-Ah mes amis, je suis content de vous revoir. Cela faisait un long moment depuis votre dernière visite. S'exclame joyeusement le Comte de Champignac alors que la turbo-traction s'arrête devant la porte du château.
-Bonjour Monsieur le Comte ! Répond tout aussi joyeusement Spirou alors qu'il sort de la voiture en même temps que Fantasio.
Le roux se dirige vers le châtelain pour lui serrer la main alors que Fantasio écarte son siège pour accéder à la banquette arrière sur laquelle Zantafio se réveille à peine alors que Spip en profite pour sortir de la voiture.
Etonné d'être déjà arrivé, le brun sort du véhicule avec l'aide du blond pour ensuite se rendre avec lui au coffre afin de récupérer leurs bagages. Une fois chargés, tous deux entrent dans la demeure, y suivant Spirou et Monsieur le Comte.
-Je vais vous amener à vos chambres et vous laisserai vous installé, j'en profiterai pour préparer une petite collation afin de vous aider à vous remettre de votre longue route. Explique le Comte alors qu'ils montent les marches. –Messieurs, voici votre chambre. Je me suis permis d'y faire déplacer un lit supplémentaire pour Monsieur Zantafio afin de ne pas vous séparer. Aussi, la chambre est la plus grande du château et la salle de bain y est accolée. J'espère qu'elle suffira pour vous trois.
-Ne vous en faites pas Monsieur Le Comte, nous nous en sortirons parfaitement. Merci pour la petite attention, ça fait très plaisir. Remercie Spirou alors que tous les trois entrent dans la pièce.
-Déjà qu'on vous embête… dit doucement Zantafio, déposant son sac sur le lit.
-Pas d'inquiétude jeune homme, vous ne me dérangez aucunement. Spirou et Fantasio ont toujours étés les bienvenus, et leurs amis sont les miens… vous êtes donc également la bienvenue dans ma demeure Monsieur Zantafio. Répond le Comte alors qu'il s'apprête à quitter la pièce.
-Je vais venir vous aider Monsieur le Comte, je suis le roi de la cafetière et du pot à thé, je vais vous faire un délicieux tea time, vous m'en direz des nouvelles. Dit joyeusement Fantasio en sortant de la pièce également, laissant le roux et le brun seuls.
Rangeant soigneusement leurs affaires dans les armoires gracieusement mises à leur disposition pour la durée de votre séjour, Spirou en profite pour jeter un coup d'œil à son ami, très concentré sur sa tâche… trop concentré même.
-Zantafio ?
-…
-Zanta, hé… apostrophe-t-il en s'agenouillant à côté du brun, occupé dans le tiroir inférieur de la commode. – On va se détendre ici, ça va nous faire du bien tu sais.
-Je sais.
-Qu'est-ce qu'il se passe Zantafio ? Il y a quelque chose qui te dérange, je le sais.
-Qui me dérange ? Tu te moques de moi ?
-Je ne comprends pas, qu'est-ce que c'est ?
-C'est lui le problème ! Dit-il en désignant la porte du doigt. –La dernière fois que j'ai vu votre Comte, c'était il y a un peu plus de cinq ans et je ne pense pas lui avoir laissé un bon souvenir…
-Tu n'as jamais eu à faire au Comte par le passé, de quoi parles-tu ?
-Je n'ai pas eu à faire à lui personnellement, mais si je me souviens bien, j'avais dû lui voler une ou deux inventions dont je ne me suis pas vraiment servi à bon escient ! Je ne pense pas qu'avec son intelligence, il a pu oublier un truc pareil… et voilà que maintenant je m'incruste comme si de rien était et qu'il m'accueille à bras ouverts… je ne suis pas sûr de pouvoir supporter ça.
-Tu veux repartir ?
-Oui… et non. Je ne veux pas vous priver de vos vacances si durement méritées… mais en même temps, je voudrais juste pouvoir prendre mes jambes à mon cou et m'enfuir parce que je ne suis pas fier de mes actions passées… pas toutes du moins.
