Note de l'auteur : Coucou tous le monde, voilà enfin le chapitre 9. Désolé du retard mais à cause de la rentrée j'ai eu beaucoup de mal à reprendre le rythme et donc j'écrivais pas beaucoup.
J'espère que ce chapitre vous plaira.
Bonne lecture :)
Disclaimer : Glee et Klaine ne m'appartient pas ni After
Couple : Evidemment c'est Kurt/Blaine et c'est du point de vu de Kurt
Chapitre 9
Je reçois l'adresse de chez Finn par texto, je fais un copier-coller sur mon GPS qui m'indique que c'est à un quart d'heure en voiture. Je me demande bien ce qui se passe pour que Finn ait besoin de moi à cette heure-ci.
Je n'ai pas plus d'éléments de réponse quand je me gare devant chez Finn. Sam m'a appelé deux fois, mais je n'ai pas répondu. J'ai besoin du GPS sur mon écran et, pour être franc, le désarroi que j'ai lu sur son visage en le quittant me culpabilise.
Dans cette rue, toutes les maisons sont imposantes et cossues. Celle-ci en particulier est au moins trois fois plus grande que celle de mon père. C'est une maison ancienne en briques rouges, avec un jardin en pente qui lui confère une position surélevée comme si elle était en haut d'une colline. Même à la lueur des réverbères, elle et magnifique. J'imagine que c'est chez le père de Blaine, parce que ce n'est certainement pas un logement d'étudiant et ça expliquerait la présence de Finn. Je prends une profonde inspiration, descends de la voiture et monte les marches. Je cogne à la lourde porte d'acajou qui s'ouvre instantanément.
- Kurt, merci d'être venu. Je suis désolé, je sais que tu as de la visite. Sam est venu avec toi ?
Finn regarde en direction de la voiture tout en me faisant signe d'entrer.
- Non, il est resté à la résidence. Que se passe-t-il ? Où est Blaine ?
- Dans le jardin derrière la maison. Il est complètement ingérable.
- Mais pourquoi m'as-tu appelé, moi ?
J'essaie de rester aimable. En quoi est-ce que ça me concerne que Blaine soit ingérable, ou pas ?
- Je sais pas. Je sais que tu le détestes, mais tu parles avec lui, quand même. Il est complètement ivre, et terriblement agressif. Il est arrivé ici, il a ouvert une bouteille de scotch de son père et en a bu plus de la moitié ! Ensuite il a commencé à tout casser : la vaisselle de ma mère, une vitrine, en gros tout ce qui lui tombait sous la main.
- Quoi ? Mais pourquoi ?
Blaine a prétendu qu'il ne buvait pas... encore un de ses mensonges ?
- Son père venait de lui dire qu'il allait épouser ma mère...
- Et alors ?
Je n'y comprends toujours rien.
- Blaine ne veut pas qu'ils se marient, c'est ça ?
Finn m'emmène dans l'immeuble cuisine. Je pousse un cri étouffé en découvrant le bazar que Blaine a laissé. Des débris d'assiettes jonchent le sol et un grand meuble en bois est renversé, ses portes vitrées ont volé en éclats.
- Oui. En fait c'est une longue histoire. Juste après que son père l'a appelé pour lui annoncer la nouvelle, ils sont partis en week-end pour fêter ça. Je crois que c'est pour ça que Blaine à débarqué ici, pour défier son père. Sinon, il ne vient jamais ici.
Finn ouvre la porte de derrière. J'aperçois une ombre assise à une petite table dans le patio. Blaine.
- Je ne vois pas très bien ce que je peux faire, mais je vais essayer de lui parler.
Finn se penche et pose la main sur mon épaule.
- Il a crié ton nom, me dit-il doucement, et mon cœur cesse de battre.
Je m'approche de Blaine qui me regarde. Ses yeux sont injectés de sang, ses cheveux sont cachés sous un bonnet de laine grise. Il me jette un regard noir, les yeux écarquillés, et je recule d'un pas. Il me fait presque peur sous le faible éclairage de la cour.
