Titre: Blueberry
Raiting: T
Auteur: Myllie
Disclaimer: Le monde magique appartient à la merveilleuse J.K. Rowling, je ne fais qu'emprunter quelques uns de ses personnages.
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Salut tout le monde! Voici le dixième chapitre!
Je suis désolée pour le petit retard d'un jour. J'ai eu de la visite inattendue hier et je n'ai pas pu posté avant.
Mais je vous ai fait le chapitre le plus long jusqu'à maintenant!
Un grand merci à Madison2220, à Elara Perry, à Samyye33 et à TheFanne pour leurs reviews.
C'est grandement apprécié.
TheFanne: Un gros merci pour ta review! Tu m'as bien fait rire. J'adore ton enthousiasme et la grossièreté qui va avec, cela veut seulement dire que tu aimes ma fictioné :D
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Bonne lecture!
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Chapitre 10
Bill Weasley disparut sous les flammes vertes de la cheminée. Son épouse empoigna la poudre de cheminette et dit à haute voix le lieu de destination : le Terrier. Victoire passa ensuite suivi de près par Louis et Scorp'. Lorsque ce fut à mon tour, je pris entre mes mains les fines graines de poussière.
- Le Terrier, me rappela Dominique.
- Le Terrier, répétais-je dans un souffle.
Je me regardais une dernière fois dans le minuscule miroir collé au cadre de cheminée. La baguette magique coincée sous l'oreille et les cheveux frisés, j'avais l'air d'une jeune sauvageonne. Une soudaine appréhension à la perspective de revoir Albus me jeta un bloc dans l'estomac. Je redoutais notre rencontre. Comme je ne lui avais pas adressé la parole depuis plus d'un mois en raison de mes thérapies, je ne savais pas ce que je devais faire dorénavant en sa présence. J'avais choisi de m'améliorer dans mes rapports avec les autres personnes, mais fallait-il que je change les nôtres aussi? Comment devais-je le saluer d'abord? Par un bonjour? Un salut? Un «ça fait longtemps»? Ou un classique «Albus chéri, tu m'as manqué, veux-tu sortir avec moi?» Non, celle-là n'allait pas lui plaire. Son sourire apparut dans mon esprit et je soupirai. Je n'allais jamais lui plaire quoi que je faisais, je ne lui plaisais pas, mais était-ce une bonne raison pour laisser tomber? Était-ce une bonne raison pour me décourager? N'importe qui aurait répondu oui à cette question, mais je voulais réessayer, je voulais retenter le coup, je voulais que toutes ces années d'effort aient valu la peine.
- Euh, Blue, tu comptes aller sans chaussures à la fête? me demanda Dominique en me tirant de mes pensées.
- Ah, bah, non, tu as raison, j'aurais l'air d'une idiote, répondis-je en riant.
Elle rit à son tour, me trouvant certainement timorée. J'enfouis mes pieds dans mes jolis bottillons pour finalement m'exclamer un «au Terrier» retentissant. Je subis encore une fois la pression de ce voyage magique sur mes poumons et en ressortis toute poussiéreuse. Je sortis rapidement de la cheminée pour laisser la place à Dominique qui jaillit deux secondes plus tard, le sourire aux lèvres. Scorp' me tira tout à coup vers lui. Je compris immédiatement son geste lorsque je vis la grand-mère et le grand-père de Dominique, de Victoire et de Louis. M. Weasley semblait avoir eu une indigestion à la vue de Scorp' qui se forçait à esquisser un sourire.
- Mamie, Papi, s'exclama Dominique en allant serrer ses grands-parents dans ses bras.
- Ma chérie, Louis, Victoire, vous êtes toujours aussi beaux mes enfants, s'attendrit Mme Molly Weasley en leur pinçant la joue gentiment.
Louis chuchota quelque chose à l'intention de M. Weasley et je vis ses poings se décrisper. Les Malfoy touchaient une corde sensible en lui.
- Je vous présente Blueberry Bee et Scorpius Malfoy, mes meilleurs amis, nous présenta Louis en nous pointant du doigt.
- Bonsoir, dis-je timidement.
