Et voilà juste le 10e chapitre, que j'ai bien failli oublier de poster aujourd'hui. Après cette semaine chargée je n'ai pas eu le temps de répondre à vos reviews, mais je les ai quand même toutes lu, et je vous remercie de votre soutien et vos commentaires !

Et sans plus tarder en blabla: bonne lecture !

(***)

« Dès que tu seras lié, il faudra faire savoir à tout le monde quel côté le Séraphin défend, pour permettre à ceux qui veulent te suivre de le faire. » L'informa le directeur, préférant prévenir le brun plutôt que le mettre ensuite devant le fait accompli. Cette méthode n'avait pas donné de bons résultats précédemment, et cette fois, il avait retenu la leçon.

« Dès que je serais lié… » Soupira légèrement le brun, repensant aux événements de la veille.

« Ne t'inquiète donc pas, tout se passera bien. » Tenta de le rassurer Dumbledore, mais une seule personne serait réellement capable de le faire.

Chapitre 10 : Qu'il en soit ainsi.

L'après midi, Albus retourna parler avec Severus. Il avait bien l'intention de faire rentrer dans la tête de bois de son protégé qu'il avait lui aussi le droit à un certain bonheur, ou bonheur certain dans ce cas précis.

L'amour d'un Séraphin est absolu. Parfois, ce dernier choisi un compagnon pour le plus grand bien, sans pour autant lui donner son amour, mais le compagnon a alors toujours sa confiance, son amitié, et si après leur destin accompli il désire sa liberté, il l'obtient. Mais le directeur savait que le brun aimait le maitre de potion, il voulait un compagnon de combat autant qu'un compagnon d'âme et de vie. Ils avaient donc le bonheur à portée de main. Hors de question qu'un excès de non confiance en soi, d'attitude bornée, ou quoi que puisse être appelée la façon d'être du maitre des cachots puisse faire échouer tout ça.

Mais il avait sous-estimé son professeur. Quoi qu'il lui dise, ce dernier ne voulait toujours pas y croire. A croire qu'il faisait un blocage par Merlin ! Le manitou suprême était même prêt à lui lancer un impero pour le faire accepter la situation… Du moins jusqu'à ce que Harry ne se glisse doucement dans les appartements et ne s'agenouille au côté du ténébreux potioniste.

Sous le regard insondable de Dumbledore, le Griffondor se saisit de la main de celui qu'il avait désigné comme sien, et la caressa un moment, doucement, comme il l'aurait fait d'un oiseau fragile. Severus Snape semblait paralysé, il n'osait faire un geste alors que le Séraphin semblait avoir pris le contrôle de la situation.

Il ne savait même pas pourquoi il ne bougeait pas. Sa raison lui ordonnait de lâcher cette main. Il aurait voulu pouvoir dire qu'il ne voulait aucune relation d'aucune sorte avec le fils de James Potter, mais le fait est qu'il pensait surtout n'avoir rien à faire avec un être aussi pur. Le petit brun en face de lui avait été clairement dissocié de son ennemi d'enfance, de celui qu'il haïssait, et enviait en même temps.

Il ne restait que Harry, juste Harry, qui était aussi le survivant, le sauveur, et un Séraphin, un des êtres les plus purs avec les licornes. Lui, le mangemort, le meurtrier, n'avait aucun droit de se trouver à ses côtés, il ne pouvait accepter ça.

Et pourtant, alors que le plus jeune continuait à parcourir sa main des siennes, il ne pouvait faire un mouvement pour se retirer, et il se haïssait de ne pas avoir la force de renoncer haut et fort à tout ça. C'était facile en face d'un tiers, beaucoup moins devant le principal concerné.