- Qu'est-ce que tu fois ici ? Dit-il d'une voix forte en se levant.
Je regrette aussitôt mes paroles.
- Putain ! C'est toi qui l'as appelé ?
- Oui je l'ai appelé, je fais ce que j'ai envie de faire !
Et il partit à l'intérieur pour essayer de nettoyer tous ce que Hardin a détruit.
- Fiche-lui la paix, Blaine... Il s'inquiète pour toi.
Il retourne s'assoir et me fait signe de faire de même. Je m'assieds en face de lui et le regarde attraper la bouteille bien entamée et la porter à ses lèvres. Je vois sa pomme d'Adam monter et descendre quand il avale.
Puis il repose la bouteille sur la table, si violemment que je fais un bond. J'ai eu peur qu'il explose la table ou la bouteille, ou les deux.
- Rooooh, vous êtes trop mignon tous les deux. Et si prévisibles ! Ce pauvre Blaine ne va pas bien, alors vous vous mettez à deux pour me tomber dessus et me faire culpabiliser d'avoir cassé cette vaisselle de merde.
Il parle d'une voix traînante et sourit comme un malade. Je croise les bras.
Je croyais que tu ne buvais pas.
- C'était vrai. Jusqu'à maintenant, en tout cas. Ce n'est pas la peine de me prendre de haut, tu sais. Tu n'es pas meilleur que moi.
Il pointe son index vers moi puis reprend la bouteille pour boire une autre gorgée. Il me fait peur, mais je ne peux pas nier que quand je suis près de lui, même dans cet d'ébriété, je me sens vivant. Cette sensation m'a manqué et il n'y a que Blaine qui me la procure. Même pas Sam.
- Je n'ai jamais prétendu être meilleur que toi. Je veux juste savoir pourquoi tu t'es mis à boire tout à coup.
-Qu'est-ce que ça peut te faire ? Où est ton petit ami, d'abord ?
Ses yeux étincellent et l'émotion que je peux y lire et si intense que je détourne les yeux. Si seulement je savais quelle est la nature de cette émotion ! De la haine, je suppose.
- Il est resté dans ma chambre. Je désire seulement t'aider, Blaine.
Je me penche au-dessus de la table pour lui prendre la main, mais il a un mouvement de recul.
- M'aider ?
Il ricane. J'aimerais lui demander pourquoi il a crié mon nom pour ensuite se montrer infect avec moi, mais je ne veux pas attirer d'ennuis à Finn.
- Tu veux m'aider ? Eh bien, casse-toi.
- Pourquoi ne veux-tu pas me dire ce qui se passe ?
Je regarde mes mains et tripote mes ongles.
Il pousse un soupir et enlève son bonnet pour se passer la main dans les cheveux, avant de le remettre.
- mon père attend la dernière minute pour m'annoncer qu'il va épouser Carole et que le mariage aura lieur le mois prochain. Il y a longtemps qu'il aurait dû me le dire. Et par téléphone, en plus. Je suis sûr que le petit Finn le sait depuis un bon moment, lui.
Oh ! Je ne m'attendais pas à ce qu'il me le dise, en fait, et je ne sais pas trop quoi lui répondre.
- Il avait probablement ses raisons pour ne pas te le dire.
- Tu ne le connais pas, il n'en a rien à foutre de moi. Tu sais combien de fois nous nous sommes parlé en un an ? Dix, à tout casser. Tout ce qui compte pour lui, c'est sa maison, sa nouvelle future femme et son nouveau parfait rejeton.
Blaine a la voix pâteuse, il boit encore une gorgée. Je ne dit rien.
- Si tu voyais le taudis dans lequel vit ma mère, en Italie ! Elle prétend qu'elle se plaît là-bas, mais je sais que ce n'est pas vrai. C'est plus petit que la simple chambre de mon père, ici. Ma mère m'a pratiquement obligé à venir à la fac ici, pour me rapprocher de lui... et on voit ce que ça a donné !
