Salut à toutes et à tous (s'il y a des tous évidemment!) Voilà le chapitre 9. J'espère que mes lecteurs fantômes prendront consistance pour me faire un tit coucou, ce serait sympa d'avoir un maximum d'avis pour que la motivation d'écrire la suite germe dans mon esprit tortueux! ^^.
Bonne lecture à tous!
RAR:
Ma tite Siam: Merci d'être là ma tite puce, j'espère que tu vas aimer la suite.
Sohanne: Ma petite ! HAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA! J'arrivais pas à trouver le moyen de te recontacter pour te dire que j'avais posté la suite et te voilà. C'est marvelous! ^^ J'espère que la suite te plaira comme ont pu te plaire mes autres fics! Quoi de neuf depuis tout ce temps? :D
Oui, je l'ai voulu bien pourri mon tit Severus! Hihohihohiho (y'a des choses qui changent pas chez Saizo barjo hen ;)). Ce dont il ne perçoit pas bien la teneur, c'est surtout du pourquoi ces sensations bizarres à son contact... m'enfin tu verras par la suite! ;) Il me tarde d'avoir tes impressions sur la suite. Ca fait tellement longtemps et tellemnt plaisir de te retrouver! O.O
Chapitre 9 : Faux pas
Les yeux rivés sur le dos de sa nouvelle « employée », un étrange sentiment d'excitation remonte le long de son œsophage.
- Accio !
Sa baguette pointée sur elle, il la voit reculer de quelques pas alors que le plateau qu'elle tenait entre ses mains s'élève dans les airs. Il aurait pu ne pas prononcer la formule. Ce n'est pas comme s'il était incapable d'user de sortilèges informulés ou que sa baguette lui soit indispensable pour exercer la magie… mais il travaille soigneusement chacune de ses mises en scène de manière à ce qu'elle soit le plus ébranlée possible. Le service atterrit bientôt entre ses mains. Il le pose doucement sur son plan de travail. Elle ne s'est toujours pas retournée… elle attend. Il sait qu'elle est en train de se composer un masque d'indifférence.
Lentement, il s'approche. Il devine que la lenteur de ses pas est une torture pour elle… il veut laisser le temps à la peur de s'insinuer dans chacune de ses veines. Elle ne bouge pas d'un pouce. Debout derrière elle, il attend… il est si près qu'il peut humer avec délectation le parfum d'angoisse qu'elle dégage. Il perçoit le léger tremblement de ses épaules… si vulnérable, si fragile… et pourtant si sûre d'elle. Il suffirait d'un rien pour la briser… d'ailleurs…
Il la contourne posément tout en la détaillant avec une minutie dérangeante. Les prunelles brunes fixent intensément la porte, sans ciller, son menton légèrement relevé ; reliquat d'une fierté déplacée. Même lorsqu'il se poste devant elle, son visage reste figé. Il n'est pas dupe : une grimace, un haussement de sourcil et c'est la fêlure. C'est quand elle parait être au paroxysme de sa force qu'elle se découvre être le plus précaire… et il sait par quelle faille se faufiler. Ce n'est pas comme s'il n'avait pas un certain talent dans l'art de la torture, songe-t-il avec une pointe d'amusement. Pas de ces ridicules mutilations physiques non… il n'a jamais été très friand des effusions de sang et autres pratiques de peu d'intérêt… Non, la seule persécution qui soit à même de procurer aux intelligences subtiles le délice qu'elles sont capables d'en extraire avec une maitrise quasi-chirurgicale : la torture psychologique…
Il enfonce un regard incisif dans les prunelles de sa jeune suppliciée et pose l'extrémité de sa baguette sur sa gorge. Les yeux vides ne clignent pas mais elle déglutit alors que le morceau de bois continue sa promenade sur le haut de son buste… Un premier bouton saute. Il aperçoit la lueur… cette petite étincelle au fond des pupilles noires, celle qu'il connait si bien pour l'avoir côtoyée chez un nombre incalculable d'individus : ce mélange de peur et de frustration face à un sort que l'on sait inéluctable. D'habitude imperturbable face à ce spectacle, il sent une boule s'agiter presque douloureusement dans son estomac. Proche de la jubilation, il se débarrasse du deuxième bouton. Le faciès balafré reste glacé. Seuls ses yeux trahissent la panique qui, progressivement, s'empare d'elle. Vitreux pour ne pas avoir à affronter directement ceux du mangemort, ils se ferment enfin alors que la chute du troisième bouton laisse entrevoir la naissance de ses seins. Une expiration tremblante lui échappe. De marbre, il continue sa lente progression… quatre… puis cinq. Les billes brunes reprennent vie.
