Alors, ce chapitre remplace le dernier en date. Si vous faîtes attention, vous verrez que la trame est la même, mais la façon d'aborder le sujet est différente. Et ça me va mieux pour continuer !
Antonio écoutait le prêtre déblatérer sur le bien et le mal depuis plus d'une demi-heure. Après avoir fait un malheureux pas de travers en présence de témoins, il avait été obligé de le recevoir dans sa maison afin d'obtenir le pardon pour ses actes indécents. Bien qu'il passe par des périodes de grandes croyances, Antonio en avait assez d'entendre des sermons qu'il connaissait par cœur. Effectivement, se faire remettre en place par un religieux n'était pas très agréable pour une nation. Antonio n'était pourtant pas contre des rappels de temps à autre. La foi se révélait fragile avec le temps qui passe. Il ne méritait pourtant pas de se faire taper sur les doigts cette fois-ci.
Oui. Cette jeune femme était une noble promise à un grand seigneur. Même si elle avait été roturière, il n'y avait aucune raison pour lui faire des avances aussi ouvertes.
Ah ! Ce prêtre ne savait rien des véritables avances !
Antonio préférait grandement se disputer avec Lovino. Il était moins buté que ce prêtre ! Eh, oui ! On pouvait battre l'Italien dans ce domaine. Malgré qu'il fomente une nouvelle révolution en Italie, Lovino passait de temps à autre pour soi-disant voir s'il était encore vivant.
L'espagnol se doutait que l'Italien cherchait à entretenir de bonnes relations avec l'un de ses plus proches voisins. Ce pourrait peut-être un jour lui être d'une aide précieuse pour délivrer Felicia des griffes impitoyables de Roderich.
Lovino n'en démordait pas. Il voulait ne faire qu'un seul pays avec Felicia, ce que Roderich trouvait toujours aussi douteux.
L'Italien vint sur ces entre-faits, s'étonnant de voir un prêtre chez Antonio.
« Hé ! Je voudrais te parler, bastardo !, dit-il sans se soucier de choquer qui que ce soit.
- Comment pouvez-vous le laisser vous insulter ?, en fut choqué l'homme de religion.
- C'est un proche ! C'est une marque d'affection chez lui !, répondit vite Antonio, en faisant signe à Lovino d'être plus correct dans son langage.
- Il n'y a rien d'affectif entre nous, idiota !, râla Lovino, en ne faisant pas attention à lui et en se grattant l'arrière du crâne. Qu'est-ce que vous faîtes chez nous ?
- Chez vous ?, s'étonna le prêtre.
- Ce n'est pas ce que vous croyez, dit immédiatement Antonio qui était connu pour ses conquêtes autant féminines que masculines.
- C'est l'œuvre du démon ! Un jeune homme, n'avez-vous pas honte !
- Mais je vous dis qu'il n'y a rien entre nous ! »
Le prêtre prit de l'eau bénite, arrosa abondamment la tête de Lovino et fit le signe de la croix. L'Italien se débattit et se mit à crier alors que de la fumée blanche s'échappait de son corps.
« Il faut le brûler ! C'est un vil démon tentateur !
- Dehors de chez moi ! Tout de suite !, hurla Antonio, ne comprenant pas pourquoi Lovino était tombé à terre après le geste du prêtre.
- Il n'en est pas question ! Je dois finir de l'exorciser ! »
Antonio savait que la brutalité n'était pas une solution très catholique envers un homme d'église, mais il la jugea très appropriée. Il le fit sortir de la pièce, avant de fermer toute les portes.
Le prêtre lui hurla de le rejoindre. Le démon pourrait l'attaquer, le manipuler ou le séduire pour s'en tirer indemne.
La nation espagnole s'approcha doucement de Lovino, n'osant pas le toucher. De la fumée blanche continuait de s'évaporer de son corps enveloppé dans le tapis du salon. Antonio entendit des sanglots.
« Est-ce que tu as mal ? Bon sang ! Il a mis quoi dans cette eau ! Est-ce que tu as besoin de soins ?
