Bonjour, bonsoir à vous qui me lisez.

Ce chapitre arrive en avance car je me suis dis que maintenant que j'avais fixé un rythme de publication, j'allais l'envoyer se faire cuire un œuf en crête... Et... Non, en fait, je vais être en vacances deux semaines, il est donc probable que le suivant n'arrive pas avant le délai légal.

Il est aussi plus long que ceux d'avant.

Un grand merci à vous tous qui me lisez, d'où que vous soyez, c'est un immense plaisir de vous intéresser et j'espère continuer dans cette voie.

Bonne lecture à vous :)


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Chapitre 9 : Le deuxième vœu.

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Le dimanche, Dean demanda à Castiel s'il voulait sortir, et celui-ci accepta, bien que de plus en plus inquiet du silence de son ami sur ce cauchemar qui l'avait réveillé la veille au soir. Il n'avait jamais vu une expression aussi hantée sur le visage de Dean avant. Mais il remarquait sa fluidité de mouvements, son sens de l'organisation quasiment militaire, son économie de possessions, ses affaires, qui sortaient tout droit du surplus de l'armé... Ses cicatrices aussi. Le fait qu'il n'aimait pas parler d'armes...

Castiel n'était pas bête, et Dean le savait. Il n'aurait jamais dû baisser sa garde devant lui. Il n'aurait pas dû dormir.

La sortie allait permettre au soldat d'étudier Dean dans le monde extérieur. Ils n'allaient qu'au bar du coin, mais quelque chose disait à Castiel que c'était un milieu qui mettait Dean à l'aise. Il ne savait toujours presque rien de sa vie, à part la mort tragique de sa mère...

Il avait raison cependant, car le châtain leur commanda deux bières et les installa à une table précise comme s'il avait fait ça toute sa vie.

Ils s'assirent l'un en face de l'autre, Dean du côté où il pouvait voir la porte. Castiel secoua la tête. Ce n'était peut-être pas conscient, ou juste une coïncidence, ou Dean aimait être à cette place tout simplement...

-Cass ?

Il tressaillit et sortit de ses pensées.

-Oui ?

-Tu sais jouer au billard ?

Il montrait du pouce une table à fond vert par-dessus son épaule.

-Non, je n'ai jamais joué à cela.

-Jamais jamais ?

-Non.

-Viens, je vais t'apprendre.

Il se leva avec sa bouteille et invita d'un geste Castiel à le suivre.

Ce fut donc la première leçon de billard de Castiel. Il apprit plus ou moins à viser les boules et les règles du jeu, et découvrit un aspect moqueur de Dean qu'il ne connaissait pas encore. Les remarques qu'il lui faisait étaient plutôt cinglantes, mais toujours bienveillantes, et quand, finalement excédé de se faire traiter d'incapable il relevait la tête, il tombait toujours sur un sourire.

Le mois de septembre passa vite. Dean trouva un travail plus facilement qu'il ne l'aurait cru, chez un vieux paranoïaque. Bon techniquement, il devait tenir la laverie automatique du cartier, mais la boutique était tellement sale et délabrée qu'aucun client n'avait dû y entrer depuis dix ans au moins. Les locaux faisaient pitié à Dean, et son côté bricoleur prit le pas. Il s'attaqua aux murs le deuxième jour, et tout récurer, refaire la peinture, éliminer les fuites d'eau, les défauts d'aérations lui prit pratiquement trois semaines. Le plafond à lui seul... Et les vitres... Il dû déranger les quatre caméras planquées dans les murs le temps des travaux, mais ne reçut pas de réclamations de la part de Devereaux (le paranoïaque). Au bout de ses efforts, la boutique avait enfin plus l'air d'une Laverie que d'une maison hantée. Il refit aussi l'enseigne, il avait du temps, après tout, et puis il dû réparer les machines.

Là commença la partie pénible de son travail. Au bout de seulement trois jours, les circuits électroniques lui sortaient par les yeux, et Castiel, voyant qu'il n'allait pas tarder à aller foutre le feu au magasin d'électro-ménagers le plus proche lui proposa de sortir à nouveau.

Ils y retournèrent tous les soirs, Dean avait besoin de se détendre après les heures passées dans les modes d'emplois, et le comptable commença à vraiment savoir jouer au billard.

