Story: Deeply in Love

Autor: Swato

Rating: M

Pairing: AlbusXScorpius

AP&SM

Résumé: A l'apogée de leurs relations de couple, Albus et Scorpius atterissent sur une île... peu commune. Eh ! C'est qui ce lapin !

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_CHAPITRE 8_

La traversée

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- Quelle sensation horrible ! J'ai l'impression d'être coincé sous une pierre !

- Oh oui ! Un cœur, c'est lourd à porter.

Extrait du film Le château ambulant.

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Le médecin avait dit qu'il allait nous accompagner lors de la traversée au cas où le bébé se déciderait à pointer son nez. Normalement, il me restait encore de la marge, je n'étais qu'au début de mon neuvième mois... Tout le monde mettaient les bouchées doubles, il restait le mat à placer et quelque travaux de dernière minutes. Tous nous avaient aidés et nous aidaient encore. Ils allaient jusqu'à rester le soir avec des torches pour travailler le plus longtemps possible. J'avais été voir le bateau une fois, il était immense, je ne comprenais pas pourquoi ils l'avaient fait aussi grand. Puis quand j'avais su le nombre de gens qui monterait dedans, je m'étais dit que finalement, il allait peut être s'avérer petit. Le marquis et les compagnons de Robin avaient bon espoir de le terminer cette semaine et plus le temps passait plus moi et Scorpius devenions nerveux. Ce bébé, je l'avais voulu, mais j'avais peur de ne pas être à la hauteur. Je sentis un coup à l'intérieur de mon ventre alors que j'observais le bateau et je caressais l'endroit où ma peau s'était soulevée en soupirant.

- Ouais, moi aussi je suis pas rassuré, murmurais-je en réponse.

Esperanza avait finalement décidé de rester avec ses sœurs, elle ne viendrait pas avec nous en Angleterre. Ça me laissait un goût amer dans la bouche, mais je comprenais son choix. Qui partirait d'un endroit où il avait tout ce qui lui fallait pour aller on ne savait où ?

Il avait été prévu qu'on nous déposerait en Espagne, à Cadiz, près de Malaga, puis que nous rejoindrions les terres. Après, nous nous débrouillerions pour aller jusqu'en Angleterre. Le capitaine du bateau avait été choisi. C'était un vieil homme, il me faisait penser au capitaine du Titanic dans le film avec sa longue barbe blanche. Je devais faire une fixation sur ce film... Il avait défini le temps que nous mettrions pour rejoindre Cadiz. Il s'était aidé des indications de Scorpius quant à notre position actuelle et la position de l'Espagne par rapport à l'île.

- On devrait mettre deux jours environ. Peut être trois si on compte les imprévus.

Mais il y avait plus inquiétant. Le bateau allait être mis à l'eau à la fin de semaine si tout allait bien, le hic, c'était que nous devrions traverser la mer en canoë pour monter dedans. Nous n'avions pas assez de temps pour construire une passerelle. Ce qui m'inquiétait, c'était les sirènes. J'avais peur qu'elles ne nous mettent des battons dans les roues, je ne voulais pas que des gens meurent par notre faute. J'en avais parlé à Esperanza et elle avait les mêmes inquiétude que moi. Ce qu'elle m'annonça était milles fois pire que ce que j'avais imaginé.

- En plus, on entre dans la période de reproduction... Elles vont être folles avec tout ces hommes, dit-elle en secouant la tête, lasse.

J'avais senti mon coeur remonter dans ma gorge à cette annonce... Les sirènes allaient être... en chaleur ?

- On ne peut pas repousser la traversée. Sinon, je devrais lui donner naissance ici, dis-je en baissant les yeux sur mon ventre.

- Oui... Je sais. Je vais essayer de faire diversion pour toi. Ça sera mon cadeau de départ, dit-elle en souriant.

Mon angoisse avait diminué. Je lui faisais confiance et savoir qu'elle nous protégerait me rassura.

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Le mat était tombé... C'était bien notre veine. Il avait cassé une bonne partie du pont en tombant, ce qui retardait l'échéance de notre départ.

- Je jure que tu pourras rentrer chez toi dans une semaine.

