Merci à Lalita, Fandjio, Tit chat sauvage, zinzinette, cixy, nightsad, alatariel, ste et littleshootingstar pour suivre ma fic avec autant d'assiduité. Désolé pour l'énorme retard ! c'était les vacances, le soleil... et ça ne donne pas trop envie de se poser à l'intérieur devant l'ordi. Mais toutes les bonnes choses ont une fin alors : me revoila !
Bonne lecture !
Chapitre 10
Berceuse
Rien n'est plus horrible que d'être hanté par les souvenirs si doux et si douloureux à la fois de celle qui me fait tourner la tête. J'ai renoncé à l'approcher maintenant. Je me suis fait une raison. Elle en aime un autre, il lui a fait un enfant. J'ai sali leur amour à cause de mes actes, j'ai sali un corps prêt à donner la vie.
Je me suis fait une raison, c'est vrai. Malgré ça, je n'arrive pas à me la sortir de la tête. Je revois ses courbes si gracieuses. Je sens encore, comme si ça venait d'arriver, sa peau contre la mienne. Je me souviens de ses lèvres rouges des baisers que je lui donnais, de ses yeux qui me fixaient avec intensité. Je frissonne encore en me rappelant chaque centimètre de son cou merveilleux. Je suis obnubilé par le grain de beauté à la naissance de sa nuque, que l'on aperçoit uniquement lorsque ses cheveux sont révélés en un chignon.
Mon corps tout entier la réclame. Son odeur a élu domicile à l'intérieur de moi, mes lèvres meurent en attendant que les siennes s'y posent. Je suis maintenant à elle pour l'éternité, je ne peux plus me passer d'elle. Chaque instant loin d'elle est un supplice.
J'ai besoin d'elle. Savoir qu'elle appartient à un autre me rend fou. Fou de jalousie.
Lorsque Harry entendit de la bouche d'Hermione qu'elle voulait garder l'enfant non désiré d'un vampire, de Rogue, il sentit la fureur monter en lui. Il ne pouvait l'accepter, ce n'était pas concevable. Il retira sa main encore posée sur celles des autres comme si le contact l'avait brûlé. Il vit que la préfète l'avait aussitôt regardé. Son regard triste et embué de larmes lui interdit cependant de se mettre immédiatement en colère pour ne pas faire de mal à la jeune femme. Il se leva avec rage et quitta la pièce rapidement sans qu'aucun de ses amis ne puisse le retenir.
Ginny regarda Harry partir. Elle se leva à son tour pour le rattraper. Elle n'oublia pas cependant de lancer un doux sourire à Hermione pour lui montrer qu'elle la soutenait. Seul restait le rouquin. Il semblait paralysé par la nouvelle. Lorsque sa sœur avait retiré sa main, celle de Ron était retombée mollement sur celle d'Hermione et aucun des deux n'avait bougé. La future maman n'osa pas parler. Elle savait le jeune homme impulsif également, elle ne comprenait donc pas son comportement actuel. Elle respirait à peine, ne voulant pas troubler le silence dans la pièce.
Elle le sentit enfin bouger. Elle regarda sa main se soulever et fut étonnée de la voir se poser sur son ventre encore plat. Elle sentit qu'elle n'allait pas tarder à pleurer face au geste de son meilleur ami.
- Alors c'est vrai, dit le rouquin. La chauve-souris des cachots est un vampire. Et il a mis la fille que j'ai aimée pendant des années enceinte.
Il plongea son regard dans celui de la jeune femme.
- Tu as de la chance de nous avoir mis sous serment inviolable sinon je me serais empressé de descendre au cachot pour lui mettre la raclée de sa vie.
Hermione rigola doucement tandis que les premières larmes coulèrent sur ses joues pâles. Voir Ron réagir ainsi lui fit un bien fou, elle ne s'était pas doutée que ça aurait été aussi facile avec lui. Elle ne pensa pas à Harry pour le moment, mais profita de la paix instaurée entre le rouquin et elle. Il l'attira dans ses bras et la berça doucement tandis qu'elle continuait à pleurer. La pression accumulait jusque-là s'évacuait.