Scorp' tendit sa main et M. Weasley l'observa pendant quelques secondes, ne comprenant clairement pas ce qu'il devait faire. Finalement, il la serra avec enthousiasme et sourit.
- Je suis enchanté de vous rencontrer tous les deux. Louis nous a beaucoup parlé de vous, s'exclama-t-il d'une voix joyeuse.
Sa bonhomie coutumière refit surface.
- Avec papi Arthur, tout est toujours plus simple, me chuchota Victoire à l'oreille.
Je ne pus qu'acquiescer devant la scène qui se jouait. Après avoir eu une embrassade chaleureuse de Mme Weasley, Louis me présenta à tous ses tantes et ses oncles. Je saluais, souriais, serrait la main. Plusieurs visages défilèrent, mais tous avaient une similarité. Telle tante avait le même nez qu'une telle nièce, tel fils avait la même couleur de cheveux que ses oncles. Je les reconnus à peu près tous : George, Percy, Audrey, Angelina, Charlie, Hagrid. Molly Weasley deuxième du nom se lança dans mes bras, elle n'avait plus aucun ressentiment de mon excès de colère contre Rose, ce qui était un vrai soulagement pour moi. On s'entendait si bien que notre amitié ne méritait pas d'être détruite pour mes bêtises. Je la serrais fort dans mes bras et la complimentais sur sa ravissante robe d'une couleur bleu nuit, rappelant certainement son appartenance à la maison de Rowena Serdaigle. Je croisai le regard de Rose qui m'ignora complètement et qui passa la porte du salon le nez levé. Orgueil. Foutu orgueil qui l'empêchait de me pardonner après que je lui ai offert des excuses. J'avais tenté, elle avait refusé, alors je n'avais rien d'autre à faire. Un homme roux fit alors son apparition à ma droite, je le reconnus aussitôt, ce n'était autre que Ron Weasley. Ses cheveux étaient peignés de telle façon pour cacher son début de calvitie.
- Bonsoir Blueberry, s'exclama-t-il en venant dans ma direction.
Il me serra la main. Il tenait dans l'autre une bouteille de bièraubeurre. Nul doute qu'il avait déjà commencé à fêter.
- La dernière fois, je ne me suis pas présenté, je suis Ron Weasley, dit-il.
Je levai légèrement les yeux au ciel.
- Comme si personne ne vous connaissait!, ne pouvais-je m'empêcher de répondre.
Il rit joyeusement, mais se rembrunit tout d'un coup. Je me retournai pour regarder la cause de son soudain assombrissement. Scorpius se trouvait derrière moi. Il afficha un air qu'on pouvait qualifier de condescendant à la vue de Ron, mais consentit tout de même à lui tendre la main. Ron fit une moue de dédain.
- Voyons Ron, ce n'est pas comme ça qu'on accueille les gens, s'écria une voix indignée.
La célèbre Hermione Weasley s'approcha de son mari et se tint droite le regard insistant. Ron grogna quelque peu, mais finit par serrer la main de Scorp'. Et moi, je ne pus qu'hyper-ventiler. Hermione Weasley, anciennement Hermione Granger, était devant moi. Devant moi. Devant moi. Je dus me répéter ses paroles une centaine de fois en deux secondes pour capter l'information. Elle se tenait devant moi dans une robe beige à manches mi-longues, ses cheveux bruns étaient tirés en arrière dans un chignon serré, ce qui faisait ressortit ses grands yeux bruns. Son élégance et sa beauté me firent sentir minuscule. Elle était tout ce que je voulais être. Hermione Weasley avait tellement fait, tellement donné. Elle était la raison pour laquelle les créatures magiques gagnaient plus de droit. Elle était une des raisons pour laquelle Harry Potter avait vaincu le Seigneur des Ténèbres. Cette femme était tout ce que j'admirais. Elle était forte, indépendante, fière. Je voulais devenir comme elle, je voulais être une femme comme elle. Je voulais aider les autres telles qu'elle le faisait, je voulais faire progresser notre société magique, je voulais plus de justice dans le monde. Je voulais être forte, indépendante, fière.
- Enchantée Scorpius, Blueberry, lança-t-elle.