- Va-t-en, bastardo !, renifla Lovino.
- Je suis sûr que tu es blessé. »
Antonio tira avec force sur le tapis pour en déloger la personne souffrante. Lovino cria en s'accrochant au bord du tapis qu'Antonio avait attrapé. Antonio lâcha brutalement sa prise en voyant apparaître deux ailes noires et il tomba les fesses par terre.
« Je peux t'expliquer, idiota ! »
Antonio cria, ce qui encouragea le prêtre dans ses prières. Devant lui, se tenait un véritable démon fidèle aux descriptions de tels êtres. Il avait des cornes et une queue fourchue il portait une tunique noire et un tisonnier au bout rougi. Ses cheveux flambaient de cette fumée blanche, son visage semblait également touché. Antonio était véritablement effrayé. Si les représentants de nations existaient, pourquoi des démons malfaisants n'existeraient pas ? Il ressemblait à Lovino, mais ce ne pouvait pas être lui.
Il était effrayé par cette manifestation du Malin.
« Tu n'es pas Lovi ! Arrière démon !, dit Antonio en saisissant un élément du mobilier pour se défendre.
- Mais c'est moi, idiota ! Aide-moi putain !, pleura la créature fantastique.
- Tu n'es qu'un monstre manipulateur ! Sors de chez moi ! »
Antonio réussit à attraper une croix, ce qui eut l'air de blesser encore plus la créature du mal.
Elle s'évapora.
Seulement, Antonio pouvait reconnaître un transport de nation vers une autre nation. Ceci en était un. Cette créature, c'était Lovi. Il ne comprenait pas et il tremblait de peur.
Sonné par ce qu'il venait de voir et par sa réaction, Antonio alla ouvrir au prêtre en lui disant qu'ils avaient réussi à chasser ce démon.
Le prêtre lui fit un regard éloquent, tout en lui disant que son comportement attirait les entités négatives.
Antonio lui fit une description de son agresseur. Il se sentait mal, parce qu'il ne savait pas comment faire la part des choses entre ces croyances et son affection pour Lovino.
« Un démon tapageur. Faîtes attention. Il pourrait revenir ici… »
L'espagnol doutait que Lovino le veuille.
« … Ne vous déplacez pas près de vos meubles.
- Pourquoi ?
- Un objet pourrait tomber, vous blesser voire vous tuer. Les démons tapageurs aiment par-dessus tout saccager. Généralement, ils ne s'en prennent qu'à des objets inanimés. Seulement, quand ils ont une cible humaine, ils ne se gênent pas pour la casser elle-aussi.
- Vous voulez dire que casser des objets est leur passe-temps ?, demanda Antonio, étonné d'une telle propriété.
- Ils ne peuvent s'empêcher de tout détruire sur leur passage. C'est leur nature. Il me semble que vous vous êtes déjà plaint de casse chez vous…
- Oui…
- Et vous accusiez toujours ce pauvre enfant nation… Il n'a forcément rien à voir avec un démon.
- Bien évidemment. Ce démon a pris son apparence pour me tromper. Je ferai mieux d'aller en parler avec la véritable nation. Oh ! J'ai été tellement aveugle.
- Je peux m'occuper d'exorciser votre domicile, proposa le prêtre.
- Il faut que je fasse tout d'abord une demande officielle à mon gouvernement. J'espère que vous comprenez. Ne vous inquiétez pas pour moi ! Je suis solide. J'ai réussi à lui faire face depuis tout ce temps. Je prendrai en compte vos conseils pour être un homme vertueux. »
Voilà, Antonio s'était débarrassé du prêtre, mais aussi de Lovino. Antonio eut un frisson d'effroi en se disant qu'il devait l'affronter et comprendre ce qu'il était vraiment. L'Italien ne pouvait être allé que dans un seul endroit. Auprès de sa jumelle, Felicia, pour se faire soigner et consoler.
Il ne savait pas vraiment s'il allait arranger les choses ou les empirer. Il ne pouvait pas rester chez lui à trembler d'effroi.
