Bonjours à tous,
Merci pour les reviews, et pour la peine un chapitre de plus !
Août était arrivé. Hermione continuait ses séances de piscine avec Rogue, et il commençait doucement à récupérer l'usage de ses jambes. Elles étaient encore trop faibles pour le porter, mais il pouvait au moins se glisser seul dans son fauteuil, et allait prendre ses repas dans la Grande Salle. Minerva avait été enchantée de le voir arriver, accompagné d'Hermione. Une fois qu'ils furent installés et servis, la nouvelle directrice entama son interrogatoire.
- Alors, comment se passe ta convalescence Severus ?
- Bien Minerva, comme tu peux le voir, soupira-t-il.
- J'ai appris que Miss Granger te faisait nager chaque jour. C'est une technique de soin Moldue, c'est bien cela ?
Hermione manqua s'étrangler avec ses petits pois. C'était évident, que MacGonagal fût au courant. Les Directeurs de Poudlard avaient toujours eu cette manie. Elle était sûre que le château lui même leur racontait tout. Elle répondit la tête basse, les yeux plongés dans son assiette.
- Oui professeur. Cela permet de récupérer une bonne solidité musculaire sans la pression du poids du corps sur la zone blessée.
- Ce n'est pas utilisé chez les sorciers, et c'est bien dommage. Vous devriez en parler au Médicomage en chef de Sainte Mangouste, Miss Granger.
- Euh... Si j'ai l'occasion un jour, pourquoi pas, répondit Hermione.
- Que comptez-vous faire après vos ASPIC ?
Hermione savait que MacGonagal ne posait pas cette question par hasard. Poppy l'inondait déjà de sous-entendus chaque jours.
- Je ne sais pas si je veux vraiment me lancer dans la MédicoMagie, professeur.
- Oh. Eh bien, sachez tout de même que si cela vous intéresse, Madame Pomfresh serait enchantée de vous prendre sous son aile.
Hermione hocha la tête en silence. Elle y avait déjà réfléchi. Mais si elle devait ressentir autant d'empathie pour tous ses patients, elle deviendrait sans doute folle rapidement. S'occuper de Rogue lui plaisait, mais elle se sentait dévorée de l'intérieur par un besoin d'être sûre qu'il allait bien, qu'il ne souffrait pas, qu'il mange, et toutes ces choses. Sitôt qu'elle essayait de penser ou faire autre chose, une petite voix en elle la rappelait à l'ordre.
- Severus, accepterais-tu de reprendre tes fonctions ?
Hermione releva la tête, et fixa Rogue, la bouche entrouverte. Il croisa son regard un instant, avant de répondre.
- Hors de question Minerva. Vous me voyez enseigner en fauteuil à une bande de singes écervelés ?
- A vrai dire, j'avais pensé te donner uniquement les ASPIC. Ils savent se débrouiller seuls, ils ont encore assez peur de toi malgré... les événements récents pour ne pas risquer de tenter une quelconque bêtise. Horace garderait la direction de Serpentard, ajouta-t-elle, une expression étrange sur le visage.
- Merveilleux. Ils auront l'occasion rêvée de pouvoir me plaindre Ou pire, de me traiter en héros, répondit-il, acide.
- Je ne doute pas que tu saurais leur faire passer cette idée saugrenue, conclu Minerva avec un rire discret. Es-tu d'accord ?
- Est ce que j'ai le choix ?
- Non, pas vraiment.
Hermione aida Rogue à se coucher pour la nuit. Elle était contrariée par la discussion du dîner. Elle ne supportait pas l'emprise de Minerva sur la vie de Rogue. Et elle essayait d'en faire autant sur elle.
- Pourquoi n'avez-vous pas refusé, professeur ? Demanda-t-elle doucement.
- Je n'ai jamais rien refusé à un ami, répondit-il, la voix presque inaudible. Hermione perçut une ombre de tristesse dans sa phrase, et elle su qu'il pensait à ce moment à Albus Dumbledore.