Avec ces bribes d'informations, j'ai l'impression de mieux le comprendre. Blaine souffre.
C'est pour cela qu'il se conduit comme il le fait.
- Tu avais quel âge quand il est parti ?
Il me regarde d'un air méfiant.
- Dix ans. Mais déjà avant de partir, il n'était jamais là. Il était tout le temps au bistrot, il en changeait tous les soirs. Maintenant, c'est Monsieur Parfait, qui possède tous ces trucs de merde.
Blaine désigne la maison d'un geste de la main.
Le père de Blaine est parti quand il avait dix ans, exactement comme ma mère, et ils étaient tous les deux alcooliques. Nous avons plus de points communs que je le croyais. Quand il souffre et qu'il a trop bu, Blaine a l'air tellement plus jeune, tellement plus fragile que la personne imposante que je connais.
- Je suis désolé d'apprendre qu'il vous a quittés comme ça, mais...
- Tu peux garder ta pitié.
- Ce n'est pas de la pitié. J'essaie juste de..
- De quoi ?
- De t'aider. D'être là pour toi.
Il sourit. C'est un beau sourire, obsédant, qui me fait espérer que je peux l'aider à traverser cette épreuve, mais en réalité je devine ce qui va suivre.
- Tu es vraiment nul. Tu ne vois pas que je ne veux pas de toi ici ? Je ne veux pas que tu soit là pour moi. Ce n'est pas parce qu'on s'est un peu amusés ensemble que je veux avoir quoi que ce soit à faire avec toi. Et toi, tu abandonnes ton gentil petit ami, la seule personne qui te supporte, pour venir ici et essayer de « m'aider ». c'est vraiment ça être nul, Porcelaine.
Sa voix est pleine de venin, exactement comme je m'y attendais, mais je mets ma douleur de côté et le regarde.
- Tu ne penses pas ce que tu dis.
Je le revois la semaine dernière en train de rire et de me jeter dans l'eau. Je n'arrive pas à savoir si c'est un comédien accompli ou un grand menteur.
- Si, absolument. Rentre chez toi.
Il soulève la bouteille pour boire encore. Je tends le bras à travers la table et la lui arrache des mains pour la jeter dans le jardin.
- Qu'est-ce que tu fous?
Sans prêter attention à ses hurlement, je me dirige vers la porte. Je l'entends qui se lève en titubant et... il vient me barrer la route.
- Où tu vas ?
Son visage n'est qu'à quelques centimètres du mien.
- Je vais aider Finn à ranger le bazar que tu as fait, avant de rentrer chez moi.
J'ai l'air beaucoup plus calme que je ne le suis en réalité.
- Et pourquoi tu l'aiderais ?
Son mépris est perceptible.
- Parce que, contrairement à toi, il mérite qu'on l'aide, lui.
Il reste bouche bée. Je devrais aller plus loin, lui hurler dessus pour toutes les choses blessantes qu'il vient de me dire, mais je sais que c'est ce qu'il cherche. C'est comme ça qu'il fonctionne, il blesse tout le monde autour de lui et prend son pied à regarder le mal qu'il a fait.
Il me laisse passer sans rien dire.
En rentrant dans la maison, je trouve Finn accroupi en train de relever la vitrine renversée.
- Où est le balai ?
Il me regarde et sourit avec gratitude.
- Juste là. Merci pour tout.
Je commence à balayer les débris. Il y en a partout. Je me sens désolé pour la mère de Finn quand elle va voir que toute sa vaisselle a disparu. J'espère qu'elle n'y attachait pas une valeur sentimentales.
- Aie !
Je viens de me planter un morceau de verre dans le doigt. Des petites gouttes de sang tombent sur le plancher et je bondis vers l'évier.
- Ça va ? S'inquiète Finn.