- Ce que vous les avez empêché de faire… c'était pour vous y livrer vous-même le moment venu? J'imagine que nous serons quittes de cette façon ?
Le timbre se veut maitrisé, mais les infimes vibrations qu'il y perçoit sont plus éloquentes que sa question. Un rictus dégoûté retrousse la lèvre du mangemort.
- Il y a des limites aux souillures que mes mains sauraient endurer.
Elle n'imagine pas à quel point ses antécédents alourdissent la charge du propos. Parfois, son ignorance de la condition qui a été la sienne le frustre profondément. S'il est certain qu'elle en a l'intuition, il connait aussi les échappatoires que l'incertitude ménage à un esprit acculé, le réconfort des retranchements qu'elle autorise… D'une façon ou d'une autre, il fera disparaitre ce doute en elle. Il lui fera réaliser que pour elle, il n'y a pas d'issue.
Il se place à nouveau derrière elle. Une exclamation de surprise franchit ses lèvres quand le col de sa robe tombe à bas de ses épaules.
- Dégage ton dos de tes cheveux, intime-t-il d'une voix dure et basse.
Elle tressaille. Elle vient de comprendre. Elle fait mine de détourner le regard en sa direction en inclinant légèrement sa tête sur le côté.
- Dépêche-toi ! répète-t-il.
D'une main blafarde, elle ramène sa longue chevelure sur sa poitrine. Les cicatrices, longues et régulières s'offrent à ses yeux, s'alignant dans un camaïeu couleur chair impressionnant.
- Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire d'une vermine à ce point indisciplinée ? susurre-t-il à quelques centimètres de son oreille.
Il laisse vagabonder le bout de ses doigts sur les marques disgracieuses, en appréciant le relief, la finesse de la peau plus lisse aux endroits mutilés. Elle frissonne.
- Apparemment, dit-il d'une voix sauvagement calme, « lui » avait trouvé la solution pour mater les indésirables dans ton genre.
Il observe ses omoplates saillantes, les muscles de son dos se contractent.
Encore un peu…
- De toute évidence, ta collection de scarifications n'est pas née dans la rue, continue-t-il. J'imagine à peine ce que l'on doit ressentir lorsqu'on se sait détestée au point de se voir infliger un tel traitement.
Elle se raidit sensiblement.
Ce n'est pas loin…
Il reprend.
- Sans doute une personne clairvoyante à qui il n'a pas fallu longtemps pour déceler la vermine en toi… la profondeur des marques ne laisse aucun doute quant au caractère répétitif des coups qui ont été portés… L'étirement de la peau à cet endroit où la cicatrice devait être le plus large, montre clairement que tu étais enfant quand cela a commencé.
Il continue de faire glisser ses longs doigts sur la peau pâle. Le diagnostic est froid et presque médical, à la limite du désintérêt. Il sait qu'elle ne pourra pas rester sans réagir à un tel affront.
- Oui… tellement régulières… elles sont certainement été faites à l'aide d'une lourde et solide lanière, une ceinture je dirais… ta croissance se sera chargée de les affiner mais l'ancrage de la boucle sur ton flanc ne trompe pas.
Elle tremble maintenant tant son corps s'est tendu.
- Même jeune, un parasite reste un parasite. Tu t'es donc révélée très tôt, reprend-t-il d'une voix caressante. Manifestement cette personne a mis du cœur à l'ouvrage mais n'a pas pour autant été capable de terminer le travail. La mauvaise herbe est, semble-t-il, plus coriace que la haine…
- MA MERE… ne me haïssait pas… elle… se souciait de moi…
Ça y est : elle a perdu le contrôle. Un sourire carnassier étire les minces lèvres.
- Elle n'a fait… qu'essayer de me remettre sur le droit chemin quand je… quand je faisais des bêtises, termine-t-elle sombrement.
Alors c'était bien ce qu'il pensait. Il n'aurait pu en être autrement après ce rêve pour le moins tourmenté. La mère si aimante, donnant du « ma chérie » à tout va, battait au sang sa propre enfant.
Les moldus me dégoûtent !
Et ce père, faible au point de se laisser dépérir après le départ de cette femme odieuse, sans se soucier de sa fille qu'il laisserait derrière lui… l'amour des moldus est une malédiction. Le vieux fou finira par en mourir lui aussi…
Quant à l'erreur de la nature qui vit chez lui, cette sang de bourbe qui n'aurait jamais dû voir le jour, il aurait mieux valu pour elle qu'elle ne survive pas à son cher papa. A quoi bon s'acharner à continuer dans ces conditions ?
