Le lendemain matin, quand Voldemort se réveilla, la première chose qu'il vit fut une jolie femme endormie dans son lit. Elle était couchée sur le ventre, sa tête tournée dans sa direction, ses longues boucles étalées sur l'oreiller. Il ne pouvait pas se servir d'elle pour attirer Potter mais quoi qu'il arrive, il la garderait ici, tel un bel objet qu'on tient caché aux yeux du monde. Elle était sans s'en rendre compte, très divertissante et sa présence lui était agréable. Il eut un sourire en repensant aux pensées qu'elle avait eu à son égard hier soir. Doucement, il caressa le dos d'Hermione et fut submergé par d'étranges sensations dans le bas ventre. Etonné, il se redressa et la regarda bizarrement, prenant une de ses boucles entre ses longs doigts fins. Depuis qu'il avait créé ses Horcruxes, il n'avait jamais plus éprouvé de désir, que se passait-il ? Chassant ces réflexions idiotes de sa tête, il se leva et se dirigea vers la salle de bain.

Lorsque qu'un peu plus tard, Hermione se réveilla, la chambre était calme. S'étirant, elle posa son regard vers la place vide de Voldemort. Qu'il soit parti était une bonne chose, elle ne se sentait pas d'attaque à se trouver face à lui maintenant. Les yeux fixant le plafond délicatement ouvragé de moulures, elle resta plongée dans ses pensées, perdant toute notion du temps. Dans sa tête, tout s'entrechoquait, Harry avait besoin d'elle. Où était-il ? La chasse aux Horcruxes avançait-elle ? Et Ron, était-il toujours fâché sur Harry et elle ? Elle fut sortie de sa réflexion par Adrien qui entra dans la pièce, se dirigea vers la fenêtre et ouvrit les rideaux. La chambre, qui jusqu'alors était plongée dans le noire, s'imprima d'une lumière vive en un instant. Plissant les yeux face à cette éblouissante lumière, Hermione s'étira dans le lit. Adrien vint s'asseoir à côté d'elle, l'air de bonne humeur.

-Bonjour, tu as bien dormi ?

Hermione lui fit son plus beau sourire et s'assit sur le lit en cachant se poitrine avec la couverture.

-Oui merci et toi ?

Adrien ne répondit pas, il regarda les épaules nues d'Hermione et perdit instantanément sa bonne humeur. Après quelques temps d'hésitation, il prit enfin la parole.

-Tu dors nue ?

Rougissant jusqu'aux oreilles, Hermione resserra la couverture autour d'elle.

-Ce n'est pas ce que tu crois, figures-toi que...

Adrien lui coupa la parole, d'un ton un peu trop sec au goût de la jeune fille.

-Tu n'as pas à te justifier.

Hermione lui lança un regard noir, se souvenant soudain de l'épisode d'hier, elle ne put s'empêcher de le lui reprocher.

-Il ne s'est rien passé je te dis ! En plus, qu'est-ce que ça peut te faire, tu pars en courant dès qu'il m'approche.

Adrien la regarda bouche bée, comment osait-elle lui reprocher d'être parti hier soir. Voyant l'expression peinée d'Adrien, Hermione ne put s'empêcher de se sentir coupable, elle posa sa main sur celle du jeune homme.

-Adrien, ce type n'est pas un dieu. Tu n'as pas à te prosterner devant lui.

Tout à coup, le jeune homme s'énerva et lui lança sa réponse d'un ton acide, dégageant sa main de la sienne.

-Ca ce voit qu'il ne t'as jamais fait de mal, bien au contraire, il semble t'apporter beaucoup de plaisir.

Hermione ouvrit de grands yeux, il ne la croyait pas, pensant qu'elle avait couché avec Voldemort.

Se souvenant soudain du sortilège Doloris que la jeune fille avait subi de la part de son maître il n'y a pas longtemps, Adrien regretta ses paroles. S'approchant d'elle, il lui lança un regard d'excuse.

-Je suis désolé Hermione, mes paroles ont dépassé ma pensée.