C'était les mots de Robin, je le croyais. Même si il restait une semaine de plus à attendre, j'attendrais. Nous étions début mai. Nous avions débarqués sur cette île en Août juste après notre mariage. Ça faisait sacrément longtemps que nous étions ici, mais nous avions été bien entouré. Nous aurions pu tomber sur des gens mauvais. Au lieu de croiser le chaperon rouge, j'aurais pu rencontrer le loup. En quelque sorte... je l'avais rencontré. Je souriais à cette pensée lubrique et secouais la tête, exaspéré par moi-même. Nous étions chanceux dans notre malheur. Nous avions rencontrés des gens formidables, qui étaient prêts à tout pour nous aider. Ils me manqueraient quand nous partirions d'ici.

Depuis la semaine dernière, j'avais d'horrible douleur au niveau du bas ventre. Je m'étais tu parce que ça m'arrivait des fois, puis ça passait... Mais quand la douleur augmenta jusqu'à ne plus être supportable, je demandais à Scorpius d'aller chercher le médecin et m'allongeais sur le sofa en essayant de respirer le plus correctement possible. Ça n'était pas normal, je le savais et ça me faisait peur. Un autre élan de douleur me tirailla le ventre et je me pliais sur moi-même en gémissant. Scorpius avait envoyé quelqu'un, il était agenouillé à coté de moi et me caressait les cheveux, comme pour m'apaiser. Je haletais en fermant les yeux. Le médecin mit du temps à arriver, mais il n'était pas chez le marquis et le cocher avait du aller le chercher en ville. Quand il vit mon état, il se dépêcha et s'installa à coté de moi sur un fauteuil.

Il m'examina pendant ce qui me sembla être une éternité puis rangea sa mallette et soupira.

- Je ne connais pas grand chose en grossesse masculine. Je peux même dire que je n'y connais rien mais il vous faut du repos, l'activité et le mouvement dans votre état est déconseillé, vous en faites beaucoup trop. Vous devez garder le lit jusqu'au départ.

- Garder le lit ! Mais..., protestais-je.

- Vous voulez perdre votre enfant ? Je suppose que non. Alors vous devez garder le lit et vous reposer. Je passerais demain pour voir comment évolue la situation.

Et voilà comment j'avais été condamné à rester allongé. C'était la pire scène de ma vie. Je devais rester allongé toute la sainte journée, à ne rien faire d'autre que lire et m'ennuyer.

- T'es chiante quand même..., râlais-je en regardant boudeusement mon ventre, tu veux pas que papa se lève ? Ça pourrait être bien de voir du monde, d'aller au campement et non pas de se faire chier comme un rat mort.

J'eus un coup de pied en réponse, je grimaçais en grognant.

- Vilaine fille. Tu vas voir une fois sortie, c'est moi qui mènerait les opérations. Je t'empêcherais de dormir comme tu l'as fait avec moi pendant un mois entier ! Je te filerais des coups de coudes et des coups de pied, je te ferais prendre 10 kilos, on verra qui aura l'air malin ! Grommelais-je.

Je n'en pensais pas un mot bien sûr. C'était juste un moyen d'extérioriser. Je soupirais en fermant les yeux. J'étais déjà fatigué rien qu'à imaginer comment ce bébé allait me faire tourner en bourrique. A tout les coups, il aurait le même caractère que Scorpius, il me ferait sortir de mes gonds et le pire, c'est que je ne lui en voudrait pas parce que je l'aimerais trop.

- Ce bébé va être pourri gâté, soupirais-je en secouant la tête.

- Tu parles encore tout seul ?

- Je parles pas tout seul, je parle au bébé, grommelais-je.

Scorpius entra dans la pièce et ouvrit un placard, il rangea sa veste et vint s'allonger à coté de moi. Il posa sa tête sur mes genoux tandis que je resserrais la couverture autour de moi. Je passais machinalement une main dans ses mèches blondes et regardais par la fenêtre pour tromper l'ennui.

- Il ne te comprend pas, tu sais ? Me fis remarquer Scorpius avec un sourire amusé.

- Va dire ça à Hélène ! Elle n'est enceinte que depuis un mois et elle commence déjà à gagatiser devant son môme ! Quelle déchéance...

- Moui, grommela t-il.

Scorpius posa doucement sa main sur mon ventre et caressa légèrement la peau tendue.

- Salut, bébé.

- Tu vois, toi aussi tu gagatises, marmonnais-je

- Comment on va l'appeler ? Demanda t-il d'une voix distraite et curieuse.

- Cherches pas, tu ne choisiras pas son prénom, riais-je.

- Pourquoi ? Demanda t-il boudeusement

J'enlevais une mèche de devant ses yeux et secouais la tête.