- Je n'ai jamais été une vermine pour ma mère, reprend-t-elle d'une voix morte.
Il la toise sournoisement.
- Non… juste un poids mort. Une petite désaxée qu'elle s'est donnée la peine de dérouiller avant de l'abandonner.
Il ne sait pourquoi, ses propres paroles l'irritent. Que cette gamine refuse de voir la réalité en face le consterne. La confondre dans ses souvenirs douloureux ne lui apporte pas la satisfaction à laquelle il se serait attendu. Pourquoi cela l'énerve-t-il à ce point de la voir nier l'évidence ?
Son propre géniteur n'a jamais été un modèle de paternité, mais il avait très tôt compris qu'il n'était qu'un salopard égocentrique à qui il ne devait que le nom et un héritage génétique des plus difficiles à assumer. Jamais il n'a cherché à trouver des excuses à son comportement. Pourquoi elle, tient-elle tant à se persuader de l'amour d'une génitrice qui l'a d'abord violentée pour mieux l'oublier ?
Pathétique !
Il est coupé dans ses réflexions par la sensation de brûlure à son bras gauche. Il s'éloigne de quelques pas en grognant, dents serrées.
- Retourne dans ta chambre ! ordonne-t-il froidement, contrarié de devoir couper court à cet entretien pour le moins intrigant. J'ai à faire.
oOoOoOoOoOo
- J'amène votre courrier.
La voix désagréable le tire de sa demi-torpeur. Depuis le dernier appel du Seigneur des Ténèbres, il n'a eu que très peu de temps pour lui. Entre ses allées et venues du repaire au château de Poudlard, afin de tenir Dumbledore informé de l'avancement des agissements de Voldemort, le cumul des jours et des courbatures commencent à peser lourd sur ses épaules.
Former les dernières recrues… quelle perte de temps ! Le Seigneur des Ténèbres a perdu le sens commun : ces incapables se feront trucider sitôt le pied posé dans l'arène.
- Le courrier ? demande-t-il en levant un sourcil.
- Un hibou a cassé le carreau du bureau au premier. Comme je trouvais inquiétant que de jour, ce genre d'oiseau s'acharne avec une telle violence contre la fenêtre, je l'ai laissée fermée…
Il perçoit le temps d'arrêt… sans doute pour jauger sa réaction.
- Zini m'a expliqué qu'il était sans doute ici pour livrer une lettre…
Le bris de verre qu'il a assimilé à la chute d'une fiole dans son sommeil prend tout son sens… il est trop habile pour laisser échapper quoi que ce soit. Même en rêve !
- … Mais le temps qu'on lui ouvre, il avait défoncé la vitre.
Entre deux brumes cérébrales, il jurerait qu'elle essaye, par cet excès de franchise à la limite de l'insolence, de se faire punir.
- J'ai d'abord songé que cela serait certainement retenu sur mon salaire, lance-t-elle avec une ironie à peine voilée, puis je me suis rapidement souvenue que j'étais purement et simplement exploitée.
Il lève vers elle son visage émacié sans quitter son fauteuil. Maintenant c'est clair : elle VEUT se faire punir ! Depuis leur petite entrevue dans son bureau la semaine passée, il sent bien qu'elle le provoque chaque fois que l'occasion se présente, allant même jusqu'à en créer de nouvelles. Trop occupé par le fardeau de sa double casquette, il n'a pas donné suite à ces gamineries…
Il lui ferait bien une réponse digne de lui s'il n'était pas convaincu que son silence aurait un effet bien plus irritant pour elle. Elle sent qu'elle n'est plus au centre de ses préoccupations et après le traitement qu'il lui a fait subir l'autre soir et les révélations qu'il a réussi à lui arracher, elle ne peut se contenter d'un statut quo. Elle entend bien prendre sa revanche.
- J'ai des choses de grand à régler. Retourne donc en cuisine, gratifier Zini de tes pleurnicheries syndicalistes.
Entre l'ignorance et la réactivité exacerbée, le mépris est le compromis efficace qui chasse l'apparente assurance de son visage. Le ton est calme, sa voix posée, justement dosée en condescendance. Elle sait qu'elle n'obtiendra aucune réaction de lui, qu'il ne sert à rien de continuer à le provoquer de la sorte.
Elle se contente d'un reniflement méprisant et tourne les talons après avoir lâché les lettres sur la table basse du salon.
Il s'empare de celle que l'oiseau de nuit a apportée et regarde les lettres tracées à l'encre noire. Il reconnait cette écriture. Tout en la décachetant, il soupire avant même d'en avoir entamée la lecture.
