N/A : Je suis désolée pour le long silence, ça arrivera peut-être encore épisodiquement, mais je promets de ne pas laisser tomber en cours de route. Pardon T_T

Voilà, donc chapitre suivant !


"J'ai toujours eu un faible pour les groupes. Les ensembles. Les photographies des équipes de Quidditch où tout le monde porte le même uniforme dans la même couleur, et c'est comme si toutes ces personnes formaient une seule et unique immense... chose.

Ah, Moony dirait sûrement ça mieux que moi : ce que je raconte n'a souvent aucun sens - du moins, c'est ce qu'il dit.

Un jour, Oncle Alphard m'a donné un bouquin pour mon anniversaire. J'avais huit ans, je crois. Je ne sais pas ce qu'il faisait là : Mère ne pouvait pas voir Alphard en peinture.

Elle n'était pas la seule, pour être honnête : j'ai souvent raconté des craques à Prongs pour le rendre jaloux, mais en vrai, Alphard a toujours été un sale type. Genre grincheux. D'accord il ne détestait pas les moldus, mais c'était pas vraiment une surprise qu'il soit resté célibataire.

Enfin, je crois qu'il s'était pointé à la fête juste pour voir Mère se mettre en colère et faire pleurer les autres enfants. Pareil pour le livre : c'étaient des contes moldus. D'ailleurs j'ai pu en lire qu'un avant que Père ne le brûle. Je ne me souviens plus du titre - c'était une histoire de canard très moche que tout le monde déteste, et qui finit par se rendre compte qu'en fait, il n'était pas même pas un canard. Non, c'était un cygne. Je crois.

C'était le truc le plus flippant que j'avais jamais lu. C'est vrai, à la fin, le pauvre type n'est ni un canard ni un cygne. C'est un cygne élevé par des canards qui se retrouve tout seul au milieu d'oiseaux qu'il ne connaît pas et qui le détesteront sûrement parce qu'il a des manières de canard.

Quand Père a brûlé le bouquin, j'ai été triste parce que j'aurais bien voulu lire la suite.

Après, je me suis rendu compte que j'avais envie de lire un truc moldu, et j'ai eu la trouille - la trouille que quelqu'un découvre que je n'étais pas vraiment un canard.

Enfin, tout ça pour dire qu'à une époque, j'ai vraiment voulu être des leurs - les pur sang, les Slytherins et les Black. J'aurais donné n'importe quoi pour avoir l'impression de faire partie de leur petit cercle. Pour pouvoir séparer les autres des miens en deux groupes distincts et bien ordonnés qu'on aurait pu prendre en photo et mettre côte à côte sur un mur.

Quand je me suis retrouvé chez les Gryffindors, j'ai repensé au canard, et j'en ai ri quelques fois tout seul dans mon lit. Parce qu'il m'était arrivé exactement ce dont j'avais peur, et qu'il vaut toujours mieux en rire qu'en pleurer. Non ?"

Extrait du carnet de bord de Sirius Black

XXX

Chapitre 7 :

Durmstrang ?

"Durmstrang !"

Sirius tressaillit, alors que le professeur McGonagall brisait le silence qui avait suivi cette affirmation.

"M-mais jamais depuis que j'enseigne ici..."

La voix de McGonagall était curieusement haut perchée, et Sirius se sentit presque troublé d'entendre un son aussi contraire à son apparence "nette et ordonnée" passer ses lèvres. Dumbledore la fit taire d'un geste, souriant d'un air affable - Sirius crut pourtant saisir une expression de contrariété passer sur son visage. Si rapidement qu'il était certain de l'avoir imaginé.

Après tout, Dumbledore était le sorcier le plus puissant de sa génération, et il avait à sa charge des centaines d'élèves : il se moquait bien de si l'un d'entre eux allait étudier à l'étranger. N'est-ce pas ?

Sirius réprima un frisson à la pensée de l'école qu'on disait dissimulée quelque part en Europe de l'est, là où vos oreilles pouvaient tomber si vous restiez trop longtemps dans la neige, et où les moldus coupaient les bras et les jambes qu'ils n'avaient pas réussi à réchauffer pour éviter qu'ils ne pourrissent tout leur corps.