Soudain, ce dernier se saisit plus fortement de sa main, remontant sa manche, toujours doucement et alors que le Serpentard voulait l'en empêcher, il plongea dans les deux orbes émeraude, et sentit qu'il ne pourrait rien faire. Les iris étaient sures d'elles, remplies de confiance et de certitude. Impossible de les faire flancher, ni même vaciller. Le serpent laissa faire, délaissant le contact visuel. Pour la première fois il ne menait pas le jeu, il ne dominait pas. Sa main était toujours tendue, son bras raide d'être ainsi découvert, exposant la marque infâme, mais il ne le retirerait pas.

Il était désormais incapable de laisser éclater la moindre colère devant le brun. Et cela ne servirait de toute manière à rien.

Le Séraphin observa la marque, passant délicatement un doigt dessus, la parcourant comme pour la sonder, mais n'osant entrer trop en contact avec. Il regarda à nouveau un instant le sombre professeur, comme s'il le sondait aussi, comme s'il lisait en lui, jusqu'au plus profond de son âme, puis posa sa paume entièrement sur la marque d'une noirceur effroyable.

Il la recouvrit, comme pour la cacher. Et sans quitter l'homme des yeux, il s'illumina de cette lueur bleutée parcouru d'éclairs dorés. La magie circulait autour de lui, elle courait sur son corps, le long de son bras, jusqu'à sa main, et se prolongea sur Severus, entourant la marque. Alors que celle-ci chauffait dangereusement, le maitre des cachots d'apprêtait à la retirer brusquement lorsque tout s'arrêta.

Ce qui n'avait semblé durer que quelques secondes pour le professeur de potion, avait en réalité duré près d'un quart d'heure. Quinze minutes où le directeur avait observé, ne loupant pas une miette de l'acte de haute magie qui se déroulait devant lui. Il s'était même retiré à l'écart, ne souhaitant pas interférer. Mais il pouvait désormais voir le résultat, tout comme le principal concerné.

Sous les yeux ébahis du potioniste, le brun retira sa main, laissant dessous le bras vierge, tout juste rougi de la chaleur qui avait été dégagée. Il ne bougea pas de sa position, toujours agenouillé devant le plus âgé, alors qu'il reprenait la parole, d'une voix douce, mais également… victorieuse.

« Maintenant tu n'es vraiment plus un mangemort, ni dans ton esprit, ni dans ton corps. » Déclara-t-il les yeux brillants.

Severus sembla réfléchir, son regard ne quittant pas son bras redevenu lisse. Il ne comprenait toujours pas pourquoi il avait été choisi, mais il semblait qu'il n'avait pas vraiment son mot à dire. Après tout, il n'était pas contre, il se trouvait juste indigne de cet honneur.

Mais maintenant, le jeune homme était allé jusqu'à lui retirer sa marque pour le convaincre, il lui était redevable. Il venait de le libérer d'un de ses maitres, celui qu'il haïssait, celui dont la marque le faisait toujours souffrir même lorsqu'il en était loin. Et s'il le choisissait, Dumbledore ne le serait plus non plus, même si ce dernier était plus un mentor qu'un maitre véritable, et il resterait donc cela.

S'il acceptait d'être choisi par le Séraphin, il combattrait toujours dans cette guerre, et toujours du même côté, ça ne changerait pas beaucoup de choses pour lui. Et alors que son rôle d'espion était achevé définitivement, il serait toujours utile à la cause. En fin de compte, tout le poussait à accepter ce qui était apparemment inéluctable.

Inéluctable, son mentor lui avait un jour dit que rien n'arrivait par hasard. S'il n'avait pas été du côté du mal et n'avait pas entendu la prophétie, Voldemort n'aurait peut-être pas été vaincu pendant un temps. S'il n'avait pas été responsable de la mort des Potter, il ne serait pas repassé du côté du bien et le camp de la lumière aurait été en bien plus mauvaises posture sans espion. Peut être que son rôle était de protéger le Séraphin, après tout, il protégeait déjà Harry avant que cet héritage ne se rajoute à ses autres problèmes. Sa mission restait encore et toujours la même. Protéger l'enfant de Lily, comme il en avait fait la promesse.

