Pour info : Eh oui, toujours n'importe quoi au niveau des dates ou des événements historiques mentionnés ici. Maintenant vous devez y être habitués. Bonne lecture !
CHAPITRE X - Potter en solitaire
Pendant que Drago Malefoy crachait son fiel à Rita Skeeter, Harry était occupé à une toute autre tâche, sans se douter de la trahison en cours. En effet, il était confortablement installé dans la bibliothèque en compagnie de Cho Chang. Cette dernière, la pauvre, peinait sur son cours d'Histoire de la Magie. Elle était belle, mais pas bien fine; elle avait déjà redoublé plusieurs fois la première année. Alors qu'elle aurait dû se retrouver en sixième année, elle n'en était qu'à sa troisième mais les gens ne la taquinaient pas trop à ce sujet, parce que - et je crois l'avoir déjà mentionné - elle était très jolie.
« Je ne comprends toujours pas pourquoi les Gobelins se sont rebellés en 746, rouspétait-elle en feuilletant son bouquin d'histoire.
- C'est parce que les sorciers avaient pris le pouvoir et avaient instauré un décret d'interdiction de commerce entre eux, répondit Harry en se retenant juste à temps d'ajouter : "tout le monde sait ça".»
Il s'en fichait d'ailleurs, que la mère de Cho l'ait bercée un peu trop près du mur quand elle était bébé. Elle avait de longs cheveux noirs qui brillaient à chacun de ses gestes, et ça lui suffisait.
« Hi hi, oui tu as raison, s'esclaffa la jeune fille, et Harry se sentit un peu rougir.
- Tiens, recopie ce paragraphe, indiqua t-il maladroitement en faisant glisser le manuel vers elle. Tu retiendras mieux les informations. Ça fonctionne pour moi.»
Enfin, ça fonctionnait quand il était encore studieux, de longues années auparavant.
Harry ne comprenait pas pourquoi il était si nerveux avec Cho. Pourtant, il avait l'habitude de fréquenter des filles. Et sa dernière conquête, Ginny Weasley (Ron avait un peu fait la gueule au début, mais il avait finalement dû reconnaître qu'elle avait de la chance) était aussi un peu simplette mais il était facile de lui parler. Certes, elle passait son temps à déblatérer des conneries sur le Quidditch mais bon, elle était gentille. Alors que Cho... elle dégageait quelque chose de différent. Ça le mettait un peu mal à l'aise mais ce n'était pas déplaisant.
Celle-ci s'interrompit dans l'écriture de son paragraphe, toute concentrée, sa petite langue entre les dents (c'était trop mignon, songea Harry tendrement).
« Merci encore de m'aider, Harry, lui dit-elle. Tu sais quoi, je te revaudrai ça. Que dirais-tu de pique-niquer près du lac, demain midi ? On pourrait se faire des sandwiches à la viande.
- Ce serait génial, Cho, répondit le jeune homme, mais... je ne sais pas trop (le pique-nique lui rappelait trop Cedric Diggory. Et il n'aimait pas y repenser). On pourrait aller à Pré-au-Lard, plutôt. Faire les boutiques. J'avais une répétition de prévue avec le groupe mais ils pourront se passer de moi un après-midi.
- Très bien», abdiqua la sorcière avec un grand sourire.
Ses dents éblouirent Harry un instant, de la même manière que celles de Drago qui charmaient Rita Skeeter en ce moment même, quelque part dans une salle de cours déserte du troisième étage.
Cho rassembla ses affaires et se pencha vers Harry pour lui planter un baiser sur la joue. La zone que les lèvres de Cho avaient touchée s'embrasa instantanément, et Harry fut surpris de ne pas prendre feu.
« A demain, Harry, lui dit-elle en sortant de la bibliothèque. Envoie-moi un hibou de confirmation pour l'heure et le lieu.»
Les têtes de quelques élèves se tournèrent à son passage, dont celle de Luna Lovegood, qui lisait dans un coin, et - c'était bien connu - avait le béguin pour la belle Asiatique.
