Note :

Salut à ceux qui lisent ou ont lu cette fic (et mes autres fics d'ailleurs). Je n'ai rien écrit depuis des lustres, vie quotidienne et manque d'entrain oblige. Mais je souhaite revenir à mes passions et l'écriture et la lecture de fic en font partie.

Je n'ai aucune excuse pour cette absence de 3 ans, hormis le fait que ma vie a un peu changé (boulot, déménagement, etc…). Néanmoins, je vais tâcher de terminer mes fics en cours par respect envers les lecteurs.

Merci a tous ceux qui ont reviewé mes fics, ça m'a encouragé à reprendre et ça m'a fait prendre conscience que c'était honteux et irrespectueux de ne pas répondre aux rewiews et de laisser les lecteurs en plan.

Bref, j'ai deux semaines de congés devant moi, donc je vais finir cette fic (il y un autre chapitre (en cours de correction) + un épilogue (à améliorer) après ce chapitre). Pour mes autres fics, je vais faire de mon mieux. Voilà. A bientôt.

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Rappel du chapitre precedent(où John interroge un invidien pour comprendre pourquoi tout ça est arrivé)

« Pourquoi ? ».

Voilà, il l'avait dit. Un grondement craché dans un souffle, écorchant la gorge. Comme si le seul fait de prononcer ce mot lui causait une atroce douleur. Mais, il était venu pour ça, juste pour ça, pour poser cette simple question. Pour savoir … et peut être comprendre.

Pour Rodney.

Rodney était un intellectuel, il aurait voulu comprendre, analyser, ce qui lui arrivait. Le connaissant, il avait forcément essayé de rationaliser les choses à un moment ou à un autre durant sa captivité. Pour sa part, John savait que lui deviendrait fou s'il n'avait pas une réponse, mais il faisait cela avant tout pour Rodney.

En son nom.

Et l'homme avait parlé …

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Chapitre 9

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Plusieurs jours plus tard

Assis à son bureau, devant son ordinateur portable qu'il regardait fixement, une tasse de thé froid posée à sa droite, le docteur Carson Beckett profitait d'un moment inespéré de calme et de silence dans l'infirmerie à l'atmosphère habituellement survoltée d'Atlantis.

Les huit derniers jours avaient été un vrai cauchemar. Au sens littéral. Une lutte acharnée entre la mort et l'équipe médicale d'Atlantis. Une équipe dont Carson se félicitait plus que jamais d'être le chef. Il était fier de ce qu'ils avaient accompli.

Ramener parmi les vivants un homme donné pour mort.

Oui, fier. Et tellement, tellement soulagé.

A aucun moment lors de la semaine qui venait de s'écouler, son équipe n'avait baissé les bras, jetant dans la bataille qui faisait rage, tout leur savoir-faire, leur énergie, leurs cœurs même. Parce qu'ils avaient refuséd'admettre une défaite qui leur aurait coûté bien plus que la vie d'une collègue ou d'un ami, qui les aurait dépouillée de leur humanité, d'une part de leur âme.

Parce que s'ils avaient échoué alors … alors cela aurait signifié la victoire d'une horreur sans nom. Cette cruauté qui démontrait encore une fois que si l'être humain, avec sa créativité, sa curiosité, et son génie, était capable de bien des merveilles, il était hélas très souvent, trop souvent, susceptible de générer le pire. L'histoire des Hommes était jalonnée d'innombrables crimes. Lupus est homo homini, n'est-ce pas ?

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Un sourire d'amertume, de colère et de douleur mêlées étira les lèvres de Carson. L'Homme serait toujours son plus grand ennemi. Et ce même dans la Galaxie de Pégase, où la solidarité humaine aurait pourtant du être plus crédible, moins … virtuelle. En théorie. Avec un ennemi commun aussi terrible que les wraiths, c'était un moyen nécessaire, un outil indispensable dans la lutte quotidienne des peuples de cette partie de l'Univers. Vital même. Encore une fois … en théorie.

Certes dans leur combat pour survivre, certains peuples avaient commis d'horribles, d'ignobles méfaits. Combien de mondes avaient ils visités depuis leur arrivée, pour y découvrir qu'au nom de cette survie, des décisions qui auraient été considérées sur Terre comme destructrices et criminelles, étaient ici tout à fait tolérées, voire même avidement accueillies, dans le désespoir qui minait les peuples de Pégase.