Après plusieurs secondes de réflexion, Severus rendit les armes et baissa la tête.

« Très bien. Qu'il en soit ainsi. Le Séraphin a trouvé son chevalier. » Annonça-t-il solennellement.

Harry resta un moment interdit avant de soupirer doucement, un léger sourire sur les lèvres. Ces réponses rituelles, il avait lui aussi lu les livres le concernant. C'était toujours ça de pris, il acceptait son rôle, et la conséquence la moins agréable : être en première ligne avec lui.

Il ne restait plus qu'à lui faire accepter les choses plus agréables. Car oui, il était son chevalier, son bras armé alors qu'il était les soins et la défense, mais il deviendrait aussi son ami, son confident, puis son amant. Il voulait au final d'un compagnon à part entière.

Et il sentait qu'il l'aurait, si le temps lui en laissait l'opportunité.

.

Remus Lupin s'était réveillé après quelques heures de sommeils. Le soleil n'était même pas encore totalement haut dans le ciel, c'était une première. Ses souvenirs lui revinrent instantanément.

La potion qui n'avait pu être prise.

La transformation, douloureuse comme elle ne l'avait pas été depuis longtemps, son corps s'étant habitué à la facilité de la potion.

La rencontre avec Harry qu'il avait voulu mordre.

Puis la paix.

L'acceptation du loup et de l'humain en lui.

La béatitude dans les bras du Séraphin, comme s'il était un louveteau.

Un grand sourire prenait place sur son visage. Il sentait que plus rien ne serait comme avant. Il avait la sensation qu'il n'aurait plus besoin de la présence du Séraphin pour retrouver ensuite cette union avec son loup intérieur. C'était un cadeau qu'il lui avait fait, et qui ne lui serait pas retiré. Il avait soudainement envi de voir le jeune homme, pour le remercier réellement. Il l'avait fait le matin, juste avant de s'endormir pour un sommeil réparateur, mais ça ne lui semblait pas assez.

Il s'étira précautionneusement, n'en revenant toujours pas de la facilité de son réveil, de sa forme alors que la fin de la pleine lune ne datait que de quelques heures. Il était certes un peu fatigué, mais c'était la conséquence logique d'une nuit blanche. Il n'avait quasiment aucun inconvénient de sa transformation, et aucune blessure.

Après qu'il se fut assuré qu'il tenait bien sur ses deux jambes, il se vêtit rapidement, et se dirigea tout aussi prestement vers le château, suivant son instinct pour retrouver son protecteur. Il prit ainsi directement la direction des cachots, sentant l'odeur du Séraphin dans les étages inférieurs.

Il arriva devant la porte du professeur de potion juste à temps pour entendre les paroles rituelles qu'il avait lu dans l'un des quelques livres qu'il avait emprunté pour mieux connaitre la nouvelle nature du brun. Qu'il en soit ainsi. Le Séraphin a trouvé son chevalier.

A l'entente de ces mots, il stoppa net, interloqué d'abord pendant quelques secondes, puis encore plus heureux si c'était possible. Le maitre des potions méritait bien cette situation. Après tout ce qu'il avait fait et subit pour la lumière, il avait largement payé ses dettes et ses péchés d'antan. Il savait que tous ne pensaient pas comme lui, mais ceux qui n'étaient pas contents n'auraient qu'à aller se faire voir en enfer.

Le Séraphin avait choisi son compagnon, ce dernier avait accepté, et ce choix était définitif.

Et il soupçonnait que le sombre professeur ne serait pas que le chevalier du Griffondor. Il savait que le jeune lion rêvait d'une vie tranquille et de trouver l'amour, sa nature de Séraphin n'avait pas pu l'oublier, il en était certain. Un nouveau couple se montrerait bientôt, et leurs ennemis n'auront qu'à bien se tenir.

(***)

Et voilà, ça avance, ça avance. Désormais les choses vont se précipiter, la trahison de Severus ne va pas rester sans conséquences.