Feliciano prit contre lui son jumeau pour soulager sa douleur. Etant un démon, tout ce qui avait un rapport de près ou de loin avec l'exorcisme lui faisait énormément de mal. Lovino avait son cuir chevelu brûlé ne parlons même pas de ses cheveux ainsi qu'une partie de son visage et de ses épaules. Il pleurait sous la souffrance engendrée et il insultait Antonio de tous les noms. Feliciano le berçait de sa voix pour le calmer et pour le soigner. Il avait le pouvoir d'apaiser Lovino en théorie. Ce qui atteignait Lovino devrait le blesser également. Pas cette fois-ci. Devenaient-il de plus en plus indépendant l'un de l'autre ?
C'était ce qui devait arriver au bout de tant d'années de séparation.
En voyant que les cheveux de Lovino repoussaient, Feliciano soupira de soulagement. Il pouvait encore protéger et guérir son jumeau.
Leurs ailes, blanches pour Feliciano et noires pour Lovino, s'étaient déployées. Feliciano ne portait plus qu'une légère tunique blanche qui ne laissait pas de place pour imaginer un autre sexe que le sien véritable. Ce n'était pas mieux pour Lovino.
Ils n'étaient pas montrables.
Feliciano entendit des bruits de pas dans les escaliers, alors qu'il était toujours en train de soigner Lovino avec ses pouvoirs.
On frappa à la porte.
Feliciano découvrit qu'il était plus en colère que peiné. On avait fait volontairement du mal à Lovino sous sa forme démoniaque. C'était de la faute d'Antonio. Il en était certain, puisque Lovino ne faisait que l'insulter depuis son arrivée au manoir Autrichien. Antonio était sûrement à nouveau très porté sur la religion et avait attaqué l'un de ses proches en se basant sur ses croyances.
« Felicia. Je sais que Lovino est là, dit Roderich.
- Est-ce qu'il va bien ? »
C'était la voix d'Antonio. Feliciano sentit la rage affluer dans ses veines. Etant transformé en ange, son instinct protecteur envers Lovino se trouvait renforcé. On n'attaquait pas son démon sans en payer le prix. Feliciano sortit sa dague enchantée, aussi capricieuse que son élément naturel : l'eau, prêt à menacer les parts démoniaques des personnes à sa porte.
Lovino le supplia de ne rien faire, mais dût s'endormir, sous l'influence de Feliciano, quand ses blessures furent guéries.
N'ayant plus peur que son secret soit dévoilé au point où ils en étaient, Feliciano ouvrit la porte en grand.
« Que lui as-tu fait ?, hurla Feliciano.
- Enfin, Feli… Euh… Feli ! C'est quoi cette tenue ? Et ces ailes !, cria Antonio de surprise en se reculant le plus possible.
- Qu'as-tu fait à ma part démoniaque ? », siffla Feliciano en déployant toute la puissance de son arme autour de lui.
La partie métallique de son arme se liquéfia pour former plusieurs cercles d'eau autour de sa personne. Roderich et Antonio mirent leurs mains devant eux en signe d'apaisement. Ils ne faisaient aucun doute qu'ils avaient la trouille devant ce phénomène surnaturel.
« Ce n'est pas moi ! C'est un prêtre qui était chez moi ! Calme-toi Feli ! Je te jure que je ne voulais pas lui faire de mal ! Range ton arme, s'il-te-plaît !
- Pas question ! Tout a toujours été de ta faute ! Lovino t'en veut beaucoup ! Je suis sûr que tu es impliqué là-dedans.
- Feli, j'ai eu peur ! Je ne l'ai pas attaqué pourtant. Je voulais juste qu'il s'éloigne de moi. J'ai paniqué. Tu es plus agréable sans tes ailes d'ange, Feli chéri ! »
Roderich s'interposa entre eux, demandant immédiatement des explications. Feliciano fit en sorte de mettre son arme en état de veille.
« Lovi est gravement blessé ! Et il revient de chez Antonio ! Il lui a forcément fait du mal.
- Le prêtre a jeté de l'eau bénite à la figure de Lovino, sans que je ne m'y attende moi-même. Je n'y suis vraiment pour rien !
