Un grand merci à ma bêta qui s'empresse de me lire pour me corriger, même à 2h du matin!
Bonne lecture!
Chapitre 9 :
La première – et seule ! – nuit qu'Hermione passa à l'hôpital avait été atroce. Elle n'avait qu'une envie : partir d'ici au plus vite ! Elle avait un tueur à attraper et ne supportait pas de devoir rester allongée à ne rien faire. Mais elle avait promis à Harry qu'elle se plierait à ses conditions. C'est pourquoi elle passa la matinée comme elle put, en lisant. Son meilleur ami et médecin était passé dans la matinée pour la saluer et lui apprendre qu'elle pourrait sortir en fin d'après-midi.
Elle venait de finir de déjeuner, à une heure horriblement avancée, et de se doucher lorsque que quelqu'un toqua à sa porte. Trop heureuse d'un peu de distraction, elle ne sut comment réagir en découvrant Drago, seul. En l'observant avec minutie, on pouvait dire qu'il émanait de lui un étrange contraste de détermination et d'hésitation. Ne lui laissant pas le temps de lui poser une question, il vint à sa rencontre et prit la parole.
– Salut, comment vas-tu ?
– Beaucoup mieux, ils me laissent sortir en fin d'après-midi.
– C'est une bonne nouvelle, les autres seront contents. Je ne peux pas rester longtemps, mais il fallait absolument que je te parle et seul à seule.
Intriguée, elle l'invita à se lancer tandis qu'ils prenaient place sur son lit.
– Je t'ai bien observé hier lorsque tous les autres, y compris Dean, étaient là… Tu sembles très heureuse et épanouie avec eux.
– Je le suis, lui confirma-t-elle pas sûre de savoir où il voulait en venir.
– Est-ce que… est-ce que tu étais malheureuse avec nous ?
Hermione fut très surprise et attendrie par sa question. Dans une tentative pour le rassurer, elle posa une main sur sa joue. Elle qui voulait à tout prix éviter les contacts physiques avec lui…
– Absolument pas, assura-t-elle en verrouillant son regard au sien. C'était différent, j'étais différente.
Avant qu'elle n'ait le temps de le voir venir, il l'embrassa. Ce baiser était très différent de ceux qu'ils avaient échangés par le passé : il était brutal et urgent, en un mot passionné. Il était digne d'un baiser de cinéma et malgré tout, elle sentit son corps fondre comme si elle n'attendait que ça depuis des jours. Sans le réaliser, elle lui rendit son baiser et se serra contre lui. Elle se sentait revivre, comme si tout ce qui était arrivé n'avait été qu'un rêve. Ce fut Drago qui, à contre cœur, mit fin à leur étreinte. Encore étourdie, elle le regarda dans les yeux et vit une étincelle au fond des siens qui semblaient plus lumineux que jamais.
– Je sais que tu es avec Bryce, ou Dean, pas la peine de nier. Mais je ne te laisserai pas partir sans rien faire, pas une nouvelle fois ! Je vais me battre pour toi, tu entends ?! Je t'aime et je refuse de te perdre encore une fois. Et si pour ça je dois tout quitter et te suivre en Amérique, je le ferai. Je ne gâcherai pas tout une deuxième fois, Hermione, tu peux me croire !
Muette, elle le regarda se relever, lui déposer un chaste baiser sur les lèvres puis quitter sa chambre sans se retourner. Que diable venait-il de se passer ?
A sa sortie d'hôpital, Hermione pensait que les membres de son équipe, et pourquoi pas ses anciens camarades, l'attendraient mais ce ne fut pas le cas. Légèrement attristée et en se maudissant de son attitude, elle retourna au bureau des Aurors. Ce qu'elle découvrit lui redonna sa bonne humeur : tous ses « hommes » l'attendaient avec un grand sourire. Drago se contenta d'agir normalement et elle ne sut si elle en était soulagée ou pas. Ils la serrèrent dans leurs bras et lui expliquèrent qu'ils avaient quelque chose pour elle, sans rien expliquer de plus. Elle se laissa guider et ne tarda pas à reconnaître le chemin vers les salles d'interrogatoire. Dans l'une d'elle se trouvait leur suspect : Michael Brexton.
– Vous l'avez attrapé ! Quand ? Comment ?