- Je t'ai déjà dit pourquoi. On fait un deal : je propose et tu me dis si tu aimes ou pas.

- Merci, c'est très aimable à toi de me laisser un droit de consultation, marmonna t-il.

Je riais. Il était vexé, je le voyais. Mais sérieusement, après Gribouille, Crapule et Bambi, je faisais bien de m'inquiéter non ? Je froissais ses cheveux d'une main tendre et me réinstallais dans les coussins en l'entendant soupirer de bien être.

- Alors ?

- Alors quoi ? Demandais-je

- Tu me fais tes propositions ? Si c'est une fille, tu veux l'appeler comment ?

Je réfléchissais un moment, essayant de me l'imaginer. Je ne faisais pas souvent ça, parce que j'avais peur qu'en l'imaginant, elle ne disparaisse... Je ne voulais pas découvrir que tout cela n'avait été qu'un rêve. Je secouais la tête et fis un sourire à Scorpius quand il me donna un coup sur l'épaule pour me faire revenir à l'instant présent.

- Isabella ? Proposais-je avec hésitation.

- Quoi ? T'es sérieux ? Pouffa t-il

- Bah quoi... C'est le prénom le plus rependu au Royaume Uni, expliquais-je.

- Ah ! Tu vois, c'est ça le problème avec toi, Al. Tu veux trop que le bébé soit normal, alors tu choisis des noms à chier parce que tu ne veux pas qu'il soit différent, ricana t-il.

- Qu'est-ce qu'il y a de mal à vouloir qu'elle soit comme tout le monde ?

- Notre bébé ne sera jamais comme tout le monde. Il sera exceptionnel, dit-il rêveusement. Alors, quel prénom ? Tu dois déjà avoir réfléchi à ça pas vrai ? Mais tu ne veux pas me le dire...

- Je... Je trouve que Anaëlle c'est joli... pour une fille, balbutiais-je en marmonnant.

- Anaëlle... C'est vrai que c'est joli, répéta t-il avec le sourire. Bon, alors si c'est une fille on l'appellera Anaëlle. Et si c'est un garçon ?

- Ne cherches pas. Ce sera une fille, dis-je fermement.

Je pinçais les lèvres en le sentant se tendre légèrement. Il releva la tête et je me perdais dans ses yeux bleus. Scorpius était plus attentionné envers moi depuis le coup du baiser avec sa sirène. Il m'arrivait parfois d'y repenser, mais je préférais me dire que tout cela n'avait été qu'un rêve... Un cauchemars plutôt. La sirène n'existait plus. Elle était morte pour moi. Scorpius bailla et se réinstalla sur mes genoux, enfouissant sa tête dedans.

- Pourquoi tu dis ça tout à coup ? demanda t-il avec curiosité.

- Juste un pressentiment, répondis-je en haussant les épaules.

- On aura l'air fin si c'est un garçon, murmura Scorpius faiblement.

Je baissais le regard et souriais. Scorpius venait de s'endormir.

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La semaine passa rapidement, et l'heure du départ arriva sans que je m'en rendre compte. Passer mon temps allongé n'avait en rien fait ralentir le temps, au contraire. Plus j'avais peur pour la suite, plus le temps passait vite...

Je voulus passer par le lagon pour dire au revoir à Esperanza. Scorpius m'y escorta mais refusa de rester avec moi.

- Je suis toujours en colère contre elle pour avoir essayé de te tuer la première fois qu'elle nous a vu. Je ne supporterais pas de la voir. Je t'attends plus loin, déclara t-il en secouant la tête.

C'était ridicule, je ne savais même pas si elle viendrait. Ça faisait une semaine que je n'étais pas venu ici à cause de mon interdiction. Elle avait toujours pressenti mes venues, mais est-ce qu'elle aurait ce pressentiment ette fois ci ? Est-ce qu'elle viendrait ?

- Eh, stupide humain, arrête de bailler aux corneilles et viens me dire adieu !

Je sursautais et souriais. Elle était venue, comme d'habitude. Je regardais ses longs cheveux blond flotter sur les eaux calmes et ses yeux vert scintiller. Je devais être vraiment stupide, je me jetais à l'eau, ne pouvant pas attendre qu'elle soit arrivée en face de moi. Elle me rattrapa avant que ma tête n'eut touché l'eau et je riais, la gorge serrée.

- Es-tu donc vraiment stupide ? Imbécile ! Râla t-elle

- Viens avec nous, mi querida, dis-je en plaisantant à moitié. Tu seras la marraine, proposais-je.

