TAda tada voilà la suite.
On avance doucement dans l'histoire et Severus prend de plus en plus part à la protection du petit Potter.
Je vous remercie pour vos reviews ça me fait très plaisir et sa motive à bloque pour vous envoyer la suite.

Aller je vous laisse lire ce chapitre j'espère qu'il va vous plaire.

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Bats-toi !

Mercredi 9 Août 1995, Manoir Prince

Mort ! L'homme s'était tordu de douleur pendant de longues minutes, il avait crié, supplié. Son sang s'était répandu sur les dalles grises. Maintenant il ne régnait qu'un silence de mort, l'homme avait succombé.

Son rire froid et d'une joie malsaine semblait se répercuter sur tous les murs de la pièce devenant un son oppressant qui emplissait la salle. Alors que plus aucun mouvement n'était fait et que les deux Mangemorts qui siégeaient à ses côtés tenaient leur baguette droite et immobile, des petits pas rapides raisonnaient et s'approchaient de plus en plus. Les deux baguettes se levèrent et se pointèrent sur la provenance du bruit. Cependant il leva la main en signe d'interdiction.

- L'amusement ne semble pas se terminer. C'est une bonne journée.

- PAPAAAAA.

Le cri brisa le silence et il sentait l'excitation parcourir son corps, sa baguette vibrant entre ses doigts et son seul souci était comment torturer un si petit être sans le tuer directement. Les mots passaient sur sa langue mais aucun ne semblait lui convenir.

Il réfléchissait toujours le regard posé sur le petit garçon qui s'était jeté sur le corps meurtri de son père le secouant doucement, lui demandant de se réveiller alors que ses joues étaient ravagées par les larmes.

Il sentit ses lèvres se plisser en un sourire heureux, il avait trouvé. Simple et cruel.

- Endoloris.

- NON !

Harry se redressa violemment, pour pencher sa tête sur le côté droit et vomir douloureusement le maigre repas avalé plus tôt.

Tremblant, il se redressa, transpirant, les doigts serrés douloureusement autour de sa baguette.

La baguette…

Un sentiment étrange le parcourut, apeuré, il la lâcha. C'était lui, lui qui avait lancé ce sort, lui qui avait tué cet homme et torturé un enfant… Non, ce n'était pas lui, c'était Voldemort. Alors pourquoi, pourquoi avait-il toujours le premier rôle ? Pourquoi était-il lui à chaque fois ? Était-il comme lui en fait ? Peut-être… Son oncle ne l'avait-il pas dit, n'était-il pas qu'un monstre, apportant la mort.

Certainement.

Il trembla de froid et de peur. Arriverait-il un jour à dormir sans ces horribles visions ?

Il sursauta quand la porte s'ouvrit et fut soulagé de voir Dabin apparaître.

- Monsieur Potter a encore fait un cauchemar.

Harry hocha la tête pour confirmer. Il ignorait toujours comment faisait l'elfe pour être présent à chaque fois. Il avait de nombreuse fois essayé de savoir mais n'avait pu en tirer aucune information. Pourtant, il était sûr que le sort de silence apposé sur sa porte depuis que Snape l'avait entendu était toujours présent.

Il laissa son regard tomber sur l'immonde petit tas de vomi et se pencha pour essayer de nettoyer.

- Laissez Monsieur Potter, Dabin va s'en occuper. Monsieur devrait aller se rafraichir.

Harry ne répondit pas, il se leva d'un pas mal assuré et chancelant, il sentait ses jambes trembler sous son poids. Dès qu'il eût franchi les portes de la salle de bain, il croisa son reflet dans le miroir du lavabo et son estomac se contracta à nouveau.

Sans réfléchir, il courut pour se mettre au dessus des toilettes. Son estomac se contractait douloureusement et sa respiration se faisait saccadée alors que seul un maigre filet de bile amer et acide s'échappait de sa bouche.