Hermione regardait Rogue nager, assise au bord de la baignoire-piscine, les bras croisés autour de ses genoux remontés. Il se débrouillait plutôt bien maintenant, même si ses jambes restaient une gêne, tant il les bougeait avec difficulté. Il était cependant capable d'entrer et sortir de son fauteuil seul, même si Hermione refusait de le laisser seul dans ses déplacements. Il avait ôté son haut de pyjama qui l'entravait, et sa peau si blanche contrastait furieusement avec son pantalon noir. Elle savait qu'il ne s'en rendait pas compte, mais il lui ressemblait à ce moment. Le noir et le blanc, les jambes comme un boulet que l'on traîne. A une différence près : elle était force, il était faiblesse.
Le regard de la jeune fille fut attiré par une petite ombre qui s'agitait étrangement contre le haut vitrail décoratif. Elle plissa les yeux, méfiante. Rogue interrompit ses longueurs en voyant son expression, il s'approcha du bord et s'y appuya près d'elle.
- C'est un hibou, s'étonna-t-elle.
Elle se leva, et s'approcha de la fenêtre. Mais elle était fixe et ne pouvait s'ouvrir. A travers le verre bariolé, elle reconnu l'animal.
- C'est Coq, le hibou de Ron. Fais le tour, stupide animal ! Lui ordonna-t-elle en accompagnant ses paroles à un grand geste de la main.
Le minuscule hibou s'acharnait, se cognant contre la fenêtre comme une mouche. Hermione soupira, et se retourna vers Rogue.
- Je vais aller le chercher, vous voulez que je vous sorte de l'eau avant ?
- Ça ira Granger, allez-y.
- Je me dépêche.
Elle sorti prestement de la salle de bain et couru à travers le couloir, jusqu'à une salle de classe proche. Elle entra et se dirigea vers les fenêtres. Elle en ouvrit une avec difficulté, et passant la tête au dehors, appela l'oiseau.
- Coq ! Viens ici !
Le minuscule hibou se rua dans la salle en hululant joyeusement. Hermione lutta quelques minutes pour qu'il se calme et daigne lui donner la lettre qu'il portait à la patte.
- File donc à la volière te reposer, dit-elle en le jetant presque par la fenêtre.
Elle referma la salle de classe, et pendant qu'elle avançait dans le couloir, elle déroula le parchemin. Elle tenta de le lire en marchant, mais elle se rendit compte que le texte s'oubliait aussi vite qu'elle le déchiffrait. Son cœur battait vite, cognait fort dans sa poitrine, mais ce n'était pas sa course, ni sa bataille avec Coq qui lui causaient ce malaise. Elle accéléra le pas, et courait presque lorsqu'elle ouvrit à la volée la porte de la salle de bain.
Elle vit avec horreur Rogue qui se noyait. Il était en plein milieu du bassin et essayait désespérément de se maintenir à la surface.
En un instant, elle avant plongé elle l'avait rejoint d'une puissante ondulation de sa queue. Elle l'attrapa et le remonta rapidement à la surface. Il toussa et inspira bruyamment, en essayant de s'agripper à elle. Elle remarqua que son bras droit était raide. Une crampe, pensa-t-elle, une simple et foutue crampe. Elle grimpa sur le bord et s'y assit, et hissa Rogue hors de l'eau, entre ses jambes. Elle l'installa du mieux qu'elle pu, pendant qu'il évacuait l'eau qui était entrée dans ses poumons, penché en avant. Elle entourait son torse nu de ses bras, le front posé sur son dos, essayant de ne pas le gêner. Il toussa encore quelques fois, mais respirait mieux. Il inspira et expira lentement, tâchant de reprendre un souffle plus posé. Il essaya de se défaire de la prise d'Hermione, mais elle s'accrochait désespérément à lui, avec une force incroyable. Il posa sa main gauche sur la sienne, et entremêla ses doigts aux siens. Il sentait la jeune fille agitée de spasmes. Elle hurla dans un sanglot désarticulé et bestial. Il sentait son cri résonner dans sa poitrine. Il la laissa pleurer quelques minutes, ne lâchant pas sa main.