- Moi de même Mme Weasley, répondit Scorp' avec un respect absolu vu que c'était elle qui avait plaidé en faveur de Drago Malfoy, l'évitant ainsi d'aller à Azkaban.
- Euh… hum… euh… en-chan…tée, balbutiai-je.
Avant que je tombe dans les pommes, Louis qui apparut soudainement m'empoigna le bras et m'entraîna avec Scorp' à l'extérieur. Je dus cligner plusieurs fois des yeux pour enfin saisir que je venais de voir Hermione Weasley. J'incitai mon corps à reprendre un état normal et à se calmer avant que je ne m'évanouisse réellement. Mon cœur reprit son accélération lorsque je vis le jardin qui me faisait face. J'eus le souffle coupé. Un immense chapiteau d'un violet pâle prenait place dans la cour où une seule table longue était placée. Une chaleur se dégageait du chapiteau, preuve qu'on avait utilisé de la magie pour qu'on ne meurt pas de froid dans cet hiver glacial. Les couverts avaient déjà été mis et quelques membres de la famille se préparaient à déguster des plats aux allures succulentes. Ce qui m'impressionna le plus ce ne fut pas tant la grandeur du lieu, mais bien les centaines de bougies qui flottaient dans les airs. Elles se trouvaient dans des bocaux aux reflets chatoyants. De plus, des arrangements de fleurs s'agrippaient, montaient, descendaient de la tente en une explosion de couleurs.
- C'est magnifique, murmurai-je.
- Très joli, en effet, approuva Scorpius.
- Merci, j'ai contribué à mettre les bougies en place, s'enorgueillit Louis avec un grand sourire.
- Et j'ai placé les fleurs, ajouta Dominique à ma droite.
- Et j'ai fait le dégnommage, s'exclama George Weasley d'un air rieur.
Je souris devant la mine joyeuse de cet homme. Les élèves de Poudlard connaissaient l'histoire de Fred et George Weasley, une histoire qui avait fini d'une manière tragique par la mort de l'un deux. J'avais toujours été admirative de leurs talents, de leurs dons à faire rire et à s'amuser. Et à voir George Weasley, aujourd'hui, se tenant debout à côté de moi, j'avais l'impression d'en être honorée.
On descendit les quelques marches jusqu'à la cour lorsque je croisai des yeux émeraude. Albus était assis et discutait avec sa petite sœur Lily. Il hocha la tête dans notre direction et retourna à sa conversation comme si je n'étais rien. Le coup au cœur, je m'installais sur la chaise entre Louis et Scorp'. Une brique écrasait mes poumons. Il réussit même à me faire oublier que je venais de rencontrer Hermione Weasley. Il avait été plus facile pour Albus à s'accoutumer à mon absence, tandis que, de mon côté, je ressentais un vide douloureux depuis des semaines. La voix de Mme Weasley annonçant le début du festin interrompit le fil de mes pensées. Les cousins, tantes, oncles s'assirent dans les chaises disponibles. Un raclement se fit entendre et me fit lever les yeux vers la personne assise en face de moi. Harry Potter, le seul et unique. Ma surprise était définitivement grande, assez pour qu'il le remarque. De toutes les personnes présentes, il avait choisi de s'asseoir en face de moi. Devrais-je me sentir privilégiée? Mon premier geste fut de me rapetisser sur place, il était évident qu'il ne voulait pas que je cause du trouble dans cette fête familiale du nouvel an. C'était quand même moi qui avais frappé son fils et asticoté l'autre. En plus, j'avais délibérément jeté sa nièce au sol avec un cognard pendant le match de Quidditch. Je me fis davantage petite lorsque je rencontrais les yeux foudroyant de la mère des garçons. Elle était assise un peu plus loin entre son frère George et sa nièce Lucy. Ginny Weasley dégagea ses cheveux flamboyants et me jeta un regard sévère. Scorp' aperçut la dureté dans son visage et me tapa le dos pour me redresser. Je me raclai la gorge. Une fois tous installés, on commença à manger. Les conversations partirent joyeusement et l'ambiance dégagea une chaleur douce. Je me détendis.