Il se plaça à nouveau face au lavabo en s'interdisant de croiser son propre reflet. Il rinça sa bouche et passa de l'eau froide sur son visage. Les mains de chaque côté du robinet, il retenait tant bien que mal quelques larmes, fermant ses yeux avec force alors que les images de la torture de l'homme et de son petit garçon prenaient place sous ses paupières closes.

- Je suis désolé. Je suis désolé. Je suis désolé. Tellement désolé. Je suis désolé…

Il répéta cette litanie encore et encore avant de sortir retrouver sa chambre et ses ténèbres.

Dabin était là, le sol était propre et sa chambre sentait le frais comme si elle avait été aérée pendant des heures.

Il avait envie de le remercier, d'être là et de faire tout cela pour lui mais les mots restaient bloqués dans le fond de sa gorge. Et il contenait avec difficulté ses larmes et ses tremblements. Sa peur de s'endormir à nouveau.

Sous le regard bienveillant du vieil elfe, Harry reprit place entre ses draps.

- Buvez ceci Monsieur Potter, contre la nausée et ça pour vous détendre.

Harry prit les deux fioles qui lui étaient tendues. Et remercia Dabin pour sa présence.

- Monsieur Potter doit dormir maintenant.

Dabin repartit, fermant doucement la porte et Harry ne put s'empêcher de trembler de nouveau face aux ténèbres qui l'entouraient.

Severus avait de nouveau été réveillé par l'alarme. Assis dans son fauteuil, il replia son livre faisant claquer les pages dans la pièce vide de vie.

Encore. Ce gamin ne fait jamais une nuit entière.

Il aurait dû en être énervé, agacé d'être dérangé par un nuisible au nom de Potter. Et pourtant il n'y arrivait pas. La haine n'était plus assez forte face à l'enfant qu'il avait découvert.

Il savait que Dabin allait s'occuper de lui comme il le fallait. Il ne s'inquiétait pas de cela. Et un bon quart d'heure après l'alarme, il vit Dabin arriver. L'elfe se présentait face à son maître comme Severus lui avait demandé. Depuis que Dabin avait pour objectif premier de veiller sur l'enfant Potter, il était aussi dans l'obligation de rendre un rapport sur chacune de ces crises nocturnes.

- Maître, Monsieur Potter a de nouveau fait un cauchemar, celui-ci semble être plus violent que tous les autres, l'enfant a vomi. Je lui ai donné les potions que vous avez mises à disposition pour lui. Je crains qu'il ne se rendorme pas Maître. Mais Dabin a fait le nécessaire pour qu'il soit au mieux.

- Je t'en remercie Dabin. Tu peux partir maintenant.

Dabin disparut et Severus se leva pour se mettre à la fenêtre.

Il s'inquiétait de ces nuits ponctuées de cauchemar. Le garçon ne dormait pas assez. Edward avait raison, il n'allait pas tenir à ce rythme-là. Il devait trouver une solution. Approcher Potter tant qu'il le pouvait. Albus serait là au premier flanchement du garçon. Et Potter se tournerait évidement vers le vieux sorcier dès qu'il ne pourrait plus faire autrement. Il doutait que sa confiance envers les adultes ne soit assez grande pour qu'il ait confié ses peurs à l'un d'entre eux. Cependant, si Albus était aux yeux du Survivant son meilleur choix, c'était loin d'être le cas. Severus devait se montrer au garçon, lui offrir une porte de sortie.

Il était tiraillé, c'était un choix simple et difficile à la fois.

Il voulait éloigner le passé qui le liait à la haine profonde qu'il portait à l'enfant Potter mais il vivait ici au Manoir Prince qui était le lien même avec cette même haine.

C'était compliqué mais à chaque doute, il voyait le visage rayonnant de Lily qui lui promettait un bel avenir, il la voyait rire son fils entre les bras, il se voyait lui promettre que contre tout il protégerait son enfant.

A chaque fois qu'il voyait cet éclair de peur dans ces yeux verts, ces réflexes de protection instinctifs, ces sursauts. La vue du dos meurtri venait s'imposer, la soumission face aux coups et à l'adulte qui levait la main. Il comprenait cette souffrance et il en craignait les dégâts.

