Gratissimum
Voici un chapitre carrément plus long que les autres, mais je ne me sentais pas de le couper.
En tout cas PLEINS de révélations au programme
Je ne suis pas dans mon pyjama.
Je ne suis pas dans mon lit.
Je ne suis pas dans ma chambre.
Je ne suis même pas dans ma maison.
Non, je suis dans l'appartement de Kyo, dans sa chambre, dans son lit et dans son t-shirt.
Mon esprit est complètement blanc. C'est comme si j'étais a l'extérieur de mon corps et que quelqu'un d'autre avait pris les commandes. Je n'ai rien pu faire quand je lui ai dit que je voulais rentrer, mais pas chez moi. Je me suis vue m'accrocher à son dos sur sa moto. J'ai traversé l'appartement, et je suis entrée dans sa chambre comme si je savais où elle était. J'ai pris automatiquement le vêtement dans son armoire, je me suis changée là devant lui et me suis glissée dans les draps.
Et maintenant qu'il est allongé à coté de moi, j'ai retrouvé tous mes esprits et je suis SUPER STRESSÉE.
C'est la première fois que je fais une pyjama-party avec un garçon !
Je suis allongée sur le dos, raide comme un bout de bois et c'est à peine si je respire. Kyo n'a pas l'air d'avoir ce genre de gène. J'entends sa respiration calme, et j'avoue que ça m'énerve un peu. Pourquoi il est aussi calme, alors que moi j'ai la tête à l'envers à cause du baiser de cinéma qu'on a partagé ?
Je veux dire… Il m'a soulevée de terre, j'avais mes mains dans ses cheveux… et nos langues se sont touchées ! J'ai encore les lèvres qui picotent, et mon estomac tout retourné.
Je le sens bouger, et sa main vient se poser sur mon ventre. Des frissons me parcourent tout le corps que ça en est presque douloureux. Il enroule son bras autour de moi et vient me coller contre son torse. Quand il parle, son souffle atteint directement ma nuque.
- Tu penses tellement fort que ça me donne mal à la tête. Dors. Ça ira mieux demain.
Je ne sais pas pourquoi, mais je le crois. Je me détends enfin et profite au maximum de sa température. Contrairement à sa voix, il est très chaud. Je prends sa main et la glisse sous ma joue. Voila ! Là je me sens bien. Très bien même.
.·°*°·.· °*°·.·°*°·.
Je crois que je n'ai jamais aussi bien dormi de ma vie. Surement le matelas. Il fait un joli bruit le matelas. Je vais essayer de me rendormir…
Mais ça fait pas de bruit, un matelas.
J'ouvre un peu plus les yeux, et je vois une masse de cheveux noirs juste devant mes yeux. Ce ne sont pas les miens… Je me redresse un peu plus pour voir que j'étais allongé sur le dos de Kyo.
Pourquoi… Comment…
Oh et puis zut ! C'est trop confortable. Je repose ma tête là où elle se trouvait, entre ses omoplates, et referme les yeux.
.·°*°·.· °*°·.·°*°·.
Lorsque je me réveille pour la seconde fois, je suis toute seule dans la chambre. Le soleil éclaire la pièce et, encore en mode zombie, je roule hors du lit. Je me dirige vers la cuisine. Mes yeux me font un peu mal. J'arrive dans la cuisine et tout le groupe est là. Ils sont autour de la table et discutent à voix basse. La dernière fois que j'ai assisté à cette scène, c'était au moment de l'histoire avec Oda…
Oda. Encore ce nom. Ils ont peut-être plus d'informations à me donner. Je devrais leur demander.
- Oh, un panda.
Toute l'attention se pose sur moi après la remarque de Luciole. Il se lève, tourne autour de moi, prend mon visage dans ses mains et frotte sa joue contre la mienne. Je ne peux m'empêcher de rire malgré l'étrangeté de la situation.
- Tu as dormi finalement.