Ils restèrent ainsi jusqu'à ce que le soleil commence à tomber. Hermione commençait à s'endormir, le jeune homme décida qu'il était donc temps de partir. Il l'embrassa tendrement sur le front, comme il l'aurait fait pour sa sœur. Ils se sourirent avant que le Gryffondor ne passe la porte. La jeune femme se dit que finalement la situation ne serait pas si compliquée avec ses amis pour la soutenir. Ne restez plus que Harry à convaincre.
La jeune femme sentant le sommeil arriver, se déshabilla et se mit en pyjama avant de se glisser sous la couette. Elle ne se sentit alors pas totalement seule lorsqu'elle éteignit la lumière. Elle posa une nouvelle fois sa main sur son ventre en une douce caresse et commença à fredonner une berceuse. Sa dernière pensée fut d'imaginer son futur enfant avec des yeux d'encre, aussi noir que ceux d'une personne logée beaucoup plus bas.
Elle se leva le lendemain matin aux aurores. Lorsqu'elle ouvrit les rideaux de sa chambre, elle remarqua que le premier jour d'Octobre allait être pluvieux. Les gouttes de pluie s'étendaient à l'infini sur l'ensemble du paysage mais la jeune femme trouva le spectacle particulièrement apaisant. Elle se dirigea vers la salle de bain pour se préparer à cette journée. Elle voulait profiter de chaque instant, elle vivait pour deux maintenant. Hermione était résolue à se réconcilier avec Harry, elle lui ferait entendre raison, Ron avait bien comprit alors pourquoi pas lui. Elle laissa le problème Rogue de côté pour le moment, elle n'avait pas de compte à lui rendre. Une petite voix dans sa tête lui intima cependant qu'il devait être mis au courant au sujet de l'enfant qu'elle portait.
La jeune femme choisit des vêtements chauds avant de se rendre dans la grande salle pour y prendre son petit déjeuner avant d'aller en cours d'Arithmancie. Elle marchait d'un pas résolu, tandis que sa main inconsciemment se posait de temps à autre sur son ventre. Arrivée devant les portes de la Grande Salle elle rejoignit ses amis déjà attablés. Quelle ne fut pas sa surprise cependant lorsqu'elle vit Harry se lever dès qu'il la vit. Il sortit de table et la croisa sans un regard pour elle. Hermione ne chercha pas à le retenir. Elle s'assit entre Ginny et Ron et entama son petit déjeuné sans mot dire.
- Ne t'inquiète pas pour lui, lui dit Ginny, il fait sa mauvaise tête lorsqu'il est confronté à des choses qu'il ne contrôle pas. Et puis tu sais comment il est depuis qu'il fait partie de l'Ordre. La guerre est sa priorité et il n'aime pas que des événements viennent entraver ses obligations pour l'Ordre, qu'il aimerait plus nombreuses sans aucun doute.
- Je ne m'inquiète pas Ginny, j'aimerais juste qu'il accepte.
- Il acceptera, intervint Ron, quand il se rendra compte que nous, nous n'avons pas rejeté notre amie sous prétexte qu'elle porte l'enfant de … tu sais qui.
Hermione fut heureuse que Ron reste discret sur l'identité du père de son enfant. Les oreilles traînaient partout dans l'école. Le fait qu'elle soit enceinte finirait par se savoir lorsque son physique hangerait. Mais l'identité du père devait rester secrète. Les trois amis se séparèrent à la fin du petit déjeuner pour partir dans leur salle de classe respective.
Harry n'était pas allé en cour ce matin-là. La bibliothécaire fut étonnée de le voir pendant les heures de cour, lui qui fuyait la bibliothèque d'ordinaire. La femme le vit s'installer seul sur une table mal éclairée qu'elle ne distinguait qu'à peine de son bureau à l'entrée. Harry flânait au hasard entre les rayons ne sachant pas très bien ou chercher, ce n'était pas lui le spécialiste des recherches habituellement, mais Hermione. Il se rendit au niveau des livres sur les sortilèges et attrapa le livre Sorts et Enchantements anciens et oubliés.