Severus ne pouvait pas passer à côté de ça, il ne pouvait pas ignorer, se retourner et partir. Il ne pouvait pas tourner le dos à un enfant maltraité.

Il devait trouver un moyen de gagner la confiance du garçon. Il devait prouver que lui Severus Prince pouvait comprendre et protéger l'enfant qu'il était, Harry. Rien de plus, rien de moins.

Il se doutait que cela ne serait pas sans difficulté, mais il le ferait. Il saurait passer au-dessus de tout ce qui les éloignait et devenir digne de la confiance d'un enfant.

Dès qu'il fit jour, Severus partit dans la partie ouest du manoir, il frappait depuis maintenant cinq bonnes minutes à la porte de bois et personne ne semblait vouloir lui ouvrir.

- Andrew… ouvre cette porte. Je peux t'assurer que si tu ne viens pas le faire dans la minute je le ferais moi-même.

Personne ne lui répondit. Inutile d'attendre plus longtemps, le jeune homme n'était pas décidé à sortir et il n'allait pas perdre ainsi son temps indéfiniment. Il apposa sa main sur la porte et comme par miracle la porte s'ouvrit en un clic. Rien n'était refusé au Maître des lieux.

Les rideaux étaient fermés et une odeur de renfermé l'avait assailli. Il s'avança dans la nuit comme en plein jour et tira sur les rideaux et fit face au vampire. Les yeux ouverts étaient rougis, les mains entremêlées, blanc comme un cadavre et une respiration inexistante.

- Douche. Claqua-t-il sévèrement ne laissant place à aucune protestation.

Le regard vide et éteint de son filleul se posa sur lui et il partit en direction de la salle de bain. Severus rangea un peu la pièce avec quelques coups de baguette et écoutait l'eau de la douche couler. Il devait le sortir de sa transe.

Andrew ressortit, vêtu sobrement, une tête toujours aussi lamentable. Son regard semblait lui dire de le laisser mourir ici.

- Sortons.

- Je n'en ai pas envie. Tu devrais être heureux, je me tiens bien à carreau, tu n'auras pas à te salir les mains, Souverain. Cracha-t-il.

Severus ne répondit rien et se pencha par la fenêtre d'où il pouvait voir les quatre adolescents regroupés avec leurs balais à la main.

- Regarde.

- Laisse-moi seul. Je n'en ai pas envie.

Il s'approcha et le redressa en l'empoignant par le col de sa cape. Il était inutile de se montrer gentil et compatissant.

- J'ai dit debout ! Tu ne vas pas rester ici à dépérir Andrew, je ne le permettrais pas. Tu as eu le temps de te morfondre, je crois. Cela suffit maintenant !

Andrew s'était relevé, baguette sortie, prêt à attaquer, ne pouvait-il pas le laisser ! Le laisser mourir…

- Que veux-tu que je fasse, je n'ai plus rien, plus personne. Je suis vide ! Et je ne peux rien faire, je ne peux pas le venger. Je suis bloqué ici car tu l'as décidé, car mon père l'a approuvé ! Cria-t-il, des éclairs sortant de sa baguette. On n'a pas tous la chance de pouvoir parcourir le monde pour tuer les assassins de sa femme.

Severus ne prêta pas attention à la mention de sa femme. Lui aurait aimé qu'une personne l'aide à revenir plus vite dans le monde des vivants.

- Tu ne peux pas tous les tuer, cela ne te soulagera pas, cela ne te rendra pas Mark, cela ne comblera pas le vide, cela ne remplacera pas sa présence. Tu peux tuer la moitié du monde que tu ne te sentiras pas mieux, tu peux te perdre dans l'alcool, tu peux haïr et détester, vivre en attendant la mort. Rien ne te le ramènera Andrew, rien ne peut alléger ta peine ni le sang de tes victimes, ni le temps qui passe. Mais tu ne peux pas te laisser périr plus longtemps. Tu dois vivre, vivre pour lui. Tu dois vivre pour deux Andrew et je sais que cela te semble impossible, mais tu le peux.