Hermione était profondément blessée par ce que venait de lui dire Adrien, pour qui la prenait-il ! Puis, voyant l'expression désolée de son ami, elle se radoucit. Elle était seule ici et Adrien était l'unique personne avec qui elle pouvait parler, le seul qui ait été gentil avec elle depuis son arrivée.

-Ce n'est rien, c'est ma faute, je suis susceptible au réveil.

Adrien lui sourit et sembla retrouver sa bonne humeur.

-J'ai une bonne nouvelle, le Maître est en déplacement pour une semaine. Si on agit prudemment, tu vas pouvoir sortir de cette chambre.

Surprise par la longue absence de Voldemort, Hermione se vit quitter le château et rejoindre Harry mais aussi gentil que soit Adrien, jamais il ne la laisserait partir. Voyant la mine triste d'Hermione, il la regarda sans bien comprendre.

-Je n'aurais jamais pensé que le départ du Maître t'atteindrait à ce point.

Levant ces yeux au plafond Hermione lui répondit.

-Ce n'est pas pour lui que je suis triste. Je suis enfermée ici, mon ami Harry a besoin de moi.

-Je sais mais je ne peux rien faire pour toi.

-Si Harry arrive à tuer Voldemort, tu seras libre.

Adrien grimaça à l'entende de ce nom. Son maître le terrifiait bien plus qu'il ne l'effrayait elle.

-Tu ne sembles pas comprendre la situation, je suis un Mangemort, Hermione.

-Mais...

-Si ton ami gagne, j'aurai droit à un allé simple pour Azkaban.

-Jamais ! Tu es innocent mais tu dois comprendre que je suis inutile ici.

-Il vaut mieux être inutile et en vie !

-Comment peux-tu dire ça ! Je préfère mourir pour la cause que je défends ! Il m'est insupportable de rester cloîtrée ici !

Adrien observa la jeune fille qui, le regard fière et les yeux brillants, avait dit sa phrase avec toute sa conviction. Absorbé par ses pensées, il ne vit pas qu'en face de lui, elle s'était mise à pleurer.

-Hermione.

Il s'approcha d'elle. D'abord hésitant, il finit par la prendre dans ses bras. La jeune fille enfouit son visage dans son cou et pleura toute sa frustration d'être coincée ici. Plusieurs minutes passèrent ainsi jusqu'à ce qu'Hermione se calme. Légèrement mal à l'aise par la nudité de la jolie jeune fille, Adrien s'écarta.

-Tu es d'accord pour aller te promener ?

Elle lui fit un petit sourire timide.

-Il faudrait déjà que j'ai des vêtements sur le dos, tu peux aller me chercher ma robe dans la salle de bain, s'il te plaît ?

-Oui, bien sûr.

Il revint avec la robe bleue nuit et la lui tendit.

-Merci, tu peux te retourner ?

Gêné, il se retourna le temps qu'elle s'habille. Quand elle fut prête, ils sortirent et marchèrent en direction de la bibliothèque. Sur le chemin, Hermione rompit le silence qui s'était installé depuis qu'ils avaient quitté la chambre.

-Ca ne te déranges pas trop d'habiter chez ton oncle après ce qu'il t'a fait ?

-Je n'ai pas d'autre endroit où aller. Quand j'ai eu fini mais études en Amérique, je suis revenu et j'ai rapidement été initié, enfin, tu vois ce que je veux dire.

-Et tu ne t'ennuies jamais tout seul ici ?

-Si, souvent, je passe le temps comme je peux quand je ne suis pas en mission.

Cette réplique lança un grand froid entre eux. Hermione oubliait souvent qu'Adrien était un Mangemort mais tout ça sortit cependant de son esprit quand ils arrivèrent dans la bibliothèque. La mine heureuse, elle s'approcha des rayonnages. Adrien se félicita mentalement de l'avoir emmenée ici, elle semblait plutôt ravie. Après un long moment, tous deux sortirent avec des livres pleins les bras. Afin de ne pas prendre de risques, ils remontèrent rapidement dans la chambre d'Adrien. Couchés côte à côte sur le lit du jeune homme, ils passèrent des heures à lire, quoi qu'Adrien passa plus de temps à observer la jeune fille qui ne se rendit compte de rien, absorbée dans sa lecture. L'après-midi, ils décidèrent d'aller se promener dans le parc.