- Arrête donc d'essayer de me corrompre, gronda t-elle.

- Tu vas me manquer, protestais-je.

- Tiens.

Elle me repoussa à moitié, me tenant toujours d'une main pour que je ne coules pas et détacha le collier qu'elle portait autour du cou. Elle le mit dans ma main et me fit un sourire tremblant.

- Tu le donneras à ton bébé de ma part quand il viendra au monde, expliqua t-elle.

Elle me porta à bout de bras et je m'étonnais encore une fois de sa force surnaturelle. Puis elle me fit remonter doucement à la surface et me posa sur la terre ferme.

- Aller ! Va maintenant, et ne reviens jamais !

Elle me regarda encore une fois, son sourire tremblant plus fortement tandis que je sentais mon coeur se serrer dans ma poitrine. Je ne voulais pas ne plus la revoir... Je voulais qu'elle vienne. Soudain, elle se détourna et plongea, mais j'avais eut le temps de voir ses larmes. Je déglutissais difficilement en baissant la tête, ma gorge me faisait mal. Je me relevais, trempé jusqu'aux os. J'avais une énorme boule coincée en travers de la gorge. Je me détournais et allais retrouver Scorpius. Il me regarda arriver avec surprise et hoqueta en voyant que j'étais trempé.

- Qu'est-ce que... ? S'exclama t-il

Je secouais la tête en négation et me serrais contre lui. Il mit un temps avant de refermer son étreinte sur moi, je l'entendis soupirer alors que je le trempais. Scorpius passa une main dans mes cheveux secs et m'aida à marcher jusqu'à la voiture. Quand nous arrivâmes au royaume du marquis de Carabas, Hélène rouspéta en voyant que mes vêtements étaient percés. Elle râla même sur Scorpius parce qu'il ne m'avait pas inciter à me changer dans la voiture. Nos bagages avaient été vite fait, nous avions tout laissé au château pour le personnel. Le marquis gardait la maison pour son propre plaisir, il aimait bien venir au bord de la plage, cela lui faisait une résidence secondaire et il se plaisait à dire qu'il le donnerait en cadeau à son futur enfant. Il aimait le fait qu'il allait devenir papa.

Les adieux avaient été long et plein d'émotion. Fichue hormone. Je pleurais comme un bébé à la fin des embrassades. Scorpius me serra dans ses bras et j'effaçais rageusement mes larmes.

- Putain ! Râlais-je. C'est moi qui presse tout le monde pour rentrer et je me retrouve à chialer comme un chien qui attend sa pâté !

- Très belle image, mon amour.

Scorpius me tapota l'épaule. Je fis un dernier signe à Marianne et à Robin, je serrais une dernière fois Hélène dans mes bras et fis une poignée de main chaleureuse au marquis de Carabas. Avant que je partes, Hélène me retint par le bras et me murmura quelque chose à l'oreille. J'en restais ébahi et n'arrivais pratiquement pas à intégrer ce qu'elle voulait dire, je la regardais avec émotion, et hochais la tête en remerciement.

- Vous allez tous me manquer, murmurais-je alors que je montais dans le canoë.


Si ça se trouve on allait couler à cause de mon gros cul. Je me plaçais au milieu pour répartir le poids et Scorpius se plaça à coté de moi. Nous étions les premiers à partir sur le bateau, les matelots suivraient. Le capitaine était assis devant moi, il avait une paire de rame. Deux matelots montèrent derrière nous, chacuns une rame à la main. Petit Jean poussa notre canoë le plus fort possible, nous glissâmes sur plusieurs mètres. Le bateau était encore loin cependant. Nous étions à un milles nautique du bateau, ce qui équivalait à 1852 mètres environ. Je hoquetais quand Scorpius passa une main dans mon dos, frottant mon dos alors que je frissonnais.

- Ça va ? T'as pas froid ? Me demanda Scorpius.

- Ça va, je suis peut être enceinte... Yeurk, je déteste vraiment ce mot. Mais je suis pas en sucre, terminais-je.