Andrew ouvrit la bouche et la referma se laissant tomber sur son lit. C'était vrai et Severus savait. Il pouvait le comprendre et s'il le disait c'est que c'était vrai. Il se voyait encore soulevant le petit Potter mais rien n'apaisait sa douleur.

- Comment vais-je faire ?

Un sentiment de désespoir avait envahi sa voix et Severus connaissait ce sentiment de croire que plus jamais il ne pourrait sortir et sourire, rire comme avant et tout simplement vivre. Il lui tendit une main.

- Tu vas te relever et regarder William chaque fois. A chaque fois que la douleur est trop grande et que tu sens ton cœur déchiré, ton corps glacé, à chaque fois que les souvenir sont trop douloureux et que le manque te terrasse. Tu dois penser à William, aux personnes qui t'aiment. Tu dois continuer à vivre, tu es vivant Andrew alors respire à nouveau.

Écoutant la voix de son parrain, il obéit et reprit une respiration normale.

- Je ne suis pas ton Souverain Andrew, je suis ton parrain avant tout et je sais, je sais ce que tu vis et je t'interdis de faire mes erreurs. Alors tu ne vas pas fuir plus longtemps, tu as suffisamment été seul à pleurer. Maintenant tu es fort pour William. Il s'inquiète tu sais, tu es comme un père pour lui et je sais que tu le considères comme ton fils. Il ne peut pas te perdre comme il a perdu son père. Tu vas reprendre les entraînements de William, Maïwen et Nolan t'aideront. Et je veux que tu t'occupes de Potter.

- Harry… je ne peux pas j'ai failli le tuer, j'allais le tuer Severus. Et je crois bien que je suis incapable de me contenir en sa présence.

- Il a besoin d'être plus fort et je n'ai pas le temps de m'occuper de lui. Il n'est pas vraiment en bonne condition physique en ce moment alors prends garde et qu'il ne lui arrive rien. Fit-il en lui tournant le dos vers la sortie et sans prêter la moindre attention aux paroles du vampire.

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Vendredi 11 Août 1995, Manoir Prince

Ce matin-là quand Severus descendit, il vit Nolan assis face à Potter déjeunant. Ils parlaient tous deux de sujet qui lui semblait étranger jusqu'à ce que deux mots lui parviennent Poudlard et Beauxbâtons. Il s'approcha finalement intrigué et vit les deux enveloppes posées sur la table.

- Pa', on a reçu nos lettres pour Beauxbâtons.

- Je vois ça.

Severus voyait surtout un problème qu'il avait reculé jusqu'à l'apparition du courrier. Une décision était à prendre et dans le fond il savait déjà ce qu'il allait faire.

- Mais il n'est pas sûr que vous alliez à Beauxbâtons l'année prochaine.

Nolan arrêta toute activité et se tourna vers son père et Harry écoutait de manière qu'il savait peu discrète leur conversation.

- Beaucoup de facteurs font que j'aimerais vous avoir à mes côtés cette année. Poudlard est une option. Les vampires sont maintenant très convoités dans cette guerre. S'ils venaient à se savoir que vous avez un quelconque lien avec le Souverain… Je ne prends aucun risque.

- Alors Poudlard. Maï' va pas me croire. Allez Harry, mange, tu ne voudrais pas être à plat dès le premier entrainement.

- Hum… Je n'ai pas très faim.

Severus regarda le garçon, toujours trop maigre, mais il semblait moins fatigué. Il avait autorisé Dabin à donner à l'enfant une Potion de Sommeil Sans Rêve. Cependant, il ne fallait pas que Potter croit que se serait toujours ainsi. Severus savait bien à quel point on pouvait en être dépendant, non il avait juste jugé qu'il allait devoir fournir de gros efforts le lendemain avec Andrew et qu'une vraie nuit de sommeil lui serait bénéfique.

- Je vous conseille vivement de manger Mr. Potter sinon vous pouvez oublier toutes activités. Avertit Snape.

Encore une fois, Harry se tendit et mangea rapidement ce qu'il avait mis dans son assiette.