- Et pourquoi a-t-il fait cela ?, demanda Feliciano, toujours en colère.
- D'après ce prêtre, je suis un être de petite vertu qui dévergonde des jeunes hommes. Il a voulu purifier Lovino de mon influence néfaste. »
Feliciano grimaça ostensiblement.
« Avait-il de bonnes raisons d'y croire ? »
Antonio eut la nette impression que Feliciano était à la fois jaloux et surprotecteur. En tant que Méditerranéen, il en connaissait un rayon sur le fonctionnement des familles du sud et l'importance de défendre la vertu et l'honneur de tous ses membres.
« Non ! Bien sûr que non ! Baisse ce couteau ! Et dis-moi… Tu ne fais pas très humain dans cette tenue et encore moins femme !
- Je suis un ange masculin ! »
Roderich pâlit à une vitesse impressionnante, alors qu'Antonio se moquait de lui.
« Tu vas être la risée de tous !
- Je vais tuer Elizabeta et je l'enterrerai avec sa poêle, marmonna l'Autrichien vexé.
- Mais pourquoi Feli ? Je veux dire… A moins que ça te plaît…
- Ça ne me plaît pas du tout. Je suis un ange et Lovi un démon. Si on avait su qu'on était de vrais jumeaux, nous aurions été la cible de nombreuses attaques… Comme celle de ce prêtre inconscient… S'il se trouve sur mon chemin, il saura qu'il ne faut pas défier les anges…
- C'est compris, Feli, dit Antonio affolé par les pouvoirs de l'ange.
- Ne crois pas t'en sortir comme ça, répondit Feliciano en le pointant de sa dague.
- Comment va-t-il ?, demanda aussitôt Antonio.
- Je l'ai soigné. Il dort. »
Feliciano entrouvrit la porte de sa chambre. Ils purent apercevoir le corps allongé de Lovino et ses longues ailes noires.
« Attention, il ne faut pas lui déplaire ou ce démon tapageur casse tout, les prévint Feliciano.
- Et toi ?, s'inquiéta Roderich.
- J'ai une voix qui fait des merveilles. Vous le savez déjà. »
Roderich écouta attentivement tout ce que pu dire Feliciano sur sa condition d'ange et son destin à se faire passer pour une fille durant toute son enfance. De ce qu'il avait compris, tant que Lovino et lui ne pouvaient pas se défendre seuls face à des entités maléfiques, à des exorcistes ou à des mages, ils ne pouvaient révéler au monde entier que Feliciano était un garçon.
Qu'en était-il pour l'instant ? Lovino avait été blessé par un prêtre trop zélé. Ils ne devaient donc pas encore pouvoir se défendre de manière séparée.
Avec l'aide de Gilbert, il effectua quelques petites recherches. Evidemment, Gilbert se moqua de son manque de discernement concernant Felicia…no. Autant mettre toute la maisonnée au courant !
Ils trouvèrent facilement des renseignements intéressants sur les anges et les démons, ainsi que sur les particularités des jumeaux. Gilbert avait déjà rassemblé plusieurs documents en ce sens. Pour un très bon ami, soi-disant. Ce n'était pas pour Antonio, donc c'était pour Francis. De toute façon, les jumeaux du nouveau monde, ressemblant beaucoup au couple franco-anglais, ne regardaient pas Roderich. Il ne voulait pas savoir quelle diablerie se cachait derrière tout ceci.
Apparemment, les jumeaux italiens ne pourraient se séparer sans craintes que lorsqu'ils auraient trouvé et fait un pacte avec leur véritable amour.
Feliciano lui avait dit que c'était Lud. Seulement, Lud était mort aux yeux de tout le monde.
Roderich préféra fermer le livre qu'il lisait quand la possibilité d'un amour très fort entre les jumeaux fut mentionnée en remplacement de l'autre solution.
Il fallait permettre à Lud de revenir. Sous un autre nom de préférence. Il ne fallait surtout pas qu'on apprenne qu'il ait survécu à ses blessures, même si sa mémoire laissait à désirer.