Installé sur la table, il chercha tous ce qui avait rapport avec le serment inviolable et étudia toutes les manières qu'il pouvait utiliser pour le contourner. Il fallait qu'il dénonce Rogue à Dumbledore, il ne pouvait pas s'en tirer après ce qu'il avait fait à sa meilleure amie. Il se doutait que la jeune femme avait trop peur des représailles pour le dénoncer. Harry n'était pas comme ça. Il méprisait son professeur au plus haut point et ne pouvait laisser passer un tel acte. Rien que d'y penser, l'idée le répugnait. Il comprenait qu'Hermione ne voulait pas supprimer la vie qu'elle portait en elle, mais son professeur devait payer pour ça.
En fin de matinée il ferma le livre rageusement, n'ayant rien trouvé qui aurait pu l'aider. Il n'y avait plus qu'une seule solution : il devait se réconcilier avec Hermione afin de lui faire comprendre qu'elle devait dénoncer Rogue. Il sortit de la bibliothèque, résolu, sans un regard pour Madame Pince qui le regarda à nouveau avec étonnement.
Hermione, Ron et Ginny furent heureux de voir Harry s'attabler avec eux pour le déjeuner. Il avait fait comme si de rien n'était, questionnant Hermione sur sa matinée comme il le faisait habituellement lorsqu'elle n'avait pas de cours en commun avec lui. Hermione fut ravie de ce changement, souriant à Harry pendant toute la durée du repas. Ron informa son ami que le cours de Divination était annulé parce que le ciel était trop voilé et bloqué le troisième oeil de Trelawney, ils convinrent alors d'une partie d'échec pour l'après-midi. A la fin du repas, La préfète attrapa la main d'Harry discrètement avant qu'ils ne se lèvent et elle la serra brièvement de toutes ses forces pour le remercier en silence d'avoir accepté la situation. Le jeune homme lui répondit avec un sourire en coin.
L'après-midi passa rapidement, Harry et Ron s'étaient installés dans la salle commune, près du feu afin de commencer leur partie. Hermione préféra s'installer dans un des confortables fauteuils rouges, un épais grimoire sur les genoux. Ces moments de détente leur faisaient oublier les horreurs de la guerre à l'extérieur de l'enceinte. La jeune femme arrêta sa lecture et remarqua que les septième année s'étaient lancés dans un concours de jeux de cartes « auto battantes ». Hermione remarqua qu'il y avait parmi eux certains élèves qui étaient en cour un peu plus tôt. C'est ainsi qu'elle s'aperçut que le temps avait filé plus vite qu'elle ne le pensait, la nuit remplaçait déjà le jour. A nouveau, dans un geste qui devenait naturel, elle posa sa main sur le ventre encore plat et sa gorge fredonna une berceuse donc elle ne connaissait pas la provenance.
Hermione les quitta pour aller ranger le grimoire qu'elle lisait dans sa chambre. En y entrant, elle remarqua qu'un elfe de maison avait apporté un service à thé en porcelaine et l'avait disposé sur son bureau, en prévision du froid qui commençait à s'installer. Hermione ne put y résister. Elle alla remplir la bouilloire dans la salle de bain et elle ensorcela celle-ci pour que l'eau se mette à chauffer. En attendant, elle alla retirer ses vêtements et s'emmitoufla dans un épais peignoir rouge. Une fois que l'eau fût chaude elle se servit une tasse et alla s'installer dans le fond de son lit, adossée contre les gros oreillers. Elle laissa le temps filé, perdue qu'elle était dans ses pensées.
Lorsqu'elle regarda par la fenêtre elle remarqua le ciel noir et brillant d'étoiles à l'extérieur, elle eut l'immédiate envie d'aller à la tour d'astronomie admirer le ciel de plus près. Elle se rhabilla, enfila sa cape et se précipita à l'extérieur de sa chambre. Elle courut dans les couloirs à toute vitesse et c'est essoufflée qu'elle arriva devant le tableau de la Grosse Dame, gardienne de la salle commune des Gryffondors. Le mot de passe prononcé, le tableau pivota et elle pénétra à l'intérieur. Elle balaya du regard la salle et n'y trouva que Ron.
- Te voilà, dit-elle en allant à sa rencontre, où est Harry ?