- Oui, ce n'est rien, je ne sais pas pourquoi ça saigne autant.
Ce n'est même pas vraiment douloureux. Je ferme les yeux en laissant couler l'eau froide sur mon doigt.
Quelques minutes passent et j'entends s'ouvrir la porte de derrière. Je tourne la tête et découvre Blaine dans l'embrasure de la porte.
- Kurt, est-ce que je peux te parler, si'l te plaît ?
Je sais que je devrais dire non, mais quelque chose dans ses yeux me pousse à accepter. Son regard va de ma main au sang sur le plancher. Il vient vers moi d'un pas rapide.
- Tu vas bien ? Que s'est-il passé ?
Au moment où il prend ma main et touche mon bras, une décharge électrique me traverse. Il regarde mon doigt l'air inquiet, puis se dirige vers Finn. Il y a deux minutes, il me traitait de nul et maintenant il se conduit comme s'il se faisait du souci pour ma santé ? Ce mec va me rendre fou, littéralement fou à lier.
- Où on trouve des pansements dans cette baraque ?
Finn lui répond qu'il y en a dans la salle de bains. En moins d'une minute, Blaine revient et me reprend la main. Il commence par mettre un gel antiseptique sur ma coupure puis il enveloppe doucement mon doigt dans un pansement. Je ne dit rien, aussi dérouté par son comportement que Finn semble l'être.
- Je peux te parler, s'il te plaît ?
Je devrais refuser, mais depuis quand je fais ce que je devrais faire quand il s'agit de Blaine ?
Quand je lève les yeux, il m'attrape par le poignet et m'entraîne à l'extérieur.
Arrivés à la table du patio, Blaine me lâche le poignet et m'avance une chaise. Sa main a laissé sur ma peau une sensation de brûlure si forte que je me frotte le poignet. Il tire l'autre siège pour s'asseoir juste en face de moi. Il est si près que ses genoux touchent presque les miens.
- De quoi veux-tu parler au juste, Blaine ?
J'ai parlé sur le ton le plus provocant possible.
Il prend une profonde inspiration et enlève son bonnet pour le poser sur la table. Il passe ses longs doigts dans sa chevelure épaisse en me fixant droit dans les yeux. Je l'observe.
- Excuse-moi.
Il parle avec une telle intensité que je détourne les yeux pour me concentrer sur le grand arbre dans le fond du jardin. Il se penche vers moi.
- Tu as entendu ce que j'ai dit ?
- Oui, j'ai entendu.
Je le regarde fixement. Il est encore plus fou que je le croyais s'il s'imagine qu'il lui suffit de s'excuser pour que j'oublie la façon abjecte dont il se comporte avec moi pratiquement tout le temps..
- Ce n'est pas facile de s'y retrouver avec toi, dit-il en se renforçant dans son siège.
Il a récupéré la bouteille que j'avais jetée dans le jardin et boit au goulot. Comment fait-il pour ne pas s'écrouler ?
- pas facile, moi ?Tu rigoles ! Qu'est-ce que tu veux que je fasse, Blaine ? Tu es si dur avec moi... tellement dur.
Je me mords la lèvre inférieure. Pas question que je pleure encore une fois devant lui. Sam, lui, ne m'a jamais fait pleurer. Bien sûr, il nous est arrivé de nous disputer pendant toutes ces années, mais je n'ai jamais été boulversé au point de pleurer. D'une voix si basse qu'elle se dilue presque dans l'air de la nuit, il reprend :
- Je ne le fais pas exprès.
- Bien sûr que si, et tu le sais très bien. Tu le fais exprès. Personne ne m'a jamais traité aussi mal ,de toute ma vie.
Je me mords la lèvre encore plus fort. Ma gorge se serre. Si je pleure, il aura gagné, et c'est exactement ce qu'il cherche
- Alors, pourquoi est-ce que tu continues à traîner autour de moi ? Pourquoi tu ne laisses pas tomber, tout simplement ?