Stupides moldus, même pas capables d'allumer un feu ou de faire apparaître une couverture et qui coupaient des gens vivants avec de grands couteaux.

"Êtes-vous sûre que ce soit la meilleure solution, Mme Black ?

- Insinueriez-vous que je ne suis pas à même de décider de l'éducation de mon fils, professeur ?"

La façon dont sa mère avait sifflé le titre n'annonçait rien de bon. Sirius sentit le regard de Dumbledore sur lui et baissa vivement les yeux - son père l'avait prévenu que le directeur d'Hogwarts était un legilimens accompli, et Sirius n'était pas certain d'être fier de tout ce qui était contenu dans son crâne.

Surtout à présent que le nom de l'école réputée pour ses châtiments corporels exemplaires et ses oreilles gelées avait été mentionné.

Une partie de lui était pourtant soulagée, à l'idée de quitter Hogwarts

- Potter, Pettigrew, les Slytherins, et l'homme effrayant qui semblait n'avoir que deux tenues différentes et qui patrouillait sans cesse dans les couloirs dans l'espoir d'attraper des élèves en train de contrevenir au règlement. Sirius croyait même l'avoir entendu murmurer à propos de fouets et de cordes en le regardant, et ce simple souvenir le faisait frémir -.

Durmstrang ne pouvait pas être pire que ça, si ? Les autres ne connaîtraient rien de son passage par la maison de Godric Gryffindor. Rien d'autre que son nom - Sirius Black, fils d'Orion Black. Ce serait probablement suffisant pour qu'ils lui laissent la paix. Il croyait se souvenir qu'il n'y avait même pas de répartition à Durmstrang - même si c'était le cas, on ne pouvait pas se tromper sur lui deux fois de suite.

Non. Impossible. Il secoua imperceptiblement la tête. En fait, aller à Durmstrang vaudrait sûrement mieux que de rester sept ans ici.

Il n'était pas sûr de survivre à sept ans dans la même chambre que Potter et Pettigrew.

"... M. Black ?"

Sirius releva la tête si brusquement que son cou émit un craquement sinistre.

"Huh ?" Il cligna des yeux et, trouvant l'attention des trois adultes focalisée sur lui, il redressa automatiquement sa colonne vertébrale. "Je vous prie de m'excuser, monsieur, j'ai peur de ne pas..."

Sirius se tut, Dumbledore ayant entrepris de choisir une chocoballe après en avoir offert à sa mère. Celle-ci refusa d'un signe de tête qui ressemblait à un sursaut. Sirius dévisagea Dumbledore avec stupéfaction, alors que celui-ci mâchonnait le chocolat sans cesser de sourire.

Pour tout dire, le plus grand sorcier de leur époque avait l'air plutôt stupide, et Sirius n'avait pas besoin de regarder sa mère pour savoir qu'elle en pensait autant.

"Je voulais seulement votre opinion, reprit Dumbledore. Souhaitez-vous poursuivre votre scolarité à Durmstrang ?"

Sirius ouvrit la bouche pour répondre que oui, bien sûr, tout serait mieux que le dortoir rouge et or rempli de traîtres à leur sang et de garçons dont on ne savait même pas d'où ils venaient.

La pensée de Lupin étouffa les mots dans sa gorge. La pensée de ne pas savoir, de partir et de ne jamais savoir, était étrangement déplaisante. Il se retint de s'ébrouer pour écarter cette idée.

Mère disait que c'était disgracieux et Sirius-pour-l'amour-de-Merlin-tu-es-un-Black-pas-un-animal.

"Oui, bien sûr", répondit-il avec retard.

"Vraiment ?"

McGonagall ne paraissait pas convaincue et Sirius maudit intérieurement son manque de contrôle. Il risqua un coup d'œil en direction de sa mère, mais elle gardait son propre regard fixé sur Dumbledore, comme si elle craignait qu'il n'attaque si elle le laissait un instant échapper à sa surveillance.