À la mi-Octobre, il y eut quelques clients, dont une vieille dame absolument soulagée que la laverie aie rouverte parce que c'était trop loin chez elle... Bref, et Dean dû encore apprendre à se servir du petit logiciel de Comptabilité implanté sur l'ordinateur (étrangement seulement vieux de deux ans, quand les trois quarts des machines dataient du siècle dernier). Et heureusement qu'il avait un comptable à la maison.

En récompense de ses prises de tête et du reste, il était payé tous les vendredi matins, cash, à cent dollars de la journée, il n'avait pas à se plaindre, et si son père avait fini par mettre des chasseurs à ses trousses, ils ne le retrouveraient pas à cause de son compte bancaire.

Il n'avait pas de nouvelles de Bobby, il supposait donc que John l'avait mis au courant. Ça ne le réjouissait pas, mais ça ne le surprenait pas non plus. La ligne entre bien et mal est plus fine chez les chasseurs que chez la plupart des gens.

Au moins, il lui restait Castiel. Il ne pouvait s'empêcher de sourire en pensant ça.

Castiel qui semblait toujours aussi étonné et heureux quand il lui ouvrait la porte le soir et l'embrassait.

C'était vraiment un type bien, et dans l'absolu, Dean voudrait le garder loin de son univers de merde le plus longtemps possible, mais il sait bien que Cass s'inquiète, l'étudie, cherche à comprendre ce qui ne va pas chez lui, et que tôt ou tard, ça finira par éclater.

En attendant, il est fier de lui quand il lui raconte le soir qu'il a parlé avec des personnes de l'immeuble, ou quand il se décide enfin à acheter un nouvel ordinateur.

Tout se passa bien jusqu'à Halloween.

Ça a toujours été une période troublée chez les Winchester.

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John regarda la cabane en bois. Il n'était plus aux états unis depuis deux jours. Le Canada. ... Il ne dira rien sur le Canada.

Sinon qu'il y fait un putain de froid qui ne devrait pas être autorisé sur cette planète.

Enfin, il avait dû chercher longtemps avant de trouver ce repère, mais la ténacité est l'une de ses grandes qualités, et l'obstination sans doute son plus grand défaut.

Une chouette hulule dans le bois environnant. Le soir tombe de plus en plus vite à cette époque de l'année. Il vérifia une dernière fois son chargeur de balles en argent, enleva le cran de sécurité et se décida à entrer dans la cabane.

Il allait ouvrir la porte quand un hurlement retenti dans la vallée. "La cabane hurlante", hein... On l'avait prévenu, à la ville, un peu plus bas.

Il a comme l'impression que la situation est ironique, quelque part mais il ne saurait pas dire où. Dean aurait mis le doigt dessus en moins de deux mais... Il ferme son esprit. Il essaye de ne pas penser à lui. De ne pas réfléchir sur ce qu'il a fait, sur ce que Dean à fait. Il s'embrouille facilement dans ses raisonnements. Il se reconcentre sur le loup garou qui doit normalement être à l'intérieur de cette maisonnette.

Un nouveau hurlement retenti, d'un réel pétrifiant, lui tirant un frisson. C'est de la souffrance pure.

Encore un.

Il s'approcha de la fenêtre entrouverte et entendit un gémissement :

-... Je... Je ne sais pas... Laissez-moi...

Il reconnut difficilement la voix du directeur.

-Allons, je ne demande pas grand-chose pourtant...

La seconde voix était masculine, éthérée, mielleuse. Un sanglot parvint à John, précédent un nouveau cri qui finit étranglé.

-Cchhhh, nous avons un invité, et de marque !

Le sang se glaça dans les veines de John.

-Entrez donc Monsieur Winchester, c'est ouvert !

Il resserra sa prise sur son arme et poussa la porte. A l'intérieur, le Directeur-loup-garou, attaché sur une chaise, tordu de plaies et de bleus. Et ce petit homme brun, trapu, qui porte un costume chic sous un tablier de boucher maculé de sang. Un couteau, probablement en argent dans la main gauche pendant que la droite allume une bougie sur la table.

-Monsieur Winchester Senior, tiens donc, c'est un honneur !

John se tendit.

-Qui êtes-vous, que voulez-vous dire par là ?

-On m'appelle Crowley. Et je suis le roi des enfers.