- Alors, j'ai entendu dire que Drago Malfoy travaillait dorénavant avec des apothicaires de haute renommée, est-ce bien vrai? demanda le Survivant à Scorpius en coupant le silence tranquille qui s'était installé.
Sa question n'en était pas une vraiment. J'avais l'impression qu'Harry Potter connaissait plus qu'il ne laissait paraître la vie de son ancien ennemi.
- C'est bien vrai. Mon père est un maître de potions qui travaille avec d'autres maîtres de partout dans le monde. Dernièrement, il a tenu une conférence avec des chamans sur la potion tue-loup parce que ces derniers la pratiquent sous une autre forme. En plus, mon père…, répondit Scorp' d'un ton pompeux.
- Je pensais que ton père travaillait dans la politique, interrompit Louis en tentant d'éviter que son meilleur ami continuât les éloges sur son père.
- Mais non Louis, je t'ai déjà dit qu'il a voulu se dissocier de son propre père et tu sais à quel point grand-père est un idiot, s'exclama-t-il.
Je voyais M. Potter écouter avec attention. Il leva les sourcils à la mention du grand-père de Scorp', sûrement étonné de voir qu'il ne se gênait pas pour l'insulter.
- Et vous M. Potter, que faites-vous dans la vie? demandai-je poliment.
Il s'essuya le coin de la bouche avec une serviette avant de me répondre, ce qu'il est bien élevé! Pour faire bonne figure, je commençai à mastiquai plus doucement, me répétant mentalement de ne pas montrer la nourriture que j'avais dans la bouche. Il fallait bien que le Survivant voit en moi quelqu'un de civiliser après ce que j'avais fait à son fils.
- Je suis le chef des aurors. Je prends en charge les dossiers les plus durs, expliqua-t-il.
- Il est toujours occupé, ajouta Louis qui ensuite avala une bouchée de poulet tout rond.
- Eh bien, c'est parce que je m'occupe des autres aurors et de leur formation, continua M. Potter.
- Woah! M. Potter, vous faites tout ça en plus d'élever vos enfants, m'étonnais-je.
Il sourit devant mon admiration. Je passai sous silence la partie du petit crétin arrogant qu'était son fils aîné.
- Je fais de mon mieux et je vous avouerai que depuis que mes enfants sont à Poudlard, mes taches se sont allégées.
- Et il est aussi très modeste, déclara Louis.
- Ah, au fait, M. Potter, ma mère vous envoie ses sincères remerciement pour avoir débarrassé le monde magique de face de serpent, lançai-je à la va-vite avant d'oublier que ma mère voulait absolument que je le remercie.
Si ma mère pouvait avoir une statue d'Harry Potter pour s'agenouiller devant elle et pour la remplir d'éloges, elle l'aurait eue depuis longtemps. Ma chère mère était une groupie finie du Survivant. On pouvait la comprendre quand on savait que les mangemorts du Seigneur des Ténèbres avaient tués ses parents.
- Face de serpent?
Il rit.
- Remercie ta mère pour ses remerciements, mais je n'ai fait que ce qu'il me correspondait de faire, continua M. Potter.
L'ombre d'un fantôme passa à travers ses yeux et je sus que la grande guerre lui avait laissé plus de cicatrices qu'il voulait montrer. Et je comprenais davantage ma mère, qui avec la mort de Lord Voldemort et avec l'incarcération de ses mangemorts, Harry Potter l'avait aidée à panser davantage le chagrin de ses parents défunts. Je ressentis du remords, de la culpabilité pour avoir été si agressive, pour avoir frappé et avoir fait mal à autant de personnes. Je ne valais pas mieux que tous ces gens qui avaient fait du tort aux autres parce que même si les dégâts n'équivalaient pas ceux des mangemorts, j'en avais quand même causé. Je dirigeais mon regard vers Albus. Il mangeait, riait, souriait et semblait heureux d'être entouré de cette magnifique famille brisée et reconstruite. C'était émouvant de se retrouver dans une pièce remplie de héros et de héroïnes de guerre. J'avais l'impression de sentir leur courage, leur tristesse, leurs cicatrices, leur puissance. Soudainement, j'étouffais. Je me levais prétextant une envie urgente. Fébrile, je remontai les quelques marches de la porte de la cour et m'aperçus qu'Albus me suivait des yeux. Une fois à l'intérieur, une fois loin des blessures causées par la violence, je respirais librement. Je promenais mon regard vers le salon et remarquai pour la première fois un portrait. Fred Weasley me regardait avec un sourire malicieux et me lança un clin d'œil. Il était le sosie de George Weasley à la différence qu'il possédait des yeux brillants, des yeux où aucune mort ne le hantait. Je lui offris un signe de tête et lui souris.