Severus n'ajouta rien mais posa sa main sur l'épaule de son fils avant de disparaître. Nolan et Maïwen avaient toujours voulu être aux côtés de leur père et ils ne comptaient plus les fois où enfants ils l'avaient supplié de venir avec lui à Poudlard.

Harry se tenait debout la baguette bien droite. Quelques heures après le repas Andrew était venu le chercher. Et maintenant il faisait face à un mannequin de fer face à lui à une bonne dizaine de mètres.

Un peu plus loin sur sa droite se tenait William et encore plus loin Maïwen qui subissait un entraînement draconien de la part de son frère. Et au milieu Andrew entre ces deux groupes avait pris place, droit, froid, ses ordres claquant dans l'air.

- Maintenant.

- Expelliarmus.

Harry jetait ce sort pour la centième fois au moins. Il n'avait été autorisé à choisir qu'un seul et unique sort. Quand il avait suggéré Expelliarmus Andrew avait ri froidement.

- Pathétique.

Alors depuis des heures et des heures, il répétait ce geste qui ne cessait d'être critiqué avec froideur. La même lueur traversait sa baguette et venait se fracasser sur le mannequin le faisant vibrer doucement.

Maintenant avait été le mot d'ordre. Le signal. À chaque fois qu'Andrew le prononçait il devait réagir ainsi. Il pouvait parfois s'écouler plusieurs minutes avant d'être de nouveau sollicité alors qu'à l'opposé le même ordre lui était demandé en moins d'une minute.

Harry était fatigué. Il trouvait cela inutile et stupide. Alors que les deux autres livraient un réel combat et que Maïwen se battait comme une lionne, lui jouait le robot.

- Trop lent ! Cracha la voix du vampire.

Trop lent. Trop faible. Inutile. Mort. Mort. Les mots ne l'atteignaient plus et il semblait impossible de satisfaire le vampire comme il était impossible de satisfaire Snape en potion.

Harry laissait son regard se promener sur l'horizon, les bruits de combat à côté lui faisant écho. Cela faisait bien plus de dix minutes que l'ordre n'avait pas retenti. La journée touchait à sa fin. Il commençait sérieusement à avoir mal au bras et aux côtes et avait finalement pris une décision avec lui-même : il ne le lèverait plus avant demain ! C'est pourquoi quand Andrew cria maintenant il ne bougea pas d'un pouce.

- Potter, es-tu sourd en plus d'être faible ou me fais-tu simplement perdre mon temps ?

Avec une vitesse qui lui était propre, il se mit face à Harry, comme le mannequin, il s'était mis à une bonne dizaine de mètres. Mais Harry lui campait sur ses positions, s'était fini pour aujourd'hui.

Andrew leva un sourcil, étonné de l'arrogance dont faisait preuve le gamin. Où était le gosse qui suppliait silencieusement quand il l'avait battu ?

Très bien, il veut faire le malin. Voyons si j'ai perdu ma journée ou pas ?

- Expulso.

- Protego.

Le sort avait été crié avec la même puissance que l'ordre sur lequel il devait agir. Andrew avait levé sa baguette dans un souffle et le sort était parti en même temps que le mot qui avait traversé ses lèvres.

Sans s'en rendre compte, Harry avait levé sa baguette dans un réflexe qu'il ignorait posséder.

Rapidité et précision. Je n'ai peut-être pas perdu ma journée à m'égosiller pour un gamin. Pensa-t-il en voyant la baguette se dresser automatiquement pour se pointer sur lui.

- Tu prendras la peine de réagir la prochaine fois. Ou alors essaye d'avoir des réflexes moins médiocres.

Harry ne répondit pas. Il ne s'en était pas trop mal sorti pourtant et il devait bien admettre qu'il s'était impressionné lui-même.