« A demain», répondit Harry dans le vide, encore hébété par ce qui venait de se produire.
Un peu plus tard, lorsqu'il rejoignit Ron pour le repas du soir, Harry ne savait toujours pas comment lui annoncer qu'il allait - encore - annuler leurs projets pour le lendemain. Mais, heureusement ou malheureusement, il n'eut pas l'occasion de se torturer trop longtemps. Car ce fut Hermione qui se chargea de mettre le feu aux poudres, comme à son habitude.
« Alors, Harry, lui dit-elle en s'installant entre Ron et lui à la grande table. Il parait que tu sors avec Cho demain ?»
Ron s'étouffa avec sa demi-baguette de pain, tandis que Harry répondit, surpris :
« Comment tu sais ça ?
- Oh, tu sais, on papote pas mal dans les toilettes des filles. Et j'ai croisé ton amie. J'ai d'ailleurs trouvé qu'elle avait pris un peu de cuisses.
- Tu déconnes ! s'exclama Ron après avoir récupéré sa respiration normale.
- Non, je te jure, soutint Hermione d'un air mystérieusement joyeux. Ça m'étonnerait pas que ses joggings quotidiens aient du mal à la débarrasser de sa cellulite.
- Je veux dire... tu plaisantes quand tu dis que Harry a rendez-vous avec elle ?!
- Je voulais t'en parler, justement, intervint Harry, qui redoutait les foudres de son ami. Cho m'a invité à sortir demain, j'ai dit que j'étais occupé mais elle a tellement insisté, tu la connais...
- Tu changes ENCORE nos plans ? répliqua Ron avec colère. Je croyais que tu l'aidais juste une fois avec ses cours et basta ! On ne peut pas répéter sans toi, juste tous les deux, avec Fred en plus ! Il a trouvé son nouveau passe-temps pour me faire chier quand il est seul avec moi... il me lance un sort de Bloclang et le maléfice du Saucisson avant de me faire rouler jusqu'aux cachots, avant d'appeler Rogue en imitant ma voix et en le traitant de noms d'oiseaux à travers la porte de son bureau ! Alors, quand il sort et il me voit, il croit que c'est moi qui l'ait insult-
- Tu t'égares, là, l'interrompit Hermione, le sourcil froncé.
Elle avait tout de même l'air un peu confuse suite à la déclaration de Ron.
« Quoi qu'il en soit, reprit ce dernier, tu ne peux pas me faire ça, Harry. Donc tu es sympa, mais tu vas voir ta Cho et tu lui dis que tu es désolé mais que tu as du travail demain.
- Je...»
Harry laissa sa phrase en suspens. Il venait d'apercevoir Cho à la table des Serdaigles, qui lui fit un clin d'œil tout en léchant la banane qu'elle avait à la main.
- Je...
Harry reporta son attention sur Ron, toujours en attente.
- Je suis désolé, Ron, mais on reporte la répétition.»
Celui-ci se leva et lança un regard incendiaire à Harry en quittant la table. Mais après quelques pas, il se retourna et lui dit :
« Je pensais qu'il restait une once d'empathie quelque part dans ton cœur de diva égocentrique. Mais peut-être je me suis trompé. Tu sais, malgré le Sortilège Impardonnable qui nous lie à jamais, ça ne t'empêchera pas de finir tout seul. Sauf si un jour tu t'arrêtes de jouer solo, et tu t'intéresses un peu aux gens qui t'entourent. Mais je ne crois pas vraiment à ce miracle. Oh, et tu peux tirer un trait sur Ginny. Je retire mon autorisation pour que tu la fréquentes.»
Puis il tourna les talons et s'en alla dignement.
Le menton posé sur sa main, Hermione contemplait toujours rêveusement la table des Serdaigles.
« De la cellulite, tu imagines, Harry ? Dire qu'elle fait trois heures de sport par jour. Comme quoi, personne n'est épargné.»