- Alors, j'ai besoin des tasses, de la théière…, récitait la voix de la matrone de cette maison.
Je suivis sa voix jusqu'à retrouver Mme Weasley fouillant dans les placards à la recherche de cuillères à thé et de tasses.
- Voulez-vous que je vous aide? lui demandai-je.
Sous la surprise, elle se cogna contre le coin de l'armoire.
- Oh, pardonnez-moi, je ne voulais pas vous faire peur, m'exclamai-je aussitôt en m'approchant d'elle pour la rassurer.
Elle se frotta le crâne.
- Ce n'est rien ma chérie. Mon vieux corps peut encore supporter quelques coups, me rassura-t-elle en me tapotant le bras gentiment.
- Donc, voulez-vous de l'aide? répétai-je.
- Oh, ce serait bien gentil si tu pouvais apporter les tasses sur ce plateau, dit-elle en me montrant le plateau en question.
Comme je ne pouvais pas faire de magie, je pris le plateau avec mes deux mains et me dirigea dehors. Je laissai finalement le plateau sur une table ronde séparée de la grande table. Mme Weasley avait déjà mis d'autres tasses.
- Miss Bee, comment allez-vous?
Professeur Londubat était assis au coin de la table à côté de Luna Scamander et en face de sa femme, Hannah. Je trouvais étrange de le voir là, de le voir hors de son élément habituel, c'est-à-dire hors de Poudlard. J'étais habitué à le considérer comme faisant partie intégral de l'école à l'égale des murs, des statues, des escaliers. Retrouver son professeur dans un autre contexte pouvait être troublant.
- Euh, je vais bien et vous? répondis-je.
- Bien, bien, la nourriture de Mme Weasley est délicieuse comme toujours, s'exclama-t-il.
- C'est parce que les nargoles n'ont pas voulu l'infester, déclara Luna Scamander.
Je n'avais aucune idée de ce qu'était les nargole, mais Mme Londubat rit allégrement accompagné de son mari. Je retournai alors dans la maison et fonçai sans vraiment regarder sur la théière qui flottait magiquement. Elle avait évidemment comme mission d'aller se poser elle-même sur la table que je venais de quitter. Le thé brûlant qui se trouvait à l'intérieur se déversa sur moi et, dans ma tête, je hurlais de douleur. Je gémis faiblement. La théière heurta le sol avec fracas et Mme Weasley se précipita hors de la cuisine. Elle me vit et, plus précisément encore, elle vit le thé s'étendre sur ma robe.
- Par Merlin! Ma chérie! Est-ce que tu vas bien? s'écria-t-elle inquiète.
Elle effectua un mouvement de baguette qui arrêta l'expansion du liquide chaud sur ma poitrine.
- Reparo, dit-elle sans attendre ma réponse à sa question.
Les morceaux de la théière se recollèrent pendant que Mme Weasley m'entraînait dans la salle de bain du premier étage. Ma peau sous ma robe picotait, tirait, chauffait. J'avais expressément besoin d'eau froide sur tout mon corps. Mme Weasley chercha dans une petite armoire et dénicha un flacon de la taille de ma main qu'elle ouvrit.
- Malheureusement, je ne suis pas une médicomage et donc, je ne connais pas tous les sorts pour guérir des brûlures, mais ceci est une pommade pour soulager la partie brûlée. Il faut que tu l'appliques doucement, m'informa-t-elle en me tendant le flacon que je pris délicatement.
- Merci.