- Tâche de ne pas te montrer aussi feignant demain. Si tu ne t'en crois pas capable ou si tu penses dans toute ton arrogance que tout ceci ne t'ai d'aucune utilité et que d'autres se dresseront comme des murs entre toi et le danger, prêts à mourir. Alors ne viens pas, je n'ai pas de temps à perdre. La Mort viendra te chercher bien assez vite, à toi de décider si tu veux te battre contre elle ou la laisser t'emporter sans résister. Inutile d'apprendre à lutter quand le désir est d'abandonner !

Le vampire l'abandonna sur ces dernières paroles. Harry ne savait pas vraiment quoi en penser. Et en repensant à son enfance, aux derniers événements peut-être que… Peut-être qu'il était fatigué de lutter et soudainement l'idée d'abandonner lui paraissait être une idée plutôt plaisante. Tout le monde l'avait toujours abandonné, récupéré pour le besoin d'autrui, au Nom d'un Monde Sorcier qui n'en avait que pour son nom et sa pauvre cicatrice sur le front. N'avait-il pas le droit d'abandonner lui aussi ?

Étrangement, il pensa à Ron et Hermione. Il leur avait envoyé un courrier à tous deux. C'était étrange qu'aucun des deux aient répondu et qu'Hedwige ne soit toujours pas revenue.

J'irais à la tour ce soir.

- Oh une dernière chose Potter, ne croyez pas que l'entrainement est terminé, il ne s'arrête jamais. Partout où vous allez dans ce manoir un sort peut vous tomber dessus. J'ai mis les tableaux dans la confidence.

Harry déglutit, il n'avait jamais vu un entraînement de la sorte.

Dès qu'il avait fait un pas dans le manoir, un vieux tableau représentant une sorcière vêtue comme pour une grande soirée lui avait lancé un jet d'eau qui l'avait trempé jusqu'aux os. Dans le couloir qui le menait à sa chambre, un autre tableau s'était tourné contre lui mais Nolan qui passait par là le protégea.

- Attention Harry.

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Samedi 12 Août 1995, Manoir Prince

Severus s'était posté sur l'une des tours qui encadrait son manoir. Il avait gardé un œil permanent sur l'entrainement. D'abord ses enfants, Maïwen ne cessait plus de l'impressionner et elle formait avec son frère un binôme redoutable. Puis Potter… ce gamin qui soit dit en passant ne portait plus de lunette, un tour de sa fille s'il avait bien compris. Ce gosse était exaspérant et insolent envers son propre bourreau, on aurait pu y voir du courage mais lui ne voyait que de la folie ou de l'inconscience.

Potter était épuisé et il allait devoir faire changer ces entraînements, ça ne lui convenait pas. Il était trop faible et Andrew ne semblait pas le voir. Il allait devoir discuter avec les tableau, il était hors de question que le gamin soit obligé d'être sur ses gardes en permanence.

Potter luttait déjà chaque nuit pour ne pas s'endormir et c'était compréhensible, il les finissait par des cris et tremblements. Il avait dû faire cesser la potion de Sommeil sans rêves, un tel besoin en était dangereux.

Il regardait la fumée voler doucement s'échappant de sa cigarette. Il avait arrêté depuis des années pourtant, à la naissance de Nolan.

Il avait retrouvé ce vieux paquet dans l'un de ses tiroirs de bureau… une vieille habitude.

A moitié fumée, il la posa sur le bord du rempart, regardant la suite se consumer seul.

Il allait repartir quand il entendit des pas venir vers lui

Ce n'est plus une heure pour être de sortie !

Il se cacha un peu plus dans l'ombre et vit le garçon Potter s'adosser sur le bord de la muraille, une lampe posée à côté de lui.

- Puis-je savoir ce que vous faites ici Mr. Potter ?

Harry sursauta et se retourna baguette à la main un sort au bord des lèvres.

- Expe… Professeur Snape. J'attendais Hedwige.

- Vous seriez-vous entraîné avec sérieux Mr. Potter pour gagner de tels réflexes en une journée ? Votre chouette, c'est cela.

Harry avait eu envie de lui dire qu'ici il fallait mieux être sur ses grades si l'on ne voulait pas se faire tuer.

Harry ne répondit pas à l'attaque et se contenta du minimum.