Les mots de Kyo me font instantanément rougir, sans savoir pourquoi. Et quand je vois le sourire en coin d'Okuni, j'aurais voulu que le sol s'ouvre et m'engloutisse.
- Tiens, mange.
Il me tend une assiette de tartines de miel et de fromage et je me jette dessus. C'est mon petit-déjeuner préféré !
Ils reprennent leur conversation un peu plus fort. Ils parlent du défilé que doit présenté Akari pour valider son diplôme. Je n'écoute que d'une oreille, concentrée sur mes tartines.
La bouche pleine, je leur pose enfin la question qui me trotte dans la tête.
- Dites, vous savez qui est Oda ?
A peine ai-je prononcé son nom que tout le monde se fige (à part Luciole mais c'est une autre histoire). Okuni se tourne immédiatement vers Kyo. C'est moi ou sa mâchoire a l'air plus serré que d'habitude ?
Mahiro me prend la main.
- Comment tu te souviens de ce nom ?
- De temps en temps, j'ai des morceaux de souvenirs qui reviennent sans que je m'y attende. La première fois que je me suis souvenue de ce nom je parlais avec Shinrei. Et là, je me suis dit que vous tous en train de chuchoter avait un rapport avec lui. Grand-Frère Nozomu m'a dit que c'était mon amoureux…
Akari éclate de rire. Mais ce n'est pas un rire gentil. C'est froid, et méchant.
- Ton amoureux ? Un sacré connard ouais ! Quand je pense à ce qu'il t'a fait, je pourrais lui…
Elle ne fini pas sa pensée, Akira posant sa main sur son bras, elle se calma.
Donc ils savent ce qu'il s'est passé. Je vais enfin avoir des réponses !
- Vous pouvez me dire, s'il vous plait ?
- Yuya…, commence Tigre Rouge.
- NON !
Hein ? Quoi ? Comment ? Pourquoi ?
Je me tourne vers Kyo qui vient de hurler.
- Mais pourquoi ? Je veux savoir.
- Ça suffit ! Personne n'en parle. Je vous l'interdis !
PARDON ?
D'où il se permet d'interdire quoi que ce soit ?
Il se lève et retourne dans la cuisine. Je crois bien que je n'ai jamais été autant en colère. Je le suis.
- Je veux savoir ! De quel droit tu leur interdit de me parler de ce qui s'est passé ?
- C'est ma maison. C'est moi qui dirige et si ça te va pas, tu n'as qu'à te casser !
- Mais c'est MA VIE ! ! J'en ai marre que tout le monde garde des secrets, alors que ça devrait être les miens. Et si ça te va pas, tu n'as qu'à en sortir, de ma vie !
Il ne répond pas et me fixe. Je n'arrive plus à lire son visage et je regrette immédiatement mes mots. Mais après tout, j'ai le droit de connaitre mon passé.
Il me pousse contre le comptoir et se dirige vers la porte. Juste avant de la fermer, il se retourne une dernière fois.
- Il y a des souvenirs qu'il vaut mieux oublier, Yuya.
Yuya ? Pas de Planche à pain ? Mince, ça doit être sérieux… Mais ça me donne seulement envie d'en savoir plus !
Je regarde le reste du groupe et attends que l'un d'entre eux se dévoue. J'ai bien failli abandonner quand Mahiro s'est levée.
- Tu as raison. Tu as le droit de savoir. Les gars, vous nous laissez, s'il vous plait.
Et rapidement, on se retrouve toute les deux. Mahiro a un air grave. Elle prend une grande inspiration et commence enfin son histoire. Enfin, mon histoire.
- Oda Nobunaga est ton premier petit-ami. Au début, il était charmant, affectueux, gentil, toujours prêt à nous aider. On est tous tombé sous son charme. Sauf Kyo, mais ça c'est évident.
Evident ? Parle pour toi.