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Dean se prélassait dans le canapé, devant les chaines satellites. La clientèle de la Laverie augmentait doucement et le vieux parano devait en être dingue, mais il recevait toujours son enveloppe, alors il ne se plaindrait pas. Il ne savait pas d'où Devereaux tirait le liquide et en fait, il ne tenait pas à le savoir.

Castiel arriva derrière lui, lui caressant les cheveux au passage. Il se sentait si bien ici...

Il attira le comptable par la cravate pour recevoir un baiser. Il le reçu et celui-ci fut approfondit sans même qu'il ait besoin de demander. Il lui fit un peu de place sur le canapé près de lui, et Castiel s'assit. Hésita un instant...

-Dean...

-Oui ?

-Tu... Tu te souviens des vœux ?

-Moui ?

-Il m'en reste deux n'est-ce pas ?

Dean ouvrit les yeux et regarda Castiel.

-Tu veux quelque chose que je ne te donnerais pas sans ça ?

-Oui, je... Il n'arrivait pas à le formuler...

- Lance-toi, Cass. Une promesse est une promesse.

-Je... Veux savoir qui tu es. Quelle a été ta vie avant notre rencontre, pourquoi tu fais des cauchemars, pourquoi tu me le cache... Tout.

Alors c'était aujourd'hui que ça devait péter, constata Dean.

-Tu ne vas probablement pas aimer.

-Je veux le savoir, Dean. Sans savoir, je ne peux rien faire.

-Faux. Tu faisais déjà beaucoup pour moi... Tu es sur ?

-Oui.

Dean soupira, se redressa. Il fallait qu'il mette de l'ordre dans ses idées. La dernière fois qu'il avait fait une déclaration, il avait tout de suite commencé par le pire, et nous savons tous comment cela s'était finit, n'est-ce pas ?

Et puis comment Castiel allait pouvoir avaler que le surnaturel était réel ? Hein ?

-Dean... S'il te plaît...

-D'accord, d'accord Cas. Tu vas me prendre pour un fou, un psychopathe et appeler la police, mais je vais te parler.

Il avait promis. Il n'avait jamais rompu ses promesses.

-... Les monstres existent.

Il l'avait dit vite, tête baissée.

-Pardon, demanda doucement Castiel ?

-Les monstres, les vampires, les loups garous, les goules, les sorcières, les fantômes, c'est réel.

-Ah.

Dean ouvrit de grands yeux alors que Castiel le fixait placidement.

-Tu acceptes ça comme ça ?

-J'ai confiance en toi. Je ne le savais pas, mais l'ignorance de l'existence d'une galaxie lointaine ne la rend pas moins réelle.

Il adorait vraiment Castiel et son imperturbabilité quel que soit la situation.

-Comment l'as-tu apprit, toi ?

-Tu te souviens de la mort de ma mère ?

-Oui, dans un incendie criminel. Azazel.

-C'est un démon. Elle brulait collée au plafond. P'pa a un peu cherché, une de nos voisines était médium, elle lui a fait rencontrer un chasseur qui l'as fait entrer dans ce monde.

-Un chasseur ?

-De monstres, clarifia Dean. Faut bien que quelqu'un protège ceux qui ne savent pas. J'en suis un, papa et Sam en sont aussi. On voyage à travers le pays pour tuer les monstres qui s'en prennent aux humains.

-Pas de tribunal pour les monstres.

Dean resta perplexe, puis secoua la tête.

-Non. Ça peut sembler barbare, ça l'est de toute façon, mais c'est une histoire de basse vengeance.

Castiel comprenait bien que personne n'aie encore revendiqué les droits des monstres.

-C'est à cause de cela que tu fais des cauchemars ?

-Non, les cauchemars, c'est l'enfer.

-L'enfer ?

-C'est compliqué...

- Explique-moi.

Castiel avait remonté ses jambes contre lui, très attentif. Il soupira.

-Quand Sam à eut vingt ans, il a voulu aller à l'université. Papa était contre, quand on est chasseur, on le reste. Alors Sam est parti. Deux ans plus tard, papa à trouver une piste sérieuse sur Azazel et il est parti sans moi. Je suis allé chercher Sam pour partir à sa recherche, et en représailles, le démon à fait brûler la petite amie de Sam. On a cherché pendant un an, et j'aie été accusé pour meurtre avec barbarie à St Louis, entre autres. Je suis enterré là-bas d'ailleurs.