– Ton ahurissement a quelque chose de vexant, marmonna Logan.
– On ne pouvait pas décemment le laisser en liberté, la renseigna Casey.
– Surtout après qu'il s'en soit pris à toi, renchérit Bryce.
– Alors on s'est concertés et on l'a traqué sans répit, intervint Carter.
– Et on a fini par l'avoir i peine une heure, sourit Ron.
– C'est pour ça que nous n'avons pas pu être là à ta sortie, expliqua Drago avec un regard explicite.
Hermione était terriblement émue par leurs actes et ce qu'ils révélaient.
– Merci beaucoup, Messieurs, les remercia-t-elle une fois après avoir retrouvé ses moyens. En plus d'être de très bons Aurors, vous êtes des hommes de valeurs. Vous êtes géniaux et je vous adore !
Les concernés se sourirent, heureux de sa réaction et la satisfaction qu'ils ressentaient de l'avoir enfin arrêté et d'avoir fait plaisir à la jeune femme.
– On pensait, intervint Jarod, que tu apprécierais le privilège de pouvoir l'interroger toi-même…
Cette fois-ci, elle se contenta d'un signe de tête et entra dans la salle d'interrogatoire. Sans dire un mot, elle prit place face à Michael et l'observa, muette. Ce duel de regards dura plusieurs minutes avant qu'il ne craque le premier.
– Je me souviens de toi, Hermione Granger. Je t'avais déjà remarqué à Poudlard et je savais, comme beaucoup, que tu ferais de grandes choses. Je suis flatté qu'ils aient eu besoin de faire appel à toi pour m'arrêter. Tu ne te déplaces pas pour n'importe qui !
Hermione ne lui demanda pas comment il était au courant pour elle, sachant que cela ne mènerait à rien.
– Pourquoi avoir fait ça ? voulut-elle savoir. Je connais la douleur qu'occasionne la perte de gens qu'on aime, mais les personnes que tu as tuées étaient innocentes et n'avaient rien à voir avec la mort des membres de ta famille. Que penseraient-ils s'ils savaient ce que tu as fait ?
– Je l'ai justement fait pour eux. Pour leur rendre hommage. Ils sont morts à cause de moi, il est important qu'ils sachent que je continue à penser à eux et les honore comme ils le méritent ! Ces gens devaient mourir de ma main ! C'était mon devoir !
– Je vois…
Que répondre à ça ? Il était vraisemblablement bouleversé par la disparition de ses proches et s'était donné cette « mission » pour tenter de faire diminuer sa culpabilité. Il cherchait le pardon d'une façon tordue, certes, mais qui avait un sens pour lui.
– Je savais que tu étais une fille intelligente ! Dommage que nous nous soyons retrouvés dans de telles conditions !
Il arborait un grand sourire et la jeune femme retint avec peine un frisson. Il avait beau souffrir, il lui filait les jetons !
– Oui, en effet. Pour ce que ça vaut, je trouve que tu as choisi la bonne solution en refusant de devenir Mangemort. C'était la meilleure chose à faire et je sais combien c'est difficile d'aller à l'encontre de l'avis de sa famille…
Hermione jeta un bref regard vers la vitre sans teint derrière laquelle elle savait que se trouvait Drago.
_ … dommage que tu n'aies pas poursuivi sur cette voie !
Sur ce elle se leva et sans un regard, elle quitta la pièce, mettant un point final à cette sordide histoire.
Les jours qui suivirent ne furent que procédures, paperasse et conférences de presse. Comme promis, les membres de l'Unité Spéciale restèrent dans l'ombre, se contentant de réaliser leurs rapports pour le Ministère de la Magie anglais et celui de leur propre pays. Cela demanda tellement de temps aux Aurors qu'ils ne virent pas le temps passer et se retrouvèrent au jour du fameux repas chez les Weasley sans même le réaliser.
Hermione proposa aux membres de son équipe, ainsi qu'à Dean, qu'ils partent tous en même temps, évitant tout éventuel malaise. C'est ainsi que les Américains débarquèrent en force au Terrier, Hermione en tête, où l'on attendait plus qu'eux. Dès qu'elle l'aperçut, Molly Weasley se jeta pratiquement sur elle et la serra dans ses bras.
