COURS DE RATTRAPAGE 1 : Razzie Award de la meilleure demande en (alerte spoil !)...ever.

Nico était partit le lundi matin. Oncle Jules-Albert l'avait accompagné à la gare très tôt. Quand Hazel dormait encore. Elle n'avait que trois jours de cours cette semaine. Les trois premiers jours de la semaine. Lundi était fini plus que deux et Jeudi et Vendredi elle restait à la maison. Parce-que son inscription finissait mercredi midi, et que celle dans le collège de son frère commençait lundi prochain.

Pour l'heure elle pouvait traînasser sur son lit. Elle n'avait même pas de devoir. Et la soirée promettait d'être longue sans son frère. Vivement qu'elle le retrouve.

- Vous ai-je manqué ?

Hazel sursauta à sa chaise de bureau.

- Absolument pas. Alexandre.

Elle avait presque craché son nom. Elle n'avait pas oublié comment il l'avait traité la dernière fois, le week-end même en plus. Et il avait le culot de revenir trois jour après !

- Je vois que vous avez retenu mon nom c'est un signe d'attachement, une marque d'affectation, me semble-t-il.

- Tu te trompes.

- QUI VOUS A PERMIS DE VOUS MONTRER AUSSI FAMILIERE AVEC MOI ?!

Hazel sursauta. Et Alexandre toussota.

- Je vous prie d'excuser mes humeurs, chère demoiselle.

Hazel écarquilla les yeux.

Mais qu'est-ce qui ne va pas chez lui ?!

- Je ne voudrais pas que cette part de moi vous effraie.

Ben voyons ! Comme si ce n'était pas déjà le cas !

- Allez-vous en, fit-elle.

- Je vous demande pardon ?

- Je vous demande de quitter cette ch…mes appartements.

Une lueur de colère passa dans les yeux du fantôme. Il sera le poing mais répondit de la voix la plus calme qu'il put :

- Bien entendu. Si ce sont les ordres de ma fiancée, je les appliquerai.

Et Alexandre respecta sa parole, il s'effaça. Hazel souffla.

- S -

Hazel revenait de son dernier cours à son collège. Mais elle n'était pas aussi morose qu'on pourrait le croire. Pas d'affinité particulière avec un professeur. Pas d'amis à qui dire au revoir.

Peu de personne lui adressait la parole depuis qu'elle avait parlé à sa mère à la sortie de l'école il y a deux ans. Sa mère décédée quelques années plus tôt.

Hazel ne savait pas pourquoi personne ne la croyait. Sa mère était là, sous leurs yeux mais personne ne semblait la voir. Sauf elle.

Sa mère lui disait qu'il y avait eu un accident, que l'immeuble avait brûlé, mais qu'il ne fallait pas s'inquiéter, qu'elle veillerait sur sa fille.

Hazel comprenait ce qu'il se passait. Et elle avait pleuré. Sa mère avait essayé de la prendre dans ses bras pour la réconforter mais son corps était devenu froid et sans consistance.

Elle lui avait dit que son père viendrait enfin. Qu'elle serrait en sécurité avec lui, qu'elle ne devait pas avoir peur.

Puis elle s'était dissipé dans le vent alors qui Hazel était parcouru de sanglots incontrôlables.

Mais personne ne voulait venir en aide à une petite fille qui parle seule. Personne ne semblait la remarquer.

- Hazel Levesque ?

Elle hocha la tête en hoquetant.

- Je suis le brigadier-chef de la gendarmerie locale. Un incident est arrivé à ton domicile. Je dois t'emmener au poste.

Hazel s'était laissé conduire. Au poste de gendarmerie, on lui avait donné une couverture et elle était restée sur son siège sans dire un mot.

Un homme en costume était finalement arrivé et avait assuré être son père. Il lui avait donné quelques affaires qui provenaient sans doute de son appartement.

Il y avait quelques vêtements encore en état et sa peluche cheval qui avait à présent une oreille et les crins roussis.

Arion.

La seule chose qui lui restait de sa mère. La peluche qu'elle lui avait fabriquée. Hazel avait grandi maintenant et savait que le tissu de la peluche était celui des vieilles couvertures de sa mère. Mais elle s'en fichait. Il restait un cheval.

- Je vais t'emmener avec moi. Dans ta nouvelle maison. Chez ton Oncle et ton frère, d'accord ?

Un frère ? Hazel n'avait pas de frère.

Elle n'avait pas répondu et celui qui prétendait être son père l'avait prise dans ses bras et allongé dans sa voiture. Ils avaient fait la route de nuit mais Hazel s'était vite endormie, trop épuisée par toutes les larmes qu'elle avait versées aujourd'hui.

Elle ne connaissait pas cet homme, et ne le voulait pas. Il n'avait fait que l'emmener dans une nouvelle famille. SA nouvelle famille.

Hazel reconnu son Oncle qui l'attendait devant le portail du collège. Elle lui sourit comme d'habitude et s'apprêta à presser le pas.

- Au revoir, Hazel !

Elle fit volte-face si peu habituée à entendre son prénom.

