loki n'arrive plus à respirer (photos page six). Loki pense qu'il est en train de faire une crise cardiaque (photos page sept). Loki a sa main sur sa bouche, il se pince l'arrête du nez, se touche le front (photos page sept également). Loki pense qu'il va tourner de l'œil (photos page six).
Elle qui se tient devant toi Elle est ton pire cauchemar.
Elle est l'Enfer en hauts talons.
Elle est ta déraison Elle est mon bon sens.
Tony est paralysé sur place. Pepper observe la scène avec horreur (peut-être fait-elle un infarctus à la place de Tony) (elle fait tout à sa place elle peut bien faire ça aussi). Tony finit par se ressaisir. Tony ne sait pas quoi faire.
C'est malheureux parce que ça n'arrive pas souvent.
Irina commence à trainer Loki dehors, le tenant fermement par le bras.
Tous les regards sont tournés vers toi. Oui, toi Loki Laufeyson (photos page trois). C'est ta déchéance une nouvelle opportunité pour montrer du doigt ton énième humiliation un mauvais rêve qui recommence encore et encore. Evidemment, on te laisse à peine passer, non, c'est plus intéressant de te photographier.
Loki fend la foule à toute vitesse, une main sur la bouche, Irina sur ses talons.
Tony ne sait plus où donner de la tête alors avant de se précipiter à la suite de Loki, il dit aux gens d'aller se faire foutre, à Pepper de l'aider et à la fille de l'appeler.
(En fait, Tony voulait dire à la fille d'aller se faire foutre, à Pepper de l'appeler et aux gens de l'aider mais c'est pas sorti comme il voulait et ça, mesdames et messieurs, c'est ce qu'on appelle un acte manqué.)
Loki l'entend.
Appelle-moi.
Loki se met à hurler encore plus fort.
Et puis éclate en sanglots.
Ils sont dehors. La musique de la soirée parvient encore à eux.
Loki tombe à genoux et il a les paumes de ses mains pressées contre ses yeux et il hurle et il pleure en même temps et n'arrive absolument pas à se calmer et Irina ne comprend rien et Tony essaye de lui parler mais ça marche pas alors il se met à hurler aussi. Et il sait pas par où commencer.
– Loki ! Loki !
– TA GUEULE !
– Je suis pas avec elle! Je sais pas d'où elle sort!
– Va te faire foutre! Va te faire foutre ! Va te faire foutre!
Sa voix brisée te donne des frissons les pleurs d'un dément.
Dis-leur que tu es complètement dingue et tout ira bien.
Tony se baisse au niveau de Loki.
– Pourquoi ?! POURQUOI ?! Qu'est-ce que je t'ai fait ?! Qu'est-ce que je t'ai fait, nom de Dieu ?!
– Je te dis que je suis pas avec elle! Je l'ai jamais vu depuis Ce Jour-Là…
– Connard!
– Arrête d'hurler, j'ai rien fait! Enfin si… mais là, c'était pas moi, je…
– POURQUOI TU ME HAIS COMME CA, TONY?!
Tony s'arrête. Et avec peine, Loki articule:
– Pourquoi… est-ce que tu me hais…?
– Mais j'te hais pas, putain ! J'te hais pas !
– Laisse-moi tranquille, murmure Loki. Laisse-moi. Fous-moi la paix. Laisse-moi, je t'en supplie, Stark, laisse-moi. Arrête de revenir…
– Je...
– LAISSE-MOI! LAISSE-MOI! hurle Loki.
Dis-leur que tu es complètement dingue et tout ira bien.
– PUISQUE JE TE DIS QUE JE TE HAIS PAS PUTAIN TU ME FAIS CHIER JE TE HAIS PAS JE PEUX PAS T'HAIR C'EST IMPOSSIBLE TU COMPRENDS CA POURQUOI TU LE COMPRENDS PAS JE TE HAIS PAS JE TE HAIS PAS JE TE JURE J'AIMERAIS BIEN DES FOIS MAIS JE PEUX PAS T'HAIR !
T'es tellement énervé que t'en perds tes virgules.
Je déteste être amoureux de toi, t'entends ça? J'suis persuadé que tout ce que tu fais c'est pour me faire morfler même si c'est pas vrai, j'le sais mais j'ai pas envie de le savoir.
Vas y, cours, connard, comme ça, je peux t'attraper. Crève, fils de pute, comme ça, je peux te sauver. Disparais, salaud, comme ça, je peux te découvrir. Habille-toi comme ça je te déshabille, blesse-toi comme ça je te soigne, saute comme ça je te retiens, et fais pas ci et fais pas ça.
Dis-leur que tu es complètement dingue et tout ira bien.
Irina fait signe à Tony de s'en aller.
– Loki, pardonne-moi, s'il te plaît.
Loki secoue juste la tête en répétant "laisse-moi, je t'en supplie". Tony tend sa main vers Loki, Loki qui a toujours ses paumes collées contre ses yeux. Il touche doucement les cheveux de Loki qui se met à trembler. Et brusquement, il se lève. Il dit:
– Tu m'as fait ce qu'on peut faire de pire à quelqu'un. Et maintenant, arrête de jouer avec moi et disparais de ma putain de vie.
Et Irina, Dieu bénisse Irina, a déjà appelé une voiture. Celle-ci s'arrête juste en face d'eux. Loki dit :
– J'espère que jusqu'à la fin de ta misérable vie, tu vas te poser une seule et même question. J'espère qu'elle va ta hanter jour comme nuit. Demande-toi… DEMANDE-TOI, CHAQUE HEURE, CHAQUE MINUTE, CHAQUE SECONDE : EST-CE QUE CA VALAIT LA PEINE ?!
Et sur ces mots, Loki disparaît à l'intérieur de la Bentley.
Soir, dimanche.
Encore une fois, souffrance.
Dis-leur que tu es complètement dingue et tout ira bien.
Et peut-être que pendant que tu pleures et qu'elle m'appelle et qu'eux parlent de nous, bien sûr, Elle, elle drague le DJ, il y en a qui baisent, probablement, cela va de soi, vu qu'il y a toujours quelqu'un qui baise dans l'histoire mais bizarrement pas nous, et certains sont morts du coup ils ont bien de la chance ils ont la paix, ces salauds-là, et je suis sûr qu'Elle danse et toi, tu chiales, bien sûr, elle me cherche aussi, et moi, je sais plus quoi faire.
Dis-leur que tu es complètement dingue et tout ira bien.
A suivre.