Elle me laissa ensuite seule et je fermai la porte de la salle de bain. J'enlevai ma robe doucement pour ne pas irriter ma peau. J'ôtai aussi mon soutien-gorge et gémis en découvrant me peau rouge. Je pris de la pommade et appliquais tranquillement la crème sur ma poitrine et mon ventre.
- Pourquoi ces trucs-là n'arrivent qu'à moi, grognai-je pour moi-même.
Quelqu'un cogna à la porte.
- C'est occupé, déclarai-je à quiconque se trouvait derrière la porte.
Grrr, maintenant, il fallait que je me dépêche. Je remis mon soutien-gorge et ma robe en place en grimaçant de plus belle. J'ouvris la porte sèchement, un peu fâchée de ne pas être tranquille et me trouvais nez à nez avec Albus. J'ouvris grand les yeux, je ne m'attendais pas à le voir de si près. Il esquissa une moue blasée, mais sérieusement délicieuse. Et si je l'embrassais? Non, stop Blue… ne sois pas une cochonne, une perverse, une violeuse de lèvres…
- T'as fini? me lança-t-il froidement.
- Si je t'ouvre la porte, c'est que j'ai bien fini, ne pus-je m'empêcher de répliquer.
On se fixa dans le blanc des yeux, aucun des deux ne bougea.
- Bon, dit-il.
- Bon, répétais-je
- Alors laisse-moi passer.
Je m'écartais et m'enfuie rapidement. Cependant, Mme Weasley m'arrêta dans ma course pour aller me réfugier quelque part où la présence d'Albus n'allait pas me rendre complètement folle.
- Est-ce que la pommade t'as fait du bien? s'intéressa-t-elle.
Je remarquai d'un coup que je ne ressentais plus la brûlure, plus aucun picotement. Je n'avais plus mal.
- Oh oui, la pommade m'a beaucoup aidée. Merci.
- La rougeur devrait partir d'ici quelques heures, m'assura-t-elle.
J'acquiesçai et continua à marcher hâtivement vers mes amis qui continuaient à converser avec Harry Potter. Toutefois, maintenant, les invités avaient tous une tasse de thé à la main.
- Où étais-tu passée? me questionna Scorp' en se penchant vers moi.
- J'ai dit que tu avais fini ton assiette, m'informa Louis.
J'hochai la tête sans vraiment leur prêter attention. Albus venait de réapparaître sur sa chaise et je lui lançai un regard noir. Avait-il réellement besoin d'être méchant avec moi? Ou encore d'être sur la défensive chaque fois? Ce n'était pas comme si j'allais l'attaquer ou lui sauter dessus même si l'envie ne manquait pas. J'étais capable de me retenir comme une grande fille.
Une fois l'estomac rempli, on discuta, conversa, ria, en élevant toujours et encore la voix. Minuit allait sonner bientôt et je vis George apporter le portrait de son frère jumeau qu'il cala sur la chaise. Charlie sortit une bouteille et Ginny apporta les coupes. Pendant qu'ils distribuaient les verres, on se leva. L'excitation d'une nouvelle année se faisait ressentir. Louis murmura ses résolutions pour cette année et Scorp' se demandait si ses vœux allaient être exaucés cette fois-ci. Quant à moi, je regardais Albus. Il avait beau me détester et m'ignorer, un vœu sera toujours accorder pour lui, une résolution sera toujours énoncer pour lui.
- C'est du champagne, me dit Scorp' en observant la couleur du liquide.
Je pris la coupe qui flottait vers moi.
- Deux minutes!, déclara la voix de Bill.
Les conversations s'élevèrent. Je m'imprégnai de l'atmosphère joyeuse qui régnait. Puis, le décompte commença.
- 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1… BONNE ANNÉE, nous nous exclamâmes en chœur.