Nous avancions rapidement, la mer était calme, trop peut-être. Je scrutais l'eau à la recherche d'une chevelure rousse. Je m'attendais à ce que la sirène de Scorpius vienne pour tout foutre en l'air. Nous étions bientôt arriver, je regardais toujours l'eau cependant. Pourtant, le temps était au beau et tout était calme, j'entendais les « au revoir » venus de la terre. J'entendais la voix cassée de Hélène et les sanglots de Marianne. Je me calmais cependant quand nous atteignîmes l'échelle du bateau. Ça allait être le plus dur maintenant, j'étais fatigué facilement, et le bébé ne m'aidait pas, le médecin m'avait prescrit du repos, j'allais devoir forcer aujourd'hui. Le capitaine monta à l'échelle et je le regardais faire en me persuadant que ce n'était pas si dure à faire. Lever un pied, une main, c'était tout con. Je posais la main sur mon ventre quand je ressentis un petit coup.

- Du calme, murmurais-je.

Je n'eus pas le temps de réagir. Quelque chose bondit au dessus de nous et retomba violemment sur le coté droit du bateau, là où se trouvait Scorpius. L'instant d'après, j'entendais un bruit d'éclaboussure et je vis une chevelure rousse disparaître dans les profondeurs de l'eau. Inconscient du danger que je courrais, je me penchais de l'autre coté du bateau, essayant de voir où était Scorpius. Elle l'avait emporté ! Sa putain de sirène l'avait emportée !

J'étais encore trop choqué pour réagir, le capitaine avait sauté de l'échelle et était revenu sur le canoë. Il avait mis sa rame à l'eau ainsi que les matelots dans un vain espoir que Scorpius s'en saisisse. J'entendais les cris de désespoir sur la rive. Je sentais la terreur me saisir tout entier. J'en étais presque malade, j'avais mal au cœur. Ça ne pouvait pas se terminer comme ça, je ne pouvais pas vivre seul, je pourrais pas sans Scorpius. L'angoisse me monta à la gorge et mes mains tremblèrent contre le bois du canoë, un matelot essaya de me tirer pour m'écarter du bord mais je refusais de bouger, je voulais voir Scorpius.

Il ne pourrait pas se noyer, elle l'avait embrassé, alors qu'allait-elle faire ? Allait-elle me l'enlever comme je l'avais prédit ? Un long moment passa et j'étais sur le point de céder à ma crise d'hystérie quand une tête blonde jaillit hors de l'eau. Une tête que j'aurais pu reconnaître entre milles...

- Esperanza ! Haletais-je

Elle s'écrasa sur le bateau et le capitaine lui donna un coup de rame, je l'arrêtais en lui retenant le bras alors qu'il allait la frapper à nouveau.

- Non, elle est avec moi. Mais arrêtez, bordel de merde ! M'époumonnais-je.

- Al ? Une voix faible se fit entendre.

- Oh, bordel, Scorpius ! J'ai eut tellement peur.

Dans mon angoisse, je n'avais même pas remarqué qu'elle le tenait dans ses bras. Esperanza haleta et poussa Scorpius sur la place assise et celui-ci toussa plusieurs fois. On aurait dit qu'il... avait faillit se noyer. Esperanza n'était pas descendue du bateau, elle toisa l'eau et retroussa les lèvres, comme un loup s'apprêtant à fondre sur sa proie. Je regardais ce qu'elle fusillait du regard et tombais sur la sirène au cheveux roux. Par réflexe, je serrais Scorpius dans mes bras, lui tapant dans le dos alors qu'il s'étranglait en recrachant l'eau de mer.

- Maliciosa, ce sera ça ton nom désormais, cracha Esperanza.

La sirène rousse retroussa les lèvres à son tour et siffla comme un chat, je serrais plus fort Scorpius contre moi, vaine protection contre une telle créature. Celle qui venait de se faire baptiser Maliciosa me lança un regard noir, s'attarda sur sa sœur, puis disparu en s'immergeant dans la mer. Je regardais sa chevelure rousse disparaître au fur et à mesure de sa plongée et frissonnais en frottant le dos de Scorpius. Je tournais mon regard vers Esperanza.

- Elle va revenir ? demandais-je d'une voix tremblante.

- Non, elle en a fini. Ça va ? Demanda t-elle à Scorpius.

- O-Oui. Je ne comprends pas... Je croyais que je ne pouvais plus me noyer, reprit-il en tremblant de froid.

Le capitaine me donna une couverture, j'en entourais Scorpius et ce dernier me remercia du regard. Esperanza était toujours sur le bateau, je me tournais vers elle, une interrogation dans les yeux, attendant une réponse que je n'osais espérer.