« Comment ça tu veux maquer Ludwig et Felicia…no ensemble ?, s'étonna Gilbert. Ils n'ont plus cinq ans. Leur relation ne sera plus aussi pure et mignonne.
- Ils sont faits l'un pour l'autre. Feliciano l'avait pressenti enfant.
- Ok. C'est un pouvoir vraiment awesome ! Tu crois qu'on est fait l'un pour l'autre ?
- Ne prends pas tes rêves awesome pour la réalité, râla Roderich.
- On ne va pas les marier de force ! Ce ne serait vraiment pas awesome ! Ludwig n'a que quatorze ans. Il est trop jeune. Il pourrait aussi préférer Lovino à Feliciano.
- On va les faire se rencontrer tout simplement. Le reste sera de leur ressort.
- Ok. Je vais préparer Ludwig à retrouver ses fonctions de nation. Ce ne sera pas facile. Tu vas en parler à Antonio ?
- Non. Il va se moquer de moi. Tu ne lui diras rien. »
Roderich fusilla Gilbert du regard jusqu'à ce qu'il cède. Bien. Tant que Ludwig était concerné, Gilbert se révélait une véritable tombe, même pour ses meilleurs amis.
Antonio ne savait pas quoi penser de Lovino et de Felicia…no. Un démon et un ange avec des destins liés. Il n'était pas étonnant qu'ils veuillent représenter le même pays. Pour être ensembles et se protéger mutuellement.
Il ne comprenait pas comment un ange comme Feliciano pouvait être associé à un démon tel que Lovino. Tout court, comment un ange pouvait collaborer avec un démon ? N'était-ce pas contre nature ?
Les deux le terrifiaient à présent. Ils ne faisaient aucun doute qu'ils avaient des pouvoirs surnaturels et qu'ils ne se gêneraient pas pour les utiliser. Pour se protéger ou pour attaquer.
Antonio sentait qu'il aurait à présent du mal à approcher Lovino. Ses ailes noires, ses cornes, sa queue fourchue… Brrr… Son tisonnier prêt à lui piquer les fesses. La menace était là. Il ne devrait pas s'approcher de lui. S'il avait fui vers le nouveau monde, c'était que son instinct de survie avait été le bon. Il s'imagina un petit Lovino le coursant avec son tisonnier jusqu'à ce qu'il lui brûle la peau. Plusieurs fois. Pour toutes les fois où il n'avait été qu'un sale bastardo. Antonio repensa à toute sa vaisselle et son mobilier disparus sous les coups de colère du sale petit démon. Lovino n'était vraiment pas quelqu'un d'agréable à vivre. Autant bouder encore sa présence, tant qu'il ne se sentirait pas prêt à l'affronter. Evitons les catastrophes et les mots de trop. Ce serait plus sage.
Antonio se remit à faire les cent pas, ne sachant pas quoi faire.
Pour couronner le tout, il avait trouvé Lovino de plus en plus attirant jusqu'à ce qu'il prenne sa véritable apparence. Son caractère de merde l'avait heureusement préservé de toutes tentatives de séduction. Tant mieux. Se taper son ancien protégé serait mal vu. Même, il se l'était tout bonnement interdit. Ce n'était pas un désir imbécile qui allait gâcher sa réputation. Ça ne se faisait pas. C'était tant mieux que ce type était une saleté de démon. Ça le refroidissait encore plus.
Tout allait pour le mieux maintenant. Il ne serait plus jamais tenté. Et il allait renouer Belgique… Ce serait une bonne idée…
Roderich tapa à sa porte.
« Que me vaut l'honneur de ta visite tardive dans ma chambre ?, le taquina Antonio.
- Il faut qu'on parle des jumeaux.
- Je t'écoute.
- D'après ce que je viens de lire, ils n'aurait dû être qu'une seule et même personne, l'un représentant le bon côté et l'autre le mauvais côté.