- Si je... Je ne sais pas. Mais je peux t'assurer qu'après ce qui s'est passé ce soir, c'est ce que je vais faire.
Je vais arrêter le cours de littérature et je le reprendrai au deuxième semestre.
Jusqu'ici je n'y avais pas pensé, mais c'est exactement ce que je dois faire.
- Non, ne fais pas ça.
- Qu'est-ce que ça peut te faire ? Ça t'évitera te côtoyer quelqu'un d'aussi nul que moi, non ?
J'ai le sang qui bout. Si je trouvais les mots pour le blesser autant qu'il me blesse, je n'hésiterais pas un instant.
- Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire... C'est moi qui suis nul.
Je le regarde droit dans les yeux.
- Ne compte pas sur moi pour te contredire là-dessus.
Il boit une nouvelle fois et quand je veux prendre la bouteille, il la tire en arrière.
- Parce que tu es le seul à avoir le droit de te soûler ?
Il a un sourire moqueur.
- J'ai cru que tu voulais la jeter, encore.
C'est ce que je devrais faire, mais au lieu de ça je la porte à mes lèvres. L'alcool est tiède et a un goût de réglisse brûlé. Je m'étrangle et Blaine se met à rire. Surtout ne pas rire avec lui.
- Tu bois souvent ? L'autre jour, tu m'as laissé entendre que tu ne le faisais jamais.
- La dernière fois, c'était il y a six mois environ.
Il baisse les yeux comme s'il avait honte.
Si j'ai un conseil à te donner, tu ferais mieux de ne pas boire du tout. Ça te rend encore plus mauvais que d'habitude.
Sans lever les yeux, il prend l'air sérieux.
- Tu penses vraiment que je suis une mauvaise personne ?
Quoi ? Est-il tellement ivre qu'il s'imagine quelqu'un de bien ?
- Oui.
- Tu te trompes. Enfin, tu as peut-être raison... je voudrais que tu...
Il ne finit pas sa phrase, se redresse puis se renfonce dans son siège.
- Tu voudrais que je quoi?
Il faut qu'il sache ce qu'il allait dire. Je lui tends la bouteille, mais il la pose sur la table. Je n'ai pas envie de boire. Une gorgée a suffit à renforcer mon énervement contre Blaine.
- Rien.
Il ment.
Mais qu'est-ce que je fous ici, d'abord ? Sam est resté dans ma chambre à m'attendre, et moi je suis là à perdre mon temps avec Blaine, une fois de plus.
- Je ferais mieux de m'en aller.
Je me lève et me dirige vers la porte.
- Ne t'en va pas, dit-il doucement.
Son ton suppliant m'arrête net. Je tourne la tête, il est juste derrière moi.
- Pourquoi ? Pour que tu me jettes d'autres insultes à la figure ?
Je me retourne. Il m'attrape par le bras et me tire violemment en arrière.
- Ne me tournes pas le dos !
Il a hurlé encore plus fort que moi.
- Il y a longtemps que j'aurais dû le faire ! Je me demande même ce que je fais ici ! Je suis venu à l'instant où Finn me l'a demandé ! J'ai laissé mon copain en plan, mon copain qui, comme tu l'as dit toi-même, est la seule personne capable de me supporter, pour venir à ton secours ! Tu sais quoi ? Tu as raison Blaine, je suis vraiment nul. Je suis nul d'être venu ici, je suis même nul d'essayer...
Mais ses lèvres sont sur les miennes et m'empêchent de finir ma phare. J'essaie de le repousser, en vain.
Mon être tout entier veut lui rendre son baiser, mais je garde le contrôle. Sa langue essaie de s'insinuer entre mes lèvres et ses bras me serrent plus fort, malgré mes efforts pour lui résister. C'est inutile. Il est plus fort que moi.
- Embrasse-moi, Kurt.
Son souffle est sur mes lèvres, mais je secoue la tête. Il pousse un grognement de frustration.