-Tu dois me promettre que tu n'essayeras pas de t'enfuir.

-Oui !

C'était la septième fois qu'il lui demandait.

-Jure-le.

-Je le jure !

Mi amusée, mi énervée par l'inquiétude du jeune homme, Hermione ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel.

Bien emmitouflée dans un manteau d'Adrien, elle sortit au grand air. Il faisait un froid de canard et elle ne put réprimer un frisson. Quand il fut sûr qu'ils n'étaient pas observés, Adrien prit la main d'Hermione qui lui rendit son étreinte sans objections. Après plusieurs minutes de marche silencieuse où chacun était plongé dans sa propre réflexion, il parla enfin.

-Dis-moi, quel âge as-tu ?

-Dix-huit ans, et toi ?

-Vingt-et-un.

-Ouf, tu es plus vieux que je ne le pensais !

Cette réplique, dite sur le ton de la rigolade le fit sourire.

-Et moi je te croyais plus âgée, d'au moins dix ans et encore.

Ouvrant grande la bouche face à cet outrage, elle lâcha rapidement sa main et sans qu'il n'ait le temps de réagir, lui lança de la neige au visage. Complètement sans voix, Adrien reprit rapidement ses esprits et prépara une boule de neige dont elle se souviendrait toute sa vie. Après avoir joué comme deux enfants dans la poudreuse, ils reprirent leur chemin main dans la main pour finir par s'asseoir sur un banc, sous un saule pleureur, formant autour d'eux une sorte de dôme de neige.

-Et avec le Maître comment ça se passe ?

Il avait dit ça d'un ton détaché, comme si la réponse ne l'intéressait pas mais Hermione put lire dans les yeux bleu-vert du jeune homme que ce qu'elle allait lui répondre l'intéressait plus que ce qu'il ne voulait lui laisser penser.

-Je le vois très peu, quand je me réveille il est déjà parti. C'est mieux ainsi, crois-moi.

Cette remarque fit sourire Adrien mais au fond de lui, il n'appréciait pas la réponse de la jeune fille ou plutôt la manière dont elle l'avait donnée. Ca ne faisait que deux jours que le Maître avait changé d'apparence et déjà, il sentait qu'il n'inspirait plus la même répugnance à la jeune fille. Hermione regardait le paysage qui s'offrait à elle, pensive. L'observant à la dérobée comme il l'avait si souvent fait ce matin, il ne put s'empêcher de la trouver très belle. Il eut soudain un besoin de la protéger de tout, même de son maître s'il le fallait. Doucement, elle tourna son beau visage vers lui et lui sourit gentiment en s'interrogeant sur l'intensité de ce regard. Lentement, il se pencha vers elle et posa ses lèvres sur les siennes. Fermant les yeux, Hermione répondit à ce baiser, posant sa main glacée sur la nuque du jeune homme, lui arrachant un frisson. Adrien était plein de tendresse et d'attention et elle se gifla mentalement quand une petite voix dans sa tête ne put s'empêcher de se demander comment ça aurait été, si ça avait été Voldemort. Rompant le baiser, Adrien lui sourit et reprit la main de la jeune fille en se levant.

-Il vaudrait mieux qu'on rentre pour le dîner.

-Oui

Ils rentrèrent rapidement mais ce qu'ils ignoraient, c'est qu'ils étaient observés. Alerté par les cris et rires joyeux de leur bataille de boules de neige, Drago Malefoy les avait suivi sans se faire repérer. Il avait assisté à leur baiser et comptait bien en faire part à son maître dès son retour. Pestant intérieurement sur Hermione pour le sortilège doloris qu'il avait subi à cause d'elle, il sourit méchamment.