- Au bout d'un moment, tu restais de moins en moins avec nous, ton argent disparaissait on ne sait où et Oda devenait de plus en plus odieux avec toi. Il te parlait mal et ne faisait plus attention à toi. On a essayé de t'en parler, mais tu nous envoyais balader. J'imagine que tu ne voulais pas l'abandonner, que tu espérais retrouver le Oda d'avant. En tout cas tu t'es accrochée…
Oui. Ça me semble être correct. C'est comme ça que je suis. Têtue, grande gueule, et pleine d'espoir. Pas discrète, souriante et toujours gentille. Je ne suis pas la fille parfaite de Shinrei.
- Mais un soir, les choses ont vraiment dérapé. Tu as appelé en pleure. Tu t'étais enfermée dans la salle de bain. Tu… tu as dit qu'il t'avait frappée et tenté de te violer. On pouvait l'entendre frapper contre la porte. Mon dieu… tu étais terrifiée.
Mahiro se prend la tête dans les mains et éclate en sanglot. C'est moi qui mets mon bras autour de ses épaules et la berce pour la réconforter. Ça devrait être l'inverse. Et je suis choquée, c'est vrai, mais je ne me souviens de rien. L'histoire me dit vaguement quelque chose et l'état dans lequel elle est, je suis sure de l'avoir vécu également. Mais ça s'arrête là.
Elle reprend sa respiration et fini l'histoire.
- Kyo est arrivé à temps. Oda avait réussi à ouvrir la porte. Tu étais encore au téléphone avec moi, j'ai tout entendu. Si Bonten n'avait pas été là, il l'aurait tué, c'est sur. Après ça, il t'a ramené ici, parce que tu ne voulais pas rentrer chez toi. Depuis ce jour vous êtes devenus très proches. Il te donnait des cours d'autodéfense, vous étiez toujours fourrés ensemble. On pensait vraiment que vous alliez vous mettre ensemble et tu as rencontré Shinrei, de ton université.
- Oui, je connais la suite.
Je la coupe parce que je n'ai vraiment pas envie de parler de Shinrei. Si c'est pour l'entendre dire que je suis sur le point d'accepter sa demande en mariage… Bref !
Elle me prend dans ses bras.
- Comment tu te sens ?
- Bof… Je suis contente de savoir, mais je ne me souviens pas. Ni des évènements, ni de ce que j'ai ressenti. Mais merci de m'avoir expliqué. Je vois que c'est dur pour toi.
Elle ricane dans mon cou.
- C'est le monde à l'envers… Mais en tout cas, sois indulgente avec Kyo. Il cherche juste à te protéger. Tu sais à quel point il tient à toi.
Ben non, justement. C'est à peine s'il m'adresse la parole. Mais elle a raison.
- Je vais l'attendre. On a besoin de parler.
Elle me fait encore un énorme câlin et sors à son tour de l'appartement.
Bon, maintenant, il faut attendre le retour de ce sauvage. Je retourne dans sa chambre et l'observe un peu plus en détails. Elle est très sobre. Il n'y a aucune photo, aucun poster, aucune couleur sur les murs. Tout est rangé parfaitement. Elle est très froide. Ça ne m'étonne pas de lui.
Tiens, qu'est-ce-que c'est que ça ?
Oh ! Quel joli foulard ! Je ne savais pas qu'il portait du rose. Il doit être tout mimi.
Sauf que ça ressemble plus à un foulard de femme qu'à autre chose.
La curiosité l'emporte et j'ouvre son armoire. Maintenant qu'il fait jour, je vois clairement que les vêtements sont divisés en deux partie.
A droite, les siens, très clairement. Beaucoup de noir et blanc.
Mais de l'autre coté, il n'y a que des vêtements féminins. Très colorés, et très jolis. J'aime beaucoup. Cette chemise est magnifique, elle m'irait super bien. Et les motifs de ce pantalon sont trop adorables.
…
Il y a deux explications : soit il aime se travestir, soit il vit avec une femme.
« -YA »
Qu'est-ce que c'est ?
Sous une robe verte, il y a une boite. On dirait qu'il y a mon nom dessus.