- S'il te plaît, embrasse-moi. J'ai besoin de toi.
Ces monts me font craquer. Ce garçon abject, ivre, indécent, vient de dire qu'il avait besoin de moi et, sans que je sache pourquoi, ces mots résonnent comme de la poésie à mes oreilles. Blaine est comme une drogue, à chaque nouvelle prise, aussi petite soit-elle, j'en veux plus. Il annihile toutes mes pensées, envahit tous mes rêves.
Dès que j'entrouvre les lèvres, sa bouche est sur la mienne, mais cette fois je ne résiste pas. J'en suis incapable. Je sais que ce n'est pas la solution et que je ne fais que m'enfoncer encore plus, mais en cet instant tout m'est indifférent. Seuls comptent ces mots et la façon dont il les a prononcés : j'ai besoin de toi.
Il pose une main sur ma joue et passe sa langue sur ma lèvre inférieure. Je frissonne, ce qui le fait sourire. L'anneau de sa lèvre me chatouille à la commissure des lèvres. J'entends un bruit, comme un froissement, et je recule. Il ne m'empêche pas d'interrompre notre baiser, mais il garde les bras autour de moi et serre son corps contre le mien. Je regarde la porte en priant pour que Finn n'a pas vu la terrible erreur de jugement que je viens de commettre. Heureusement, il n'a pas l'air d'être dans les parages.
- Blaine, il faut que je m'en aille. On se fait du mal l'un à l'autre. On ne peut pas continuer.
Je baisse les yeux.
- Mais si on peut.
Il me soulève le menton, m'obligeant à regarder ses yeux noisettes.
- Non. Tu mes détestes et j'en ai marre de te servir de punching-ball. Je ne sais plus où j'en suis. Une fois, tu me dis que tu me trouves insupportable et tu m'humilies juste après ma première expérience intime...
Il ouvre la bouche pour répondre, mais je pose un doigt sur ses lèvres roses, et je continue :
- …..Une autre fois, tu m'embrasses en disant que tu as besoin de moi. Je n'aime pas la personne que je suis avec toi, et je déteste ce que je ressens quand tu me dis des choses horribles.
- Quelle personne es-tu quand tu es avec moi ?
Ses yeux noisettes scrutent mon visage dans l'attente de ma réponse.
- Une personne que je ne veux pas être. Une personne qui trompe son petit ami et qui pleure toutes les cinq minutes.
- Tu sais quelle est ma version de cette personne ?
Il glisse son pouce le long de ma joue, j'essaie de rester concentré.
- Non. C'est quoi ?
- Tu es toi-même. Je pense que c'est ta vraie personnalité, mais que tu t'inquiètes beaucoup trop de l'opinion des autres pour t'en apercevoir.
Je ne sais pas quoi penser de ça, mais il a l'air si sincère, si sûr de lui, qu'il me faut un moment pour réfléchir à ce qu'il veut dire.
- Et je sais le mal que je t'ai fait après t'avoir tripoté.
Mon froncement de sourcils ne lui échappe pas et il se reprend.
- Excuse-moi... après notre expérience. Je sais que j'ai eu tort. Je me sentais très mal lorsque tu es descendu de la voiture.
- Ça m'étonnerait.
Je me rappelle combien j'ai pleuré ce soir-là.
- Je te jure que c'est vrai. Je sais que tu penses que je ne suis pas quelqu'un de bien... mais avec toi...
Il s'arrête au milieu de la phrase.
- Laisse tomber.
Pourquoi faut-il toujours qu'il laisse ses phrases en suspens.
- Termine ce que tu allais dire, Blaine, ou je m'en vais sur-le-champ.
Je ne plaisante pas.
La brûlure de ses yeux quand il me regarde, la façon dont ses lèvres s'ouvrent lentement, comme si chacun des mots qui allaient en sortir était porteur d'un message – vérité ou mensonge – me poussent à attendre sa réponse.