- Granger, je vais bien. Fit-il doucement. Calmez-vous.
Elle le serra encore plus fort, refusant de le lâcher. Si elle continuait, elle lui casserait les côtes. Il fallait qu'il se libère. Il hésita, puis posa sa main droite sur la cuisse d'Hermione, près de son genou, doucement, avec précaution, redoutant sa réaction. Elle se fit sans attendre. Elle étouffa une exclamation, et ôta la main de l'homme sans ménagement. Elle se releva et il dû se tenir au bord pour ne pas retomber dans l'eau. Il voyait les mains d'Hermione trembler fortement, et elle commença à faire des aller-retours sur le carrelage, à grands pas, comme un fauve en cage. Elle sanglotait toujours, mais ses yeux exprimaient une colère qu'il ne lui avait jamais vue. Il tenta une nouvelle fois de la sortir de sa crise d'hystérie.
- Granger ça suffit, murmura-t-il.
- NON ! Comment avez pu oser me toucher ! Hurla-t-elle. Vous avez posé votre main sur... Ça !
- Ça, comme vous dites, c'est vous, il faut vous y faire. Répondit-il, agacé.
- Ce n'est pas moi ! C'est une aberration, une monstruosité, je... j'ai l'impression d'être comme Voldemort. Sanglota-t-elle. Je ne suis pas humaine.
Severus haussa les sourcils d'étonnement.
- Vous êtes folle. Vous n'avez rien de lui. Dit-il sidéré.
Il essayait d'accrocher son regard mais elle le fuyait obstinément. Il l'appela par son nom plusieurs fois, mais elle continuait à aller et venir, les bras croisés sur la poitrine, complètement perdue dans son délire. Il hésita à se laisser tomber à l'eau mais se ravisa. Dans l'état où elle était, elle serait capable de le laisser se noyer pour de bon. Elle battait de la queue nerveusement, rogue la voyait fouetter l'air au dessus de sa tête. Sans réfléchir, il l'attrapa, et tira de toutes ses forces. Hermione fut tellement surprise qu'elle manqua lui tomber dessus, et s'écroula sans grâce à quelques centimètre de l'homme. Il l'agrippa par les épaules, et la secoua légèrement, jusqu'à ce qu'elle le regarde.
- Vous allez m'écouter stupide gamine ? Vous n'avez rien à voir avec lui. Il était ainsi parce que dévoré de magie noire, complètement corrompu. Vous, vous êtes juste...
- Un monstre ? Murmura-t-elle, baissant les yeux.
- J'ai côtoyé des monstres, j'en ai même été un. Vous êtes tout l'inverse, et vous ne le réalisez même pas.
- Je ne suis même pas humaine. Cette saloperie de dragon m'a enlevé mon humanité.
- Vous êtes au delà de l'humanité. Vous êtes infiniment meilleure.
- Vous avez failli mourir alors que je suis sensée veiller sur vous, contra-t-elle.
Il la lâcha en soupirant, les yeux au ciel.
- Est- ce que vous allez enfin comprendre qu'il ne peut rien m'arriver ? C'est impossible, vous avez choisi de vous lier à mon sort jusqu'à, je cite « que je tienne sur mes jambes ». Je n'aurais pas pu mourir, même si je l'avais voulu.
- Que voulez-vous dire ? Demanda-t-elle, sceptique.
- Si les Wyrmides sont si doués pour s'occuper des malades, c'est qu'ils se lient à eux. C'est bien plus que de l'empathie, ils ne font qu'un avec eux. Le Wyrmide est puissant, et il... Porte, son malade, lui transférant une partie de lui. Ce n'est pas pour rien si depuis que vous avez lancé cette phrase en l'air, je récupère aussi vite.
Hermione baissa la tête. Elle se sentait épuisée après cette furie digne d'une harpie. Elle avait l'impression de perdre complètement la tête depuis la bataille finale.