« YUYA »
Il y a mon nom dessus !
C'est une boite en carton tout ce qu'il y a de plus banal, mais elle pourrait bien renfermer une facette de ma vie.
Je la prends très délicatement. Il ne faudrait pas la briser avant que je puisse l'ouvrir. Je m'installe sur le lit et regarde la boite.
J'ai comme l'impression qu'elle me nargue. Elle pourrait remplir tellement de vide dans ma tête. Mais j'ai peur. Et si découvrir ce qu'il y a l'intérieur ne fait qu'apporter de nouvelles questions ?
Reprends-toi Yuya ! Tu es une grande fille, tu as 21 ans. Tu n'as pas peur d'une petite boite. Rappelle-toi ce qu'à dit Yuki. Suis ton instinct. Et ton instinct te dit d'ouvrir cette boite et cet ordinateur.
Un ordinateur ? Quel ordinateur ?
Je ne me pose plus de questions, je dois savoir s'il y a vraiment un ordinateur. Et en effet, sous quelques dizaines de CDs et d'une petite caméra, il y a un ordinateur portable gris, plein d'autocollants.
Je l'allume et la photo qui apparait me donne les larmes aux yeux. C'est une photo de Mahiro, Akari, Okuni et moi. On se tient par les épaules et on sourit toutes à la caméra. Elle est tellement belle.
Sur le bureau, il y a plusieurs dossiers.
Je clique sur le premier, « Girls », et pleins de petites vidéos apparaissent.
Dans la première, je découvre Mahiro essayant une robe d'Akari. Okuni se moque d'elle ouvertement, et Akari la fait taire en lui disant que la prochaine fois c'est son tour. Dans la seconde Mahiro et Tigre sont sur le canapé et se font des câlins. Mais Mahiro doit voir la caméra et hurle mon prénom très en colère. Dans la troisième, Okuni a un masque sur le visage, des bigoudis dans les cheveux et danse en peignoir devant son miroir. On m'entend rire discrètement. Puis la caméra bouge et je vois qu'Akira et Bontenmaru sont tous les deux avec moi et eux aussi essaient de ne pas rire trop fort.
Il y a des centaines de vidéos.
J'ouvre le dossier « Self-def ». Il y a beaucoup moins de fichiers.
En ouvrant le premier, on voit Kyo face à Akira et explique quelque chose à la caméra. Ils sont tous les deux en tenus de sport et très concentrés. Ils commencent à faire des mouvements de judo ou karaté (je sais ne pas faire la différence) et Akira fini sur le dos dans un gros BOUM. C'est la même chose sur les quatre vidéos suivantes. Le lieu est toujours le même, et de temps en temps c'est Luciole qui prend la place d'Akira. Sur une vidéo, il y a tout d'un coup un gros plan sur le visage de Kyo, sur ses bras, sur ses fesses. Et plutôt que de me mettre mal à l'aise, je rigole un peu.
Pendant une heure, je découvre des centaines de vidéos, beaucoup marrantes, d'autres émouvantes, quelques unes tristes. Mais toutes faites par moi.
Et Kyo avait cette boite tout ce temps ? Pourquoi ne m'en a t'il jamais parlée ? Cet ordinateur, c'est moi. Tous les souvenirs de mes véritables amis.
Il y a encore un dossier que je n'ai pas encore ouvert, « Devoir médecine ».
Je m'en fiche un peu de la médecine, mais autant voir ce qu'il y a dedans. On ne sait jamais.
Encore des vidéos.
Sur la première, on voit Kyo qui fait la sieste sur son canapé. La caméra s'approche de lui au plus prés et film tout les détails de son corps. Une main apparait dans le champ pour lui ôter les cheveux du visage. Cette main c'est vraiment la mienne. Dans la suivante, je vois la chambre de Kyo, bien plus en désordre qu'en ce moment et il y a quelqu'un dans le lit. On dirait une femme, mais je ne vois pas son visage. Ah, la caméra bouge. Oula… Elle est toute nue…
Mais…
MAIS C'EST MOI ?