- Oh ! C'est encore plus bizarre que je ne le croyais…
- Effectivement. Fais tout de même attention à Feliciano ! Ce n'est pas parce qu'il est un ange qu'il est inoffensif. De ce que j'ai lu, c'est une sorte d'ange-sirène. Il peut te charmer avec sa voix et te tuer sans que tu puisses t'y opposer.
- Charmant programme.
- Comme nous sommes leurs tuteurs légaux…
- Lovino vole maintenant de ses propres ailes.
- C'est bien le problème, Antonio. A ce que j'ai compris, ma présence et ma maison protège encore Feli. Lovino n'a plus vraiment ceci avec toi ! Il est vulnérable…
- Je ne peux rien y faire. Il est indépendant. Il a son propre territoire et ses propres obligations… Que veux-tu que je fasse !
- Il y a une solution pour que Lovino ne se fasse plus attaquer.
- Dis toujours. »
Roderich eut sa tête de constipé. Apparemment, il avait du mal à lâcher le morceau.
« Il faut lui trouver quelqu'un.
- Quelqu'un ?, s'interrogea Antonio avec sa tête d'imbécile.
- Une femme ou un homme. On se moque de savoir qui, du moment qu'il a quelqu'un dans sa vie !
- Ah ! ça ne va pas être du tout évident… Il ne supporte personne. Très peu de gens peuvent le voir en peinture.
- Parce que c'est un démon. On a une méfiance naturelle envers lui. N'as-tu pas une idée ? C'est toi qui le connaît le mieux. »
Antonio sursauta et regarda Roderich comme s'il l'avait atteint en plein cœur. Il ne supporterait pas l'idée de voir Lovino avec quelqu'un.
« Non…
- Il ne t'a jamais parlé de ce qu'il ressent ?
- Heu… Non. Et en quoi cela le protègerait ?
- La partie angélique de cette personne le protègerait. C'est que j'ai compris.
- Feliciano peut tout à fait… Oh, tu ne voudrais pas qu'ils unifient l'Italie et deviennent indépendants. Je t'ai percé à jour.
- Pour une fois, tu es plus intelligent qu'à la normale. Même s'ils unifient l'Italie, chacun d'eux aura besoin d'une compagne ou d'un compagnon.
- Pourquoi ? », fit Antonio avec l'air le plus bête qu'il avait en stock.
Feliciano protégeait comme il faut Lovino, même s'ils étaient loin l'un de l'autre. Une fois qu'ils seraient ensembles, ils n'y auraient plus aucun souci. Pourquoi Roderich insistait-il autant ? Lovino ne s'était jamais intéressé à personne de cette façon. Il était trop jeune.
« Parce que sinon les jumeaux vont se mettre ensemble…
- Oh, encore, avec tes suspicions à la noix ! Ils sont encore innocents tous les deux.
- D'après mes recherches, l'ange et le démon d'une même personne ont tendance à s'aimer très fort. Ils peuvent aller jusqu'à faire l'amour et à vivre ensemble.
- Enfin… euh… c'est bizarre !, s'écria Antonio.
- Gilbert m'a donné confirmation de cela.
- Ah, bon. Il a vu un ange et un démon s'adonner au plaisir de la chair. Il t'en aurait parlé et pas à moi ! Ce n'est pas un vrai ami…
- Il en a entendu parler. Je ne te dirai rien là-dessus.
- Je vais aller t'asticoter Gilbert.
- Laisse-le relire ses recherches. Ne va pas me le distraire !
- D'accord, soupira Antonio. Et pour Feliciano ?
- Je sais très bien qui lui plairait.
- S'ils sont la même personne, ne devraient-ils pas aimer la même personne ?
- Trouves quelqu'un pour Lovino. Très vite. »
Antonio n'aimait pas quand Roderich lui donnait des ordres, surtout de ce genre. Il n'avait pas envie de jouer les entremetteurs pour caser Lovino. Il ne savait pas qui plaisait à Lovino. L'Italien ne parlait que de Feli et de lui. Le reste du monde n'était composé que de pervers, d'arrivistes et de connards. Oui, être un bâtard était moins grave que d'être un connard.
Il n'allait pas mettre quelqu'un dans les pattes d'un démon, n'en déplaise à Roderich.