– Oh, Hermione, ma chérie ! Ce que tu as pu nous manquer ! Que tu es devenue une belle femme ! Je suis si contente de te revoir !
– Moi aussi, Molly, rit Hermione avec enthousiasme.
– Maman ! râla son plus jeune fils. Laisse-la respirer ! Tu vois bien que tu l'étouffes !
A regret, la mère de famille s'exécuta et Hermione put présenter les membres de son équipe. Arrivée à Dean qui avait les bras chargé de son fils et de son sacs d'affaires, Hermione vint à se rescousse et attrapa le bambin qui gazouilla de plaisir de retrouver les bras de la jeune femme qui lui embrassa le sommet du crâne avec douceur.
– Ce qu'il est beau, s'exclama Molly en regardant le bébé. C'est ton fils ?
– Merlin, elle aimerait bien ! s'amusa Dean.
– Plains-toi ! le défia l'ancienne Gryffondor. Tu es bien content que je m'en occupe pour que tu puisses te reposer ! Non, ce charmant Alexander est le fils Dean, qui lui-même est mon voisin.
A ces mots, elle coula un regard vers Drago qui eut toutes les peines du monde à retenir un soupir de soulagement. Il réalisa à cet instant que cela ressemblait beaucoup plus à Hermione d'aider un jeune père célibataire plutôt que de tromper le père de son fils… A bien y penser, il avait été stupide de croire qu'elle pourrait faire une telle chose !
– On se connaît depuis mon arrivée aux USA, poursuivit-elle, et sommes amis depuis aussi longtemps. C'est pour ça que le jour où quelqu'un a déposé ce parfait petit prince devant sa porte avec une note disant que c'était son fils, je me suis proposée pour l'aider autant que possible.
– En tout cas, il est adorable ! remarqua l'hôtesse. Puis-je le prendre ?
Tandis que le bébé passait de bras en bras, ravi d'une telle attention, Hermione en profita pour saluer les autres membres de la famille Weasley. Quelques larmes coulèrent lorsqu'elle et Ginny se prirent dans les bras.
– Ne reste plus jamais aussi longtemps sans donner de nouvelles, la gronda Ginny.
– Promis, lui assura sa meilleure amie avec un sourire.
Après s'être tous présentés et salués, ils passèrent dans le jardin où avait été montée la même tente que pour le mariage de Bill et Fleur. Hermione ne manqua pas de les féliciter pour leur magnifique petite Victoire qui jouait actuellement avec son grand-père Arthur. Ils prirent rapidement leurs marques et chacun trouva quelqu'un avec qui discuter lorsque George arriva avec une heure de retard. Il salua tout le monde et les surpris en donnant une forte étreinte à Hermione qui la lui rendit.
– Excusez mon retard, je ne pouvais pas me libérer plus tôt : je devais absolument achever ma dernière création.
– Tu as réussis à régler ton problème ? s'enquit Hermione.
– Oui, une simple erreur de dosage et c'est réglé ! Il ponctua sa réponse d'un clin d'œil. Tu avais raison, une fois de plus ! Tu n'en as pas marre ?
– De quoi tu parles ? s'interposa Ginny. Raison à propos de quoi ?
– Oh, tu ne leur a pas encore dis ?
Hermione secoua la tête pour toute réponse et George se rembrunit.
– Nous dire quoi ? intervint à son tour Ron, pas très heureux du tour que prenait la discussion.
Tout le monde s'était tu et écoutait la conversation entre Hermione et Ron.
– Ça fait un moment que j'aide George sur la réalisation de certaines de ses farces.
– Je ne comprends pas : tu as repris contact avec lui – seulement avec lui – pour l'aider à réaliser ses farces ? Depuis quand ?
– En fait, nous n'avons jamais perdu contact, tous les deux…
– QUOI ?!
Le ton de Ron ne cessait de monter, tout comme la quantité de sang dans ses joues et Hermione soupira. En signe de soutien, George vint se placer derrière elle et posa ses mains sur ses épaules.
– I ans, juste avant de partir, j'ai appris pour la mort de Fred. Je ne pouvais pas partir comme ça, sans rien dire ou rien faire. Alors je suis allée trouver George lorsqu'il était seul.