Je dors toute nue dans le lit de Kyo maintenant ? Et si je suis à l'image, qui est en train de me filmer ?
La moi endormie se réveille et sourit à la caméra. « Bonjour Kyo. Bien dormi ?». Le caméraman ne répond rien et tire lentement le drap pour découvrir la seconde moi. Bon, tu vas t'énerver et te couvrir j'espère !
Non. Même pas. Elle lui sourit et tend sa jambe vers lui. « Tu en as pas eu assez cette nuit ? Pose cette caméra. » Il obéit et pose la caméra sur la table de chevet et je vois bien mon visage et le haut de mon torse. Kyo se laisse tomber sur moi… J'ai bien l'impression qu'il est tout nu lui aussi… Il m'embrasse comme il m'a embrassée hier soir et puis sa bouche descend, le long de ma mâchoire, de mon cou, de… de ma poitrine.
Ahah ! Il n'a pas l'air de trouver mes seins trop petits cette fois.
Son visage descend encore plus bas, et il n'apparait plus dans le cadre, mais mon visage devient soudainement tout rouge et je commence à respirer très fort. Tout d'un coup, mon visage se tourne vers la caméra et à tâtons, j'essaie de l'atteindre. Mais je donne un coup dedans et elle tombe…
HIIIIIIIII !
Mais… mais… mais… Qu'est ce que sa tête fait entre mes jambes ?!
La vidéo s'arrête et je reste à fixer l'écran.
Est-ce que j'ai bien vu ? Est-ce que j'ai vraiment fait ce genre de choses avec Kyo ?
Mais ça avait l'air vachement agréable…
Les papillons se réveillent dans mon ventre. Et si j'en regardais une autre ?
Je vais cliquer sur la troisième, mais naturellement je fais glisser la souris et ouvre une vidéo qui se trouvait bien plus bas dans la liste.
Kyo est de dos, en caleçon, en train de faire sauter des crêpes. C'est la deuxième fois que je le vois sans t-shirt, et franchement... Aie ! Je me suis mordue la lèvre !
« Kyo » Cette fois, c'est bien moi qui tient la caméra. « Kyo… Je t'aime »
Hein ? Mais ? QUOI ?
J'ai dit que je…
« Kyo. Tu m'entends ? Je t'aime » Kyo grogne mais ne se retourne pas. En tout cas moi, j'ai ma confirmation. J'ai dit que je l'aimais. Deux fois.
« Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. » La caméra tourne autour de lui, afin d'avoir une image de son visage mais il arrive à éviter d'entrer dans le cadre. La Yuya qui filme semble s'en amuser beaucoup moi, je suis tétaniser. « Regarde la caméra. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Aaaah ! » Il m'attrape par la taille et m'assoit sur le plan de travail. Il pose la caméra hors de ma portée et m'embrasse. Il se glisse entre mes jambes et moi-même je les croise dans son dos. Je le repousse. « Je t'aime Kyo.» Il ne répond toujours pas et cache son visage dans ma poitrine, mais moi je vois tout dans la caméra. Il rougit. Il rougit !
J'entends du bruit dans le salon. Kyo a du rentrer. Mais après tout ce que j'ai vu, je ne sais plus quoi penser. Mais la vidéo ne s'arrête pas la.
« Hey, Kyo, je vais aller voir Shinrei ce soir. » « Quoi ? C'est quoi cette histoire ? » Il essaie de se dégager mais il est bloqué entre mes jambes. Je tire son visage vers moi, et je l'embrasse. « Juste une dizaine de minutes. Après tout c'est mon anniversaire aujourd'hui, et tu me dois 21 orgasmes. »
- Tu sais que je te les dois encore.
Je ferme l'ordinateur comme si j'avais été prise en flagrant délit. En flagrant délit de quoi d'ailleurs ?