Les Géniis, Olesia. Hoff. Et eux terriens qui n'avaient pas grandis avec cette menace, dont les contes et légendes ne mentionnaient pas de référence aux wraiths, dont les peuples n'avaient pas été décimés depuis des millénaires … qui étaient ils pour juger ? Leurs consciences parfois se rebellaient face à ce qu'ils rencontraient, mais comment auraient-ils réagi si les rôles avaient été inversés ? Jusqu'à quelles extrémités pouvait-on aller pour protéger son monde, sa famille ?

Et n'avaient-ils pas en certaines occasions agit de même ? Sur Hoff, face aux géniis, sur Doranda. Lui-même le docteur Carson Beckett avait tenté des expériences qui sur Terre l'aurait mené droit en prison. Ils frôlaient eux aussi les limites de l'éthique, plus souvent qu'il ne se plaisait à le reconnaître. Mais si cela leur permettait de mieux se défendre …

La fin justifie les moyens. Ce vieil adage prenait ici tous son sens. Ah oui, il oubliait : les moyens rejaillissent toujours sur la fin. La fin du proverbe était toujours occultée, évidemment.

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Pourtant … ça … ça … Ce que ces gens avaient fait à Rodney … les horreurs qu'il avait subies … les traces de tortures que Carson avait lu sur son corps … Et ses mains, ses mains … Bloody hell ! Ce n'était pas un moyen de défense, de survie ! Rien, rien ne pouvait justifier cela, parce qu'il ne s'agissait pas d'amener Rodney à dévoiler les secrets d'Atlantis comme l'avait fait Kolya près d'un an auparavant.

Non, cette fois c'était juste de la barbarie, un supplice infligé de manière gratuite, sans aucun remord, sans provocation ou offense de la part des atlantes, et même si ça avait été le cas … Non ! Il n'allait tout de même pas se mettre à leur chercher des excuses !

Dieu, les Invidiens n'avaient jamais dévié de leur tâche, infligeant souffrance sur souffrance, immuablement, presque méthodiquement. A croire que si leur planète s'était arrêtée de tourner et que le ciel leur était tombé sur la tête, ils auraient continué tout aussi froidement. Comme si pour eux c'était tout à fait normal. Une vraie folie, collective, meurtrière, ni plus ni moins.

Une cruauté née de l'ignorance, des superstitions, des peurs infondées et absurdes des Invidiens. Et cette pensée seulement suffisait à donner à Carson des sueurs froides. Combien d'autres peuples pratiquaient ces mêmes croyances mortelles ? Comment pourraient ils à l'avenir éviter ces pièges cruels, mortels ? Durant ces nuits interminables alors qu'il veillait au chevet de Rodney, persuadé que sa simple présence pouvait maintenir son ami en vie, Carson s'était plusieurs fois retrouvé au bord des larmes.

Les sinistres images de ses blessures dansaient devant ses yeux, comme imprimées sur ses rétines. Et imaginer, esquisser même en pensée ce qu'avait enduré Rodney pour en être réduit à ça, la douleur, la terreur, la solitude qu'il avait du ressentir …

Le colonel Sheppard était retourné sur Invidia pour obtenir des réponses, et compte tenu de son comportement depuis son retour, ces réponses l'avaient profondément affecté. Mais il n'avait rien dit. Ni à lui, ni à Elisabeth. Il avait juste annoncé que Rodney serait le premier à savoir, et qu'ensuite, il leur dirait. Mais à voir son regard hanté, vide et étrangement … il ne savait pas trop … perdu ? Oui, à défaut d'un autre terme, celui-ci ferait l'affaire. John avait depuis quatre jours l'air d'un enfant perdu.

Si lui, le militaire qui en avait vu d'autres, réagissait de cette manière …

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Carson enfouit soudain son visage entre ses mains, se frottant les paupières, massant doucement ses yeux brûlants, preuve du manque de sommeil.

Entre la fatigue, la migraine qui pointait, la peur et l'inquiétude pour son ami qui gisait immobile à quelques mètres de sonbureau, et les réflexions qui le hantaient, Carson, le médecin et l'ami, ne savait plus trop où donner de la tête. Il se sentait épuisé. Vidé.