- Oui Professeur.

Il devait arrêter de provoquer le garçon. Severus prit place à côté de lui et fixa l'horizon plongé dans la nuit.

- Elle ne viendra pas Mr. Potter.

Harry se retourna pour voir le vampire fixer l'horizon.

- Comment cela ? Que voulez-vous dire par elle ne viendra pas ?

- Quand l'avez-vous mené voir vos amis ?

- Le 21 du mois dernier Professeur.

- Vous auriez dû me parler du désir de prendre contact avec vos amis, utiliser une chouette n'est pas très sûre. Votre chouette, Hedwige, a été attrapée par les Mangemorts.

Severus vit la douleur envahir le regard, la peur, les pupilles rétrécies il vit l'enfant faire un pas en arrière, comme pour reculer devant la réalité.

- Êtes-vous sûr Professeur ?

- Je le suis. Andrew l'a retrouvé dans les robes d'un Mangemort.

- Ce n'est pas…

Harry recula doucement et Severus se retourna finalement pour lui faire face.

- Avant que votre esprit de Gryffondor responsable de tout et tous ne se fasse des idées, vous n'êtes pas responsable de l'attaque qu'il y a eu lieu aux abords du manoir. Et vous n'êtes pas responsable de l'incident de votre chouette.

Harry reculait toujours jusqu'à ce que son dos touche le mur. Il n'écoutait pas les paroles du professeur.

Hedwige.

- Vous mentez. Cria-t-il.

La perte, Severus savait à quel point cela pouvait briser, et les pertes s'enchaînaient pour le jeune homme. Il ne voulait pas le croire, évidement il était tellement plus aisé de rentrer dans le déni plutôt que d'affronter la réalité.

Severus s'approcha doucement et s'entoura un peu plus dans ses capes noires. Le garçon craquait. Mais il était trop fier et trop peu en confiance pour le montrer clairement.

- Suivez-moi Mr. Potter.

Ils s'étaient retrouvés face à une petite cabane collée au manoir. Harry ne distinguait pas bien les environs dans la nuit mais il suivait le vampire sans un mot perdu dans ses pensées.

Il était rentré et un petit elfe trapu leur avait face. La pièce contenait tout, un lit, une cuisine, c'était semblable à la petite maison d'Hagird mais beaucoup plus ordonné.

- Maître Prince.

- Kento, où se trouve la petite chouette blanche que je t'ai apportée ?

- Oh Kento s'en ait bien occupé. Elle se trouve dans la pièce d'à côté Maître.

- Merci Kento. Mr. Potter, suivez moi.

Severus passa la porte, la seule porte qu'il y avait, et ils se retrouvèrent dans une sorte de petit garage rempli d'outil de jardinage. Et là sur le petit établi, il vit Hedwige, allongé sur un drap noir. Des bandages sur tout le corps.

- Hedwige…

Il voulut se précipiter sur elle, mais la main puissante du vampire s'abattit sur son épaule stoppant tout mouvement.

- Elle est en vie Mr. Potter. Cela s'est joué de peu et nous pouvons remercier Kento pour son savoir en matière de soin.

Il sentit la main s'enlever et il s'approcha d'un pas plus lent.

- Hedwige.

Sa chouette ne fit aucun mouvement à l'annonce de son nom et seul le lent mouvement de son abdomen lui confirmait qu'elle était toujours en vie. Il fit doucement passer ses doigts sur ses plumes et bandages.

- Je suis désolé Hedwige, tellement désolé.

Severus était resté en arrière et regardait le garçon répéter sans arrêt qu'il était désolé. Ils avaient eu de la chance que Kento puisse la sauver. Qu'allait-il faire du garçon, il semblait terriblement atteint par toutes les pertes qu'il avait subi. Severus ne pouvait que comprendre la difficulté et la peur de perdre à nouveau. La réaction qu'il avait eu en était la preuve.

- Elle va rester un petit moment avec Kento. Ne vous en faites pas, il va prendre soin d'elle, vous pourrez venir la voir quand vous le souhaitez.