Flash-Back
Il n'y avait plus personne dans le parc de Poudlard qui avait été, quelques heures plus tôt, le témoin de violents et sanglants affrontements. Personne, hormis un jeune homme qui se tenait droit devant le lac, le regard perdu dans le vide. Il ne faisait plus attention à rien, ni au vent qui s'engouffrait sous ses vêtements, ni à la luminosité qui diminuait, le plongeant dans l'obscurité, ni au bruit de pas qui se rapprochait de lui. Hermione se plaça à ses côtés et ne dit rien pendant un moment, se contentant de regarder dans la même direction que lui.
– Ils te cherchent tous, l'informa-t-elle au bout d'un instant.
– Je sais.
– Ils s'inquiètent, tu devrais aller les voir.
– Je sais.
Hermione ne rajouta rien et le silence s'installa de nouveau entre eux. Elle ne voulait pas le brusquer, elle ne savait que trop bien ce que l'on pouvait sentir dans ce genre de situation.
– Il est parti, craqua-t-il finalement. Fred, mon frère jumeau, est mort et je ne le reverrais plus jamais. Il est parti. Pour toujours.
Ne sachant pas quoi dire et ne voulant pas craquer, elle se contenta de lui attraper la main et de la serrer fortement. Il n'y avait pas besoin de mot, ils se comprenaient.
Fin Flash-Back
– Je voulais qu'il sache que j'étais là si besoin. Que je le comprenais.
– Et comment l'aurais-tu pu ? lui cracha Ron dont les yeux brillaient de larmes mal contenues. Tu n'as pas perdu de frère, toi ! Tu n'en as même pas !
– Non mais j'avais des parents ! s'exclama-t-elle en se levant d'un bond.
– Quoi ?! s'exclamèrent Ginny et Harry, pas sûrs d'avoir compris ce que sa réponse impliquait.
Hermione se tourna vers Drago et Ron et le blond secoua la tête tandis qu'Hermione fermait les yeux pour tenter de se reprendre.
– Mes parents sont morts l'été qui a précédé notre dernière année, tués par les Mangemorts.
– Tu nous as menti ?! résuma Harry. Mais pourquoi ?
– Parce que je savais que dès que tu l'aurais su, Harry, tu t'en serais senti coupable, estimant que c'était notre amitié qui était à l'origine de leur meurtre. Et on sait tous les deux que c'est faux : des centaines de moldus se faisaient tuer tous les jours, qu'il s'agisse de mes parents relevait presque du hasard. Mais j'ai compris que j'ai eu tort de garder ça pour moi, que vous m'auriez aidé à traverser ça, tout comme je l'ai fait avec George à ma façon.
– Après son départ, enchaîna George, nous sommes restés en contact donnant et prenant des nouvelles respectivement. On se soutenait.
– C'est comme ça que j'ai pu rester informée sur vos vies. Mais n'en veuillez pas à George de ne pas vous l'avoir dit : je lui avais fait promettre de garder le secret.
– Tu ne voulais donc absolument plus de nous dans ta vie ? questionna Ron.
– Ça n'a rien à voir. Simplement, je savais qu'en restant en contact avec vous, j'aurais été tentée de revenir et j'avais besoin – je devais ! – prendre mes distances.
– A cause de tes parents et de notre attitude envers toi ? demanda l'Elu.
– Entre autres.
– Parce qu'il y a autre chose ? reprit le plus jeune des Weasley. Qu'est-ce qui peut bien justifier un tel éloignement ?
Hermione et Drago échangèrent un rapide regard, ce que ne manqua pas de remarquer Harry. Elle allait reprendre la parole lorsque Drago la prit de vitesse.
– Certainement le fait qu'elle m'ait vu coucher avec une autre et que lorsqu'elle m'a confrontée aux faits, je lui ai dit qu'elle n'était rien pour moi.
Un silence de mort suivit sa déclaration et avant que quiconque ne l'ait vu venir, Harry asséna une brusque droite au blond qui porta immédiatement une main à son visage blessé.
– Tu savais ! Depuis toutes ces années tu savais pourquoi elle était partie et tu ne nous as JAMAIS rien dis ! Tu la pleurais avec nous alors que tu l'as consciemment fait souffrir ! Enfoiré !
Il voulut se jeter une nouvelle fois sur lui mais cette fois les autres eurent le temps de réagir et tandis que Ron et Dean retenait Harry, Hermione emmena Drago dans la maison.