- Avec Lupin, on le prépare en défense contre les forces du mal, je m'ennuie de l'attendre. Je crois qu'il ne rentrera pas avant un bon moment.
- Dommage je voulais que vous veniez avec moi à la tour d'Astronomie, le ciel est plein d'étoiles. Mais on peut y aller tous les deux.
- Pas de problème.
Ron se leva du confortable fauteuil situé face au feu de cheminée. Il attrapa sa cape et suivit Hermione à travers les escaliers du château. Ils étaient essoufflés lorsque enfin ils arrivèrent en haut de la tour. Le chemin valait la peine. Ils furent éblouis de la vue qu'ils avaient sur les étoiles. Ils se regardèrent et se sourirent, se fut alors tout naturellement qu'ils se retrouvèrent assis l'un contre l'autre pour observer le ciel. Une odeur d'herbe mouillée après une journée de pluie, montait du parc jusqu'au narine d'Hermione. Elle avait l'impression que ses sens étaient exacerbés depuis le début de sa grossesse. Chaque sensation étaient décuplées afin qu'elle puisse en profiter davantage. Comme à cet instant elle ressentait parfaitement la chaleur de la main de Ron posée sur la sienne et qui effectuait de petits cercles avec le bout de ses doigts.
Il y avait bien longtemps qu'elle n'avait pas partagé un moment comme celui-là avec le rouquin. Ron et elle avait tenté de se rapprocher en sixième année, mais finalement Hermione ne l'aimait pas comme lui l'aimait, aussi ils avaient décidé de rester simplement de bons amis. Et Ron avait appris à l'aimer comme une sœur. Mais la préfète n'osait alors plus que rarement des gestes d'affections envers lui, de peur que les sentiments du Gryffondor ne reviennent.
Mais depuis l'annonce de sa grossesse, Ron se comportait avec elle comme un véritable frère, il n'hésitait plus à la prendre dans ses bras quand il le fallait. Il n'avait plus peur de l'aimer à nouveau, car un enfant se dressait entre eux maintenant, et nul ne savait ce qui se passerait entre Hermione et Rogue, bien que cette idée répugnât le rouquin.
Ils restèrent dans cette position bien au-delà de l'heure du couvre feu, mais ils n'y prêtèrent pas attention. Tombant dans un demi sommeil, Hermione n'entendit pas la porte qui menait à la tour d'astronomie s'ouvrir, mais une voix grave la fit sursauter.
- Lesquelles de mes cornichons sur pattes ne se trouvent pas dans leur dortoir à cette heure et préfèrent venir fricoter ici.
Hermione et Ron se redressèrent mais n'eurent pas le temps de se séparer avant que le professeur Rogue ne rentre. La jeune femme vit alors la douleur transparaître sur le visage de Rogue. Il n'avait pas réussi à se contrôler et ses yeux étaient redevenus rubis dès l'instant où il les avait vu l'un contre l'autre. Son souffle était haletant et son visage ne cessait de faire allers-retours entre le rouquin et la préfète.
- Professeur… murmura-t-elle alors.
Elle était désolée de le blesser ainsi. Elle ne lui devait rien mais voir sa tristesse exposée ainsi le montra alors plus vulnérable. Cependant Rogue sembla se rendre compte de son état et il leur tourna le dos pour cacher sa faiblesse. Hermione était désemparée et ne savait pas quoi faire. Elle se leva alors pour se séparer de Ron, ce dernier en fit autant. Elle remarqua que lui non plus ne savait quelle attitude adopter.
- Ce n'est pas possible Hermione, l'entendit-elle murmurer, pas Weasley…
La Gryffondor fut révoltée de cette remarque et voulut alors défendre son ami. Elle marcha d'un pas décidé vers son professeur, et elle retourna celui-ci d'un mouvement rageur afin qu'il lui fasse face. Elle chercha son regard des yeux et lui répondit sèchement.
- Ron Weasley est meilleur homme que vous ne serez jamais.