- Les sirènes peuvent reprendre leurs dons. Elle a simplement décidé que tu n'étais plus digne d'être sauvé. Et pour répondre à ta question muette Albus : oui je reste. J'ai réfléchi jusqu'à la dernière seconde. J'ai réussi à convaincre mes sœurs de ne pas s'attaquer à vous quand j'ai réalisé qu'être une sirène, ce n'était pas ce que je voulais le plus au monde. Alors j'ai pris le chemin jusqu'ici et j'ai vu Maliciosa, je l'ai suivi. C'est comme ça que j'ai compris ses intentions...

- Esperanza..., murmurais-je. Mais... Et ta queue de poisson ? Demandais-je en grimaçant.

Sa queue n'avait pas disparue, elle brillait encore au soleil de ses éclats bleutés. Esperanza toucha ses écailles et haussa les épaules.

- Elle disparaîtra. Dans une heure environ, informa Scorpius tout tremblotant.

- Comment est-ce que tu sais ça ? Demanda t-elle

- Nous l'avons appris à Poudlard, répondit-il en haussant les épaules.

Esperanza haussa elle aussi les épaules. Le capitaine se tourna vers nous, il lança un regard suspicieux à notre compagnes puis se leva.

- Il va falloir la porter jusqu'en haut de l'échelle. Passez vos bras autour de mes épaules, je vais vous porter.

Elle fit une grimace en observant le capitaine mais consentit à faire ce qu'il désirait. Elle passa ses bras autour de ses épaules et le capitaine monta à l'échelle. Je ne l'aurais jamais pensé si fort. Il avait l'air d'un vieillard ! Il monta sans éprouver aucune fatigue, quand il arriva en haut je sifflais d'admiration. Merde... C'était à mon tour maintenant.

- Je vais monter derrière toi pour te retenir au cas où tu tombes, déclara Scorpius.

- Appelles-moi con.

- Con, ricana Scorpius.

Je soupirais et mis le pieds sur l'échelle. La montée fut éprouvante mais j'y parvenais sans que Scorpius n'ait eut à m'aider. Je rejoignis Esperanza, mes genoux tremblaient légèrement, j'avais l'air ridicule. Le capitaine l'avait installé sur une chaise, elle avait l'air bougonne mais quand elle me vit, elle me fit un sourire.

- Alors, toujours partant pour que je sois la marraine ? demanda t-elle.

- Quoi ? Est-ce que j'ai bien entendu ? S'exclama Scorpius.

Je posais une main sur mon cœur, il m'avait fait peur, je ne l'avais pas entendu arriver derrière moi. Je fis une grimace comique à Esperanza, cela la fit rire. Scorpius se tenait derrière moi, les mains sur les hanches. Je me mordillais la lèvre inférieure, cherchant comment aborder le sujet.

- Disons que j'ai essayé de la corrompre avec ça. Mais j'aimerais bien qu'elle soit la marraine, continuais-je avec une petite voix.

- Et moi dans tout ça ? Tu aurais pu m'en parler ! Grommela t-il.

- Tu choisiras le parrain, proposais-je. Et puis, tu lui dois bien ça, elle vient de te sauver la vie.

Scorpius pinça les lèvres et marmonna dans sa barbe inexistante. Je me tournais avec une nouvelle grimace vers Esperanza.

- Je suis content que tu sois venue. Ça aurait été nul sans toi, d'autant plus qu'il est hyper stressé, ajoutais-je en murmurant et en le montrant discrètement - hum - du doigt.

- J'ai entendu ! Cria Scorpius derrière moi

- Eh merde...

Je fis un clin d'œil à Esperanza puis allais m'assoir moi aussi en attendant que tout le monde embarque. J'étais contente. Finalement, tout se passait comme je l'avais voulu... Maintenant, il fallait juste ne pas avoir de problème pendant la traversée... Genre... Le Titanic. Je grimaçais en y pensant et secouais la tête. Nous étions plus d'une trentaine à bord. Il y avait les rameurs, les techniciens, tous des amis. Je me sentais mal de voir les gens s'installer et prendre les rames en main, attendant de se mettre en route. Ils allaient souffrir et galérer, et moi je serais tranquillement assis ici... C'était injuste.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

Je me tournais vers Scorpius. Il avait penché la tête sur le côté et m'observais d'un œil curieux. Il se mit à genoux devant moi et me prit les mains. Je secouais la tête avec un sourire pour le rassurer.

- Rien, je me sens juste coupable de les faire travailler autant... Ils ont déjà fait tellement pour nous, murmurais-je.