Kyo m'observe depuis l'encadrement de sa porte et je sens les larmes qui coulent. Je ne les essuie pas.
Mon anniversaire ? 21 ?
Je ne comprends pas. J'avais raison… Plus de questions et pas de réponse.
Si je disais « Je t'aime » à Kyo le jour de mon anniversaire, comment ça se fait que Shinrei me fasse une demande en mariage le même jour ?
- Tu peux m'expliquer. S'il te plait, Kyo, je ne comprends pas ce qu'il se passe.
Il soupire, s'approche et se laisse tomber sur son lit à coté de moi, la tête dans l'oreiller.
- Non.
- Pourquoi non ? Kyo, pourquoi tu as cet ordinateur ? Pourquoi tu ne me l'as pas donné ? Pourquoi tu ne m'as jamais rien dit ?
- A quoi ça sert ? Tu crois n'importe quel mensonge.
Mes larmes coulent de plus belle et je n'ai qu'une envie, c'est qu'il me prenne dans ses bras.
- Si tu ne me parles pas, comment je peux comprendre les choses ? Je ne suis pas devin ! Au moins, Shinrei a essayé de m'aider.
Il se redresse un peu. Je l'ai enfin fait réagir.
- Ne prononce pas son nom.
- Et alors ? C'est parce que tu es jaloux que tu me laisses dans le flou ? Jaloux de Shinrei ?
Il attrape ma cheville et me tire jusqu'à se que je me retrouve sous lui.
- Ne. Prononce. Pas. Son. Nom.
- Je dirais ce que je veux, quand je veux. Et si tu pouvais faire de même, ça serait génial. Le premier jour, au lieu de nous jeter des regards noirs, pourquoi tu n'as rien dit.
Il se laisse tomber sur moi et m'écrase à moitié. Son visage disparait dans mon cou et quand il me répond, c'est si bas que s'il n'avait pas été si proche de mon oreille, je n'aurais rien entendu.
- Tu as hurlé que tu me détestais.
- Il m'avait menti. Je me suis excusée. A ce moment là, tu aurais pu…
- Tu m'as complètement oublié.
Je le force à me regarder en prenant ses joues dans mes mains.
- Je suis désolée, Kyo. Je suis tellement désolée. Je vais appeler Shinrei immédiatement…
- Ne prononce pas son nom.
- De qui ? Shinrei ?
Je lui sourie gentiment, et ses yeux scintillent. Comment ai-je fait pour le trouver inexpressif ? Je peux tout lire dans ses yeux.
- Ouais. Plus jamais son nom.
- Shinrei…
Il fond sur ma bouche et sous son baiser, je ne peux pas m'empêcher de sourire. Il se redresse et…
- Shinrei…
De nouveaux, on s'embrasse. Mais cette fois, il glisse sa langue dans ma bouche et mes mains sont accrochées à son t-shirt. Je le tire vers moi s'il pouvait se fondre dans mon corps, je serais satisfaite. Je ne veux plus jamais être éloigné de lui comme ça. Une de ses mains atteint ma nuque et il tire un peu sur mes cheveux. Et au lieu de me faire mal, cela réveille cette démangeaison dans le fond de mon ventre.
Dans un réflexe, je lui mords la lèvre, et il s'éloigne et me sourit comme s'il allait me dévorer. Là. Tout de suite.
Et c'est perdu dans ses yeux rouges que je comprends enfin toutes les sensations que j'avais quand je le regardais, quand je l'entendais, quand j'étais avec lui.
Pour la première fois depuis mon réveil, je suis absolument sure d'une chose. Une chose que je savais pourtant depuis le début. Yuki me l'avait dit. J'aurais du écouter mon instinct dès le début. Tout mon corps le criait.
Je l'aime.
…
Yukimura…
Aaaaaah ! Je vais être en retard pour mon rendez-vous à l'hôpital.
Ouuuuf... C'était long...
J'espère que ça vous a plu !
Le dénouement dans quelques jours