- Avec toi... j'ai envie... de devenir quelqu'un de bien, pour toi... je veux être quelqu'un de bien pour toi, Kurt.
J'essaye de me dégager de son étreinte, mais il est trop fort. J'ai dû mal entendre. Mes émotions reprennent le dessus, il faut que je me détourne. Je scrute l'obscurité du jardin pour me calmer et tenter de deviner ce qui se cache derrière ses paroles. Blaine veut devenir meilleur pour moi ? De quelle façon ? Je ne peux pas croire qu'il le pense... ou alors ?
Je lui lance un regard perplexe.
- Quoi ?
Je lui lance un regard perplexe.
- Quoi ?
Il a l'air... normal... sincère ? Plein d'espoir ? Ou quoi ?
Tu m'as bien entendu.
- Non, je ne suis pas certain d'avoir bien compris.
- Au contraire. Avec toi je ressens... quelque chose de différent. Je ne sais pas gérer ce genre de sentiments, Kurt, alors je réagis de la seule façon que je connaisse.
Il marque une pause et pousse un soupir.
- C'est-à-dire comme un sale con.
De nouveau, je me sens comme en transe.
- Ça ne pourra pas marcher entre nous, Blaine, nous sommes trop différents. Et d'abord, tu ne sors avec personne, je te rappelle.
- Nous ne sommes pas si différents que ça. Nous aimons les mêmes choses, les livres par exemple.
Quand il parle, je sens son haleine alcoolisée. Même là, j'ai du mal à admettre que c'est Blaine qui essaie de me convaincre que nous pourrions être bien ensemble.
- Encore une fois, tu ne sors avec personne, c'est bien ce que tu as dit ?
- Je sais, mais nous pourrions... être amis ?
Et voilà. Nous voilà revenus à la case départ.
- Je croyais t'avoir entendu dire que nous ne pouvions pas être amis ? Et je ne veux pas être ami avec toi, au sens où tu l'entends. Toi, tu veux tous les avantages du petit ami sans avoir à t'impliquer dans une relations.
Il relâcha son étreinte et se rassied à la table.
- Pourquoi est-ce si compliqué ? Pourquoi as-tu besoin de mettre une étiquette sur tout ?
J'apprécie de retrouver un peu d'espace entre nous et de pouvoir respirer un peu d'air frais et plus des vapeurs d'alcool.
- Parce que, Blaine, même si je n'ai pas fait de preuve de retenue ces derniers temps, j'ai du respect pour moi-même. Je refuse d'être ton jouet, surtout quand cela implique que tu me traites comme une merde.
Je lève les mains.
- Et de toute manière, je ne suis pas libre, Blaine.
Son sourire satisfait creuse ses fossettes.
- Et pourtant, c'est avec moi que tu es en ce moment.
Sans réfléchir, je m'exclame :
- Je l'aime et il m'aime.
Son visage change. Il se lève en faisant basculer son siège.
- Ne me dit pas ça.
Sa voix est pâteuse et son débit s'accélère. J'avais presque oublié à quel point il est ivre.
- Tu dis ça parce que tu es complètement soûl. Dès demain, tu te rappelleras que tu me détestes.
- Je ne te déteste pas.
Il fait quelques pas sur la pelouse. Si seulement il ne me faisait pas autant d'effet... J'aimerais pouvoir partir, simplement. Au lieu de ça, je reste planté là pour l'entendre me dire :
- Si tu peux me dire, en me regardant droit dans les yeux, que tu veux que je te laisse tranquille et que je ne t'adresse plus jamais la parole, je le ferai. Je te jure qu'à cette minute je ne m'approcherai plus jamais de toi. Il suffit que tu le dises.
Il s'approche de moi.
- Dis-le, Kurt. Dis-moi que tu ne veux plus jamais me voir.
Soudain il me touche. Ses mains caressent mes bras, me donnant instantanément la chair de poule.
- Dis que tu ne veux plus jamais sentir mes mains sur toi.