Un garçon de sa classe, la peau mate, les oreilles pointues et un grand sourire édenté de casse-cou, lui fit un signe de la main.

Elle rougit jusqu'à la racine des cheveux.

Elle savait qui il était sans jamais lui avoir parlé. Parce-qu'il était mignon et qu'il lui plaisait. Mais elle ne le connaissait pas.

- Ouais, au revoir…Sammy.

Il lui sourit encore plus, le pouce levé en l'air :

- Bon vent ! fit-il en s'éloignant.

- A toi aussi, répondit-elle alors qu'il était déjà loin et ne l'entendait pas.

Et elle rejoignit son Oncle qui ne lui posa aucune question sur Sammy. Heureusement.

Mais ce ne fut pas le cas d'Alexandre en revanche :

- Qui c'était ?

Hazel soupira. Et répondit le plus froidement possible :

- Mon seul ami.

- Oh ! Je vois…Me ferra-t-il de l'ombre ?

- De l'ombre ? Quoi ? Lui ?! Naaaan ! On est bien trop…

Hazel ne savait pas quoi dire après ça. Sammy était le seul qui ne la regardait pas comme un monstre. Le seul qui lui avait souhaité un bon départ. Ce qui faisait de lui une personne à part, non ? Hazel ne savait décidément pas quoi penser de lui, dans quelle case l'intégrer.

- On se connait à peine, reprit-elle, et je ne le reverrais jamais.

Elle aurait peut-être dû lui dire ce qu'elle ressentait. Mais après tout, qu'est-ce qu'elle ressentait ? Elle l'avait dit, elle ne le connaissait pas.

- Parfait. Aucun rival à éliminer donc.

Carrément ? « Eliminer » ?...Il est vraiment fêlé ce type !

- Non. Aucun. Absolument aucun.

- Fort bien.

- S -

C'était jeudi soir. Elle avait passé la journée à flâner n'ayant rien d'autre à faire. Son Oncle allait bientôt rentrer pour le dîner alors elle décida de se mettre en pyjama pour passer le temps.

- Je dois admettre que la vue n'est pas si déplaisante.

Hazel poussa un cri et fit volte-face en enfilant son haut de pyjama le plus vite possible.

- Qu'est-ce que vous faites là !?

- Je viens m'assurer que la marchandise en vaut la peine.

Hazel voulu lui donner un claque mais sa main passa au travers de la figure d'Alexandre qui se dissipa quelques instants avant de se reformer.

Elle ragea intérieurement.

Alexandre parut d'abord choqué puis une lueur de colère s'enflamma au fond de ses yeux.

- Qu'avez-vous voulu faire, là ?

- Vous gifler. Vous le méritez.

- Et pourquoi donc ?

- Vous ne me respectez pas.

- Quel respect ?! Il n'y a pas besoin de ça. Vous deviendrez ma femme de toute manière.

Hazel prit une grande inspiration :

- Non.

- Non ? Comment osez-v… ?!

- Ecoutez, Alexandre, vous êtes mort. Je suis vivante.

- J'attendrai le temps qu'il faudra.

- Oubliez tout de suite cette idée. Je ne vous aime pas.

- Il n'y a pas besoin de cela.

- Oubliez. C'est non. Un non catégorique. Jamais.

Hazel se fichait pas mal de comment allait réagir Alexandre. Elle voulait juste qu'il lui fiche la paix. Une bonne fois pour toute. Elle était à deux doigts de lui cracher ses quatre vérités à la figure quand la voix du sauveur se fit entendre depuis le rez-de-chaussée :

- Hazel ? Je suis rentré ! Tu viens m'aider à faire à dîner ?

- J'arrive, Oncle Jules !

Elle se détourna du fantôme qui restait interdit.

Elle allait quitter sa chambre quand le fantôme sembla se réveiller. Alexandre se jeta a ses pieds, lui attrapa la cheville et l'implora en pleurnichant :

- Restez ma mie, je vous en prie ! Je vous aime. Ne me quittez pas ! Je vous couvrirai d'or, je ferrait de vous une reine aimé de tous ! Je…

Elle commença a faire qu'elle que pas. Qui aurait cru qu'un fantôme pouvait peser un telle poids ?!

- Alexandre. J'ai dit non c'est non.

- Sûr ? fit-il larmoyant.

- Certaine.

Alexandre se releva et épousseta ses vêtements instinctivement.

- Bon. Très bien. Je m'en vais alors. Si vous parlez de ça à qui que ce soit je vous ferrais arracher la langue.

- Si vous voulez…

Elle sortit de sa chambre en plantant le fantôme qui se dissipa. Elle le su immédiatement. Elle ne ressentait plus sa présence.

Hazel soupira et reprit son chemin. Dingue comme Alexandre était un gamin pourri gâté habitué à avoir tout ce qu'il voulait d'un claquement de doigts.

Ça n'a jamais aidé personne qu'on cède à tous ses caprices.

Il fallait juste quelqu'un qui sache lui résister, lui dire non. Il fallait lui apprendre la frustration.