-Le Comte est quelqu'un de très indulgent. Il sait que tu as changé sinon tu ne serais pas avec nous. Et puis, c'est peut-être justement le moment où jamais de faire amende honorable. De t'excuser pour commencer, et puis voir ce qu'il en suivra.
-Spirou, je n'ai jamais été quelqu'un de courageux et tu es le premier à le savoir avec Fantasio. Je ne sais pas si je serais capable de lui faire face… vraiment je ne sais pas dans quoi je me suis embarqué. Si j'avais pu me rappeler de qui était ce « Comte de Champignac » quand on en parlait hier, je vous aurais tout de suite dit que je ne serais pas venu… mais quel idiot je suis ! se dit-il en se frappant la tête de la seule main qu'il lui reste.
Mais le roux lui attrape aussitôt et le ramène contre lui pour le prendre dans ses bras, et le serrer très fort.
-Tu es courageux Zantafio. Peut-être pas téméraire, ajoute-il en rigolant doucement, -mais tu es quelqu'un de courageux. Peu de personnes aurait sacrifié leur vie pour nous sauver comme tu l'as fait en Russie. Peu de personnes en serait revenu comme tu l'as fait, nous aidant une deuxième fois malgré tout ce que tu avais subi là-bas. Et peu de personnes auraient eu le courage de faire face à leurs erreurs et d'accepter leurs faiblesses pour devenir quelqu'un de meilleur. Tu es bon Zanta.
Tu ne le sais tout simplement pas parce que tu n'es pas habitué à être vraiment toi devant les autres. Mais Fantasio et moi savons qui tu es à l'intérieur et on en a pas peur, bien au contraire, on préfère cet aspect de ta personnalité parce qu'on t'aime comme ça, quand tu es vraiment et seulement toi. Et si nous le savons, alors sois sûr que Le Comte le sait également, c'est vraiment quelqu'un de très réfléchi. Il ne se prête pas aux préjugés mais seulement à sa propre intuition.
-Tu le penses vraiment... tout ce que tu viens de dire ?
-De tout mon être Zanta. Ne doutes jamais de mes mots parce qu'ils sont sincères, tout comme ceux de Fantasio.
-Mais... on ne sait jamais vraiment aimer par le passé alors pourquoi...
-Tout simplement parce que tu ne nous en a pas laissé l'occasion ! Il est vrai que les seules fois où nous avons pu échanger furent lors de tes cambriolages ou de tes expéditions pour tenter de nous couper l'herbe sous le pied et cela ne nous a pas laissé assez de temps pour faire plus ample connaissance c'est sûr. Mais il nous aura suffi d'une fois pour te voir sous ton vrai jour et il t'aura fallu une fois pour nous sauver la vie et te rendre compte qu'on n'était pas tes ennemis. Tu ne crois pas ?
-Oui, c'est... c'est ça. Ça fait un peu... étrange de l'entendre comme ça mais oui, tu as raison... comme d'habitude. Rit le brun sans beaucoup d'humour tout en s'enfouissant involontairement dans l'étreinte de Spirou.
Le roux sourit doucement alors qu'il resserre son étreinte et de déposer un baiser léger sur le front de son protégé. Si léger que Zantafio pense l'avoir imaginé.
-Aller, finissons de ranger nos affaires et descendons, le café doit être prêt maintenant.
-Ok.
Et ils finissent.
Quand ils arrivent en bas, Fantasio et Le Comte de Champignac sont installés à la table de la cuisine, les attendant apparemment car aucune boisson n'était versée.
-Ah enfin, vous voilà ! On se demandait s'il n'allait pas finir par devoir venir vous chercher. S'exclame Fantasio en levant les bras en l'air à leur entrée.
-Navré mais il se trouve que quelqu'un nous a laissé ses affaires à ranger en plus des nôtres donc il a fallu un peu plus de temps...
-Ah... euh... oui, bon bref. Venez donc, tout est prêt, nous allons enfin pouvoir nous reposer devant un bon café. S'empresse aussitôt de dire le blond en guidant les deux autres aux chaises qui leur étaient destinées, détournant ainsi habilement la discussion.