Severus,
J'ai appris pour ta « promotion » à la formation des nouveaux partisans du Seigneur des Ténèbres. J'imagine que la nouvelle a suscité chez toi un bonheur mitigé. Garde à l'esprit que le Lord te porte une estime considérable ainsi qu'une confiance sans bornes pour t'avoir confié une telle tâche…
Je m'en serais aisément passé ! D'autant qu'il n'a pas jugé nécessaire d'alléger le reste de mes obligations par ailleurs…
… C'est de cette manière que tout le monde le perçoit et tous seraient ravis qu'un tel honneur leur soit un jour accordé…
Mais c'est avec joie que je leur laisse cette gratification honorifique !
… Je pensais passer te rendre visite accompagné de Drago. Nous organisons mardi soir, une réception au manoir regroupant les sorcières et sorciers les plus influents et les plus respectables du moment…
Ce qui par la plume de l'organisateur, a une connotation bien définie.
… Tu es son professeur préféré et comme tu le sais, il nourrit une grande admiration pour toi. Il voudrait te remettre une invitation en main propre.
Lucius a toujours excellé dans l'art de graisser l'oreille de ceux dont il veut s'attirer la sympathie. Un rictus de dégoût déforme son visage.
Nous pensions passer pour 15h00. Si tu n'es pas disponible, fais-le-moi savoir par retour de hibou.
Lucius Malefoy.
Il lance un regard à la pendule du salon : 13h45… Comme s'il avait encore le temps d'envoyer un hibou au manoir des Malefoy ! Décidément, les manières de Lucius ne changeront jamais.
Un peu avant 15h00, il l'expédie dans sa chambre et lui interdit d'en sortir jusqu'à nouvel ordre. Il ne partage pas ses jouets et ne veut surtout pas que Lucius la voie. Même si la confrontation pourrait s'avérer amusante, il ne veut pas de ça maintenant. Il la veut prête.
Bientôt, l'elfe annonce l'arrivée des invités autoproclamés et Malefoy père, suivi de son rejeton, s'introduisent dans le petit salon.
- Lucius, salue l'ôte d'un sec hochement de tête.
- Severus, répond celui-ci avec un sourire découvrant des dents d'une blancheur peu naturelle.
- Drago, réitère-t-il son signe de tête. Je vous en prie, asseyez-vous, les invite-t-il en s'installant lui-même dans son haut fauteuil.
- Bonjour professeur, s'empresse de répondre le jeune homme aux cheveux platine et au nez pointu.
Avant de prendre place sur le sofa aux côtés de son père, il s'avance vers son enseignant et lui remet une enveloppe de papier brun ornée de pompeuses dorures. Il ne l'ouvre pas, il sait ce qu'elle contient. Il attend que son étudiant ait terminé sa tirade explicative pour le remercier aussi chaleureusement que sa nature le lui permet.
- Comme je te l'ai écrit dans ma lettre, commence le père, il y aura à cette réception tout le beau monde parmi ceux qui se sont ralliés à notre cause, tout le gratin dont il fait bon s'entourer par les temps qui courent.
Il se force à esquisser un sourire de circonstance sans pour autant accepter l'invitation.
- Zini, appelle-t-il pour mettre un terme à cette conversation. Puis-je vous offrir à boire ?
La petite créature apparait soudain au milieu de la pièce.
- Le Maître désire quelque chose, Monsieur ?
Il lance un regard appuyé aux Malefoy en haussant légèrement le menton dans une invite polie à passer commande.
- Je prendrais volontiers un verre de vin, répond Lucius à la question muette. Drago prendra un thé.
Le garçon lance un regard en biais à son père qui en dit long sur ce qu'il pense du choix que son père a fait pour lui. (Ça aurait pu être pire, il aurait pu lui commander un CACOLAC !)
- Nous avons du thé noir, précise la petite créature, du thé vert, du thé blanc, de l'Earl…
- Du thé noir ! s'impose Drago Malefoy avant que son père n'ait le temps d'ouvrir la bouche.
- Deux ballons de Bordeaux et du thé noir pour une personne, récapitule le maître des lieux.
- Tout de suite Monsieur. Monsieur veut-il que Zini profite de l'occasion pour initier la jeune demoiselle à la préparation du thé noir ? Elle ne connait que l…
Sans prendre la peine de lui adresser un regard, il perçoit que le mangemort qui lui fait face s'est redressé, l'air soudainement très intéressé.
Maudite elfe !
- La jeune demoiselle ? répète-t-il ses yeux brillants de curiosité.
J'espère que ce chapitre vous a plu, vous savez quoi faire si vous voulez la suite dans un futur proche... ;) En plus, ça me ferait un plaisir immense, T.T