"Vraiment ? Dois-je comprendre qu'Hogwarts ne vous convient pas, M. Black ?" insista Dumbledore.

Sirius se plongea directement dans les yeux de Dumbledore, pensant toutes les insultes dont il pouvait se souvenir. Pourquoi ne le laissaient-ils pas tranquille ? Personne ne s'intéressait à lui quand Potter l'attaquait dans les couloirs, et maintenant ils voulaient qu'il reste ? Ils auraient dû être soulagés d'être débarrassés d'un problème sans avoir à s'en occuper. Sans compter que s'il était plutôt doué en classe (qui ne l'aurait pas été après avoir passé toute son enfance dans la maison des Black ?), il était loin d'être un génie. Non, vraiment, McGonagall n'avait aucune raison de pincer les lèvres comme si quelqu'un essayait de lui subtiliser son manuel de métamorphose préféré.

Sirius respira le plus silencieusement possible, et détendit discrètement ses poings - perdre son calme n'arrangerait rien. Dumbledore rit comme si toute cette réunion n'était qu'une farce, mais Sirius avait l'horrible intuition que ça avait plus à voir avec le contenu de son esprit.

Il se demanda s'il devait se sentir violé, d'avoir eu l'intérieur de son crâne examiné par ce presque inconnu. Car personne ne savait rien de Dumbledore - c'était effrayant en un sens, cet homme qui connaissait tout de tout le monde, et dont on ne connaissait que l'apparence excentrique qui ressemblait à une coquille creuse destinée à dissimuler quelque chose de bien plus sombre.

Les trois adultes s'étaient de nouveau tournés vers lui, et Sirius avait d'un coup l'impression d'être l'objet d'une lutte qui n'avait rien à voir avec sa scolarité.

"Je ferai ce que mes parents estimeront le mieux pour moi", s'entendit-il répondre.

Sa mère hocha la tête avec approbation. C'était ce qu'il était censé dire - il s'en moquait, tout ce qui comptait était ce que ça se termine et qu'on arrête de le regarder comme s'il était censé prendre une décision : il avait onze ans et des parents, il ne voulait pas prendre de décision.

"Je vois, soupira Dumbledore. Avez-vous déjà organisé le transfert ?

- Nous avons envoyé une demande - la réponse ne devrait plus tarder", répondit Walburga Black.

Dumbledore hocha pensivement la tête et prit quelques secondes pour réfléchir, bien que Sirius fut certain qu'il savait déjà exactement ce qu'il allait suggérer.

"Dans ce cas, peut-être Sirius devrait-il rester ici jusqu'à ce que le transfert ait été officialisé : inutile qu'il prenne du retard si tôt dans l'année."

Walburga observa longuement Dumbledore, paraissant essayer de déterminer s'il s'agissait d'une sorte de piège ou d'une offre réellement désintéressée. Dumbledore souriait sans rien laisser paraître, et Sirius songea que s'il n'avait pas le masque inexpressif des Black, sa constante jovialité était largement aussi efficace en terme de dissimulation.

Sa mère sembla finalement prendre une décision et Sirius pouvait voir à l'imperceptible relaxation de sa posture qu'elle était arrivée à la conclusion que Dumbledore était assez stupide pour offrir quelque chose de façon gratuite.

Lui-même n'en était pas si sûr : le directeur d'Hogwarts était trop lisse, trop enjoué. Il y avait dans son ridicule quelque chose de fabriqué qui déclenchait des sonnettes d'alarme tout au fond de son esprit.

"Très bien", dit Walburga.

Elle se leva, son manteau bruissant majestueusement derrière elle.

"Je vous contacterai quand le moment sera venu."

Dumbledore et McGonagall se levèrent pour la saluer. Sirius était déjà sur ses pieds. Il regarda sa mère s'approcher de la cheminée, résistant à l'envie de se retourner - il croyait avoir entendu un bruit derrière la porte. Encore. Mais non, Dumbledore s'en serait aperçu : il avait même détecté McGonagall plus tôt.

"Professeur Dumbledore, Sirius."