Ils ne se quittèrent pas des yeux après cette réplique. La tristesse de Rogue se mua très vite en rage. Il était fou de jalousie envers ce rouquin qui avait le droit d'approcher sa belle, de pouvoir la toucher, l'embrasser. Tous ce qui lui était refusé à lui. La jeune femme ne baissa pas les yeux, elle était déterminée et n'avait plus peur ni de son professeur ni du vampire qui l'habitait. Elle sentit une présence dans son dos et devina que Ron quittait la pièce, ce n'était pas son combat, il ne pouvait rien faire. Le bruit de la porte qui se referma derrière le rouquin sortit Severus de sa torpeur.
- Mais un homme bon ne met pas une fille de 17 ans enceinte.
- C'est vrai, et c'est pour ça que Ron est un homme bon.
L'information fut comme une véritable claque pour Rogue. Elle fit lentement le chemin jusqu'à son cerveau et il comprit alors que Weasley n'était pas le père. Mais il ne put rien dire que la jeune femme reprenait déjà la parole.
- Et c'est pour ça que Severus Rogue ne sera jamais un homme bon. Car je porte votre enfant, professeur.
Annoncer l'événement à ses amis avait paru chose aisée pour Hermione, mais le formuler de vive voix au père de l'être qu'elle portait en elle était une chose tout à fait différente. Son corps tout entier se mit à trembler mais elle résista et puisa dans ses dernières forces mentales pour rester debout. Et ainsi ce ne fut pas elle qui tomba à genoux, mais l'homme en face d'elle. Il fit trembler le sol quand il entra en contact avec la dalle froide.
- C'est impossible, murmura-t-il d'une voix presque inaudible.
La Gryffondor s'agenouilla face à lui pour le regarder à nouveau, un sourire léger aux lèvres.
- En saurais-je plus que vous sur les vampires Professeur ? Un embryon vampire mais moins de temps à se développer, un mois chez l'Homme correspond à une semaine chez le vampire. Je donnerai naissance à votre enfant dans 8 semaines maintenant.
- Vous avez décidé de le garder ? L'interrogea-t-il alors. Pourquoi ?
- Parce que peu importe la façon dont il a été conçu, et peu importe ce qu'il se passera pour vous et pour moi, il n'a pas à être victime de nos choix.
Il la regarda alors profondément. Ses yeux exprimaient de nombreuses choses qu'Hermione n'arrivait pas à déterminer, mais il n'y avait plus de trace de colère, de jalousie ou de tristesse et elle en fut heureuse. Ils restèrent la, à genou, l'un en face de l'autre, sans rien dire, à se regarder. Progressivement, les rubis de Rogue redevenaient noirs. Il effaçait le vampire pour redevenir l'homme qu'elle connaissait.
- Je ne vous déteste pas, chuchota-t-elle sans vraiment savoir pourquoi.
Un sourire se dessina doucement sur ses lèvres. Il ressemblait d'abord à une grimace, n'ayant pas l'habitude de sourire, mais Rogue finit par s'habituer et la grimace se mua en un sourire sincère. Il leva la main vers elle pour toucher son visage, mais il la stoppa à quelque centimètre de sa joue. La dernière fois qu'il l'avait touché, il l'avait blessé. Ce n'était donc pas à lui de choisir s'il pouvait la toucher à nouveau. Il attendit quelques secondes qui lui parurent interminables mais enfin, elle bougea la tête pour coller sa joue contre sa paume. Ses doigts filèrent alors le long de sa peau douce et redessinèrent le contour de son visage, ses lèvres et son nez. Elle ferma les yeux pour profiter du contact. Il mourrait d'envie d'aller poser sa main contre le ventre qui abritait l'enfant qu'il avait conçu mais il ne voulait pas lui faire peur et perdre en même temps ce contact si précieux pour lui. Il s'adressa à elle quand elle ouvrit de nouveau les yeux pour les plonger dans les siens.
- Si tu savais comme tu es importante pour moi. Je suis tellement désolé…
Elle ne voulut rien entendre de plus. Le voir se confondre en excuse ne changerait rien, ce qui était fait, était fait. Elle le fit taire en posant un doigt sur ses lèvres. Sans qu'il ne s'y attende elle remplaça son doigt par un doux baiser. Puis elle se leva et quitta la tour.