Il soupira profondément, étira péniblement les muscles contractés de son dos et de ses épaules, et se laissa retomber contre le dossier de son fauteuil, la tête penchée en arrière, les yeux fermés.

Seigneur, avec les arrêts cardiaques et les nombreuses hémorragies, ils avaient pensé perdre Rodney deux fois : la première dans le jumper, la seconde sur la table d'opération, lorsque sa pression sanguine avait brusquement chuté, entraînant de nouveau une défaillance de ses fonctions vitales. Mais à chaque fois, lui et son équipe l'avait ramené, espérant que le pire était passé.

Quelle erreur !

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Deux jours après son retour sur Atlantis, alors que Rodney était plongé dans le coma, une violente fièvre s'était déclarée, ravageant son corps déjà très affaibli.

La perte de sang, conjuguée à l'infection qui s'était propagée dans les profondes lacérations qui lui recouvraient le torse et les épaules, mais surtout dans ses mains atrocement mutilées, avait laissé Rodney complètement vulnérable, et son système immunitaire avait cédé.

De nouveau, ils avaient dû batailler durement pour le garder en vie, à coup d'antibiotiques. Quatre jours durant, ils avaient utilisé toutes les ressources à leur disposition. Lorsque sa température avait atteint les 41.3°C, ils lui avaient posé des poches de glace sous les aisselles, l'aine et partout où ils pouvaient le faire sans aggraver son état. La multitude de plaies qui lui couvraient le corps avait rendu la tâche difficile. Les risques de convulsions et de dommages cérébraux avaient alors exigé des mesures désespérées. Et enfin, enfin, le cinquième jour, la fièvre était retombée.

Depuis la veille au soir, Rodney était plongé dans un sommeil, qui, s'il n'était pas entièrement calme, était pour le moins réparateur.

Carson quand à lui, bien qu'il se soit fortement reposé sur son staff après quatre jours quasiment non stop, était de retour dans son bureau. Après que Carol Biro l'ait expulsé manu militari de l'infirmerie pour « réellement dormir et non pas faire des siestes d'une heure par ci, une demi heure par là », arguant que « McKay avait besoin de lui avec tous ces neurones en état de marche », il avait à contrecoeur rejoint ses quartiers pour rattraper un peu de sommeil.

Mais il était incapable de dormir, et tout simplement de rester trop longtemps éloigné de l'homme qu'il considérait comme son meilleur ami.

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Carson venait de passer deux heures à étudier les rapports sur l'état alarmant des mains de Rodney. Bien que non spécialiste, il ne pensait pas se tromper en théorisant que les traumatismes sur la peau, les muscles et les tendons seraient longs à guérir.

Dieu merci, ils avaient écarté les risques d'amputation, mais le couperet n'était pas tombé loin. Plusieurs fois pendant ces jours tendus et difficiles, il avait eut des doutes sur les chances de sauver les mains de Rodney, des images terribles de scie chirurgicale, de sang et autres horreurs, lui étaient revenues en tête, souvenirs d'une autre vie, d'un autre temps.

Gravement touchées par l'infection, les mains avaient enflé, les doigts se raidissant et prenant une vilaine et dangereuse teinte rouge. Ils avaient traité les déchirures du mieux qu'il pouvait, extrayant les tissus nécrosés, nettoyant les plaies toutes les heures, jusqu'à ce que les derniers signes d'inflammation disparaissent. Encore une autre victoire.

Et pendant tout ce temps Carson avait redouté qu'un de ses confrères, craignant la gangrène et la septicémie, ne tente de le convaincre que l'amputation était inévitable. Mais heureusement ça n'était pas arrivé, soit parce qu'aucun n'y avait pensé, soit qu'ils redoutaient sa réaction, ou probablement parce qu'aucun d'entre eux ne souhaitaient envisager cette « solution ».

Dayan Ben Zarim, un de ses meilleurs chirurgiens, originaire d'Israël, avait traité par le passé de nombreux cas de brûlure au 3eme degré, et en connaissait un rayon sur les greffes de peau. Il était parvenu à greffer sur le dos des mains de Rodney, des tissus prélevés à l'intérieur de ses cuisses. Pour le moment il ne semblait pas y avoir de rejet, c'était la seule bonne nouvelle.