On entrechoqua nos verres et but le champagne pétillant. Je ris devant les mines pleines de joie de mes voisins de table. Louis me tira la langue et je le serra fort dans mes bras. Ce fut ensuite le tour de Scorp' qui consentit à une embrassade. On se souhaita nos meilleurs vœux. Dominique, Fleur, Victoire, Molly, Lucy, Bill m'offrirent leurs bras. J'évitais Ginny et James. L'une parce qu'elle me faisait peur (on ne savait jamais, peut-être qu'elle allait me sortir une batte de nulle part et me fracasser le crâne avec) et l'autre parce qu'il était con. M. Potter me serra la main et ses yeux émeraude croisèrent les miens et je le remerciai mentalement. Je ne le remerciai pas pour avoir sauvé le monde magique, mais bien pour avoir donné ses yeux à Albus, car c'était bien ses émeraudes qui m'avaient fait chavirer la première fois et qui continuaient à me maintenir.
L'heure du coucher fut bientôt annoncée. Hagrid roupillait déjà dans son coin. On aida Mme Weasley a débarrassé la table et je fis doublement attention cette fois-ci de ne heurter aucun objet volant. Victoire me raconta qu'Arthur Weasley avait eu la brillante idée d'installer une tente où chacun pouvait dormir pour la nuit au lieu de se rendre chez lui. Ladite tente avait été prêtée par le ministère pour M. Potter, en général personne ne lui refusait grand-chose depuis la bataille de Poudlard, et fut installée par les frères Weasley. Elle trônait un peu plus loin dans le jardin, plus précisément sur une colline entourée d'arbre où normalement la famille Weasley s'amusait à jouer au Quidditch avec des pommes selon ce que m'avait racontée Dominique. La tente semblait minuscule, mais lorsqu'on entra à l'intérieur, il y avait plusieurs portes amenant à plusieurs chambres. Les cousins et cousines qui allaient dormir là se promenèrent joyeusement et choisirent leur chambre. Il n'en avait pas pour tout le monde alors Scorpius et Louis se retrouvèrent à partager la leur ensemble, tandis que je n'en avais une pour moi seule. Je souris devant leur regard mal à l'aise.
- Allez, ce n'est pas comme si vous n'avez jamais dormi dans la même pièce, me moquai-je en leur lançant des coups d'œil suggestif.
Louis regarda ses mains pendant que Scorp' haussa les sourcils me signifiant clairement de me taire.
- Dans ce cas bonne nuit Blue, dit Louis en m'implorant des yeux de ne pas le laisser seul avec son fantasme.
- De quoi vous parler?! On continue à fêter nous autres, on n'est pas des vieux, s'écria Molly.
Elle me prit la main et on se dirigea vers le salon aménagé dans la tente. Se trouvaient alors Lily, Hugo, Rose, Albus, Lucy, Victoire, Dominique, Teddy, Lorcan, Lysander, James, Roxanne, Fred assis sur les divans. Lucy me passa une bouteille que j'identifiais comme du whisky pur feu.
Deux heures plus tard, Fred s'était écroulé à terre, complétement mort. Victoire embrassait goulûment Teddy. Dominique riait à gorge déployée avec sa cousine Rose. Lily avait finalement réussi à voler la bouteille de whisky pur feu de la main de James, celui même qui ne voulait pas qu'elle boive sous prétexte qu'elle était trop jeune. Lorcan et Lysander racontait des blagues. Roxanne tentait de monter sur les épaules de Molly qui s'écrasa sur Fred. Hugo essayait de consoler Lucy qui pleurait pour je ne sais quoi, un garçon sûrement. Scorp' flattait les cheveux de Louis. Et moi? Eh bien moi, j'étais à moitié étalée à terre et à moitié sur Lucy. Albus, lui, se trouvait coincer entre James et Lucy.
- Albus, pourquoi tu ne m'aimes pas?
Il était le seul à n'avoir presque rien bu et semblait à deux doigts de nous envoyer tous paître.
- Si nos parents nous voyaient…, commença-t-il sans me prêter attention.
Je pris la bouteille des mains de Lily et elle rouspéta. Comme elle était légèrement éméchée et que j'étais plus forte, je n'eus aucune difficulté à lui dérober le whisky pur feu que j'enfouie dans les mains d'Albus.
- Bois et arrête de te plaindre, dis-je faiblement, la tête me tournait.
Il regarda la bouteille comme si elle était infestée d'un parasite invisible.
- Bee, je ne boirais pas, rétorqua-t-il.