- Tu rigoles ! Eh les gars ! La mascotte se sent coupable de nous faire suer ! Gueula un matelot en riant.

Une salve de rire retentit ainsi que des moqueries de toute ceux qui étaient installés aux rames. Les matelots se tournèrent vers nous, je les avais tous rencontré au campement de Robin tous étaient des amis. Je croisais les bras, faussement vexé et me levais.

- J'espère que vous allez tous souffrir, bande de dégénéré !

Dieu, même mes insultes étaient devenu pourries. De nouveaux éclats de rire retentirent. Je me rasseyais et gardais mes bras croisés. Le visage souriant de Scorpius entra dans mon champs de vision, il me regardait avec une bouille attendri, il m'ébouriffa les cheveux puis se releva pour aller aider les gens à monter dans le bateau.

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Il fallut une heure entière pour que tous montent.

- Oh !

Je me tournais vers Esperanza qui venait de crier. Tout le monde se tourna vers nous tandis qu'elle tombait lourdement au sol. Je me relevais brusquement et me laissais tomber à genoux par terre à coté d'elle. Son visage était tordu par la douleur. Je la regardais grimacer et gémir en griffant le sol de ses ongles.

- Esperanza ! m'exclamais-je.

- AAAAAAH !

Elle claqua sa tête contre le sol, je la regardais faire, impuissant. Scorpius posa une main sur son front pour la maintenir et elle siffla.

- Regardes ! S'exclama t-il avec un mélange de dégoût et d'horreur dans la voix.

Il pointa du doigt le bas de son corps et j'y jetais un coup d'œil. La queue de poisson sembla se déchirer en deux, je fermais les yeux en respirant par la bouche, c'était vraiment pas le moment de vomir. Le phénomène était aussi étrange qu'insoutenable à regarder. Je détournais les yeux.

Les matelots commencèrent à s'amasser autour de nous, regardant le phénomène telle une foule en délire. Ça me dégoutait cette curiosité malsaine. Esperanza cria à nouveau de douleur et un bruit assourdissant me perça les tympans. C'était comme si on venait de briser une centaine de verre sur du carrelage et par réflexe, je posais mes mains sur mes oreilles. Quand je vis ce qui venait de se produire devant mes yeux, je les écarquillais, pas sûr de comprendre réellement. Les écailles de Esperanza était rependue sur le pont en un milliers d'éclat argenté.

- Euh... Vite, une couverture ! Cria Scorpius.

Un matelots enleva sa propre chemise pour la mettre sur les jambes de Esperanza. Elle avait déjà un haut en temps normal, un peu comme un genre de... soutien gorge. Bon sang, la dernière fois que j'avais vu pareil instrument de torture, c'était sur moi même, il y avait de cela 10 ans maintenant. Esperanza avait les yeux fermés sous la douleur qu'elle devait encore ressentir. Son corps était encore prit de mince soubresaut et un souffle doux passait ses lèvres. Scorpius essaya de la relever mais elle ne tenait pas sur ses toutes nouvelles jambes. Elle posa le pied par terre, ses jambes semblaient prise de convulsion tant elles tremblaient. Scorpius soupira et finit par la prendre dans ses bras. Esperanza poussa un cri tout à fait ridicule et s'agrippa à lui, encore perdue et haletante.

- Je vais l'amener dans une cabine, tu pourrais peut-être lui tenir compagnie ? proposa t-il.

- Je te rejoins, je veux dire au revoir... à tout le monde, balbutiais-je.

Scorpius hocha la tête, il avait emmailloté Esperanza dans la longue chemise pour la cacher de la vue des autres, elle cachait sa poitrine de ses bras avant qu'un autre matelot n'enlève à son tour sa chemise et ne la passe autour de ses épaules. Ce dernier lui fit un sourire puis alla rejoindre son rang. Scorpius l'emmena dans les cabines et ils disparurent de ma vue. Quand tout le monde fut monté sur le bateau, je fis signe à ceux qui étaient restés sur la terre ferme avec l'impression de perdre la moitié de mon cœur. Une partie de moi restait avec eux, bien accrochée.

- Si c'est un garçon, nous l'appellerons Albus Scorpius de Carabas.

C'était ce que m'avait dit Hélène avant que je ne monte dans le canoë.


Nous étions descendus dans nos chambres, je n'avais pas beaucoup dormi cette nuit, j'étais trop stressé pour le départ. Quand j'arrivais dans la chambre, Esperanza était assise sur le lit, elle contemplait ses jambes, s'amusait à les remuer quelques fois. Je souriais.

