- ça me dégoûte, dit Liz en désignant Rhésos, qui, enchaîné au mur, était forcé d'assister au banquet sans pouvoir y toucher.
Cela semblait gêner plusieurs personnes dans l'assemblé, puisqu'Egernia elle-même voulut lui apporter de l'eau, ce dont le roi l'empêcha. Elle se contenta donc de quitter la table, et Hercules la suivit. Lorsqu'il revint, le demi-dieu semblait passablement énervé. Cotys lui fit alors clairement comprendre qu'il était assez mal placé pour lui donner une leçon de morale. Il lui offrit ensuite de l'engager pour de bon dans son armée. La pression monta d'un cran lorsqu'Hercules refusa, mais elle retomba bien vite lorsque le roi ordonna qu'on apporte son or au mercenaire. Et c'est ainsi qu'Hercules partit. Une fois à l'extérieur, cependant, il hésita. En voyant le regard misérable des paysans, il finit par décider de rester. Tous les autres s'engagèrent à rester à ses côtés, à l'exception d'Autolycos, qui déclara que c'était une mission suicide, et préféra partir avec sa part de l'or. C'est alors qu'ils se disaient adieu qu'ils virent Enaya arriver rapidement vers eux, tenant Ilian par la main.
- Autolycos ! Appela-t-elle.
Hercules se dirigea à grand pas vers elle, et la saisit par le col.
- vous le saviez ! dit-il avec rage.
- Oui, mais je n'avais pas le droit de vous le dire.
- Vous n'avez rien fait pour empêcher ça !
- J'ai tout fait pour limiter les dégâts. Je vous ai évité d'en tuer le plus possible, mais je ne pouvais pas changer l'histoire ! Nous savons tous que nous devons rester nous battre, et nous le ferons, mais je refuse que mon fils court le moindre danger. Je sais qu'Autolycos s'en va. Je veux qu'il emmène le petit en lieu sûr. Qu'il le dépose hors de la ville. Je n'en demande pas plus.
Hercules jeta un regard à son ami, qui hocha la tête. Il saisit donc l'enfant sous les aisselles, et le posa sur le char d'Autolycos. L'enfant retint sa main, et y déposa la dent de lion qu'il avait donné à Arius quelques temps plus tôt.
- A... Arius voulait que je vous rende ça.
- Et l'autre garçon ? Demanda Ampharios.
- Il a refusé de partir.
- Autolycos ! Appela Hercules alors que celui-ci partait. Vit en homme riche, mon frère.
Autolycos fit claquer les rennes, la main sur l'épaule de l'enfant qu'on lui avait confié, et partit.
- où sont vos amis ? Demanda Hercules à Enaya.
- Ils nous attendent à l'intérieur.
- Qu'est-ce qu'on fait, maintenant, Hercules ? Demanda Atalante.
- La jeune femme, où est-elle ? Demanda-t-il encore.
- Si elle a fait ce que j'ai dit, elle est en sécurité.
- Bien. Cotys nous a engagé pour sauver la Thrace, alors on va sauver la Thrace.
Ils s'infiltrèrent donc dans le palais. Benedict et Tom leur ouvrirent la porte. Malheureusement, leur plan ne se déroula pas comme prévu. En effet, il sembla que les hommes de Cotys aient anticipé leur retour, et ils se retrouvèrent bientôt encerclés.
- lâchez vos armes, ordonna Sytaclès.
Il y eut un moment de tension, où chacun réfléchit à une solution pour se sortir de ce mauvais pas. Sytaclès dirigea son arme vers Iaolos.
- lâchez vos armes, répéta-t-il, ou votre neveu mourra le premier.
Hercules déposa donc son arme, et les autres l'imitèrent. Cotys sortit de l'ombre.
- à genoux, ordonna-t-il.
Encore une fois, ils obéirent.
- Hercules, dit Cotys, que va-t-on faire de toi ? Je te propose de rester, tu refuses. Je t'ordonne de partir, et te voilà qui revient.
Des cris de protestation se firent soudain entendre, et trois gardes arrivèrent, entraînant Egernia, Liz et Lucas.
- ils voulaient souscrire Arius à ta garde, mon roi, dit l'un des garde en réponse au regard interrogateur de de Cotys.
- Ma propre fille... dit Cotys. Où est l'enfant ?
- Nous l'avons ramené dans sa chambre et mis sous bonne garde.
Elizabeth se jeta aux pieds de Cotys et lui prit les mains.
- mon roi, je vous en supplie, n'en croyez rien, je...
Sytaclès l'attrapa par les épaules et la tira en arrière, lui faisant lâcher les mains du roi. Il s'accroupit à sa hauteur et lui prit le menton.
- oh, sorcière... quelles visions tu mets dans mon esprit...
il passa la main dans les cheveux de la jeune femme.
- ne la touchez pas, salopard ! Réagit Tom.
Sytaclès eut un rire, et descendit sa main sur le cou de la jeune femme.
- oh, ces visions me rendent fou... je n'ai que deux moyens de les apaiser.
Elle lui cracha au visage. Il la repoussa violemment et se releva.
- soit. Tu as fait ton choix.
- Emmenez-les, ordonna Cotys.
Sytaclès eut un sourire torve, et assomma Hercules avec la crosse de son arme. Ils furent tous conduits dans les prisons du palais. Hercules se réveilla bientôt, enchaîné à deux pierres fixées dans le sol. Il entendit un grognement, et releva la tête. Il vit devant lui Cerbère, le chien des enfers.