Les paumes en revanche ne pouvaient pas faire l'objet de greffe, ce qui s'avérait assez problématique, la chair étant à nu par endroit. Rodney aurait probablement besoin d'opérations minutieuses et délicates, s'il souhaitait un jour pouvoir recouvrer l'usage normal de ses mains.

Et personne sur Atlantis n'avait les compétences nécessaires pour cela.

Carson se retrouvait désormais devant une décision déchirante à prendre, mais indispensable pour la santé de son ami. Frustré par son impuissance, mais forcé d'admettre qu'un retour vers la Terre et les spécialistes du SGC étaient la meilleure chance et la seule chose à faire pour assurer la guérison de Rodney, il venait de signer les formulaires de transfert.

Le plus difficile serait d'annoncer cela à McKay. Rien qu'à se souvenir de la réaction de Sheppard …

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Le Colonel avait évidemment très mal vécu toute la situation. Silencieux, sombre, parfois bouillant de rage, comme lorsqu'il avait écouté le premier rapport de Carson sur l'état de Rodney, parfois froidement calme, presque terrifiant, comme lorsqu'il était revenu de son escapade sur Invidia, quatre jours auparavant.

Ou lorsque Carson avait conseillé de renvoyer Rodney sur Terre.

Après la mission de sauvetage, l'agenda de Sheppard avait consisté à visiter l'infirmerie, la salle d'entraînement et ses punching ball, pour finir dans ses quartiers ou son bureau, le tout suivant un cycle variant de deux à quatre heures. Depuis deux jours cependant, il n'avait pas quitté le chevet du canadien. Et rien ni personne n'était parvenu à le déloger de la chaise qu'il avait réquisitionnée, pas même ses obligations de commandant militaire d'Atlantis, que Lorne avait endossées sans mot dire.

Carson avait prudemment découragé son staff d'essayer de raisonner le militaire, parfaitement conscient que John n'était pas enclin à écouter qui que ce soit. Il attendait juste que Rodney se réveille, comme eux tous. Un réveil qui, au vu des moniteurs qui contrôlaient les signes vitaux du canadien, ne tarderait plus.

Bien sûr, Carson le maintiendrait sous morphine, mais ce n'était pas les blessures physiques de Rodney qui l'angoissaient et faisaient naître ce nœud étouffant et nauséeux au creux de son estomac. Non, le corps du canadien se remettrait, avec le temps.

Par contre d'un point de vue psychologique c'était une toute autre histoire.

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Carson rouvrit les yeux sur le plafond finement sculpté de son bureau, admirant d'un air absent les arabesques dessinées par les Anciens. Il se redressa dans son fauteuil, et son regard erra au-delà des parois de verre, focalisant instinctivement sur une des salles qu'il avait dédiée aux patients ayant besoin de calme, à l'autre extrémité de la pièce principale de l'infirmerie.

A travers la vitre, il aperçut la silhouette du Colonel, inclinée en avant, les coudes posés sur ses genoux, le menton entre les mains, les yeux fixés sur Rodney. Il vit ses lèvres se mouvoir, un demi sourire apparaître brièvement et se faner tout aussi rapidement.

De sa position, Carson ne pouvait discerner l'expression du visage de John, mais la manière dont il se frotta le visage, puis se passa les mains dans les cheveux quelques instants plus tard, gardant la tête baissée, criait comme autant de mots l'état d'esprit du Colonel. Frustration, colère, angoisse. Douleur.

Des sentiments très répandus sur Atlantis ces derniers jours.

Beckett soupçonnait également un fort sentiment de culpabilité chez le militaire, probablement né de tout et rien à la fois. Il observa la scène quelques instants, avant de se décider. Se levant, il rassembla et ordonna les feuilles éparses sur son bureau d'un geste vif, puis referma le dossier. Il sortit de son office, documents sous le bras, hésita brièvement, fit un arrêt auprès de la cafetière installée dans le bureau des infirmières, avant de se diriger vers la chambre de Rodney, deux tasses fumantes en main.

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A suivre …

Merci à Rieval et à Lou01 pour leurs remontrances et leurs encouragements. Ca fait plus de deux ans qu'elles me tannent pour que je reprenne mes fics. Mesdemoiselles vous êtes servies.

Prochain chapitre ce week end ou la semaine prochaine. Bises.