- Tu vas vite t'y habituer. Ça va mieux ? demandais-je avec inquiétude.

- Oui. Je comprends à présent pourquoi mes sœurs rechignent à se transformer en humaine. Ça fait tellement mal, j'en ai encore des frissons, dit-elle en tremblant.

- C'est passé maintenant, soupirais-je

Je m'avançais sur le lit et me laissais tomber à coté d'elle. Je me sentais fatigué, encore. C'était chiant d'avoir l'impression d'être un rat mort. Je posais ma tête sur ses jambes, m'assurant d'un regard que je ne lui pesais pas trop. Esperanza passa sa main dans mes cheveux et je la laissais faire. Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait, en général, je n'aimais pas trop le contact avec les gens. Mais je me sentais un besoin indéfinissable d'être entouré, ça venait peut être de mon état, je ne comprenais pas pour autant.

- Alors ? Vous avez choisi un nom finalement ? Demanda t-elle d'un ton faussement dégagé.

- Anaëlle, répondis-je sur le même ton.

- Et si c'est un garçon ?

- Ce sera une fille, dis-je avec un sourire.

- Ah bon ? On vous a dit le sexe du bébé ? demanda t-elle avec surprise.

- Parce qu'on pouvait le savoir ? Je veux dire... c'est le moyen âge là bas..., balbutiais-je.

- Et bien... Les sirènes le peuvent, c'est comme un sixième sens mais je ne me souviens pas avoir dit que ce serait une fille... A moins que je l'ai fait inconsciemment, concéda t-elle.

- Alors c'est une fille ? demandais-je, curieux.

- Je n'en sais rien moi ! Râla t-elle

J'ouvrais la bouche pour protester et la gronder mais je n'en eut pas le temps. Je me pliais en deux et poussais un gémissement. J'avais l'impression que mon ventre se tordait. Je me crispais et posais immédiatement une main autour de mon ventre. La douleur augmenta et je haletais.

- Albus ?

C'était comme si on avait planté un pieux dans le bas de ventre. Je criais. Ça faisait si mal. Je fermais la bouche en me mordant les lèvres.

- Va... Va chercher... le docteur, demandais-je en fermant les yeux.

- Mais Al... Mes jambes..., reprit-elle d'un ton paniqué.

Ma respiration était anarchique, ça faisait tellement mal ! Ça n'était pas normal. Est-ce qu'il y avait un problème avec le bébé ? Une vague d'angoisse monta dans ma poitrine et la douleur fut insupportable. Je fermais fort les yeux et m'efforçais de respirer convenablement. Je sentis vaguement un mouvement dans le lit, un grand bruit sourd retentit ainsi que des cris. Je n'arrivais pas à les distinguer des miens. Je me mettais difficilement sur le dos mais soudain, ce fut pire. La position était horriblement douloureuse.

- Alors ? Que se passe t-il ici ?

Un élan de soulagement me traversa en entendant le médecin arriver. Il allait savoir quoi faire, lui.

Je tremblais et me mordais les lèvres pour faire taire mes cris. Des mains froides se posèrent sur mon ventre, elles palpèrent à la recherche du problème. Une main douce passait dans mes cheveux.

- Là, ça va aller, me murmura Scorpius.

Au contraire, ce fut le début de l'horreur. Le médecin m'annonça qu'il ne pouvait rien faire, il restait une semaine avant le terme. Il fallait que je tienne le plus longtemps possible. La douleur était insupportable. Un feu brûlait dans mon estomac, tout ce que je voulais à présent : c'était qu'ils dégagent ce bébé de moi. Qu'ils emportent la douleur. Je serrais les dents parce que crier sans arrêt serait ridicule et que ça ne m'aiderait en rien. Ça ne ferait pas partir cette souffrance insupportable.

- C'est pas normal, Scorpius... Y a un truc qui va pas avec le bébé, murmurais-je faiblement.

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A suivre...

Je vous signale que c'est bientôt la fin de cette fiction !

Et oui lol

Sinon, je tiens à dire que ce retard au niveau de la publication n'est nullement ma faute

Et si vous voulez en savoir plus allez sur mon blog = xswatox . skyblog . com (enlevez les espaces )

Des review ça fait toujours plaisir !

Merci à Kitkat pour sa review ! Moi je trouve tes reviews très motivante... Contente que tu suives aussi régulièrement !