Castiel pencha la tête sur le côté, l'interrogeant muettement.

-Un métamorphe. C'était lui qui était responsable, c'est lui qui est mort. On a fini par le retrouver, on a insisté pour être dans le coup, mais on a échoué. On s'en est sorti, salement amochés, et je me suis pris un camion.

Castiel fronça les sourcils...

-Ce n'est pas une image. Un trente-six tonnes à percuté l'Impala, j'étais déjà quasiment dans le coma, on allait à l'hôpital, ça m'as achevé. Papa s'est sentit coupable, il a vendu son âme au démon pour me ramener à la vie.

-Un pacte, demanda le brun ?

-Oui. Tu invoques un démon, tu lui demandes quelque chose en échange de ton âme et tu as dix ans pour en profiter avant qu'ils ne viennent la chercher. P'pa n'a pas eu les dix ans. Il a juste eu le temps de me raconter des conneries à propos de Sam et de retourner dans sa chambre.

Le ton était légèrement énervé, et cela surprit Castiel.

-Mais c'était ton père, il était mort...

-Ce n'est pas une excuse pour tout. Ça m'a rendu dingue toute l'année suivante. Avec Sam on a cherché Azazel, je lui ai réglé son compte, mais sa fille a tué Sam. Je peux pas vivre sans Sam. J'ai vendu mon âme à un démon des croisements et j'ai obtenu la vie de Sam et un an. Meg, la fille d'Azazel, voulait récupérer mon âme avant le démon à qui je l'ai vendue, elle a essayé de nous tendre un piège en ramenant Papa, mais ça s'est retourné contre elle, et elle est retournée en enfer. Et puis je suis mort. Aller simple pour les fourneaux, et elle m'y attendait de pied ferme. J'y suis resté six mois puis j'ai pu m'échapper en passant par une dimension intermédiaire, le purgatoire. J'ai erré là un an avant de revenir sur terre.

-Donc, tenta Castiel après un moment de silence, toi, Sam et votre père, vous êtes revenu d'entre les morts.

-Euh... Ouai. (Il se gratta la nuque.) C'est complètement dingue, hein ?

-Qu'est ce qui s'est passé en enfer, Dean ?

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Le petit homme brun jouait avec son couteau sous l'œil vaguement terrorisé du loup garou et John serrait les poings.

-Allons, prenez donc une chaise, je suis à vous dans un instant.

Il ficha la lame dans la cuisse du monstre qui jappa de douleur, mais apparemment, c'était loin d'être le pire de ce qu'il lui avait fait subir. John se sentait dégouté, mais il n'hésitait pas à torturer les démons qui croisait son chemin, il n'avait aucune leçon à donner.

-Alors Monsieur Winchester, sauriez-vous par hasard où se trouve Junior ?

-Qu'est-ce que vous leur voulez, gronda John ?

-Leur ? Ah oui, le petit Sammy, qui a beaucoup intéressé mon prédécesseur... Mmh, non, moi je veux Dean.

-Pourquoi ?

-Parce qu'il a des informations de première fraicheur sur un endroit qui m'intéresse tout particulièrement.

-L'enfer, demanda le chasseur, incrédule ?

-Quoi ? ! Non ! Merci, je gère assez bien l'enfer. Je parle du purgatoire. Votre fiston ne vous raconte pas grand-chose, dites-moi...

-J'en sais assez.

-Comme ?

-Il a été l'un des votre pendant trente ans. C'est suffisant.

Le démon eut l'air désappointé un instant puis sourit.

-Ah non... Là Dean-o ne nous rends pas justice... Il a toujours été masochiste, ce garçon...

-Comment ça ?

-Asseyez-vous, Monsieur Winchester. Je vais vous raconter l'enfer de votre fils.

John obéit, appréhendant la suite. Il savait déjà qu'il avait jugé Dean bien trop vite, mais...

Crowley ôtât son tablier, le jetant négligemment sur le genou libre du loup qui lui montrât les dents dans une attitude très animale pour un visage humain.

