Enfin un nouveau chapitre ! :-)
Chapitre 9 : Une mort si horrible
Boromir est le premier dans notre file qui descend les escaliers de pierre, Legolas est derrière lui, Frodon et Sam le suivent, puis vient moi, Gimli, Merry et Pippin, Gandalf, et pour finir Aragorn.
J'ai donc sous les yeux le dos de Legolas, les Hobbits étant trop petits pour me le cacher. Sur ce point, je les maudis particulièrement, parce que cela me déconcentre assez dans ma marche que de le voir (si je retombe, là, c'est sur le dos de Sam, pas dans les bras de Legolas).
Et puis soudain, Boromir s'arrête avec une exclamation de surprise. Même Legolas doit apparemment en retenir une. Je regarde entre leurs épaules, et lâche un soupir émerveillé.
- Woaw ! Mais, c'est...
- Pour sûr que c'est de l'art, y'a pas erreur là-dessus ! souffle d'un air ébahi Sam, une fois qu'on est tous ici.
- Le royaume souterrain de Cavenain, et la cité des Nains, nous informe Gandalf d'un ton respectueux.
Puis j'entends un tout autre genre de cri, exclamation, ou toute ce que vous voulez. Gimli s'écrie :
- Non !
Et il se précipite vers une salle à la porte en bois, ouverte.
On le suit tous d'un pas rapide, et on le voit agenouillé à côté de ce qui semble être un tombeau. Gandalf lit ce qui est gravé dessus avec un air infiniment grave :
- Ci-gît Balïn, seigneur des mines de la Moria. C'est bien ce que je craignais : il est mort, ajoute-t-il lentement.
Je me poste derrière lui et pose doucement mes mains sur ses épaules. S'il était de sa famille ou s'il était l'un de ses plus proches amis, c'est le seul réconfort que je peux lui apporter.
Gandalf s'approche soudain d'un squelette auquel il dérobe un livre poussiéreux. À travers les sanglots assez bruyants de Gimli, je n'entend que ces mots : Ils arrivent. Je me raidis et je me tourne vers lui, mais brusquement je sursaute, lorsque j'entends un vacarme assourdissant. Je me tourne donc vers Pippin et vois qu'il a été assez doué pour faire tomber un squelette et un saut dans le puits sur le rebord duquel ils étaient posés.
- Crétin de Touque ! La prochaine fois, vous vous jetterez dedans, cela nous préviendra de votre bêtise ! crie Gandalf.
Et je suis parfaitement d'accord avec lui, pour une fois.
Ils poussent tous un léger soupir de soulagement, lorsque j'entends un bruit de tambour. Là, ils se regardent tous d'un air super inquiet.
Boromir se précipite vers la porte, et regarde au-dehors. Comme une flèche se plante à deux doigts de sa tête, il se recule violemment et referme la porte en précisant :
- Ils ont un troll !
Legolas et Aragorn se postent devant moi et les Hobbits, en bandant leurs grands arcs. Mais Aragorn se retourne et me passe une épée. Il me dit :
- Tu peux le faire, Ana. J'en suis persuadé.
Je ferme les yeux à fond et je prend une profonde inspiration après avoir saisi l'épée. Si Aragorn dit que je peux le faire, à mon avis c'est vrai. Mais il ne m'a pas appris beaucoup de coups.
Je rouvre les yeux quelques secondes après. Et je vois Legolas qui me sourit, et étonnamment Boromir aussi le fait, qui se tient à côté d'eux en compagnie de Gandalf.
Je leur rend à tous leur sourire, en me demandant comment je me suis fourrée là-dedans. Je raffermis ma prise sur la garde de l'épée. Et puis j'entends des cris suraigus qui viennent du couloir. Je retiens mon souffle quand Legolas et Aragorn tirent dans la fente qui vient d'apparaître dans la porte.
- Qu'ils viennent ! s'écrie Gimli en brandissant sa hache, s'étant hissé sur le tombeau du dénommé Balïn. Il y a encore un Nain dans la Moria qui respire !
Ne les provoquez pas, Gimli. Je vous en prie, ne les provoquez pas ! Ne les mettez pas plus en colère qu'ils ne le sont déjà... je pense de toutes mes forces.
Je les entend défoncer la porte, puis je vois les visages complètement hideux des Orcs. Les premiers se prennent les flèches d'Aragorn et Legolas, mais le premier lâche assez vite son arc et dégaine son épée aussitôt.
Lorsque l'un des Orcs l'attaquent, j'esquive avec rapidité (je me rappelle des paroles d'Aragorn lors de mon presque seul entraînement) et porte un coup d'épée qui atteint l'Orc à la base de son cou. Il s'effondre violemment. Je retiens mon souffle : je viens de tuer quelqu'un. Je viens de tuer quelqu'un ! Même s'il voulait sans doute me tuer, je suis choquée.