Il murmure, posant la main sur mon cou. Il effleure ma clavicule de son index, puis caresse mon cou. Sa respiration s'accélère quand ses lèvres approchent les miennes à moins d'un centimètre.
- Dis que tu ne veux plus jamais que je t'embrasse.
Je sens la chaleur de son souffle où persiste l'odeur de whisky.
- Dis-le moi, Porcelaine.
Sa voix cajoleuse m'arrache un gémissement.
- Blaine.
- Tu ne peux pas me résister, Kurt, pas plus que je ne peux te résister.
Ses lèvres se rapprochent des miennes, elles les touchent presque.
- Reste avec moi ce soir.
Je suis prêt à faire tout ce qu'il me demande.
Un mouvement à la fenêtre attire mon regard et je fais un bond en arrière. En levant les yeux, j'ai le temps d'apercevoir le visage de Finn, juste avant qu'il se retourne et disparaisse dans la maison.
- Il faut que j'y aille.
Blaine jure entre ses dents.
- J'en t'en prie, reste. Juste cette nuit, même si tu décides demain matin de me dire que tu ne veux plus me voir... S'il te plaît, reste. Je t'en supplie, ce n'est pas dans mes habitudes, Porcelaine.
Je hoche la tête avant de pouvoir m'en empêcher.
- Mais qu'est-ce que je vais dire à Sam ? Il m'attend et j'ai pris sa voiture.
Je n'y crois pas ! Je suis vraiment en train d'envisager de rester ?
- Tu n'as qu'à lui dire que tu dois rester parce que... je ne sais pas. Ne lui dis rien. Qu'est- ce qu'il va faire ?
Je frissonne. Il va tout raconter à mon père, j'en suis sûr. Ce qui me met en colère contre Sam, ce n'est pas normal de craindre que mon copain aille tout répéter à mon père, même si je fais quelque chose de mal.
- De toute façon, il doit probablement dormir, dit Blaine.
- Non, il n'a aucun moyen de rentrer à son hôtel.
- Son hôtel ? Attends... il ne dort pas chez toi ?
- Non, il a pris une chambre à l'hôtel à côté.
- Et tu y dors aussi ?
- Non, lui est là-bas, et moi dans ma chambre.
- Désolé, mais il y a quelque chose qui cloche. À sa place, je serais absolument incapable de rester loin de toi. Je te baiserais à la moindre occasion.
J'en reste bouche bée. Le langage obscène de Blaine a sur moi des effets pour le moins surprenants. Je rougis et regarde ailleurs.
- On rentre ? Les arbres se balancent dans tous les sens. Ça doit être le signe que j'ai beaucoup trop bu.
- Tu dors ici ?
Je pensais qu'il rentrait à la fraternité.
- Ouais, et toi aussi d'ailleurs. Allons-y.
Il me prend par la main et nous nous dirigeons vers la porte de derrière.
Je vais de voir trouver Finn pour tenter de lui expliquer ce qu'il a vu par la fenêtre. Moi-même je ne sais pas ce qui m'arrive, alors je lui fournir une explication... mais il va bien falloir que je le fasse. En traversant la cuisine, je remarque qu'elle est presque rangée.
- Tu vas devoir finir de faire le ménage demain.
- Je le ferai, promis.
Une nouvelle fois, j'espère qu'il tiendra sa promesse.
Sans lâcher ma main, il m'entraîne dans l'escalier monumental qui mène à l'étage. Je prie pour que nous ne rencontrions pas Finn dans le couloir. À mon grand soulagement, mas prière est exaucée. Blaine ouvre la porte d'une chambre plongée dans l'obscurité et me fait entrer en me tirant doucement par la main.
Et voilà le chapitre est fini. J'espère que ça vous a plu. Le chapitre 10 sortira très bientôt. Désolé d'avoir arrêté le chapitre là mais je veux vous laissé le suspense de ce qui va se passer par la suite avant la sortie du prochain chapitre.
À bientôt :)