-Dans le temps, avant que votre cher enfant ne détruise Azazel, lui et la bande des démons aux yeux jaunes et blancs, dont ma chère et tendre Lilith, régnaient sur l'enfer. Donc, Dean tue Azazel, et moi, profitant de la désorganisation qui s'en suit, je fais enfermer les autres du gang et prend le pouvoir. C'est de l'opportunisme, je le reconnais, mais ils débloquaient tous un peu. Passons. Il restait deux ou trois fidèles d'Azazel que je n'ai pas pu sceller, et ils devenaient menaçants, alors je leur ai promis la tête de Dean : l'âme était à eux quand elle est arrivée, et Alistair s'est pas mal défoulé dessus. C'est notre seigneur des tortures. Il l'a charcutée pendant une dizaine d'années, et tous les soirs, il lui laissait le choix de devenir un démon comme nous ou de continuer de souffrir.

Crowley s'arrêta un instant, pensif.

-Dans le fond, j'ai du respect pour votre rejeton, Monsieur Winchester... Vous permettez que je vous appelle John ? Que disais-je... Ah. Il a tenu le coup, pendant dix ans, tout ce qu'on a pu lui extorqué, ça a été des "non", c'était très frustrant, pour moi, pour Alistair... Au bout de dix ans, c'est une tradition, quand quelqu'un résiste, on change de méthode. Alistair a jeté Dean aux démons et... Mmh, cette partie-là ne va pas vous plaire.

-Quoi ?

-Disons que tout l'enfer lui est passé dessus. Et dedans. Si j'ose le formuler ainsi.

John retint un haut le cœur.

-Mais au final, il avait beau pleurer, il disait toujours non. Alors bon, au bout de dix ans, on l'a envoyé dans les Limbes.

-Les Limbes ?

-Les niveaux les plus profonds de l'enfer. Le temps n'existe plus là-bas, pas de chaleur, pas de froid, aucun bruit, aucune lumière, juste le vide infini. On l'a laissé seul, et on a presque cru qu'on avait encore échoué ! Il a tenu neuf ans et demi avant de devenir complètement fou et de commencer à s'automutiler avec le couteau qu'on lui avait laissé. Enfin, il a fini par dire oui. Il était vraiment... Inquiétant. Alistair en a fait son apprenti, et il était doué le petit... Son âme s'est recouverte d'une carapace noire mais au fond, il n'est jamais devenu un vrai démon.

Une note de déception perçait, là.

-C'est à dire ?

-C'est à dire qu'il a les yeux très verts votre fils ! Et le pire dans tout ça c'est qu'il faisait se pâmer mes démons les plus endurcis, et il tabassait allègrement les autres. Il avait fait ça toute sa vie, pourquoi s'arrêter, hein ? Ça l'a rendu célèbre, et évidemment, elle a entendu parler de lui... Elle ! Votre femme, Mary Winchester !

La mâchoire de John se décrocha.

Mais déjà Crowley continuait, de plus en plus énervé.

-Je ne peux pas la sceller, elle est bien plus puissante que moi, elle faisait partie de la bande aux yeux jaunes d'Azazel, bien que son projet de le détruire un jour ou l'autre ne soit un secret pour personne. Vous êtes une sacrée famille de fouteurs de merde, vous le savez, ça ? !

A cet instant, dans le fond de son cœur, John était infiniment fier de sa famille. Mais le reste de son cerveau avait bloqué sur Mary.

-Que s'est-il passé ?

-Ils ont fui ensemble, ce sont planqués dans tous les recoins secrets de l'enfer, elle à ramener son corps et l'a fait passer au purgatoire. A partir de là, je ne sais plus rien, c'est pourquoi j'aurais bien besoin de le voir. Pour un débriefing, m'voyez ?

-Non.

C'était ferme, clair et net.

-Vous croyez, grinça le petit démon avec un sourire affable cachant une fureur froide ?

John se leva lentement pour voir le loup-Garou.

-Votre manière de débriefer n'est pas très convaincante non plus.

Il arracha la lame alors que le loup grondait et l'examina faussement.

Crowley lui sourit un peu plus... Il trancha les liens du loup qui sauta à la gorge de son tortionnaire pendant que John traçait un pentacle avec une bouteille d'huile trouvée dans un coin sur le sol autour d'eux et y mettait le feu.

Le loup bondit hors du cercle alors que Crowley rugissait. Il jeta un regard à John et disparu.