- Monsieur Potter, Kento a fait tout ce qu'il a pu, mais Kento n'a rien pu faire pour ses ailes. Plus jamais, elle ne volera. Kento est désolé, Monsieur Potter.

Harry s'était retourné, plus jamais volé ! Il était responsable de cela, il n'aurait jamais dû l'envoyer chez Ron. Il avala avec difficulté sa salive et posa de nouveau son regard sur Hedwige.

- Je vous remercie de ce que vous avez fait Kento. Elle semble être entre de meilleures mains avec vous.

Severus serra les poings, il n'allait certainement pas laisser le garçon se lamenter sur lui-même de la sorte. Oh il avait bien des excuses pour être malheureux, mais il n'allait pas accepter un tel comportement.

- Culpabiliser pour une chose dont vous n'êtes pas responsable est inutile. De plus, il se fait tard, nous rentrons. Vous aurez tout le loisir de revenir.

Harry n'avait pas discuté et avait suivit son professeur, la nuit était fraîche et il avait été soulagé de rentrer au chaud. Ses pensées étaient restées avec Hedwige et malgré les paroles du vampire, il se sentait responsable. Comment pouvait-il ne pas l'être ? Inconsciemment, il passa une main sur ses côtes, l'entraînement les avait rendu sensible.

- Vous font-elles encore souffrir ? Vos côtes ? Ajouta-t-il devant le manque de compréhension du garçon.

- Non. Répondit-il précipitamment.

Harry se tendit, il n'avait pas parlé de ça, de son dos, de ses côtes. Du fait que le vampire l'avait soigné et qu'il avait forcément compris.

Severus décida de ne pas engager cette conversation, il garderait ses inquiétudes à ce sujet pour une autre fois et surveillerait de loin. Harry n'était pas prêt et il fallait bien l'avouer, lui non plus.

Il posa son regard sur le garçon, il n'avait pas bien grossi et pourtant il avait fait savoir qu'il voulait voir le garçon manger comme il le fallait. Ses côtes lui faisaient forcement mal et l'entraînement ne devait pas aider. Et le plus marquant était les cernes bleus sous ses yeux.

Il ouvrit ses capes et sortit une fiole de potion.

- Prenez ceci avant de dormir. Les entraînements avec Andrew demandent de l'attention. Montez-vous coucher.

Ce soir là, Severus passa lui-même devant la chambre du garçon s'assurant de son sommeil. Il n'avait entendu aucun bruit lorsqu'il avait ouvert la porte, pas un mouvement l'enfant était droit, allongé dans son lit. Endormi.

Il avait discuté un peu avec les tableaux mettant fin aux attaques au sein du manoir.

Avant de repartir, il entendit des bruits de pas résonnés vers lui. Immobile, il s'arrêta, si c'était encore sa fille, elle avait plutôt intérêt à avoir une bonne excuse. Mais à sa grande surprise, c'est Andrew qu'il vit. Le vampire ne sembla toutefois pas le voir et Severus attendit en silence pour savoir la raison de sa présence.

La baguette sortie, Severus le vit se pointer sur la porte de Potter, un sourire mauvais gravé sur son visage. Andrew semblait être prêt à pénétrer dans la chambre du garçon, l'attaquer dans son sommeil. Mais avant qu'il n'ait fait un geste. Severus abattit sa main sur l'épaule enfonçant assez douloureusement ses doigts dans les creux du cou, le retournant vers lui.

- Je croyais avoir été clair quand je disais vouloir disparaître ses attaques quotidiennes. Si tu crois que je n'ai pas vu que tu n'as rien fait pour arranger les choses tu te trompes. Alors tu vas faire quelque chose pour que cela cesse et tu ne vas certainement pas l'attaquer dans son sommeil. Ne me déçoit pas plus que tu ne l'as déjà fait Andrew, Potter n'est pas un exécutoire à ta douleur !

Il vit la main s'enlever de la poignée et Severus partit sans en attendre plus.

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Alors alors, vous en pensez quoi mes amis !
Lâchez vous et donnez moi votre avis :D