Elle adressa un signe de tête au professeur McGonagall. La connaissant, Sirius aurait parié qu'elle avait déjà oublié son nom - Walburga Black n'avait jamais été très douée pour retenir ce genre de choses, et elle gardait toujours Sirius près d'elle dans les soirées pour s'éviter de douloureux impairs.

Il se demandait si Regulus le remplacerait, maintenant qu'il ne vivait plus à la maison.

***

"James, ils faut qu'on y aille", souffla Peter entre ses dents.

James fit un bruit sans signification et agita sa main en l'air pour le faire taire, toujours captivé par ce qui se passait de l'autre côté de la porte.

"James, on va se faire prendre ! Peut-être qu'on va se faire renvoyer pour avoir espionner Dumbledore. Ou pire, nous mettre en retenue avec McGonagall", continua-t-il, tirant l'autre garçon par la manche.

James sortit enfin de sa transe. Il était vrai que McGonagall était effrayante quand elle était en colère, mais...

"Pff, Minerva", ricana-t-il à mi-voix.

Un sourire se forma sur le visage de Peter, qui articula silencieusement le nom et ravala un éclat de rire. Il y eut un bruit de pas à l'intérieur, et les deux garçons se regardèrent brièvement avant de dévaler les escaliers sans réellement prendre garde au bruit qu'ils pouvaient faire.

Ils ne s'arrêtèrent qu'une fois arrivés dans le couloir qui menait à la Grande Salle, hors d'haleine et rouges - de la course ou du pic d'adrénaline résultant de la terreur pulsant dans leurs veines à l'idée d'être pris, Peter n'aurait su le dire.

"Tu... tu crois qu'il va vraiment partir ?" demanda Peter.

Sûr, Black était un sale Slytherin, et il y avait quelque chose de sinistre chez lui, un peu comme chez le garçon bizarre aux yeux jaunes avec lequel ils partageaient leur dortoir, néanmoins Peter ne pouvait s'empêcher de se sentir coupable. Il allait quand même changer d'école. Parce que Gryffindor ou pas, Black avait dû se plaindre de lui et de James à ses parents. Du moins, Peter l'aurait fait à sa place. Et ça avait dû compter pour quelque chose, non ?

Durmstrang.

Le nom lui-même paraissait lugubre.

"Ah, alors le Slytherin va à Durmstrang ! dit James. Je savais bien que c'était un des leurs !"

Peter fronça les sourcils avec confusion, enfonçant les mains dans ses poches pour se donner une contenance et dissimuler son malaise.

"Qu'est-ce que tu veux dire ? interrogea-t-il.

- Durmstrang, c'est là où on étudie la magie noire. C'est mon père qui me l'a dit", ajouta James, comme pour parer à toute objection.

Peter détourna la tête et regarda passer les groupes d'élèves qui revenaient du petit-déjeuner. Il était difficile de croire que toute l'affaire avait duré à peine un quart d'heure : il avait l'impression d'être parti à la suite de McGonagall des heures auparavant.

"Quand même... Je veux dire, c'est rare les élèves qui partent en cours d'année, non ?"

James parut saisir ce qu'il insinuait et carra la mâchoire. Il passa une main dans ses cheveux, faisant partir les mèches dans tous les sens.

"Ouais, mais il l'a bien mérité, hein ?" dit-il.

Peter vit le doute entrer dans le regard de l'autre garçon pour la première fois depuis qu'il l'avait rencontré. C'était presque effrayant, pensa-t-il, de voir une personne si sûre d'elle douter.

Parce que d'un coup, la possibilité qu'ils aient eu tort semblait beaucoup plus probable.

"Et on n'a rien fait de si terrible - il ne peut pas avoir demandé un transfert juste pour ça !"

Merlin, pensa Peter avec horreur, James se sentait responsable. Il n'y avait plus aucun doute : tout était de leur faute.


N/A : pas mon meilleur chapitre... Mais je vais essayer d'écrire le suivant rapidement et je promets d'y mettre Remus (ne me tuez pas ! il va revenir ! ^^).

Reviews ?