Il devait prévenir Dean Winchester que cette créature en avait après lui, après sa dette serait réglée.

John ne tarda pas à mettre les bouts lui aussi, et réfléchissait. Le démon lui en avait plus dit sur Dean qu'il n'en aurait jamais entendu par la bouche de son fils... Et Mary. Dean avait vu Mary et ne lui avait rien dit. Ils allaient devoir avoir une conversation tous les deux.

Il ne vit pas la piécette traqueuse coincée sous le siège passager.

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Le loup avait senti que John Winchester prenait la même direction que lui. Il devait se presser. Il se lécha les babines et regarda le cadavre de l'ours à ses pieds. Il n'aimait pas tuer les animaux d'espèces en voie de disparition, mais il devait aller vite. Il reprit sa route.

Il galopa toute la nuit et tout le jour suivant.

L'immeuble de Dean Winchester brillait comme un far surnaturel tant il était bardé de protections et de sceaux camouflés. Heureusement que lui pouvait toujours entrer.

Il sonna à la porte et le chasseur, en sweat-shirt et jean élimé lui ouvrit.

-Je viens en paix régler ma dette.

L'humain sembla se détendre un peu. Il l'examina, curieux.

-Mon père t'as retrouvé ou quoi ?

-Oui. Mais ce n'est pas lui qui m'a mis dans cet état.

-Qui ?

-Crowley.

La mâchoire de Dean se crispa.

-Il en a après toi et j'ai bien peur que ton père ne le mène tout droit ici. Il lui a raconté ton enfer. Il veut le purgatoire. S'il le trouve...

-Ne t'inquiète pas. Il ne me trouvera pas.

-Je l'espère pour nous tous, Dean Winchester. Adieu.

-Ouai, à un de ces quatre.

"Dean, appela une voix à l'intérieur, ensommeillée ?

-J'arrive Cas.

Le loup était déjà parti. Il rentra dans l'appartement. Il avait bien fait de le laisser filer en échange du gamin qu'il avait dû transformer par erreur, la dernière victime. Le cœur toujours en place.

Mais il allait devoir partir, pour protéger Cas.

Il croisa les yeux bleus de celui qui partageait sa vie depuis bientôt quatre mois, à qui il venait de se confier. Comment pouvait-il le quitter ? Hein, comment ?

-Que faisais-tu ?

Il s'approcha pour l'embrasser avant de répondre. C'était probablement son dernier baiser de Castiel. Dommage. Ça avait vraiment été super.

-Dean ?

-Je vais devoir partir, Cass.

-Ah. Tu reviendras quand ?

-Je ne reviendrais pas.

L'incompréhension dans le regard de Castiel lui fit de la peine.

-Le roi de l'enfer en a après moi, il va venir ici si je reste, je ne veux pas qu'il te trouve, dit-il doucement.

Castiel fronça les sourcils et serra les dents.

-Si toute cette histoire n'était qu'une excuse pour partir, tu n'avais pas à te donner toute cette peine. Tu es libre de tes actes.

Dean baissa la tête. C'était peut-être mieux comme ça.

Il se redressa, tendu, Castiel lui avait déjà tourné le dos, mais il ne savait pas si c'était pour lui cacher son désarroi ou sa colère.

Il ne rajouta rien. Que dire de plus ?

Il rassembla le peu d'affaires qu'il avait déposé dans l'appartement, tachant de ne pas repenser à tous ses moments passé ici, à ses dernières semaines, où il s'était presque dit que c'était un peu sa maison...

Castiel ne lui adressa plus un regard jusqu'à ce qu'il pose les clefs sur le meuble près de la porte et sorte.

Et maintenant, Dean, se demanda-t-il en inspirant un grand coup pour chasser ce qui lui piquait les yeux et souffler de la buée, tu vas où ?

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Tbc


Hum, je tiens à vous dire qu'il est illégal dans la plupart des pays d'attenter à l'intégrité physique d'une personne.

Je veux pourtant vous donner la possibilité de me détruire virtuellement à l'aide de l'arme que vous voudrez en l'expliquant d'une manière détaillée dans le cadre en dessous.

Et si vous pouviez du même coup me dire ce que vous pensez de mon intrigue...

Je vous remercie énormément d'avoir suivi jusqu'ici, à bientôt j'espère :)