Legolas passe à côté de moi en continuant à tirer sur les Orcs :
- Ressaisissez-vous ! Ce n'est pas le moment, arwen Ana !
Soudain, alors que j'allais me ressaisir, j'entends un rugissement horrible et vois une tout aussi horrible créature (gigantesque, à la peau de pierre, ou en tout cas ça m'en a tout l'air) entrer dans cette salle où nous et tous les Orcs sommes entassés.
Legolas lui tire instantanément une flèche dans le torse, ce qui ne lui fit pas grand mal. J'ai vu cela en combattant, c'est fort quand même !
Soudain, après cinq minutes et alors que je commence à fatiguer, j'entends Sam hurler :
- Grands Pas !
Grands Pas ? C'est qui ça ? je me demande intérieurement.
Je vois Aragorn se précipiter dans la direction de Sam et Frodon, qui est étendu à terre, une lance plantée dans ses côtes. Mes yeux se remplissent de larmes, et je ne vois que de façon très floue le troll s'effondrer. Je me précipite à ses côtés alors que Boromir, Legolas, Gandalf et Gimli tuent les derniers Orcs et me suivent précipitamment.
Je supplie le Hobbit :
- S'il-vous-plaît, Frodon ! Vous ne pouvez pas partir ! Pas maintenant !
Soudain, celui-ci se redresse en prenant une profonde inspiration. Je pleure de joie et de fureur tout à la fois. Je sanglote :
- Vous n'allez plus jamais mourir, okay ? Je vous l'interdisant, espèce de stupide Hobbit !
- Ne vous inquiétez pas, je n'en ai pas l'intention, sourit Frodon avant d'écarter les pans de sa chemise.
Je vois un métal brillant apparaître, et j'entends Aragorn déclarer :
- Vous êtes bien surprenant, monsieur Sacquet.
- Du Mithril, précise Gimli.
D'autres cris retentissent soudainement dans un autre couloir, et je vois des lueurs oranges se refléter contre les murs de ce même couloir.
L'elfe m'entraîne dans le couloir d'où sont arrivés les premiers Orcs, en lançant :
- Des gobelins ! Il faut partir maintenant !
On le suit tous, mais une fois dans la grande salle de Cavenain, les gobelins, qui sortent des murs, du plafond, du sol, nous encerclent rapidement.
Soudain, une autre lueur orange apparaît derrière nous, en même temps qu'un grondement retentissant se répercute contre les voûtes de l'immense salle.
Les gobelins, comme ils s'appellent, paraissent terrorisés et rentrent dans leur abri, quel qu'il soit.
- Quel est ce nouveau maléfice ? questionne Boromir.
- Cet adversaire est plus fort que vous. C'est un ancien démon, un Balrog. Alors courez ! lance soudain Gandalf.
Au mot de 'Balrog', même Legolas semble entièrement terrifié, et il n'hésite pas un instant avant de détaler.
À un moment, alors qu'on dévale une série d'escaliers à toute allure, on voit une cassure géante dans le roc et Legolas ne s'arrête même pas avant de bondir par-dessus. Il me tend les deux mains et moi aussi je saute (c'est sans doute l'une des décisions les plus stupides que j'ai jamais prises). Seuls Aragorn et Frodon n'ont pas le temps de sauter, la fissure devenant trop large. Ils choisissent de diriger le roc brisé et de sauter (pile au bon moment, ils ont tous mes compliments).
Au moment où ils atterrissent de notre côté, l'escalier qu'ils viennent de quitter bascule dans le vide et je pousse un soupir de soulagement.
Gandalf nous crie alors d'accélérer, ou de courir pour ceux qui ne s'étaient pas encore plus en route, comme moi.
Je passe sur un pont étroit et lorsque je suis de l'autre côté, je me retourne et vois Gandalf faire face au... au Balrog, au démon de l'ancien monde.
Il crie plusieurs fois : Vous ne passerez pas ! et frappe le pont de son bâton. Le Balrog avance tout de même et le pont se brise. Gandalf, satisfait, se tourne vers nous, mais je vois avec horreur le fouet de cette immonde créature s'enrouler autour de sa cheville. Son bâton et son épée tombent dans le précipice sans fond, et lui se raccroche à un petit rebord. Il nous lance d'un ton triste :
- Fuyez, pauvres fous !
Et c'est ce qu'on fait. Le seul à s'attarder est Aragorn, mais même lui finit par nous suivre tous.
Le plus atteint par cette perte est sans aucun doute Frodon. Après tout, Gandalf paraissait être un grand ami et son... pas son mentor, mais presque.
Et voilà, je vous avait dit qu'il serait long ce chapitre. Merci d'avance pour poster vos avis, bons comme mauvais.
Prochain chapitre demain ou après-demain, normalement... :-)