Sa réponse me parvint telle un murmure puisqu'au même instant Lucy sanglota plus fort que jamais.
- Qui veut qu'Albus boive un coup? criai-je par-dessus les voix des autres.
On me fixa puis tous commencèrent à beugler.
- Vas-y Albus, fais-le d'une traite!
- Allez Albus, sois pas coincé!
- T'es capable, Albus!
- Tu vas voir, c'est trop bon!
- Allez, vas-y, répétai-je après les autres.
Il fit non de la tête.
- Je ne boirai pas, argua-t-il résolu.
Non, mais quelle tête de mule!
- Oui, tu le feras.
- Non.
- Oui.
- Non.
- T'es l'homme le plus coincé que je connaisse. Tu n'es juste pas capable de te laisser aller, répliquai-je en essayant de me lever.
- Je suis parfaitement capable de me divertir, Bee, rétorqua-t-il sèchement.
- Alors prouve-le, bois.
- Non.
- T'es qu'une mauviette.
- Je ne suis pas une mauviette, répondit-il avec hargne.
Il se leva et planta un doigt sur le haut de ma poitrine.
- T'es énervante Bee, lâche-moi un peu.
- Je veux seulement que tu te détendes. T'as l'air d'avoir une baguette dans le cul.
- Ne sois pas vulgaire.
- Je serais vulgaire si je le veux.
- Je ne boirais pas si je le veux, continua-t-il, ses yeux me lancèrent des éclairs.
- Je ne te laisserais pas tranquille tant que tu ne cales pas cette bouteille.
- Pourtant tu m'as bien laissé tranquille pendant plus d'un mois, pourquoi décides-tu de recommencer maintenant?
- Parce que je suis une enquiquineuse de première.
Une voix dans mon cerveau me dictait pourtant d'arrêter de le déranger. Dans mon esprit nébuleux, je me souvenais de m'être dite que nos rapports devaient s'améliorer. Je ne faisais en réalité que les empirer.
- D'accord, je te laisse tranquille, je m'en vais, finis-je par capituler.
- Parfait.
- Parfait.
- Tu n'es pas encore partie.
- Je pars maintenant.
- Pars alors.
- Je pars.
On se regarda, on se jaugea. Je me tournai finalement en fouettant au passage mes cheveux sur son visage. Il grogna. Je me dirigeai alors vers ma chambre.
- Al', ne sois pas pervers et cesse de regarder les fesses de Bee quand elle marche, s'exclama James dans une voix moqueuse.
Je me retournai vivement. Hugo éclata de rire, même Lucy esquissa un sourire sous ses larmes. Albus était bouche-bée par le culot de son grand frère. Il rougit et, ne sachant pas quoi faire sous les regards de tout le monde, il but une gorgée de la bouteille. Je souris.
- Ce n'est pas grave, tu peux regarder mes fesses tant que tu veux, à l'inverse, je t'ai déjà vu nu, dis-je innocemment.
- Quoi?!, s'écria-t-il en crachant ce qu'il venait de boire.
- Eh bien, une fois, je me suis faufilée dans ton dortoir pour te regarder te doucher, avouai-je.
Ce fichu alcool me faisait dire des secrets que je souhaitais emporter dans la tombe de peur de sa réaction. Et j'avais bien raison d'avoir voulu le faire. Albus bouillonnait littéralement pendant que James, Louis et Hugo s'esclaffaient bruyamment.
- Tu n'as quand même pas osé?!
- Si.
Pour toute réponse, il me lança la bouteille qui rebondit sur le mur de la tente à deux mètres de moi. Franchement, il visait mal.
- Cours, Bee, avant que je t'assassine.
Et je courus maladroitement me terrer dans ma chambre dans un éclat rire.
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Fin du chapitre 10
Il se peut que vous avez vu plus de fautes d'orthographe que normalement puisque le logiciel que j'utilisais est défectueux. Si vous avez remarqué des erreurs flagrantes (du genre inimaginable!), avisez-moi, je les corrigerais. Merci!
Le prochain chapitre sera posté autour du 28 octobre.
Une review? :) xx