Le lendemain, Lovino se réveilla dans les bras chaleureux de Feliciano. Il aimait bien la présence de son frère. Elle était rassurante. C'était le seul ange qui ne voudrait pas l'attaquer dans l'immédiat.
Antonio avait dit qu'il voulait le foutre dehors et ne plus le voir. La façon dont il avait réagi blessait Lovino. Ce bastardo ne faisait que le rejeter à cause de ce qu'il était. C'était ainsi depuis toujours. Il n'y pouvait rien s'il cassait tout, quand il se sentait mal.
Il était en colère. Cet idiota allait se prendre une belle engueulade, s'il le laissait s'approcher de lui.
Feliciano bougea légèrement, sa peau nue contre la sienne. Lovino embrassa sa tempe, puis il se leva.
Ses ailes noires se déployèrent dans son dos pour s'étirer. Il espérait qu'il retrouverait son apparence normale très rapidement. Cette particularité était variable. Il lui était déjà arrivé de rester plus de trois jours sous sa forme démoniaque.
Feliciano tomba sur le ventre, papillonna des yeux et le regarda.
« Bonjour. Ils sont au courant pour nous. Tu peux aller déjeuner en bas…
- Comme ça ?, s'étonna Lovino.
- Oui. Ne t'inquiète pas.
- Viens avec moi. »
Feliciano comprit la peur de Lovino. Il soupira, puis l'aida à se repérer dans le manoir.
Lovino s'arrêta net devant le salon.
« Qu'est-ce que tu fous là, bastardo ! »
Antonio rattrapa in extremis sa tasse de café.
« Euh… Je venais aux nouvelles !
- Tu n'en as rien à foutre, espèce de sale menteur ! Enfoiré ! Tu voulais me foutre dehors ! Tu as toujours voulu me foutre dehors ! Ce n'est pas étonnant que j'aie obtenu aussi vite mon indépendance. Bastardo ! »
Le visage d'Antonio devint rouge de colère. Lovino frissonna d'appréhension. L'espagnol était ainsi quand il lui donnait les pires des corrections.
« Et parlons de toi ! Pourquoi m'avoir caché tout ceci ?, râla Antonio.
- Tu as bien vu comment tu as réagi ! Je n'étais qu'un gosse, idiota ! Il fallait que je me protège ! Surtout de toi ! Qu'est-ce que tu m'aurais fait ? Hein ! Tu serais allé jusqu'à m'arracher les ailes ! Bastardo ! Je n'aurais pas pu rejoindre Feliciano. On serait morts tous les deux ! Par ta faute !
- Lovino, tu devrais…
- Ne me dis pas ce que je dois faire, Feli ! Tu n'as jamais voulu de moi, bastardo ! Comment aurais-je pu te faire confiance ? »
Feliciano déploya une aile blanche entre eux pour les empêcher d'en venir aux poings.
« Je vais finir de déjeuner dans ma chambre, marmonna Antonio.
- C'est ça ! Casse-toi ! »
Lovino fusilla du regard l'espagnol jusqu'à ce qu'il soit sorti de son champ de vision.
« Lovino, tu devrais calmer le jeu. On ne sait pas ce qu'ils pourraient nous faire. On va finir par se séparer…
- Si Roderich ose te faire quoi que ce soit, je serai là en moins de deux. Et tu sais par où j'enfoncerai mon tisonnier.
- Pas de violence gratuite, soupira Feliciano en lui servant du café.
- Dis-le au prêtre ! Je ne retournerai plus chez Antonio. Je vais lâcher les chevaux dans la nature.
- C'était un drôle de prétexte pour venir le voir.
- Il a débarqué du jour au lendemain !
- C'était chez lui, pas chez toi. S'il t'énerve autant, ne reviens plus le voir.
- Ça s'impose maintenant. De toute façon, je ne regretterai pas cet idiota ! »
Feliciano le regarda manger sans vraiment y croire. Lovino aimait bien Antonio depuis qu'il était revenu du nouveau monde. C'était ce rejet qui l'attristait.
